Part 8
_J’y vois le brutal vent du Nord Qui son énorme chibre agite Pour enfiler dame Amphitrite._
P. J.
_Tu me disais alors que pour pouvoir te plaire, Une femme devait vous dire et savoir faire Toutes les saletés et toutes les horreurs; Que cela ranimait le chibre des fouteurs._
LOUIS PROTAT.
CHIEN (Avoir du). Se dit en parlant d’une femme qui s’attife d’une façon provocante, qui porte incontinent—à l’incontinence.
CHIENNER. Se livrer, avec une femme, à toutes sortes de polissonneries cyniques, _caninæ nuptiæ_.
CHIFFE. Se dit d’un membre viril trop mou,—qui n’est plus ou qui n’est pas encore assez viril.
Ah! vous n’êtes pas un homme, vous êtes une chiffe!
LEMERCIER DE NEUVILLE.
CHIFFRE. Le prix d’un coucher avec une courtisane, ou avec une putain.
A Mabille:
LA DAME.—Finissez donc, monsieur! vous chiffonnez mon mouchoir!.....
LE MONSIEUR.—Madame, c’est pour voir votre chiffre.
LA DAME.—Mon _chiffre_, c’est cent francs.
(_Nain jaune._)
CHINOIS. Le vit, toujours chauve—par la tête—et pour qui le con est le _céleste empire_.
On dit: se polir, ou se balancer le Chinois, pour se branler.
CHOSE (Le). Pseudonyme pudibond de la pine ou du con.
Après, il me fait empoigner son chose, qu’il a roide, et quelquefois me prend à force de corps et me fait rouler sur lui.
MILILOT.
Mais votre chose est tout petit, comme l’on dit, que si vous l’apportez en quelque lieu, à peine si l’on se perçoit qu’il y est.
(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)
_Quand je l’eus lavé une pose, Soudain je vis dresser son chose._
(_Farces et Moralités._)
_Serait-il vrai, bouche de rose, Ce que m’a dit un imprudent: Que vous vous passez moins de chose Qu’un Espagnol de cure-dent?_
THÉOPHILE.
_O! ouy, ma foi, elle a un chose Qui ne bouge de la maison, Ainsi que fait celuy Lison, Ainsi fatelu et douillet._
(_Ancien Théâtre français._)
_Ton chose, me dis-tu, A si petite ouverture, Qu’un vit moindre qu’un fétu Y serait à la torture._
(_Cabinet satyrique._)
CHOUART. Ancien mot hors d’usage employé dans un sens obscène pour désigner le membre viril.
Voici maître Jean Chouart qui demande logis.
RABELAIS.
Il tira son chouart vif et glorieux.
(_Moyen de parvenir._)
_Le sculpteur à la main savante, Par un chef-d’œuvre de son art, A surtout formé Jean Chouart._
PIRON.
CIERGE. Le membre viril—qui brûle et se fond sur l’autel de la femme. _Fondre_ est mis là, souvent, pour _couler_.
Mais cela seulement fut suffisant pour l’en dégoûter, disant qu’elle avait vu la mèche qui était si déliée, qu’il n’y avait guère d’apparence que le cierge fût bien gros.
D’OUVILLE.
La femme, quelque putain qu’elle soit est la sainte à qui l’on doit le plus de cierges.
LEMERCIER.
CIGARETTE. Le membre viril—que les femmes savent si bien rouler dans leurs mains et porter à leur bouche par le gros bout.
_Vous, luronnes, qui des dragons Porteriez l’épaulette, De cigares bien gros, bien longs, Avez-vous fait emplette? S’ils sont trop mous ou mal tournés, Prenez ma cigarette, Prenez, Prenez ma cigarette._
J. LAGARDE.
CLAPIER. Grand con où peuvent se loger lapin et _la pine_.
Je les ai furetés tous deux, ces clapiers-là, j’en connais peu d’aussi logeables.
