Entretiens (1998-2001)

Chapter 2

Chapter 23,298 wordsPublic domain

La bio classique, un peu promotionnelle, rien de tel: né en 1959, ma découverte du monde de la musique en 1980 passe par des productions audiovisuelles underground, cold wave, new wave, ou world music... Sans sombrer, ni traîner dans les pubs, c'est au cinéma que je consacre ensuite mon énergie, dans une officine de coproduction soutenant des projets alternatifs qui rencontrent pourtant un retentissement mondial, primés à Cannes, à Venise, aux Césars, nommés aux Oscars... C'est au sein d'une télévision périphérique francophone, diffusée en hertzien, par câble et satellite, que je renoue avec le monde de la musique, en créant des structures qui permettent encore aujourd'hui de capter des concerts live pour diverses chaînes, des plus connus des artistes, aux plus pointus. Je propose aussi la mise en place de magazines en tout genre, information en prime-time, sciences, modes de vie, nature sauvage, entretiens littéraires, ou cybers... Pratiquement tout ce qui ne se fait plus ailleurs parce que l'audience ne suivrait pas, je le défends. Et parfois ça marche, d'autres fois... Et on me consulte de toute l'Europe, conseil en scénario, en production, productions exécutives... Ce n'est pas pour autant que je néglige l'écriture: pièces de théâtre, créations collectives, co-scénarisation, romans et nouvelles, je me suis essayé à de nombreuses formes, depuis 1977.

= Avez-vous un site web?

De site personnel, point. Mais j'anime www.superfever.com, site d'un personnage de fiction, Sadie Nassau, producteur au sein d'une société de divertissements (STARTOP) produisant pour diverses chaînes francophones périphériques, pour le net, et pour la convergence entre les deux, domaine que je connais bien, comme vous vous en doutez... Nostalgie? En tant qu'auteur, @Andrachmes pourrait avoir un parcours parallèle à celui de son personnage. Pourrait, car il est plutôt à l'opposé. Voyez à cet égard la bio reprise sur le site superfever.com. Personnage de fiction, donc, que j'anime au sein d'une expérience toute neuve: www.thewebsoap.net. Lancé à titre expérimental le 22 septembre 2000, il est officiellement en ligne depuis le 17 novembre 2000.

= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?

Elle me semble assez bien décrite dans ma bio... Comme j'écris sous un pseudonyme d'auteur, ça dépersonnalise un peu. Curieuse sensation... Ceci dit, je pourrais vous parler des nombreux sites web des émissions dont je m'occupe, mais ce serait me dévoiler un peu trop.

= En quoi consiste exactement votre activité liée à l'internet?

L'écriture. L'écriture de mail, même, principalement des mails fictifs.... Puisque le websoap a comme particularité d'utiliser exclusivement les moyens du web pour raconter les récits, il se donne comme objectif de mettre en place. Le défi que lance à ses auteurs notre réalisateur/intégrateur Olivier Lefèvre est de taille. En effet, habituellement, l'écriture, qu'elle soit de roman, de scénario ou de théâtre, implique des descriptions, des indications de mise en scène (ou des didascalies pour le théâtre). Ici, rien de tout ça. Tout doit se dire sous forme d'adresse à un autre personnage. Il faut ensuite rebondir sur la ou les réponses, et s'arranger pour que le nécessaire soit dit. De plus, logiquement, une adresse à un tiers est le plus souvent succinte, pleine de référence et de sous-entendus, entre le ton parlé, un ton un peu littéraire, un ton un peu dépersonnalisé par rapport à la parole, mais proche quand même de son interlocuteur. On est plus proche du roman "épistolaire" du 19e (siècle, pas l'arrondissement qui n'a rien à voir), que d'une continuité dialoguée... Donc, exercice difficile pour tout "tchatcheur", être court, mais tout dire, tout en restant léger... Heureusement, de temps à autre nous sommes aidés par un concept qui nous vient droit du jeu de rôle (d'autres auteurs du websoap nous viennent de ce secteur): le PNJ, le personnage non joué. Des adresses à ce personnage, proche du second rôle d'une fiction classique, mais non joué par un des "joueurs-auteurs", permet de préparer LE mail décisif à un autre personnage principal, en mettant en place la situation. Attention tout de même: il faut rester dans la cohérence du récit et assurer stabilité et visibilité! En fait, un peu comme dans la dramaturgie cinématographique ou théâtrale, où l'importance du hors champ n'est plus à inventer, le sens saute d'un mail à l'autre. Plus clairement, un mail qui a un sens très positif en tant que tel, peut en prendre un tout autre, lorsqu'il est complété par une information distillée par un autre mail. Dans cette nouvelle forme d'écriture, tout s'invente en temps réel. Et c'est ce qui est passionnant...

