Entretiens (1998-2001)

Chapter 27

Chapter 273,594 wordsPublic domain

Oui, encore trop. J'ai renoncé au papier de mon agenda depuis le début de l'année... Ça ne se passe pas trop mal. L'organiseur de poche est un substitut du papier pour ce qu'il y a de plus primitif dans l'écriture: tenir des listes. Efficace. Jack Goody m'a fait voir ça cet été dans La raison graphique (éditions de Minuit, 1978, ndlr), un bouquin écrit à la fin des années 70!

Et puis j'aime bien emprunter mes livres en bibliothèque. Ça consomme aussi moins de papier! J'y lis volontiers mes livres: les salles de lecture, leur silence, leur lumière sont des havres de sérénité dans la fureur des villes.

Avec le web et internet, le pronostic sur la consommation de papier est incertain. D'un côté, la logique du réseau et la dématérialisation des supports, e-mail, documents à jour exclusivement en ligne, leur accessibilité à distance, le déclin de la paperasse, etc. Mais d'un autre côté, il y a le besoin trivial d'imprimer pour lire. Parce que la lecture s'accomode assez mal du nez collé sur un tube cathodique.

Avec ou sans papier, l'évolution de la lecture est une chose remarquable avec internet. Même les radios et les télés qui s'installent sur le web donnent des contenus à lire et des espaces pour écrire. L'air de rien, c'est une sacrée innovation.

= Les jours du papier sont-ils comptés?

Fabriquer une encyclopédie nécessitait, il y a peu, des dizaines de kilos de papier, des kilos d'encre. Aujourd'hui, ça tient sur une galette optique de 15 grammes et coûte environ 10 fois moins cher que l'"ancien modèle" en papier.

Un stick de mémoire flash (pour la photo numérique, du MP3 ou @folio) pèse 2 grammes et contient aujourd'hui jusqu'à 120 millions de caractères, l'équivalent de 5 volumes Petit Robert, soit 10 kilos de papier environ... et contrairement au papier, le stick est réinscriptible à l'infini, c'est mieux qu'un palimpseste ;-)

Mais il y a plus de papier dans le secteur de l'emballage que dans celui de l'édition (journaux, livres) et le développement du e-commerce ne réduira pas les besoins d'emballage. L'atelier Design de l'Ecole d'architecture de Strasbourg a produit l'an dernier un superbe projet de mobilier urbain, un totem à l'échelle du quartier, hors gel, qui fonctionne comme une poste automatique, ouverte 7 jours/7 et 24 heures/24, où l'on vient retirer ses paquets, muni d'un code d'accès envoyé par e-mail.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

C'est un terme un peu obscur pour moi. Mais je déteste encore plus "réalité virtuelle". Bizarre, cette idée de conceptualiser un ailleurs sans pouvoir y mettre les pieds. Evidemment un peu idéalisé, "sans friction", où les choses ont des avantages sans les inconvénients, où les autres ne sont plus des "comme vous", où on prend sans jamais rien donner, "meilleur" - paraît-il. Facile quand on est sûr de ne jamais aller vérifier. C'est la porte ouverte à tous les excès, avec un discours technologique à outrance, déconnecté du réel, mais ça ne prend pas.

Dans la réalité, internet n'est qu'une évolution de nos moyens de communication. Bon nombre d'applications s'apparentent ni plus ni moins à un télégraphe évolué (Morse, 1830): modem, e-mail... Les mots du télégraphe traversaient les océans entre Londres, New-York, Paris et Toyo, bien avant l'invention du téléphone. Bien sûr, la commutation téléphonique a fait quelques progrès: jusqu'à l'hypertexte cliquable sous les doigts, les URL (uniform resource locator) en langage presqu'humain, bientôt accessibles y compris par les systèmes d'écriture non alphabétiques...

Mais notre vrai temps réel, c'est celui des messages au fond de nos poches et de ceux qui se perdent, pas le temps zéro des télécommunications. La segmentation et la redondance des messages, une trouvaille d'internet? Au 19e siècle, quand Reuters envoyait ses nouvelles par pigeon voyageur, il en baguait déjà plusieurs. Nos pages perso? Ce sont des aquariums avec un répondeur, une radio et trois photos plongés dedans. Tout ce joyeux "bazar" est dans nos vies réelles, pas dans le "cyberespace".

= Et la société de l'information?

