Essai sur l'Histoire Religieuse des Nations Slaves (traduit de l'anglais)

Part 39

Chapter 393,416 wordsPublic domain

«Les rapides progrès du développement intellectuel en Europe ont exercé aussi leur influence sur les nations slaves; la littérature a marché graduellement, et toutes les branches des connaissances humaines ont été cultivées à leur tour par ces nations. Les principaux sujets cependant qui ont captivé l'attention des savants slaves, sont l'histoire et les antiquités de leurs pays respectifs, étudiées non-seulement dans leurs chroniques écrites, mais encore dans leurs chants populaires, dans les traditions et les superstitions; la culture et les progrès de leurs langages nationaux ont également fait l'objet de leurs méditations et de leurs efforts. Il en résulta la conviction universelle que toutes les nations slaves sont non-seulement autant de rejetons d'une même tige et leurs idiomes respectifs autant de dialectes d'une langue-mère, mais encore qu'il existe une affinité évidente entre les principaux traits de leur nature morale et physique. Bref, tous les Slaves, malgré les modifications diverses résultant de l'influence du climat, de la religion et de la forme du gouvernement, appartiennent par leur essence à une seule et même nation. Cette conviction répandit parmi tous les hommes de la même race un grand amour de nationalité, et les savants qui avaient éveillé ce sentiment le propagèrent par leurs écrits parmi tous leurs compatriotes. La pensée d'étendre leur activité intellectuelle sur la race très nombreuse d'Europe, au lieu de la limiter à la sphère comparativement étroite de leur propre nation, parut des plus attrayantes aux écrivains slaves, dont les ouvrages n'avaient eu qu'un cercle très restreint de lecteurs, à cause du petit nombre d'habitants parlant le langage dans lequel leurs ouvrages sont écrits. C'est surtout ce qui arrive avec la Bohême; car, bien que ce pays possède aujourd'hui une littérature importante et compte plusieurs auteurs du premier mérite, son public de lecteurs est très limité. La population parlant le bohémien s'élève, y compris les Slovaques de Hongrie, à plus de sept millions d'individus[202]; mais comme presque toutes les classes instruites, surtout en Bohême, savent l'allemand, la littérature nationale de ce pays a souvent à soutenir une concurrence redoutable avec les productions d'Allemagne, et, en conséquence, les ouvrages les plus importants publiés en bohémien doivent, en général, leur appui bien plus au patriotisme éclairé de quelques individus qu'à l'étendue de leur circulation. La littérature, de nos jours, ne peut cependant atteindre un haut degré de prospérité sans avoir un vaste champ ouvert à la renommée de ses écrivains et au bénéfice de ses éditeurs, qui doivent pouvoir récompenser le travail littéraire de manière à ce que les hommes de talent soient engagés à se dévouer à la pénible carrière d'auteur. Les lettrés bohémiens arrivèrent en conséquence à cette conclusion, que le moyen le plus sûr d'atteindre ce but serait d'étendre l'activité intellectuelle de chaque nation slave à la race tout entière, au lieu de la limiter, comme on avait fait jusqu'ici, à telle ou telle branche. Kollar, ecclésiastique protestant de la congrégation slave de Pesth, en Hongrie, et qui s'y était acquis une réputation méritée par ses productions littéraires, fut le premier qui mit en avant cette grande idée d'une manière saisissable, au moyen de plusieurs écrits, mais surtout par la dissertation qu'il publia en allemand, en 1828, sous le titre de: _Wechselseitigkeit_, ou Réciprocité. Il adopta la langue allemande pour cette publication, afin de lui préparer un accès plus facile dans toutes les contrées slaves, auprès des classes les plus instruites, qui comprennent généralement cette langue. Il proposa, dans cet ouvrage, une réciprocité littéraire entre toutes les nations slaves, c'est-à-dire que tout Slave instruit serait désormais versé dans les langages et dans la littérature des principales branches de la tige commune, et que tous les lettrés slaves posséderaient une connaissance approfondie de tous les dialectes de leur race. Il prouva en même temps que les divers dialectes slaves ne diffèrent pas plus entre eux que les quatre principaux dialectes de l'ancienne Grèce (l'Attique, l'Ionien, le Dorique et l'Éolien), et que les auteurs qui écrivirent dans ces quatre dialectes furent également considérés comme Grecs, malgré cette différence, et que leurs productions furent revendiquées comme la propriété commune et la gloire de toute la Grèce, et non comme appartenant exclusivement à la population dans le dialecte de laquelle elles avaient été publiées. Si cette division de langage en plusieurs dialectes n'a pas empêché les Grecs de créer la plus brillante littérature du monde, pourquoi la même cause agirait-elle comme une entrave sur celle des peuples d'origine slave? Les avantages que toutes ces nations pourraient recueillir d'une réciprocité de ce genre sont certainement très grands, car elle donnerait un essor considérable à la littérature de toutes les branches slaves, et en même temps une valeur intrinsèque plus grande à leurs productions, en ouvrant aux auteurs un champ plus vaste à leur renommée et plus de chance d'être rémunérés de leurs travaux.

