Etude Medico Legale Psychopathia Sexualis Avec Recherches Speci

Chapter 47

Chapter 473,560 wordsPublic domain

Quand, après la quatorzième séance, le malade, appelé à sa maison, par d'importantes affaires, dut partir, il se déclara complètement débarrassé des tendances à la masturbation et à l'amour homosexuel: cependant, ajoutait-il, le penchant pour l'homme n'était pas encore tout à fait éteint.

Il éprouva de nouveau de l'intérêt pour le sexe féminin, et il espère en continuant le traitement se délivrer définitivement de son funeste état.

OBSERVATION 138. (_Hermaphrodisme psychique._)--M. V. P., vingt-cinq ans, célibataire, issu d'une famille nerveuse, a souffert de convulsions dans son enfance. Il s'en est rétabli, mais il est resté malingre, émotif et irascible. Il n'a pas eu de maladies graves. Avant l'âge de dix ans, la vie sexuelle s'est éveillée. Ses premiers souvenirs à ce sujet se rapportent à des sensations voluptueuses qu'il a éprouvées auprès des valets de la maison. Quand il fut plus âgé, il avait des rêves érotiques où il s'agissait de rapports avec des hommes. Au cirque il s'intéressait exclusivement aux artistes masculins.

Les jeunes gens vigoureux lui étaient les plus sympathiques de tous. Souvent il ne pouvait résister à l'envie de les enlacer et de les embrasser. Ces temps derniers, le simple frôlement d'un homme le remplissait de délices et lui donnait de l'éjaculation. Il a jusqu'ici heureusement résisté à l'impulsion de nouer une liaison amoureuse avec un homme. Le malade est un hermaphrodite psychique, dans ce sens qu'il n'est pas insensible aux charmes féminins; mais il trouve l'homme plus beau que la femme. Jusqu'ici, à vrai dire, les nudités féminines ne lui ont jamais plu, et ce n'est qu'une fois qu'il aurait, d'après ses souvenirs, rêvé du coït avec une femme.

Ayant de grands besoins sexuels et ne voulant pas se commettre avec des hommes, il a toutefois commencé à l'âge de vingt ans à avoir des rapports sexuels avec des femmes. Jusque-là il s'est rarement livré à la masturbation manuelle, mais il a fait souvent de l'onanisme psychique; ce faisant, des images de beaux hommes planaient dans son imagination.

Il a fait le coït avec succès, mais sans plaisir et sans une véritable sensation de volupté. Par des circonstances particulières, il fut astreint à l'abstinence de sa vingt-deuxième à sa vingt-quatrième année. Il supporta péniblement cette abstinence, mais il se soulageait par-ci par-là par l'onanisme psychique.

Quand, il y un an, il trouva de nouveau l'occasion de faire le coït, il s'aperçut que son _libido_ pour la femme s'était affaibli, que l'érection était insuffisante et que l'éjaculation se produisait trop tôt. Finalement il renonça au coït. Alors il se manifesta chez lui du _libido_ pour l'homme.

Étant donnée la faiblesse irritable de son centre d'éjaculation, le seul contact des hommes sympathiques suffisait pour provoquer chez lui un écoulement de sperme.

Le malade est fils unique. Des raisons de famille exigent qu'il conclue un mariage. Il a, à juste titre, des scrupules; il se croit impuissant «imaginatif», et demande conseil et remède.

Il sait bien qu'il faudrait lui enlever ses penchants pour l'homme; c'est le seul moyen de le secourir.

Il est d'un extérieur tout à fait viril. Le crâne est légèrement hydrocéphale. Barbe richement développée, parties génitales normales. Le réflexe crémastérien ne peut pas être provoqué. Aucun symptôme de neurasthénie. OEil névropathique. Pollutions rares. Érections seulement en présence des hommes sympathiques.