= Les possibilités offertes par l'hypertexte ont-elles changé votre mode d'écriture?

On le voit, les possibilités de l'écriture spécifiques à l'internet sont multiples (si pas infinies, on est en tout cas loin d'en avoir fait le tour). L'hypertexte en est une, bien entendu. En effet, j'ai jusqu'ici beaucoup parlé du mail. Si des renvois référentiels sont souvent fait d'un mail à l'autre, ils ne sont renforcés d'un véritable lien que quand le sens du récit l'impose, ce n'est pas la principale utilisation ici de l'hypertexte. Je ne vous ai pas encore parlé de l'écriture spécifique du site web des personnages. Là aussi, une idée originale très intéressante de notre réalisateur/intégrateur, c'est de caractériser le personnage par son site web. Car qu'y a-t-il de commun, vous le verrez si vous explorez la galaxie des sites du websoap, entre le site de Mona (le soleil de la galaxie!), celui de Sadie Nassau (le trou noir, sans doute, de cette galaxie, qui entraîne dans sa chute tout les autres...) et, à l'autre extrême, celui d'Antonin, l'observateur patenté de cette galaxie. Pour ne parler que de celui de mon personnage, le site se veut clinquant, vendeur, imitant (jusqu'à la perfection?) ce qui se fait de pire dans le secteur du "webtertainment", terme nouveau que je viens d'inventer. Pour cela, pas besoin de chercher beaucoup, toutes les sociétés d'entertainment, des plus grosses chaînes TV commerciales au plus petite start-up (STARTOP?), cherchent de nos jours à décrocher le jackpot en attirant les "hits" de "prospects"... Je me suis inspiré (!) au passage de tout ce qui fait la trash TV de nos jours, la télé voyeuse où on enferme des quidams dans un lieu clos pour étudier leurs réactions, concepts européens qui cartonnent dans le monde entier. Pas si loin d'ailleurs de l'entomologie du site "Insectalia" animé par Mona Bliss, un des personnages principaux du websoap. Pour la petite histoire, dans le nord de l'Europe, les sites de ces émissions de trash TV changent complètement la donne en matière de web, en faisant exploser le nombre de connexions, sur les réseaux qui les accueillent (jusqu'à 700.000 pour le site big brother en Belgique...). Pour revenir à l'hypertexte, dans de nombreux mails, je (le personnage) renvoie à mon (son) site. Au fur et à mesure de la mise en ligne des éléments, Sadie Nassau annonce triomphalement ses succès par mail, avec un lien vers la page concernée du site... Mais lorsque la mécanique s'enraye, les renvois vers ce site (effectués automatiquement par le serveur de sa société STARTOP) prennent un tout autre sens. Et lorsque d'autres personnages découvrent la vérité cachée du personnage de Sadie Nassau, et le lui signalent, ou préviennent d'autres personnages de ne pas frayer avec lui, là aussi, les liens prennent encore un autre sens... Inutile de vous préciser que je joue le rôle du mauvais...

= Comment voyez-vous l'avenir?

Comme vous avez pu le lire, je m'y intéresse de très près, puisque toutes les activités que développe mon personnage ne parlent que de ça. L'ensemble du websoap s'apparente d'ailleurs à une mise en abîme des tendances qui traversent le net de nos jours. Le déchirent même. Alors l'avenir... Quand on observe, et même qu'on joue, des personnages qui représentent des tendances à la manière d'un soap, connaître le vainqueur à l'avance n'est pas simple. Selon le personnage que j'anime, la réponse est différente. Et il y a des pièges. Dont le principal me semble être celui-ci: si, à force de travail, c'est mon personnage principal qui plaît au public, et non ses opposants, la réponse à votre question pourrait être inquiétante... Je préférerais vous en donner une autre, celle que je développe dans une autre oeuvre, Neiges d'anges (incluse dans Les yeux du labyrinthe). J'y raconte le réseau projeté dans une vingtaine d'années, aux mains de personnages comme ce Sadie Nassau qui tiennent le haut du pavé. Et sous ces pavés, quelle plage? C'est toute la question.

= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?

Oui, c'est un des questionnements de l'équipe du websoap. A l'heure actuelle, il semble que l'internet soit encore considéré majoritairement comme un outil de travail, ou au mieux, comme un outil de consultation de documentation, d'infos en ligne, ou de services (réservations, prix, achats en ligne). Pas encore de loisir proprement dit, à part pour une minorité d'addicts de jeux, de free TV, de téléchargements musicaux ou de ... sexe virtuel... La principale raison à cet état de fait est technique. La majorité des équipements se trouve dans les bureaux, et les connexions permanentes (câble, ADSL...) sont loin d'être majoritaires. Ce détour pour constater que le meilleur outil de lecture reste le livre, qu'on peut emporter n'importe où. Dans ma pratique professionnelle, et celle de la plupart de mes correspondants dans les médias, toute la création de documents (projets, scénarios, contrats, devis...) passe par l'ordinateur, les textes circulent par e-mail et attachements, mais leur lecture et/ou analyse passe par les tirages papier. Rares sont ceux qui échangent directement les infos sans ce passage obligé. Il faut une tournure d'esprit particulière pour arriver à envisager globalement un document, l'analyser, le corriger, sans l'imprimer. Par mon activité web, je m'y exerce, et ce n'est au fond pas désagréable du tout.

= Les jours du papier sont-ils comptés?

Il n'est pas impossible que, si on assiste à une véritable généralisation de l'e-book, ou à travers les Psion, Palm, Wap, UMTS (universal mobile telecommunications system)... qui sait, le papier finisse par être détrôné. Mais dans l'état actuel, le papier ne me paraît pas mort. Les premiers qui auront à souffrir, me semble-t-il, ce sont les journaux. Puisque la fonction info et service est déjà très répandue sur le net, via les sites des journaux eux-mêmes. Les grands médias sont en train de s'embarquer dans ce train-là, voir les sites de TF1, Canal+, etc... Les autres (l'édition principalement) passeront encore longtemps par l'étape tirage papier... Mais il se passe quelque chose via les sites de webtertainment dont je parlais plus haut, des habitudes se prennent, surtout chez les jeunes. Et là, une initiative comme la nôtre pourrait participer à un changement de la donne. En effet, l'activité proprement mail est un phénomène sociologique incontestable qui s'explique par une certaine dépersonnalisation des contacts permettant aux jeunes d'oser dire plus facilement ce qu'ils ont à dire. Paradoxalement, le texte qu'ils ont écrit leur paraît être une personnalisation de leur discours, puisqu'il existe sous forme écrite. Enfin, les fonctions envoi et retour confirment l'existence de leur discours, puisqu'il est lu, et qu'on y répond. Dans ces échanges là, le papier a déjà complètement disparu. L'exploration de ces formes de discours par nos personnages est donc en pointe. Et leur communication à un large public un réel enjeu.

Enfin, je pense surtout que c'est l'arrivée du fameux "papier électrique" qui changera la donne. Ce projet du MIT (Massachusetts Institute of Technology) qui consiste à charger électriquement une fine couche de "papier" - dont je ne connais pas la formule - permettra de charger la (les) feuille(s) de nouveaux textes, par modification de cette charge électrique. Un e-book sur papier, en somme, ce que le monde de l'édition peut attendre de mieux.

= Quel est votre avis sur les débats relatifs au respect du droit d'auteur sur le web?