A. DE NERCIAT.
_Mais au clapier de qui les bords Sont couverts de nouvelle mousse._
(_Cabinet satyrique._)
CLÉ. Le membre viril—qui, sous le prétexte fripon d’ouvrir la serrure féminine, la bouche en jetant des saletés dedans.
CLIQUETER UNE FEMME. La baiser, faire aller dans son vagin le membre viril comme un cliquet de moulin,—avec moins de bruit cependant.
Jamais fille de laboureur ne fut mieux cliquetée.
SOREL.
CLITORIS. Le gland de la femme, qui, dans le prurit vénérien, bande comme le membre de l’homme; d’où, chez les Grecs, l’expression de κλὶτοριάζειν, pour _clitoridem attractare_, genre de masturbation spéciale aux femmes.
_... Mon clitoris, par tous étant fêté, Aurait pu faire au tien beaucoup de concurrence._
LOUIS PROTAT.
CLITORISER (Se). Se branler entre femmes; se chatouiller le clitoris, seule ou à deux, réciproquement.
La nature le veut: c’est le seul moyen d’être sage au couvent, puisqu’on ne peut l’être sans se clitoriser ou se manuéliser.
MERCIER DE COMPIÈGNE.
Quelle vision! grand Dieu!... Ma mère sur le dos, les cuisses repliées vers sa poitrine et les jambes en l’air, d’une main tenant un livre et de l’autre... se chatouillant le clitoris avec la plus belle vivacité.
(_Mon noviciat._)
CLOU. Le membre viril, avec lequel on fixe la femme sur le dos.
COCARDE. Blanche ou rouge... affaire d’opinion. C’est le foutre qu’on lance, ou le sang que l’on fait répandre, au con d’une pucelle.
_Heureux qui mettra la cocarde Au bonnet de Mimi-Pinson._
ALFRED DE MUSSET.
COCHON (Être). Savoir bien besogner de l’outil que la nature a eu l’obligeance de placer au bas du ventre de l’homme; baiser fort et longtemps.
_Ce n’est pas cela, mon cher, qui m’amuse Sois moins poète et beaucoup plus cochon._
(_Parnasse satyrique._)
COCHON (Être). Se dit aussi des choses obscènes, des discours qui provoquent l’érection,—des cochonneries en un mot.
_Antoine, c’est un joli nom, Un peu cochon._
ALEXANDRE POTHEY.
COCHONNE (Être). Connaître une foule de petits secrets pour arriver à faire bander les pines les plus réfractaires et jouir les hommes les plus indifférents.
COCHONNERIES. Exercices amoureux: gamahuchage, branlage, suçage, postillon, feuille de rose, patte d’araignée,—en un mot, tout ce qu’ignorent les femmes honnêtes et que savent si bien les femmes galantes.—Le libertinage a emprunté beaucoup de termes à la charcuterie (V. _langue fourrée_, _boudin_, _andouille_, _saucisse_, _vessie_, etc.), et cela se comprend de reste, χοιρος signifiant à la fois _cochon_ et _con_.
COCHONNERIES (Dire des). Avoir un langage de «haulte gresse,» appeler les choses par leur nom, dire _pine_ au lieu de _machin_, _foutre_ au lieu d’_aimer_, enfin raconter des prouesses concubitales.
COCODÈS. Imbécile élégant, ou singeant l’élégance, qui fréquente plus volontiers avec les filles entretenues qu’avec les femmes honnêtes.
Ce n’est pas un homme, c’est un cocodès.
AURÉLIEN SCHOLL.
COCODÈTE ou DANDYE. Femme du monde qui imite la cocotte—dans sa mise—et quelquefois la surpasse par l’excentricité.
COCOTTE. Fille de mœurs excessivement légères, qui se fait grimper par l’homme aussi souvent que la poule par le coq.
