Dictionnaire érotique moderne

Part 5

Chapter 53,647 wordsPublic domain

BANDER SON ARC. Bander,—le membre viril étant pris pour flèche et la nature de la femme pour cible.

_Alors, bandant mon arc sous un autre balcon, Je ne daignerai plus, vers le but de ton con, Lancer la flèche de ma pine._

EMMANUEL DES ESSARTS.

BANDOCHER. Avoir des velléités d’érection; n’être pas en train; bander faiblement, difficilement.

... Elle recréait son impotente lubricité en lui chatouillant le scrotum et les testicules, ce qui le faisait bandocher.

(_Anti-Justine_, p. 123.)

BAQUET. La nature de la femme dans laquelle l’homme décharge ses ordures liquides:

... Dans le baquet desquelles il eût volontiers lavé son vit.

(_Contes de la reine de Navarre._)

BARATTER. Baiser une femme, parce que, dans l’action amoureuse, la pine de l’homme, en allant et en venant dans le con de la femme, où il a déjà déchargé, a l’air de battre du lait dans une baratte et de faire du beurre. Ce n’est pas du beurre qu’il fait, en barattant ainsi, c’est du fromage.

BARBE DE LA FEMME (La). Les poils de sa motte,—qu’elle se garde bien de couper et encore moins d’épiler, à l’exemple des femmes d’Orient:

_Sur ta laine annelée et fine Que l’art toujours voulut raser; O douce barbe féminine! Reçois mon vers comme un baiser._

TH. GAUTIER.

BARBEAU. Souteneur de filles; membre de la grande famille des maquereaux—qui n’a rien de commun, que le nom, avec la grande famille des scombéroïdes.

_Pègr’ et barbeaux, aboulez au Sauvage, Et sans traquer livrez-vous au plaisir; On aurait tort de vouloir être sage, Puisqu’après tout, on sait qu’il faut roidir._

A. DUMOULIN.

BARBILLON. Souteneur de filles; homme qui vend sa protection aux putains.—Du moment qu’il a été convenu qu’on appellerait ces drôles-là _maquereaux_, comme le maquereau est un poisson, on les a appelés aussi d’autres noms de poissons: on les a même appelés _poissons_ purement et simplement.

_Quoi! pour aller danser, ma chère, Tu abandonnes le persil, Et de ton barbillon de père, Tu ne conserves aucun souci._

A. DUMOULIN.

BARDACHE. Pédéraste actif ou passif, au choix—des autres.

C’est là un cul de châtré ou de bardache, si jamais il y en a eu.

LA POPELINIÈRE.

_Le capitan était bardache. Godefroy, seigneur de Bouillon, L’encula dans une patache._

B. DE MAURICE.

BAS (Le). La nature de la femme, à cause de sa situation.

Gargamelle commença à se porter mal du bas.

RABELAIS.

Elle s’accointa de l’un des clercs, lequel par aventure lui mettait l’intelligence de ces mots en la tête par le bas.

BONAVENTURE DESPERRIERS.

BASSIN. La nature de la femme, dans laquelle le membre viril nage trop souvent.

J’eusse voulu toujours fouiller dans votre bassin.

TABARIN.

BATAILLE. Sous-entendu _amoureuse_. L’acte vénérien, d’où nous sortons lassés, mais non rassasiés; vaincus faute de munitions, mais non dégoûtés.—On dit aussi: _Jouer à la bataille_.

La lance au poing il lui présente la bataille.

(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

_Lors s’écrie en riant: Je vois en ce réduit Un lit, Qui servira toute la nuit De champ à sanglante bataille._

LA FONTAINE.

BATAILLE DE JÉSUITES, CINQ CONTRE UN (Faire la). Se masturber, les jésuites ayant inventé le plaisir solitaire—après Onan.

BÂTER L’ÂNE. Faire l’acte vénérien.—L’expression date probablement du conte de La Fontaine, le _Bât_,—imité de Béroalde de Verville.

