Documents Inédits sur Alfred de Musset

Part 12

Chapter 123,592 wordsPublic domain

Le supplément du _Figaro_ du 13 janvier 1883, ayant de nouveau inséré l'article de A. Scholl, Mme Lardin de Musset, soeur du poète, protesta par une lettre publiée dans le supplément du _Figaro_ du 17 janvier 1883.

Le _Gaulois_ des 4 et 5 décembre 1896, ressuscita la légende de la fille d'Alfred de Musset, et ce fut cette fois Mme Martelet, née Adèle Colin, la fidèle gouvernante, qui protesta dans l'_Éclair_ du 7 décembre, m'attribuant l'enquête faite par M. Létélié, alors que je n'avais fait qu'en rapporter le résultat.

Aujourd'hui, M. Mailloux résume les divers articles écrits à ce sujet, et pour réfutation, se borne à reproduire les pièces mises au jour par M. Létélié.

18 novembre.--Le Temps. Une fille de G. Sand et d'Alfred de Musset, par F. Sarcey.

26 novembre.--Le Gaulois. La propriété des lettres, par Esseytte.

29 novembre.--Le Phare de la Loire (Nantes). Une fille d'Alfred de Musset et de G. Sand, non signé.

15 décembre.--Le Petit Bleu de Paris. Lettres d'amour, par G. Vanor.

F. DE ROBERTO. UNA PAGINA DELLA STORIA DELL'AMORE. Milano, Fratelli Treves, editori. 1898. 1 vol. in-12.

1899

19 janvier.--L'Éclair. Encore Alfred de Musset, G. Sand et le Dr Pagello, par E. Bergerat.

12 février.--Le Journal. Annonce de _Lui, Elle et l'Autre_, ballet de Mascagni.

Mars.--The Glasgow Herald (Glasgow). Annonce d'un ballet de Mascagni.

12-13 mars.--Corriere della Sera (Milan). Anche Giorgio Sand?

16 avril.--The Sunday Sun (Londres). Memories of George Sand by Richard Davey. 1er article.--23 avril, 2e article.

9 mai.--La Métropole (Anvers). Divulgations et Confessions littéraires, par D.

1er juin.--Nouvelle Revue Internationale. G. Sand et Alfred de Musset, par Mme C. Berton.--Reproduit dans la Petite Revue internationale, 28 mai-4 juin, p. 641.

18 juin.--La Fronde. Une Fille de G. Sand et d'Alfred de Musset, le livre de M. Mailloux.

20 juin.--Gil Blas. La rupture de G. Sand et d'Alfred de Musset, d'après Mme C. Berton.

WLADIMIR KARENINE. GEORGE SAND, SA VIE ET SES OEUVRES. 1804-1876. Tomes I et II. Paris, Ollendorff, 1899. 2 vol. in-8.--Tome I, pages 46, 434, 443.--Tome II, p. 1 à 160.

Critiques du livre de Mme Karénine: La Revue de Paris, 1er juillet, couverture.--The Morning Leader (Londres), 1er juillet.--La Liberté, 9 juillet.--Le Temps, 15-16 juillet.--Le Soleil, 27 juillet.--L'Éclair, 8 août.--La Gazette de France, 21 août.--Le Temps, 28 août.--La Lanterne, 5 septembre, etc...

15 juillet.--Revue des Deux-Mondes, p. 441. G. Sand avant 1840, par R. Doumic.

18 juillet.--La Fronde. Les belles amies d'Alfred de Musset, par Mary Summer.

17 août.--Le Soleil. Amours d'artistes, par A. Claveau.

19 août.--Le Gaulois. La vie de G. Sand d'après Mme Karénine.

26 août.--Le Précurseur (Anvers). La vie de G. Sand, par J. Caze.

28 août.--Le Journal. Réponse à Mme Karénine sur G. Sand, Alfred de Musset et Pagello.

