Chapter 22
En France, le SLAM (Syndicat de la librairie ancienne et moderne) est le seul syndicat professionnel des libraires de livres anciens, livres illustrés, autographes et gravures. Créé en 1914, il regroupe aujourd'hui quelque 220 membres.
*Entretien du 7 juillet 2000
= En quoi consiste le site web du SLAM?
L'Association des libraires de livres anciens - le Syndicat national de la librairie ancienne et moderne (SLAM) - avait déjà créé un premier site internet il y a trois ans, mais ce site ne nous appartenait pas et la conception en était un peu statique. Ce nouveau site plus moderne de conception a été ouvert il y a un an.
Il intègre une architecture de type "base de données", et donc un véritable moteur de recherche, qui permet de faire des recherches spécifiques (auteur, titre, éditeur, et bientôt sujet) dans les catalogues en ligne des différents libraires. Le site contient l'annuaire des libraires avec leurs spécialités, des catalogues en ligne de livres anciens avec illustrations, un petit guide du livre ancien avec des conseils et les termes techniques employés par les professionnels, et aussi un service de recherche de livres rares.
De plus l'Association organise chaque année en novembre une foire virtuelle du livre ancien sur le site, et en mai une véritable foire internationale du livre ancien qui a lieu à Paris et dont le catalogue officiel est visible aussi sur le site. Le SLAM est membre de la Ligue internationale de la librairie ancienne (LILA), qui est une fédération d'associations professionnelles de libraires de 28 pays dans le monde.
= En quoi consiste exactement votre activité liée à l'internet?
Les libraires membres proposent sur le site du SLAM des livres anciens que l'on peut commander directement par courrier électronique et régler par carte de crédit. Les livres sont expédiés dans le monde entier.
= Comment voyez-vous l'avenir?
Les libraires de livres anciens vendaient déjà par correspondance depuis très longtemps au moyen de catalogues imprimés adressés régulièrement à leurs clients. Ce nouveau moyen de vente n'a donc pas été pour nous vraiment révolutionnaire, étant donné que le principe de la vente par correspondance était déjà maîtrisé par ces libraires. C'est simplement une adaptation dans la forme de présentation des catalogues de vente qui a été ainsi réalisée. Dans l'ensemble la profession envisage assez sereinement ce nouveau moyen de vente.
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?
Ce problème ne nous concerne guère étant donné que nous vendons surtout des livres anciens et donc des textes qui sont dans le domaine public.
= Et en ce qui concerne un internet multilingue?
Notre site internet est déjà bilingue anglais-français. Bien entendu l'anglais semble incontournable, mais nous essayons aussi de maintenir le français autant que possible.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Notre étonnement initial face aux premières ventes réalisées. Nous avions en effet du mal à imaginer des personnes pianotant sur un clavier pour faire leurs achats.
= Et votre pire souvenir?
Tous les messages publicitaires dont nous sommes inondés.
*Entretien du 11 juin 2001
= Quoi de neuf depuis notre premier entretien?
Après une expérience de près de cinq années sur le net, je pense que la révolution électronique annoncée est moins évidente que prévue, et sans doute plus "virtuelle" que réelle pour le moment. Les nouvelles technologies n'ont pas actuellement révolutionné le commerce du livre ancien. Nous assistons surtout à une série de faillites, de rachats et de concentrations de sociétés de services (principalement américaines) autour du commerce en ligne du livre, chacun essayant d'avoir le monopole, ce qui bien entendu est dangereux à la fois pour les libraires et pour les clients qui risquent à la longue de ne plus avoir de choix concurrentiel possible. Les associations professionnelles de libraires des 29 pays fédérées autour de la Ligue internationale de la librairie ancienne (LILA) ont décidé de réagir et de se regrouper autour d'un gigantesque moteur de recherche mondial sous l'égide de la LILA, à partir du site www.ilab-lila.com. Cette fédération représente un potentiel de 2.000 libraires indépendants dans le monde, mais offrant des garanties de sécurité et de respect de règles commerciales strictes. Ce nouveau moteur de recherche de la LILA (en anglais ILAB) en pleine expansion est déjà référencé par AddAll.com et Bookfinder.com. Voilà donc pour les nouveautés et les dernières orientations stratégiques qui semblent se dessiner sur la toile...
MARIA-VICTORIA MARINETTI (Annecy)
#Professeur d'espagnol en entreprise et traductrice
Maria Victoria Marinetti, de nationalités mexicaine et française, est docteur en ingénierie. Elle est professeur d'espagnol dans plusieurs entreprises du bassin annécien, et traductrice.