BÂTI. Membré convenablement: se dit en parlant d’un homme qui a tout ce qu’il faut pour faire jouir une femme.

_La résistance est nulle, ou très légère; Tu vois pourtant comme je suis bâti._

PARNY.

BÂTON. Le membre viril, à cause de ses fréquentes érections qui lui donnent la dureté du bois—dont on fait les cocus. Les femmes s’appuient si fort dessus qu’elles finissent par le casser.

_Vous connaissez, j’en suis certaine, Derrière un petit bois touffu, Dans le département de l’Aisne, Le village de Confoutu. Par suite d’un ancien usage Qui remonte au premier humain, Tout homme y fait pèlerinage, La gourde et le bâton en main._

EUGÈNE VACHETTE.

BÂTON (Faire). Bander.

Le temps... où la première guenon venue qui me mettait la main dessus me f’sait faire bâton pendant quinze jours.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_J’crois ben qu’ la seul’ médecine Qui pourrait m’ guérir tout d’ bon Et m’empêcher d’fair’ bâton, Ce s’rait d’ fair’ sombrer ma pine, Capitain’, dans un pied d’ con._

G. DE LA LANDELLE.

BÂTON À UN BOUT. Le membre viril,—le seul bâton qui n’ait qu’un bout, en effet.

C’est le bâton à un bout qui me pend entre les jambes.

RABELAIS.

BÂTON DE SUCRE DE POMME (Le). Le membre viril,—à cause de sa forme, de sa longueur et du goût sucré qu’il a en fondant de plaisir dans la bouche de la femme qui le suce.

_Fillettes, qui mourez d’ennui Et languissez dans la retraite, Pour mieux dormir toute la nuit, Il faut employer ma recette: Si vous désirez un amant, Si tout bas votre cœur le nomme, A vos maux il faut un calmant... Prenez bien vite, mon enfant, Un bâton de sucre de pomme._

DUMOULIN-DARCY.

BÂTON PASTORAL. Le membre viril,—avec lequel nous conduisons des troupeaux de femmes au bonheur.

Le simple maniement volontaire d’une main blanche et délicate qui se promène autour de leur bâton pastoral, est suffisant pour leur expliquer tous les mouvements du cœur de leur dame.

MILILOT.

Il lui montre son bâton pastoral tout rougeâtre et enflé.

NOEL DU FAIL.

BATTRE LE BEURRE. Introduire son engin dans un vagin un peu gras et l’y agiter avec énergie comme dans une baratte.

_D’un moule à merde il fait un moule à pine Et bat le beurre au milieu d’un étron._

(_Parnasse satyrique XIXe siècle._)

BATTRE SA FLÈME. Courir le guilledou, aller dans les quartiers où la femme donne le plus.

Eh bien! puisque je suis en train de battre ma flème, je vais connaître cette maison.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

BATTRE SON QUART. Se dit des filles de bordel, qui descendent à tour de rôle, pendant un quart d’heure ou une demi-heure, sur le trottoir, où elles raccrochent les passants.

Dorante, en se promenant devant la maison au grand numéro, croise Sylvia, qui bat son quart.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

BATTRE UN BAN AU MICHÉ. Le préparer à la jouissance suprême par des attouchements habiles et souvent répétés.

_Je sais attacher un ruban Selon la grosseur d’une pine; Au miché je sais battre un ban, Je sais tortiller de l’échine._

(_Parnasse satyrique._)

BAUDE (La). La vérole,—dans l’argot des voleurs, qui se rapproche plus qu’on ne croit du vieux langage, puisqu’on trouve dans Eutrapel: «Je cuidai avoir le _baut_, c’est-à-dire avoir gagné le mal padouan.»—_Baude_ ne serait-il pas une syncope de _ribaude_?

BAUDRUCHE. Pellicule de boyau de mouton, que l’on neutralise pour en faire des _choses_ très utiles:—des capotes anglaises.

