Dictionnaire érotique moderne

Part 7

Chapter 73,650 wordsPublic domain

CARABINE. Femme qui fréquente les élèves en médecine et se fait carabiner par eux.

... _Son petit air mutin Plaît fort au quartier Latin. C’est Flora, la carabine, Dont la mine si lutine, Promet à chacun son tour Un beau jour d’amour._

J. CHOUX.

CARABINER UNE FEMME. La baiser à la gendarme, la flûte entre les jambes.

Et tandis que vous jouerez gros jeu avec la princesse, ne pourrai-je point carabiner avec la soubrette?

(_Théâtre italien._)

CARACOLER. Baiser, ce qui est proprement faire des caracoles sur le ventre d’une femme.

CARAMBOLER. Faire l’acte vénérien, parce que l’homme se sert de sa queue pour jouer au billard amoureux, pour y faire des effets de queue, pour mettre ses billes dans la blouse de la femme.

CARCAN À CRINOLINE. Nom que les voyous donnent aux drôlesses du quartier Breda, qui font de l’embarras avec leurs crinolines à vaste envergure sous lesquelles il y a souvent des maigreurs désastreuses.

C’est pas un de ces carcans à crinoline.

CHARLES MONSELET.

CARDINALES (Les). Les menstrues, qui teignent en rouge la chemise des femmes.—On disait même autrefois: «Le cardinal est logé à la motte», pour signifier: «Cette femme a ses menstrues.»

_La jeune fille un peu pâle et tout éplorée, A son amant chéri fit cet aveu fatal Qu’elle avait pour neuf mois perdu son cardinal._

(_Tour du Bordel._)

CARESSER UN HOMME. Le peloter, lui passer une main adroite dans le pantalon pour réveiller le membre qui y dort sur ses deux coussins, et le faire ainsi gaudiller.—Caresser une femme, la baiser,—ce qui est, pour elle, la caresse par excellence.

_Chloé, d’où vient cette rigueur? Hier tu reçus mes caresses, J’accours aujourd’hui plein d’ardeur Et tu repousses mes tendresses._

E. T. SIMON.

_Afin, se disoit-il, que nous puissions, nous autres, Leurs femmes caresser, ainsi qu’ils font les nôtres._

RÉGNIER.

_J’avois un mari si habile, Qu’il me caressoit tous les jours._

(_Parnasse satyrique._)

La jeune demoiselle qui avait été si bien caressée, s’imaginait que cela devait durer toutes les nuits de la même façon.

D’OUVILLE.

Il les repoussa de la porte, la referma, et retourna caresser la belle.

TALLEMANT DES RÉAUX.

_Si vous vouliez madame caresser, Un peu plus loin vous pouviez aller rire._

LA FONTAINE.

_Que de caresses Que de tendresses, Pour réchauffer vos cœurs, vieux députés!_

GUSTAVE NADAUD.

CARILLONNER. Baiser une femme, en frappant les parois de sa cloche avec le battant priapesque.

Et il carillonne à double carillon de couillons.

RABELAIS.

N’est-ce pas un sujet de rire, lorsqu’on est sur le point de carillonner à ma paroisse.

D’OUVILLE.

CAROTTE. Le membre viril,—par allusion à sa forme et à sa couleur.

Pourquoi la retires-tu, ta petite carotte? Je ne voulais pas te la manger.

E. JULLIEN.

CARTE (Avoir sa, ou Être en). Être inscrite comme fille exerçant le métier de putain, sur le registre _ad hoc_ ouvert à la préfecture de police.

... _Dès demain Je ferai demander ta carte à la police, Et tu pourras alors commencer ton service._

LOUIS PROTAT.

CARTES TRANSPARENTES. Cartes à jouer qui, au premier abord, ressemblent à d’innocentes cartes, mais qui, lorsqu’on les regarde avec attention, entre le soleil et les yeux, sont autant de _compulsamenti_ à fouterie.

