Part 4
Consommateurs des deux sexes, hommes et femmes, pas d’Auvergnats, tout au plus quelques Auvergnates très élégantes, _fleurs du mal_ qui se respirent entre elles.
ALFRED DELVAU.
AVALER LA PILULE. Avaler le sperme qui s’échappe du membre de l’homme que l’on suce.
AVALER LE POISSON SANS SAUCE. Être baisée par un homme qui ne décharge point, ou que l’on empêche de décharger.
_Ah! combien l’apparence est fausse! Au chaponneau point de cresson, Et mon amphitryon sans sauce Me fit avaler le poisson._
MARCILLAC.
AVALER LES ENFANTS DES AUTRES. Gamahucher (V. ce mot) une femme qui vient d’être baisée par un autre homme et qui n’a pas eu le temps de se laver.
Au lavabo, tout de suite! je ne tiens pas à avaler les enfants des autres.
J. LE VALLOIS.
AVANCES. Privautés que laisse prendre à un homme, et que parfois même prend, avec lui, la femme à qui le cul démange.
J’ai un caprice, il ne sait le deviner; je le lui explique aux trois quarts; il ne comprend rien, et mon butor me quitte après mes avances humiliantes.
A. DE NERCIAT.
_Un monsieur qu’était dans l’aisance, Désirant lui faire quelqu’avance, S’approch’ d’elle une bourse en main._
PERCHELOT.
AVANTAGES. Gorge plantureuse, poitrine à la mode de Caen.
C’est trop petit ici: la société y sera comme les avantages de madame dans son corset.
AUGUSTE VILLEMOT.
AVANT-SCÈNE. La gorge des femmes, parce qu’elle avance plus que le reste du corps en dehors de la perpendiculaire, et que c’est la première chose que l’on remarque.
Ce ne sont pas les avant-scène qui lui manquent, mâtin!
BARTHET.
AVEC (L’). La nature de la femme, avec laquelle (_cum_, _con_) l’homme jouit quand il a répudié la veuve Poignet.
Allons, cher ange, montre-moi ton avec, je te montrerai le mien et nous les marierons ensemble.
A. FRANÇOIS.
AVENTURES (Avoir eu des). Avoir eu des amants si l’on est femme, ou des maîtresses si l’on est homme.
Cette femme avait eu déjà bien des aventures.
CHAMPFLEURY.
_Il vint, et les tendres ébats Agitant draps et couverture, Le psautier descendant plus bas, Se trouve au fort de l’aventure._
PIRON.
AVENTURIÈRE. Gil-Blas femelle, fille ou femme qui a eu une _foultritude_ d’aventures amoureuses—ou plutôt galantes.
AVITAILLÉ. Mot grossier hors d’usage signifiant un homme pourvu de membre viril.
Duvigny était bien avitaillé et grand abasteur de bois.
TALLEMANT DES RÉAUX.
AVOIR. Avoir eu, foutre ou avoir foutu avec une femme ou une fille que l’on désirait.
Eh bien! ma mie, tu vois comme je t’aime, je laisse ma prébende pour t’avoir.
(_Moyen de parvenir._)
Fais donc que j’aie cette fille, et je te rendrai riche.
P. DE LARIVEY.
AVOIR À SA BONNE. Avoir de l’amour pour...
_Surtout, p’tit cochon, N’ fais pas l’ paillasson: Je sais qu’ t’as Clarisse à la bonne; Mais dis-lui d’ ma part Qu’ell’ craign’ le pétard..._
A. DUMOULIN.
AVOIR COMMERCE. Faire l’acte vénérien.
_Jean, tu m’accusais l’autre jour D’avoir dit à certaine dame Qu’Anne, avant que d’être ta femme, Avait eu commerce d’amour._
LA MONNOYE.
A-t-elle eu commerce avec le chevalier de Lorraine? qu’on la brûle.
(_La France galante._)
AVOIR COMPAGNIE D’HOMME. Faire l’amour avec un homme.
_A moins enfin qu’elle n’ait à souhait Compagnie d’homme._
LA FONTAINE.
AVOIR DE L’AGRÉMENT. Jouir avec une femme, soit en la baisant, soit en se faisant branler par elle.