V. MILLAN.

BAUME DE VIE (_ou de vit_). La semence de l’homme,—que donne le _vit_ et qui donne la _vie_.

C’était pour me procurer mille morts délicieuses, qu’il ménageait avec art ce baume précieux qui donne la vie.

(_Félicia._)

BAZAR. Bordel,—qui est en effet un endroit où l’on expose la femme comme marchandise.

Je suis la patronne de ce bazar, la mère de dix-huit petites dames.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

BEAU CORPS (Elle a un). Se dit de toute femme laide de visage, quand on veut s’excuser d’avoir couché avec elle une fois ou d’y coucher tous les jours.

BEAUTÉ VÉNALE. Femme qui fait métier et marchandise de ce qu’elle devrait donner pour rien,—l’homme, après tout, ne faisant pas payer les services de sa pine, qui valent bien ceux du con.

_O vous, vénales beautés A l’humeur aventurière, Vainement vous présentez Le devant ou le derrière A l’abbé La Bédollière, L’abbé Qui sera flambé._

EMILE DE LA BÉDOLLIÈRE.

BEAUTÉS OCCIDENTALES. Les fesses d’une femme, dont les tétons sont les beautés orientales.

BEAUTÉS POSTÉRIEURES. Les fesses.

Le grand camarade, tourmenté de ses désirs, se mettait préalablement au fait des beautés postérieures de la soubrette... et cherchait à s’établir en levrette, mais de petits coups de cul le dénichaient comme sans dessein.

(_Mon noviciat._)

BÉBÉ. Nom d’amitié que les filles donnent depuis quelques années aux hommes avec qui elles baisent,—maquereaux ou michés.

Théodore, c’est mon bébé; M. Martin, c’est mon monsieur.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Un mot dont on nous favorise, Mot aux nourrices dérobé, C’est, aurait-on la barbe grise: —Comment ça va? Bonjour, bébé._

FR. DE COURCY.

BÉCOT (Donner un). Baiser la tête d’un vit comme on baise le bec d’une clarinette. Cette aimable action ne faisant aucun bruit, on peut aller longtemps: d’abord _moderato_, puis _allegretto_, _vivace_..... chaque pause vaut un soupir.

_Et quand je lui donne un bécot, Comme il lève la tête, Jacquot!_

AL. DALÈS.

BÉCOTTER. Donner des bécots.

_Petit bossu Noir et tortu, Qui me bécottes Et fripes mes cottes; Petit bossu, noir et tortu, De me baiser, finiras-tu?_

BÉRANGER.

BÉGUIN (Avoir un). Avoir envie de coucher avec un homme lorsqu’on est femme, avec une femme lorsqu’on est homme.

Ah! je ne sais pas quand il se passera, mais j’ai un fier béguin pour toi, va!

LEMERCIER DE NEUVILLE.

BELINER. Faire l’acte vénérien, l’acte bestial par excellence,—_belluinus_.

BELLE EN CUISSES. Galanterie que les gens du peuple adressent volontiers à une femme—dont ils n’ont pas encore relevé la robe.

J’ prendrais bien quéque chose, moi... Et toi, la belle en cuisses?

LEMERCIER DE NEUVILLE.

BELLE ENFANT. Nom que l’on donne à une jolie fille, tant qu’elle est en âge de faire _l’enfant_, ou de faire _un enfant_.

_Ma belle enfant!_

Cette expression se trouve dans tous les drames possibles et impossibles, depuis la _Pie voleuse_, jusqu’à la _Grâce de Dieu_, etc., etc. Dans cette dernière pièce, elle s’adresse à mademoiselle Clarisse Miroy, qui a 46 ans et est grosse comme mademoiselle Georges:—_La belle enfant!_

BELLE SOUS LE LINGE (Être). Ne rien perdre de ses séductions en se mettant nue devant un homme qui vous a trouvée belle habillée.

Il y avait à côté de son nom: bonne créature, assez belle sous le linge, mais gauche et sans mouvement.

LA POPELINIÈRE.