Le 16 juillet 1889, on a commencé à faire de l'hypnose selon la méthode de Bernheim, afin d'agir sur lui par suggestion. Ce n'est qu'à la troisième séance, le 18, qu'on a obtenu un profond engourdissement.

_Suggestions:_ Vous n'avez plus d'affection pour l'homme. Seule la femme est belle et désirable. Vous aimerez une femme, vous l'épouserez, vous serez heureux, et vous la rendrez heureuse. Vous êtes tout à fait puissant. Vous le sentez déjà.

Le malade accepte toutes les suggestions dans l'hypnose qui est répétée chaque jour, mais qui ne dépasse jamais l'engourdissement. Le 22 juillet il annonce qu'il a fait le coït avec plaisir. Le garçon de l'hôtel où il demeure l'intéresse de moins en moins. Toutefois, il trouve toujours l'homme plus beau que la femme. Le 1er août on a dû interrompre le traitement. Résultat: puissance complète, indifférence totale pour le sexe masculin, et aussi pour le moment pour le sexe féminin.

Le même traitement a eu un succès décisif dans le cas suivant d'hermaphrodisme psychosoxuel que j'ai rapporté dans le T. 1, fascicule 2 de l'_Internat. Centralblatt für die Physiol. u. Pathol. der Harn und Sexualorgane_.

OBSERVATION 139.--Monsieur V. X., vingt-cinq ans, grand propriétaire, né d'un père névropathe et emporté. Le père dit-on, est sexuellement normal. La mère souffrait des nerfs, de même que ses deux soeurs. La mère de la mère était nerveuse, le père de la mère était un viveur et faisait des excès _in Venere_. Le malade est enfant unique et tient de la mère. Il fut dès sa naissance malingre, souffrit beaucoup de migraines; il était nerveux, il a supporté diverses maladies d'enfance et s'est livré, sans y être entraîné, à l'onanisme à partir de l'âge de quinze ans.

Il prétend n'avoir éprouvé d'inclination ni pour le sexe féminin, ni pour le masculin, jusqu'à l'âge de dix-sept ans; alors s'est éveillé en lui le penchant pour l'homme. Il est devenu amoureux d'un camarade. Celui-ci a répondu à son amour. Ils se sont enlacés, se sont embrassés et se sont masturbés mutuellement. À l'occasion le malade pratiquait le coït _inter femora viri_. Il abhorrait la pédérastie.

Ses rêves érotiques n'avaient pour objet que des hommes. Au théâtre et au cirque, il ne s'intéressait qu'aux sujets masculins. Son penchant le portait vers les gens d'environ vingt ans. Une belle taille plantureuse lui inspirait de la sympathie.

Quand ces conditions étaient remplies, peu lui importait à quelle classe de la société l'homme de sa prédilection appartenait. Dans ses rencontres sexuelles, il se sentait toujours dans le rôle masculin.

À partir de l'âge de dix-huit ans, le malade fut l'objet de vives préoccupations de la part de sa famille, car il avait noué une liaison amoureuse avec un garçon de café, s'était rendu ridicule par cette affaire et s'était laissé exploiter. On le fit rentrer à la maison. Il se commettait avec des valets et des cochers. Il y eut scandale. On l'envoya en voyage. À Londres il s'attira une affaire de chantage. Il réussit à regagner sa patrie.