Tu vas avoir de l’agrément, mon chéri, je t’en réponds!
LEMERCIER DE NEUVILLE.
AVOIR DES BONTÉS. Employé dans un sens obscène pour accorder ses faveurs à un homme.
Tu as eu des bontés pour lui, ça prouve ton bon cœur.
VOISENON.
Une femme sensible se décide difficilement à laisser pendre un homme pour qui elle a eu des bontés.
PIGAULT-LEBRUN.
Ayez des bontés pour moi, et mademoiselle Hortense est mariée.
H. DE BALZAC.
AVOIR DES SENS. Être ardent en amour; jouir sous l’homme quand on est femme, jouir avec la femme lorsqu’on est homme.
_Et d’ailleurs, Marotte a des sens Récompensants Les insolents Qui montrent des talents._
COLLÉ.
AVOIR DU CHIEN. Se dit d’une femme qui a des grâces provoquantes, qui ne baise pas comme la première venue.
Il faut être sincère, même avec des drôlesses de cette espèce: Julia a du chien, beaucoup de chien.
LYNOL.
AVOIR DU MAL. Baiser beaucoup,—dans l’argot des filles de bordel.
Ce qu’ nous avons d’ bon ici, c’est d’êt’ ben nourries. Si on a du mal, on n’ meurt pas d’ faim, comme dans des maisons où j’ai été.
HENRY MONNIER.
AVOIR ENCORE (L’). Sous entendu: _Son pucelage_.
Ça me rappellera... le temps où je l’avais encore.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
AVOIR EU QUELQUE CHOSE AVEC UNE FEMME. Avoir couché avec elle, une ou plusieurs fois; avoir été son amant.
Tu me feras peut-être accroire que tu n’as rien eu avec Henriette?
GAVARNI.
AVOIR LA COURTE HALEINE. Être petit baiseur, se contenter de tirer un coup ou deux et dormir après.
_Vous avez la courte haleine; Parler d’amour une fois, C’est me donner la migraine._
COLLÉ.
AVOIR LA MAIN OCCUPÉE. Se branler d’une main en lisant de l’autre un roman libertin; ou pincer le cul à sa voisine en trinquant avec son voisin.
_Souvent entre deux draps Rêvant à ses appas, Et d’une voix entrecoupée, Je me dis, la main occupée, Ah! comme on tirait Chez ell’ du vin clairet!_
E. DE PRADEL.
AVOIR LA QUEUE VERTE. Être frais et dispos pour le combat amoureux, être vaillant au lit.
AVOIR LA VACHE ET LE VEAU. Épouser une fille enceinte des œuvres d’un autre.
AVOIR L’EAU À LA BOUCHE. Avoir appétit de femme lorsqu’on est un homme, ou d’homme lorsqu’on est femme, soit en voyant baiser les autres, soit en lisant des livres de fouterie.
AVOIR LES TALONS COURTS. Se laisser volontiers renverser sur le dos par un homme; bander facilement pour les porte-queue.
Elle a les talons si courts, qu’il ne faut la pousser guère fort pour la faire cheoir.
(_Les Caquets de l’accouchée._)
AVOIR LE VENTRE PLEIN. Être enceinte.
Je crois, ma chère, que j’ai le ventre plein: cet imbécile d’Hippolyte n’aura pas mouché la chandelle.
E. JULLIEN.
AVOIR MAL AUX CUISSES. Façon chaste de dire qu’on a beaucoup besogné avec sa voisine, ou avec toute autre femme, car c’est surtout à cet endroit du corps que se fait sentir la fatigue vénérienne.—On dit aussi, dans le même sens: _avoir les cuisses coupées_, ou encore, _avoir les jambes brisées_.
AVOIR PERDU SA FLEUR. Se dit d’une jeune fille qui a eu un _fruit_.
AVOIR QUELQUE CHOSE AVEC UNE FEMME OU AVEC UN HOMME. Être son amant ou sa maîtresse; ou s’être donné rendez-vous pour coucher ensemble.
AVOIR QUELQU’UN. Avoir un entreteneur, un miché, quand on est fille; avoir une maîtresse, être le maquereau d’une fille, quand on est homme—sans préjugés.