*Entretien du 25 août 1999
= Quel est l'apport de l'internet dans votre activité?
J'ai accès à un nombre important d'informations au niveau mondial, ce qui est très intéressant pour moi. J'ai également la possibilité de transmettre ou de recevoir des fichiers, des lettres, des photos, etc., dans un va-et-vient d'information constant.
L'internet me permet de recevoir ou d'envoyer des traductions générales ou techniques du français vers l'espagnol et vice versa, ainsi que des textes espagnols corrigés. Dans le domaine technique ou chimique, je propose une aide technique, ainsi que des informations sur l'exportation d'équipes de haute technologie vers le Mexique ou d'autres pays d'Amérique latine.
L'internet me donne également la possibilité de faire des opérations commerciales en ligne, même si j'hésite parfois à cause du peu de sécurité offert par ce type de paiement. Les abus sont nombreux, on vend des choses qui n'existent pas - je considère cela comme du vol - c'est la raison pour laquelle les gens ne sont pas très confiants dans ce type de commerce.
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?
Je pense que le droit est maintenant dépassé par la technologie, et qu'il n'y a pas de protection possible au niveau juridique. Il serait souhaitable de créer une véritable législation de l'internet.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?
Il est très important de pouvoir communiquer en différentes langues. Je dirais même que c'est obligatoire, car l'information donnée sur le net est à destination du monde entier, alors pourquoi ne l'aurions-nous pas dans notre propre langue ou dans la langue que nous souhaitons lire? Information mondiale, mais pas de vaste choix dans les langues, ce serait contradictoire, pas vrai?
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Le fait que je puisse communiquer avec ma famille et mes amis partout dans le monde.
= Et votre pire souvenir?
Quelquefois ça ne marche pas, c'est lent, imprécis, l'information est énorme et peu structurée, et en plus c'est très cher (en France, nldr).
*Entretien du 11 août 2001
= Quoi de neuf depuis notre premier entretien?
Depuis notre premier entretien, j'utilise beaucoup l'internet pour des échanges avec ma famille du Mexique et mes amis d'un peu partout dans le monde, c'est un outil de communication rapide, agréable et fantastique pour moi.
Par contre, dans l'utilisation d'internet comme outil de télétravail, très peu d'entreprises ont le matériel et l'expérience nécessaires pour utiliser les échanges de données dans le travail de tous les jours, notamment pour la voix et l'image (par exemple pour la formation via le net ou pour des conférences à plusieurs via le net).
Pour ma part, je rencontre ce problème car je souhaite faire de la téléformation en langue espagnole, en utilisant la voix et l'image, et mes entreprises clientes ne sont pas habituées à utiliser facilement ces moyens de communication malgré leur caractère pratique (pas de déplacements à faire) et malgré la fiabilité accrue de ces nouveaux moyens de communication par l'internet.
En conclusion, les sociétés de conseil informatique ont encore beaucoup à faire pour familiariser les entreprises à l'utilisation des nouvelles technologies liées aux transferts de données par l'internet.
En ce qui concerne la recherche d'une information précise (technique, juridique ou liée à un domaine particulier), les moteurs de recherche donnent très rarement des réponses pertinentes. D'une manière générale, le problème reste donc qu'il est très difficile d'obtenir une réponse précise à une question précise.
MICHAEL MARTIN (Berkeley, Californie)
#Créateur et président de Travlang, un site consacré aux voyages et aux langues
En 1994, alors qu'il est étudiant en physique, Michael Martin crée une rubrique intitulée Foreign Languages for Travelers sur le site de son université à New York. Cette rubrique s'étoffe rapidement et rencontre un grand succès. L'année suivante, il décide de créer Travlang, devenu depuis un site majeur dans le domaine des voyages et des langues, et nommé meilleur site de voyages en 1997. Michael C. Martin est maintenant chercheur en physique au Lawrence Berkeley National Laboratory (Californie), et il continue d'actualiser son site. Travlang est acquis en février 1999 par GourmetMarket.com, puis racheté en janvier 2000 par iiGroup. En juillet 2000, le site atteint les 2 millions de visiteurs par mois.
