Part 6
BONNET ou BONNET À POIL. La nature de la femme, que l’homme place sur la tête de son priape à la grande satisfaction de celui-ci. Il y a des bonnets pour toutes les têtes et des têtes pour tous les bonnets.
_Ma Lisa, ma Lisa, tiens bien ton bonnet._
E. DEBRAUX.
_Tu vas me dire, je le gage, Que la chaleur de ton bonnet Fera transpirer son... visage_
GUILLEMÉ.
_Un bonnet à poil, je te jure, Aujourd’hui ferait son bonheur; Pour faire admirer sa tournure, Coiffe mon petit voltigeur._
GUILLEMÉ.
_Mon ourson ne servit plus guère; Car, comm’ disait notre aumônier: J’ connais c’ pays qu’on prône, Novi, Florence, Ancône; Mais l’Italien, peu guerrier, Rarement coiffe—un bonnet d’ guernadier._
HENRI SIMON.
BONTÉS. Coups tirés avec un homme. Expression chaste, sens obscène.
Vous êtes un ingrat: je regrette d’avoir eu des bontés pour vous, et de vous avoir ainsi donné le droit de me mépriser.
J. DU BOYS.
BORDEL. Couvent de femmes qui ont fait vœu de lubricité. C’est le _ganea_ (γάνος, joie) des Anciens, ordinairement situé loin de la ville, et la _Borde_ (petite maison) des Modernes, située aussi dans la campagne, loin des regards indiscrets.
L’on envoie sa conscience au bordel, et l’on tient sa contenance en règle.
P. CHARRON.
_Misérable Philis, veux-tu vivre toujours Un pied dans le bordel, l’autre dans la taverne?_
MAYNARD.
_Cependant vengeons-nous Sur la grosse Cateau, qui tient bordel infâme._
LA FONTAINE.
BORDEL AMBULANT. Fiacre, dont les stores baissés permettent aux amoureux, qui l’ont pris à l’heure pour aller plus doucement, de faire leurs petites affaires de cul.
BORDELIER ou BORDELIÈRE. Homme ou femme qui hante les bordels.
BOSSOIRS (Les). Les tétons, par allusion aux deux grosses pièces de bois qui servent à suspendre et à hisser les ancres d’un navire et qui font saillie au-dessus de l’éperon, à l’avant.—D’où cette facétie libertine: «Les bossoirs (beaux soirs) font les belles nuits.»
_Rembarque-moi ces bossoirs, Quoi qu’ tu fais d’ ces morceaux d’ tripe?_
(_Parnasse satyrique._)
BOTTE FLORENTINE. Enculage d’un homme ou d’une femme,—par allusion aux habitudes pédérastiques, vraies ou supposées, des habitants de Florence, une façon de Sodome.
Peut-être aussi le plus bizarre de tous les goûts pour une femme... fait-il qu’elle ne prend aucune précaution contre la botte florentine qui pourrait la menacer.
(_Les Aphrodites._)
BOUCHE D’EN BAS (La). La nature de la femme,—si éloquente dans son langage muet.
D’autres femmes y a-t-il, qui ont la bouche de là si pâle, qu’on dirait qu’elles y ont la fièvre.
BRANTÔME.
_Pour récompenser mon mérite, Arrachant les dents bien à point, Permettez que je vous visite Votre bouche qui n’en a point._
(_Cabinet satyrique._)
BOUCHE IMPURE (La). Le trou du cul,—qui parle plus souvent qu’on ne voudrait, et dont le langage n’est en odeur de sainteté qu’auprès des pédérastes.
Déjà le comte, dans un moment de délire assaisonné des exclamations les plus passionnées, est allé jusqu’à déposer un baiser fixe et mouillant sur cette bouche impure de laquelle, en pareil cas, il serait disgracieux d’obtenir un soupir.
ANDRÉA DE NERCIAT.
BOUCHÈRE EN CHAMBRE. Fille ou femme galante, qui pèse la viande—masculine—avec la main.