J'aime bien l'idée que l'information, ce n'est que la forme des messages. La circulation des messages est facilitée, techniquement, et elle s'intensifie. Et désormais, le monde évolue avec ça.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

Au tout début, quand vous réalisez le système: le matin, à l'heure où vous vous levez, les derniers messages arrivent de la côte ouest de l'Amérique. Le jour se passe et le soir, quand vous allez vous coucher, ce sont les tous premiers messages qui arrivent des Dragons. C'est comme la lumière autour de la nouvelle lune.

= Et votre pire souvenir?

Je ne l'ai pas gardé comme souvenir.

HENRI SLETTENHAAR (Genève)

#Professeur en technologies de la communication à la Webster University

Henri Slettenhaar est spécialiste des technologies de la communication. En 1958, il rejoint le CERN (Laboratoire européen pour la physique des particules) pour travailler sur le premier ordinateur numérique, et il participe au développement des premiers réseaux numériques du CERN. Son expérience américaine débute en 1966 quand il rejoint pendant 18 mois une équipe du Stanford Linear Accelerator Center (SLAC) pour créer un numérisateur de film. De retour au SLAC en 1983, il conçoit un système numérique de contrôle qui sera utilisé pendant dix ans. Depuis près de vingt ans, il est professeur en technologies de l'information à la Webster University de Genève. Il est le directeur du nouveau programme de gestion des télécoms (Telecom Management Program) créé à l'automne 2000. Il est également consultant auprès de nombreux organismes.

En 1992, Henri Slettenhaar crée la Silicon Valley Association (SVA), une association suisse qui organise des voyages d'étude dans des pôles de haute technologie (Silicon Valley, San Francisco, Los Angeles, Finlande, etc.). Outre des visites de sociétés, start-up, universités et centres de recherche, ces voyages comprennent des conférences, présentations et discussions portant sur les nouvelles technologies de l'information (internet, multimédia, télécommunications, etc.), les derniers développements de la recherche et de ses applications, et les méthodes les plus récentes en matière de stratégie commerciale et de création d'entreprise.

*Entretien du 21 décembre 1998 (entretien original en anglais)

= Quel est l'apport de l'internet dans votre vie professionnelle?

Je ne peux pas imaginer ma vie professionnelle sans l'internet. Cela fait vingt ans que j'utilise le courrier électronique. Les premières années, c'était le plus souvent pour communiquer avec mes collègues dans un secteur géographique très limité. Depuis l'explosion de l'internet et l'avènement du web, je communique principalement par courrier électronique, mes conférences sont en grande partie sur le web et mes cours ont tous un prolongement sur le web. En ce qui concerne les visites que j'organise dans la Silicon Valley, toutes les informations sont disponibles sur le web, et je ne pourrais pas organiser ces visites sans utiliser l'internet. De plus, l'internet est pour moi une fantastique base de données disponible en quelques clics de souris.

= Comment voyez-vous l'avenir?

Je vais encore renforcer l'utilisation de l'internet dans mes activités professionnelles. En ce qui concerne les langues, je suis enchanté qu'il existe maintenant tant de documents disponibles dans leur langue originale. Je préfère de beaucoup lire l'original avec difficulté plutôt qu'une traduction médiocre.

= Comment voyez-vous l'expansion du multilinguisme sur le web?

Je vois le multilinguisme comme un facteur fondamental. Les communautés locales présentes sur le web devraient en tout premier lieu utiliser leur langue pour diffuser des informations. Si elles veulent également présenter ces informations à la communauté mondiale, celles-ci doient être aussi disponibles en anglais. Je pense qu'il existe un réel besoin de sites bilingues.

*Entretien du 23 août 1999 (entretien original en anglais)

= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?

C'est un débat important et, comme par le passé, des solutions doivent être trouvées dans les nouvelles technologies.

= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?

A mon avis, il existe deux catégories sur le web. La première est la recherche globale dans le domaine des affaires et de l'information. Pour cela, la langue est d'abord l'anglais, avec des versions locales si nécessaire. La seconde, ce sont les informations locales de tous ordres dans les endroits les plus reculés. Si l'information est à destination d'une ethnie ou d'un groupe linguistique, elle doit d'abord être dans la langue de l'ethnie ou du groupe, avec peut-être un résumé en anglais. Nous avons vu récemment l'importance que pouvaient prendre ces sites locaux, par exemple au Kosovo ou en Turquie, pour n'évoquer que les événements les plus récents. Les gens ont pu obtenir des informations sur leurs proches grâce à ces sites.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

La vision d'images venant directement de l'espace, et particulièrement de Jupiter.

= Et votre pire souvenir?

La surcharge d'information. Je suis submergé par toutes ces informations et je ne dispose pas encore des outils qui me permettraient de ne trouver que ce que je cherche.

