Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 1 - (A)
Part 46
[Note 130: Végèce, lib. IV. cap. III, tit. _Quemadmodunt muris terra jungatur egesta_.]
[Note 131: _Annales de la ville de Toulouse_, Paris, 1771, t. 1, p. 436.]
[Note 132: Ces tours ont été dénaturées en partie au commencement du XIIe siècle et après la prise de Carcassonne par l'armée de saint Louis. On retrouve cependant sur divers points traces de ces interruptions entre la courtine et les portes des tours.]
[Note 133: Cette poterne existe encore placée ainsi à côté d'une tour et protégée par son flanc (voy. POTERNE).]
[Note 134: Voir le plan de Rome.]
[Note 135: _Capdhol_, _capitol_, en langue d'oc.]
[Note 136: Haimonis _Comment. in Ezech._, Bibl. Imp., manusc. du Xe siècle, F. de Saint-Germain, latin, 303.]
[Note 137: Bible, n°6, t. III, Bibl. Imp., anc. F. latin, manusc. du Xe au XIe siècle. Nous devons ces deux calques à l'obligeance de M. A. Darcel.]
[Note 138: «.. Figurez un siége en forme contre elle, des forts. des levées de terre, une armée qui l'environne, et des machines de guerre autour de ses murs... Prenez aussi une plaque de fer, et vous la mettrez comme un mur de fer entre vous et la ville: puis regardez la ville d'un visage ferme...,» etc. (Ezéchiel, chap. IV, vers. 2 et 3.) Ezéchiel tient en effet la plaque de fer, et autour de lui sont des béliers.]
[Note 139: «Ung soir advint, que les Turcs amenerent ung engin, qu'ils appelloient la Pierriere, un terrible engin à mal faire: et le misdrent vis-à-vis les chaz-chateilz, que messire Gaultier de Curel et moy guettions la nuyt. Par lequel engin ilz nous gettoient le feu gregois à planté, qui estoit la plus orrible chose, que onques jamés je veisse... La maniere du feu gregois estoit telle, qu'il venoit bien devant aussi gros que ung tonneau, et de longueur la queuë enduroit bien comme d'une demye canne de quatre pans. Il faisoit tel bruit à venir, qu'il sembloit que ce fust fouldre qui cheust du ciel, et me sembloit d'ung grant dragon vollant par l'air, et gettoit si grant clarté, qu'il faisoit aussi cler dedans nostre ost comme le jour, tant y avoit grant flamme de feu. Trois foys cette nuytée nous getterent ledit feu gregois o ladite perriere, et quatre foiz avec l'arbaleste à tour.» (Joinville, _Histoire de saint Louys_, édit. Du Cauge, 1668.)]
[Note 140: _Hist. de la croisade contre les hérétiques albigeois_, écrite en vers provençaux, publ. par M. C. Fauriel. Coll. de docum. inéd. sur l'Hist. de France, 1re série, et le manusc. de la Bibl. Imp. (fonds La Vallière, n°91). Ce manuscrit est d'un auteur contemporain, témoin oculaire de la plupart des faits qu'il raconte; l'exactitude des détails donne à cet ouvrage un grand intérèt; nous signalons à l'attention de nos lecteurs la description de la _gate_ et de sa marche par _petits sauts_ «entrel mur el castel ela venc de sautetz,» qui peint avec énergie le trajet de ces lourdes charpentes roulantes s'avançant par soubresauts. Pour insister sur ces détails, il faut avoir vu.]