Elle fait défiler devant ses yeux une foule de cartes transparentes, qui sont autant des outrages au bon goût qu’aux bonnes mœurs.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

CAS. Le membre viril aussi bien que la nature de la femme.

_Un capucin, malade de luxure, Montroit son cas, de virus infecté..._

PIRON.

_Je croyois que Marthe dût être Bien parfaite en tout ce qu’elle a; Mais, à ce que je puis connoître, Je me trompe bien à cela, Car, bien parfaite, elle n’est pas Toujours en besogne à son cas._

BERTHELOT.

Qui a froid aux pieds, la roupie au nez, et le cas mol, s’il demande à le faire, est un fol.

(_Moyen de parvenir._)

_Mon cas, fier de mainte conquête, En Espagnol portoit la tête._

RÉGNIER.

Il avoit sa femme couchée près de lui, et qui lui tenoit son cas à pleine main.

BRANTÔME.

_Les tetons mignons de la belle, Et son petit cas, qui tant vaut._

MAROT.

Le cas d’une fille est fait de chair de ciron, il démange toujours; et celui des femmes est de terre de marais, on y enfonce jusqu’au ventre.

BRANTÔME.

La servante avait la réputation d’avoir le plus grand cas qui fût dans le pays.

D’OUVILLE.

CASCADEUSE. Drôlesse du quartier Breda, qui se joue de l’amour et des amoureux.

Ne t’y fie pas: c’est une cascadeuse.

CHARLES MONSELET.

CASQUER. Donner de l’argent à une femme galante quand on est miché, à un maquereau quand on est femme galante. Casquer, c’est tendre son casque; tendre son casque, c’est tendre la main: la fille d’amour tend la main, et l’homme qui bande y met le salaire exigé, pour avoir le droit d’y mettre sa queue.

En ai-je t’y reçu de l’argent des menesses!... Oui, elles ont casqué, et dru!...

LEMERCIER DE NEUVILLE.

CASSE-NOISETTE. Habile contraction du sphincter du vagin qui retient prisonnier le membre viril qui s’est engagé, la tête la première, dans ces mystérieuses Thermopyles, et le force ainsi à combattre vaillamment—et à jouir.

L’art du casse-noisette remonte à la plus haute antiquité; quelques femmes modernes le pratiquent encore avec succès, avec moins de succès cependant que les Chinoises, qui sont conformées de façon à faire gaudiller le Chinois le plus écourté du Céleste Empire.

A. FRANÇOIS.

_Je possède l’art du casse-noisette, Qui ferait jouir un nœud de granit._

ANONYME.

CASSER LE LIT. Baiser avec énergie, à tout casser, le sommier élastique et le cul de la femme—plus élastique encore.

_Sur le lit que j’ai payé Je ne sais ce qui se passe: A peine l’ai-je essayé, Que le bougre me le casse._

GUSTAVE NADAUD.

CASSER UN ŒUF. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

Je ne vous ferai point de mal, je veux casser un œuf, qui est près de durcir dans votre ventre.

(_Moyen de parvenir._)

CASTRAT. Se dit, non pas seulement des hommes qui ont perdu leurs testicules naturellement, mais encore de ceux qui ne bandent plus à force d’avoir bandé dans le cours de leur vie.

_Dans ton théâtre, où règnent les castrats._

JOACHIM DUFLOT.

_Es-tu pédéraste ou castrat, voyons? Un pareil état m’excite et m’offense: Descends de mon lit, ou bien rouscaillons._

ANONYME.

CATAU, ou CATHOS, ou CATIN. Fille ou femme légère—comme chausson.—Nom de femme qui est devenu celui de toutes les femmes—galantes.

_Je vous chanterai, dans mes hexamètres, Superbe catin dont je suis l’amant_

(_Parnasse satyrique._)

_Une catin, sans frapper à la porte, Des cordeliers jusqu’en la cour entra._

MAROT.

_Parmi les cataux du bon ton, Plus d’une, de haute lignée, A force d’être patinée Est flasque comme du coton._

EMILE DEBRAUX.