J’ai pas d’amant... veux-tu me l’êt’?...—Non.—T’as quéqu’un!...—Oui?...—N’en parlons plus.
HENRY MONNIER.
Voilà ce qu’une femme qui se sent poursuivie devrait se dire à elle-même, à tous les moments du jour: Un tel me suit, il me cherche, je le trouve partout; donc il veut m’avoir et me mettre sur sa liste.
LA POPELINIÈRE.
_Une duchesse à l’œil noir L’an passé voulut m’avoir._
BÉRANGER.
AVOIR RÔTI LE BALAI. Avoir eu de nombreux amants, savoir ce que la pine en vaut l’aune, avoir fait une vie de chienne,—par allusion aux sorcières qui chevauchaient le balai pour aller au sabbat et qui le rôtissaient à la chaleur de leur cul.
C’est une fille qui a rôti le balai.
LEMERCIER.
AVOIR SEPT POUCES MOINS LA TÊTE (En). Posséder un membre d’une longueur plus qu’estimable, et bien fait pour plaire aux femmes,—le sexe le plus goulu.
_.... La belle Urinette Au corps content, mais pas de peu, Car il lui faut sept pouces, moins la tête, Pour qu’elle ait un beau jeu._
LEMERCIER DE NEUVILLE.
AVOIR SON PLAISIR. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien:
_Et sachez bien que je mourusse Si mon plaisir de lui n’eusse_
(_Anciens Fabliaux._)
_Mais Marguerite eut de moi son plaisir._
MAROY.
Polyxène, sans être vue de personne, tira le prêtre en sa maison pour en avoir son plaisir.
P. DE LARIVEY.
AVOIR TOUJOURS L’ANNEAU OU LA BAGUE AU DOIGT. Passer sa vie à branler les femmes, le con étant pris pour un anneau—depuis celui de la femme d’Hans Carvel.
AVOIR UN ARLEQUIN DANS LA SOUPENTE. C’est-à-dire, dans le ventre. Être enceinte d’on ne sait qui,—de plusieurs amants,—de toutes les couleurs.
AVOIR UN BON DOIGTÉ. Savoir peloter habilement les couilles d’un homme; faire à merveille la _patte d’araignée_.
AVOIR UN CHEVEU. Avoir un caprice pour une femme, ou pour un homme.
Elle a un cheveu pour lui.
CHARLES MONSELET.
AVOIR UNE CRANE GIBERNE. Se dit d’une femme qui a de belles fesses, une Parisienne callipyge,—naturellement ou artificiellement.
Elle a une crâne giberne, ton adorée, faut lui rendre justice: tout est-il à elle, dis?
CHARLES MONSELET.
AVOIR UN FRUIT. Se dit d’une jeune fille qui s’est laissé séduire et qui a lieu de s’en repentir—neuf mois après.
AVOIR UN POLICHINELLE DANS LE TIROIR. Se dit d’une femme enceinte.
AVOIR VU LE LOUP. Se dit d’une fille qui n’est plus vierge, qui connaît depuis plus ou moins de temps les mystères du pantalon de l’homme—d’où elle a vu sortir, la tête en feu, le poil hérissé, son braquemard enragé.
Toujours est-il que le loup, qui rôdait par là depuis quelque temps, sous la blouse bleue et le pantalon de velours épinglé d’un grand gars de notre village, sortit sournoisement du bois des châtaigniers, se montra tout à coup à l’ombre de la haie d’aubépines, et—qu’elle vit le loup.
ALFRED DELVAU.
AZE (L’) TE FOUTE. Vieux dicton qui signifie: Va te faire foutre—par un âne.
_Ainsi les dieux ont esleu Tels oiseaux qui leur ont pleu. Priape, qui ne voit goutte, Haussant son rouge museau, A taston, pour son oiseau Print un aze qui vous foute._
MOTIN.
_Lors, dit Catin: N’entends-tu pas? Quoi? répond l’autre.—L’aze, écoute... —Si l’aze pète: dit Colas, Parsanguié! que l’aze te foute!_
PIRON.
B
BABINES (Les). Les grandes lèvres de la nature de la femme.
Les deux babines un peu retroussées et colorées d’un rouge attrayant qui passe un peu au dehors entre les cuisses.