*Entretien du 30 août 2000 (entretien original en anglais)

= Quoi de neuf depuis notre dernier entretien?

L'explosion de la technologie du mobile. Le téléphone mobile est devenu pour beaucoup de gens, moi y compris, le moyen de communication personnel vous permettant d'être joignable à tout moment où que vous soyiez. Toutefois l'internet mobile est encore du domaine du rêve. Comme expliqué dans un article sur la téléphonie mobile en Finlande, les nouveaux services offerts par les téléphones GSM sont extrêmement primitifs et très chers, si bien que le Wap a reçu le sobriquet de "Wait And Pay".

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure répartition des langues sur le web?

Le multilinguisme s'est beaucoup développé. De nombreux sites de commerce électronique sont maintenant multilingues, et il existe maintenant des sociétés qui vendent des produits permettant la localisation des sites (adaptation des sites aux marchés nationaux, ndlr).

= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?

J'ai difficulté à croire que les gens sont prêts à lire sur un écran. En ce qui me concerne, je préfère de beaucoup toucher et lire un vrai livre.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

Le cyberespace est notre espace virtuel, à savoir l'espace de l'information numérique (constitué de bits, et non d'atomes). Si on considère son spectre, il s'agit d'un espace limité. Il doit être géré de telle façon que tous les habitants de la planète puissent l'utiliser et en bénéficier. Il faut donc éliminer la fracture numérique.

= Et la société de l'information?

La société de l'information est l'ensemble des personnes utilisant quotidiennement le cyberespace de manière intensive et qui n'envisageraient pas de vivre sans cela, à savoir les nantis, ceux qui sont du bon côté de la fracture numérique.

*Entretien du 8 juillet 2001 (entretien original en anglais)

= Quoi de neuf depuis notre dernier entretien?

Ce qui me vient à l'esprit est le changement considérable apporté par le fait que j'ai maintenant une connexion à débit rapide chez moi. Le fait d'être constamment connecté est totalement différent du fait de se connecter de temps à autre par la ligne téléphonique.

Je reçois maintenant mes messages dès leur arrivée dans ma messagerie. Je peux écouter mes stations radio préférées où qu'elles soient. Je peux écouter les actualités quand je veux. Et aussi écouter la musique que j'aime à longueur de journée.

Aujourd'hui par exemple j'ai suivi les commentaires et le score du championnat de tennis de Wimbledon en temps réel. La seule chose qui manque est une vidéo de bonne qualité en temps réel. La largeur de bande est encore insuffisante pour cela.

Mon domicile est maintenant équipé d'un réseau local avec et sans fil. Je peux utiliser mon ordinateur portable partout à l'intérieur et à l'extérieur de la maison, et même chez les voisins, tout en restant connecté. La même technologie me permet maintenant d'utiliser la carte de réseau local sans fil de mon ordinateur quand je voyage. Par exemple, lors de mon dernier voyage à Stockholm, je pouvais être connecté à l'hôtel, au centre de conférences, à l'aéroport et même au pub irlandais!

MURRAY SUID (Palo Alto, Californie)

#Ecrivain, travaille pour EDVantage Software, une société internet de logiciels éducatifs

Murray Suid vit à Palo Alto (Californie), une ville située au coeur de la Silicon Valley. Il est l'auteur de livres pédagogiques (par exemple Ten-Minute Grammar Grabbers), de livres pour enfants (par exemple The Kids' How to Do Almost Everything Guide), de réalisations multimédia (par exemple The Writing Trek) et de scénarios (par exemple Summer of the Flying Saucer - produit par la société irlandaise Magma Films en 2001).

*Entretien du 7 septembre 1998 (entretien original en anglais)

= Quel est l'apport de l'internet dans votre vie professionnelle?

L'internet est devenu mon principal instrument de recherche, et il a largement - mais pas complètement - remplacé la bibliothèque traditionnelle et la communication de personne à personne pour une recherche précise. A l'heure actuelle, au lieu de téléphoner ou d'aller interviewer les gens sur rendez-vous, je le fais par courrier électronique. Du fait de la rapidité inhérente à la messagerie électronique, j'ai pu collaborer à distance avec des gens, particulièrement pour des scénarios. J'ai par exemple travaillé avec deux producteurs allemands.