Retiens cette leçon, Philippine: quelque catin que soit une femme, il faut qu’elle sache se faire respecter, jusqu’à ce qu’il lui plaise de lever sa jupe.—Je pense de même...

ANDRÉA DE NERCIAT.

_... En tout, tant que vous êtes, Non, vous ne valez pas, ô mes femmes honnêtes, Un amour de catin._

ALFRED DE MUSSET.

_Des catins du grand monde J’ai tâté la vertu._

ÉMILE DEBRAUX.

CATZE. Mot à la fois flamand et italien (_cazzo_), signifiant le membre viril.

_A ton catze prends la carrière, Pour t’enfoncer en la barrière De mon chose._

THÉOPHILE.

CAUSER. Faire l’amour. C’est par antiphrase, sans doute, puisqu’on ne parle guère lorsqu’on baise: on a trop à faire pour cela.

Asseyons-nous sur ce canapé, mon ami, et... causons.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

Il dit à Baron que, quoiqu’il fatiguât beaucoup à la comédie, il aimerait mieux être obligé d’y danser tous les jours, que d’être seulement une heure à causer avec la maréchale.

(_La France galante._)

CAUSEUSE. Femme chaude du cul.

Il n’en fut pas de même du Basque, qui trouvait que la maréchale était une causeuse inexorable.

(_La France galante._)

CÉDER À UN HOMME. Se laisser baiser par lui,—c’est-à-dire par son membre, qui sait mieux accoler que la bouche.

_Victime d’une ruse indigne, La trop confiante Léda Croyait ne caresser qu’un cygne, Quand à Jupin elle céda._

JULES RUEL.

CECI, ou CELA. Le membre viril—avec quoi on fait cela aux dames,—ou bien la nature de la femme.

_Parbleu, dit-il, prenez ceci, Il est d’assez bonne mesure._

GRÉCOURT.

Si vous mettez la main au devant d’une fillette, elle la repoussera bien vite et dira: Laissez cela.

(_Moyen de parvenir._)

_... Il est nommé Pine par la lorette; Un Chose, ou bien Cela, par une femme honnête._

LOUIS PROTAT.

CENTRE. La nature de la femme, qui est en effet l’ombilic du monde; tout part de là, et tout y est ramené.—On dit aussi, mais c’est une superfétation: _Centre de délices_.

D’un seul coup, Rose rejeta la couverture; il ne s’attendait pas à nous voir totalement nues, et nos mains placées au centre de la volupté.

(_Rideau levé._)

Celle des deux qui triomphait par ses gestes et sa débauche, voyait tout à coup sa rivale éperdue fondre sur elle, la culbuter, la couvrir de baisers, la manger de caresses, la dévorer jusqu’au centre le plus secret des plaisirs, se plaçant toujours de manière à recevoir les mêmes attaques.

(_Gamiani._)

CÉRÉMONIE. L’acte le plus important de la vie, celui qui se fait avec le plus de pompe—quand on a affaire à une bonne suceuse.

J’en connais qui sont adonnées à la cérémonie—Qu’entends-tu par la cérémonie? interrompit-elle—C’est, Madame, repris-je, de donner le fouet ou de le recevoir.

(_Mœurs du temps_, I, 159.)

_Que bonne part de la cérémonie Ne fût déjà par le prêtre accomplie._

LA FONTAINE.

CERNER LES YEUX (Se). Se masturber,—ce qui _culotte_ furieusement les yeux, en effet.

Voilà que j’bande... Ah! n’craignez rien, j’n’ai jamais eu c’défaut-là... Et puis... ça cerne les yeux.

TISSERAND.

CERTAIN BOBO. La vérole, qui est un mal certain. Piron l’appelait un _petit mal gaillard_.