Question épineuse s'il en est. Si c'est pour enrichir encore de grosses sociétés multinationales et surtout leurs actionnaires (les fonds de pensions américains que Beigbedder touche du doigt), de nombreux internautes dont je suis se rebellent face au "copyright". Par contre, si c'est pour permettre à des créateurs, des artistes ou des musiciens de vivre de leurs passions, le droit d'auteur au sens noble me paraît légitime. Le débat est le même que celui de l'exception culturelle face au GATS (General Agreement on Trade in Services). Copyright contre droit d'auteur! Mais il règne dans le domaine une confusion soigneusement entretenue, ou les deux sont amalgamés. "On" fait monter au créneau des artistes pour défendre une liberté qui pourrait ne profiter finalement qu'aux multinationales. Firmes qui s'empresseront d'étouffer ces petits soldats de la liberté, si on leur en laisse le pouvoir, sur le net. Et oui, contrairement aux droits d'auteurs qui sont incessibles, le système de "copyright" permet à ses "propriétaires" de modifier les conditions contractuelles aux moments qui les arrangent. On a vu plus d'un artiste parvenir à la vice-présidence de l'une ou l'autre de ces firmes grâce à ses ventes faramineuses, puis perdre jusqu'à leur nom dès que ces ventes ne suivent plus! Il me semble qu'il faut surveiller de très près le fameux accord entre BMG et Napster, par lequel, contre un abonnement assez minime somme toute, n'importe qui pourra charger des fichiers en toute légalité. Certes BMG est une multinationale, certes Napster est en passe de perdre son procès contre les autres multinationales de la musique; mais ce système de forfait peut amener à des solutions originales d'équilibre entre la liberté de l'internaute et la rémunération légitime des artistes. Tenant compte de toutes ces contradictions, valider un modèle économique, puisque c'est le dernier concept à la mode dans le domaine du net, n'est pas des plus évidents...

= Quelles sont vos suggestions pour un véritable multilinguisme sur le web?

J'attends les fameuses traductions simultanées en direct-live... On nous les annonce avec les nouveaux processeurs ultra-puissants, mais on nous les annonçait déjà pour cette génération-ci de processeurs. Alors, le genre: vous/réservé/avion/de le/november 17-2000... Non merci. Plus tard peut-être.

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?

Je suis assez proche géographiquement de la société Lernout & Hauspie, qui est tombée en faillite. C'était le leader en matière de reconnaissance vocale... Donc, je ne suis pas très optimiste dans ce secteur non plus, pas avant de plus larges bandes passantes et/ou les processeurs ultra-puissants qu'on nous annonce donc pour très bientôt.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

Lequel? Celui des Gibson, inventeur de la formule, des Spinrad ou des Clarke, utopies scientifiques pas toujours traitées comme elles devraient l'être? Ou celui des AOL/Time-Warner, des Microsoft ou des... J6M-Canal/Universal...

Tout ce qu'on peut dire à l'heure actuelle, c'est que ce qu'on peut encore appeler le cyberspace est multiforme, et qu'on ne sait pas qui le domptera. Ni s'il faut le dompter d'ailleurs... En tout cas, les créateurs, artistes, musiciens, les sites scientifiques, les petites "start-up" créatives, voire les millions de pages perso, les chats, les forums, et tout ce qui donne au net sa matière propre ne pourra être ignoré par les grands mangeurs de toile. Sans eux, ils perdraient leurs futurs "abonnés". Ce paradoxe a son petit côté subversif qui me plaît assez.

= Et la société de l'information?

Dans l'idéal, un lieu d'échange, le fameuse agora du village global. Mais l'idéal... Tant que le débat existe entre les fous du net, et les VRP de la VPC, il y a de l'espoir. Le jour où les grands portails se refermeront sur la liberté d'échanger des infos en ligne, ça risque plutôt d'être la société de la désinformation. Ici aussi, des confusions sont soigneusement entretenues. Quelle information, celles du 20 heures à relayer telles quelles sur le net? Celles contenues sur ces fabuleux CD, CD-Rom, DVD chez vous dans les 24 h chrono? Ou toutes les connaissances contenues dans les milliards de pages non répertoriées par les principaux moteurs de recherche. Ceux qui ont de plus en plus tendance à mettre en avant les sites les plus visités, qui le sont dès lors de plus en plus. Là, on ne parle même plus de désinformation, de complot de puissances occultes (financières, politiques ou autres...), mais de surinformation, donc de lassitude, de non-information, et finalement d'uniformisation de la pensée. Sans avoir de définition précise, je vois qu'une société de l'information qui serait figée atteindrait le contraire de sa définition de base. Du mouvement donc...