BELUTER. Faire l’acte copulatif, pendant lequel on remue beaucoup,—_volutare_.

BÉNIR DES PIEDS. Se dit des spasmes amoureux, pendant lesquels l’homme et la femme gigotent des jambes, comme s’ils voulaient envoyer leur bénédiction _urbi et orbi_.

BÉNITIER. La nature de la femme, que nous emplissons de sperme bénit—par elle.

_Je crois bien que notre gros vicaire Aura mis le doigt au bénitier._

BÉRANGER.

_... Aussi, ma foi, Laissez-moi mettre un doigt Au bénitier de ma belle Lise._

EMM. DELORME.

BÉQUILLE DU PÈRE BARNABA (La). Le membre viril de tous les hommes, sur lequel s’appuient si volontiers toutes les femmes. Expression employée dès l’époque de la régence dans de nombreuses chansons.

_J’ai perdu ma béquille, S’écriait Barnaba; Quelle est l’honnête fille Qui la rapportera?_

COLLÉ.

_Marc une béquille avoit Faite en fourche, et de manière Qu’à la fois elle trouvoit L’œillet et la boutonnière._

GRÉCOURT.

BERLINGOT. Le membre viril.

BESACE. Tétons flasques et pendants, comme une besace dont les toiles se touchent; ou bien le ventre d’une fille enceinte.

_Finalement, v’là Boniface Qui s’ présente et veut m’épouser: Comme il faut qu’ chacun port’ sa b’sace, Je m’ promets bien d’ l’utiliser. Un mal de cœur, suit’ d’un’ scène amoureuse, Rendit bientôt ma position chanceuse..._

PH. VIONET.

BESOGNE. L’acte vénérien, que nous accomplissons sans douleur—mais non sans fatigue. C’est ce que Fourier appelle le _travail attrayant_.

Quand ils ont bien travaillé et qu’ils sont saouls de la besogne.

TABARIN.

_De le faire cent coups, voire à beau cul levé, Avec votre Brillant, qui besogne en crevé._

TROTTEREL.

_La belle en train de bien apprendre, Serrait Lucas, qui, las de besogner, Par un air abattu lui fit assez comprendre Qu’on ne peut toujours enseigner._

VIDA.

BESTIALITÉ. Crime honteux que l’on commet avec une bête.

«Rien ne fut plus commun au moyen-âge que ce crime que l’on punissait de mort quand il était patent et confirmé par le tribunal.—Les registres du Parlement sont remplis de ces malheureux qu’on brûlait avec leur chien, avec leur chèvre, avec leur vache, avec leur pourceau, avec leur oie!—On aurait volontiers pardonné à la bête plutôt qu’à l’homme; mais on la tuait de peur qu’elle ne vint à engendrer un monstrueux assemblage de la bête et de l’homme.»

PIERRE DUFOUR.

La lutte s’engage, les coups se portent, la bête devient l’égale de l’homme, Sainte est embestialisée... ensinginée.

ALFRED DE MUSSET. (_Gamiani._)

BÊTE (La). La femme,—après l’homme.

_Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme._

BOILEAU.

_Si je veux croire les railleurs, Elle a fort peu de cheveux à la tête; Les sujets qu’on en dit ne sont pas des meilleurs; Ce n’est pas bien l’endroit par où j’ai vu la bête, Mais elle en a beaucoup ailleurs Où elle est souvent arrosée Par la plus douce des liqueurs._

(_Le Zombi du grand Pérou._)

_Ciel! poursuit-il, quand est-ce qu’on Pourra désabuser le monde De foutre ces bêtes à con Des animaux le plus immonde._

COLLÉ.

BÊTE À DEUX DOS (Faire la). Faire l’acte vénérien, pendant lequel les deux fouteurs, collés ensemble par le ventre, ont l’air de n’avoir que des dos.—L’expression a de l’usage. Coquillart s’en est servi, Rabelais après lui, et, après Rabelais, Shakespeare—dans la première scène d’_Othello_:

Your daughter and the Moor are now making _the beast with two backs_...

