Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 1 - (A)

Part 47

Chapter 473,389 wordsPublic domain

[Note 182: On a vu plus haut que les remparts d'Aigues-Mortes sont également, sur un front, flanqués de tours carrées, et nous ne devons pas oublier qu'ils furent élevés par le Génois Boccanegra. Cependant l'enceinte de Paris, rebâtie sous Charles V, était également flanquée de tours barlongues, mais l'enceinte de Paris ne passa jamais pour très-forte. Les tours carrées appartiennent plutôt au midi qu'au nord de la France; les remparts de Cahors, qui datent des XIIe, XIIIe et XIVe siècles, présentent des tours carrées d'une belle disposition défensive; les remparts des villes du comtat Venaissin sont garnis généralement de tours carrées qui datent du XIVe siècle. Ainsi que la plupart des villes de Provence et des bords du Rhône, Orange était munie de tours carrées construites à la fin du XVe siècle. Les Normands et les Poitevins, jusqu'au moment de la réunion de ces provinces au domaine royal, c'est-à-dire jusqu'au commencement du XIIIe siècle, paraissent avoir, de préférence, adopté la forme carrée dans la construction de leurs tours et donjons. La plupart des anciens châteaux bâtis par les Normands en Angleterre et en Sicile, présentent, des défenses rectangulaires (voy, TOUR, DONJON).]

[Note 183: Escalade au moyen d'échelles.]

[Note 184: Nous donnons ici le plan du château de Vincennes, parce qu'on peut considérer cette forteresse plutôt comme une grande place d'armes, une enceinte fortifiée, que comme un château dans l'ancienne acception du mot. Nous y revenons, du reste, dans les mots CHÂTEAU, DONJON. En E sont les deux seules entrées de l'enceinte qui étaient défendues par des ouvrages avancés et deux hautes tours barlongues; en A est le donjon entouré d'un mur d'enceinte particulier, d'une chemise B. Un très-large fossé revêtu C protége ce donjon. En K sont les fossés de l'enceinte, dont la contrescarpe est également revêtue et l'a toujours été. F est la chapelle et G le trésor; D le pont qui donne accès au donjon, H et I des logements et écuries (voy. _Vues des maisons royales et villes_, Israël Sylvestre, in-f°. Nous n'avons extrait du plan donné par Israël que les constructions antérieures au XVIe siècle; il devait, pendant les XIVe et XVe siècles, en exister beaucoup d'autres, mais nous n'en connaissons plus ni la place ni la forme).]

[Note 185: Le petit côté du parallélogramme de l'enceinte, compris la saillie des tours, a 212 mètres.]

[Note 186: «Il n'est nul home, tant fut présent à celle journée, ni eut bon loisir d'aviser et imaginer toute la besogne ainsi qu'elle alla, qui en sçut ni put imaginer, ni recorder la vérité, espécialement de la partie des François, tant y eut povre arroy et ordonnance eu leurs conrois; et ce que j'en sais, je l'ai sçu le plus par les Anglois, qui imaginèrent bien leur convenant, et aussi par les gens de messire Iean de Haynaut, qui fut toujours de-lez le roy de France. Les Anglois qui ordonnés étoient en trois batailles, et qui séoient jus à terre tout bellement, sitôt qu'ils virent les François approcher, ils se levèrent moult ordonnément, sans nul effroi, et se rangèrent en leurs batailles (divisions), celle du prince tout devant, leurs archers mis en manière d'une herse (forment une ligne dentelée de manière à ne pas se gêner les uns les autres pendant le tir), «et les gens d'armes au fond de la bataille. Le conte de Narhantonne et le conte d'Arondel et leur bataille, qui faisoient la seconde, se tenoient sur aile bien ordonnément, et avisés et pourvus pour conforter le prince, si besoin étoit. Vous devez savoir que ces seigneurs, rois, ducs, contes, barons françois, ne vinrent mie jusques là tous ensemble, mais l'un devant, l'autre derrière, sans arroy et sans ordonnance. Quand le roi Philippe vint jusques sur la place où les Anglois étoient près de là arrêtés et ordonnés, et il les vist, le sang lui mua, car il les héoit; et ne se fut adonc nullement réfréné ni abstenu d'eux combattre, et dit à ses mareschaux: «Faites passer nos Gennevois devant et commencer la bataille, au nom de Dieu et de monseigneur saint Denys.» Là avoit de cesdits Gennevois arbalétriers, environ quinze mille qui eussent eu aussi cher néant que commencer adonc la bataille; car ils étoient durement las et travaillés d'aller à pied ce jour plus de six lieues, tous armés, et de leurs arbalètres porter; et dirent adonc à leurs connétables qu'ils n'étoient mie adonc ordonnés de faire grand exploit de bataille; ces paroles volèrent jusques au conte d'Alençon, qui en fut durement courroucé et dit: «On se doit bien charger de telle ribaudaille qui faillent au besoin...»

