Documents Inédits sur Alfred de Musset
Part 16
«J'avais perdu l'adresse «Merci d'abord, madame exacte d'Angerville; je viens et chère marraine, pour la de la retrouver trop tard. lettre que vous me communiquez Merci d'abord de la lettre de de l'aimable _Paolita_. _Paolita_. Elle est bien gentille, Cette lettre est bien remarquable mais moins que vous, qui ne et bien gentille; mais manquez jamais une occasion que dirais-je de vous qui ne d'envoyer un moment de joie manquez jamais une occasion à ceux qui vous aiment? Vous d'envoyer un peu de joie à êtes la seule créature humaine, ceux qui vous aiment? Vous mâle ou femelle, que êtes la seule créature humaine je connaisse faite ainsi. Un que je connaisse faite bienfait n'est jamais perdu: ainsi. Un bienfait n'est jamais en réponse à votre lettre de perdu. En réponse à votre Desdémone, je veux vous lettre de Desdémone, je veux servir un souper chez mademoiselle vous servir un souper chez Rachel, qui vous Mlle Rachel, qui vous amusera, amusera peut-être, si nous si nous sommes toujours sommes toujours du même du même avis, et si avis. Ma petite scène sera vous partagez encore mon pour vous _seule_, d'abord admiration pour cette sublime parce que la noble enfant fille. Ma petite scène déteste les indiscrétions et sera pour vous seule, d'abord ensuite parce que, depuis parce que la noble enfant que je vais quelquefois chez déteste les indiscrétions et elle, on a fait tant de can-cans, ensuite parce qu'on a fait, de bavardages et de depuis que je vais quelquefois niaiseries, que j'ai pris le chez elle, tant de sots parti de ne pas seulement propos et de bavardages, dire que je l'avais vue au que j'ai pris le parti de ne Français. On avait joué pas même dire que je l'ai vue _Tancrède_, etc...» au Théâtre Français. On avait joué _Tancrède_, etc...»
Dans le dialogue entre Rachel et sa mère, puis entre la tragédienne et l'auteur, il n'y a pas une seule phrase qui n'ait subi quelque changement, soit par retranchement, soit par addition. La fin manque dans l'original et Paul de Musset l'a remplacée par une phrase de sa façon[90].
[90] Le Catalogue de la Bibliothèque de M. Paul Eudel, 1re partie, vente du 12 au 14 mai 1898, Paris, Em. Paul et fils, 1898, in-8º, no 243, renferme une curieuse notice sur le manuscrit et donne p. 105 le fac-similé des huit premières lignes.
51*.--Lundi, nuit (1839?). «Ma chère marraine, je suis allé deux fois chez vous aujourd'hui». _Souvenirs_, p. 183.
52*.--Mardi (1839). «Je vous avais écrit une lettre qui commençait ainsi». _Souvenirs_, p. 185.
53.--Mercredi soir (1839?). «J'ai profondément réfléchi et j'ai découvert que ce n'était pas la peine». _Souvenirs_, p. 194. Textuel.
54*.--S. D. (1839?). «Votre conseil était bon, chère marraine; venant de vous, il devait l'être». _Souvenirs_, p. 187.
F.--(Fin mars 1840). «Comment allez-vous, ma chère marraine, et que faites-vous?» _OEuvres posthumes_, p. 208. Textuel.
G.--Jeudi soir (juin 1840). «Voilà comme vous êtes, vous autres femmes». _OEuvres posthumes_, p. 211. Nombreuses coupures; plus de la moitié de la lettre est supprimée.
H.--31 juillet 1840. «Si vous savez pourquoi vous répondez vite et bien». _OEuvres posthumes_, p. 213. Nombreuses coupures et un dessin supprimé. (Tombeau d'un homme qui est allé à l'Opéra-Comique).
55.--9 octobre 1840. «Vous êtes à la campagne, vous, je suis à Paris, moi.» _Souvenirs_, p. 202. Quelques mots changés.--_Illustration_, 22 mai 1880.
