Espace Perdu: Poésie

Part 1

Chapter 1 3,446 words Public domain Markdown

Copyright (C) 2002 by Huguette Bertrand

Huguette Bertrand

ESPACE PERDU

imageries

Éditions Naaman

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La folie m'engendre sous d'épaisses couvertures vertueuses les breloques m'étouffent l'oeil sclérose d'âme en devenir pétrie à même les nuances

Corps d'avant corps mutant corpusculaire ouïr pour actionner le Verbe perdre la clef des champs

Au grand Mât attachez vos ceintures on part en Vie en chemise de nuit par les méandres de l'irraisonnable vers le mausolée du Mot Dit

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En vol plané je me perçois en délire l'ordre me rejoint en dégringolade je succombe aux jugements incrédules affolée de discours frénétiques j'accueille le silence Majesté immobile dépouillée

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Les mots s'orgasmisent se contractent à souffle perdu on a dissous le corps le Vrai rejaillit en nuée d'images indélébiles suant de strangulation la phrase s'embryonne sur les pages labourées des lignes à la pelle ramassées jetées en défécations en bordure de falaises engouffrées

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J'habite les mots signifiants d'une inconnue sagesse circulant sur les ondes éprise de vent libre

Recrudescence de tempêtes abattues sur la cime perdue des regards avides cherchent la pulpe des chemins sinueux

Grisée d'absolu d'insanité d'accords brisés du temps arrogant

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Je flotte en moi à l'envers à l'endroit je pose sur mon autel tous mes sacrilèges de vie abandonnée je file vers mon désert accrochant ici une pensée fétide et là une bouée pour mes futurs naufrages

Mon chemin habité d'images sillonne une froide vallée pays traqué et saturé de richesses interminables qui n'en finissent plus d'appauvrir

Sur ma dune je compte mes moments d'amour enveloppée d'une cape tissée de rares visages attrapés au hasard du temps

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Les images au rivage s'entrelacent roucoulent d'aise me provoquent

Je les bois comme grâce en coupe à tire d'âme

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Je cherche des mots

abri de mes souffrances abri de mes attentes abri de mes lassitudes

Je cherche des corps

abri de chaleur abri de tendresse abri d'épanchements nouveaux

Je cherche l'univers

abri des nulles parts abri des ailleurs abri d'yeux perdus

Je cherche des images

abri des solitudes abri des habitudes abri des naufrages

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Étreins le bouquet de pensées éparses tires-en le jus fabuleux des mots entendus distille le secret du langage perdu au fil des siècles vécus d'abus

Abuse l'âme embaume de musique l'atmosphère en flammes brisée de morts subites je survis de grâces en songes

Atterrée de phrases communes en échange de berceaux vides sueurs crépusculaires au goût enfiévré jette le manteau déjà trop usé par le fouet des vampires célestes

Reviens me chuchoter l'éther où jadis je fus trempée de lumière transparente de sagesse fierté initiale

J'essuie les chemins ancestraux je marche sur le feu des poètes maudits brûlée de frayeurs extatiques le lointain flambeau clignote des mots enchevêtrés qui m'enguirlandent d'extravagance

Ô grandiose tourmente projette la pâleur de l'innocence au cerceau de vie restante sur le mur de la ressemblance

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Musique des sons rapatriée et caressée par l'oreille écoutante choix déluré plaisir savoureux la matière grise se complait au glissement des mots choisis

Bruissement sur l'âme qui s'enivre et se perd au fond du puits délabré de sa conscience surhumaine

Passible de ravivance acharnée jointe au corps universel emballée

au son dégagé de piètre chair ensorcelée d'infini et d'excroissance

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Je rage j'éclate et me fonds dans l'abîme de ma foudre j'enchaîne mes désespoirs à l'arbre mort de l'existence j'élève le pilier de mes attitudes résistant ainsi au bourdonnement de la solitude

