Part 9
CONNAÎTRE LES POSTURES. Avoir appris dans l’Arêtin, ou au bordel, les divers mouvements et positions du corps les plus propres à l’accomplissement de l’acte vénérien; être très versée dans l’art de faire jouir les hommes.
CONNAÎTRE SON AFFAIRE. Se dit d’une femme rompue au métier d’amour et connaissant, par conséquent, tous les moyens à employer pour faire jouir les hommes.
Elle est belle, ma Joséphine!... et elle connaît son affaire...
TISSERAND.
CONNAÎTRE UN VIEUX. Servir de maîtresse à un vieux libertin, essayer de tous les moyens connus pour le faire godiller.
J’ me mets à connaît’ un vieux, encore un autr’, un troisième, et pis, et pis...
H. MONNIER.
CONNAÎTRE UNE FEMME. La baiser, qu’on la connaisse ou non.
Le bonhomme se vantait tout haut de n’avoir jamais connu que sa femme.
TALLEMANT DES RÉAUX.
CONNASSE. Jeune fille sans expérience de l’amour, malhabile aux jeux de l’alcôve.—S’emploie aussi pour désigner un con de mauvaise mine, ou un grand con, ou un con de vieille femme. Quelques auteurs désignent, par le mot _connasse_, une femme honnête. Les femmes inscrites comme filles publiques à la police désignent souvent aussi par le nom de connasse les filles qui font habituellement la vie et qui craignent de se faire inscrire.
_... A l’une sa connasse Qui tombe par lambeaux..._
LOUIS PROTAT.
Mais on sent aussi qu’un connichon aussi jeune ne pouvait admettre un vit qui ne décalottait pas encore, il me fallait une connasse.
(_Anti-Justine_, p. 3.)
CONNEAU. Diminutif de con.
_O toi... Dont le frais conneau Sera toujours beau, Il faut, pour que le charme abonde, Contenter l’miché._
DUMOULIN.
CONNICHON. Petit con où l’homme a de la peine à enfoncer sa «vivifique cheville.»
CONNIL. Petit con; ou, par extension: Jeune pucelle.—V. _Chasser aux connils_.
CONQUÊTES. Coups tirés, femmes baisées, hommes cocufiés.
O ma chère Victoire, quelles conquêtes vous avez faites dans votre putain de vie.
J. LE VALLOIS.
_Adieu, conquêtes, Joyeuses fêtes, Où le champagne au lansquenet s’unit._
GUSTAVE NADAUD.
CONSERVER SA FLEUR. Garder son pucelage.
_Pour conserver c’te fleur qui d’vient si rare, Ma Lisa, tiens bien ton bonnet._
E. DEBRAUX.
CONSOMMER LE SACRIFICE. Faire l’acte copulatif depuis A jusqu’à Z, depuis le premier baiser qui joint les lèvres d’en haut, jusqu’au dernier spasme qui distend les lèvres d’en bas.
_... Dès que le sacrifice Est consommé, l’on se tourne le dos._
LOUIS PROTAT.
CONSOMMER SON KABYLE. Pédéraster un indigène,—dans l’argot des troupiers d’Afrique.
_Quand il consommait son Kabyle, On entendait sous le gourbi, Au milieu de la nuit tranquille, Le succube pousser ce cri..._
ALEXANDRE POTHEY.
CONTENTER UN HOMME. Le bien branler s’il aime cela, ou bien jouer des reins sous lui afin de le faire jouir.
Voici le recueil des principales choses que vous devez savoir pour contenter vos maris quand vous en aurez.
MILILOT.
_Malgré son air renfrogné, En tout point je le contente; S’il me laisse un’ petit’ rente, Ça s’ra d’ l’argent bien gagné!_
JULES POINCLOUD.
CONTER À UNE FEMME (En). Faire l’amour avec elle,—l’amour, ce conte des Mille et une Nuits, improvisé par tout homme galant en l’honneur de toute femme galante.
CONTRE-TEMPS. Fiasco amoureux.