56.--19 octobre 1840. «Encore une raison qui fait que je vous réponds tard». _Souvenirs_, p. 203. Seulement les vingt premières lignes de cette lettre, qui a huit pages et est ornée d'un dessin. (Rachel me lance un coup d'oeil à la Hermione).
57*.--Lundi matin (janvier 1841?).--«Madame, je rentre de ma garde, et, à propos d'une baliverne». _Souvenirs_, p. 220.
I.--13 avril 1841. «Je ne puis aller ce soir chez vous, ma chère marraine». _OEuvres posthumes_, p. 222. Textuel.
58.--(Juin 1841?). «Ai-je besoin de vous dire, ma petite et blonde marraine, qu'une note de vous». Cette lettre est publiée dans les _Souvenirs_, p. 218, comme étant une lettre complète; mais sur une copie écrite par Paul de Musset, en outre des nombreuses variantes, cela ne formerait que la seconde partie d'une autre lettre, du 28 octobre 1844, que l'on, trouvera p. 204 des mêmes _Souvenirs_ (no 64).
59.--(2 avril 1842). «Madame, si un atome de moi vivait encore». _Souvenirs_, p. 108. Textuel.
60*.--(Juin ou juillet 1842?). «Eh bien, madame, vous ne vouliez pas le croire». _Souvenirs_, p. 196.
J.--Mardi, 26 (juillet 1842). «J'ai grogné tout mon saoul, mais je ne veux pas écrire». _OEuvres posthumes_, p. 167. Nombreux changements, plusieurs suppressions.
61*.--Lundi (octobre 1842). «Il faut que je vous aime terriblement, madame». _Souvenirs_, p. 212.
62*.--Vendredi (octobre 1842). «Ainsi Uranie n'a pas lu la Revue». _Souvenirs_, p. 209.
63*.--(Novembre 1842?). «Voilà mon frère qui me dit:--Aujourd'hui vendredi». _Souvenirs_, p. 215.
K.--23 novembre (1842). «Je remercie d'abord la plus petite de toutes, de n'avoir pas oublié son ancienne coutume». _OEuvres posthumes_, p. 225. Nombreuses coupures.
64*.--Vendredi, 28 (octobre 1844). «Ce qui fait qu'on n'a pas répondu plus tôt à sa marraine, c'est que le fieux». _Souvenirs_, p. 204. Voir no 58.
65.--(1851). Billet. _Souvenirs_, p. 224.
66*.--S. D. «Est-ce que nous sommes brouillés aussi, marraine». _Souvenirs_, p. 207.
67*.--S. D. Dimanche. «Je ne suis pas content, marraine, je suis ennuyé et dérangé». _Souvenirs_, p. 217.
68*. S. D. «Madame, il vous est arrivé certainement très souvent de souffler dans un ballon sec». _Souvenirs_, p. 194. _Le Temps_, 12 janvier 1881.
69*.--S. D. «J'ai besoin d'un renseignement musical que ma soeur me dit ne pas pouvoir me donner». _Souvenirs_, p. 176.
70*.--S. D. «Mon grand-père avait fait un jour acquisition de deux petits boeufs d'airain». _Souvenirs_, p. 180. Une phrase changée.
71.--S. D. «Voulez-vous, madame, être assez bonne pour me renvoyer les romances de M. Cervini». _Inventaire des Autographes Fillon. Séries V à VIII. Étienne Charavay, 1878. In-8º_, p. 147.
LEVRAULT (Mme), banquier, à Strasbourg.
Trois lettres publiées dans les _Annales de l'Est_, no 4, octobre 1887.
72. Bade, 18 septembre 1834. «Madame, vous avez peut-être déjà reçu du directeur de la _Revue des Deux-Mondes_ un mot d'avis».
73.--Bade, septembre 1834. «Madame, j'ai écrit à Paris pour qu'on me fasse passer quelqu'argent».