MILILOT.
BADIGEONNER UNE FEMME. La baiser,—en employant le blaireau et la peinture à la colle que l’on sait.
Je veux qu’on me paye, moi! je veux qu’on me badigeonne, moi! et que l’on me donne des gants.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
BADINAGE (que l’on peut prononcer à l’allemande: _patinage_.) Ce n’est pas autre chose que la préface de la fouterie elle-même:
Cessez ce badinage, Henri, ou je sonne pour appeler mes gens, et vous faire jeter à la porte.
PONSON.
Rions, plaisantons, badinons, mais n’allons pas plus loin.
HENRI MONNIER.
On fut obligé de la marier plus tôt qu’on ne pensait, parce qu’en badinant avec son accordé, elle devint grosse.
TALLEMANT DES RÉAUX.
_Nanon surtout, et c’était grand dommage, N’avait encor tâté du badinage._
GRÉCOURT.
_Il se servit de l’heure du berger, Et commençait l’amoureux badinage._
LA FONTAINE.
_De notre amoureux badinage Ne gardez pas le témoignage, Vous me feriez trop de jaloux._
PARNY.
BAGASSE. Vieux mot pour désigner une putain:
...La plus grande bagasse de la ville.
BRANTÔME.
O Dieu! que l’homme est malheureux qui épouse de telles chiennes et bagasses.
TOURNEBU.
BAGATELLE (La). Le plaisir vénérien, la plus sérieuse des occupations de l’espèce humaine.—L’expression appartient à l’argot des filles qui, elles, n’attachent aucune importance à l’amour.
_Si j’effleure, dit-elle, L’asphalte du trottoir, C’est pour la bagatelle: Entrez dans mon boudoir._
A. MONTÉMONT.
BAGUE. On se sert quelquefois de ce mot pour désigner les parties naturelles de la femme.
_Il s’en alla chercher une place éloignée Pour enfiler la bague et rembourrer le bas De celle qu’il avait choisie pour ses ébats._
THÉOPHILE.
_Carvel, j’ai pitié de ton cas. Tiens cette bague et ne la lâches; Car tandis qu’au doigt tu l’auras, Ce que tu crains point ne sera._
LA FONTAINE.
... Du chevalier s’est accusée, qui, comme l’autre, l’avait bien baguée.
(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)
BAGUETTE. Le membre viril, avec lequel on mène les femmes qui ne sont pas sages en frappant sur leur ventre comme sur un tambour.
_Dans un coin ell’ tient les baguettes Des deux tambours du régiment_
BÉRANGER.
BAHUT. La nature de la femme, dans laquelle l’homme serre—pour un instant—sa pine, comme chose précieuse.
_Dans son bahut je flottais bien au large._
(_Chanson anonyme moderne._)
BAHUTER LA PINE (Se). Masturber, ou bander fortement.
_Car nos coursiers, par l’odeur excités, Au grand galop se bahutaient la pine Et tour à tour inondaient les pavés._
ANONYME.
BAISER. Verbe excessivement actif, que l’humanité passe son temps à conjuguer depuis le premier jour du monde, et qu’Adam et Ève savaient dans tous ses modes avant les conseils libertins du serpent. C’est le _to leacher_ des Anglais, le _far l’atto venereo_ des Italiens et le _basiare_ des latins.—Quant à son étymologie, elle est d’une clarté éblouissante même pour un aveugle. Agnès la devinerait. _Baiser_, verbe, vient de _Baiser_, substantif, car la conjonction d’en haut précède toujours la conjonction d’en bas, et il est impossible à une femme dont les petites lèvres ont été touchées par une bouche, de ne pas laisser toucher ses grandes lèvres par une pine. De ceci vient cela, dirait Hugo.
_...Et l’homme marié Baise tout simplement, quand il peut, sa moitié._
PROTAT.
_...Le galant, en effet, Crut que par là baiserait la commère._
LA FONTAINE.
_Parbleu, qu’un autre la baise. J’aime mieux baiser mes sœurs._
COLLÉ.
_Chaud de boisson, certain docteur en droit, Voulant un jour baiser sa chambrière, Fourbit très bien d’abord le bon endroit._
PIRON.
