Chapter 13
D'autre part, le prosélytisme en matière d'outils informatiques pour la recherche littéraire me semble indispensable. Ce qui me préoccupe aujourd'hui: la diffusion de logiciels (d'analyse textuelle par exemple) menée parallèlement à une réflexion méthodologique sur leur utilisation. Un séminaire devrait se mettre en place à l'Ecole normale supérieure l'an prochain sur ces thèmes.
= Comment voyez-vous l'avenir?
L'avenir me semble prometteur en matière de publications de ressources en ligne, même si, en France tout au moins, bon nombre de résistances, inhérentes aux systèmes universitaire et éditorial, ne risquent pas de céder du jour au lendemain (dans dix-vingt ans, peut-être?). Ce qui me donne confiance, malgré tout, c'est la conviction de la nécessité pratique d'internet. J'ai du mal à croire qu'à terme, un chercheur puisse se passer de cette gigantesque bibliothèque, de ce formidable outil. Ce qui ne veut pas dire que les nouvelles pratiques de recherche liées à internet ne doivent pas être réfléchies, mesurées à l'aune de méthodologies plus traditionnelles, bien au contraire. Il y a une histoire de l'"outillage", du travail intellectuel, où internet devrait avoir sa place.
= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?
Oui, beaucoup.
= Les jours du papier sont-ils comptés?
Je suis loin de penser que le numérique doive ou puisse remplacer le papier, tout au moins dans l'état actuel des technologies liées à internet. On a beau parler d'une "ère de l'immatériel", d'une "virtualisation" du réel etc., je reste persuadée que la trace écrite telle que le papier nous en permet la perception et la conservation (relative si l'on veut, mais fortement historicisée), n'a pas diminué, et n'est pas en passe de se voir remplacée par des séquences invisibles de 0 et de 1. La pérennité du support numérique me semble bien plus problématique que celle du papier: en termes techniques (et économiques) d'une part, en termes de politiques de conservation d'autre part. Par exemple, l'institution d'un dépôt légal sur le web pose d'immenses problèmes (concernant la quantité comme la nature des publications).
= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?
S'il doit s'agir d'un ordinateur portable légèrement "relooké", mais présentant moins de fonctionnalités que ce dernier, je n'en vois pas l'intérêt. Tel qu'il existe, l'e-book est relativement lourd, l'écran peu confortable à mes yeux, et il consomme trop d'énergie pour fonctionner véritablement en autonomie. A cela s'ajoute le prix scandaleusement élevé, à la fois de l'objet même et des contenus téléchargeables; sans parler de l'incompatibilité des formats constructeur, et des "formats" maison d'édition.
J'ai pourtant eu l'occasion de voir un concept particulièrement astucieux, vraiment pratique et peu coûteux, qui me semble être pour l'heure le support de lecture électronique le plus intéressant : celui du "baladeur de textes" ou @folio (conçu par Pierre Schweitzer, ndlr), en cours de développement à l'Ecole nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg. Bien évidemment, les préoccupations de ses concepteurs sont à l'opposé de celles des "gros" concurrents qu'on connaît, en France ou ailleurs: aucune visée éditoriale monopolistique chez eux, puisque c'est le contenu du web (dans l'idéal gratuit) que l'on télécharge.
= Comment définissez-vous la société de l'information?
Pour moi, comme j'ai eu l'occasion de le dire ailleurs, le syntagme "société de l'information" est plus une formule (journalistique, politique) à la mode depuis plusieurs années, qu'une véritable notion. Cette formule tend communément je crois, à désigner une nouvelle "ère" socio-économique, post-industrielle, qui transformerait les relations sociales du fait de la diffusion généralisée des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC). Personnellement, je n'adhère pas à cette vision des choses. Si la diffusion croissante des NTIC est indéniable et constitue un phénomène socio-économique propre à l'époque contemporaine, je ne crois pas qu'il faille y voir la marque de l'avènement d'une nouvelle société "de l'information".
La formule "société de l'information" est construite sur le modèle terminologique (socio-économique) de la "société industrielle". Mais le parallèle est trompeur: "société de l'information" met l'accent sur un contenu, alors que "société industrielle" désigne l'infrastructure économique de cette société. L'information en tant que produit (industriel ou service) apparaît peut-être plus complexe que, par exemple, les produits alimentaires, mais cette complexité ne suffit pas à définir l'avènement dont il est question.
