Dictionnaire Grammatical Du Mauvais Langage Ou Recueil Des Expr

Chapter 8

Chapter 8804 wordsPublic domain

u u v u u = = = = = Sur sa tige epineuse, une rose naissante, = u = v v = u u = Ainsi qu'une beauté, jeune, vive et touchante, = u u u u u u u u u u u S'elevoit a l'abri d'un buisson protecteur, u u u u = u u u u u u Et du soleil jamais n'eprouvoit la rigueur. = u = = Ignoré, mais heureux, ce bouton solitaire u = = u = Ouvroit son sein pourpré sous l'ombre tutélaire, v v Impatient déjà d'étaler sa beauté: = = Pourquoi me retiens-tu dans la captivité, v u = = = Dit l'arbuste orgueilleux à l'enceinte épineuse? u = = = = = = u = Je dois, reine des fleurs, etre la plus heureuse. = = = = = La fille du printemps, condamnee aux soupirs, = u = = = v Passeroit sous ton joug la saison des plaisirs! u = = v Le buisson lui repart, d'un ton doux, mais sévere: = = = = v u = J'attendois de mes soins un plus juste salaire. u u = u u v u v u Si le soleil brulant respecte ta fraicheur, = = v u u Et si des aquilons tu braves la fureur, v = = v De mon zele assidu, n'est-ce pas là l'ouvrage? = = = v Et mes bienfaits pour toi sont payes par l'outrage? u u = v = Reprime ton murmure, arbuste ingrat, crois-moi; = v v = Les heures du plaisir n'ont pas sonné pour toi. u u v v Souvent pour son malheur, la jeunesse indocile v u u u u = u v S'obstine à repousser l'appui le plus utile. = = = = Le bel age où tu vis est celui du printemps; = = = = = = Mais s'il a ses zephirs, il a ses ouragans. = v u u = L'orgueilleux arbrisseau s'aigrit de la censure; u = S'il se tait par dépit, en secret il murmure. = v = = Lorsque le villageois, qu'appellent ses travaux, = v = = = Vient des arbres touffus émonder les rameaux; v v Il menace déjà le gardien fidelle; u = u v et la rose sourit quand le buisson chancelle. v = = = Il tombe sous les coups de l'instrument fatal. = Le bouton au soleil ouvre un sein virginal. = = = = = v v Dans leurs chants les oiseaux expriment leur hommage. = = u v v Les zéphirs du matin agitent son feuillage; = = = = v u u Le rosier, dans les airs, balancé mollement, v Répond au rossignol par son frémissement; u = v = v v L'aurore l'embellit de ses perles liquides. = v = v = v Mais, Dieu! comme l'éclair les plaisirs sont rapides; v = = = La chenille, de loin, voit la reine des fleurs, v v u v = = Accourt, ronge sa tige, et fane ses couleurs; u v = et de l'astre du jour la chaleur dévorante = = A déjà fait tomber sa tete languissante: v v elle réclame en vain, à son dernier moment; v = De son fidelle ami le secours bienfaisant.

= = v v v o toi, qui, par les soins d'une prudente mere, v = = = Coules tes premiers ans sous un joug salutaire, = v v = Défends, jeune beauté, le murmure à ton coeur, = v u Et du bouton naissant évite le malheur.

NOTES

[1] On appelle _régime_ un mot gouverné par un autre.

[2] On appelle verbe un mot qui lie le sujet à l'attribut, en affirmant que telle qualité convient ou ne convient pas au sujet. _La terre est ronde._ Les deux premiers mots forment le sujet; le mot _est_ lie la qualité exprimée par le mot ronde. Tous les autres verbes renferment le verbe être.

[3] On appelle substantif un mot qui désigne le nom d'une substance réelle ou imaginaire.

[4] On nomme adjectif un mot ajouté au substantif pour en exprimer la qualité.

[5] Une préposition est un mot qui annonce le rapport d'une chose avec une autre.

[6] La conjonction est un mot qui sert à lier les mots ou les phrases.

[7] On appelle participe passé un tems du verbe qui participe de la nature de l'adjectif, en ce qu'il prend quelquefois le genre et le nombre du substantif auquel il se rapporte.

[8] C'est-à-dire de plusieurs mots ou d'une expression détaillée. Si, au lieu de nommer l'amour, je dis: le Dieu qu'on adore à Cythère, je me sers d'une _périphrase_.

[9] Un pronom est un mot qui tient la place d'un nom.

[10] Un adverbe est un mot qui se joint ordinairement au verbe, pour le modifier; c'est-à-dire, pour ajouter une nouvelle idée au mot auquel il se rapporte, comme on le peut voir dans les exemples suivans: les uns pensent _beaucoup_ et parlent _peu_; les autres parlent _beaucoup_ et pensent _peu_.

[11] On appelle nom partitif, un mot qui représente plusieurs personnes ou plusieurs choses, comme faisant partie d'un tout. Tels sont les mots, _plusieurs_, _la plupart_, _une demi-douzaine_.

NOTES SUR LA TRANSCRIPTION

On a corrigé certaines coquilles manifestes (par ex: épiugle > épingle). Les variantes d'orthographe (avait/avoit, meche/mèche/mêche, ...) sont conformes à l'original.

Dans le chapitre sur la prosodie, on a représenté par [=a] et [)a] (et de même pour e, i, o, u) les voyelles longues et brèves respectivement.

À l'article «Chauderon», on propose la reconstitution «prononcer l'_e_», le bas de page étant tronqué dans l'original.