_A l’amant vieux et blême Que tourmente Vénus, Qui dit encor qu’il aime Et ne le prouve plus, Tu promets assistance Contre les contre-temps._
COLLÉ.
CONVERSATION CRIMINELLE. Celle qui a souvent lieu entre un homme et une femme mariée à un autre homme.—Cette aimable conversation se tient ordinairement ventre contre ventre, avec des baisers et des soupirs à la clef.
COPULER. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.
Pour me copuler amoureusement
(_Moyen de parvenir._)
COQUARDEAU. Galantin, nigaud, bavard.—Gavarni a cru inventer _Monsieur Coquardeau_: il se trouvait déjà dans Rabelais.
COQUILLE. La nature de la femme—dans laquelle l’homme aime à faire entrer son petit limaçon, qui y bave tout à son aise. _Con, cha?_ demanderait un Auvergnat.
Et Laurette, à qui la coquille démangeait beaucoup, s’y accorda facilement.
CH. SOREL.
COQUINE. Femme ou fille qui aime l’homme—ou qui fait semblant de l’aimer pour avoir son argent.
_Avec son piston qui fascine La fille honnête et la coquine, On assur’ qu’il possède encor Le talent de donner du cor._
JULES POINCLOUD.
Nous sommes liés, le baron et moi, par nos coquines.
H. DE BALZAC.
CORBILLON. Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la femme.
_Là, près de la jeune Thémire A l’œil vif, au teint vermillon, Qui rougit, et qui n’ose dire Ce qu’il faut dans son corbillon._
E. DEBRAUX.
CORDE SENSIBLE (La). C’est, chez l’homme, son membre, chez la femme, son clitoris: on n’y touche jamais en vain.
Il n’est de femmes froides que pour les hommes qui ne sont pas chauds et qui ne savent pas toucher leur corde sensible.
LÉON SERMET.
CORNARD. Cocu, porteur de cornes.
_Ça fait toujours plaisir, lorsque l’on est cornard, D’avoir des compagnons d’infortune..._
LOUIS PROTAT.
CORNES. Attributs invisibles du cocu.
_C’est bien le meilleur petit homme Que Vulcain ait dans sa séquelle: Il rit des cornes qu’on lui met; Lui-même il vous fait voir la belle._
THÉOPHILE.
CORNICHON. Le membre viril, avec lequel les femmes aiment à accommoder leur viande.
CORRIDOR D’AMOUR. La nature de la femme, que l’on enfile volontiers lorsqu’on veut aller au Paradis.
Alors elle mit un genou en terre pour considérer plus attentivement la blancheur et le contour du ventre de Zaïrette, la rondeur de ses cuisses et surtout l’ouverture et l’entrée du corridor d’amour.
LA POPELINIÈRE.
COTILLON (Le). La femme en général—et surtout en particulier—qui vous fouette le sang et vous allume l’imagination avec ses façons provocantes de retrousser ses cottes et de remuer sa crinoline.
COUCHER (Avoir un). Être retenue par un miché pour baiser avec lui toute la nuit,—dans l’argot des bordels.
Mélie? Elle a un coucher, mon petit, faudra repasser demain.
H. MONNIER.
COUCHER AVEC UNE FEMME. En jouir;—par extension: Tirer un coup—même sur toute autre chose qu’un lit.
_C’est signe que tu ne couchas Jamais encore avec elle._
CL. MAROT.
_Un ange la prend dans ses bras, Et la couche sur l’autre rive._
PARNY.
Monsieur sait mieux que moi, me dit-il, que coucher avec une fille, ce n’est que faire ce qui lui plaît: de là à lui faire faire ce que nous voulons, il y a souvent bien loin.
DE LACLOS.
Que veut-il donc? Coucher avec une jolie femme et en passer sa fantaisie.
LA POPELINIÈRE.