Je reconnais enfin la vie espace aux dimensions inconnues ravie de couleurs transparentes et nues j'entrevois le feu d'un désir inassouvi là où une pâle lueur attise cette soif dénaturée

Par-delà le temps par-delà l'espace des chimères se déversent en rosée bouillonnante sur mes rêves emmêlés mes nuits de blanc vêtues s'égorgent aux souvenirs des matins d'une vie non vécue

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Je parle des roches qui pensent Je parles des arbres qui pleurent Je parle du sable qui rit Je parle de la terre qui grogne

Je croque la barre du jour Je croque mes peines d'amour Je croque les fruits d'hiver Je croque les âmes d'hier

J'écris les mots perdus J'écris les saisons nues J'écris sur l'écorce du temps

d'intimes pensées qui jaillissent de l'étang des murmures

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La nudité du temps s'enroule autour des matins refleuris

Je baigne mon corps dans la rosée limpide des herbes suspendues

Je goûte la beauté d'une fleur éveillée au doux froissement d'une aile brisée

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Ai découvert l'entrée du tunnel qui me sillonne au plus loin du plus loin comme au tréfonds du volcan la vie filtre le sens des choses les purifie les asperge d'un fluide nouveau les émotions réalisent de nouvelles ombres comme des ombrelles pour rafraîchir les passions toutes neuves

Départ

Silence

La mort n'existe plus on l'a enterrée hier derrière le paysage broque en loque une nouvelle toile représente les armées de soleils le chemin prend feu à leur passage un sillage à suivre embrasant l'âme en ébullition

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J'ai vu la gloire d'un matin à jamais disparu j'ai vu une longue journée s'abattre sur le soir un fracas de nuit à perte de sommeil

J'ai vu la marche de l'inconscience couvrir le brasier d'indolente survivance j'ai vu le plafond dissimulé des étouffantes villes j'ai vu le spectre l'ai apprivoisé comme hirondelles en cage bronzée

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Je me retire de ma peau pour mieux voir les couleurs opaques de l'oeil qui s'ennuie vertige de l'arbre qui tombe sur l'os

Je chausse mes pas en marche avant pour surprendre le temps qu'il fera à l'appel du bras levé je plie mon espace à la recherche d'un lieu vide exploration mutilée aux portes closes l'élan s'abat en trombe percussion qui retentit sur le mur de l'infini gestation de vie d'ailleurs

Ne jamais rencontrer l'ailleurs objet du songe signe de turbulence retour

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Qui es-tu Où est-tu Grand Invisible

Hier fut demain sera mais aujourd'hui n'est pas

Serais-tu à la mesure de mes aspirations fixé au coin de l'oeil en larme coincée

ma joue t'aspire tu n'y es pas reflet opaque qui me retransmet mon image

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Je me promène en tenue de mort laissant mon vieux manteau rapiécé sur une chaise pliante d'usure

Je couche mon corps dans une nuée humide terrassée d'ignorance figée prête à l'emploi du temps

Je rêve d'étrangetés sympathiques osées et laconiques pudeur indélébile

Je regorge de fantasmes impudiques paroxysme de vertus oubliées je bois ma liberté à plein verre

À ta santé ma vie

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Ô Terre toi que j'ai choisie pour naître tu regorges d'exploits meurtriers tes millénaires t'angoissent on t'as extirpé ton harmonie déréglé ton train de vie tu te suffis à toi-même impotente nos pieds te sont lourds agressée tu t'éteins comme un ancien soleil étouffée tu rétrécis à nos quatre milliards de paires d'yeux

Fruit d'azur confit notre désordre n'a nul refuge qu'une étoile morte-née

Adam nous a trompés jardin délicieux abandonné source d'avenir tarie je me vomis attendant d'être cueillie par quelques gueux affamés de l'au-delà

Et que le spectacle continue malgré le rideau tombé

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Je me baigne dans la pourriture de ma sécheresse m'abreuvant au fiel de la terre j'enfonce mon corps en lambeaux dans les sables verts d'un tombeau