_Un jeune élève d’Esculape Me guérit de certain bobo... Un beau jour, il me dit: Ma chère, En moi, vos yeux ont excité Certain feu. Je le laissai faire, Pour m’assurer de ma santé._

(_Gaudriole de 1834._)

CERVELAS. Nom que donnent au vit la plupart des cuisinières; aussi bien que: _boudin_, _saucisson_, _andouille_, _bout de viande_, etc., selon la forme, la longueur ou la grosseur de l’objet, qui est un produit de la _cochonnerie_.

_Oui, mon cher, à vot’ cervelas On a fait un’ rud’ brèche... Vous n’ me l’mettrez pas, Nicolas: Je n’aim’ que la viand’ fraîche._

J. E. AUBRY.

CESSER DE L’ÊTRE. Ne plus être pucelle.

Je le suis encore, m’a-t-elle dit en riant, je voudrais cesser de l’être par un joli homme comme toi.

RÉTIF DE LA BRETONNE.

CHAHUTEUSE. Coureuse de bals publics, qui danse volontiers la chahut au lit.

CHAIR. Le membre viril, que les femmes ne craignent pas de consommer même en Carême,—parce que ce jeûne-là serait de tous le plus pénible et le plus impossible.—D’où l’expression biblique d’_œuvre de chair_.

_Bon, bon! sur ce ton-là, la petite friande, Il lui faut la chair vive après toute autre viande._

J. DE SCHÉLANDRE.

CHALEUR (Être en). Avoir envie d’homme lorsqu’on est femme, de femme lorsqu’on est homme,—et de chienne lorsqu’on est chien.

_De sa fécondité la cause S’explique en y réfléchissant!... Il est clair pour l’observateur Qu’il doit toujours être en chaleur._

LOUIS PROTAT.

CHALUMEAU. Le roseau percé d’un trou avec lequel l’homme joue les airs variés de la polissonnerie dans le vagin de la femme.

_Mais son doux chalumeau M’ayant d’amour éprise, Ce n’est rien de nouveau Si je fis la sottise._

(_La Comédie des chansons._)

CHAMBRER. Sécurité que l’on prend en renfermant dans sa chambre l’homme ou la femme qu’on destine à ses plaisirs amoureux, dans la crainte qu’ils ne portent à d’autres une partie du tribut que l’on se réserve.

Ailleurs, la comtesse, avec moins d’égards pour son estomac, chambre le joli Fessange.

(_Les Aphrodites._)

_Sachez, dit-il, que je chambre Certaine femme de chambre._

GRÉCOURT.

CHAMEAU. Fille de mauvaises mœurs, nommée ainsi par antiphrase sans doute, le chameau étant l’emblème de la sobriété et de la docilité, et la gourgandine, l’emblème de l’indiscipline et de la gourmandise.

_L’autre dit que sa gorge a l’air d’un mou de veau, Et toutes sont d’accord que ce n’est qu’un chameau._

LOUIS PROTAT.

_Suivre la folie Au sein des plaisirs et des ris, Oui, voilà la vie Des chameaux chéris A Paris._

JUSTIN CABASSOL.

CHAMP. La nature de la femme, que Dieu a condamné l’homme à labourer et à ensemencer, ce à quoi il ne manque pas.

_Si pour cueillir tu veux donques semer, Trouve autre champ, et du mien te retire._

MAROT.

De manière que mon champ ne demeurât point en friche.

CH. SOREL.

CHAMP DE BATAILLE. Le lit, sur lequel se tirent tant de coups et, tout au contraire de l’autre, se fabriquent tant de créatures humaines.—On employait autrefois ce mot pour: la nature de la femme.—L’expression moderne est plus exacte.

Il fallut abandonner le champ de bataille et céder Haria.

DIDEROT.

Quoiqu’il me parût fort dur de quitter le champ de bataille avant d’avoir remporté la victoire, il fallut m’y décider pourtant.

LOUVET.

CHAMPIGNON (Le). Le membre viril,—à cause de sa forme, qui rappelle celle des cryptogames dont les femmes sont si friandes, surtout quand ce sont des champignons de _couche_.

_Si son champignon Ressemble à son piton. Quel champignon, Gnon, gnon, Qu’il a, Gandon, Don, don!_

ALEXANDRE POTHEY.