Cette correspondance est également facile à conserver et à organiser, et je peux donc aisément accéder à l'information échangée de cette façon. De plus, le fait d'utiliser le courrier électronique permet aussi de garder une trace des idées et des références documentaires. Ce type de courrier fonctionnant bien mieux que le courrier classique, l'internet m'a permis de beaucoup augmenter ma correspondance. De même le rayon géographique de mes correspondants s'est beaucoup étendu, surtout vers l'Europe. Auparavant, j'écrivais rarement à des correspondants situés hors des Etats-Unis. C'est également beaucoup plus facile, je prends nettement plus de temps qu'avant pour aider d'autres écrivains dans une sorte de groupe de travail virtuel. Ce n'est pas seulement une attitude altruiste, j'apprends beaucoup de ces échanges qui, avant l'internet, me demandaient beaucoup plus d'efforts.

= Comment voyez-vous la relation entre l'imprimé et l'internet?

Tout d'abord, l'internet est au service de l'imprimé. Je n'aurais jamais pu préparer mon dernier livre publié, The Kids' How to Do (Almost) Everything Guide, sans utiliser le courrier électronique parce que cela m'aurait coûté trop de temps et d'argent pour localiser les experts. L'internet est un outil de recherche majeur pour les auteurs de livres, d'articles, etc.

De même, à notre époque qui bouge si vite, de nombreuses données ne restent pas valables longtemps, si bien que le contenu des livres devient vite obsolète. Mais un livre peut avoir un prolongement sur le web - et donc vivre en partie dans le cyberespace. L'auteur peut ainsi aisément l'actualiser et le corriger, alors qu'auparavant il devait attendre longtemps jusqu'à l'édition suivante, quand il y en avait une.

En termes de marketing, le web devient également indispensable, particulièrement pour les petits éditeurs qui ne peuvent se permettre de publicité dans les principaux magazines ou émissions de radio. Bien que les grandes maisons d'édition aient toujours l'avantage, grâce au cyberespace les petits éditeurs peuvent mettre en place une stragégie de marketing efficace.

Les livres sur support papier seront encore disponibles pendant quelque temps, parce que nous avons l'habitude de ce support. De nombreux lecteurs aiment le toucher du papier, et le poids du livre dans les mains ou dans un sac. Je n'ai pas encore eu l'occasion d'utiliser un livre numérique, mais j'aimerais faire cette expérience, à cause de la facilité de recherche, des possibilités de couleur et de son envisagées à l'avenir, etc. De toute évidence les livres multimédia peuvent être facilement téléchargés à partir du web et, même si ce n'est pas encore le cas, de tels livres domineront à l'avenir le marché de l'édition.

= Comment voyez-vous l'avenir?

Je ne sais pas très bien, parce que ne suis pas très au fait des aspects techniques de l'internet. J'aimerais avoir directement accès à des oeuvres numériques de la Library of Congress, par exemple, de la même façon que les archives de journaux, que je lis maintenant en ligne. Pour le moment, je trouve bien des livres en ligne (en mode image, ndlr), mais j'ai besoin d'avoir une version imprimée pour les utiliser. Je préférerais avoir accès en ligne à une version en mode texte et copier les parties dont j'ai besoin pour mon travail, au lieu d'avoir à photocopier ou scanner les pages qui m'intéressent.

J'espère que l'internet proposera bientôt la téléphonie avec vidéo, ce serait un progrès vraiment appréciable.

Je ne sais pas si je publierai des livres sur le web, au lieu de les publier en version imprimée. J'utiliserai peut-être ce nouveau support si les livres deviennent multimédias. Pour le moment je participe au développement de matériel pédagogique multimédia. C'est un nouveau type de matériel qui me plaît beaucoup et qui permet l'interactivité entre des textes, des films, des documents audio et des graphiques tous reliés les uns aux autres.

*Entretien du 3 août 1999 (entretien original en anglais)

= Quoi de neuf depuis notre entretien de 1998?

En plus des livres complétés par un site web, je suis en train d'adopter la même formule pour mes oeuvres multimédia - qui sont sur CD-Rom - afin de les réactualiser et d'enrichir leur contenu.

= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web? Quelles solutions pratiques suggérez-vous?

Je pense que la solution est de créer des unités d'information ne pouvant être volées. En d'autres termes, l'oeuvre qui est vendue doit avoir plus de valeur que sa copie. Par exemple, il est pour le moment plus facile et meilleur marché d'acheter un de mes livres que de le photocopier dans son intégralité. J'essaie donc de concevoir mes livres de telle façon que toutes les pages aient leur utilité, et non seulement quelques-unes.

J'aimerais vendre mes livres en ligne - au format PDF - mais je n'ai pas encore étudié la manière d'empêcher les acheteurs de redistribuer les fichiers. Ceci est peut-être possible par le cryptage. Mais je ne connais pas cette technique.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

La rencontre avec des experts et des auteurs qui ont participé à mes projets de publications.