Les deux principales rubriques de Travlang sont: a) Foreign Languages for Travelers, qui donne la possibilité d'apprendre 70 langues différentes sur le web, et b) Translating Dictionaries, qui donne accès à des dictionnaires gratuits dans diverses langues (afrikaans, allemand, danois, espagnol, espéranto, finnois, français, frison, hollandais, hongrois, italien, latin, norvégien, portugais, suédois et tchèque). On peut aussi réserver son hôtel, sa voiture ou son billet d'avion, connaître les taux de change, consulter une rubrique de 7.000 liens vers d'autres sites de langues et de voyages, etc.
*Entretien du 25 août 1998 (entretien original en anglais)
= Quel est l'apport de l'internet dans votre activité?
Et bien, nous avons fait de Travlang une petite société! L'internet est vraiment un outil important pour communiquer avec des gens avec lesquels vous n'auriez pas l'occasion de dialoguer autrement. J'apprécie vraiment la collaboration générale qui a rendu possibles les pages de Foreign Languages for Travelers.
= Comment voyez-vous l'expansion du multilinguisme sur le web?
Je pense que le web est un endroit idéal pour rapprocher les cultures et les personnes, et ceci inclut le multilinguisme. Notre site Travlang est très populaire pour cette raison, car les gens aiment être en contact avec d'autres parties du monde.
A mon avis, la traduction informatique intégrale va devenir monnaie courante, et elle permettra de communiquer à la base avec davantage de gens. Ceci aidera aussi à amener davantage l'internet au monde non anglophone.
EMMANUEL MENARD (Paris)
#Directeur des publications de CyLibris, maison d'édition littéraire en ligne
Cet entretien expose en détail la procédure éditoriale de CyLibris, en complément de la présentation de CyLibris par Olivier Gainon, son fondateur et gérant.
*Entretien du 19 février 2001
= Pouvez-vous décrire en détail la procédure éditoriale de CyLibris?
Si la démarche de commercialisation et de fabrication de CyLibris tranche nettement avec le modèle couramment appliqué dans l'édition française, notre procédure éditoriale est en revanche beaucoup plus classique. Tout au moins dans ses principes, sinon dans sa mise en oeuvre.
Rappelons tout d'abord que la ligne éditoriale de CyLibris repose sur deux axes forts:
(a) Tout d'abord, la découverte, la publication et la promotion de "jeunes auteurs". La notion de "jeune auteur" ne fait bien sûr pas appel à l'état civil, mais désigne plutôt des écrivains qui font leurs premières armes, soit qu'il s'agisse de premières oeuvres, soit qu'ils n'aient jusqu'alors pas été publiés. Naturellement, ce choix littéraire n'a rien d'exclusif; en effet, un auteur déjà publié chez nous et qui souhaite nous proposer un second texte est le bienvenu (Jean Pailler en littérature générale, Jérôme Touzalin en théâtre, Philippe Ward en fantastique pour ne citer que quelques exemples) de même qu'un auteur "reconnu" et déjà édité par ailleurs qui désire travailler avec nous (à titre d'exemple, à nouveau, on peut citer Philippe Raulet, Eyet-Chékib Djaziri ou Jean Millemann entre autres).
(b) Ensuite, étant affranchi d'un certain nombre de contraintes strictement économico-commerciales du fait de son modèle original, CyLibris s'est donné comme vocation de s'intéresser à des textes atypiques, inclassables, hors normes. C'est ainsi que notre catalogue compte aujourd'hui des exemples:
- de mélange des genres (La Table d'Hadès, policier fantastique, ou La Toile (prix 1999 de la Société des gens de lettres), roman policier et de science-fiction, mais aussi réflexion socio-technologique sur l'internet),
- de textes originaux dans leur forme (Racontez!, suite d'hilarantes fausses rédactions, Bruits de Chute, succession de monologues acides ou drôles ou encore Le Style Mode d'Emploi, sur le modèle des Exercices de Style de Queneau),
- de genres délaissés ou peu répandus (Artahé, exemple de "fantastique à la française" résolument démarqué du modèle américain ou La Zone du Dehors, science-fiction politique et philosophique),
- de textes violents et résolument "anti-commerciaux" (comme Journal de l'Apocalypse, récemment racheté et republié par les éditions Baleine, ou Nux Vomica).
On verra par la suite l'impact de cette politique éditoriale sur le fonctionnement pratique de CyLibris.