_Cocotte_, terme enfantin pour désigner une poule;—petit carré de papier plié de manière à présenter une ressemblance éloignée avec une poule.—Terme d’amitié donné à une petite fille: _ma cocotte_;—et quelquefois à une grande dame dans un sens un peu libre.
LITTRÉ.
COCOTIER. Homme qui a la chaude-pisse, que les maquereaux et les ouvriers appellent _la cocotte_.
L’ai-je eue assez de fois, la cocotte! l’ai-je eue!... à ce point qu’on m’appelait le roi des cocotiers.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
COCOTTERIE. Monde galant,—côté des cocottes. Ce mot fait pendant au mot: _Bicherie_.
«V. Sardou engageait amicalement une dame à surveiller les toilettes de la jeune fille de la _Famille Benoiton_, plus excentriques qu’il ne convient à une honnête bourgeoise.
—Bast! elle est si jeune et si innocente, ce n’est pas même de la coquetterie.
—Non, répliqua Sardou, mais c’est presque de la cocotterie.»
(_Figaro_, nº 1123)
COCU. Mari trompé par sa femme, comme Ménélas, comme Sganarelle et Dandin, comme vous et moi,—comme des millions d’autres.
_Tous les hommes le sont... —Excepté Couillardin..._ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . _Qu’appelle-t-on cocu? L’homme de qui la femme Livre non-seulement le corps, mais aussi l’âme, Partage le plaisir d’un amant chaleureux, Le couvre avec bonheur de baisers amoureux, Fait l’étroite pour lui, même quand elle est large, Et, manœuvrant du cul, jouit quand il décharge._
L. PROTAT. (_Serrefesse._)
_Un grant tas de bonnes commères Savent bien trouver les manières De faire leurs maris cocus._
F. VILLON.
_Apprenez qu’à Paris, ce n’est pas comme à Rome; Le cocu qui s’afflige y passe pour un sot, Et le cocu qui rit pour un fort honnête homme._
LA FONTAINE.
_Ce damoiseau, parlant par révérence, Me fait cocu, madame, avec toute licence._
MOLIÈRE.
_Je vais prier pour les cocus, Les catins et les philosophes._
BÉRANGER.
COCUAGE. État du cocu, de l’homme dont la femme baise avec un autre.
Cocuage est naturellement des apanages du mariage.
RABELAIS.
_Quel est l’époux exempt de cocuage? Il n’en est point, ou très-peu, je le gage._
LA FONTAINE.
Dans tous les temps et dans tous les pays du monde, le cocuage rapporte quelque chose.
PIGAULT-LEBRUN.
COCU EN HERBE (Être). Avoir la mine d’un honnête homme prédestiné à être un jour cocufié, s’il ne l’est pas déjà d’avance.
CŒUR. La nature de la femme,—un muscle creux comme l’autre.—Le mot est de Boufflers et du XVIIIme siècle, où la sentimentalité était inconnue, et où il était tout simple, alors, que les femmes eussent le cœur—où les poules ont l’œuf.
_Dans ce cœur tendre, aussitôt ce satyre Enfonce, enfonce un long... sujet de pleurs._
BÉRANGER.
Dès que cet enfant n’est pas de vous, ma belle nymphe, et qu’avec un cœur neuf, vous m’apportez en mariage des beautés immaculées, pourquoi rougirais-je?
A. DE NERCIAT.
_Un jour cet amant divin, Qui mettait l’amour au vin, Sur le revers d’une tonne Perça le cœur d’Érigone._
COLLÉ.
COGNÉE. Le membre viril, avec lequel on fait du bois pour les maris.—On l’a employée aussi pour la nature de la femme.
_Ma cognée aujourd’hui fait d’étranges effets, Quand elle abat du bois, elle en fait venir d’autre._
(_Cabinet satyrique._)
_Afin que l’un dedans l’autre s’emmanche, Prends que sois manche, et tu seras coignée._
RABELAIS.
COGNER UNE FEMME. La baiser à grands coups de queue sur le ventre, comme les boucs se cognent entre eux.