D'autant plus que l'emploi inconditionnel de la formule a contribué à faire de l'information un terme passe-partout, très éloigné même de sa théorisation mathématique (Shannon), de sa signification informatique initiale. Elle traduit uniquement une idéologie du progrès électronique mise en place dans les années 1950 et véhiculée ensuite par nos gouvernements et la plupart de nos journalistes, qui définissent fallacieusement le développement des NTIC comme un "nécessaire" vecteur de progrès social. Quelques analystes (sociologues et historiens des techniques comme Mattelart, Lacroix, Guichard, Wolton) ont très bien montré cela.
BRUNO DIDIER (Paris)
#Webmestre de la bibliothèque de l'Institut Pasteur
L'Institut Pasteur est une fondation privée dont la mission est de contribuer à la prévention et au traitement des maladies, en priorité infectieuses, par la recherche, l'enseignement, et des actions de santé publique.
*Entretien du 10 août 1999
= En quoi consiste le site web que vous avez créé?
Le site web de la bibliothèque de l'Institut Pasteur a pour vocation principale de servir la communauté pasteurienne. Il est le support d'applications devenues indispensables à la fonction documentaire dans un organisme de cette taille: bases de données bibliographiques, catalogue, commande de documents et bien entendu accès à des périodiques en ligne (un peu plus d'une centaine actuellement). C'est également une vitrine pour nos différents services, en interne mais aussi dans toute la France et à l'étranger. Il tient notamment une place importante dans la coopération documentaire avec les instituts du réseau Pasteur à travers le monde. Enfin j'essaie d'en faire une passerelle adaptée à nos besoins pour la découverte et l'utilisation d'internet. Il existe dans sa forme actuelle depuis 1996 et son audience augmente régulièrement.
= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?
Je développe et maintiens les pages du serveur, ce qui s'accompagne d'une activité de veille régulière. Par ailleurs je suis responsable de la formation des usagers, ce qui se ressent dans mes pages. Le web est un excellent support pour la formation, et la plupart des réflexions actuelles sur la formation des usagers intègrent cet outil.
= Dans quelle mesure l'internet a-t-il changé votre vie professionnelle?
C'est à la fois dans nos rapports avec l'information et avec les usagers que les changements ont eu lieu. Nous devenons de plus en plus des médiateurs, et peut-être un peu moins des conservateurs. Mon activité actuelle est typique de cette nouvelle situation: d'une part dégager des chemins d'accès rapides à l'information et mettre en place des moyens de communication efficaces, d'autre part former les utilisateurs à ces nouveaux outils.
= Comment voyez-vous l'avenir?
Je crois que l'avenir de notre métier passe par la coopération et l'exploitation des ressources communes. C'est un vieux projet certainement, mais finalement c'est la première fois qu'on dispose enfin des moyens de le mettre en place.
En ce qui concerne mon propre avenir professionnel, j'espère surtout qu'internet me permettra un jour de travailler à domicile, au moins partiellement. Ce qui m'éviterait 2 heures 30 de transport par jour...
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?
Je ne suis pas ces débats. Mais je pense qu'on va avoir du mal à maintenir l'esprit communautaire qui était à la base de l'existence d'internet.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?
Je vois cela tout à fait positivement. Internet n'est une propriété ni nationale, ni linguistique. C'est un vecteur de culture, et le premier support de la culture, c'est la langue. Plus il y a de langues représentées dans leur diversité, plus il y aura de cultures sur internet. Je ne pense pas qu'il faille justement céder à la tentation systématique de traduire ses pages dans une langue plus ou moins universelle. Les échanges culturels passent par la volonté de se mettre à la portée de celui vers qui on souhaite aller. Et cet effort passe par l'appréhension de sa langue. Bien entendu c'est très utopique comme propos. Concrètement, lorsque je fais de la veille, je peste dès que je rencontre des sites norvégiens ou brésiliens sans un minimum d'anglais.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Le jour où j'ai gagné une boîte de chocolats suisses sur le site de Health On the Net (ne vous précipitez pas, le jeu n'existe plus...).
= Et votre pire souvenir?
Les dérives du courrier électronique: des mal élevés qui profitent de la distance ou d'un certain anonymat pour dire des choses pas très gentilles, ou adopter des attitudes franchement puériles, avec, hélas, des conséquences qui ne sont pas toujours celles d'un monde d'enfant... Par exemple, une personne a un jour profité de ce que je lui avait fait copie d'un message, pensant que le sujet l'intéresserait, pour intervenir entre mon interlocuteur et moi, et me discréditer.
CATHERINE DOMAIN (Paris)
#Créatrice de la librairie Ulysse, la plus ancienne librairie de voyage au monde
Située au coeur de Paris, dans l'île Saint-Louis, la librairie Ulysse est la plus ancienne librairie de voyage au monde, avec plus de 20.000 livres neufs et anciens, cartes et revues sur tous les pays et pour tous les voyages. Elle a été créée en 1971 par Catherine Domain, membre du SLAM (Syndicat national de la librairie ancienne et moderne), du Club des explorateurs et du Club international des grands voyageurs, et fondatrice du Cargo Club (un club de rencontre pour les passionnés de la mer) et du Club Ulysse des petites îles du monde.
Catherine Domain a visité à ce jour 141 pays et les voyages la tenaillent toujours. En 1998, elle a exploré à la voile les îles du Kiribati et les Marshall, au milieu du Pacifique. En 1999, en tant que membre du jury du Prix du livre insulaire, elle a fait une escale à Ouessant, puis elle a fait le tour de la Sardaigne à la voile en septembre. En l'an 2000, toujours à la voile, elle a visité la Croatie pendant un mois. Comme elle était de nouveau membre du jury du Prix du livre insulaire, elle a refait escale à Ouessant et aussi à l'île de Sein.
*Entretien du 10 novembre 2000
= En quoi consiste votre site web?
Mon site (créé en 1999, ndlr) est embryonnaire et en construction, il se veut à l'image de ma librairie, un lieu de rencontre avant d'être un lieu commercial. Il sera toujours en perpétuel devenir!
= Dans quelle mesure l'internet a-t-il changé votre vie professionnelle?
Internet me prend la tête, me bouffe mon temps et ne me rapporte presque rien mais cela ne m'ennuie pas... Pour qu'internet marche, il faut ne faire que ça ou avoir des "esclaves". Je ne veux ni l'un ni l'autre. Je n'ai pas une âme de patron mais d'artisan, et j'attrape vite la bougeote et mal aux yeux.
= Comment voyez-vous l'avenir?
Extrêmement mal, internet tue les librairies spécialisées. En attendant d'être dévorée, je l'utilise comme un moyen d'attirer les clients chez moi, et aussi de trouver des livres pour que ceux qui n'ont pas encore internet chez eux! Mais j'ai peu d'espoir...
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?
J'avoue être plus concernée par l'OMC (Organisation mondiale du commerce) que par les droits d'auteur.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?
Est-ce qu'il n'est pas multilingue? Je vois qu'il va tuer aussi la langue française et bien d'autres (suppression des accents, négligence due à la rapidité, etc.).
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Un dialogue quotidien avec ma soeur qui habite Sri Lanka et mes potes mexicains, américains, anglais, sud-africains, etc., car j'ai beaucoup voyagé, longtemps et partout.
= Et votre pire souvenir?
Ma première année ordinateur-internet: une longue souffrance technique!
HELEN DRY (Michigan)
#Modératrice de The Linguist List
Le site de la Linguist List donne une série complète de liens sur la profession de linguiste (conférences, associations linguistiques, programmes, etc.), la recherche (articles, résumés de mémoires, projets, bibliographies, dossiers, textes), les publications, la pédagogie, les ressources linguistiques (langues, familles linguistiques, dictionnaires, information régionale) et les ressources informatiques (polices de caractères et logiciels).
La Linguist List est modérée par Helen Dry (Eastern Michigan University), Anthony Aristar (Wayne State University) et Andrew Carnie (University of Arizona). Helen Dry, qui est interviewée ici, est professeur de linguistique à la Eastern Michigan University. Ses principaux domaines de recherche sont la stylistique linguistique, la linguistique de corpus, la pragmatique et l'analyse du discours.
*Entretien du 18 août 1998 (entretien original en anglais)
= La Linguist List est-elle multilingue?
La Linguist List, que je modère, a pour politique d'accepter les informations dans toutes les langues, puisque c'est une liste pour linguistes. Nous ne souhaitons cependant pas que le message soit publié dans plusieurs langues, tout simplement à cause de la surcharge de travail que cela représenterait pour notre personnel de rédaction (nous ne sommes pas une liste fourre-tout, mais une liste modérée: avant d'être publié, chaque message est classé par nos étudiants-rédacteurs dans une section comprenant des messages du même type). Notre expérience nous montre que pratiquement tout le monde choisit de publier en anglais. Mais nous relions ces informations à un système de traduction qui présente nos pages dans cinq langues différentes. Ainsi un abonné ne lit Linguist en anglais que s'il le souhaite. Nous essayons aussi d'avoir au moins un étudiant-éditeur qui soit réellement multilingue, afin que les lecteurs puissent correspondre avec nous dans d'autres langues que l'anglais.
*Entretien du 26 juillet 1999 (entretien original en anglais)
= Quoi de neuf depuis notre premier entretien?
Nous commençons maintenant à rassembler un grand nombre de données. Nous gérons plusieurs bases de données avec moteur de recherche: résumés de thèses de linguistique, informations sur les programmes universitaires de linguistique, informations professionnelles sur les linguistes, etc. A ma connaissance, le fichier des résumés de thèses est la seule compilation électronique qui soit disponible gratuitement sur l'internet.
BILL DUNLAP (Paris & San Francisco)
#Fondateur de Global Reach, société qui favorise le marketing international en ligne
Fondateur de Global Reach, Bill Dunlap est spécialiste du marketing en ligne et du commerce électronique international. Sa clientèle est essentiellement américaine. Global Reach est une méthode permettant aux sociétés d'étendre leur présence sur l'internet en leur donnant une audience internationale, ce qui comprend la traduction de leur site web dans d'autres langues, la promotion active de leur site et l'accroissement de la fréquentation locale au moyen de campagnes promotionnelles.
Diplômé du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Bill Dunlap a toujours consacré son activité professionnelle à trouver des marchés internationaux pour des produits et services liés à la haute technologie. A l'apparition de l'industrie informatique au début des années 80, il crée une société afin d'exporter sur le marché européen les logiciels pour PC et Apple, ce qui lui fait connaître les principaux marchés de distribution de PC en Europe et l'amène à devenir le premier directeur commercial de AST Research. Il est ensuite le premier directeur commercial au nouveau siège parisien de Compaq Computer, puis il poursuit son activité au siège européen de Compaq à Munich en tant que directeur commercial pour la Scandinavie.
En 1985, Bill Dunlap crée Euro-Marketing Associates, une société internationale de consultation en marketing basée à Paris et à San Francisco. En 1995, il restructure cette société en une société de consultation en ligne dénommée Global Reach, qui regroupe des consultants internationaux de premier plan, le but étant de promouvoir les sites web de leurs clients dans chaque pays choisi, afin d'attirer plus de visiteurs, et donc d'augmenter les ventes.
*Entretien du 11 décembre 1998 (entretien original en anglais)
= Quel est l'apport de l'internet dans votre activité?
Depuis 1981, début de mon activité professionnelle, j'ai été impliqué dans la venue de sociétés américaines en Europe. Ceci est pour beaucoup un problème de langue, puisque leurs informations commerciales doivent être disponibles dans les langues européennes pour être prises en compte ici, en Europe. Comme le web est devenu populaire en 1995, j'ai donné à ces activités une dimension "en ligne", et j'en suis venu à promouvoir le cybercommerce européen auprès de mes compatriotes américains. Récemment, lors de l'Internet World à New York, j'ai parlé du cybercommerce européen et de la manière d'utiliser un site web pour toucher les différents marchés d'Europe.
= En quoi consiste Global Reach?
Promouvoir un site est aussi important que de le créer, sinon plus. On doit être préparé à utiliser au moins autant de temps et d'argent à promouvoir son site qu'on en a passé à l'origine à le créer. Le programme Global Reach permet de promouvoir un site dans des pays non anglophones, afin d'atteindre une clientèle plus large... et davantage de ventes. Une société a de nombreuses bonnes raisons de considérer sérieusement le marché international. Global Reach est pour elle le moyen d'étendre son site web à de nombreux pays, de le présenter à des visiteurs en ligne dans leur propre langue, et d'atteindre le réseau de commerce en ligne présent dans ces pays.
= Comment voyez-vous l'expansion du multilinguisme?
Il y a très peu d'Américains des Etats-Unis qui sont intéressés de communiquer dans plusieurs langues. Pour la plupart, ils pensent encore que le monde entier parle anglais. Par contre, ici en Europe (j'écris de France), les pays sont petits, si bien que, depuis des siècles, une perspective internationale est nécessaire.