_Si j’ cède à tes beaux discours, C’est parc’ que tu m’ cass’ la tête, Car avec un’ fille honnête On n’ couch’ pas avant huit jours._
(_Chanson anonyme moderne._)
COUCOU. Oiseau jaune, de la race des cocus, aussi féconde que celle des mirmidons.
_Les coucous sont gras, Mais on n’en tue guère; Les coucous sont gras, Mais on n’en tue pas. La crainte qu’on a de manger son père, Son cousin germain, son oncle ou son frère, Fait qu’on n’en tue guère, Fait qu’on n’en tue pas._
(_Vieille chanson._)
COUENNE. Le membre viril,—une cochonnerie.
COUILLES. Testicules de l’homme.
_De la pointe du vit le poinct, Et vit li met jusqu’à la couille._
(_Anciens Fabliaux._)
Mais si ma couille pissait telle urine, la voudriez-vous bien sucer?
RABELAIS.
On ne fait non plus cas des pauvres que de couilles; on les laisse à la porte, jamais n’entrent.
(_Moyen de parvenir._)
COUILLONS. Les testicules.
_O vit! bande toujours, et vous, couillons propices, Distillez votre jus, Pour fixer à jamais les rapides délices De mes sens éperdus._
(_Parnasse satyrique._)
_Voyez la grande trahison Des ingrats couillons que je porte: Lorsque leur maître est en prison, Les ingrats dansent à la porte._
(_Cabinet satyrique._)
_Mes couillons, quand mon vit se dresse, Gros comme un membre de mulet, Plaisent aux doigts de ma maîtresse Plus que deux grains de chapelet._
THÉOPHILE.
COULER. Avoir une coulante, une gonorrhée gagnée au service de la femme, parce qu’en effet le membre viril, à l’instar du suif qui coule d’une chandelle, filtre alors une chaude-pisse dans la culotte.
_Ma pine encore vierge Coula, Ni plus ni moins qu’un cierge. Voilà._
EUGÈNE VACHETTE.
COUP. L’acte vénérien, qui est, en effet, un choc—agréable pour celle qui le reçoit comme pour celui qui le donne.
_L’autre jour un amant disait A sa maîtresse à basse voix, Que chaque coup qu’il lui faisait Lui coûtait deux écus ou trois._
CL. MAROT.
_Tu voudrais avoir pour un coup Dix écus; Jeanne, c’est beaucoup._
ÉT. TABOUROT.
_Pour l’avoir fait deux coups en moins de demi-heure, C’est assez travailler pour un homme de cour._
(_Cabinet satyrique._)
Il faut toujours se faire payer avant le coup.
TABARIN.
L’homme philosophal que cherche, sans le trouver, la femme, est celui qui ferait réellement les cent coups.
J. LE VALLOIS.
COUP DE CANIF DANS LE CONTRAT (Donner un). Tromper son mari au profit d’un amant, sa femme au profit d’une maîtresse.
Et puis ces messieurs, comme ils se gênent pour donner des coups de canif dans le contrat! La _Gazette des Tribunaux_ est pleine de leurs noirceurs; aussi nous sommes trop bonnes.
L. FESTEAU.
COUP DE CROUPE. Coup de cul que donne la femme dans l’acte copulatif.
Elle a un coup de croupe des plus distingués.
LA POPELINIÈRE.
COUP DE CUL. Jeu des reins dans lequel excellent les femmes, ce qui nous procure du plaisir et à elles des rentes—quand elles ne sont pas trop prodigues et qu’elles n’ont pas de maquereaux.
_Pourtant, si j’en crois mes propres rivales, Je réveillerais le plus mort des morts D’un coup de ce cul qu’ici tu ravales Sans en éprouver le moindre remords._
ANONYME.