[Note 202: Voyez l'appendice A.]

»Vers l'époque où Kollar émit l'idée d'une alliance littéraire entre tous les Slaves, un autre écrivain bohémien, qui s'est acquis depuis une réputation européenne par ses recherches sur l'ancienne histoire slave, Szaffarik, publia une esquisse de tous les dialectes et de la littérature de ces peuples. Cet ouvrage, publié aussi en allemand, vint puissamment en aide aux projets de Kollar, en faisant comprendre aux Slaves, à la fois joyeux et étonnés, toute leur importance comme race. Ce fait, porté à la connaissance des autres nations par ce même ouvrage, ne saurait plus être mis en question.

»La proposition de Kollar, appuyée par les écrits de Szaffarik, rencontra un écho tout naturel parmi les hommes de lettres de toutes les nations slaves. C'était une semence qui tombait dans une terre préparée pour la recevoir par l'étude spéciale dont nous avons parlé.--L'étude des divers langages et de la littérature slaves devient de plus en plus générale parmi ces nations, et déjà aujourd'hui il est peu d'écrivains de quelque mérite, appartenant à cette race, qui ne soit pas versé dans les dialectes et dans les lettres cultivées par toutes ses branches.

»C'est l'origine de ce qu'on appelle le Panslavisme, qui n'était, à sa source, qu'une alliance littéraire entre les nations slaves; mais était-il possible que ce mouvement, purement intellectuel dans son principe, ne prît pas une direction politique! et n'était-il pas naturel que les diverses nations de la même race, réunissant leurs efforts séparés pour relever leur condition littéraire, arrivassent, par une succession naturelle de raisonnements, à l'idée et au désir d'acquérir une importance politique, en réunissant toutes les branches de leur tronc en un puissant empire ou confédération, qui leur assurât une prépondérance décisive sur les affaires de l'Europe! Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que ce résultat naturel de circonstances que nous avons décrites, commence déjà à se manifester avec une énergie croissante, en éveillant, d'une part, les plus brillantes espérances et la perspective la plus éblouissante dans l'esprit de plus d'un Slave, et en suggérant, d'un autre côté, dans une proportion correspondante, les craintes et les appréhensions les plus fortes parmi un grand nombre d'Allemands, dont le pays, par sa position géographique, doit être nécessairement le premier à éprouver les effets d'une telle combinaison.» (_Panslavisme et Germanisme_, p. 109, 112.)

Appendice F.