74.--Strasbourg, octobre 1834. «Madame, je pars à l'instant et je ne puis vous remercier moi-même».
LISZT (Frantz).
Deux lettres publiées dans _Études et Récits sur Alfred de Musset, par Mme la vicomtesse de Janzé. Plon, 1871. 1 vol. in-12._
75.--20 juin 1836. «Votre lettre, mon ami, m'a fait double plaisir», p. 20.
76.--Novembre 1836. «Je voulais aller vous voir aujourd'hui, mon cher Liszt», p. 192.
MARETTE (Monsieur), à Paris.
77.--31 mars 1840. Billet par lequel il le prie de remettre ses appointements au porteur. _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899.
MÉRIMÉE (Prosper).
78.--1832. «Au moment de terminer mes épreuves, j'ai oublié de vous demander une autorisation». _Revue rétrospective_, 1er mai 1891.
MONTALIVET (le Comte de).
79.--23 octobre 1838. «Monsieur le Comte, permettez-moi de vous témoigner la vive reconnaissance». _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899.
MUSSET (Mme Edmée de), sa mère.
80.--14 septembre 1848. «Je ne pouvais, ma chère mère, recevoir une meilleure nouvelle». _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899, fragment.
MUSSET (Paul de), son frère.
81.--1er décembre 1842. «Je te remercie de tout mon coeur, mon cher ami, de la bonne lettre que tu m'écris». _Biographie d'Alfred de Musset par Paul de Musset. Charpentier, 1877. In-12_, p. 283. Deux coupures.
PÉHANT (Émile), à Nantes.
82.--29 novembre 1854. «Monsieur, je n'avais point oublié votre nom, mais je ne savais pas que vous habitiez Nantes.» _Jeanne la Flamme, par Émile Péhant. Hachette, 1872. In-12_, p. IX.
RENDUEL (Eugène), éditeur.
Deux lettres, publiées dans _Le Romantisme et l'éditeur Renduel_, _par Adolphe Jullien_. _Charpentier, 1897_, 1 vol. in-12.
83.--9 septembre 1832. «Monsieur, je voudrais bien que vous m'écrivissiez franchement», p. 172.
84.--Lundi, 1832. «Voilà qui s'appelle agir d'une façon aimable», p. 174.
SAINTE-BEUVE.
85.--(1829). «Je ne vais pas vous voir, mon ami, c'est que je ne le puis». _Indépendance belge_, 23 mai 1880.--_Revue hebdomadaire_, 1er août 1896.
86.--9 septembre 1829. «Voilà un f... temps pour la chasse, mon ami». _Catalogue de la librairie Detaille_, 1er mai 1887. _Le Pays_, 3 février 1888. _Le Constitutionnel_, 9 février 1888. Longs fragments.
87.--27 avril 1834. «J'ai à vous remercier, mon cher Sainte-Beuve, de l'intérêt». _Cosmopolis_, mai 1896, p. 435.
88.--(Novembre 1834). «Je vous suis bien reconnaissant, mon cher ami, de l'intérêt». _Cosmopolis_, mai 1896, p. 435.
SAND (Mme George).
Les lettres écrites par George Sand à Alfred de Musset sont publiées dans la _Revue de Paris_ du 1er novembre 1896, puis réunies à celles adressées à Sainte-Beuve, à la librairie C. Lévy, 1897. 1 vol. in-12. Celles d'Alfred de Musset à George Sand paraîtront assurément quelque jour; où et quand, je l'ignore. En attendant cette publication, on en trouvera de nombreux extraits dans:
1º _Revue politique et littéraire_ (Revue Bleue), 15 octobre 1892. George Sand et Alfred de Musset, par E. Grenier.
2º _Alfred de Musset par Mme Arvède Barine. Paris, Hachette, 1892._ 1 vol. in-12.