_Ta fortun’ n’est pas faite: Allons donc, y pens’-tu? Encore un coup d’ cul, Jeannette, Encore un coup d’ cul._
E. DEBRAUX.
COUP DU MACARON. Tour de force facile à figurer, mais impossible de mener à bonne fin.—L’homme est couché sur le dos, le bracquemart en l’air. La femme s’asseoit dessus et s’introduit dans le vagin ce pivot de chair. Alors, s’aidant des pieds et des mains, elle tâche de tourner et de figurer l’aiguille du jeu de macarons. L’inventeur de ce divertissement m’assure «_qu’à tous les coups l’on gagne_.»—Je me permets d’en douter..... et vous?...
_Sur l’assise d’une pine Pivotant comme un toton, Aimes-tu mieux en gamine Tirer l’coup du macaron?_...
PAUL SAUNIÈRE.
COUP DU MATIN (Le). Celui qui se tire forcément lorsqu’on se réveille, parce qu’à ce moment on bande toujours, soit qu’on ait dormi sur le dos, soit qu’on ait envie de pisser, et que toute pine qui bande a le devoir de décharger.
_Pour le coup du matin j’ai de l’aversion, Et je ne m’y soumets qu’avec répulsion._
LOUIS PROTAT.
COUP DU MILIEU (Le). Celui qui se tire vers le milieu de la nuit, après un léger repos, nécessité par la fatigue des coups précédents, et avant le repos définitif qui précédera le _coup du matin_.
_Et l’on ne voit pas une belle Refuser le coup du milieu._
ARMAND GOUFFÉ.
COUPER LA MÈCHE (Se). S’émasculer volontairement,—pour ne plus prendre feu auprès des femmes.
_Puisque aimer offense Dieu, Qu’un sûr moyen nous empêche: Dès qu’on redoute le feu, Que ne coupe-t-on la mèche?_
ALTAROCHE.
COUP QUI PORTE. Coup chargé de sperme prolifique, dont le résultat naturel est un enfant.
Pour neuf mois que l’on passe en délices et plaisirs, on n’engrosse qu’une seule fois, et... tous les coups ne portent pas.
MILILOT.
COURAILLER. Baiser en ville, et fréquemment, brunes ou blondes, rousses ou cendrées, bourgeoises et lorettes, servantes et maîtresses.
Vous l’auriez empêché de courailler.
H. DE BALZAC.
COUREUR. Libertin,—parce qu’il court après toutes les femmes, comme un chien après toutes les chiennes.
COUREUSE. Femme libertine qui court volontiers après les porte-queue, soit parce qu’elle y trouve son plaisir, soit parce qu’elle y trouve son intérêt.
Une fille inconnue, qui fait le métier de coureuse.
MOLIÈRE.
COURIR. Baiser en ville et chez soi; changer volontiers de maîtresses quand on est homme, d’amants lorsqu’on est femme.
Monsieur n’est pas heureux quand il court.
H. MONNIER.
J’aimerois mieux que tous les laquais de la cour courussent sur le ventre de ma femme, que d’être astreint à ne point faire l’amour.
(_Les Caquets de l’accouchée._)
COURIR LA GUEUSE. Hanter les bordels et les bals publics, où l’on peut _faire_ une femme nouvelle tous les jours.
_Mais j’oublierai cette folle amoureuse, Tra la la, la la la la la, Et dès ce soir, je vais courir la gueuse! Tiens, voilà Carjat!..._
ALEXANDRE POTHEY.
COURIR LE GUILLEDOU. Faire le libertin; rechercher les grisettes, les femmes faciles, pour coucher avec elles. Se dit aussi pour: Faire le métier de gueuse.
_J’aurais pu, comme une autre, être vile, être infâme! Courir le guilledou jusqu’au Coromandel! Mais jamais je ne fusse entrée en un bordel!_
ALBERT GLATIGNY.
COURIR UNE POSTE, DES POSTES. Tirer un coup, des coups, autant qu’on le peut quand on est bon cavalier et qu’on ne se laisse pas désarçonner par le premier coup de cul de sa jument.
COURSE. Coup tiré avec une femme, que l’on fait ainsi voyager à cheval sur un bâton, comme sorcière allant au sabbat.