BOUCHERIE. Bordel, où abondent les gros morceaux de viande,—humaine.
Je vais connaître cette maison et savoir quelle viande il y a à son étal, à cette boucherie-là.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
BOUCHER LA SERRURE. Mastiquer le vagin de la femme à force de décharger dedans, et le rendre impropre à la fécondation.
BOUCHER UN TROU, UNE BRÈCHE, UNE FENTE. Introduire le membre viril dans le vagin d’une femme, sous prétexte d’en mastiquer les fissures.
_Plus loin, j’ trouvons madam’ vot’ mère Sous not’ aumônier Goupillon; J’ dis: Vous bouchez un’ brèch’, not’ père, Par où pass’rait un bataillon._
BÉRANGER.
BOUCHON. Le membre viril, que la nature a destiné à fermer hermétiquement le goulot de la femme.
BOUDER. Joli mot, sotte chose, a dit Commerson.—Laisser voir, par l’expression de son visage, qu’on a de l’humeur ou du ressentiment contre quelqu’un.
_On ne saurait bouder longtemps Quand on boude contre son ventre._
(_Improvisateur français._)
Tu sais que ta ci-devant femme, quant à ce qui est d’ça (foutre), n’aime à bouder ni contre son ventre, ni contre son bas-ventre.
SOPHIE ARNOULD.
BOUDIN ou BOUDIN BLANC. Le membre viril,—dont toutes les femmes voudraient bien avoir dix aunes dans le corps.
Qu’est-ce que vous voulez faire du boudin de mon mari. N’avez-vous pas assez du vôtre?
D’OUVILLE.
Il se retourna vers moi et me fit voir comme un bout de boudin blanc qui était assez long, dont je m’émerveillai que je n’en avais point de pareil.
MILILOT.
BOUDINER. Baiser.—Se dit aussi d’une femme qui se sert d’un boudin, au lieu d’un membre viril, pour se faire jouir.
BOUDOIR. L’endroit réservé, discret, mystérieux, parfumé, où toute femme qui sait vivre reçoit l’homme dont elle veut être aimée—à couillons rabattus.
Eh bien, Montade, n’est-il pas joli, mon boudoir!—Il le sera davantage quand nous l’aurons appelé par son vrai nom, foutoir.
LA POPELINIÈRE.
BOUGEOIR (Le), ou la BOUGIE. Le membre viril—qu’on allume lorsqu’on va se coucher avec les femmes.
_J’ai beau te presser le bouton, De mon travail, le croirait-on? Tu restes spectatrice. Pour le coiffer d’un éteignoir, As-tu jamais pris mon bougeoir? Hé! zon, zon, zon, Prends-le moi, Suzon, Il faut que ça finisse._
H. SIMON.
BOUGRE. Pédéraste,—en souvenir des hérétiques albigeois et bulgares qui, en leur qualité d’ennemis, étaient chargés d’une foule d’iniquités et de turpitudes par le peuple, alors ignorant—comme aujourd’hui.
_Des soins divers, mais superflus, De Fiévés occupent la vie: Comme bougre il tache les culs, Comme écrivain il les essuie._
ANONYME.
BOUGRERIE. Péché contre nature que commettent, non seulement les pédérastes, mais même quelquefois les honnêtes gens avec les femmes.
_Un peu de bougrerie Est dans la vie Quelquefois de saison._
COLLÉ.
BOUGRESSE. Gourgandine, femme qui aime l’homme.
BOUILLON CHAUD. Sperme, au moment de son introduction dans le vagin de la femme.
BOUILLON POINTU. Lavement spermatique; enculage.
Dieu! qu’est-ce que je sens?—L’apothicaire poussant sa pointe: c’est le bouillon pointu.
(Parodie de _Zaïre_.)
BOULETTES. Les testicules,—qu’on ne jette pas aux chiens, mais sur lesquels se jettent ces chiennes enragées d’amour qu’on appelle les femmes.