1er septembre.--Le Théâtre. Phototypie par A. Bucquet: la scène d'Alfred de Musset et G. Sand dans la _Revue Rétrospective_ du cercle de l'Union Artistique[67].

[67] _La Revue Rétrospective_, en 3 actes et 6 tableaux, précédée d'un prologue, par le marquis Philippe de Massa. Représentée à Paris sur le théâtre du Cercle de l'Union artistique, les 11 et 12 juin 1899. Paris, Cerf, 1899. 1 vol. in-12 orné d'un portrait.

10 septembre.--Le Gaulois. Extrait d'une lettre d'Alfred Tattet à Félix Arvers.

14 octobre.--Le Temps. Une chaumière et un coeur, par A. Brisson.

15 octobre.--Le Républicain de La Fère (Aisne). Note sur un souvenir donné par Alfred de Musset à G. Sand, par Léon Bernard.

25 novembre.--Revue Encyclopédique. G. Sand et Alfred de Musset d'après Mesdames Berton et Arnould-Plessy.

11 décembre.--Le Gaulois. La Dame de Venise, par Tout-Paris.

19 décembre.--L'Écho de Paris. Chronique, par Colomba.

QUELQUES OEUVRES INÉDITES

OU PEU CONNUES

D'ALFRED DE MUSSET

QUELQUES OEUVRES INÉDITES

OU PEU CONNUES

D'ALFRED DE MUSSET

Lorsque la Revue Bleue analysa naguère[68], comme étant d'Alfred de Musset, _Denise_, une nouvelle de son frère Paul[69], un journal a demandé s'il ne serait pas possible de dresser une sorte de liste des oeuvres inédites de l'auteur des _Nuits_. Cela me paraît difficile, car ces oeuvres sont par elles-mêmes d'une nature très complexe.

[68] Livraison du 26 juin 1897.

[69] Publiée dans la _Revue de Paris_ du 2 mai 1841, où elle est signée: «Paul de Musset» et reproduite dans la _Revue pittoresque_ de mai 1845, avec la signature d'Alfred.

Des pièces de vers comme la _Chanson pour la fête de sa mère_, les _Stances à Mlle Z._, sont des souvenirs intimes, restés dans la famille du poète, reliques sacrées qui, par un sentiment facile à comprendre, sont pieusement conservées dans les archives familiales d'où elles ne doivent pas sortir.

D'autres, adressées à des jeunes filles, à des jeunes femmes surtout, poèmes d'amour qui sont demeurés un secret entre celui qui les a écrits et celles qui les ont reçus, sont si soigneusement cachées, quand elles n'ont pas été détruites, qu'il est impossible de les retrouver. Et dans les quelques occasions où le hasard ou une indiscrétion les a fait connaître, donner même des initiales serait compromettre inutilement des réputations jusqu'ici sans tache.

Quant aux essais, aux ébauches de ce que j'appellerai les oeuvres de travail, aux débris de toutes sortes qui ont été retrouvés dans les papiers du poète, où commencer, où finir? Paul de Musset en donne un certain nombre dans la BIOGRAPHIE[70] de son frère:

_La Prêtresse de Diane,_ fragment d'élégie.

_Agnès,_ fragment de poème dramatique, dont une «ballade» est encore inédite.

_Stances à Ninon:_ «Avec tout votre esprit...»

_La Nuit de Juin,_ quatre vers:

Muse, quand le blé pousse, il faut être joyeux. Regarde ces coteaux, et leur blonde parure! Quelle douce clarté dans l'immense nature! Tout ce qui vit ce soir, doit se sentir heureux...

[70] _Biographie d'Alfred de Musset_, par Paul de Musset. Paris, Charpentier, 1877. 1 vol. in-12.

Des Fragments du _Poëte Déchu,_ sorte d'autobiographie, qui, avec «Le Poète et le Prosateur», publié dans les _OEuvres Posthumes_, constituent à peu près tout ce qui reste du manuscrit de l'oeuvre, laissé inachevé par Alfred et lacéré par Paul.