Je meurs d'espoir d'en sortir du jour où j'emboîterai le pas vers un nouveau trépas

Refaçonnée par les ténèbres habituée d'espace réduit je marcherai d'appuis nouveaux sur les sentiers battus refleuris par les tombeaux

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Le ruisseau me traverse rafraîchit mes passions de tendres tempêtes m'étranglent aux passages cloisonnés de frayeurs indignes la flèche dorée indique la proue du naufrage à jamais récupérée

Brune brume blanche frange du temps effrité à chercher le lointain sublime désir pensée qui sourit au vent nonchalant

Branle-bas ébruité de chaleur posthume d'ogives à perdre la tête renversé de poussière insidieuse enflammé de vampires attablés au festin de champignons brûlants assaisonné de chairs fumantes douces aux palais languissants des pantins sans fil et filant sans rêve

Obscurci de mauves images l'Univers bouillonne attendant le renouveau des amours endurcies

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Assise au bord du temps pieds flottant dans l'espace je mesure l'immensité pur coucher mon impatience

Une spirale s'installe sur un vague regard elle s'étale et se contracte aux battements de paupières une minuscule bille s'en détache d'instinct et manipule son destin suspendue à l'horizon elle me fait révérence et s'agite à mes sombres pensées à tâtons elle roule sur mes genoux se découvre sans pudeur laissant apercevoir ses cicatrices en champ de bataille

Mes pensées frémissent à ce spectacle je pleure pour éteindre ces haines les murs honteux et sordides fondent en tristesse d'où s'échappent quelques rares ombres de vie

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Pas renchaussés aux fenêtres aperçus abîme de lassitude le pas de deux gesticule en crescendo torturé se dédouble aux mesures en saccades refoulées corps démembré articulé d'un sourire d'une faiblesse incontinente cherche des yeux attendris attendant ton bol de riz bavure de guerre crachat d'homme indigne humanité aux vertus sombrées dans l'oubli jungle humaine que le plus fort l'emporte éhonté de tendresses ensommeillées au profondeur des charniers repoussante vérité évitée en homélies endimanchées entachant la sainteté des bêtes bien pensantes orgueil des clochers qui s'agenouillent en vapeurs cristallisées voilée en myopie déambulante les regrets développés en chambre noire apparaissent en négatif mythique

Le pas de deux s'éternise de sale en sale de mal en pieds de pieds sans pied de sang séché au bord des routes oubliées

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Au menu du jour la paix au fond des déserts au bord de la mer la paix dans les salons sur les balcons la paix aux lèvres des canons en tête des nations la paix Au fond des chaudrons il brûle un lampion la paix

MAUDITE PAIX

Crache le feu la tête sur la pierre en avant la guerre mange-la ta misère dévorons tous nos frères en avant la guerre passe en avant moi je n'sais pas comment en avant la guerre

Rongé de rouille rouillé de guerre

LA PAIX

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Masque craqué de plâtre rance respire aux fentes obstruées de suffisance inculte narcissique beauté au fond des rivières abruptes reflet de croquants péchés passionnés aux idées molles et délavées

Soubresaut de brillance éteinte bleuté de marbre choisi insipide et saturé regret du temps inodore d'espace incolore ratisse les gouttes de vie qui s'effilochent à l'horizon muré et désespéré

Le doigt s'imprime sur la barre du jour symphonie oblique chant de blé d'or terni le vermeil émerveille le regard cicatrisé de pleurs chaleureux et menacés

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Sombre dent du temps dévorant les masses plissées yeux ternis par des regards aveugles rageuses dimensions illuminées de néant engloutissant les regards affamés

Gorgée de vie amère ciguë des morts-vivants assoupis le corps enivré d'écoeurement crache ta mort aux oubliettes de temps

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Ô Bêtise grande favorite humaine asperge la musique doucereuse des grandes frustrations à l'auberge des passions gélatineuses insatiable au coeur des chauves enlacements épars nourrie de miel suri holocauste des gratte-ciel emmurés de douleur