Ceux-là que tu voulais dire qui ne déchargent point, sont les châtrés, à qui on a coupé les deux boulettes et qui ne sont bons à rien qu’à bander quelquefois.
MILILOT.
BOURDON. Le membre viril,—sur lequel s’appuie si volontiers la femme qui va en pèlerinage à Cythère.
_La croix et le bourdon en main._
B. DE MAURICE.
Extasiée, fendue par l’énorme grosseur du vigoureux bourdon de mon dévirgineur, les cuisses ensanglantées, je restai quelque temps accablée par la fatigue et le plaisir.
(_Mémoires de miss Fanny._)
BOURRIQUER. Baiser une femme comme l’âne saillit sa femelle, avec la même impétuosité et la même absence de précautions—et de délicatesse.
_... Aux champs, le paysan bourrique._
LOUIS PROTAT.
BOURSAVIT. La nature de la femme, qui est en effet une bourse à vits—ou, pour parler plus pudiquement, une bourse à glands.
Elle avait corps féminin jusqu’aux boursavits.
RABELAIS.
BOURSES. Les testicules, qui contiennent la véritable fortune de l’homme—que peut cependant lui enlever cette banqueroute amoureuse qu’on appelle la vérole.
_... Un banquier, un agent De change, un financier, disent qu’ils ont des bourses._
LOUIS PROTAT.
BOUSIN, BOUSINGOT. Bordel, petit bordel. D’où, par extension: _Faire du bousin_, pour: Faire du bruit,—les bordels n’étant pas précisément des Paraclets.
_Un soir, dans la rue aux Fèves, Près d’un bousingot, Un’ putain me suc’ les lèvres, M’ fait l’offr’ du dodo._
SCHANNE.
BOUT. Le membre viril, qui ressemble à un bout de quelque chose—de bien agréable pour la femme.
_Le pauvre monsieur Cabout, Dont le bout Est toujours petit et mou._
TALLEMANT DES RÉAUX.
BOUTE-FEU, BOUTE-JOIE. Le membre viril, parce qu’il met à feu et à flamme l’amadou féminin.
Cependant, je ne laissais pas de redouter l’instant où mon nouvel enfileur m’incrusterait son formidable boute-joie, mais je m’armai de courage.
(_Mon noviciat._)
BOUTIQUE. Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la femme.
Oh! ma mie, venez ici, et fermez la boutique, c’est aujourd’hui fête.
(_Moyen de parvenir._)
_J’avais pourtant encor bonne pratique, Et pour cela ne fermai la boutique._
J. DU BELLAY.
_Bien souvent à telle pratique Les femmes ouvrent leur boutique._
(_Variétés historiques et littéraires._)
Vertu de ma vie! c’était une belle boutique.
TABARIN.
BOUTON. L’extrémité de chaque téton, qui est d’une sensibilité telle, qu’en le pressant un peu des lèvres ou des doigts on en fait sortir un flot de jouissance.
_Ce beau sein sur ma bouche, Qu’il est pur! Ce bouton que je touche, Qu’il est dur!_
GUSTAVE NADAUD.
BOUTON. L’extrémité du clitoris, qu’il suffit de toucher de la langue, du doigt ou de la pine pour ouvrir à la femme la porte des félicités divines.—Voir aussi SONNER LE BOUTON.
Laisse mon bouton... mon tit bouton...
HENRY MONNIER.
_Tout s’ouvre: le bouton des roses, Et celui des femmes aussi._
(_Parnasse satyrique._)
BOUTONNIÈRE. La nature de la femme, en opposition à l’anus, que MM. les pédérastes appellent l’œillet.
BOXON. Bordel, probablement parce que, comme on y va gris, on s’y boxe souvent,—et non comme l’avance Francisque Michel, sans preuves à l’appui, parce qu’il y avait autrefois, à la porte de ces maisons-là, comme à la porte des cabarets, un rameau de buis (en lat. _buxus_).
_Y dit qu’ dans tous les boxons On le r’çoit en paillasson._
DUMOULIN.