Des stances _A la soeur Marcelline_, incomplètes, mais données en entier dans le FIGARO du 14 mai 1887.

_L'Exercice de nos facultés_, fragment en prose.

_A trente ans_, fragment en prose.

_Judith et Allori_, fragment dramatique, en vers.

Un _Sonnet à sa Marraine_: «Qu'un sot me calomnie...»

Des _Stances à Mme Ristori_.

Une _Chanson:_ «Hélas! Hélas!...»

_Le petit moinillon_, stances à Mlle E. d'A.

Un _Quatrain à Mlle Melesville_, écrit au bas d'un dessin de M. Chenavard, représentant la première rencontre de Petrarque et de Laure, dessin où les deux figures du poète et de sa maîtresse avaient quelque ressemblance avec les traits d'Alfred de Musset et de Mlle Melesville. Il avait été question d'un mariage entre les deux jeunes gens.

A ces fragments, il faut joindre les poésies publiées par les soins de Paul:

_Le 3 mai 1814_, stances. MAGASIN DE LIBRAIRIE, 10 décembre 1859.

_Après la lecture d'Indiana_, poésie. REVUE DES DEUX-MONDES, 1er novembre 1878.

_Variante en vers de: On ne badine pas avec l'amour_, acte I. REVUE NATIONALE, 1er novembre 1861.

Sauf quelques exceptions que nous indiquons plus loin, les fragments demeurés inconnus n'offrent qu'un intérêt secondaire, par suite de leur peu d'étendue ou de l'impossibilité de les rattacher à quelque chose. Bien plus, parmi ces exceptions, se trouvent des satires, des facéties sur le personnage ou l'événement du jour, charges d'atelier ou de salon, faites entre amis, pour passer le temps, «en riant et sans malice ni aversion contre personne», comme Alfred de Musset le déclare lui-même au bas de l'une d'elles, mais qui, connues du grand public, pourraient quelquefois être mal interprétées. Celles qui ne peuvent éveiller aucune idée malveillante ont été publiées:

_L'Anglaise en Diligence_, dans l'ART du 18 février 1883.

Les premières strophes des _Stances burlesques à George Sand_, dans la REVUE DE PARIS du 15 août 1896.

Des fragments de la _Réponse à Ulric Guttinguer_, en vers, dans la GAZETTE ANECDOTIQUE du 30 juin 1891.

_Le Songe du Reviewer_ ou _Buloz consterné_ dans le COURRIER DE PARIS du 19 mai 1857, la PETITE REVUE du 15 juillet 1865, et L'INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS du 10 octobre 1891.

_A une Muse_ ou _Une Valseuse dans le Cénacle romantique_, en partie dans le FIGARO du 4 novembre 1855, et en entier dans le tome I de la CURIOSITÉ LITTÉRAIRE. (Paris, Liseux, 1880. In-12).

Le _Voyage à Pontchartrain_, dans une brochure de M. Lorin: UNE EXCURSION A PONTCHARTRAIN. Rambouillet, 1890. In-8º. C'est un récit humoristique, adressé à Charles Nodier, qui répondit à l'auteur par ces stances célèbres, composées sur le même rythme:

J'ai lu ta vive odyssée Cadencée, etc...

Ajoutez à cela que Mme Lardin de Musset, faisant un nouveau choix après son frère Paul, a publié encore quelques-unes de ces reliques:

_Valentin_, qui n'est autre que l'avant-propos de la nouvelle _Les deux Maîtresses_, dans le GAULOIS du 22 août 1896.

Le _Roman par lettres_, dont plusieurs passages se retrouvent dans FANTASIO, dans le GAULOIS des 17, 18, 19 et 20 juillet 1896[71].

[71] La donnée du roman de George Sand, _Le Secrétaire intime_, écrit en 1834, offre de très grands points de ressemblance avec cette oeuvre d'Alfred de Musset. On retrouve même chez G. Sand le nom de Spark.