3º _Cosmopolis_, revue internationale, 1er mai et 1er juin 1896. La Véritable Histoire de «Elle et Lui», par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul. Ces deux articles, réunis en volume et considérablement augmentés, ont été publiés à la librairie Calmann Lévy, 1897. 1 vol. in-12.
4º _Revue Hebdomadaire_, 1er août 1896. Un roman vécu à trois personnages, par le docteur Cabanès. Joint à la 2e Série de _Le Cabinet secret de l'histoire_, du même auteur. Librairie A. Charles, 1897. 1 vol. in-8º, orné des portraits de G. Sand et du docteur Pagello, et de fac-similés d'écriture.
5º _La Revue de Paris_, 15 août 1896. Alfred de Musset et George Sand, par M. Clouard. Publié séparément et augmenté. Imprimerie Chaix, 1896. Br. in-8º avec deux portraits de G. Sand, dessinés par Alfred de Musset et un fac-similé, suivi d'un Index bibliographique. Cette notice, jointe au présent volume, renferme de nouveaux documents inconnus jusqu'à ce jour, pris sur les originaux.
J'omets avec intention un livre signé Paul Mariéton. Les textes cités dans cet ouvrage sont, d'une façon générale, absolument inexacts: la _copie_ qui servit à M. Mariéton a été écrite par moi, et lui a été communiquée à mon insu, malgré les promesses faites, par la personne à laquelle je l'avais confiée. Cette copie a été prise sur celle _arrangée_ par George Sand, qui est fort incomplète et présente de grandes différences de texte avec une autre copie qu'on m'affirme avoir été prise sur les originaux.
Je n'entrerai pas ici dans le détail de tous ces extraits et me bornerai à indiquer seulement ce qui est complet.
89.--Août 1834. «Je t'envoie ce dernier adieu, ma bien aimée». _L'Homme Libre_, 14 avril 1877. Très long fragment.
A.--GEORGE SAND. 19 avril 1838. «Mon cher Alfred, j'ai reçu ta lettre la veille de mon départ de Nohant». _Véritable Histoire de «Elle et Lui», etc..._, _1897_, p. 130.
B.--GEORGE SAND. 30 avril 1840. «Elle (la correspondance) est à Nohant, dans un coffre dont j'ai les clefs ici». _Cosmopolis_, mai 1896, p. 445.
C.--GEORGE SAND. Vendredi (mai 1840). «Les lettres sont arrivées. Si vous voulez venir». _Cosmopolis_, mai 1896, p. 445.
SCHOZKO (Mme Olympe).
90.--S. D. «Madame, mon ami Alfred Tattet dîne aujourd'hui avec la M.» _Gazette de Paris_, 12 juillet 1857. Les noms propres sont supprimés.
91.--Février 1836. «Pichrocholine, avez-vous bien dormi?» _Gil Blas_, 26 mai 1880. _L'Événement_, 8 décembre 1897.
SECOND (Albéric).
92.--14 septembre 1848. «Monsieur, les apparences, je le vois, sont trompeuses, car votre sous-préfecture». _La Comédie Parisienne_, 10 mai 1857.
TATTET (Alfred).
93.--12 novembre 1834. «Tout est fini. Si par hasard on vous faisait quelques questions». _La Revue de Paris_, 15 août 1896.
94.--20 juillet 1835. «Votre lettre, mon cher Alfred, est arrivée comme je n'étais pas à Paris». _La Revue de Paris_, 15 août 1896. Deux coupures, relatives à une affaire personnelle à M. A. Tattet.
95.--(1838). «J'apprends, mon cher Alfred, que vous avez manqué plusieurs fois». _La Revue de Paris_, 15 août 1896.
96.--Vendredi, 17 (août 1838). «Tout ce que je puis vous dire, mon cher Alfred». _Le Figaro_, 6 avril 1883. Fragment.
97.--14 mai 1844. «Mon cher ami, je viens d'avoir une fluxion de poitrine». _Le Figaro_, 6 avril 1883. Fragments.