On s’en sert toujours avec avantage dans la conversation.

BÊTISES (Dire des). Tenir des propos gaillards, qui font rougir—et godiller—les dames.

BÊTISES (Faire des). Patiner une femme, peloter un homme; baiser; sodomiser.

Sois bien sage et bien raisonnable, mais pas trop cochon; si nous voulons, nous ferons des bêtises.

H. MONNIER.

_Lors le prélat, relevant son étole, Après m’avoir caressé le menton, M’ fit des bêtis’s au pied du Capitole: J’ai, mes amis, toujours été cochon._

(_Parnasse satyrique._)

BIBI. Jouvenceau, mignon qui sert aux plaisirs libertins des vieillards—le _giton_ du Satyricon, le _Ganymède_ de Jupiter, l’_officiosus_ des bains publics, à Rome;—ou mignon de dame.

BIBITE. Le membre viril—quand il n’est plus ou quand il n’est pas encore assez viril.

_Ta pine n’est plus qu’une humble bibite Indigne d’entrer dans mon entonnoir._

ANONYME.

... _Il est appelé... La bibite au petit par la bonne d’enfant._

LOUIS PROTAT.

BICHETTE. Le membre viril,—ou plutôt, pour lui restituer son véritable sexe, la pine.—Cette expression, maintenant répandue à Paris, appartient à Nadar, à qui l’on prête des conversations intimes avec Mlle Bichette. Un couplet d’Alexandre Pothey la consacre:

_Avis aux dam’s! qu’on se le dise! Nadar a l’ sac, et pour de bon! Le Monstre Vert, Frisette, Élise, Jusqu’à l’antique Pavillon, Pour célébrer ce jour de fête, S’en vont fair’ la cour à Bichette! D’être avalée elle a le trac! Nadar a l’ sac!_

BICHON. Jeune homme qui sert aux plaisirs d’un homme mûr. C’est le giton moderne.—C’est aussi l’amant de cœur, le petit chien complaisant des femmes qui aiment à se faire _bichonner_, c’est-à-dire, lécher le cul.

BIDAULT. Vieux mot hors d’usage employé dans un sens obscène pour désigner:

1º Le membre viril.

Celle-là vouloit bien avoir de vous autre chose que le bidault.

P. DE LARIVEY.

2º La nature de la femme.

_Si j’avois vu votre bidault, Je serois guéri, ce me semble, Mais pour voir un peu s’il ressemble A celui de ma ménagère._

(_Farces et Moralités._)

BIDET. 1º Cuvette de forme ovale, ordinairement enchâssée dans un tabouret de même forme, au-dessus de laquelle la femme se place à califourchon pour se laver—après le coït.—Ce meuble indispensable, essentiel, était connu des Romains, qui se lavaient _post rem veneream, et quasi religiose_. Sa forme était à peu près la même qu’aujourd’hui.

_Des coups de Pincecul, quelques coups de bidet, Enlèveront bientôt, et la trace, et l’effet._

LOUIS PROTAT.

_Femme prudente se sauve, A dada sur son bidet._

A. JACQUEMART.

2º Le membre viril, dada que les femmes enfourchent pour aller au bonheur.

_Il est d’une vigueur que rien ne peut abattre Que ce drôle était bien mon fait! Trois fois sans débrider il poussa son bidet._

(_Les Plaisirs du cloître._)

_A dada, à dada, A dada sur mon bidet._

JACQUEMART.

_Il la jeta d’abord sur sa couchette, Lui présenta son pétulant bidet._

(_Le Cosmopolite._)

_Chaque père en voyant cette jeune fillette, Sent son bidet tout prêt à rompre sa gourmette._

PIRON.

BIEN SERVIR UN HOMME. Le faire bien jouir par des mouvements de croupe habiles et par toutes les fioritures amoureuses connues des femmes savantes.