BOXONNER. Aller de bordel en bordel; fréquenter les filles publiques. Se dit aussi pour: Baiser.
_Du dieu Vulcain quand l’épouse mignonne, Va boxonner loin de son vieux sournois._
(_Parnasse satyrique._)
BOXONNEUR. Coureur de bordels.
BOYAU. Le membre viril, qui semble sortir du ventre—et qui y rentre quelquefois, au grand déplaisir de la femme.
_Lorsque je bande, Je me demande Si j’ai dans le boyau pinal Tous les sabres de l’arsenal._
(_Chanson moderne._)
_Adieu! et jamais plus ne t’advienne entreprendre De faire le vaillant, toi qui ne saurais tendre. Adieu! contente-toi, et ne pouvant dresser, Que le boyau ridé te serve pour pisser._
REMY BELLEAU.
BRAGUETTE. Le membre viril,—par corruption de _brayette_, fente de la culotte par laquelle maître Jean Frappart met le nez à la fenêtre quand il a trop chaud ou qu’il a envie d’éternuer.
_De l’image de la braguette Qui entre, corps, oreille et teste Au précieux ventre des dames._
(_Ancien Théâtre français._)
_L’insecte prend le bon moment: Il mord si dru, qu’à sa braguette Le Saint-Père porte la main, Et, sur son auguste roupette, Du morpion bénit l’hymen._
B. DE MAURICE.
BRAISE, BRAISER, ABOULER DE LA BRAISE, de l’argent, dans le langage des filles, parce que ce métal brille comme charbon allumé—surtout lorsque c’est de l’or,—et que c’est avec cela qu’on les _chauffe_.
BRANDON et BRANDILLOIRES. Le membre viril, et les testicules, qui brandillent si voluptueusement sous une main de femme.
Levant mes jupes, il me fit voir un superbe brandon..., qu’il fit agir avec toute l’impétuosité qu’un long jeûne de mer pouvait lui fournir.
(_Mémoires de miss Fanny._)
BRANDOUILLER. Branler doucettement quelqu’un ou quelqu’une, pour le—ou la—faire bander et l’exciter à jouir.
_Qui n’invoque point le secours D’une main qui vous le brandouille._
(_Satan et Eve_, 47.)
_Le roi disait à la reine Victoire: Si tu voulais, Une heure ou deux, me brandouiller l’histoire, Je banderais..._
_Plus d’une fois, une main sous ta cotte, Tandis que l’autre écartait ton fichu, Je caressais et brandouillais ta motte... Dis-moi, Marton, dis-moi, t’en souviens-tu?_
(_Chansons anonymes modernes._)
BRANLER. Employer la masturbation pour faire jouir les hommes quand on est femme, ou les femmes quand on est homme.
Prends-le donc, petite coquine... Là... à poignée!... Branle! branle! pour le remettre en train.
LA POPELINIÈRE.
_... ... J’ai vu rarement Une putain sachant branler parfaitement._
LOUIS PROTAT.
_Un jour que madame dormait, Monsieur branlait sa chambrière._
(_Cabinet satyrique._)
BRANLER (Se). Se servir de la main entière quand on est homme, et seulement du doigt médium quand on est femme, pour arriver à jouir sans collaboration.
_On n’est jamais si bien branlé que par soi-même._
GÉRARD DE NERVAL.
_Maintenant je suis réduite, farouche, A me branler, moi! Que je te maudis!_
(_Parnasse satyrique._)
BRANLER DU CUL, ou BRANLER LA CROUPIÈRE. Remuer des fesses, de façon à faire jouir l’homme qui vous a payée pour cela.
_Philis veut avoir un écu Pour branler une heure du cu_
THÉOPHILE.
_Cette jeune espicière Que vous cognoissez bien Pour branler la croupière A gagné tout son bien._
(_Chansons folastres._)
BRANLEUR, ou BRANLEUSE. Paillard ou femme qui n’est pas assez belle ou qui n’est plus assez jeune pour être baisée, ou qui redoute de l’être à cause des enfants, et qui fait son métier de branler les hommes.