«L'Allemagne subit en ce moment une crise importante. La résolution de la diète de Francfort, d'abolir la souveraineté des trente-huit États indépendants qui ont composé la Confédération germanique, afin d'établir un seul empire allemand, est, en effet, une entreprise hardie. Il est cependant beaucoup plus facile de prendre une résolution de ce genre que de la mettre à exécution, car il n'est pas aisé d'admettre que tous ces États, surtout les plus grands, résignent volontairement leur existence indépendante pour se fondre dans un seul État où beaucoup d'intérêts locaux ou individuels disparaîtraient devant l'intérêt général. Les intérêts commerciaux de l'Allemagne septentrionale, qui ont empêché sa jonction au Zollverein, devraient être sacrifiés à ceux des contrées manufacturières du Sud. Vienne, Berlin, et d'autres capitales, tombent au rang de villes principales, et un grand nombre d'individus qui remplissent aujourd'hui des fonctions plus ou moins hautes dans les ministères, dans les ambassades étrangères, etc., des différents États, se trouveraient sans emplois. Les monarques eux-mêmes deviennent tout au plus des gouverneurs héréditaires de leurs États respectifs, et c'est à peine s'ils peuvent raisonnablement espérer de conserver long-temps cette position subordonnée, leur emploi devant être reconnu bientôt tout-à-fait inutile et remplacé par des magistratures beaucoup moins onéreuses. L'unité allemande, décrétée à Francfort, rencontrera donc l'opposition la plus sérieuse de la part de tous ces intérêts militants. Le Hanovre s'est déjà déclaré contre cette décision; la Prusse ne semble pas le moins du monde disposée à résigner l'importante position que ses monarques et ses hommes d'État ont si long-temps et si heureusement travaillé à lui conquérir. Il est plus que probable que le parlement autrichien, assemblé en ce moment à Vienne, ne se soumettra pas à celui de Francfort.» (_Panslavisme et Germanisme_, p. 331 et 332.)

* * * * *

_N. B._--Toutes ces observations furent imprimées en mai et juin 1848, à l'époque où les Hongrois étaient, en apparence, dans les meilleurs termes avec le cabinet autrichien, et la diète de Francfort au zénith de sa gloire.

Appendice G.

LES SLAVES EN MORÉE.

Un fait singulier a été établi par l'écrivain allemand bien connu, M. Fallmerayer, dans son _Histoire de la Morée au moyen-âge_, c'est que cette partie de la Grèce a été en la possession des Slaves du VIe au IXe siècle; ce qui explique les noms slaves donnés à beaucoup de villes encore existantes de cette province et celui même de Morée. Une version commune veut qu'on l'ait appelée ainsi du nombre de ses mûriers (bien qu'elle n'eût rien de plus remarquable, sous ce rapport, que beaucoup d'autres parties de l'empire byzantin); mais il est bien plus raisonnable de faire dériver le nom de cette péninsule de _More_, en slave la Mer, d'autant mieux que les écrivains byzantins ne s'en servirent jamais et conservèrent toujours celui de Péloponèse, par la raison toute vraisemblable que c'était un mot d'origine barbare, qu'ils n'eussent pas rejeté s'il avait eu sa racine dans le grec.

On sait que les Slaves, qui avaient commencé à faire de très fréquentes incursions dans l'empire grec, sous Justinien Ier, furent conquis, pendant la seconde partie du VIe siècle, par la nation asiatique des Avars, que la cour de Byzance avait excités à attaquer les Slaves. Cependant, les Avars devinrent des ennemis plus redoutables pour l'empire grec que les Slaves ne l'avaient été, et ces derniers, marchant dès lors sous la bannière de leurs vainqueurs et comme leur avant-garde, pénétrèrent jusqu'aux murs de Constantinople. Tout le Péloponèse fut ravagé par les Slaves, à l'exception de l'Acrocorinthe, avec ses deux ports de mer (Cenchrea et Lecheum), Patras, Modon, Coron, Arges, avec la campagne voisine d'Anapli, dans le district actuel de Praslo, Vitylos, sur le versant occidental du Taygète, et les hauteurs de la province de Maïna. Le reste du Péloponèse fut réduit en un désert aride, et les habitants qui échappèrent à la mort et à la captivité s'enfuirent, ou dans les places fortes que nous venons d'indiquer ou dans les îles de l'Archipel.