CHAMPIGNON. Végétation charnue et maligne qui vient sur le membre viril par suite d’un contact suspect.

_Elle n’eut jamais chaude-pisse, Ni vérole, ni champignon._

H. RAISSON.

CHANCRE. Petit ulcère cancéreux qui se déclare ordinairement sur le membre viril à la suite d’un contact malsain et qui, s’il n’est pas soigné, finit par infecter l’économie.

_Jamais du moins on ne m’a vu Foutre des chaudes-pisses; Pleins de chancres et de morpions._

(_Parnasse satyrique._)

CHANDELIER. La nature de la femme, dans laquelle brûle la chandelle de l’homme.

CHANDELLE. Le membre viril, qui fond—et coule trop souvent—au feu du vagin de la femme.

Voici maître curé qui vient pour allumer sa chandelle, ou pour mieux dire l’éteindre.

(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

_De femmes qui montrent leurs seins, Leurs tétins, leurs poitrines froides, On doit présumer que tels saincts Ne demandent que chandelles roides._

G. COQUILLART.

CHANTER L’INTROÏT. Introduire son membre dans le vagin d’une femme,—ce qui est le commencement (_introitus_) de la jouissance.

_Une catin s’offrant à l’accolade, A quarante ans, il dit son introït._

PIRON.

CHAPEAU. La nature de la femme, dont se coiffe si volontiers la tête du membre viril.

_Que ta main s’est piqué les doigts Au chapeau de la mariée._

BÉRANGER.

CHAPEAU DE GOUDRON (Avoir un). Enculer un homme ou une femme,—ce qui couvre le membre viril d’un brai de vilaine couleur et de plus vilaine odeur.

_Dans l’ trou d’ ton cul faut que j’ m’affalle; Tach’ de ravaler ton étron, Pour que je n’ sorte pas d’ la cale Avec un chapeau de goudron._

ALPHONSE KARR.

CHAPELLE. Le con—que l’homme ne voit pas sans ployer les genoux.

Il tâcha de faire entrer son idole dans ma chapelle; à quoi je l’aidai en écartant les cuisses et en avançant le croupion autant qu’il me fut possible.

(_Mémoires de miss Fanny._)

_Tous les passants dedans cette chapelle Voulaient dévots apporter leur chandelle._

(_La Chapelle d’amour._)

_Le compagnon lui plut si fort, Qu’elle voulut en orner sa chapelle._

PIRON.

CHAPON (Au figuré): Homme châtré ou impuissant.

En termes de cuisine, l’on appelle chapon le croûton de pain frotté d’ail qui aromatise la salade.

Un de nos confrères, célèbre par sa continence... forcée, dînait dimanche à la campagne.

—Aimez-vous le chapon? lui demande la maîtresse de la maison.

—Oh! non, je ne peux pas le sentir.

—Parbleu! fit un convive, ça lui rappelle Boileau.

EMILE BLONDET.

_Pour ma part, moi j’en réponds, Bienheureux sont les chapons._

BÉRANGER.

CHAPONNER UN HOMME. Le châtrer, lui couper les testicules,—comme le bon chanoine Fulbert fit au libertin Abeilard.

Je te chaponnerai, puis je t’arracherai les couilles rasibus.

LOUIS PROTAT.

CHARADES. Jeu de société qui, comme tous les jeux innocents, ne contribue pas peu à l’instruction des jeunes filles.

On jouait aux charades chez la princesse M...—Une jeune dame proposa celle-ci:

«Mon _premier_ est un instrument de plaisir. Mon _second_ sert dans les jeux de hasard, Et mon _tout_ est le nom d’un grand homme.»

—Je le tiens! s’écria madame A... Et elle articula, presque timidement, ces deux syllabes: _Con-dé_.

—C’est assez compris, dit l’auteur; mais il y a quelque chose de trop grand et quelque chose de trop petit.

Une dernière dame hasarda: _Lamotte-Piquet_.