Une courtisane de Venise avait envie d’être cognée tout son saoul par deux Français de bonne mine.
TALLEMANT DES RÉAUX.
COIFFER UN HOMME. Le tromper en faveur d’un autre, moins jeune et plus laid, mais autre,—d’où la coiffure de cornes que l’on connaît.
_Moyennant quoi le mari fut coiffé._
PIRON.
Cinq minutes plus tard, le duc de Popoli était coiffé de la façon de tout un régiment de hussards.
PIGAULT-LEBRUN.
_Mariez-vous, et, par votre compagne, Heureux coiffeur, ne soyez pas coiffé._
ÉMILE DE LA BÉDOLLIÈRE.
COÏT. L’acte vénérien.
«Union charnelle des deux sexes. C’est la volupté qui mène à la génération. (En langage familier, on dit BAISER (_voir ce mot._) Quand la femme s’est placée dans le lit conjugal, elle se met sur le dos et écarte les cuisses. Le mari la couvre alors de son corps et, aidé par la main de sa femme, introduit l’instrument de plaisir dans l’asile qui lui est destiné. Elle referme alors légèrement les cuisses, et enlace son mari de ses jambes. Il colle sa bouche sur la sienne, et commence avec les reins ce mouvement de va-et-vient qui produit le plaisir mutuel. La femme n’a plus alors qu’à se laisser aller à la volupté, et à répondre aux baisers qu’elle reçoit. Tantôt, nonchalante et paresseuse, elle laisse agir l’homme, sans faire d’autre mouvement que celui de deux bouches qui s’unissent; tantôt adoptant le rôle actif, elle fait onduler ses reins, en enfonçant dans le con, à chaque va-et-vient, la vigoureuse queue qu’elle tient entre ses cuisses. Ses lèvres roses pressent avidement celles de son époux. Sa langue s’enlace à la sienne; ses seins tout rouges de baisers aplatissent leur courbe gracieuse sur sa poitrine, tant ses bras le serrent avec force. Son petit pied le talonne comme pour l’aiguillonner. De temps en temps elle se pâme en poussant de petits cris de plaisir; ses reins souples interrompent leurs voluptueuses ondulations, et elle demeure quelques instants immobile, savourant les coups précipités du vit furieux, et les jets de la liqueur de feu dont il inonde le temple de l’Amour.
«C’est ainsi que se produit le coït, la volupté la plus naturelle à l’espèce humaine, et qui est pour elle non-seulement un besoin, mais un devoir imposé par la Providence divine...
«Ne vous livrez pas au coït, ni à toute autre volupté après avoir mangé: attendez que la digestion soit faite.»
COMTESSE DE N***.
(_Vade-mecum des femmes mariées._)
_Ces jours à jamais effacés, J’y pense; Où sont nos coïts insensés, Passés?_
(_Parnasse satyrique._)
COLLE. Le sperme, liquide visqueux qui sert de ciment romain pour édifier des mariages—souvent peu édifiants.
_Con qui va distillant une moiteuse colle._
(_Cabinet satyrique._)
_Mais c’ machin s’change en lavette, Grâce au pouvoir d’ la vertu, Et j’ m’en tire quitte et nette Avec un peu d’ colle au cul._
(_Parnasse satyrique du_ XIXe _siècle._)
COLLER (Se). S’unir charnellement, au moyen de la «moiteuse colle» que vous savez.—Cette expression, qui s’applique spécialement aux chiens, lesquels, après le coït, se trouvent soudés mutuellement, cul à cul, à la grande joie des polissons et au grand scandale des bégueules, cette expression est passée dans le langage courant moderne pour désigner l’union illicite d’un homme et d’une femme. Que de gens croyaient ne s’être rencontrés que pour se quitter, qui sont restés collés toute leur vie!
COLLER UNE DOUCE (Se). Se masturber,—ce qui est une bien douce chose tout de même.