_Les dames de nos bourgeois, Et j’en eus vingt dans un mois, M’auraient mieux servi cent fois._

BÉRANGER.

BIGARREAU ROUGE (Le). Le gland, lorsqu’il n’est plus recouvert par la peau du prépuce et qu’il montre aux regards des jeunes filles sa tête chauve, source de volupté pour elles.

A force de se bander comme je dis, il y a une peau vers le haut qui se retire contre le ventre et découvre une tête qui est faite comme un gros bigarreau rouge.

MILILOT.

BIJOU. La nature de la femme, pour l’homme; le membre viril, pour la femme,—deux choses précieuses.

_Qu’il soit pauvre, avare ou brutal, Un père au moins donne à sa fille Pour en jouir, soit bien, soit mal, Un petit bijou de famille._

E. DEBRAUX.

_Non, je l’avoue; aussi je te rends grâce, Lui dit-il, en tirant un vigoureux bijou._

VADÉ.

_Répondez-moi, tendres amis des dames, Si vous me manquiez du plus beau des bijoux, Par quels moyens, hélas! leur plairiez-vous?_

E. T. SIMON.

BIJOU ARTIFICIEL. Phallus de cuir,—_vulgo_ godemiché.

_J’ai des bijoux artificiels D’une forte structure Qui, dans les cons superficiels Remplacent la nature._

(_Chansons anonymes modernes._)

_Certain bijou, qui d’un sexe chéri Offre l’image et le trait favori, Sert de Zoé la langueur amoureuse._

PARNY.

BISCOTTER UNE FEMME. La baiser, acte pendant lequel on se remue fortement,—de l’italien _scuotere_, étymologie tirée par les poils.

Il aimait mieux dépuceler cent filles que biscotter une veuve.

RABELAIS.

_Lucrèce fait bien de la sotte Et ne veut pas qu’on la biscotte._

THÉOPHILE.

C’est celui à qui l’on biscotte la femme.

NOEL DU FAIL.

BISSAC. La nature de la femme, qu’elle tend si fréquemment à l’homme, pour qu’il l’emplisse—de sperme.

_Le texte dit que foullando, En foulant et fesant zic, zac, Le galant se trouve au bissac._

(_Ancien Théâtre français._)

_Après cinq ou six bons mots Fait entrer Genfrey au bissac._

(_Farces et Moralités._)

BISTOQUER. Vieux mot hors d’usage, signifiant se servir du bistoquet, espèce de queue de billard, employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

_Notre mignon lui répondit Que deux fois l’avait bistoquée._

(_Recueil de poésies françaises._)

_Mais au moins, dites-moi, l’a-t-il point bistoquée?_

P. DE LARIVEY.

BISTOQUETTE. La pine.

_Savez-vous, bons citadins, Ce que le dieu des jardins A bien plus gros que la tête? Turlurette, C’est la bistoquette._

LOUIS FESTEAU.

BLAGUES À TABAC. Se dit des tétons qui ne se tiennent pas assez.

_Ceux qui disent que les tétons Flottent au vent comme des vagues, Suzanne, sont des polissons: On voit bien que ce sont des blagues._

ANONYME.

BLANCHISSEUSE DE TUYAUX DE PIPE. Fille ou femme galante qui, d’une _pipe_ en terre rouge, fait en un tour de cul ou de main une _pipe_ en écume.

BLONDE. Maîtresse,—quelle que soit la couleur de ses cheveux ou de son poil.

_Puissé-je... Cramper dans le cul De ma blonde!_

EMILE DEBRAUX.

BLONDIN. Séducteur, quelle que soit la couleur de ses cheveux.

_L’autr’ jour, en rentrant chez moi, J’ trouv’ la clé dans la serrure... J’entre et j’ vois ma femm’ près d’un grand blondin, Tout autre aurait pris la mouche soudain..._

J. E. AUBRY.

_De certain blondin la binette Me faisait mazurker le cœur._

S. TOSTAIN.

BLOUSE. La nature de la femme, qui, au jeu de billard amoureux, reçoit les deux billes de l’homme—avec la queue.