Des poésies adressées _A George Sand_, dans la REVUE DE PARIS du 1er novembre 1896.

Restent enfin les communications faites par des tiers, amis ou collectionneurs, qui nous fournissent une nouvelle moisson:

Variantes de _La Coupe et les Lèvres_.--L'ÉVÉNEMENT, 29 novembre 1881.

Moi, je n'ai jamais fait à la nature humaine..., etc...

_Autres Variantes_ du même poème, le VOLTAIRE, 17 mai 1887, que voici, d'après le manuscrit, le texte publié étant peu correct:

Poésie! Harmonie! Amour! Larmes célestes, Que les douleurs de l'homme arrachèrent aux yeux Du vengeur immortel qui les chassa des cieux, Si vous versez parfois, poisons doux et funestes, Le baume de l'oubli sur mes cuisants regrets, Quels trésors ignorés doit recéler une âme Dont le ciel a puisé l'essence à votre flamme? Camp où les feux sacrés ne s'éteignent jamais? Dieu donna la beauté, dont le regard attire A ces êtres divins qu'il créa d'un sourire, Leur fit un front de vierge et de longs yeux voilés Et leur dit en partant: «Allez et consolez!» Mais eux-mêmes souvent, du feu qui les habite, On les voit ici-bas se plaindre et s'étonner, Ne pouvant contenir le rayon qui s'agite, Et qui, venu du Ciel, y voudrait retourner.

[ACTE I, SCÈNE 2].

_Ex Dono_ à un astronome. BIBLIOGRAPHIE ROMANTIQUE, par Charles Asselineau. 2e édit. Paris, Rouquette, 1874. In-8º.

Un _Fragment en Vers_ qui est le début de l'article, en prose, Un Mot sur l'art moderne (publié dans les _Mélanges de Littérature_). ÉCHO DE LA SEMAINE, 24 mai 1896:

Pourquoi la Poésie est-elle morte en France? On dit que le public vit dans l'indifférence, Que le siècle est distrait, que tout meurt aujourd'hui; Bonaparte, à Wagram, était distrait, je pense, Il avait cependant son Ossian avec lui..., etc...

_Stances à Buloz._ La REVUE DE PARIS ET SAINT-PÉTERSBOURG, 15 décembre 1887:

Buloz, ma dernière heure est-elle donc venue? Dois-je enfin vous compter parmi mes ennemis? N'est-il donc rien d'humain au fond d'une revue Et toute charité vous est-elle inconnue, Vous qui disiez jadis être de mes amis, De demander les vers que je vous ai promis?.....

_Quatrain à Gustave Planche._ L'ÉVÉNEMENT, 28 janvier 1886.

_Crayonné sous les Arbres de Louveciennes_, poésie. LA REVUE DE PARIS ET SAINT-PÉTERSBOURG, 25 décembre 1890:

Pour ouïr les antiques Dans mes délires rustiques, Je vais tout droit devant moi...

_Madrigal à Augustine Brohan._ LE NAIN JAUNE, 7 octobre 1877, souvent réimprimé.

_A Pépa_, stances. SOUVENIRS DE Mme JAUBERT. Paris, Hetzel, 1881. 1 vol. in-12.

_Le Comte d'Essex_, plan de tragédie. L'ÉVÉNEMENT, 21 novembre 1885.

_Alliance de la prose et de la poésie._ LE VOLTAIRE, 23 avril 1887.

Alliance de la prose et de la poésie, qui n'est autre chose que celle de la prose et de la versification. Entre les deux limites qui les séparent, un seul esprit français a trouvé une route, celui dont Molière disait: «Le bonhomme vivra plus que nous». C'est la seule fois que Molière se soit trompé; mais le bonhomme allait son chemin, ne se souciant ni de la prose ni de la versification; il était le maître et lorsqu'il s'endormait sous les arbres de Versailles, ses gros souliers pleins d'herbes fleuries, il revenait d'un rêve dans un certain sentier où personne après lui ne passera jamais.