Ces diverses expériences ne lui furent d'aucun enseignement et il manifesta de nouveau un penchant fatal pour les hommes. On m'a envoyé le malade pour que je le guérisse de son funeste penchant (décembre 1888). C'est un jeune homme bien portant, de grande taille, imposant, robuste; il est de conformation tout à fait virile, a les parties génitales fortes et bien développées. La démarche, la voix et le maintien sont tout à fait virils. Il n'a pas de passions viriles bien prononcées. Il fume peu et seulement des cigarettes, boit très peu, aime les sucreries, la musique, les beaux-arts, l'élégance, les fleurs, et se meut de préférence dans les cercles de femmes; il porte moustache, mais le reste de la figure est rasé. Sa mise n'a rien du gommeux. C'est un homme pâle, amolli, un flâneur et un propre à rien du grand monde, qu'il est difficile de sortir du lit avant l'heure de midi. Il prétend n'avoir jamais senti le caractère morbide de son penchant pour son propre sexe. Il croit que cette disposition est congénitale; il voudrait, assagi par de fâcheuses expériences, se délivrer de sa funeste perversion; mais il n'a guère confiance en sa force morale. Il a déjà essayé, mais alors il tombe toujours dans le vice de la masturbation qu'il trouve nuisible, car elle lui cause des malaises neurasthéniques (pas trop graves d'ailleurs). Il n'y a pas chez lui de défectuosités morales. L'intelligence est un peu au-dessous de la moyenne. Il a une éducation soignée et des manières aristocratiques. L'oeil un peu névropathique dénote la constitution nerveuse de l'individu. Le malade n'est pas un uraniste complet et condamné. Il a des sentiments hétérosexuels, mais ses émotions sensuelles pour le beau sexe ne se manifestent que rarement et à un degré très faible. À l'âge de dix-neuf ans, il fut pour la première fois amené par des amis dans un lupanar. Il n'éprouva pas d'_horror feminæ_, il eut une érection suffisante et fit le coït avec quelque plaisir, mais sans cette volupté intense qu'il éprouve entre les bras d'un homme.

Depuis, dit le malade, il a encore coïté six fois, deux fois _sua sponte_. Il affirme qu'il en a toujours l'occasion, mais qu'il ne le fait que faute de mieux, quand l'impulsion sexuelle le tourmente trop; enfin que le coït ainsi que la masturbation lui servent de faible compensation pour remplacer l'amour homosexuel. Il a même déjà pensé à la possibilité de trouver une femme sympathique et de l'épouser. Il est vrai qu'il considérerait les rapports conjugaux et l'abstinence définitive des hommes comme des devoirs très durs.

Comme il y avait là des rudiments de sentiment hétérosexuel et que le cas ne pouvait être considéré comme désespéré, un essai thérapeutique me sembla opportun. Les indications étaient très claires, mais on ne pouvait compter sur la volonté de ce malade amolli, qui n'avait nullement la conscience nette de sa situation. Il était donc tout indiqué de chercher dans l'hypnose un appui pour l'influence morale du médecin. La réalisation de cet espoir paraissait douteuse, par suite du récit du malade que le fameux Hansen avait, à plusieurs reprises, mais en vain, essayé de l'hypnotiser.

Toutefois, il fallait répéter les essais, à cause des intérêts sociaux importants du malade. À mon grand étonnement, la méthode de Bernheim amena immédiatement un profond engourdissement avec possibilité de suggestion posthypnotique.

À la deuxième séance, le somnambulisme a été obtenu par un simple regard jeté sur le malade qui est suggestible dans tous les sens. On peut, en lui passant la main sur la peau, provoquer des contractures. Le réveil a lieu en comptant jusqu'à trois.

La malade a de l'amnésie, en dehors de l'hypnose, pour tout ce qui s'est passé pendant son état hypnotique. On l'hypnotise tous les deux ou trois jours pour lui faire des suggestions. On fait, en outre, un traitement moral et hydrothérapique.

Les suggestions faites pendant l'hypnose sont les suivantes:

1º Je déteste l'onanisme, car il rend malade et misérable;

2º Je n'ai plus d'affection pour l'homme, car l'amour pour un être masculin est contraire à la religion, à la nature et à la loi;

3º J'éprouve du penchant pour la femme, car la femme est un être aimable et désirable; elle est créée pour l'homme.

Dans les séances, la malade répète ces suggestions sur mon ordre.

Après la quatrième séance on est surpris de constater déjà que, dans les cercles où il est présenté, le malade commence à faire la cour aux dames. Peu de temps après, quand une célèbre cantatrice passe sur la scène, il est tout feu et flamme pour elle. Quelques jours plus tard, le malade s'informe de l'adresse d'un lupanar.