...Quand les Gennevois furent tous recueillis et mis ensemble, et ils durent approcher leurs ennemis, ils commencèrent à crier si très-haut que ce fut merveilles, et le firent pour ébahir les Anglois: mais les Anglois se tinrent tous cois, ni onques n'en firent semblant. Secondement encore crièrent eux aussi, et puis allèrent un petit pas en avant: et les Anglois restoient tous cois, sans eux mouvoir de leur pas. Tiercement encore crièrent moult haut et moult clair, et passèrent avant, et tendirent leurs arbalètres et commencèrent à traire. Et ces archers d'Angleterre, quand ils virent cette ordonnance, passèrent un pas en avant, et puis firent voler ces sagettes de grand'façon, qui entrèrent et descendirent si ouniement sur les Gennevois que ce sembloit neige. Les Gennevois, qui n'avoient pas appris à trouver tels archers qui sont ceux d'Angleterre, quand ils sentirent ces sagettes qui leur perçoient bras, têtes et ban-lèvres (le visage), furent tantost déconfits; et coupèrent les plusieurs les cordes de leurs arcs et les aucuns les jetoient jus: si se mirent ainsi au retour.

Entre eux et les François avoit une grand'-haie de gens d'armes, montés et parés moult richement, qui regardoient le convenant des Gennevois; si que quand ils cuidèrent retourner, ils ne purent, car le roy de France, par grand mautalent, quand il vit leur povre arroy, et qu'ils déconfisoient ainsi, commanda et dit: «Or tôt, tuez toute cette ribaudaille, car ils nous empêchent la voie sans raison.» Là vissiez gens d'armes en tous lez entre eux férir et frapper sur eux, et les plusieurs trébucher et cheoir parmi eux, qui onques ne se relevèrent. Et toujours traioient les Anglois en la plus grand'presse, qui rien ne perdoit de leur trait; car ils empalloient et fesoient parmi le corps ou parmi les membres gens et chevaux qui là chéoient et trébuchoient à grand meschef, et ne pouvoient être relevés, si ce n'était par force et grand'aide de gens. Ainsi se commença la bataille entre Broye et Crécy en Ponthieu, ce samedi à heure de vespres.» (Froissart, _Bataille de Crecy_, ch. 287.)]

[Note 187: Ainsi nommés parce qu'ils portaient une casaque de maille appelée _brigantine_.]

[Note 188: Voy. _Étud. sur le passé et l'avenir de l'artillerie_, par le P. Napoléon-Louis Bonaparte, t. Ier, p. 16 et suiv.]

[Note 189: À Crécy.]

[Note 190: Fils de Philippe de Valois, le roi Jean, pris à Poitiers.]

[Note 191: La suite de la narration indiqne que ces _kas_ étaient des beffrois ou chas-chateils.]

[Note 192: Conformément au projet.]

[Note 193: Engin à contre-poids propre à lancer de grosses pierres.]

[Note 194: Froissart, chap. 262, édit. Buchon.]

[Note 195: De chaume.]

[Note 196: Contre leurs attaques.]

[Note 197: Froissart, ch. 318, édit. Buchon.]

[Note 198: Le récit de Froissart n'est pas conforme à la lettre du roi, d'après ce chroniqueur, le roi Édouard aurait refusé le cartel de Philippe. Disant qu'il n'avait qu'à venir le trouver dans son camp.]

[Note 199: Froissart, chap, 324, édit, Buchon.]

[Note 200: Nulle place forte ne résistait à du Guesclin; il savait entraîner ses soldats, et prenait presque toutes les villes et châteaux en brusquant les attaques. Il avait compris que les fortifications de son temps ne pouvaient résister à une attaque conduite sans hésitations, avec vigueur et promptitude. Il donnait l'assaut en jetant un grand nombre de soldats braves et bien armés, munis de fascines et d'échelles, sur un point, les faisait appuyer par de nombreux arbalétriers et archers couverts, et formant une colonne d'attaque d'hommes dévoués, il perdait peu de monde en agissant avec vigueur et promptitude. Au siége de Gingamp:

«Des arbres et de boiz et de buissons ramez Ont les fiers assaillants rempliz les grans fossez; En .II. lieux ou en plus est de merrien rasez. À la porte est venus Bertran li alosez, Et crioit hault: «Guesclin! or tost lassus montez! Il convient que je soie là-dedens ostelez.» Eschielles ont drécies comme fiers et osez; Là véissez monter celle gens bacelez Et porter sur leur chief grans huis, qui sont bendez, Fenestres et escus qui estoient nervez, Pour la doubte des pierres qui giétent à tous lez Cilz qui furent dedens furent espoantez: Aux crénaux ne s'osoient amonstrer, ce créez, Pour le trait qui venoit, qui doit estre doubtez Li chastelains estoit en on donjon montez, Et regarde assaillir ces bourjois alosez, Qui d'assaillir estoient tellement eschaufez Qu'il ne doubtent la mort la monte de .II. dez.»