Épines de pieds et humeur de têtes fourrée de dates millénaires charge les trépas de brillantes chaussées amusée de folles arabesques monture de chastes amazones nues et froides embuées de chaudes aisselles musclées de tendresse avertie

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Clairvoyance néfaste souci des mythes aspergée de lait divin labeur de seins rajeunis aux lèvres gauches et gloutonnes assombrie de désirs d'absolu de lointains soubresauts

Humeur du temps en broussaille jetée de lierres éperdues ensommeillée sur fond d'azur entachée de fuyants désirs

L'innommable plaisir s'arrache les cervelles essoufflées apaisant les arpèges lancinants des complaintes tremblotantes

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Source d'épanchements insalubres sotte vertu aux moeurs vétustes accrochée au mur des mémoires sauvages

Pillage des forces vives et machinales détale les pentes glaciaires et déchaînées étouffé de mots vides et inversés

Crache les histoires confondues de salive verdâtre et silencieuse coulant des crevasses multiples ouvertes au profond silence de froide terre

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Qu'est que je lègue à mes enfants un dépotoir nos détritus nos chagrins nos abîmes

Une lampe veille sur la commode immuable créative elle réinvente mes rêves mon engouement de vie elle réchauffe mon essence embrase l'éclat des jours subtils qui n'en finissent plus

Qu'est-ce que je lègue à mes enfants un espace d'univers un soir de veille ou tout s'éteint sur la vastitude reste le temps des soupirs endormis au large de l'immensité redevenue claire à leurs toujours yeux d'enfants ébahis d'amour seul héritage

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Je suis d'eau d'air de feu mes racines desséchées s'abreuvent aux souvenirs des astres fidèles dès que s'éteint le soleil à mon giron je retourne dessinant des rêves occultes aux parois de mes pensées j'étreins mon énergie pour raviver mes espérances

Blottie au sein d'une eau nouvelle je me raconte l'histoire perdue du temps ce temps limpide au chêne rajeuni paré de feuilles éternelles

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Je joue de l'émotion comme un piano railleur les notes de baladent en cris en pleurs

Symphonie délirante jubilation extase accords torturés

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Peur de jour peur de nuit brûlée d'amour latent choix de plumes endurcies au chagrin

Bouche soyeuse orifice attendri aux couleurs sales et malveillantes en dimensions incomprises d'aspect lourd et aveuglant

Trame de vie suspecte océan de stupeur glaise informe chavirée en poussière de lune

Les déserts fourmillent de pluie desséchée de frêles senteurs rassurantes ornés de sentiers éperdus d'un bouquet de temps non éclos

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Brebis galeuse à l'ouest tendre soupir à l'est que peut-on te reprocher d'être au rendez-vous toujours ponctuelle et joyeuse tu nous emportes dans tes bras quelques peu osseux mais qu'importe tu sais où tu vas tu embroches grands et petits tu dénoues les fils de vie et secoues la poussière couleur de terre emportée par le vent lunaire ou solaire

Réalité mystérieuse tu essuies les mares de peines des regards appauvris les sombres taches pâlissent au fil des adieux

Les ombres retournent à leurs nombrils et marchent à reculons comme pour espacer le temps retournant à leurs berceaux pour éviter ton spectre affolant

Mais toi tu es printemps attendant le signal du prochain rendez-vous

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La grisaille pleure sur le triste regard des ombres décharnées sépulture de vie aux rêves désertiques nonchalance du temps suspendue à l'espace indécis

Ressuscitez bandes d'abrutis

Suspendez cette grisaille au placard des arrière-cours laissez consumer vos songes affolants étreignez-les à en sortir le nectar enivrant soulez-vous en pour rallumer vos orbites closes

Ainsi régénérés vous ferez de plus beaux cadavres

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Semer des doutes en vos entrailles vous agresser et vous troubler planter en vos yeux des regards de mélancolie contourner vos nuits sèches et vos jours arides