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

Incontestablement quand apparaissent mes propositions de mails ou de design de site sur le web. Quand je revois les préparatifs, les brouillons, et que je vois ce que ça donne, c'est comme un flash. Au fond, c'est le même plaisir lorsque sur des Napster ou Gnutella, on trouve enfin LE morceau introuvable qu'on avait perdu d'ouïe depuis dix ans, on le charge, on attend, 1%>50%>99%>file complete, on le lance. Raaaah...

= Et votre pire souvenir?

C'était au tout début, une de mes premières utilisations du médium. Je recherchais dans le cadre d'un projet des sites un peu rebelles, anarchisants, des trucs comme ça. Je tape "cyberpunk" dans Yahoo!, s'affiche la classique liste de sites. "Anarchy on the net, cyberpunk rock the web", ce genre... J'essaye d'en ouvrir quelques uns... Surprise! Un banner "NetNanny" m'interdit l'accès aux sites. Emanation d'un groupuscule de la "majorité morale" américaine, ce "NetNanny" s'autorisait à interdire les sites qui ne lui plaisent pas... Je ne l'ai plus jamais rencontré depuis, mais quelle saleté, ce truc. Enfin, à l'autre extrémité, il y a bien le procédé dit de "l'exit console" où, au moment de sortir d'un site, on vous "propose" une autre page, puis une autre, puis une autre, impossible de sortir. Ça, je n'en ai pas fait l'expérience, mais ça doit être hard. C'est d'ailleurs un procédé de site hard, ai-je lu quelque part...

*Entretien du 25 janvier 2001

La totalité de cet entretien est consacrée à l'e-book.

= Quel est votre sentiment sur l'e-book?

E-book, e-book, ai-je l'air d'utiliser un e-book, avec ses grands yeux qui me regarderaient dans la nuit? En voilà une accroche, isn't it? ("n'est-ce pas" pour les non-polyglottes...). Pour répondre à toute question à propos d'e-book, je n'ai qu'une seule envie, me laisser aller, j'écris sous pseudonyme... D'accord, pas me laisser aller au point de cette intro, un peu, disons, légère..., mais me laisser aller à un exercice auquel j'ai pris goût il y a peu, genre "j'ai testé pour vous...". Encore faut-il pour cela disposer de l'appareil dont on parle. Dites-moi donc, oui, vous aussi, là, ceux qui me lisez: qui possède un e-book? A part peut-être les quelques journalistes qui ont pu bénéficier des différents modèles quelque temps, au moment de leur sortie. Vous voyez... Donc, rabattons-nous sur ce qu'on en dit sur internet (quelques pages en français au hasard, ici, cette page assez bien faite, qui reprend tous les intervenants du secteur, Olympio.com, CyLibris.com et bien sûr 00h00.com). Examinons ce que j'en sais, et ce que je déduis des deux premiers, avec quelques raccourcis, pas la peine d'allonger la sauce. Puis, mais soyons un peu créateur, laissons-nous aller à quelques intuitions... Evidemment, cela va donner une série d'impressions sans doute pas très scientifiques, ni très documentées. Mais faute de grive, pour rester dans une comparaison avicole... Pourtant, cela fait plus d'un an qu'il est sorti, non, l'e-book? Il a fait la vedette du salon de Paris (oui, du livre, pas de l'automobile, qui s'appelle, lui, le mondial), il s'est invité à la foire du livre de Bruxelles (une foire...), il a été un peu éclipsé à celle de Francfort lors du rachat par Spielberg de l'idée du bouquin de Marc Lévy Et si c'était vrai, paru chez Laffont. On attend le film... ou l'e-book. A voir ce qui se vend sur le net, aux USA et en France, il doit y en avoir des e-books, à moins que ce ne soit l'effet Nasdaq d'avant la chute, des investissements en valorisation boursière, sur le futur, paraît-il. Qui pourrait nous dire si ça se vend? La Fnac annonce pour 2000 un excellent chiffre pour les e-books, Franklin aussi. Mais à voir les forums qui y sont consacrés (notamment celui de 00h00), ce secteur n'a pas l'air de décoller franchement...

= Quelle est la problématique?