Les Slaves ayant ainsi conquis la Morée, y fondèrent un établissement permanent. C'est un fait dont on peut aisément s'assurer par une étude attentive des auteurs byzantins. Cedrénus, Théophane et le patriarche Nicéphore, qui écrivirent au VIIIe siècle, appellent le pays situé entre le Danube et les montagnes d'Arcadie et de Messénie, _Sclabinia_, c'est-à-dire le pays des Slaves ou Esclavons; Constantin Porphyrogenète dit que tout le Péloponèse, au temps de Constantin Copronyme (741-75), se fondit dans l'élément slave et barbare.

La domination des Avars, qui avaient presque ruiné l'empire grec, se vit ébranlée à sa base par la révolte des Slaves de l'Ouest, sous le règne de l'empereur Héraclius (610-41); la nation slave des Serbes et des Chrobates (Serviens et Croates) ayant été appelée par cet empereur à les chasser des provinces méridionales du Danube, cette circonstance laissa les Slaves en paisible possession du Péloponèse et des autres terres qu'ils avaient enlevées aux Avars. Suivant la pente naturelle de leurs dispositions au calme, ils adoptèrent, comme ils l'avaient fait dans d'autres contrées, les occupations tranquilles de l'agriculture et de l'industrie, et ils perdirent bientôt toute trace de cette humeur guerrière qui semblait les caractériser au temps de leur invasion dans l'empire grec. Cette transformation fournit aux monarques byzantins les moyens de les attaquer avec succès; Constant II (642-68) porta la guerre dans le pays des Slaves, afin d'ouvrir une communication entre la capitale, d'une part, et Philippi et Thessalonique de l'autre. Justinien II (685-95 et 705-10) dirigea aussi une expédition victorieuse contre les Slaves, et fit un grand nombre de prisonniers qu'il transplanta dans l'Asie-Mineure. L'empire grec ayant repris une énergie momentanée sous la dynastie isaurienne, Constantin Copronyme poussa ses conquêtes sur le territoire des Slaves jusqu'à Bérée, au-dessus de Thessalonique, ainsi qu'on n'en saurait douter en examinant la délimitation des frontières de l'empire faite par les ordres de l'impératrice Irène, en 793. Les Slaves du Péloponèse furent conquis, sous le règne de l'empereur Michel III, à l'exception des _Milingi_ et des _Eseritæ_ qui habitaient Lacédémone et Elis, ainsi que le rapporte Constantin Porphyrogenète[203].

[Note 203: _De administrando imperio_, part. ij, chap. LVJ.]

L'empereur Basile Ier ou le Macédonien, acheva de les soumettre; vinrent ensuite la Religion chrétienne et la civilisation grecque, qui effaça leur individualité, perdue au milieu des Hellènes, de même que l'élément allemand absorba celle de leurs frères des rivages de la Baltique.

Les traces de l'occupation de la Morée par les Slaves se retrouvent encore dans ce pays. Plusieurs localités décrites par Pausanias et même par Procope, ont disparu et ont été remplacées par d'autres portant des noms slaves, tels que Goritz, Slavitza, Veligosti, etc., etc. Il est presque inutile d'ajouter que les habitants, dont le langage avait donné des noms à ces localités, sont nécessairement restés un temps considérable dans les lieux qui continuent de porter ces noms, après que les individus eux-mêmes ont disparu comme nation des pays où se trouvent situées les villes nommées par eux.

Il paraît que la population actuelle de la Morée a, pour le moins, autant de sang slave que de sang grec dans les veines. «Le caractère des habitants de la Morée a cependant, selon un voyageur moderne[204], plus de ressemblance avec celui des anciens Grecs qu'avec les Slaves ou tout autre peuple. Il en est de même de leurs costumes, des moeurs de leurs différentes communautés et de leurs sentiments. Et, bien qu'ils aient hérité peu des nobles qualités de leurs ancêtres, ils possèdent leur finesse et leur esprit de ruse, et, comme les anciens Grecs, ils sont également _dolis instructi et arte Pelasgâ_.» Cette réflexion n'est certainement pas applicable aux Slaves.

[Note 204: Sir Gardner Wilkinson, dans son ouvrage sur la Dalmatie et Montenegro, vol. II, p. 453.]

FIN.

TABLE DES MATIÈRES.

CHAPITRE PREMIER.