L'ALMANACH DU JOUR DE L'AN, petit messager de Paris pour 1846, publié par J. Hetzel, est un volume in-32, presqu'introuvable aujourd'hui, qui, à la suite des _Vers inscrits dans la cellule no 14_ de la maison d'arrêt de la Garde Nationale (OEuvres Posthumes) donne ce _Quatrain_ inédit:

Dans cette petite chapelle L'ennui ne vient qu'aux ennuyeux. Pense un instant et pars joyeux, Ta maîtresse en sera plus belle.

On peut encore se procurer facilement:

_Un Rêve_, ballade, insérée dans LE PROVINCIAL DE DIJON du 31 août 1828, et réimprimée à la librairie Rouquette. (Paris, 1875. In-8º.)

Les _Variantes de Venise_, écrites pour être mises en musique par Gounod. Choudens, éditeur à Paris.

_L'Habit Vert_, proverbe par Alfred de Musset et Émile Augier, qui a plusieurs éditions à la librairie Michel ou Calmann Lévy et fait partie du THÉÂTRE d'Émile Augier. C'est cette pièce que le CONSTITUTIONNEL et la REVUE DES DEUX-MONDES annonçaient en 1846 sous le titre de _La Montre_.

Les vers écrits _Au bas d'un portrait d'Augustine Brohan_, dans le DÉCAMÉRON DRAMATIQUE, no 5, chez l'éditeur Heugel et qui nous semblent si jolis que nous ne craignons pas de les citer:[72]

J'ai vu ton sourire et tes larmes, J'ai vu ton coeur triste et joyeux, Qui des deux a le plus de charmes? Dis-moi ce que j'aime le mieux: Les perles de ta bouche ou celles de tes yeux?

[72] Ces vers ont été publiés pour la première fois dans le _Journal des Femmes_, du 5 novembre 1850.

Comme cela rentre bien dans «ce bon souvenir d'une amitié qui vaut bien des amours»!

Le PANTHÉON DES ILLUSTRATIONS FRANÇAISES AU XIXe SIÈCLE, par Victor Frond, donne, comme fac-similé d'autographe, ce fragment:

Froide, maigre, légère, une main palpitante Voltigeait sur la table où roulait des flots d'or. Entrons, murmurait-on! Tuons-le, puisqu'il dort! Le vieillard chévrotait dans sa robe sanglante: C'est mon pain quotidien, mon travail, ma sueur. Le toscin répondait: la ville est au pillage! Les enfants de la mort lui fouillent dans le coeur! Les mères, tout en sang, couraient sur le rivage Appelant leurs enfants qui flottaient sur les eaux.

La _Quenouille de Barberine_, comédie en deux actes, contient des passages et des scènes que l'on ne retrouve pas dans _Barberine_, comédie en trois actes. Cette première version de la même pièce se trouve dans toutes les éditions des COMÉDIES ET PROVERBES antérieures à 1852, et la seconde version dans toutes les éditions postérieures.

Le _Chant des Amis_, cantate, paroles de M. Alfred de Musset, musique d'Ambroise Thomas, exécutée à Lille le 21 juin 1852, éditée primitivement chez Gérard, a été réimprimée chez Brandus et se trouve chez les marchands de musique.

Et même, si l'on veut se donner la peine de chercher un peu, il n'est pas très difficile de mettre la main sur la _Dissertation Latine_ qui remporta le 2e prix au Concours général de 1827: «Quæniam sint judiciorum motiva? An cuncta ad unum possint reduci?» dont le texte est imprimé in-extenso dans les ANNALES DES CONCOURS GÉNÉRAUX. _Philosophie. Paris, Hachette, 1828. 1 vol. in-8º_, ainsi que sur les articles de critique au TEMPS, omis dans les oeuvres, parce que Paul de Musset ne sut pas retrouver ces numéros du journal, qui existent cependant à la Bibliothèque de l'Arsenal et ailleurs:

_Exposition du Luxembourg au profit des blessés_, 2e partie, 1er janvier 1831.