(_Chronique de Bertrand du Guesclin_, vers 3149 et suiv.)

Du Guesclin n'employait pas ces tours mobiles, ces moyens lents, dispendieux et difficiles d'attaque; il ne se servait guère que des engins offensifs; il employait la mine, la sape, et c'était toujours avec cette activité, cette promptitude, cette abondance de ressources et ce soin dans les menus détails, qui caractérisent les grands capitaines.

Il investit le donjon de Meulan:

«Li chastelains estoit en sa tour demourant: Si fort estoit la tour qui n'aloit rien doubtant. Bien pourvéu furent en a ou tamps de devant, De pain, de char salée et de bon vin friant Pour vivre .XV. mois ou plus en .I. tenant. . . . . . . . . . . . . . . Bertran en est alez au chastelain parler, Et li requist la tour, qui li veille livrer, Et qui la rende au duc, qui tant fait à loer. «Tout sauvement, dit-il, je vous lerai aler.» Et dist li chastelains: «Foi que doi S. Omer! Ainçois qu'en ceste tour vous puissiez hosteler, Vous conviendra, je croi à prendre à haut voler. . . . . . . . . . . . . Bertran du Guesclin fist fort la tour assaillir; Mais asaut ne les fist de rien nulle esbahir: Bien furent pourvéu pour longuement tenir. Adonc fist une mine et les mineurs fouir, Et les faisoit garder, c'on ne les puit honnir; Et les mineurs pensèrent de la mine fornir, La terre font porter et la mine tenir, Si que cil de la tour ne les purent véir. Tant minèrent adonc, ce sachiez sans faillir, Que par-desoubz les murs pueent bien avenir. Dessouz le fondement font la terre ravir, Alors eschanteillons (étançons) la tirent soustenir, Grans, baux, fors et pesans y ont fait establir. Dont vinrent li mineur sans point de l'alentir, Et dirent à Bertran: «Quand vous arez desir, Sire, nous vous ferons ceste tour-ci chéir.» --«Or tost, ce dit Bertran, il me vient à plaisir; Car puisque cil dedens ne veulent obéir, Il est de raison c'on les face morir.» Li mineur ont bouté à force et à bandon Le feu dedens la mine, à lors division. Li bois fu très-bien oint de graisse de bacon: En l'eure qu'il fut ars, si con dit la chançon, Chéi la haute tour liinsi qu'à .I. coron. . . . . . . . . . . . . »

(_Chronique de Bertrand du Guesclin_. vers 3956 et suiv.)]

[Note 201: C'est surtout pendant le XIVe siècle que s'organisèrent d'une manière régulière les corporations d'arbalétriers et d'archers dans les villes du nord. Par une ordonnance datée du mois d'août 1367, Charles V institue une connétablie ou compagnie d'arbalétriers dans la ville de Laon. Le roi nomma pour trois ans Michauld de Laval connétable de cette compagnie. «Dans la suite, dit l'article 1er de cette ordonnance, les arbalestriers esliront de trois en trois ans un connestable à la pluralité des voix. Michauld de Laval, avec le conseil des cinq ou six des plus experts au jeu de l'arbaleste, choisira les vingt-cinq arbalestriers qui doivent composer la compagnie. Les arbalestriers obéiront au connestable, dans ce qui reguarde leurs fonctions, sous poine d'une amende de six sols.»

L'article 2 porte: «Le roi retient ces arbalestriers à _son service_, et il les met sous sa sauve-garde.»--Suivent des articles qui établissent certains priviléges en faveur de la compagnie, tels que l'exemption de tous impôts et tailles, à l'exception «de l'aide establie pour la rançon du roi Jean.»

Le même roi institue une compagnie de vingt arbalétriers à Compiègne.