_...J’ai beau tous les jours me coller une douce, Dans mes rêves ton con m’agace et me poursuit._
LOUIS PROTAT.
COLOMBE DE VÉNUS (La). La motte de la femme, le duvet qui couronne son os pubis.
_Des déesses et des mortelles, Quand ils font voir les charmes nus, Les sculpteurs grecs plument les ailes De la colombe de Vénus._
THÉOPHILE GAUTIER.
COLONNE. Le membre viril, que nous sommes bien plus fiers de regarder ou de montrer à une femme que d’être Français.
COMBAT AMOUREUX. L’acte copulatif, qui est une lutte courtoise où personne n’est blessé,—quoiqu’on échange de nombreux coups.
_Même, pour l’attirer au combat amoureux, L’allait injuriant, l’appelant rustre, gueux._
MILILOT.
Nous continuâmes deux ou trois fois, en sorte que les yeux nous pétillaient d’ardeur et ne respiraient que le combat naturel.
MILILOT.
_Fut de bon poil, ardente et belle Et propre à l’amoureux combat._
LA FONTAINE.
_Sa rivale, tout au contraire, A dans les combats amoureux Les mouvements si paresseux, Qu’au sein du plaisir même Eglé vous désespère._
MÉRARD SAINT-JUST.
_J’aime dedans un bois à trouver d’aventure Dessus une bergère un berger culetant, Qui l’attaque si bien et l’escarmouche tant, Qu’ils meurent à la fin au combat de nature._
THÉOPHILE.
_Je viens des bords de la Garonne Prostituer ma personne A ton lubrique combat._
(_Cabinet satyrique._)
Bien volontiers ma femme viendra au combat vénérien.
RABELAIS.
_J’ai si bien combattu, serré flanc contre flanc, Qu’il ne m’en est resté une goutte de sang._
RÉGNIER.
_Je suis un bon soldat d’amour Qui ne fais poinct retraitte; Je sçay combattre nuict et jour Au champ de la brayette._
(_Chansons folastres._)
COMBLER LES VŒUX D’UN HOMME. Lui ouvrir ses cuisses quand on est femme, afin qu’il introduise son engin dans le vôtre.
_Sophie, à ce moment fatal, Comble les vœux de mon rival._
BÉRANGER.
COMMENCER UN ROMAN PAR LA QUEUE. Baiser d’abord la femme pour laquelle on bande et, après, lui faire la cour comme si on ne l’avait pas encore possédée.
COMMERCE AMOUREUX. L’acte vénérien, qui, plus que jamais, est aujourd’hui un commerce—mais un peu équivoque, puisque la femme vend ce que la nature lui a donné pour être donné.
COMMUNIER SOUS LES DEUX ESPÈCES. Se dit d’une femme qui se laisse à la fois foutre et enculer par les hommes.
COMPAGNON. Le membre viril, qui naît avec l’homme et meurt avec lui.
_Mignonne, jour et nuit je suis importuné D’un petit compagnon qui quand et moi fut né._
THÉOPHILE.
_Le compagnon, étant de taille énorme, Foula comme il faut le castor._
PIRON.
COMPLAISANCES POUR UN HOMME (Avoir des). Faire la libertine avec lui; le mettre en état de faire une excursion à Cythère.
_Et pour prix de mes complaisances, La vérole tu m’as foutu._
ALPHONSE KARR.
COMPLIMENT. L’acte copulatif.
_Nous avons un grand homme, Arrivé depuis peu Dans ce lieu, Qui fait, quand on l’en somme, Six compliments par jour A l’amour._
COLLÉ.
_En amour, dans ma jeunesse, J’eus des succès étonnants; Je fis à mainte Lucrèce D’innombrables compliments._
ÉMILE DEBRAUX.