LES SLAVES.

Pages.

Origine du nom des Slaves. -- Hérodote en parle. -- Tacite, Pline et Ptolémée en font mention. -- Ils s'étendent au Sud et à l'Ouest. -- Leur caractère et leurs moeurs. -- Conquête et extermination des peuples situés entre l'Elbe et la Baltique. -- Quelques mots sur les Wendes de la Lusace. -- Oppression des Slaves par les Germains, et leur résistance au Christianisme. -- Renaissance de l'animosité nationale entre les Allemands et les Slaves à notre époque. -- Religion des anciens Slaves. -- Hospitalité, caractère doux et pacifique, probité des Slaves idolâtres attestée par les missionnaires chrétiens. -- Anecdote qui rappelle les peuples hyperboréens. -- Leur bravoure et leur habileté militaire. -- Leur courage à supporter les fatigues et les tourments. -- Progrès rapide du Christianisme parmi eux, dès qu'il est prêché dans leur langue. -- Royaume de la Grande-Moravie. -- Traduction des Écritures en slavon, et introduction de la langue nationale dans le culte religieux par Cyrille et Méthodius. -- Persécution de ce culte par l'Église catholique romaine. -- Les rois de France prêtaient leur serment de couronnement sur un exemplaire des Évangiles slaves. 1

CHAPITRE II.

BOHÊME.

Origine de ce nom, et premiers temps historiques. -- Conversion au Christianisme. -- Vaudois réfugiés dans ce pays. -- Règne de l'empereur Charles VI. -- Jean Huss. -- Son caractère. -- Il se met à la tête du parti national à l'Université de Prague. -- Son triomphe sur le parti allemand. -- Conséquences. -- Influence des doctrines de Wicleff sur Jean Huss. -- L'archevêque de Prague fait brûler les ouvrages de Wicleff et excommunie Jean Huss. -- Le pape cite Jean Huss devant son tribunal, à Rome. -- Jean Huss commence à prêcher contre les indulgences du pape et est excommunié par le légat du Saint-Père. -- Concile de Constance. -- Arrivée de Jean Huss à Constance. -- Son emprisonnement. -- L'empereur s'oppose d'abord à la violation du sauf-conduit qu'il a donné, mais les pères du concile lui persuadent d'abandonner Jean Huss. -- Procès et défense de ce dernier. -- Sa condamnation. -- Son supplice. -- Procès et supplice de Jérôme de Prague. 34

CHAPITRE III.

BOHÊME. (Suite).

Effet que produit la mort de Jean Huss en Bohême. -- Ziska. -- Supplice de quelques Hussites ordonné par le légat du pape. -- Première lutte entre les Catholiques romains et les Hussites. -- Proclamation de Ziska et soulèvement à Prague. -- Destruction de quelques églises et couvents par les Hussites. -- Invasion et défaite de l'empereur Sigismond. -- Négociations politiques. -- L'anglais Pierre Payne. -- Ambassade à la Pologne. -- Arrivée de forces polonaises au secours des Hussites. -- Mort de Ziska. -- Son caractère. 80

CHAPITRE IV.

BOHÊME. (Suite.)

Procope le Grand. -- Bataille d'Aussig. -- Ambassade en Pologne. -- Croisade contre les Hussites, conduite par Henry Beaufort, évêque de Winchester. -- Elle échoue. -- Tentative infructueuse de rétablir la paix avec l'empereur Sigismond. -- Les Hussites ravagent l'Allemagne. -- Nouvelle croisade contre les Hussites, commandée par le cardinal Césarini, et son issue malheureuse. -- Observations générales sur les succès prodigieux des Hussites. -- Négociations du concile de Bâle avec les Hussites. -- _Compactata_ ou concessions faites par le concile aux Hussites. -- Les Taborites vont au secours du roi de Pologne. -- Leurs préparatifs. -- Divisions parmi les Hussites à la suite des _compactata_. -- Mort de Procope et défaite des Taborites. -- Observations générales sur la guerre des Hussites. -- Leur énergie morale et physique. -- On les accuse à tort de cruautés. -- Exemple du prince Noir de Galles. -- Rétablissement de Sigismond. -- Les Taborites changent leur nom pour celui de Frères Bohémiens. -- Remarques sur les Moraves, leurs descendants. -- Luttes entre les Catholiques romains et les Hussites soutenus par les Polonais. -- George Podiebrad. -- Ses grandes qualités. -- Hostilité de Rome contre lui. -- Les Polonais le soutiennent. -- Règne de la dynastie polonaise en Bohême. 104

CHAPITRE V.