= Et votre pire souvenir?

Avoir été insulté par une personne que je ne connaissais pas, et qui avait très mauvaise opinion de moi alors qu'elle ne savait absolument rien à mon sujet.

*Entretien du 11 octobre 2000 (entretien original en anglais)

= Quoi de neuf depuis notre entretien de 1999?

EDVantage Software, notre société, est maintenant une société internet et non plus une société multimédia (CD-Rom). Nous procurons du matériel pédagogique en ligne aux étudiants et aux professeurs.

= Utilisez-vous encore beaucoup le papier?

Non, nous utilisons très peu de papier. Nous faisons cependant quelques impressions, surtout pour les réunions au cours desquelles nous discutons des manuscrits.

= Pensez-vous que le papier sera encore utilisé à l'avenir?

J'espère que non.

= Quel est votre sentiment sur le livre électronique?

Je n'ai pas encore eu l'occasion d'en utiliser un.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

Il est n'importe où, c'est-à-dire partout. L'exemple le plus simple est ma boîte aux lettres électronique, qui me suit où que j'aille.

= Et la société de l'information?

Une société dans laquelle les idées et le savoir sont plus importants que les objets.

JUNE THOMPSON (Hull, Royaume-Uni)

#Directeur du C&IT (Communications & Information Technology) Centre, basé à l'Université de Hull

Depuis ses débuts en 1989, le C&IT Centre fait partie de l'Institut des langues de l'Université d'Hull (Royaume-Uni), et vise à promouvoir l'utilisation des ordinateurs dans l'apprentissage et l'enseignement des langues. Le Centre donne des informations sur la manière dont l'apprentissage des langues assisté par ordinateur peut être effectivement intégré à des cours existants en offrant un soutien aux professeurs qui utilisent l'informatique dans l'enseignement qu'ils dispensent (par exemple dans la rubrique: Internet Resources for Language Teachers and Learners).

Hébergé par le C&IT Centre, EUROCALL (European Association for Computer Assisted Language Learning) regroupe des professeurs de langues exerçant en Europe et dans le monde entier. L'association a pour but de promouvoir l'utilisation des langues étrangères en Europe, l'utilisation de la technologie pour l'apprentissage des langues à l'échelon européen, et l'élaboration et la diffusion d'un matériel de qualité. Un congrès annuel fait le point sur les recherches et les applications dans ce domaine.

EUROCALL a contribué à la création de WELL (Web Enhanced Language Learning). Destiné à l'enseignement supérieur au Royaume-Uni, ce programme vise à développer l'utilisation du web pour l'apprentissage des langues et à sensibiliser les professeurs sur les possibilités offertes par le web et les nouvelles technologies. Le site permet l'accès à des ressources web de qualité dans douze langues différentes. Sélectionnées et décrites par des experts, ces ressources sont complétées par des informations et des exemples sur la manière de les utiliser pour l'enseignement ou l'apprentissage d'une langue.

*Entretien du 14 décembre 1998 (entretien original en anglais)

= Quel a été l'apport de l'internet dans votre activité?

L'utilisation de l'internet a apporté une nouvelle dimension à notre tâche, qui consiste à aider les professeurs de langue à utiliser les nouvelles technologies dans ce domaine.

= Comment voyez-vous l'évolution vers un web multilingue?

Avec l'internet, on a la possibilité de davantage utiliser les langues étrangères, aussi notre organisation ne soutient absolument pas la suprématie de l'anglais en tant que langue de l'internet. A ce sujet, une intéressante conférence a été donnée par Madanmohan Rao à la Conférence WorldCALL de Melbourne en juillet 1998.

A mon avis, dans un avenir proche, l'utilisation de l'internet pour les langues va continuer à se développer en même temps que d'autres supports (par exemple l'utilisation de CD-Rom - certains établissements n'ont pas suffisamment de matériel informatique en réseau), dans le cadre d'activités à caractère pédagogique. Dans cette optique, notre organisme travaille étroitement avec le projet WELL (Web Enhanced Language Learning).

JACQUES TRAHAND (Grenoble)

#Vice-président de l'Université Pierre Mendès France, chargé de l'enseignement à distance et des TICE (technologies de l'information et de la communication pour l'éducation)

*Entretien du 17 décembre 1999

= Pouvez-vous présenter le site web de votre université?

Ce site a été restructuré depuis 1996 pour éviter une trop grande hétérogénéité des présentations des différentes unités et équipes de notre université. Il vise entre autres à donner une meilleure information aux étudiants français et étrangers qui envisagent de venir étudier dans notre université.

= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?