—Il y a du bon, mais ce n’est pas encore cela. Voyons... personne ne dit plus mot?... Eh bien! le nom de mon homme, c’est... _Vagin-jeton_.

La princesse en rit encore!

Voici une anecdote qui concerne cette aimable femme:

On lui avait recommandé un jeune auteur d’avenir. Celui-ci se présente au jour qu’elle avait fixé pour le recevoir.

—Ah! c’est vous, dit-elle, Monsieur... Monsieur _Lévy_, je crois?...

—Madame, je me nomme _Lépine_.

—Oh! mon Dieu, reprend la princesse, c’est la même chose. Il me semblait bien aussi qu’il y avait un _vit_ ou une _pine_ au bout de votre _Lé_.—Asseyez-vous donc, je vous prie, et quand je connaîtrai _votre affaire_, je verrai ce que je puis pour vous.

(_Historique._)

CHARMES. Les tétons, les fesses, etc., de la femme—qui charment en effet nos yeux et notre imagination.

Avec beaucoup de _charmes_, c’est-à-dire de beauté, on peut manquer de _charme_: on peut de même avoir beaucoup de _charme_ avec très peu de beauté. Réunir _le_ et _les_, c’est la perfection à son comble.

A. DE NERCIAT.

_Et laisse voir ses charmes, dont la vue Est pour l’amant la dernière faveur._

PARNY.

_... Y vendre au poids de l’or toutes les voluptés, Et des charmes, souvent, qu’on n’a pas achetés._

LOUIS PROTAT.

CHARNIÈRE. Le périnée,—c’est-à-dire, l’endroit qui sépare le con du trou du cul.

_Elle s’en est tant foutu, Qu’ell’ s’est rompu la charnière... Si bien que du con au cul, Ça n’fait plus qu’une gouttière: Bon, bon, de la Bretonnière._

(_Vieille chanson._)

CHAT. Nom que les femmes donnent à la divine cicatrice qu’elles ont au bas du ventre,—à cause de son épaisse fourrure, et aussi parfois à cause des griffes avec lesquelles elle déchire la pine des honnêtes gens qui s’y frottent.

_Elle aime tous les rats, Et voudrait, la Lesbienne, Qu’à sa langue de chienne Elles livrent leurs chats._

JOACHIM DUFLOT.

CHÂTRER. Rendre un homme inhabile à la génération, en lui coupant les testicules.

_Beau con, dont la beauté tient mon âme ravie, Qui les plus vieux châtrés pourrait faire dresser._

THÉOPHILE.

CHAUD COMME BRAISE (Être). Se dit d’un homme qui bande toujours, pour qui toutes les femmes sont égales devant sa pine.

_Dans les gardes-françaises J’avais un amoureux, Fringant, chaud comme braise, Jeune, beau, vigoureux._

J.-J. VADÉ.

_Je suis étroit, chaud comme braise, Mon pucelage vaut le tien._

(_Parnasse satyrique._)

CHAUD DE LA PINCE. Homme ardent aux plaisirs vénériens; bon fouteur.

_C’était un chaud de la pince Qui peuplait dans chaqu’ province L’hospice d’s enfants trouvés._

LOUIS FESTEAU.

CHAUDE-LANCE. Le faux-nez de la chaude-pisse.

_Le soldat de Lobau, Dit-on, n’eut pas de chance, Car une chaude-lance Lui corda le boyau._

JOACHIM DUFLOT.

CHAUDE-PISSE. Écoulement vénérien du canal de l’urètre,—une des épines de cette rose qu’on appelle la femme.

_... Sais-tu d’abord quel nom Donner à l’instrument par où le mâle pisse Et par lequel aussi lui vient la chaude-pisse?_

LOUIS PROTAT.

CHAUDRON. La nature de la femme,—vase que la pine de l’homme se charge de fourbir et de laver.

Son mari n’était d’aventure assez roide fourbisseur d’un chaudron tel que le sien.