_Argant, de ses nombreuses courses Tout fatigué, s’échappe enfin. Hélas! il emporte à ses bourses L’amante qui supplie en vain._
B. DE MAURICE.
COURTE. Le membre viril—qui s’allonge si volontiers sous la douce pression d’une bouche ou d’une main de femme.—On emploie ordinairement ce mot en mauvaise part, pour désigner une pine d’une longueur médiocre et qu’on ne suppose pas, sur ses apparences, propre à faire jouir les femmes. Qu’importe qu’elle soit courte—pourvu qu’elle soit bonne!
_Le jeune homme puceau l’appelle son affaire, L’ouvrier son outil, la grosse cuisinière Une courte..._
LOUIS PROTAT.
_En avant! courtons, Enfonçons les cons; A grands coups de cul, de pine et de roustons, Faisons cramper les garces._
(_Parodie de la Parisienne._)
COURTISANE. Professeur femelle de philosophie horizontale.
_Aussi, j’aime tes courtisanes Et tes nymphes, ô Titien, Roi des tons chauds et diaphanes, Soleil du ciel vénitien._
TH. GAUTIER.
_Les petites paysannes Qu’on patine au coin d’un mur, Ont, plus que les courtisanes, Fesse ferme et téton dur._
DE LA FIZELIÈRE.
COURTISER UNE FEMME. Chercher tous les moyens de se servir de sa courte avec elle et même s’en servir.
_Mais pour que ce coureur de belles Puisse, en dix heures seulement, Courtiser cinquante pucelles... Ah! qu’il faut de tempérament._
L. FESTEAU.
COUSIN. L’homme qui baise une femme, qu’il lui soit ou non parent.
COUSINE. Pédéraste passif; variété de _Tante_,—les enculés portant presque tous des noms de femme, tels que ceux de: la _Reine d’Angleterre_, la _Grise_, la _Marseillaise_, la _Fille à la perruque_, la _Léontine_, la _Nantaise_, la _Folle_, la _Fille à la mode_, la _Pipée_, la _Bouchère_, etc.
COUSINE DE VENDANGE. Femme que l’on baise sur la table de certains cabarets borgnes, moyennant bouteille et quelque monnaie.
M. de L’Aulne se fit égratigner à la place de sa cousine de vendange.
Comte DE CAYLUS.
COUVENT. Bordel, où s’enferment volontairement les vierges folles.
COUVREUR, COUVRIR UNE FEMME. Homme qui baise, parce qu’en baisant il couvre de son ventre, en guise de toit, cette délicieuse habitation qu’on appelle le con de la femme, et que, sous prétexte d’empêcher la pluie d’y tomber, il inonde, lui, de son sperme.
Plus vous couvrirez une femme, plus il pleuvra.
TABARIN.
_Faut voir comm’ leux femm’s sont couvertes._
ROUGEMONT.
CRACHER À LA PORTE. Décharger sur la motte d’une femme au lieu de le faire dans son vagin;—ce qui s’appelle: _tricher au jeu_.
_Ne fout que quand son vit lui crache Pour tout soulaz dedans la main._
THÉOPHILE.
CRACHER DANS LES BROUSSAILLES. Éjaculer, non dans le vagin, mais sur les poils de la motte.
CRAMPE D’AMOUR. L’érection.—Voir aussi _Tirer sa crampe_.
_Le grivois à l’aspect des lieux qu’il envisage, Où nichent mille attraits qu’il lorgne tour à tour, Se sent atteint d’une crampe d’amour._
VADÉ.
CRAMPER. Baiser,—parce que dans la jouissance qu’amène la conjonction de deux créatures d’un sexe différent, il y a un spasme, une crampe.
_Puissé-je, ... Cramper dans le cul De ma blonde._
E. DEBRAUX.
CRAMPEUSE. Synonyme de _jouisseuse_.—Fille publique qui crampe—c’est-à-dire qui jouit aussi bien avec un miché qu’avec un amant.