Le trajet d'un manuscrit envoyé chez CyLibris est le suivant:
(a) La première lecture est assurée par notre comité de lecture, regroupant une quinzaine de lecteurs aux goûts aussi variés que possible. Cette première lecture, éventuellement suivie d'une seconde en cas d'hésitation du lecteur, donne lieu soit à un refus (signifié par lettre et systématiquement argumenté), soit à un premier accord à valider par le directeur des publications. Il nous faut signaler ici les critères d'évaluation du comité de lecture, car elles tranchent ouvertement avec ceux qui sont appliqués dans certaines autres structures. Dès la création de CyLibris, nous avons affiché notre volonté d'être en phase avec l'attente du lectorat, et cela a eu deux conséquences notables: tout d'abord, notre comité de lecture est constitué de lecteurs non professionnels et n'appartenant pas au monde de l' édition, tant nous semblait patent le hiatus entre l'offre des éditeurs et l'attente du public; ensuite, la "règle du jeu" instituée a été de valider ou non le manuscrit en fonction du plaisir pris à sa lecture, sans s'embarrasser des paramètres plus ou moins ésotériques du monde de l'édition, d'ailleurs entourés d'un épais mystère qui ne peuvent que susciter interrogations voire suspicion. Il est à signaler que compte tenu de notre intérêt pour les premières oeuvres, un manuscrit imparfait mais qui nous semble receler un potentiel est généralement accepté, dans l'optique d'un retravail dont il sera question plus loin. Le taux d'acceptation de CyLibris à ce stade oscille entre 2 et 5% selon les périodes, pour une moyenne de moins de 1% dans l'édition.
(b) Le manuscrit ayant passé cette première étape est ensuite validé par le directeur des publications en fonction de sa cohérence avec la ligne éditoriale de CyLibris, et de la somme de retravail nécessaire.
(c) Une fois cette validation obtenue, l'auteur est contacté pour la contractualisation de sa publication. Le contrat d'édition proposé est conforme aux usages de la profession, avec des droits d'auteurs de 10% du prix de vente HT de l'ouvrage. Toutefois, compte tenu du procédé de fabrication de nos livres, le contrat est exempt des conditions habituelles de retirage, qui sont remplacées par une durée fixée de propriété des droits intellectuels.
(d) C'est ensuite que commence la partie la plus intéressante sans doute du processus, à savoir la collaboration avec l'auteur pour retravailler le manuscrit et l'amener à un niveau de qualité conforme aux attentes des deux parties. Cette étape est bien sûr d'une durée variable, entre des oeuvres qui ont été publiées quasiment en l'état, et d'autres dont la maturation a duré jusqu'à un an et demi (notre liberté vis-à-vis du système des offices de mise en place fait qu'il ne s'agit pas d'un problème notable), ce qui aboutit à des délais de publication différents d'un ouvrage à l'autre. Ce retravail, susceptible de porter sur le fond ou la forme, est mené par l' auteur avec un directeur de collection (pour le policier / suspense, le théâtre, le fantastique et la science-fiction) ou un directeur de publication (dans le cas de la "littérature générale").
(e) Lorsque le texte définitif a été obtenu, il reste à réunir et constituer les outils de présentation et de promotion de l'oeuvre:
- résumé (pour le site internet et pour la quatrième de couverture),
- première de couverture,
- argumentaire à destination des points de commercialisation,
- argumentaire figurant sur le site à destination des internautes,
- extraits (trois au total) représentatifs de l'oeuvre, en libre disposition sur le site.
Cette étape est menée conjointement par l'auteur et l'équipe éditoriale.
(f) La promotion se fait de façon classique (par la presse spécialisée et les supports adaptés à l'oeuvre (exemple des romans historiques ou de la littérature de genre) mais aussi à travers l'internet (listes de discussion, sites partenaires). Ce point fait d'ailleurs l'objet, avec la constitution et l'extension d'un réseau de distribution plus vaste, des projets de développements majeurs de CyLibris en 2001.
YOSHI MIKAMI (Fujisawa, Japon)
#Créateur de The Languages of the World by Computers and the Internet et co-auteur de Pour un web multilingue
Créé en décembre 1995 par Yoshi Mikami, le site "The Languages of the World by Computers and the Internet", communément appelé "Logos Home Page" ou "Kotoba Home Page", donne, pour chaque langue, un bref historique, les caractéristiques, le système d'écriture, le jeu de caractères et la configuration du clavier pour l'utilisation de l'ordinateur et de l'internet dans la langue donnée.
Yoshi est également co-auteur (avec Kenji Sekine et Nobutoshi Kohara) de Pour un web multilingue, paru en japonais, anglais, allemand et français (Paris, Editions O'Reilly, septembre 1998, ISBN 2-84177-055-9).
*Entretien du 17 décembre 1998 (entretien original en anglais)
= Quelle est votre expérience dans le domaine des langues?