Torpeur

Moisir dans vos greniers sans âge gémir sous vos langues mortes pour effacer vos mots creux ramasser les miettes de vos déserts en faire germer vos mornes amours

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Chercher le dur trouver le mou enfilade trépassée ne revenir qu'au décan

Toujours partout le bruit métallisé se meurt aux oreilles entonnoir d'ivresse haletante jeux de particules matrice décomposée

Tromper l'oubli se moquer du noir tombé essuyer la trace de gauches pas sur la ligne du temps décadent

Retenir le mot d'Amour marteler le temps brisé écorchure vive

Baume

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Accablante reprise de mélodies perdues charmes renouvelés de danses limpides enjambées célestes cycles obscurs à jamais rajeunis temps enflés de cruels désirs objet cataclysmique d'auréoles étouffantes et chancelantes mélancolie spectaculaire

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Nue devant l'orage je saisis sa foudre pour ceindre mes reins brisés enfiévrée je bois à même les nuages pour étancher la brûlure qui perdure au coeur brut je sens poindre en moi un goût de nature suffocante rebelle au bois abandonné menu temps accompli en douceur primaire ajustée en sursaut cercle organique

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L'accueil de la nature se fait pressant envoûtée de maladresse la solitude risque un pas chancelant vers une cathédrale verdoyante arrimée aux racines d'arbres elle s'incline devant beauté et rutilance risquer d'aventure un songe paraît malvenu en si bel enchantement nul besoin est de grossière mode

En choeur déluré les têtes de violon sonorisent l'air du temps les chants sombrent au coeur en remous dépouillés le silence s'effrite à l'approche des grands arbres leur écorce s'enduit de sève laissant poindre l'aurore tant attendu enracinés l'un à l'autre leurs feuilles rougissent de contentement

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Sautille la pluie sur tendres feuilles jaunies par le temps épars rose matin assombri au réveil des humains humecte la droiture du temps revenu soubresaut bouleversé à souillure approprié aux déchets terreux saute à rebrousse-poil en longs cheveux embroussaillés vers les espaces refleuris aux matins gris

Assoupi de vertes langues assassines d'immondices endiablées luttant tête froide aux clochers ramurés stature titanesque aux rameaux tentaculaires pernicieux

Beauté rattachée au cri voyant ébranlée de torpeur odieuse effilée de mélancolie sableuse

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Le temps s'endort sur branche fragile transporté de rêves rajeunis il enjambe ses horizons flétris et sursaute aux gémissements des peines englouties

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Les folles voiles s'emportent aux légères brises de brume parfumée les décombres des flots engloutissent leur candeur enchevêtrées elles s'affolent crissant se rabattant sur l'horizon muet

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Accoudés aux quais les chalands explorent les eaux noires d'une terre démente en brise étreinte loin derrière l'écume

Mer éreintée de souffle perdu entre deux eaux de faune germée salvatrice d'indigènes elle attend l'hommage sacrificiel

Qui viendra s'ébattre au rivage larmes à l'oeil ouvert glissant sur plumages au gré de mouettes en cage prisonnières du ciel en rage

Erreur saisonnière le phare se cherche un écueil où briser ses feux complices

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Les amants s'allument s'éteignent comme chant d'elles en dentelle

Les escarmouches de nuit vident les tendresses happent les soupirs

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Lorsque ton prolongement ébranle la cloison du délire la flamme jaillit de la source ravit les pensées obscures effaçant la détresse qui s'ennuie

Le feu pleure sur ses cendres grises englouties dans l'abîme où les vagues écourtées se fracassent sur l'infini

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Ô jouissance trop brève de corps emmêlés tu fais frissonner l'ombre brûlante des désirs consommés

Que d'amours ont jailli de frêles chevauchées inertes étalant sur l'infini les bruits desséchés des soupirs

L'ombre glaciaire sombrera vers les entrailles des passions brisées d'où jailliront les sueurs d'une trop légère brise