98.--Mirecourt, 18 mai 1845. «Votre lettre est bien aimable, mon cher Alfred». _Le Figaro_, 6 avril 1883 et _La France_, 7 avril 1883. Fragments.
99.--20 août (1845). «Ecce iterum Crispinus. Me voilà à Paris, mon cher Alfred». _La France_, 7 avril 1883. Fragment.
A.--17 octobre 1845. «Mon cher Alfred, parmi les raisons qui m'ont empêché d'aller vous retrouver». Le texte publié dans les _OEuvres Posthumes_ d'Alfred de Musset, p. 234, offre de nombreux changements avec l'original; le _Figaro_, du 6 avril 1883, donne tout le début correctement.
100.--Jeudi, 15 (1848). «Mon cher ami, je trouve ce matin le nom de votre oncle». _Le Figaro_, 6 avril 1883. Fragment.
TATTET (Madame Caroline).
101.--Angers, 6 octobre (1848?) «Madame, je reçois votre très aimable lettre au retour de plusieurs endroits». _Le Figaro_, 6 avril 1883 et _La France_, 7 avril 1883. Fragments.--En entier dans la _Gazette Anecdotique_ du 30 juin 1885, qui l'emprunte au précédent numéro des _Annales Politiques et Littéraires_.
VIGNY (Alfred de).
102.--Mercredi, 20 (octobre 1829). Fragment d'une lettre par laquelle il lui demande un billet pour la première représentation d'Othello.--_Revue des Autographes, no 176. Avril, 1895. Paris, Gab. Charavay_, no 186.
Quatre lettres publiées dans _Études et Récits sur Alfred de Musset_, _par Mme la vicomtesse de Janzé_. _Plon, 1891. 1 vol. in-12._
103.--17 décembre (1829). «Mon cher monsieur, puis-je espérer que vous voudrez bien venir entendre», p. 70.
104.--(19 décembre 1829). «Que vous êtes bon d'être venu», p. 71.
105.--Mercredi (1831). «Je suis comme ces femmes enceintes qui croient toujours», p. 71.
106.--S. D. Fragment: «Une troupe d'oiseaux de passage», p. 73.
107.--6 août 1832. Il le remercie d'une soirée qu'il lui a fait passer chez ses cousines. _Catalogue de lettres autographes. Vente le 15 novembre 1899, hôtel Drouot. Paris, Noël Charavay, 1899. In-8_, no 116. Fragment.
DESTINATAIRES INCONNUS.
108.--S. D. «Madame, j'ai une faveur à vous demander pour un de mes amis». _L'Autographe_, 15 février 1865.
109.--29 août 1854. «Monsieur, il m'est absolument impossible de rien comprendre à l'erreur singulière». _Miscellanées Bibliographiques. Rouveyre, 1878. In-8º_, p. 90.
110.--S. D. Billet à une dame: «Je suis tout à vos ordres, madame, mais vous les donnez de telle façon, que vous me permettrez de remercier avant d'obéir.--Alfred de Musset». _Catalogue de lettres autographes, vente Hôtel Drouot, le 27 novembre 1888. Paris, Ét. Charavay. In-8º_, no 128.
111.--Sous le numéro 1195 des _Nouvelles acquisitions françaises_, est déposé à la Bibliothèque Nationale, à Paris, un paquet cacheté renfermant une correspondance, qui ne devra être ouvert et le contenu publié qu'en 1910.--Voir p. 214.
* * * * *
D'autres lettres d'Alfred de Musset doivent encore avoir été imprimées. Puissent de plus habiles chercheurs les découvrir et les ajouter à cette nomenclature assurément incomplète.
NOTE
Le MUSÉE FRANÇAIS de mars 1858, publie, page 5, le texte de ce billet d'Alfred de Musset à Béranger:
«Je vous aime, d'abord parce que vous vous appelez Béranger; je vous aime aussi et beaucoup, parce que vous avez fait le _Voyage imaginaire_, le voyage de Grèce; j'aime tant les Grecs.