Ma langue maternelle est le japonais. Comme j'ai suivi mes études de troisième cycle aux Etats-Unis et que j'ai travaillé dans l'informatique, je suis devenu bilingue japonais/anglais américain. J'ai toujours été intéressé par différentes langues et cultures, aussi j'ai appris le russe, le français et le chinois dans la foulée. A la fin de 1995, j'ai créé sur le web le site "The Languages of the World by Computers and the Internet" et j'ai tenté de donner - en anglais et en japonais - un bref historique de toutes ces langues, ainsi que les caractéristiques propres à chaque langue et à sa phonétique. Suite à l'expérience acquise, j'ai invité mes deux associés à écrire un livre sur la conception, la création et la présentation de pages web multilingues, livre qui fut publié en août 1997 sous le titre : The Multilingual Web Guide (édition japonaise, et traduit ensuite en allemand, anglais et français, ndlr), le premier livre au monde sur un tel sujet.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?
Il y a des milliers d'années de cela, en Egypte, en Chine et ailleurs, les gens étaient plus sensibles au fait de communiquer leurs lois et leurs réflexions non seulement dans une langue mais dans plusieurs. Dans notre monde moderne, chaque état a adopté plus ou moins une seule langue de communication. A mon avis, l'internet verra l'utilisation plus grande de langues différentes et de pages multilingues (et pas seulement une gravitation autour de l'anglais américain) et un usage plus créatif de la traduction informatique multilingue. 99% des sites web créés au Japon sont en japonais!
JACKY MINIER (Orléans)
#Créateur de Diamedit, site de promotion d'inédits artistiques et littéraires
"Conçu dès 1997, le site Diamedit (Delta Industries Arts Media) vit le jour l'année suivante, quand son grand frère - le portail historique Royalement Vôtre - fut vraiment lancé, explique Jacky Minier, son créateur. "Le présent a maintenant rattrapé l'histoire, et le nombre sans cesse croissant de nouveaux écrivains sur le web m'a amené à promouvoir beaucoup plus cette année l'édition littéraire. Consacré uniquement aux inédits artistiques et littéraires, Diamedit prend aujourd'hui toute sa dimension. La qualité des auteurs sévèrement sélectionnés pour leur indiscutable talent et leur originalité, la sobriété des écrans, les corrections effectuées, la présentation professionnelle, tout est tourné vers la mise en valeur des textes proposés. Cela apporte à ce site une empreinte de sérieux rarement trouvée ailleurs."
Outre Diamedit, site de promotion d'inédits artistiques et littéraires, Jacky Minier gère Royalement Vôtre, site de promotion des patrimoines historiques régionaux, et Beau Céans, une initiative d'internautes pour une vie nouvelle.
*Entretien du 10 octobre 2000
= Pouvez-vous décrire Diamedit?
J'ai imaginé ce site d'édition virtuelle il y a maintenant plusieurs années, à l'aube de l'ère internautique francophone. A l'époque, il n'y avait aucun site de ce genre sur la toile à l'exception du site québécois Editel de Pierre François Gagnon. J'avais alors écrit un roman et quelques nouvelles que j'aurais aimé publier mais, le système français d'édition classique papier étant ce qu'il est, frileux et à la remorque de l'Audimat, il est devenu de plus en plus difficile de faire connaître son travail lorsqu'on n'est pas déjà connu médiatiquement. J'ai donc imaginé d'utiliser le web pour faire la promotion d'auteurs inconnus qui, comme moi, avaient envie d'être lus. Diamedit est fait pour les inédits. Rien que des inédits. Pour encourager avant tout la création.
= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?
Je suis, comme beaucoup de pionniers du net sans doute, autodidacte et multiforme. A la fois informaticien, écrivain, auteur de contenus, webmestre, graphiste au besoin, lecteur, correcteur pour les tapuscrits des autres, et commercial, tout à la fois.
Mon activité est donc un mélange de ces diverses facettes. Toutefois, de plus en plus, je suis amené à me consacrer davantage à la promotion de mes sites que j'avais jusque-là tendance à négliger un peu, et j'envisage de déléguer largement la sélection des tapuscrits aux auteurs eux-mêmes, qui coopteraient ainsi entre eux les nouveaux venus. De cette manière, le cercle grandissant de passionnés de l'écriture devrait maintenir de lui-même un niveau de qualité suffisant pour conserver ou amplifier l'attrait que Diamedit exerce sur ses lecteurs.
= Comment voyez-vous l'avenir?