_Revue Fantastique_, 2e article, 1er février 1831. -- 5e article, 21 février 1831. -- 6e article, 28 février 1831. -- 13e article, 18 avril 1831. -- 18e article, 30 mai 1831.

Quant à _Alceste_, tragédie qu'Alfred de Musset avait l'intention d'écrire pour Mlle Rachel, elle n'a dû exister qu'à l'état de projet, car Paul de Musset déclare que lui-même n'en a jamais connu que le titre.

Comme on le voit, il y aurait matière à former un volume des plus curieux et d'un réel intérêt, avec ces oeuvres inédites, surtout si l'on y ajoute les pièces sur lesquelles je vais essayer de donner quelques renseignements, n'ayant point qualité pour en publier le texte.

Mais avant d'aller plus loin, j'indiquerai les pièces apocryphes:

La _Satire contre l'Académie_ qui a paru dans la REVUE ANECDOTIQUE des 1er et 15 juin 1857 n'est pas d'Alfred de Musset, mais de Mme Louise Colet. Le 24 juin 1857, Paul de Musset adressa à ce sujet une lettre de protestation au directeur de la GAZETTE DE PARIS, qui l'inséra dans le numéro du 28 juin. La meilleure preuve que je puisse fournir à l'appui de mon dire, est que le manuscrit trouvé dans les papiers du poète était en entier de la main de cette dame.--Le sonnet _Promenade au Jardin des Plantes_ donné par le MONDE ILLUSTRÉ du 9 mai 1857 et le fragment d'une _Comédie en prose_ se passant rue Saint-Honoré, dans l'ÉVÉNEMENT du 29 novembre 1881, sont du même auteur.--La _Branche de Myrthe_ (GRAND JOURNAL, 23 septembre 1866) n'a jamais existé dans LA PSYCHÉ de 1826.--La _Jeune Tarentine_ (REVUE RÉTROSPECTIVE, 1er mai 1891) est de Sainte-Beuve.--Le quatrain d'_Envoi de Denise_ (l'ÉVÉNEMENT, 25 octobre 1878) est de Aurélien Scholl.--_Sur la mort d'un parapluie_, poésie, datée du 5 mars 1849 et dans laquelle il parle de ses collègues de l'Académie Française, où il ne fut reçu qu'en 1852, publiée dans l'ILLUSTRATION du 20 décembre ses collègues de l'Académie Française, où il ne fut reçu 1873, fait plus que me sembler être composée par le signataire de l'article, Philibert Audebrand.--Nous avons dit plus haut quel est l'auteur du conte _Denise_ de la REVUE BLEUE. Pour la _Critique de Notre-Dame de Paris_ dans le TEMPS des 31 mai et 17 juillet 1831[73], le _Paysage Matinal_, sonnet, du VOLEUR du 25 août 1876, et les stances _Ce qu'il me faut_, du NOUVEAU PARNASSE SATIRIQUE (Bruxelles, 1881, in-8º), j'ignore quels en sont les auteurs, mais ce n'est certes pas Alfred de Musset.

[73] Voir: _Alfred de Musset et ses prétendues attaques contre Victor Hugo_, par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul. Paris, Rouveyre, 1878. Br. in-18.

Je citerai enfin comme une simple curiosité six _Poésies Médianimiques_ que M. L. Vavasseur, directeur de la Revue Spirite, a publiées en 1867 dans une plaquette in-18, intitulée: ÉCHOS POÉTIQUES D'OUTRE-TOMBE et une autre pièce du même genre dont M. le Vicomte de Spoelberch de Lovenjoul donne le texte dans son HISTOIRE DES OEUVRES DE TH. GAUTIER (Charpentier, 1887. 2 vol. in-8º, II, p. 311).--LE FIGARO du 17 janvier 1899 donne encore le texte d'une nouvelle poésie médianimique, empruntée au livre de M. Diguet: LES VERS DE L'ESPRIT, RECUEIL DE COMMUNICATIONS TYPTOLOGIQUES.