CON (Le). Le petit vase dans lequel l’homme verse en pluie fine et pénétrante une partie du produit de sa nourriture,—à sa grande satisfaction et à celle du petit vase.—Les anciens connaissaient ce mot: χοιρος disaient les Grecs; _cunnus_, disaient les Latins: _cweus_, disaient les Celtes, qui disaient aussi _cona_ et _quena_, (d’où les Anglais ont appelé leur reine _queen_); _kona_, disaient les Goths; _koulma_, disent les Arabes; _emacuéma_, disent les Basques; _pota_, disent les Italiens, etc., etc.
Donne, que je te frotte le con. Il est étroit que c’est un charme.
LA POPELINIÈRE.
_Le con met tous les vits en rut; Le con du bonheur est la voie; Dans le con git toute la joie; Mais hors le con, point de salut._
PIRON.
_Il faut donc, pour ce vit, un grand con vermoulu, Un con démesuré, qui dévore, goulu, La tête et les couillons pour les mettre en curée, Un con toujours puant, comme vieille marée._
RÉMY BELLEAU.
La matrice d’une femme est du nombre des choses insatiables dont parle l’Écriture, et je ne sais s’il y a quelque chose au monde à quoi on puisse comparer son avidité:—car, ni l’enfer, ni le feu, ni la terre ne sont si dévorants que le sont les parties naturelles d’une femme lascive.
VENETTE.
C’était une jolie grêlée faite au tour, ayant un con tellement insatiable, que je fus obligé de lui mettre la bride sur le cou et de la laisser foutre avec qui elle voudrait...
(_Anti-Justine._)
CON. Métaphoriquement, Imbécile. Les vers suivants commentent cette acception particulière et impertinente:
_Qu’ ça soit étroit, qu’ ça soit large, Qu’ ça soit gris, noir, blanc ou blond, Qu’ ça bande ou bien qu’ ça décharge, Rien n’a l’air bêt’ comme un con._
CON BAVEUX. Qui a des flueurs ou quelque chose de pis.
CON BIEN BOISÉ. Dont la motte est abondamment fournie de laine.
_Mon con est boisé comme l’est Meudon, Afin de cacher l’autel du mystère Où l’on officie en toute saison._
(_Parnasse satyrique._)
CONCLUSION. La fouterie même, qui est en effet la conclusion naturelle de toutes les caresses que se font mutuellement des amants bien épris,—ou simplement des gens qui ont envie de tirer un coup.
Apprends donc qu’il y a cent mille délices en amour qui précèdent la conclusion.
MILILOT.
_Un homme de votre condition, Le prendre sur un aussi mauvais ton: Vous allez droit à la conclusion!_
COLLÉ.
CONCON. Mot nouveau sur celui de _bonbon_, dit Collé, son inventeur. On se flatte qu’il passera en faveur de sa douceur et de son indécence.
_Mon vit mignon! Tu n’y perdras rien, mon garçon; Je te donnerai du concon Bien bon!_
CONCUBINE. Femme qui, sans être mariée, a commerce de chair avec un homme, qui quelquefois est marié, lui.
Monsieur H**, disait un jeune homme au savant professeur que nous venons de perdre, j’ai eu l’honneur de me présenter chez vous, et je n’y ai rencontré que votre bonne...—Ce n’est pas ma bonne, monsieur, interrompit le père H** d’un air terrible. Ce n’est pas ma bonne, c’est ma concubine!...
J. LE VALLOIS.
CONCUBINER. Vivre maritalement avec quelqu’un.
L’abbé de La Rivière, le favori de Gaston d’Orléans, entretenait ouvertement une demoiselle Legendre; il la gardait auprès de lui dans son château de Petit-Bourg et concubinait avec elle, sans seulement songer à sauver les apparences. «Elle est à cette heure comme sa ménagère», écrivait Tallemant vers 1660.
(_Hist. de la prostitution._)
CONCUPISCENCE. Le fond d’inclination naturelle qui nous fait désirer, hommes, de baiser toutes les femmes, femmes, d’être foutues par tous les hommes.