(_Le Synode nocturne des tribades._)

CHAUFFER UNE FEMME, CHAUFFEUR. Homme qui bande pour une femme et qui la serre de près, comme l’épervier la colombe, pour épier le moment favorable où il pourra fondre dessus, la pine en avant.

Loquemans, c’est l’officier, le chauffeur de la petite.

H. MONNIER.

CHAUSSER UNE FEMME. Être le mâle qui lui convient, avoir le membre qui s’adapte le mieux à son con.

Je veux dire que tu es un crâne fouteur, que tu me chausses comme jamais, en effet, je n’ai été chaussée.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

CHAUSSON. Fille de la dernière catégorie, qui chausse tout le monde et se fait chausser par tout le monde.

Joséphine! elle a chaussé le cothurne à la salle de la Tour-d’Auvergne, chez Ricourt...—C’est pour cela que je l’appelle _chausson_... qu’elle est.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

CHEMIN DU PARADIS. La nature de la femme,—où l’on ne peut aller qu’un à un, le bâton de chair à la main.

CHEMINÉE. La nature de la femme, que l’homme se charge de ramoner souvent avec sa pine,—de peur d’incendie, car elle flambe toujours.

_Ramonnez-moy ma cheminée, Ramonnez-la-moy hault et bas; Une dame, la matinée, Ramonnez-moy ma cheminée, Disoit, de chaleur forcenée: Mon amy, prenons nos esbas, Ramonnez-moy ma cheminée, Ramonnez-la-moy hault et bas._

(_Fleur de poésie._)

CHEMINER AUTREMENT QUE DES PIEDS. Faire l’acte vénérien, dans lequel, en effet, on fait beaucoup marcher la pine,—cette troisième jambe qui se fatigue si vite.

_Lycaste pourrait bien l’avoir fait cheminer Autrement que des pieds; ce sexe est si fragile Que, prenant bien son temps, vertement on l’enfile._

TROTTEREL.

CHEVALIER DE LA ROSETTE. Pédéraste actif ou passif.

CHEVAUCHER. Monter sur une femme comme sur une cavale pleine d’ardeur, et la conduire au bonheur à grands coups de cet éperon que nous avons tous au bas du ventre.

Il m’a dit que, lorsqu’il me pouvait tirer à l’écart, il était si animé à me chevaucher sur-le-champ, qu’il ne pouvait plus commander à son vit roide.

MILILOT.

Vous me promîtes que quand vous seriez mariée, je vous chevaucherois.

(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

_Carmes chevauchent nos voisines, Mais cela ne m’est que du meins._

F. VILLON.

_Un médecin, toi sachant, Va ta femme chevauchant._

TABOUROT, S. DES ACCORDS.

_Les dévotes beautés qui vont baissant les yeux, Sont celles plus souvent qui chevauchent le mieux._

PIRON.

CHEVAUCHER À L’ANTIQUE. Enculer une femme ou un homme,—ce qui est, en somme, la plus logique manière de monter à cheval.

_Jaquet, ignorant la pratique D’Hippocrate et de Gallien, Chevauchait un jour à l’antique Margot, que chacun connaît bien._

THÉOPHILE.

CHEVAUCHEUR. Baiseur, homme monté sur une femme—qui galope vers la jouissance.

_Et rien alors n’est plus gai pour le chevaucheur Que de voir, dans un cadre ondoyant de blancheur, Le joyeux va-et-vient de l’énorme derrière._

EMMANUEL DES ESSARTS.

CHEVILLE OUVRIÈRE ou CHEVILLE D’ADAM. Le membre viril avec lequel on bouche le trou de toutes les Èves que l’on rencontre.

_Que je voudrais bien être Femme d’un menuisier, Ils ne font rien que cheviller._

GAUTIER-GARGUILLE.

CHIBRE. Un des mille noms du dieu de Lampsaque.—Le mot nous vient des marins, qui appellent le nez _guibre_, surtout lorsqu’il est un peu fort. D’où le proverbe: gros nez, gros—chibre.