Toutefois, il cherche encore de préférence la compagnie des jeunes messieurs, mais, malgré une surveillance très étroite, on n'a pu constater rien de suspect à ce sujet.

17 février. Le malade demande la permission de faire le coït et il est très satisfait de son début avec une dame du demi-monde.

16 mars. Jusqu'ici hypnose environ deux fois par semaine. Par un seul regard, le malade est plongé dans un profond somnambulisme; sur mon ordre, il répète les suggestions; il est accessible à toute suggestion posthypnotique et, à l'état de veille, il ne se rappelle plus de l'influence qu'on a exercée sur lui pendant son état d'hypnose. À l'état hypnotique, il affirme être parfois tout à fait débarrassé de l'onanisme et des sentiments sexuels pour les hommes. Comme dans l'hypnose il donne toujours les mêmes réponses stéréotypées (par exemple, d'avoir à telle ou telle date fait la masturbation pour la dernière fois) et qu'il subit trop la volonté du médecin pour pouvoir mentir, ses affirmations méritent foi, d'autant plus qu'il a les apparences d'une santé florissante, qu'il est exempt de tout malaise neurasthénique, qu'il ne donne aucune inquiétude dans ses rapports avec les messieurs, et qu'il montre un caractère franc, libre et viril.

Comme il fait parfois le coït avec plaisir et en cédant à son libre penchant, et que les pollutions qu'il a quelquefois, ne sont provoquées que par des rêves érotiques concernant des personnes féminines, on ne peut plus douter de la transformation favorable de _sa vita sexualis_ et l'on peut supposer que les suggestions hypnotiques sont maintenant devenues des auto-suggestions directrices de la totalité de ses sentiments, de ses idées et de ses efforts. Le malade restera probablement toujours une _natura frigida_, mais il parle souvent de mariage, et de sa résolution, aussitôt qu'il aura trouvé une dame qui lui soit sympathique, de solliciter sa main. On cessa le traitement. (Observation personnelle. _International Centralblatt für die Physiol. u. Pathologie der Harn und Sexualorgane._ T. I.)

Au mois de juillet 1889, j'ai reçu une lettre du père qui m'annonce que son fils se porte bien et a une bonne conduite.

Le 24 mai 1890 j'ai rencontré par hasard mon ancien client dans un voyage. Son air de santé florissante me laissa supposer un état des plus favorables. Il me confessa qu'il trouvait encore certains hommes sympathiques, mais qu'il n'éprouvait plus aucune velléité amoureuse pour le sexe masculin. À l'occasion, il fait le coït avec des femmes, en éprouve un plaisir parfait, et il songe sérieusement à se marier.

Pour faire un essai, j'ai hypnotisé le malade selon la méthode que je lui avais appliquée autrefois et je lui demandai de répéter les ordres que je lui avais donnés.

Plongé dans un profond somnambulisme et avec la même intonation qu'autrefois, le malade me récita les suggestions qu'il avait reçues en décembre 1888. C'est, en tout cas, un exemple de la durée et de la puissance de la suggestion posthypnotique.

Le traitement par suggestion hypnotique eut un succès complet dans les cas suivants.

OBSERVATION 140. (_Hermaphrodisme psychique. Amélioration par le traitement hypnotique_).--M. de K..., 23 ans, d'une grande famille, très bien doué intellectuellement, scrofuleux pendant son enfance, descend d'un père qui, dit-on, a été un viveur. Le frère du père avait la réputation d'être un inverti sexuel.

Le malade affirme que, déjà à l'âge de sept ans, il avait une inclination singulière pour les personnes du sexe masculin. C'étaient surtout les cochers et les laquais à moustaches qui l'enthousiasmaient à cette époque. Il éprouvait un sentiment de bonheur étrange quand il pouvait se frotter contre ces individus.