_... On ne devient pas, il faut naître branleuse_
LOUIS PROTAT.
BRANLOTTE. Action de branler ou de se faire branler.
Colle-toi sur moi; faisons-nous une bonne branlotte.
LA POPELINIÈRE.
BRANLOTTER LE PRÉPUCE. Oter et remettre le petit chapeau de chair qui le protége et le rend si tendre au moindre contact.
_Te souvient-il de ta sœur Luce Qui me branlottait le prépuce?_
(_Parnasse satyrique._)
BRAQUEMARD. Le membre viril,—par allusion à l’épée courte et large dont on se servait au moyen-âge: c’est avec le braquemard, en effet, qu’on blesse les femmes au ventre.
De tant de braquemarts enroidis qui habitent par les brayettes claustrales.
RABELAIS.
Mettant la main sous les draps, et trouvant son braquemard.
(_Moyen de parvenir._)
_Il est nommé. . . . . . . . . . . Jacques par le farceur, braqmard par l’étudiant._
LOUIS PROTAT.
BRAQUEMARDER. Baiser une femme avec énergie et conviction.
BRAS. Le membre viril, qui nous sert à prendre les femmes par le—sentiment.—On dit aussi un bras d’enfant pour donner une idée de la longueur et de la grosseur de l’objet.
BRASIER. La nature de la femme, où règne une chaleur à faire fondre les pines les plus solides.
Tant plus mon mari me brûle en mon brasier.
BRANTÔME.
BRÈCHE. La nature de la femme, par laquelle l’homme entre dans le paradis.
Et passant la main à la brèche.
(_Moyen de parvenir._)
_Madame, n’entendez plus rien, Laissez donner à votre brèche._
THÉOPHILE.
BRICOLER UNE FEMME. La baiser, lui mettre la bricole masculine dans le vagin.
Se trouvant en lieu d’assignation où cinq ou six se trouvaient pour la bricoler.
(_Moyen de parvenir._)
_Et du tout pour avoir bricolé Avec une jeune guenon._
(_Recueil de poésies françaises._)
_Lorsque l’on est las de Catin, On embrasse Nicole, Qu’on abandonne le matin Pour Suzon, qu’on bricole._
COLLÉ.
BRIGADIER DE L’AMOUR (Le). Le doigt médium,—à cause de l’assistance qu’il prête aux amants dans les jeux libertins, puisque c’est avec lui qu’on branle une femme.
_Quand amour perd de sa flamme, Ce doigt la réveille en vous; Lorsque aussi près d’une dame Le dieu cueille un beau laurier Ce doigt est son brigadier._
(_Chansons anonymes modernes._)
BRIMBALLER. Vieux mot hors d’usage signifiant _sonner les cloches_, employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.
Seulement il ne voyoit sa femme brimballant.
RABELAIS.
_Et que sur le tombeau, où je reposerai, Neuf fois par neuf matins il brimballe des filles, Et de neuf coups de cul son vit je bénirai._
THÉOPHILE.
BRIMBORIONS (Les). Les testicules,—qui ont l’air de pendre à la queue de l’homme comme les pompons à la tête d’un mulet.
_Peux-tu, me dire aussi tous les différents noms Que l’on donne parfois aux deux brimborions Qui sont pendus après?..._
LOUIS PROTAT.
BROQUE, ou BROQUETTE. Le membre viril—avant qu’il soit viril.—Monstrelet parle d’une statue d’enfant (le modèle de _Mannekenpis_) qui «par sa broquette donnait eau rose.»
Allons, mon petit ami, sors ta broquette pour que je la baise.
J. LE VALLOIS.
_Lorsque d’Adam en paradis Ève soulevait la breloque, Qu’importait à son clitoris Un nœud, une pine... une broque!_
PAUL SAUNIÈRE.
_Ici-bas, voilà notre état: A coup de cul il faut qu’on broque. Le plus pauvre sur son grabat Se démène à grands coups de broque; Rois, juges, soldats valeureux, Musulmans, païens, chacun broque; Et le Saint-Esprit amoureux Nous a faits chrétiens par la broque._
PAUL SAUNIÈRE.