CRAPAUDINE. Expression tirée du langage culinaire. Les pigeons à la crapaudine ont les pattes rentrées en dedans. De même, la femme étendue sur le dos et recevant le vit dans son con, afin de mieux le faire glisser jusqu’au fond du vagin, lève ses deux jambes en l’air, les replie sur l’homme, les appuie sur son dos et l’attire à elle autant qu’elle peut. Il voudrait s’en défendre, ce serait inutile, il faut que sa pine pénètre jusqu’à la matrice, qui vient d’elle-même se présenter à ses coups. Plus les coups sont forts, plus ils plaisent à la femme jeune et bien portante. Bien des couchettes ont été cassées avec ce jeu-là; aussi, maintenant, on les fait en fer.
_Marie se colle à mon ventre Et pour que tout mon vit entre Jusques au fin fond de l’antre Enflammé par Cupidon, Elle fait la crapaudine. Vraiment, cette libertine, Si je n’étais qu’une pine M’engloutirait dans son con._
J. CHOUX.
CRÉATURE. Nom que, dans leur mépris—qui ressemble beaucoup à de l’envie,—les femmes honnêtes donnent à celles dont le métier est de ne l’être pas.
Mon mari a eu l’infamie de faire venir cette créature dans ma maison.
GAVARNI.
CREUSET. La nature de la femme.
_Ma femme tempeste Dans son cabinet: Je luy mets mon reste Dedans son creuset._
(_Chansons folastres._)
CREVER L’ŒIL. Introduire le membre viril dans le vagin d’une femme, ou dans le cul d’un homme.
Un jeune homme qui tenait la lance en arrêt pour te crever l’œil.
D’ABLANCOURT.
CREVETTE. Lorette.—Mot de création tout à fait récente.
Le petit crevé une fois affirmé, il a fallu lui trouver sa femelle, et à sa femelle donner un nom; une dérivation toute naturelle a conduit au nom de crevette.
NESTOR ROQUEPLAN.
CRISTALLINE. Maladie vénérienne de l’anus,—ce que les satiriques latins appellent _crista_, ou _marisca_. Ce sont des espèces de caroncules, de crêtes, que font pousser là les habitudes sodomiques.—C’est à tort que M. Louis Protat a, dans sa parodie de _Lucrece_, dit:
_Mais là, de tous les maux que redoutent une pine: Chancres, crêtes de coq, vérole, cristalline..._
La pine la donne, mais ne la reçoit pas,—comme une noble et charitable dame qu’elle est.
CROQUER. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.
_Par où le drôle en put croquer, Il en croqua._
LA FONTAINE.
_Tout Est de votre goût, Vous croquez tout._
COLLÉ.
CROQUER UNE FEMME. La baiser, ce qui est une friandise exquise.
C’est que la plupart sont des goulus, qui ne veulent des femmes que pour eux: ils ont beau faire, on en croquera toujours quelques-unes à leur barbe.
(_Théâtre italien._)
CROUPE (La). Les reins, dont la femme joue si merveilleusement à notre bénéfice.
La torsion lascive de sa croupe.
H. DE BALZAC.
_Une gorge bien ferme et des fesses bien blanches, Une croupe soignée, un beau cul et des hanches._
LOUIS PROTAT.
_J’aime à voir onduler vos croupes dans le soir, Monstres dont on voudrait être les Hippolytes._
PAUL MAHALIN.
CROUPION. Nom qu’on donne aux fesses.
_Quel superbe croupion elle a, cette drôlesse!_
J. LE VALLOIS.
CUEILLIR LA FRAISE, LA NOISETTE, LA FLEUR, UN BOUTON DE ROSE SUR LE NOMBRIL. Tirer un coup.
_Ah! qu’il fait donc bon_ (bis) _Cueillir la fraise, Au bois de Bagneux, Quand on est deux._
(_Le Bijou perdu._)
Mais souffre que je puisse cueillir le fruit, dès si longtemps promis à ma pure et sainte fidélité.
P. DE LARIVEY.
Je craignais qu’elle ne laissât cueillir la belle fleur de son pucelage sans en tirer profit.