[Note 141: Le sire de Joinville, _Hist. du roi saint Louys_, édit. 1668. Du Cange, p. 37. Dans ses observations, p. 69, Du Cange explique ainsi ce passage: «Le roy saint Louys fit donc faire deux beffrois, ou tours de bois pour garder ceux qui travailloient à la chaussée: et ces beffrois étoient appellés _chats-chateils_, c'est-à-dire _cati castellati_, parce qu'au dessus de ces chats, il y avoit des espèces de châteaux. Car ce n'étoit pas de simples galeries, telles qu'estoient les chats, mais des galeries qui étoient défendues par des tours et des beffrois. Saint Louys en l'épistre de sa prise, parlant de cette chaussée: _Saraceni autem è contra totis resistentes conatibus machinis nostris quas erexeramus, ibidem machinas opposuerunt quamplures, quibus castela nostra lignea, quæ super passum collocari feceramus eumdem, cunquassata lapidibus et confracta cumbusserunt totaliter igne græco..._ Et je crois que l'étage inférieur de ces tours (chateils) estoit à usage de chats et galeries, à cause de quoy les chats de cette sorte estoient appellés _chas chatels_, c'est-à-dire comme je viens de le remarquer, chats fortifiés de châteaux. L'auteur qui a décrit le siége qui fut mis devant Zara par les Vénitiens en l'an 1346, lib. II, c. VI _apud Joan. Lucium de regno Dalmat._, nous représente ainsi cette espèce de chat: _aliud erat hoc ingenium, unus cattus ligneus satis debilis erat confectionis, quem machinæ jadræ sæpius jactando penetrabant, in quo erat constructa quædam eminens turris duorum propugnaculorum. Ipsam duæ maximæ carrucæ supportabant_. Et parce que ces machines n'estoient pas de simples chats, elles furent nommées _chats-faux_, qui avoient figure de beffrois et de tours, et néanmoins estoient à usage de chats. Et c'est ainsi que l'on doit entendre ce passage de Froissard. _Le lendemain vindrent deux maistres engigneurs au duc de Normandie, qui dirent que s'on leur vouloit livrer du bois et ouvriers, ils feroient quatre chaffaux_ (quelques exemplaires ont _chats_) _que l'on meneroit aus murs du chastel, et seroient si hauts qu'ils surmonteroient les murs_. D'où vient le mot d'_Eschaffaux_, parmi nous, pour signifier un plancher haut élevé.» Voy. le Recueil de Bourgogne, de M. Perard, p. 395.]
[Note 142: Voy. _Études sur le passé et l'avenir de l'artillerie_, par le prince Louis-Napoléon Bonaparte, présid. de la Républ., t. II. Cet ouvrage, plein de recherches savantes, est certainement le plus complet de tous ceux qui s'occupent de l'artillerie ancienne; voici la description que donne du _trébuchet_ l'illustre auteur: «Il consistait en une poutre appelée _verge_ ou _flèche_, tournant autour d'un axe horizontal porté sur des montants. À l'une des extrémités de la verge on fixait un contre-poids, et à l'autre une fronde qui contenait le projectile. Pour bander la machine, c'est-à-dire pour abaisser la verge, on se servait d'un treuil. La fronde était la partie la plus importante de la machine, et d'après les expériences et les calculs que le colonel Dufour a insérés dans son intéressant mémoire sur l'artillerie des anciens (Genève, 1840), cette fronde en augmentait tellement la portée qu'elle faisait plus que la doubler, c'est-à-dire que si la flèche eût été terminée en cuilleron, comme cela avait lieu dans certaines machines de jet en usage dans l'antiquité, le projectile, toutes choses égales d'ailleurs, eût été lancé moitié moins loin qu'avec la fronde.
«Les expériences que nous avons faites en petit nous ont donné les mêmes résultats.»
Une machine de ce genre fut exécutée en grand en 1850, d'après les ordres du président de la République et essayée à Vincennes. La flèche avait 10m,30, le contre-poids fut porté à 4500 kilog., et après quelques tâtonnements on lança un boulet de 24 à la distance de 175 mètres, une bombe de 0m,22 remplie de terre à 145 mètres, et des bombes de 0m,27 et 0m,32 remplies de terre à 120 mètres, (Voy le rapport adressé au ministre de la guerre par le capitaine Favé, t. II, p. 38 et suiv,)]
[Note 143: Voy. _Biblioth. de l'école des Chartes_, t. VII, p. 363, rapport publié par M. Douët d'Arcq. Ce texte est reproduit dans les _Études sur l'artillerie_, par le prince Louis-Napoléon Bonaparte, présid. de la Républ., ouvrage déjà cité plus haut, et auquel nous empruntons la traduction fidèle que nous donnons ici.]
[Note 144: Saint Louis et Philippe le Hardi exécutèrent d'immenses travaux de fortification à Carcassonne, sur lesquels nous aurons à revenir.]
[Note 144a: C'était _Le moulin du roi_ probablement, situé entre la barbacane du château et l'Aude]
[Note 145: À l'ouest, voy. fig. 9.]
[Note 146: «Postea dressarunt mangonellum quemdam ante nostram barbacanam, et nos contra illum statim dressavimus quamdam petrariam turquesiam valde bonam, infra...».]
[Note 147: À l'est, voy. fig. 9.]