_... L’avenir m’inquiète... De Pincecul, hélas! l’exécrable broquette Peut n’être pas..._
LOUIS PROTAT.
BRÛLER, ou BRÛLER UN CIERGE. Être très amoureux. Tirer un coup avec une femme,—qui se charge de vous faire couler.
_Vénus, à ta charmante loi Mon cœur n’est point rebelle: Je me sens presque malgré moi Brûler pour chaque belle._
ARMAND GOUFFÉ.
BUISSON (Le). Les poils qui ornent le mont de Vénus et qui défendent souvent l’entrée du vagin, quand ils sont mal peignés et mal lavés.
_C’est là-d’ssus qu’ la vieill’ femm’ se r’jette: Son buisson est large et touffu; N’eût-on plus d’ cheveux sur la teste, Il faut avoir du poil au cul._
AUGUSTE LEFRANC.
BURETTE (Petite). Le membre viril, qui contient l’huile essentielle de l’amour, cette «bonne eau» (de vit) dont parle Brantôme en ses _Dames galantes_, et «qui est si douce sans sucre.»
_Va... ferme! que rien ne t’arrête... Fais-moi cadeau d’ ta p’tit’ burette_
H. MONNIER.
J’y vas d’ma burette tous les matins et tous les soirs.
LEMERCIER.
BUT D’AMOUR, ou BUT DU DÉSIR, ou BUT MIGNON DE FOUTERIE (Le). La nature de la femme, à laquelle tendent tous les membres suffisamment virils.
Et lorsqu’il vit le but d’amour.
(_Moyen de parvenir._)
_Et quand ma main approche Du but de mon désir, J’attrape une taloche Qui fait toujours plaisir._
COLLÉ.
Et qu’en cela presque paraissait le but mignon de ficherie.
(_Moyen de parvenir._)
C
ÇA (_cela_). _Ça_, c’est le vit; _ça_, c’est le con;—_ça_, c’est tous les agréments de la fouterie qu’on n’ose nommer, parce qu’ils s’appellent comme _ça_.—_Faire ça_, ou _cela_, c’est faire l’amour. Faire _ci et ça_, c’est faire _ça_... et autre chose.
_Quand je suis sur_ ça, _Mon plaisir ne se peut comprendre, Et, ma foi, sans_ ça, _Que pourrais-je faire de_ ça? _J’aime assez m’y reprendre, Pour arriver encore à_ ça. _Afin de mieux m’étendre Sur ce beau sujet-là, Ah! que j’aime_ ça! _Ce mot me plaît à la folie; Il semble déjà Que je suis à même de_ ça.
(_Gaudriole de 1834._)
CABINET. La nature de la femme, où l’homme fait ses nécessités amoureuses,—ce qui donne à ce cabinet une odeur _sui generis_ fort agréable, quoique un peu violente.
Le jardinier voyant et trouvant le cabinet aussi avantageusement ouvert, y logea petit à petit son ferrement.
NOEL DU FAIL.
CADRAN. La nature de la femme, à laquelle le membre viril sert d’aiguille pour marquer les heures minutules du bonheur.
_Conduis vite l’aiguille au milieu du cadran._
(_Théâtre italien._)
CAFÉ DES DEUX COLONNES. Prendre son café aux deux colonnes, c’est-à-dire gamahucher une femme. Le con sert le café au lait; les deux jambes sont là, pour _la forme_, et ne servent que d’enseigne: _aux Deux Colonnes_.
CAGE. La nature de la femme,—dans laquelle se trémousse si agréablement le petit oiseau à longue queue que les savants appellent _penis_ et les ignorants, _pine_.
_Des autres perroquets il diffère pourtant, Car eux fuient la cage, et lui, il l’aime tant, Qu’il n’y est jamais mis qu’il n’en pleure de joie._
(_Cabinet satyrique._)
_Elle le prit de sa main blanche, Et puis dans sa cage le mit_
REGNARD.