BOHÊME. (Suite.)

Avènement de Ferdinand d'Autriche et persécution des Protestants. -- Progrès du Protestantisme sous Maximilien et Rodolphe. -- Querelles entre les Protestants et les Catholiques sous le règne de Mathias. -- Défenestration de Prague. -- Ferdinand II: sa fermeté de caractère et son dévouement à l'Église catholique. -- Il est déposé; élection de Frédéric, palatin du Rhin. -- Zèle des Catholiques dans l'intérêt de leur cause. -- Élizabeth d'Angleterre et Henry IV de France. -- Conduite déloyale des Protestants allemands. -- Défaite des Bohémiens: conséquences de cette défaite. -- Guerre de Trente ans; les Protestants de Bohême sont abandonnés par ceux d'Allemagne. -- Triste situation de la nationalité slave de Bohême. -- Résurrection de la langue nationale, de la littérature et de l'esprit public en Bohême. -- Condition actuelle et avenir de ce pays. 141

CHAPITRE VI.

POLOGNE.

Caractère général de l'histoire religieuse de la Pologne. -- Introduction du Christianisme. -- Influence du clergé germanique. -- Existence des Églises nationales. -- Influence du Hussitisme. -- Hymne polonais en l'honneur de Wiclef. -- Influence de l'Université de Cracovie sur les progrès de l'intelligence nationale. -- Projet de réforme ecclésiastique présenté à la Diète de 1459. -- Doctrines protestantes en Pologne avant Luther. -- Progrès du Luthéranisme en Pologne. -- Affaire de Dantzick. -- Caractère de Sigismond. -- Situation politique du pays. -- Société secrète à Cracovie pour la discussion des questions religieuses. -- Arrivée des Frères Bohêmes et diffusion de leurs doctrines. -- Émeute soulevée par les étudiants de l'Université de Cracovie; leur départ pour les Universités étrangères; conséquences de cet événement. -- Premier mouvement contre Rome. -- Synode catholique romain de 1551 et ses résolutions violentes contre les Protestants. -- Irritation produite par ses résolutions et abolition de l'autorité ecclésiastique sur les hérétiques. -- Oréchovius, ses disputes et sa réconciliation avec Rome; influence de ses écrits. -- Dispositions du roi Sigismond-Auguste en faveur d'une réforme de l'Église. 161

CHAPITRE VII.

POLOGNE. (Suite.)

Jean A. Laski ou Lasco; sa famille, ses travaux évangéliques en Allemagne, en Angleterre et en Pologne. -- Arrivée du nonce Lippomani, et ses intrigues. -- Synode catholique de Lowicz et meurtre juridique d'une jeune fille et de plusieurs Juifs, meurtre commis par ce synode à l'instigation de Lippomani. -- Le prince Radziwill le Noir; services qu'il a rendus à la cause de la Réforme. 186

CHAPITRE VIII.

POLOGNE. (Suite).

Demandes adressées au pape par le roi de Pologne. -- Projet de synode national combattu par les intrigues du cardinal Commendoni. -- Efforts des Protestants polonais pour opérer l'Union des Confessions Bohémienne, Genevoise et Luthérienne. -- _Consensus_ de Sandomir. -- Déplorables conséquences de la haine des Luthériens contre les autres Confessions protestantes. -- Origine et progrès des Anti-trinitaires ou Sociniens. -- Situation prospère du Protestantisme et son influence sur le pays. -- Le cardinal Hosius. -- Introduction des Jésuites. 201

CHAPITRE IX.

POLOGNE. (Suite.)