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Coeur imbibé de lointains regrets sèche à l'aube des désirs à venir

Ô gerbe cueillie du temps refleuri goûte le parfum d'une beauté éclatée

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Semblable au sel de la mer semblable au feu de la terre tu ronges et fais trembler les épaves de la chair tu déchires le cosmos et délivres l'éros des abîmes de l'ignorance

Enveloppe de tendresse le souffle des paresses ravive le temps d'une fable d'amants

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Coeur séché derrière les volets entrouverts refus de tendresse mendiée aux portes closes les rires saccadés cachent la pendaison des oiseaux morts tu restes couchée sur ta dépendance tu abîmes la couleur de tes pensées en t'abritant sous l'ombre de ton ennui ta solitude s'entache de notes vides tu t'extasies devant tes murs gris peints en rose morose tes amours glissent au plancher froid et dur giseante tu fais l'amour en peau de vache entortillée autour de ton illusion

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Vie démesurée vie en repli vie encerclée vie enchaînée vie à l'enchère vie rétrécie vie encadrée vie castrée

L'esclave s'amenuise à n'en devenir qu'une idée libre

Liberté macérée liberté inextinguible liberté d'assaut de mots inaudibles liberté clignotante aux coins des rues liberté qui aiguise la lame au coeur transpercé liberté qui brise le néant liberté liberté

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En toile suspendue en jet d'humeur nocturne la forme s'informe de traits adroits en lignes détachées brisée d'espace inégaux de masses indécises elle projette un oeil oblique comme pour attendrir esseulée elle se superpose d'aise disparaît en elle-même réapparue en sons différents son chant attise retire ce qu'il a donné en mouvement inchangé elle se perçoit intouchable vit par couleurs nous danse dans l'oeil irrésistible

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Ta main encerclant le cou repliée sur l'épaule en serre d'aigle affranchi regard de pauvre croisant ta désillusion ton maigre corps teigneux vogue sur le néant habité de volcans éteints ne demandant qu'à éclore en luminosité

Tu ramasses ta tristesse desséchée au pied de l'escalier en lambeau transformée en flambeau tu chauffes comme un volcan réanimé tu surchauffes tu sursautes à ton verbe ignoré suite de vies fragmentées

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Métalarmant chairs clinquantes roseargent en pot froid bois brillant toit hurlant ENTER

Râ Soleil rameau séché martelé ENTER

Effets spéciaux masses trouées éclaboussées fosses asceptiques ENTER

Écho cuivré son brut verbe in vitro ENTER

Blindage chromatique au fil ténu pucelage envolés mes bits bibites encéphaliques ENTER

Chaos pack Blind colors RUN

Bit... Bit... envolés en phrases à dentelle Bit... Bit... en chemise détach....Bit...Bit... couleurs à jam... Bit... Bit... touj... Bzzzzz

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Star familiale berceau intime apaisement de faim de cris de maux écoutés chaussée d'aurore tu pleures d'inliberté tu habiles les habitudes d'essoufflement tu chantes l'ennui à bout de voix en secret tu mijotes dans tes chaudrons tu es sale à force de laver les autres tu boudes les amours à force d'aimer ta tendresse s'échappe comme une fuite de gaz tu essuies les paroles aux murs incrustées

Ferme la porte ouvre la fenêtre ta tête aérée n'oxygène personne le branle-bas s'installe bras ballants les contraires s'attirent mais les satyres ne se contrarient plus tu laves tes chagrins aux cuves qui coulent et se meurent en avanit les machines jubilez

Moi je rêve ma réalité en réalisant mes rêves mon fil de vie ne tient qu'au plomb gravé de mots rendus de mots réchappés de mots vivants images et sons enfin libres

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© Éditions Naaman et Huguette Bertrand Sherbrooke (Québec) Canada coll. AMORCES, no 44 Dépôt légal / Deuxième trimestre 1985 BNQ et BNC - ISBN 2-89040-343-2 Tous droits réservés - All rights reserved