«ALFRED DE MUSSET.»
Ceci a dû être écrit en 1828, mais il faudrait retrouver l'original avant que de l'admettre comme authentique.
ALFRED DE MUSSET
BIBLIOTHÉCAIRE DU MINISTÈRE
ET
LAURÉAT DE L'ACADÉMIE
ALFRED DE MUSSET
BIBLIOTHÉCAIRE DU MINISTÈRE
ET
LAURÉAT DE L'ACADÉMIE
I
En 1838, Alfred de Musset, déjà célèbre comme poète et écrivain dramatique, après les _Contes d'Espagne et d'Italie_, et les trois volumes d'_Un Spectacle dans un Fauteuil_, venait de publier ses contes et ses nouvelles, dans la _Revue des Deux-Mondes_, montrant ainsi une nouvelle face de son talent. Mais cela donnait plus de gloire que de profit: ce que lui rapportaient ses écrits, et la rente qu'il tenait de sa famille assuraient certainement sa vie matérielle; mais l'auteur de _Frédéric et Bernerette_ n'eût pas été mécontent de trouver un emploi qui lui laissât la faculté de travailler à sa guise, et dont les émoluments lui eussent permis de satisfaire toutes ses fantaisies.
Cet emploi vint s'offrir de lui-même: Sa Majesté Louis-Philippe, voulant améliorer les divers services des Bibliothèques de la Maison du Roi, chargea M. Vatout, son bibliothécaire et secrétaire particulier, de les réorganiser[91]. Bien qu'il dût connaître M. Vatout, qui remplissait ces fonctions de secrétaire depuis de longues années et qu'il n'était pas sans avoir rencontré à Neuilly, Alfred de Musset préféra s'adresser à son ancien condisciple, le duc d'Orléans, dont la haute protection ne pouvait lui faire défaut:
--Les journaux annoncent, écrivait-il au duc, que M. Vatout est chargé de la réorganisation des Bibliothèques de la Maison du Roi: «J'ose recourir à la bonté de Votre Altesse et la supplier de me recommander à M. Vatout. J'espère en cette occasion que Votre Altesse Royale me pardonnera de l'importuner et qu'elle ne voudra bien voir dans les demandes que je lui adresse qu'un désir de cultiver, grâce aux bontés de Votre Altesse, des goûts qui ont dirigé toutes mes études et auxquels ma position ne me permet pas de me livrer entièrement[92]».
[91] Le _Moniteur Universel_ du 15 septembre 1839 consacre une notice à M. Vatout. Lors de son admission à l'Académie française, _Le National_, dans son numéro du 7 janvier 1848, publia sur le nouvel immortel les lignes suivantes qui ne sont pas signées: «Monsieur Vatout, directeur des bâtiments civils a été élu aujourd'hui par l'Académie française en remplacement de M. Ballanche..... qu'a donc fait M. Vatout? Il faut bien l'oser écrire enfin! Il a fait deux chansons très gaies, l'une de gaieté de corps de garde, l'autre d'une gaieté de moine: _L'Écu de France_ et _Le maire d'Eu_! C'est avec ces deux calembourgs qu'on s'assied aujourd'hui dans le fauteuil de Bossuet.... On assure que ces agréables ordures ont fait les délices de la cour, à ce point, qu'un personnage dont la voix a coutume de compter, a déclaré qu'il tiendrait pour _ses ennemis personnels_ tous ceux qui refuseraient leurs voix à M. Vatout. L'Académie, dans sa fière indépendance, se l'est tenu pour dit: elle a ouvert ses portes à l'auteur du _Maire d'Eu_ protégé par _L'Ecu de France_.....»
[92] L'original de cette lettre figure au _Catalogue des Autographes de M. Charles Keisner, vente hôtel Drouot, 12 mars 1899, G. Charavay, in-8º_, no 126, qui en cite un fragment.