[Note 148: Au sud, voy. fig. 9. On appelait _lices_ une muraille extérieure ou une palissade de bois que l'on établissait en dehors des murailles et qui formait une sorte de chemin couvert: presque toujours un fossé peu profond protégeait les lices, et quelquefois un second fossé se trouvait entre elles et les murs. Par extension on donna le nom de lices aux espaces compris entre les palissades et les murs de la place, et aux enceintes extérieures même lorsqu'elles furent plus tard construites en maçonnerie et flanquées de tours. On appelait encore lices les palissades dont on entourait les camps: «Liciæ, castrorum aut urbium repagula.» _Epist. anonymi de capta urbe CP._ Ann. 1204, apud Marten., t. I Anecd., col. 786: «Exercitum nostrum grossis palis circumcinximus et liciis.» Will. Guiart ms.:
... Là tendent les tentes faitices, Puis environnent l'ost de lices.
Le Roman de _Garin_:
Devant les lices commencent li hustins.
_Guill. archiep. Tyr. continuata Hist. gallico idiomate_, t. V. Ampliss. Collect. Marten., col. 620: «Car quant li chrestiens vindrent devant Alixandre, le baillif les fist herbergier, et faire bones lices entor eux,» etc. (Du Cange, _Gloss._)]
[Note 149: À l'angle sud-ouest, voy. fig. 9.]
[Note 150: Quelque ouvrage avancé de la fortification des Visigoths probablement.]
[Note 151: «_Bretachiæ_, castella lignea, quibus castra et oppida muniebantur, gallice _bretesques_, _breteques_, _breteches_.» (Du Cange, _Gloss._)
La ville fit mult richement garnir, Les fossés fere, et les murs enforcir, Les bretesches drecier et esbaudir. (Le Roman de _Garin_.)
-As breteches monterent, et au mur quernelé... -Les breteches garnir, et les pertus garder. -Entour ont bretesches levées, Bien planchiées et quernelés. (Le Roman de _Vacces_ )
...(Voy. BRETÈCHE.) Les bretèches étaient souvent entendues comme _hourds_ (Voy. ce mot). Les bretèches dont parle le sénéchal Guillaume des Ormes dans son rapport adressé à la reine Blanche, étaient des ouvrages provisoires que l'on élevait derrière les palis pour battre les assaillants lorsqu'ils avaient pu faire brèche. Nous avons exprimé (figure 10) l'action dont parle le sénéchal de Carcassonne.]
[Note 152: _Archières_, fentes étroites et longues pratiquées dans les maçonneries des tours et courtines, ou dans les hourds et palissades pour envoyer des flèches ou carreaux aux assaillants (voy. MEURTRIÈRE).]
[Note 153: Au nord, voy. fig. 9.]
[Note 154: Ce passage, ainsi que tous ceux qui précèdent, décrivant les mines des assiégeants, prouve clairement qu'alors la cité de Carcassonne était munie d'une double enceinte: en effet, les assiégeants passent ici dessous la première enceinte pour miner le rempart intérieur.]
[Note 155: Ainsi, lorsque les assiégés avaient connaissance du travail du mineur, ils élevaient des palissades au-dessus et au-dessous de l'issue présumée de la galerie, afin de prendre les assaillants entre des clôtures qu'ils étaient obligés de forcer pour aller plus en avant.]
[Note 156: La principale barbacane, celle située du côté de l'Aude à l'ouest, voy. fig. 9.]
[Note 157: En effet il fallait descendre du château situé en haut de la colline à la barbacane commandant le faubourg en bas de l'escarpement. (Voy. le plan de la cité de Carcassonne après le siége de 1240; fig. 11)]
[Note 158:
......... Pero ilh de la vila lor an tals gens tendutz Quel capdolh el miracle (_mirador, tour du guet_) son aisi combatutz Que lo fust e la peira e lo ploms nes fondutz E a la santa Pasca es lo bossos tendutz Ques be loncs e ferratz e adreitz e agutz Tant fer trenca e briza que lo murs es fondutz Quen mantas de maneiras nals cairos abatutz E cels dins can o viron no son pas esperdutz Ans feiron latz de corda ques ab lengenh tendutz Ab quel cap del bosso fo pres e retengutz Don tuit cels de Belcaire fortment son irascutz Tro que venc lenginaire per que lor fo tendutz E de dins en la roca na intra descondutz Que cuiderol mur fendre ab los pics esmolutz E cels del capdolh preson cant los i an saubutz Foc e solpre e estopa ins en un drap cozuts E an leus ab cadena per lo mur dessendutz E can lo focs salumpna et solpres es fondutz La sabors e la flama los a si enbegutz Cus dels noi pot remandre ni noi es remazutz E pois ab las peireiras son saisi defendutz Que debrizan e trencan las barreiras els futz...
(_Hist. de la croisade contre les Albigeois_, docum. inéd. sur l'Hist. de France, Ire série, vers 1184 et suiv.)]
[Note 159: _Balestas tornissus_ (vers 6343 et suiv.). Probablement des arbalètes à rouet.]
[Note 160: _Cadafuls_. C'étaient probablement des bretèches (voir fig. 10.)]
[Note 161: _Corseras_. Hourds probablement, chemins de ronde, coursières.]
[Note 162: _Semals_. Les baquets de bois dans lesquels on transporte le raisin en temps de vendange se nomment encore aujourd'hui _semals_, mais plus fréquemment _comporte_. Ce sont des cuves ovales munies de manches de bois, sous lesquels on fait passer deux bâtons en guise de brancard.]
[Note 163: _Bocals_: Entrée des lices.]
[Note 164: Les faubourgs qui entouraient la cité de Carcassonne étaient clos de murs et de palissades au moment du siége décrit par le sénéchal Guillaume des Ormes.]
[Note 165: Entre autres la tour dite du Trésau et la porte Narbonnaise (voy. PORTE, TOUR).]
[Note 166: Le plan que nous donnons ici est à l'échelle de 1 centimètre pour 15 mètres. La barbacane de Carcassonne a été détruite en 1821 pour construire un moulin; ses fondations seules existent, mais ses rampes sont en grande partie conservées, surtout dans la partie voisine du château qui est la plus intéressante.]
[Note 167: _Hourd, hour_. (Voy. Ce mot pour les détails de la construction de ce genre de défense.)]
[Note 168: Le château de la cité de Carcassonne est du commencement du XIIe siècle, et toutes ses tours et courtines étaient bien munies de hourds qui devaient être très-saillants d'après les précautions prises pour empêcher la bascule des bois des planchers (voy. HOURD).]
[Note 169: L'exemple que nous donnons ici est tiré de l'enceinte intérieure de la cité de Carcassonne, partie bâtie par Philippe le Hardi. Le plan des tours est pris au niveau de la courtine; ce sont les tours dites de Daréja et Saint-Laurent, côté sud.]
[Note 170: Comme beaucoup d'autres, ce dicton n'est pas absolument vrai cependant, et bien des exemples viennent lui donner tort. Il est certain que, même aujourd'hui, une place défendue par un commandant habile, ingénieux, et dont le coup d'oeil est prompt, peut tenir beaucoup plus longtemps que celle qui sera défendue par un homme routinier et qui ne trouvera pas dans son intelligence des ressources nouvelles à chaque phase de l'attaque. Peut-être, depuis que la guerre de siége est devenue une science, une sorte de formule, a-t-on fait trop bon marché de toutes ces ressources de détail qui étaient employées encore au XVIe siècle. Il n'est pas douteux que les études archéologiques qui ont eu sur les autres branches de l'architecture une si grande influence, réagiront également sur l'architecture militaire; car, à notre avis (et notre opinion est partagée par des personnages compétents), s'il n'y a, dans la forme de la fortification du moyen âge, rien qui soit bon à prendre aujourd'hui, en face des moyens puissants de l'artillerie, il n'en est pas de même dans son esprit et dans son principe.]
[Note 171: _Histoire de la civilisation en France_, par M. Guizot. 2e part. 1re leçon.]
[Note 172: En I était la maison de Saint-Lazare. En K la maladrerie. En M et N les halles. En O le grand Châtelet qui défendait l'entrée de la cité au nord, en P le petit Châtelet qui gardait le Petit-Pont, au sud. En E Notre-Dame et l'évêché. En D l'ancien Palais. En F Sainte-Geneviève et le palais de Clovis, sur la montagne (_Descript. de Paris_, par N. de Fer. 1724. _Diss. archéol. sur les anciennes enceintes de Paris_, par Bonnardot. 1853).]
[Note 173: Le nombre des châteaux qui couvraient le sol de la France, surtout sur les frontières des provinces, est incalculable. Il n'était guère de village, de bourgade ou de petite ville qui n'en possédât au moins un, sans compter les châteaux isolés, les postes et les tours qui, de distance en distance, se rencontraient sur les cours des rivières, dans les vallées servant de passages, et dans les _marches_. Dès les premiers temps de l'organisation féodale, les seigneurs, les villes, les évêques, les abbés avaient dû dans maintes circonstances recourir à l'autorité suzeraine des rois de France pour interdire la construction de nouveaux châteaux préjudiciables à leurs intérêts et «à ceux de la patrie.» (Les Olim.) D'un autre côté, malgré la défense de ses vassaux, le roi de France, par acte du parlement, autorisait la construction de châteaux forts, afin d'amoindrir la puissance presque rivale de ses grands vassaux. «Cum abbas et conventus Dalonensis associassent dominum regem ad quemdam locum qui dicitur Tauriacus, pro quadam bastida ibidem construenda, et dominus Garnerius de Castro-Novo, miles, et vicecomes Turenne se opponerent, et dicerunt dictam bastidam absque eorum prejudicio non posse fieri: Auditis eorum contradicionibus et racionibus, pronunciatum fuit quod dicta bastida ibidem fieret et remaneret.» (Les Olim, édit. du Min. de l'lnstr. publ. Philippe III, 1279, t. II, p. 147.)]
[Note 174: Nous renvoyons nos lecteurs au mot CHÂTEAU. Nous donnons en détail, dans cet article important, les diverses dispositions et le classement de ces demeures féodales, ainsi que les moyens particuliers de défense, de secours, etc.]
[Note 175: «Philippe le Hardi, parti de Paris au mois de février 1272 à la tête d'une armée nombreuse, pour aller prendre possession du comté de Toulouse, et pour châtier en passant la révolte de Roger Bernard, comte de Foix, s'arrêta à Marmande. Là, il signa, dans le mois de mai, avec Guillaume Boccanegra, qui l'avait joint dans cette ville, un traité par lequel celui-ci s'engageait à consacrer 5000 liv. tournois (88,500 fr.) à la construction des remparts d'Aigues-Mortes, moyennant l'abandon que le roi lui faisait, à titre de fief, ainsi qu'à ses descendants, de la moitié des droits domaniaux auxquels la ville et le port étaient assujettis. Les lettres patentes données à cet effet furent contre-signées, pour les rendre plus authentiques, par les grands officiers de la couronne. En même temps, et pour contribuer aux mêmes dépenses, Philippe ordonna qu'on lèverait, outre le denier pour livre déjà établi, un quarantième sur toutes les marchandises qui entreraient à Aigues-Mortes par terre ou par mer» (_Hist. géner. du Languedoc_. Reg. 30 du trésor des chartes, n° 441, _Hist. d'Aigues-Mortes_, par F. Em. di Pietro, 1849.)]
[Note 176: Le plan que nous donnons ici est celui de l'angle ouest de la double enceinte de la cité de Carcassonne, bâti par Philippe le Hardi.]
[Note 177: Cet angle saillant (26 _bis_), qui présente clairement la disposition signalée ici, est une des défenses du XIIIe siècle dépendant du château de Falaise (voy. CHÂTEAU).]
[Note 178: Entrée du château de Montargis du côté de la route de Paris à Orléans. (Ducerceau, _Chateaux royaux de France_.)]
[Note 179: Manusc. 8320, t. I, in-fol., commencement du XVe siècle. Cette vignette, dont nous donnons ici une partie, accompagne le chap. XLVI de ce manuscrit intitulé: _Comment le conte de Haynault print et detruit Aubenton en terasse_. C'est le chap. CII de l'édit. des _Chroniques de Froissart_ du _Panthéon littéraire_. «...Si commença l'assaut grand et fort durement, et s'employèrent arbalétriers de dedans et dehors à traire moult vigoureusement; par lequel trait il y en eut moult de blessés des assaillans et des défendans. Le comte de Haynault et sa route, où moult avoit d'apperts chevaliers et écuyers, vinrent jusques aux barrières de l'une des portes... Là eut un moult grand et dur assaut. Sur le pont mêmement, à la porte vers Chimay, étoient messire Jean de Beaumont et messire Jean de la Bove. Là eut très grand assaut et forte escarmouche, et convint les François retraire dedans la porte; car ils perdirent leurs barrières, et les conquirent les Hainuyers et le pont aussi. Là eut dure escarmouche forte, et grand assaut et félonneux, car ceux qui étoient montés sur la porte jetoient bois et mairein contre val, et pots pleins de chaux, et grand foison de pierres et de cailloux, dont ils navroient et mes-haignoient gens, s'ils n'étoient fort armés...»]
[Note 180: À Carcassonne du côté du midi les remparts de la seconde enceinte étaient munis de ces ouvrages de bois en temps de guerre, les traces en sont parfaitement conservées de la porte Narbonnaise à la tour du coin à l'ouest (voy fig. 11).]
[Note 181: Vignette accompagnant le chap. CXXV, intitulé: «Comment le roy David d'Escoce (David Bruce d'Écosse) vint à tout grand ost devant le neuf chasteau sur Thin.»]