En 1359 est organisée à Paris la corporation des arbalétriers au nombre de deux cents; par une ordonnance datée du 6 novembre 1373, Charles V fixe ce nombre à huit cents. Ces arbalétriers qui appartenaient à la classe bourgeoise et ne faisaient pas leur métier des armes, ne pouvaient quitter leur corporation pour servir dans l'armée ou ailleurs, sans l'autorisation du prévost de Paris et du prévost des marchands. Lorsque ces magistrats menaient les arbalétriers faire un service hors la banlieue de Paris, hommes et chevaux (car il y avait arbalétriers à cheval et à pied) étaient nourris; chaque homme recevait en outre trois sols par jour, leur connétable touchait cinq sols aussi par jour: le tout aux frais de la ville.

Par lettres patentes du 12 juin 1411, Charles VI ordonna qu'une confrérie d'archers, composée de cent vingt hommes, serait établie à Paris; que ces cent vingt archers seraient choisis parmi les autres archers qui existaient déjà; que cette confrérie serait spécialement chargée de garder la personne du roi et de la défense de la ville de Paris...

Charles VII, par lettres patentes du 22 avril 1448, institua les _francs-archers_ pour servir en temps de guerre. Pour la formation de ce corps privilégié on choisit dans chaque paroisse des hommes robustes et adroits, et parmi les habitants aisés, parce que ces francs-archers étaient obligés de s'équiper à leurs frais ou, à défaut, aux dépens de la paroisse. Le chiffre du contingent était à peu près d'un homme par cinquante feux. (_Recherches hist. sur les corpor. des archers, des arbalétriers et des arquebusiers_, par Victor Fouque, 1852, Paris.)]

[Note 202: L'armée anglaise avait du canon à la bataille de Crécy. Dès 1326, la ville de Florence faisait faire des canons de fer et de métal. (_Bibl. de l'école des Chartes_, t. VI, p. 50.) En 1339, deux chevaliers, les sires de Cardilhac et de Bieule, reçoivent du maître des arbalétriers de la ville de Cambrai «dis canons, chinq de fer et chinq de métal» (probablement de fer forgé et de métal fondu), «liquel sont tout fait don commandement dondit maistre des arbalestriers par nostre main et par nos gens, et qui sont en la garde et en la deffense de la ville de Cambray.» _Original parchemin, parmi les titres scellés de Clairambault_, vol. XXV, fol. 1825. _Bibl. de l'école des Chartes_, t. VI, p. 51. «...Pour salpêtre et suffre viz et sec achetez pour les canons qui sont à Cambray, onze livres quatre soolz. III. den. tournois.» _Ibid._ voy. _l'article de M. Lacabane_, même vol. p. 28.]

[Note 203: _Étud. sur le passé et l'avenir de l'artillerie_, par L. Napoléon Bonaparte, présid. de la Républ., t. II, p. 96.]

[Note 204: Déposition du duc d'Alençon. Michelet, _Hist. de France_, t V, p. 99.]

[Note 205: Les trébuchets, pierriers, mangonneaux lançaient des boulets de pierre; il était naturel, lorsqu'on changea le mode de projection, de conserver le projectile.]

[Note 206: Voy. le siége d'Orléans, en 1428. Nous revenons sur les travaux exécutés par les Anglais pour battre et bloquer la ville.]

[Note 207: Au siége de Caen, en 1450: «Puis après on commença du costé de monseigneur le connestable à faire des approches couvertes, et descouvertes, dont le Bourgeois en conduisait une, et messire Jacques de Chabannes l'autre; mais celle du Bourgeois fut la première à la muraille, et puis l'autre arriva, et fut minée la muraille en l'endroict. En telle manière que la ville eut esté prinse d'assault, si n'eust été le roy, qui ne le voulut pas, et ne voulut bailler nulles bombardes de ce costé; de peur que les Bretons n'assaillissent.» _Hist. d'Artus III, duc de Bretaigne et connest. de France, de nouveau mise en lumière_, par T. Godefroy, 1622.

Au siége d'Orléans, 1429: «Le jeudy, troisième jour de mars, saillirent les François, au matin, contre les Anglois, faisant pour lors un fossé pour aller à couvert de leur boulevert de la Croix-Boissée à Saint-Ladre d'Orléans, afin que les François ne les peussent veoir ne grever de canons et bombardes. Celle saillie fist grand dommage aux Anglois, car neuf d'eux y furent prins prisonniers; et outre, en y tua «Maistre-Jean d'une coulevrine cinq à deux coups.» _Hist. et discours du siége qui fut mis devant la ville d'Orléans_ (Orléans 1611).]

[Note 208: «... Et fut mis le siége à Cherbourg. Et se logea mon dict seigneur d'un costé, et monseigneur de Clermont de l'autre. Et l'admirat de Coitivi, et le marschal, et Joachim de l'autre costé devant une porte. Et y fut le siège bien un mois, et y furent rompues et empirées neuf ou dix bombardes que grandes que petites. Et y vinrent les Anglois par mer, entre autres une grosse nef nommée la nef Henry, et y commença un peu de mortalité, et y eut monseigneur bien à souffrir, car il avoit toute la charge. Puis feit mettre quatre bombardes devers la mer en la grève quand la mer estoit retirée. Et quand la mer venoit, toutes les bombardes estoient couvertes, manteaux et tout, et estoient toutes chargées, et en telle manière habillées, que dès ce que la mer estoit retirée on ne faisoit que mettre le feu dedans, et faisoient aussi bonne passée comme si elles eussent esté en terre ferme.» _Hist. d'Artus III, ibid._, p. 149.]

[Note 209: «Durant les festes et service de Noël, jettèrent d'une partie et d'autre, très-fort et horriblement, de bombardes et canons; mais surtout faisoit moult de mal un coulevrinier natif de Lorraine, estant lors de la garnison d'Orléans, nommé _maistre_ _Jean_, qu'on disoit estre le meilleur maistre qui fust lors d'iceluy mestier, et bien le montra: car il avoit une grosse coulevrine dont il jettoit souvent, estant dedans les piliers du pont, près du boulevert de la Belle-Croix, tellement qu'il en tua et bléça moult d'Anglois.» _Hist. et discours au vray du siége qui fut mis devant la ville d'Orléans_ (Orléans 1611).

«... Celuy jour (pénultième du mois de février 1429), la bombarde de la cité pour lors assortie à la croche des moulins de la poterne Chesnau, pour tirer contre les tournelles, tira tant terriblement contre elles, qu'elle en abbatit un grand pan de mur.» _Ibid._

«Les François conclurent ledit chastel de Harecourt d'engin et du premier coup qu'ils jetèrent percièrent tout outre les murs de la basse-cour qui est moult belle à l'équipolent du chastel qui est moult fort.» Alain Chartier, pag. 162. Ann. 1449.]

[Note 210: Copié sur des vignettes du manuscr. de Froissart, XVe siècle. Bibl. Impér., n° 8320, t. I. Les canons (fig. 43) se trouvent dans les vignettes intitulées: _Comment le roy d'Angleterre assiégea la cité de Rains... Comment la ville de Duros fut assiégée et prinse d'assault par les François._ Ces canons étaient fabriqués dans l'origine au moyen de bandes de fer forgé réunies comme les douves d'un tonneau et cerclées par d'autres bandes de fer cylindriques; lorsqu'ils étaient de petit calibre, ils étaient ou forgés ou fondus en fer ou en cuivre (voy. ENGIN).]

[Note 211: Ces figures sont tirées du manuscrit de Froissart, déjà cité. Un des arbalétriers (46) est _pavaisé_, c'est-à-dire qu'il porte, sur son dos, un large pavois attaché à une courroie; en se retournant pour bander son arbalète, il se trouvait ainsi garanti contre les traits ennemis. L'anneau en fer, adapté à l'extrémité de l'arbalète, servait à passer le pied lorsqu'on faisait agir le cranequin pour bander l'arc.]

[Note 212: Ce plan est tiré de la _Topographie de la Gaule_, éd. de Francfort; Mérian, 1655. La majeure partie de ces fortifications existent encore.]

[Note 213: L'ouvrage avancé indiqué sur ce plan a été remplacé par une défense moderne importante, à cheval sur la route venant de Dijon.]

[Note 214: Cette tour s'appelle aujourd'hui _tour du Marché_. Nous donnons le seul étage qui soit conservé, c'est l'étage inférieur. Le plan est à l'échelle de 0,00175 p. m.]

[Note 215: Nous devons à M. Millet, architecte attaché à la Commission des monuments historiques, les dessins de cet ouvrage de défense.]

[Note 216: Les courtines voisines datent du XIIIe siècle. C'est à M. Abadie que nous devons le relevé fort exact de cet ouvrage de défense.]

[Note 217: Voy. TOUR, MEURTRIÈRE]

[Note 218: Nous empruntons ce passage au _Précis historique de l'influence des armes à feu sur l'art de la guerre_, par le prince Louis-Napoléon Bonaparte, présid. de la Républ., p. 103. (Ext. de la _Chronique_ de Molinet, t. V, ch. CCLXXXIII, p. 42.)]

[Note 219: C'est le nom qu'on donne aux parties du parapet comprises entre les créneaux ou embrasures.]

[Note 220: _Comment._ du maréc. de Montluc; édit. Buchon, p. 142.]