Le mariage était un nom d’honneur et de dignité, et non de folâtre et lascive concupiscence.
MONTAIGNE.
_L’âpre stérilité de votre jouissance Altère votre soif et raidit votre peau, Et le vent furibond de la concupiscence Fait claquer votre chair ainsi qu’un vieux drapeau._
CHARLES BAUDELAIRE.
CON FAISANDÉ. Qui a reçu tant d’assauts, ou qui a eu tant de maladies, qu’il porte en lui une odeur dont s’accommodent seuls les gens qui ne sont pas dégoûtés.—On le dit aussi comme synonyme de _vieille fille_.
CONFESSER. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.
_Ci gist le cordelier Midieux, Dont nos dames fondent en larmes, Parce qu’il les confessait mieux Qu’augustins, jacobins et carmes._
CL. MAROT.
_On vient pour voir le père Urbain. Il confesse encor sa dévote._
(_Épigrammes._)
CONFITURES. Le sperme, dont sont très friandes les femmes.—Brantôme parle quelque part, dans ses _Dames galantes_, d’un «amour bien lascif, composé de confitures spermatiques.»
CONFRÈRE DE LA LUNE. Cocu,—par allusion aux cornes de la blonde Séléné.
CONFLIT. Bataille amoureuse, combat corps à corps et nu à nu.
_Écrivant les beautés du lit Où se fit l’amoureux conflit._
THÉOPHILE.
CON GLAIREUX. Gras, soit naturellement, soit par suite de maladies, soit par malpropreté.
_Hideux amas de tripes molles Où d’ennui bâille un con glaireux._
(_Parnasse satyrique._)
CON GRAS. Mal nettoyé, encore enduit de beurre masculin, ou naturellement adipeux,—de sorte que le membre qui s’y introduit est tout étonné d’y faire flic-flac.
_On ne se lave bien qu’au bordel! Des ingrats Peuvent seuls à ton con préférer un con gras._
ALBERT GLATIGNY.
CONIFÈRE. Jeune fille ou jeune femme,—de _cunnus_, con, et _fero_, je porte.
Quand on se promène le soir dans la rue Saint-Denis, on voit trotter sur les pavés un tas de jolis petits conifères.
A. FRANÇOIS.
CONIN. Jeune con, con impubère, con qui n’est pas encore dans la circulation, n’ayant pas encore été frappé par le balancier de l’homme.
Vous avez là le conin le plus joli du monde.
LA POPELINIÈRE.
_Ton conin, pauvre oiseau sans plume, M’ouvre un bec encor mal fendu._
AUGUSTE LEFRANC.
CONISTE. Homme qui préfère le con au cul,—élevé qu’il a été à l’École normale de Paris au lieu de l’avoir été à l’École anormale de Rome.
_Si j’aime beaucoup mon vit, c’est que L’estime fonde cet amour. Voici le quatrième évêque Qu’il refuse en un même jour; Il est coniste, et vous pouvez m’en croire, Plus qu’un père de l’Oratoire._
COLLÉ.
CONJONCTION. L’union naturelle de deux êtres d’un sexe différent.
Qui est-ce qui a le plus de plaisir, de l’homme ou de la femme, dans la conjonction naturelle?
MILILOT.
Il prononça la validité du mariage, et renvoya les époux se conjoindre dans la maison paternelle.
DIDEROT.
CONJUNGO. Le mariage, dans l’argot du populaire qui voit dans ce mot une équivoque réjouissante (_jungo_, je joins, _con_, le con), au lieu d’y voir la première phrase du prêtre qui lie deux époux pour la vie.
_La fruitièr’ dit, r’luquant ma mine: Comment t’ trouv’s-tu du conjungo?_
TOSTAIN.
CONNAISSANCE. Maîtresse, concubine.
Ah! vous avez une connaissance, monsieur!
DE LEUVEN.