De bonne heure, le malade fut placé au corps des cadets, où il fut entraîné à l'onanisme mutuel et où il apprit la pratique de l'_imitatio coïtus inter femora viri_. À l'âge de dix-sept ans, il fit pour la première fois le coït avec une prostituée.

Il accomplit l'acte très bien, mais il n'eut pas le moindre plaisir, et il reconnut ou que ce genre de satisfaction n'était rien ou bien qu'il devait être autrement conformé que les autres jeunes gens.

Toutefois, il coïtait encore souvent, contracta une gonorrhée, après la guérison de laquelle il éprouva une aversion de plus en plus vive pour le sexe féminin; il pratiqua dorénavant le coït de plus en plus rarement et seulement dans les cas où, malgré son _libido_ très vif, il ne pouvait avoir des rapports avec des individus masculins. Son penchant pour les hommes devenait de plus en plus fort; c'étaient notamment les hommes adultes bien bâtis et autant que possible peu barbus qui avaient de l'attrait pour lui. Il aboutit aux excès les plus dégoûtants dans le sens du _coïtus buccalis_, et de la pédérastie active et passive.

Le malade lui-même avait grande honte d'une pareille dégradation; il essayait toujours de revenir dans la bonne voie en faisant le coït avec la femme, mais il dut se rendre à cette évidence désespérante que sa force normale était insuffisante, que le rapport avec la femme le laissait froid ou même lui répugnait, et que, à vrai dire, il était créé pour les rapports sexuels avec des personnes de son propre sexe. En effet, ses songes n'avaient jamais les femmes pour objet, mais toujours les hommes, et tel était déjà le cas à un âge où il n'avait pas encore la moindre idée de la différence des sexes.

Le malade vient à la consultation, car il a compris que le bonheur de toute sa vie est en jeu. Il a clairement reconnu le caractère immoral et antinaturel de son existence sexuelle. Il croit que sa situation n'est pas désespérée, puisqu'il n'abhorre pas la femme: il y a trois semaines encore, il a coïté avec une femme, il a réussi, bien qu'il n'ait éprouvé ni plaisir, ni satisfaction morale. Il ne met pas en doute qu'il soit en réalité créé pour l'amour du sexe masculin; mais à la suite d'une neurasthénie qui vient de se déclarer, il n'a plus, même dans l'acte sexuel avec l'homme, le plaisir qu'il éprouvait autrefois dans des circonstances analogues. Il a abandonné sa position d'officier de l'armée, parce que ses troupiers l'excitaient trop sexuellement, et qu'il craignait de se compromettre un jour.

Le malade n'a pas de stigmates de dégénérescence. Il a un extérieur tout à fait viril; les parties génitales sont normales. L'examen d'un spécimen du sperme a permis de constater des spermatozoïdes en abondance. Le pénis est grand, bien développé; le système pileux sur les parties génitales et sur le corps en général est très bien fourni. Le malade a des goûts virils, mais il n'a jamais trouvé plaisir ni à fumer ni à boire. Son oeil névropathique est la seule chose qu'on pourrait interpréter dans le sens d'une prédisposition nerveuse.

Il prétend que dans ses actes sexuels avec les hommes, il s'est la plupart du temps senti dans le rôle de l'homme, mais parfois aussi dans celui de la femme.

Une tentative d'hypnose a amené un engourdissement avec une attitude cataleptiforme des muscles; on l'utilise pour lui faire des suggestions appropriées à sa maladie.

Après la quatrième séance, il déclare avec satisfaction et étonnement à la fois, que les hommes le laissent froid. Il voudrait essayer sa bonne chance avec des femmes, mais il craint d'être impuissant.

Après la sixième séance, il essaie le coït _cum muliere_, sans y avoir été engagé. Son _libido_ fut très grand, mais _inter actum_ le _libido_ ainsi que l'érection l'abandonnèrent.

Après la neuvième séance, le malade interrompt le traitement, ses affaires l'ayant obligé de rentrer à la maison. Il est content en tant qu'il se sent indifférent vis-à-vis de l'homme, et capable de résister à toute tentation. Il a la conviction certaine qu'il ne retombera plus dans ses anciennes «vilenies». Mais à l'heure qu'il est, il ne sent pas non plus le moindre intérêt pour le sexe féminin.

OBSERVATION 141.--M. X..., trente et un ans, chimiste, issu d'une famille névropathique, était, dès son enfance, nerveux, émotif, peureux et sujet aux migraines. Il se rappelle nettement qu'étant tout petit garçon, il contemplait avec plaisir les ouvriers à demi nus dans l'atelier qui se trouvait en face de la maison paternelle et qu'il se sentait attiré vers eux. Quand on l'envoya en classe, il éprouva un sentiment analogue pour ses camarades. Sans y être incité, il arriva à l'âge de onze ans à faire de l'onanisme; pendant l'acte, il pensait toujours à ses camarades d'école. Plus tard, il eut des amitiés extatiques. Sa _vita sexualis_ est devenue toute-puissante. Devenu grand, il s'intéressa aussi aux femmes, mais le principal objet du ses désirs, c'étaient les hommes des classes élevées de la société. Il sentit l'anomalie de ce penchant, chercha des relations avec les _puellis_, fit plusieurs fois le coït, mais sans y éprouver un véritable agrément. Alors il s'égara de plus en plus dans la voie de l'inversion sexuelle: il pratiquait la masturbation mutuelle et le coït _inter femora viri_, se livrait à l'occasion aussi à la pédérastie passive, mais il y renonça bientôt car il n'en éprouvait que de la douleur.

Il affirme qu'il se sent tout à fait homme et qu'il n'a jamais eu de goûts féminins. Squelette, attitude tout à fait virils. Système pileux et barbe très abondants, parties génitales tout à fait normales. Point d'aversion pour le sexe féminin. À l'occasion, il fait le coït avec des _puellis_, mais sans en être satisfait. Le malade se sent très malheureux, reconnaît nettement sa fausse position, voudrait à tout prix être débarrassé de son penchant homosexuel et devenir capable de se marier. Ce serait terrible d'être toujours forcé de jouer la comédie. Dès le premier essai d'hypnotisation fait d'après la méthode de Bernheim, le malade est plongé dans un profond engourdissement. Il est très suggestible, reçoit les suggestions nécessaires, constate avec satisfaction, après la quatrième séance, que les individus masculins lui sont devenus tout à fait indifférents et qu'il commence à coïter avec plaisir, mais que dans son âme il ne se sent pas satisfait, étant donné qu'il est obligé d'avoir recours aux _puellæ publicæ_. Après la quatorzième séance, il déclare n'avoir plus besoin d'appui. Il est enthousiasmé d'une jeune dame et il a l'intention de l'épouser. Le malade a sollicité la main de cette dame, mais il a été éconduit. Bientôt après, il fit un voyage en Italie, et alors l'intérêt pour les hommes se réveilla de nouveau. Il eut une rechute et me demanda de reprendre le traitement. En peu de séances le _statu quo ante_ fut rétabli.

OBSERVATION 142. (_Hermaphrodisme psychique. Traitement par la suggestion hypnotique suivi de succès_). M. Z..., vingt ans, prétend être issu de grands-parents bien portants, de père sain, mais d'une mère nerveuse. Il est enfant unique et il a été gâté par sa mère. À l'âge de huit ans, il a été très excité sexuellement par un valet qui lui montrait des gravures pornographiques et son pénis.

À l'âge de douze ans, Z... devint amoureux de son corépétiteur. En s'endormant il eut la vision de cet homme tout nu. Il se sentit vis-à-vis de celui-ci dans la situation d'une femme; il s'extasiait à l'idée de pouvoir l'épouser un jour.