I

LA NUIT

Alfred de Musset, lorsqu'il était au collège Henri IV, avait été présenté par son condisciple Paul Foucher, dans sa famille, et ce fut ainsi que vers 1822, il fit connaissance de Victor Hugo, qui venait voir sa fiancée, soeur de son ami. Quelques années se passèrent, et lorsqu'un nouveau _Cénacle_ se forma chez M. et Mme Victor Hugo, pour remplacer l'ancien cercle littéraire de la _Muse française_, Alfred de Musset fut l'un des premiers appelés avec Sainte-Beuve, Émile et Antoni Deschamps, Ulric Guttinguer, Louis Boulanger, etc... On lisait force vers, on causait, on discutait; on faisait de longues promenades les soirs d'été, et c'est au lendemain d'une de ces conférences littéraires que le futur poète, qui n'avait encore rien produit, cheminant seul sous les arbres du bois de Boulogne, composa sa première ballade, _La Nuit_:

Quand la lune blanche S'accroche à la branche Pour voir Si quelque feu rouge Dans l'horizon bouge Le soir,

Fol qui dit un conte, Car minuit qui compte Le temps, Passe avec le Prince Des sabbats, qui grince Des dents...

C'était en 1827 ou 1828, et hormis la chanson pour la fête de sa mère (16 novembre 1824) et quelques vers adressés en octobre 1826, à une jeune fille de son âge, Alfred de Musset n'avait encore écrit que ses devoirs de collège.

II

L'ANGLAIS MANGEUR D'OPIUM

L'ANGLAIS MANGEUR D'OPIUM, _traduit de l'anglais par A. D. M._ Tel est le titre de ce petit volume de 221 pages, publié à la librairie Mame et Delaunay-Vallée, en 1828. «Traduit» est certainement exagéré. L'Anglais mangeur d'Opium d'Alfred de Musset n'est ni une traduction ni une imitation, mais une paraphrase du roman anglais de Thomas de Quincey: CONFESSION OF AN ENGLISH OPIUM EATER. D'un trait de plume, le «traducteur» supprime les digressions longues et oiseuses, les qualificatifs répétés, les lourdes discussions qui veulent être pédantes et ne sont qu'ennuyeuses. Là où l'auteur anglais remplit trois pages d'une description, Alfred de Musset poétise et nous rend plus palpable, en trois lignes, le même tableau.

Ce sont bien les mêmes faits, les mêmes idées, la même confession, mais Alfred de Musset n'en a pris que l'essence, et, tout en suivant la donnée du récit, l'a transposé dans son style à lui, en y ajoutant quelques impressions personnelles. En comparant les deux textes, anglais et français[74], je dirai sommairement que Musset a supprimé dans l'ouvrage anglais, en totalité ou peut s'en faut: la notice, les pages 11 à 15, 28 à 30, 55 à 57, 64, 65, 70, 72, 73, 75, 79 à 87, 96, 100, 102, 105, 109, 113, 117, 119, 135 à 144, 149 à 152, 165, 170, 180 à 183 et 187 à 206, sans compter les fragments de phrases retranchés ailleurs; par contre, sont ajoutées, dans le texte français, les pages 133 à 163, sauf la description de la chaumière (p. 136), de la chambre (p. 139) et l'histoire des deux tasses de thé (p. 140-141); le bal, le rendez-vous, l'histoire d'Anna, le duel, sont de son invention, ainsi que la leçon d'anatomie, qui occupe les pages 209 à 216. Cette «leçon d'anatomie» a son importance, non seulement parce qu'elle est entièrement due à la plume d'Alfred de Musset, mais surtout parce qu'elle est le miroir fidèle des impressions qu'il éprouva, lorsque, pendant l'année scolaire 1827-1828, il suivit, à l'École de Médecine, les cours d'anatomie descriptive de M. le docteur Berard[75]; c'est une page de l'histoire de sa vie: