Dictionnaire Raisonne De L Architecture Francaise Du Xie Au Xvi
Chapter 44
Les fourches patibulaires servaient de lieu d'exposition pour les condamnés exécutés en d'autres lieux et qui même n'avaient point été pendus. Les corps des décapités étaient enfermés dans un sac; on exposait aussi aux gibets les suicidés, des mannequins figurant des condamnés par contumace. Le cadavre de l'amiral de Coligny fut suspendu au gibet de Montfaucon par les pieds. L'Étoile rapporte que Catherine de Médicis, «pour repaître ses yeux, l'alla voir un soir et y mena ses fils, sa fille et son gendre.» Depuis lors ces fourches patibulaires ne servirent guère aux exécutions ou expositions. Sauval cependant dit y avoir encore vu des cadavres, bien qu'alors cet édifice fût en ruines.
Les fourches patibulaires ne servaient pas seulement à pendre des humains, on y suspendait aussi des animaux, et notamment des porcs, condamnés à ce genre de supplice à la suite de jugements et arrêts rendus pour avoir dévoré des enfants. (Voy. à ce sujet la brochure de M. E. Agnel, _Curiosités judiciaires et historiques du moyen âge_. Paris, 1858. Dumoulin.) En cas pareil, les formalités judiciaires du temps étaient scrupuleusement suivies, et, comme il était d'usage de pendre les condamnés vêtus de leurs habits, on habillait les animaux que l'on menait au gibet. «En 1386, une sentence du juge de Falaise condamna une truie à être pendue pour avoir tué un enfant. Cette truie fut exécutée sur la place de la ville, en habit d'homme...[579]»
En 1314[580], un taureau qui avait tué un homme fut jugé et pendu aux fourches patibulaires de Moisy-le-Temple. Il y eut appel de la sentence. Le jugement fut trouvé équitable; mais il fut décidé que le comte de Valois n'avait aucun droit de justice sur le territoire de Moisy, et que les officiers n'auraient pas dû y instrumenter[581].
[Note 562: _Droits et usages_, p. 165.]
[Note 563: Collect. de chartes et diplômes, boîte 267.]
[Note 564: Renseignements fournis par M. Achard, archiviste de la préfecture de Vaucluse.]
[Note 565: _Des anciennes fourches patibulaires de Montfaucon_, par A. de Lavillegille. Paris, 1836. Techener.]
[Note 566: _Comptes et ordinaires de la prévôté de Paris_. (Sauval, t. III. p. 481.)]
[Note 567: _Traité des seigneuries_.--Jacquet, _Traité des justices_.]
[Note 568:
À chascun le sien, c'est justice: À Paris, seize quarteniers: À Montfaucon seize pilliers, C'est à chacun son bénéfice.
Seize, Montfaucon vous appelle, À demain, crient les corbeaux, Seize pilliers de sa chapelle Vous seront autant de tombeaux.
(_Satyre Ménippée_.)]
[Note 569: _Des anciennes fourches patibulaires de Montfaucon_, par A. de Lavillegille.]
[Note 570: _Arch. de l'Empire. Sect. dom._ S. 216. Titres du fief du Cens commun que possédait autrefois le chapitre de Notre-Dame de Paris.]
[Note 571: Voy. le plan de Verniquet.]
[Note 572: Gaguin. _Grandes chroniques de France_.]
[Note 573: _Comptes et ordinaires_. (Sauval, t. III, p. 533.)]
[Note 574: Tapisserie de l'Hôtel de ville, vue de l'hôpital Saint-Louis, 1641, Châtillon Châlonnais. Vue de l'hôpital Saint-Louis, Pérelle.]
[Note 575: _Chroniques_, ch. XIII.]
[Note 576: _La Repeue faicte auprès de Montfaulcon_. Poésie attribuée à Villon. Édit. Jannet, p. 292. 1854.]
[Note 577: _Les anciennes Fourches patibulaires_, p. 38.]
[Note 578: Sauval, t. II, p. 612.--Félibien, t. I, p. 564. Pièces justificatives B.]
[Note 579: _Curiós. judic._ M. E. Agnel.]
[Note 580: Carlier. _Histoire du duché de Valois_, t. II, p. 207.]
[Note 581: Saint-Foix. _Essais hist. sur Paris_, t. V, p. 100. 1776.]
FRISE, s. f. Ornement courant, remplissant une assise horizontale sous un bandeau, sous une corniche. Dans l'architecture romaine, on entend par _frise_ l'assise unie ou décorée qui se trouve comprise entre l'architrave et la corniche. L'architecture du moyen âge, n'employant plus l'entablement des ordres antiques, ne possède pas, à proprement parler, de frises. Toutefois on donne le nom de _frises_, dans l'architecture romane ou l'architecture gothique, à des bandeaux, lorsque ceux-ci sont décorés de sculptures (voy. BANDEAU, CORNICHE, SCULPTURE).
FÛT, s. m. Partie de la colonne comprise entre la base et le chapiteau (voy. COLONNE, COLONNETTE, CONSTRUCTION).
FIN DU TOME CINQUIÈME.
TABLE PROVISOIRE DES MOTS CONTENUS DANS LE TOME CINQUIÈME.
D
Dais Dallage --employé comme couverture Dalles Damier Dauphin Décoration Délit Dent-de-scie Devis Diable Dieu Dôme Donjon Dormant Dortoir Dosseret Douelle
E
Ébrasement Écailles Échafaud Échauguette Échelle Échiffre École Écu Église personnifiée Église Égoût Embrasure Enceinte Enclosure Encorbellement Enduit Enfer Engin Enrayure Entrait Entrée Entrelacs Entre-sol Entre-toise Épannelage Éperon Épi Escalier Eschif Escoperche Estaches Étai Étançon Étayement Étonné Étrésillon Étuve Évangélistes Évangile Évêché Évier Extrados
F
Fabliau Façade Faîtage Faîte Faîtière Fanal Fenêtre Ferme (Constructions rurales) Ferme (Terme de charpenterie) Fermeture Ferrure Feuillure Fichage Ficher Filet Fixé Flèche Fleur Fleuron Flore Fondation Fontaine Fonts (Baptismaux) Formeret Fossé Four Fourches patibulaires Frise Fût
FIN DE LA TABLE PROVISOIRE DU TOME CINQUIÈME.