Dostoïevsky (Articles et Causeries)
Part 14
--Vous auriez dû venir me le dire, observa pensivement le prince.
--Je craignais de vous déranger, personnellement, prince, au milieu de vos impressions personnelles, et, peut-être extraordinaires, si je puis m'exprimer ainsi. D'ailleurs, moi-même, j'ai fait semblant de n'avoir rien trouvé. Après m'être assuré que la somme était intacte, j'ai fermé le portefeuille et je l'ai remis sous la chaise.
--Mais pourquoi donc?
Lébédeff se mit à rire.
--Pour rien; parce que je voulais pousser plus loin mon enquête, répondit-il en se frottant les mains.
--Ainsi il est encore là maintenant, depuis avant-hier?
--Oh, non! il n'est resté là que vingt-quatre heures? Voyez-vous, jusqu'à un certain point, je désirais que le général le trouvât aussi. Car, me disais-je, si j'ai fini par le découvrir, pourquoi le général n'apercevrait-il pas aussi un objet qui, pour ainsi dire, saute aux yeux, qu'on voit parfaitement sous la chaise? Plusieurs fois j'ai pris cette chaise et je l'ai changée de place afin que le portefeuille fût tout à fait en évidence, mais le général ne l'а pas remarqué, et cela a duré vingt-quatre heures. Il est clair qu'à présent le général est fort distrait, c'est à n'y rien comprendre; il cause, il raconte des histoires, il rit, et tout d'un coup il se fâche contre moi, sans que je sache pour quel motif. Finalement, nous sommes sortis de la chambre; j'ai laissé exprès la porte ouverte; il était ébranlé tout de même; il voulait dire quelque chose, apparemment; il craignait pour un portefeuille contenant une si forte somme; mais soudain il s'est mis en colère et n'a rien dit; à peine avions-nous fait deux pas dans la rue qu'il ma planté là et est allé d'un autre côté. Le soir seulement nous nous sommes retrouvés au traktir.
--Mais, à la fin, vous avez repris votre portefeuille?
--Non, cette nuit même il a disparu de dessous la chaise.
--Alors, où est-il donc maintenant?
À ces mots Lébédeff se dressa brusquement de toute sa taille et regarda le prince d'un air jovial:
--Mais ici, répondit-il en riant,--il s'est trouvé tout d'un coup ici dans le pan de ma propre redingote. Tenez: regardez; regardez vous-même; tâtez.
En effet, dans la poche gauche de la redingote, par devant, s'était formé de la façon la plus apparente une sorte de sac où, au toucher, on pouvait tout de suite reconnaître la présence d'un portefeuille en cuir, qui, sans doute, passant à travers une poche trouée, avait glissé entre la doublure et l'étoffe du vêtement.
--Je l'ai retiré pour le visiter, les quatre cents roubles étaient encore au complet. Je l'ai remis à la même place et depuis hier matin je le porte ainsi dans le pan de ma redingote; je me promène avec; il me bat les jambes.
--Et vous ne remarquez rien?
--Et je ne remarque rien, hé, hé, hé! Et figurez-vous, très estimé prince,--quoique le sujet ne mérite pas d'attirer si particulièrement votre attention,--mes poches sont toujours en bon état, et tout d'un coup, en une nuit, un pareil trou! J'ai voulu me rendre compte et, en examinant la déchirure, il m'a semblé que quelqu'un avait dû faire cela avec un canif; c'est presque invraisemblable!
--Et le général?
--Hier, il n'a pas décoléré de toute la journée, et aujourd'hui c'est la même chose, il est de très mauvaise humeur. Par moments, il manifeste une gaieté bachique ou une sensibilité larmoyante, puis, tout d'un coup, il se fâche au point de m'effrayer positivement! Moi, prince, après tout, je ne suis pas un homme de guerre! Hier, nous étions ensemble au traktir; voilà que, comme par hasard, le pan de ma redingote apparaît en évidence avec son gonflement insolite, le général me fait la mine, se fâche. Depuis longtemps, déjà, il ne me regarde plus en face, si ce n'est quand il est très pris de boisson ou très attendri; mais hier; il m'a regardé deux fois d'une telle façon que j'en ai eu froid dans le dos. Du reste, demain, j'ai l'intention de retrouver le portefeuille; mais d'ici là je passerai encore une petite soirée avec lui au traktir.
--Pourquoi le tourmentez-vous ainsi? cria le prince.
--Je ne le tourmente pas, prince, je ne le tourmente pas, répliqua avec chaleur Lébédeff,--je l'aime sincèrement et... je l'estime; à présent, vous le croirez ou vous ne le croirez pas, il m'est devenu plus cher que jamais; j'ai commencé à l'apprécier encore plus qu'auparavant!
Ces mots furent prononcés d'un ton si sérieux et avec une telle apparence de sincérité que le prince ne put les entendre sans indignation.
--Vous l'aimez, et vous le faites souffrir ainsi! Voyons, il s'est arrangé de façon à vous faire retrouver l'objet perdu; pour attirer votre attention sur ce portefeuille il l'a placé sous une chaise et dans votre redingote; par cela il vous montre bien qu'il ne veut pas ruser avec vous, mais qu'il vous prie ingénument de lui pardonner, écoutez: il demande pardon! Par conséquent il compte sur la délicatesse de vos sentiments; par conséquent, il croit à votre amitié pour lui. Et vous réduisez à un tel abaissement un si honnête homme!
--Très honnête, prince, très honnête, répéta Lébédeff dont les yeux étincelaient,--et vous seul, très noble prince, étiez capable de dire un mot si juste! Pour cela, je vous suis tout dévoué jusqu'à l'adoration, quelque pourri de vices que je sois! C'est décidé! Je vais retrouver le portefeuille tout maintenant, à l'instant même, et pas demain; voilà aussi tout l'argent; tenez, prenez-le, très noble prince, et gardez-le jusqu'à demain. Demain ou après-demain, je le reprendrai.
--Mais faites attention, n'allez pas de but en blanc lui jeter au nez que vous avez retrouvé le portefeuille. Qu'il voie seulement que le pan de votre redingote ne contient plus rien et il comprendra.
--Oui? Ne vaut-il pas mieux lui dire que je l'ai retrouvé et faire comme si jusqu'alors je ne m'étais douté de rien?
--N-non, dit le prince en réfléchissant, n-non, maintenant il est trop tard; ce serait plus dangereux; vraiment vous feriez mieux de ne rien dire. Et soyez gentil avec lui... mais... n'ayez pas trop l'air... et... vous savez...
--Je sais, prince, je sais, c'est-à-dire, je sais que j'aurai bien du mal à exécuter ce programme; car il faut pour cela avoir un cœur comme le vôtre. D'ailleurs moi-même, je suis vexé à présent, il le prend parfois de trop haut avec moi; il m'embrasse en sanglotant et puis tout d'un coup il se met à m'humilier, il m'accable de railleries méprisantes; allons, je prendrai le portefeuille et j'étalerai exprès le pan de ma redingote sous les yeux du général, hé hé! Au revoir, prince, car évidemment je vous dérange, je vous distrais de sentiments très intéressants, si je puis ainsi parler...
--Mais pour l'amour de Dieu, silence comme par le passé!
À la sourdine, à la sourdine!
Quoique l'affaire fût finie, le prince resta plus silencieux qu'il ne l'avait été auparavant. Il attendit impatiemment l'entrevue qu'il devait avoir le lendemain avec le général.
[Footnote 1: Que le fin lettré Marcel Schwob tenait pour le chef-d'oeuvre de Dostoïevsky.]
[Footnote 2: Une version soi-disant complète des _Frères Karamazov_ a été donnée depuis (1906) à la librairie Charpentier, par les soins de MM. Bienstock et Torquet.]
[Footnote 3: Du moins, il ne resterait plus à traduire que quelques nouvelles sans importance. Peut-être nous saura-t-on gré de donner ici le catalogue des traductions; les voici, par ordre chronologique de production:
_Les Pauvres Gens_ (1844). Trad. Victor DERÉLY. Plon et Nourrit, 1888.--_Le Double_ (1846). Trad. BIENSTOCK et WERTH. Mercure, 1906.--_La Femme d'un autre_ (1848) (et quelques nouvelles). Trad. HALPÉRINE-KAMINSKY et Ch. MORICE. Plon, 1888.--_Les Etapes de la Folie_ (_Un cœur faible_, 1848). Trad. HALP.-KAMINSKY. Perrin, 1891.) _Le Voleur honnête_ (1848). Trad. 1892.--_Nétotschka Neswanowa_ (1848). Trad. HALPÉRINE-KAMINSKY. Lafitte, 1914.--_Âme d'enfant_ (1849). Trad. HALP.-KAMINSKY. Flammarion, 1890.--_Carnet d'un inconnu_ (Stepanchikovo, 1858). Trad. BIENSTOCK et TORQUET. _Mercure_, 1905.--_Le Rêve de l'oncle_ (1859). Trad. HALPÉRINE-KAMINSKY. Plon, 1895.--_Souvenirs de la maison des morts_ (1859-1862). Trad. NEYROUD, Plon, 1886.--_Humiliés et offensés_ (1861). Trad. HUMBERT. Plon, 1884.--_L'Esprit souterrain_ (1864). Trad. HALP.-KAMINSKY et Ch. MORICE. Plon, 1886.--_Le Joueur et les Nuits blanches_ (1848-1867). Trad. HALP.-KAMINSKY, Plon, 1887).--_Crime et châtiment_ (1866). Trad. Victor DERÉLY. Plon, 1884.--_L'Idiot_ (1868). Trad. Victor DERÉLY. Plon, 1887.--_L'Éternel Mari_ (1869). Trad. Mme HALPÉRINE-KAMINSKY. Plon, 1896.--_Les Possédés_ (1870-1872). Trad. Victor DERÉLY. Pon, 1886.--_Le Journal d'un écrivain_ (1876-1877). Trad. BIENSTOCK et J.-A. NAU. Charpentier-Fasquelle, 1904.--_L'Adolescent_ (1875). Trad. BIENSTOCK et FENÉON. _Revue blanche_ (Fasquelle), 1902.--_Noël russe_ (1876). Trad. CRZYROWKI. Prudhomme, à Châteaudun, 1894.--_Les Frères Kamarazov_ (1870-1880). I. Trad. HALPÉRINE-KAMINSKY et Ch. MORICE. Plon, 1888; II. Trad. BIENSTOCK et TORQUET. Charpentier, 1906.
Ont paru à part: «Les Précoces», extrait des _Frères Karamazov._ Trad. HALPÉRINE-KAMINSKY. Havard, 1889; Flammarion, 1897.--«Krotkaia», extrait du _Journal d'un écrivain._ Trad. HALP.-KAMINSKY. Plon, 1886. (Liste arrêtée en 1908.)]
[Footnote 4: C'est pourquoi nous nous conformerons, dans toutes nos citations, au texte de M. Bienstock, espérant que gaucheries, incorrections même--assez gênantes parfois--imitent de leur mieux celles du texte russe. Cela soit dit d'ailleurs sous toutes réserves.]
[Footnote 5: Il peut nous paraître (dit celui-ci) et surtout après un regard jeté sur la correspondance intime de Dostoïevsky, qu'Anna Grigorievna, veuve du poète, et André Dostoïevsky, frère cadet du poète, aient été mal conseillés dans le choix des lettres qu'ils ont livrées à la publicité, et que, sans nuire en rien à la discrétion, ils eussent avantageusement remplacé par quelques lettres plus intimes maintes lettres qui ne traitent que de la question d'argent.--Il n'existe pas moins de quatre cent soixante-quatre lettres de Dostoïevsky à Anna Grigorievna, sa seconde femme, dont aucune n'a été encore livrée au public.]
[Footnote 6: Pour épais que soit ce volume, il eût pu l'être, il eût dû l'être davantage. Nous déplorons que M. Bienstock n'ait pas pris soin de réunir aux lettres offertes d'abord au public celles parues depuis dans diverses revues. Pourquoi, par exemple, ne donne-t-il que la première des trois lettres parues dans la _Niva_ (avril 1898)? Pourquoi pas la lettre du 1er décembre 1856 à Vrangel--du moins les fragments qui en ont été donnés, où Dostoïevsky raconte son mariage et manifeste l'espoir d'être guéri de son hypocondrie par le bouleversement heureux de sa vie? Pourquoi pas surtout l'admirable lettre du 22 février 1854, importante entre toutes, parue dans la _Rousskaia Starina_ et dont la traduction (Halpérine et Ch. Morice) a paru dans _la Vogue_ du 12 juillet 1886? Et si nous le félicitons de nous avoir donné en supplément de ce volume la _Requête a l'empereur_, les trois préfaces de la revue _Vremia_, cet indigeste _Voyaqe à l'étranger_, où se lisent quelques passages intéressant particulièrement la France, et le très remarquable _Essai sur la bourgeoisie_,--pourquoi n'y a-t-il pas joint le pathétique plaidoyer: _Ma défense_, écrit lors de l'affaire Petrachevsky, paru en Russie il y a huit ans, et dont la traduction française (Fréd. Rosenberg) a été donnée par la _Revue de Paris?_ Peut-être, enfin, quelques notes explicatives, de-ci de-là, eussent-elles aidé la lecture, et peut-être quelques divisions expliquant d'époque en époque, parfois, les longs intervalles de silence.]
[Footnote 7: «Oh! mon ami! Elle m'aimait infiniment et je l'aimais de même; cependant nous ne vivions pas heureux ensemble. Je vous raconterai tout cela quand je vous verrai; sachez seulement que, bien que très malheureux ensemble (à cause de son caractère étrange, hypocondriaque et maladivement fantasque), nous ne pouvions cesser de nous aimer. Même plus nous étions malheureux, plus nous nous attachions l'un à l'autre. Quelque étrange que cela paraisse, c'est ainsi.» (Lettre à Vrangel après la mort de sa femme.)]
[Footnote 8: «Pour défendre les idées qu'il croyait avoir», dit M. de Vogüé.]
[Footnote 9: Durant ses quatre années de bagne, Dostoïevsky était resté sans nouvelles des siens;--le 22 février 1854, dix jours avant son élargissement, il écrivait à son frère la première des lettres de Sibérie dont nous avons connaissance, cette lettre admirable que je regrette de ne pas trouver dans le recueil de M. Bienstock: «Je puis enfin causer avec toi plus longuement, plus sûrement aussi, il me semble... Mais avant tout, laisse-moi te demander, au nom de Dieu, pourquoi tu ne m'as pas encore écrit une seule ligne. Je n'aurais jamais cru cela! Combien de fois, dans ma prison, dans ma solitude, ai-je senti venir le véritable désespoir en pensant que, peut-être, tu n'existais plus; et je réfléchissais durant des nuits entières au sort de tes enfants, et je maudissais la destinée qui ne me permettait pas de leur venir en aide... Se pourrait-il qu'on t'eût défendu de m'écrire? Mais cela est permis! Tous les condamnés politiques reçoivent ici plusieurs lettres par an... Mais je crois avoir deviné la véritable cause de ton silence: c'est ton apathie naturelle...»]
[Footnote 10: Lettre à Mikhaïl, du 22 février 1854, non donnée par Bienstock.]
[Footnote 11: Préface à la revue l'_Époque_, donnée par Bienstock en supplément à la correspondance.]
[Footnote 12: Je l'extraie d'un «Essai sur la bourgeoisie», chapitre d'un _Voyage a l'étranger_, que M. Bienstock a fort bien fait de publier avec la traduction de cette correspondance.]
[Footnote 13: Article écrit avant la représentation du drame de Jacques Copeau et J. Croué, d'après le roman de Dostoïevsky.]
[Footnote 14: _L'Idiot_, II, pp. 193-194.]
[Footnote 15: Parues à _la Revue hebdomadaire._]
_Je n'ai pas cru devoir récrire ces causeries dont le texte fut établi d'après la 'sténographié qui en fut prise,--quelque peu retouchée de-ci de-là. J'aurais craint, en les remaniant, de leur imposer moins de tenue que je ne leur eusse enlevé de naturel._]
[Footnote 16: _Adolescent_, p. 3.]
[Footnote 17: _Ibid._, p. 303.]
[Footnote 18: _Correspondance_, p. 449.]
[Footnote 19: _Ibid._, p. 94.]
[Footnote 20: _Ibid._, p. 101.]
[Footnote 21: Seizième partie de l'archine qui est de 1 m. 40.]
[Footnote 22: Soupe à la choucroute aigre.]
[Footnote 23: Gruau cuit.]
[Footnote 24: V. _Correspondance_ (trad. BIENSTOCK), _Mercure de France._]
[Footnote 25: Une traduction de ce chapitre a paru depuis dans la _Nouvelle Revue française_ (juin et juillet 1922). Édité depuis: _la Confession de Stavroguine_ (Plon-Nourrit).]
[Footnote 26: _Possédés_, I, p. 197.]
[Footnote 27: _Ibid._, p. 201.]
[Footnote 28: _Adolescent_, p. 371.]
[Footnote 29: _Sous-sol_, pp. 71, 72 et 73 (l'Esprit souterrain).]
[Footnote 30: Le _Sous-sol_, p 74 et 75.]
[Footnote 31: «Le génie russe, dit M. de Schlœzer dans la _Nouvelle Revue française_ de février 1922, et c'est une de ses caractéristiques les plus essentielles, si téméraire qu'il soit, s'appuie toujours sur le fait concret, sur la réalité vivante; il peut se lancer ensuite dans les spéculations les plus abstraites, les plus osées, mais c'est pour revenir finalement, riche de toute la pensée acquise, à cette réalité, au fait, son point de départ et son achèvement.»]
[Footnote 32: Tel Lébédeff dans _l'Idiot_; voir en particulier à l'Appendice § II l'admirable chapitre où Lébédeff s'amuse à torturer le général Ivolguine.]
[Footnote 33: _Les Possédés_, II, p. 227.]
[Footnote 34: _L'Adolescent_, p. 557.]
[Footnote 35: _Possédés_, II, p. 218.]
[Footnote 36: Dans la traduction allemande, _begrunden._]
[Footnote 37: _Un adolescent_, p. 240.]
[Footnote 38: _Journal d'un écrivain_, pp. 99 et 100.]
[Footnote 39: _Ibid_, pp. 294 et suiv., 450-451. (_Une affaire simple, mais compliquée._)]
[Footnote 40: _Mercure_, août 1898. p. 371.]
[Footnote 41: _Nouvelle Revue française_, 1er février 1922.]
[Footnote 42: _Ibid._]
[Footnote 43: _Ibid._]
[Footnote 44: _Crime et châtiment_, II, p. 152.]
[Footnote 45: _L'Adolescent_, p. 232. (Mais la citation que voici, je la fais d'après la traduction allemande, plus complète.) V. également Appendice § I.]
[Footnote 46: _Adolescent_, p. 552. Et encore: «Versiloff ne tendait vers aucun but défini. Une bourrasque de sentiments contraires désemparait sa raison. Je ne crois pas en l'espèce à un cas de folie proprement dite,--d'autant moins qu'aujourd'hui, il n'est nullement fou. Mais le «sosie» je l'admets, et le livre récent d'un spécialiste me confirme dans cette manière de voir... Le «sosie» marque le premier degré d'un grave dérangement d'esprit qui peut mener à une fin assez lamentable» (_Adolescent_, p. 607). Mais ici nous rejoignons les cas de clinique dont je parlais plus haut.]
[Footnote 47: _Possédés_, II, 47. «Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan», lisons-nous également dans Baudelaire (_Journaux intimes_, p. 57).]
[Footnote 48: _Possédés_, II, p. 218.]
[Footnote 49: _Morceaux choisis_, pp. 102 et 103.]
[Footnote 50: _L'Idiot_, II, pp. 355 et 356.]
[Footnote 51: _Ibid._, II, p. 266.]
[Footnote 52: _L'Adolescent_, p. 285.]
[Footnote 53: _Correspondance_, p. 319.]
[Footnote 54: _L'Éternel Mari_, p. 7.]
[Footnote 55: _Ibid._, p. 51.]
[Footnote 56: _L'Éternel mari_, рр. 104, 105.]
[Footnote 57: Vauvenargues, Maxime 39, Œuvres, p. 377.]
[Footnote 58: _L'Éternel Mari_, pp. 92 et 93.]
[Footnote 59: _Ibid._, pp. 160 et 161.]
[Footnote 60: _Ibid._, pp. 162, 163 et 164.]
[Footnote 61: _Ibid._, p. 172.]
[Footnote 62: _Ibid._, p, 172.]
[Footnote 63: _Ibid._, p. 174.]
[Footnote 64: SCHOPENHAUER, _le Monde comme volonté et comme représentation_, t. Ier, pp. 566 et 567 (traduction de J.-A. CANTACUZÈME).]
[Footnote 65: _L'Adolescent_, p. 78.]
[Footnote 66: _Ibid._, p. 145.]
[Footnote 67: _Idiot_, p. 298.]
[Footnote 68: _Possédés_, II, p. 256.]
[Footnote 69: Traduit de l'anglais.]
[Footnote 70: _Les Possédés_, I, pp. 257-258.]
[Footnote 71: _Les Possédés_, II, p. 336.]
[Footnote 72: _Crime et châtiment_, I, pp. 309 et 310.
Remarquez ici, eu passant, que malgré cette profession, Raskolnikoff est demeuré croyant.
«--Croyez-vous en Dieu? Pardonnez-moi cette curiosité.
«--J'y crois, répéta le jeune homme en levant les yeux sur Porphyre.
«--Et... à la résurrection de Lazare?
«--Oui. Pourquoi me demandez-vous tout cela?
«--Vous y croyez littéralement?
«--Littéralement.» (_Crime et châtiment_, I, p. 312.) En quoi Raskolnikoff diffère des autres surhommes de Dostoïevsky.]
[Footnote 73: _Crime et châtiment_, II, p. 163.]
[Footnote 74: _Ibid._, p. 164.]
[Footnote 75: _Ibid._, p. 272.]
[Footnote 76: _Ibid._, II, pp. 10 et 24.]
[Footnote 77: _Possédés_, II, p. 222.]
[Footnote 78: _Possédés_, p. 223.]
[Footnote 79: _Ibid._, p. 230.]
[Footnote 80: _Ibid._, II, p. 232.]
[Footnote 81: Voir _Correspondance_, p. 283.]
[Footnote 82: _Possédés._]
[Footnote 83: _Crime et châtiment_, I, p. 20.]
[Footnote 84: _Karamazov_, III, p. 3 (d'après la traduction allemande).]
[Footnote 85: _Possédés_, I, pp. 256, et suiv.]
[Footnote 86: _Ibid._, I, p. 258.]
[Footnote 87: _Ibid._, I, p. 148.]
[Footnote 88: _Ibid._, II, p. 303.]
[Footnote 89: _Morceaux choisis_, p. 101, § 1er.]
[Footnote 90: M. Binet-Sanglé est l'auteur d'un livre impie qu'il a intitulé: _la Folie de Jésus-Christ_, où il tend à nier l'importance du Christ et du christianisme, en prouvant que le Christ était fou, qu'il avait une tare physiologique.]
[Footnote 91: _Possédés_, II, p. 332.]
[Footnote 92: _Ibid._, II, pp. 83 et 84.]
[Footnote 93: _Ibid._, II, p. 85.]
[Footnote 94: _Ibid._, II, p. 284.]
[Footnote 95: _Ibid._, II, pp. 334, 336 et 337.]
[Footnote 96: _Ibid._, II, pp. 337.]
[Footnote 97: _Ibid._, II, p. 339.]
[Footnote 98: _Correspondance_, p. 540.]
[Footnote 99: _L'Adolescent_, p. 509.]
[Footnote 100: _Ibid._, p, 511.]
[Footnote 101: _Possèdes_, I pp. 274, 275, 270.]
[Footnote 102: «La population des îles de l'Océanie se meurt, parce qu'elle n'a plus un ensemble d'idées rectrices de ses actions, une commune mesure pour juger ce qui est bien ou mal.» RECLUS, Géographie, XIV, p. 931.]
[Footnote 103: _Possédés_, II, p. 74.]
[Footnote 104: _Ibid._, p. 97.]
[Footnote 105: _Éternel Mari_, p. 177.]
[Footnote 106: De _l'Adolescent_, p. 22.]
[Footnote 107: _L'Idiot_, II, pp. 228 et suiv.]
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