CH. SOREL.
_Par ma fine, je suis perdue, Disait Babet à son seigneur, Qui par méprise, en lui cueillant sa fleur, La greffa d’un beau fruit._
VADÉ.
_Vous abusez, car Meung, docteur très sage, Nous a décrit que pour cueillir la rose Riche amoureux a toujours l’avantage._
F. VILLON.
CUEILLIR UNE FEMME. Prendre un pucelage,—les femmes étant des fleurs, au dire des poètes qui les mettent dans leur herbier au lieu de les foutre dans leur lit.
_... Je te vois pâlir, Lui dis-je, et de plus tressaillir, Quand je suis prêt à te cueillir._
COLLÉ.
CUL (Le). Les fesses, l’anus et les parties génitales tout ensemble.
Que ton petit cul est rond et potelé! Qu’il est bien fait!...
LA POPELINIÈRE.
_Un cul dur comme un marbre et plus blanc que l’ivoire._
LOUIS PROTAT.
_Vous assurez, belle farouche, Que l’amour ne peut vous brûler: Si votre cul pouvait parler, Il démentirait votre bouche._
COLLÉ.
_Et nous autres, Pauvres apôtres, Pauvres moines... Ne foutons que des culs crottés... Eleïson!_
(_Romance populaire._)
_Louyson a le cul crotté Tout ainsi qu’un veau garotté Que l’on traîne parmy la rue..._
M. DE MONTGAILLARD.
_Gai, gai, l’on est chez nous Toujours en fête Et cul par-dessus tête; Gai, gai, l’on est chez nous, Toujours en fête et sens dessus dessous._
BÉRANGER.
_Cul, cul pour la vertu! Je suis putain, je veux faire mes farces; Cul, cul, pour la vertu! Je suis putain, je veux montrer mon cul!_
(_Vieux refrain._)
_Dieu fit le con, ogive énorme, Pour les chrétiens, Et le cul, plein cintre difforme, Pour les païens..._
(_Parnasse satyrique._)
_Ah! je n’y tiens plus!... le cul me démange... Qu’on m’aille chercher l’Auvergnat du coin, Car je veux sentir le vit de cet ange Enfoncer mon con comme avec un coin._
(_Parnasse satyrique._)
CULBUTER UNE FEMME. En jouir,—parce que, pour en arriver là, il faut la renverser sur le dos.
Mademoiselle, aimez-vous bien à être culbutée?
SOREL.
CULETER. Faire l’acte copulatif, qui exige de part et d’autre un fort remuement de cul.
_Elle en entretenait de tous prix et tous âges, Même leur apprenait cent divers culetages._
THÉOPHILE.
_Depuis grosse garce devint, Et lors culetait plus que vingt._
CL. MAROT.
_Ci-gist qui est une grand’perte, En culetis la plus experte Qu’on sut jamais trouver en France._
CL. MAROT.
CULISTE. Homme qui préfère le cul au con,—élevé, sans doute, à l’école anormale des RR. PP. Jésuites.
_Il n’est à présent que des sots Qui se disent conistes; Les philosophes, les héros Ont tous été culistes._
COLLÉ. (_Recueil du Cosmopolite._)
CULOT DE FROMAGE (Le). Ce qui reste au fond des vagins qu’on n’a pas le soin de les bien récurer lorsqu’ils ont servi à faire la cuisine de l’homme.
_Malgré l’culot de fromage Qu’on est sûr d’y rencontrer, Ma gueul’ ne f’ra pas naufrage Si mon nez n’ vient à sombrer._
(_Parnasse satyrique._)
CULTE DE SAPHO (Le). _Lesbicus amor._ L’amour d’une femme pour une autre femme, à l’exemple de celui dont était possédée l’amante méprisée de Phaon.
_L’Opéra dit tout haut Que St....., la prima-donne, Avec fureur s’adonne Au culte de Sapho._
JOACHIM DUFLOT.