Le duc d'Orléans avait à coeur de réparer l'accueil déplorable fait par son père au sonnet _Au Roi, après l'attentat de Meunier_; aussi, la réponse ne se fit point attendre, et dans une lettre en date du 22 octobre 1838, M. de Montalivet, en même temps que ses félicitations, adressait à Alfred de Musset copie de l'arrêté suivant:
«_Ministère de l'Intérieur._
«ARRÊTÉ:
«Nous, pair de France, ministre secrétaire d'État au département de l'Intérieur,
«Avons arrêté et arrêtons ce qui suit:
«_Article Ier._--M. Alfred de Musset est nommé Conservateur de la Bibliothèque du Ministère de l'Intérieur, de la collection des médailles et du dépôt des ouvrages publiés à Paris et dans les départements.
«_Art. II._--M. Alfred de Musset jouira en la dite qualité et à partir du 1er novembre prochain, d'un traitement annuel de trois mille francs, qui sera imputé sur le crédit du chapitre 1er du budget de notre ministère.
«_Art. III._--Le Secrétaire Général du Ministère et le chef de division de comptabilité générale, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté.
«Fait à Paris, le 19 octobre 1838.
«MONTALIVET».
La lettre du Ministre était accompagnée d'une lettre de son Secrétaire Général:
«Paris, 22 octobre 1838.
«Monsieur,
«Je ne puis laisser partir la lettre de M. de Montalivet, qui vous annonce votre nomination de Conservateur de la Bibliothèque du Ministère de l'Intérieur, sans y joindre un témoignage de la satisfaction que cette décision m'a fait éprouver. Quand vous viendrez au Ministère, je vous prie de prendre la peine de passer à mon cabinet. Je désirerais causer avec vous de différentes choses relatives à vos nouvelles fonctions.
«Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.
«EDMOND BLANC».
«A monsieur Alfred de Musset.»
Alfred de Musset s'empressa d'adresser ses remerciements au Ministre:
«Paris, 23 octobre 1838.
«Monsieur le Comte,
«Permettez-moi de vous témoigner la vive reconnaissance dont me remplit la lettre pleine de grâce et de bonté par laquelle vous voulez bien me prévenir de la décision que vous venez de prendre à mon égard. Je ne puis répondre à la faveur dont vous m'honorez qu'en vous suppliant de croire que je m'estimerai heureux si mes services peuvent être de quelqu'utilité.
«Veuillez aussi être persuadé, Monsieur le Comte, que si mon travail et mes efforts peuvent jamais me conduire à quelque succès, je n'oublierai en aucune circonstance que c'est à vous que je le devrai.
«Je suis avec le plus profond respect, Monsieur le Comte, votre très humble et très dévoué serviteur.
«ALFRED DE MUSSET».
Cette nomination fit quelque peu crier, parce que c'était encore un rédacteur de la _Revue des Deux-Mondes_, déjà très favorisée, qui en était le bénéficiaire:
«UNE FEUILLE LITTÉRAIRE TRANSFORMÉE EN FEUILLE DES BÉNÉFICES.
«Voici la liste des grâces accordées aux rédacteurs de la _Revue des Deux-Mondes_:
M. Buloz, nommé commissaire royal près le Théâtre Français.
M. Loeve-Weimars, nommé secrétaire d'ambassade.
M. Lerminier, nommé maître des requêtes.
M. Edgard Quinet, nommé professeur de littérature étrangère à la Faculté des Lettres de Rennes.
M. Gustave Planche, nommé professeur de littérature anglaise à la Faculté des Lettres de Bordeaux.
M. Marmier, nommé professeur à la Faculté de Montpellier.
M. Alfred de Musset, nommé Bibliothécaire du Ministère de l'Intérieur.
M. Henri Blaze, attaché à l'ambassade de Danemarck.
On ne dit pas ce qu'a obtenu le portier de l'établissement».