_Que je voudrais avoir aussitôt un écu, Voire deux, voire trois, dans ma pauvre fouillouse, Comme on a mis de coups dedans votre belouse._

TROTTEREL.

BOBOSSE. Entreteneur, miché sérieux.

_Mais parlez-moi d’ ces vieux bobosses Qui sans façon vous font présent D’une guimbarde et de deux rosses: C’est du nanan._

ÉMILE DEBRAUX.

BOC, BOCAN, BOUCAN ou BOCARD. Bordel,—dans l’argot militaire ou populaire.—Voir aussi BOXON et BOUSIN.

_Le meilleur bocan du Marais Devient presque une solitude._

CYRANO DE BERGERAC.

_Chez la grosse Cateau, vas-tu donc au bocan?_

LA FONTAINE.

BOIRE AU GOULOT. Sucer un homme.

_Mais, grossier comme un matelot, Par le rustre je fus forcée De boire à même le goulot._

MARCILLAC.

BOIRE DANS LE MÊME VERRE. Baiser à plusieurs la même femme,—qui heureusement a le soin de se rincer après que chacun de ses amants a bu.

BOIRE SEUL. Se masturber, ce qui est jouir en égoïste, sans trinquer avec un vagin.

V’là que j’bande... Ah! n’ craignez rien... J’ n’ai jamais eu c’ défaut-là... Un Français ne... boit... jamais seul...

TISSERAND.

BOIRE UN COUP. Gamahucher une femme après l’avoir baisée, pour se préparer au second coup. La femme ne s’étant pas lavée, on est obligé d’ingurgiter le résultat de la première émission. Ce qui est _rentrer dans son bien_... avec intérêts. Voici à ce sujet une anecdote qui explique la chose:

M. Z., couché avec une actrice de la Comédie-Française, Mademoiselle X, avait déjà, courant la poste, fait une course... féconde. La fantaisie lui vint de gamahucher. Il invita donc la dame à passer au lavabo. Celle-ci, craignant le froid, ou ne tenant au sacrifice que pour plaire au sacrificateur, ne daigna pas se déranger, et, parodiant un vieux proverbe, elle s’écria en riant:

«Ah! bah!... quand le _coup_ est _tiré_, il faut _le boire_!»

BOÎTE. Sous-entendu: à jouissance, ou bien encore, boîte à pines. Fille publique.

BONDON. Employé dans un sens obscène pour désigner le membre viril.

A peine sont-elles aussi grandes qu’un tonneau qu’elles veulent avoir le bondon.

TABARIN.

_C’est mon tonneau, j’en porte le bondon._

VOLTAIRE.

BONHEUR. ALLER AU BONHEUR. Employé dans un sens obscène pour désigner l’acte vénérien.

Il ne répondit aux reproches qu’on lui faisait qu’en achevant son bonheur.

DIDEROT.

BONNEAU. Homme serviable qui se charge—moyennant finance—d’aplanir les difficultés que pourraient éprouver à se rencontrer une femme mariée et son amant. Son obligeance va même jusqu’à procurer des amants à celles et des maîtresses à ceux qui en désirent.

BONNE ENFANT (Être). C’est, pour une putain, se prêter à tous les caprices libertins de l’homme qu’elle a raccroché.

_Déboutonn’-toi, tu verras comme J’ s’rai bonne enfant: j’ t’amus’rai bien._

HENRY MONNIER.

BONNES FORTUNES. Coups qu’un homme tire avec le sexe: autant de femmes, autant de bonnes fortunes.

Une jeune fille dira sans rougir, d’un jeune homme:—Il a eu tant de bonnes fortunes.—Mais elle se croirait déshonorée si elle disait de lui:—Il a foutu tant de femmes. Et pourtant, c’est exactement la même chose.

A. FRANÇOIS.

_Chacun rencontre sa chacune, Nul ne fut sans bonne fortune._

VOITURE.