*Entretien du 23 juillet 1999 (entretien original en anglais)
= Quelles sont vos suggestions pour le développement d'un site web multilingue?
Une fois que la page d'accueil d'un site est disponible en plusieurs langues, l'étape suivante est le développement du contenu dans chaque langue. Un webmestre notera quelles langues attirent plus de visiteurs (et donc plus de ventes) que d'autres. Ce seront donc dans ces langues que débutera une campagne de promotion multilingue sur le web. Parallèlement, il est toujours bon de continuer à augmenter le nombre de langues dans lesquelles un site web est disponible. Au début, seule la page d'accueil traduite en plusieurs langues suffit, mais ensuite il est souhaitable de développer un véritable secteur pour chaque langue.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Le fait de travailler avec des centaines de personnes tout en évitant la pression. Cela rend la vie vraiment agréable.
= Et votre pire souvenir?
J'ai plusieurs fois mis en place un forum en ligne, et plusieurs individus animés de mauvaises intentions ont commencé à envoyer des messages injurieux à l'ensemble du forum. Ces messages ont atteint des centaines de personnes qui ont à leur tour répondu par des messages injurieux, avec un effet boule de neige. Je me rappelle m'être réveillé un matin avec plus de 4.000 messages à télécharger. Quelle pagaille!
PIERRE-NOEL FAVENNEC (Paris & Lannion, Bretagne)
#Expert à la direction scientifique de France Télécom R&D et directeur de la collection technique et scientifique des télécommunications
Ingénieur, Pierre-Noël Favennec est expert-coordinateur à la direction scientifique de France Télécom R&D pour les télécommunications optiques et hertziennes (mobiles). Directeur de la collection technique et scientifique des télécommunications (CTST), il est l'auteur de deux livres scientifiques, Implantation ionique pour la microélectronique et l'optique (Masson, Paris, 1993) et Technologies pour les composants à semiconducteurs (Masson, Paris, 1998). Il est membre du comité consultatif pour la recherche et le développement de la technologie pour la région Bretagne.
*Entretien du 12 février 2001
= Pouvez-vous décrire l'activité de France Télécom R&D?
France Télécom R&D est le centre de recherche et développement de France Télécom. Ce centre de R&D de près de 4.000 ingénieurs et chercheurs est basé à Issy-les-Moulineaux, Lannion, Rennes, Caen, Grenoble et Belfort. Il a en charge toutes les études utiles pour France Télécom, études allant du court terme jusqu'au long terme et touchant aux télécommunications (usages, services, réseaux et technologies). La mobilité, l'internet et l'international sont les grands axes d'activités.
= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?
Je suis expert-coordinateur à la direction scientifique de France Télécom R&D (FTR&D) pour les télécommunications optiques et hertziennes: maîtrise d'ouvrage des recherches amont relevant de mon domaine d'expertise (télécoms optiques et radio), coordination, orientation, animation, financement...
J'assure également la direction de la collection technique et scientifique des télécommunications. La collection est publiée sous l'égide FTR&D. Elle réunit des ouvrages rédigés en langue française par des spécialistes de centres de recherches, de l'université et de l'industrie des télécommunications. La collection comprend principalement des livres traitant des sciences et technologies de base utiles aux télécommunications modernes, des réseaux et services. Les ouvrages se situent au niveau de l'enseignement de 3e cycle. La collection contient aussi des ouvrages sur des aspects économiques, sociaux, juridiques et politiques des télécommunications. Ils s'adressent aux ingénieurs et scientifiques soucieux de l'impact socio-économique de leurs réalisations et aussi aux gestionnaires et décideurs politiques... Leur qualité technique et scientifique est garantie par un comité scientifique composé d'experts des différents domaines couvrant les sciences et les technologies des télécommunications. Plusieurs éditeurs collaborent à l'édition des ouvrages labellisés par la collection (Masson, Dunod, Eyrolles, La Documentation française, Hermès, Springer et Presses polytechniques universitaires romandes).
= En quoi consiste exactement votre activité liée à l'internet?
Je n'ai pas d'activité spécifique liée à l'internet mais, France Télécom étant la net-compagnie, toutes nos activités sont concernées par l'utilisation, la mise en place des réseaux ou le futur de l'internet. La collection édite de plus en plus d'ouvrages dont le sujet touche directement ou indirectement l'internet (par exemple Des télécoms à l'internet: économie d'une mutation, d'Etienne Turpin, Eyrolles, 2000).
= Comment voyez-vous l'avenir?