_Lisette avait dans un endroit Une cage secrète: Lucas l’entr’ouvrit, et tout droit D’abord l’oiseau s’y jette._
COLLÉ.
CALCUL. Plaisir vénérien.
Les deux amants étoient au plus fort de leur calcul.
P. DE LARIVEY.
_Je sais quelqu’un Qui rend encor le calcul Nul._
COLLÉ.
CALFEUTRER UNE FEMME. Boucher son trou avec une pine.
Le garçon de boutique calfeutra aussi bien mon bas, que maître juré qui soit du métier de culetis.
(_Variétés historiques et littéraires._)
CALLIBISTRI. Le membre viril, ou la nature de la femme.
Montrant mon callibistri à tout le monde, qui n’était pas petit sans doute.
RABELAIS.
Je crois que les callibistris des femmes de ce pays sont à meilleur marché que les pierres.
RABELAIS.
CAMELOTTES, le MONDE CAMELOTTE. Celui des femmes galantes d’une catégorie très infime. Les fleuves ne peuvent pas remonter à leur source; les mots y remontent volontiers, au contraire; par exemple celui-ci. Il est de création moderne, quant au sens nouveau qu’on lui a donné sans songer à l’étymologie: or, _camelotte_ vient de _camelus_, qui veut dire _chameau_.
CAMPAGNES. Les aventures amoureuses d’une femme: autant d’amants, autant de campagnes—sous de simples soldats comme sous tel ou tel général, militaires ou bourgeois.—Le mot est pris quelquefois dans le sens de: Années consacrées au service de l’homme, à propos duquel il y a tant d’enrôlements volontaires.
Madame Durut: «J’ai pourtant, comme tu sais, mes petits trente-six ans bien comptés, dont, grâce à Dieu, vingt campagnes.»
ANDRÉA DE NERCIAT.
CANAL. Le membre viril, qui est en effet le canal du bonheur—pour les femmes. Quel dommage qu’on soit forcé de le faire draguer si souvent par les chirurgiens!
_Par le_ canal _de son amant Le bien lui arrive en dormant._
COLLÉ.
CANICHON. Con poilu et frisé comme un caniche.
_Est-il bien méchant, ma tante, Vot’ p’tiot canichon? Non, que m’ répond ma parente, C’est un vrai bichon. N’ sens-tu pas sa bouch’ qu’est close? Entre ton doigt d’dans... —Tiens, que j’ dis, la drôl’ de chose, Vot’ quien n’a point d’ dents._
LÉON CHARLY.
CANTHARIDE. Insecte qui, réduit en poudre, est un aphrodisiaque énergique et dangereux qu’emploient les gens épuisés par les excès vénériens pour en recommencer d’autres.
_La cantharide est, à Cythère, En usage comme à Paris; Son effet est très salutaire, Surtout pour nous autres maris. Ce bonbon me change en Alcide! J’étais si faible auparavant... En avant de la cantharide! Oui, la cantharide en avant!_
J. DU BOYS.
CAPOTE. Autrement dit, _redingote anglaise_. Préservatif en baudruche ou en caoutchouc historié, dont on habille le membre viril, toutes les fois qu’on le conduit au bonheur,—ce qui ne le préserve pas du tout de la chaude-pisse ou de la vérole, d’après l’opinion du docteur Ricord, autorité compétente en cette matière, qui a dit: «La capote est une cuirasse contre le plaisir et une toile d’araignée contre la vérole.» Les frères Millan, gros et petits, sont seuls intéressés à soutenir le contraire.
_Il fuyait me laissant une capote au cul._
LOUIS PROTAT.
_Les capotes mélancoliques Qui pendent chez le gros Millan, S’enflent d’elles-mêmes, lubriques, Et déchargent en se gonflant._
(_Parnasse satyrique._)
CAPRICE. Amant ou maîtresse.
Mon dernier caprice m’a cassé trois dents.
GAVARNI.