BAISER À BLANC. Se branler,—ce qui est une façon de baiser sans femme, quand on est homme, sans homme quand on est femme.
BAISER À LA FLORENTINE. Se dit de deux amants qui, en se donnant l’un à l’autre des baisers sur la bouche, se lancent tour à tour de petits coups de langue, pour s’émoustiller mutuellement et jouir en avancement d’hoirie.
BAISER À LA PAPA. Bourgeoisement, patriarcalement, comme M. Joseph Prudhomme baise madame Prudhomme, elle sur le dos, et lui sur elle.
BAISER À L’ŒIL. Ne rien payer pour jouir d’une femme galante, comme font les greluchons.
_Quand on est jeune on doit baiser à l’œil; A soixante ans la chose est chère et rare; Aux pauvres vieux l’amour devient avare._
(_Chanson d’étudiants._)
BAISER À VIT SEC. Ne pas décharger dans la matrice de la femme, qui, à cause des enfants ou seulement par goût particulier, préfère manger le poisson sans la sauce.
_Ainsi, femme qui dit que le vit sec est bon Voudrait ôter la sauce et le sel au jambon, Ce qu’il est de plus doux en toute la nature Et qui donne la vie à toute créature._
MILILOT.
BAISER EN ÉPICIER. Faire l’amour purement et simplement, comme un devoir, comme une presque corvée,—et non pas en levrette, non pas à la paresseuse, non pas de cette façon ou de cette autre, inventée par les savants et surtout par les savantes, mais à la mode patriarcale: la femme dessous et l’homme dessus.
_Quel moyen puis-je employer Pour plaire à mon Antoinette? Je la baise en épicier... Le bougre lui fait minette._
GUSTAVE NADAUD.
BAISER EN PIGEON. Faire une langue, comme fut baisée—d’abord—la Vierge Marie.
Elle me baisa en pigeonne, la langue en bouche.
BRANTÔME.
BAISER OU FOUTRE À COUILLONS RABATTUS, OU COMME UN DIEU. Avec énergie, sans songer au mari que l’on cocufie ni aux enfants que l’on procrée,—comme tous les hommes voudraient bien pouvoir foutre, et comme toutes les femmes voudraient bien être foutues.
Et maintenant, gonzesse, que je t’ai foutue à couillons rabattus, comme tu n’es pas foutue d’être foutue jamais de ta garce de vie.....
LEMERCIER DE NEUVILLE.
_Les hommes, lorsqu’ils ont foutu A double couillon rabattu, Se lavent dans une terrine._
DUMOULIN-DARCY.
Madame Durut, sentant les approches du suprême bonheur, se livre au transport, et s’agitant à l’avenant, s’écrie: Foutre! c’est trop de plaisir! il fout comme un Dieu!
A. DE NERCIAT.
BAISER OU FOUTRE À LA DRAGONNE OU EN MAÇON. Jouir d’une femme immédiatement, monter sur elle brutalement, sans préliminaires d’aucune sorte, ni caresses, ni langues, ni pelotage.
BAISER OU FOUTRE À LA PARESSEUSE. Se placer derrière une femme que l’on veut baiser, couché sur le côté comme elle, entrecroiser mutuellement les cuisses, insinuer doucement l’outil dans le trou qui l’attend, et besogner sans effort.
_Celui dont la pine est mollasse, filandreuse, Et lente à décharger, fout à la paresseuse._
LOUIS PROTAT.
BAISER OU FOUTRE EN AISSELLE. Tirer un coup dans le pli formé par le dessous du bras et de l’épaule.
_En aisselle, en tétons, le Turc met son braqmard._
LOUIS PROTAT.
BAISER OU FOUTRE EN CYGNE. Baiser une femme à la façon de Jupiter Léda, à genoux et ses jambes sur les épaules.
BAISER OU FOUTRE EN LEVRETTE. Baiser une femme _in more_—du prince de _Canino_.
_En levrette est encore un moyen fort joli Quand on a sous son ventre un cul ferme et poli._
LOUIS PROTAT.
BAISER OU FOUTRE EN TÉTONS. Décharger dans cette petite vallée formée par les deux tétons et qu’on peut rendre aussi étroite qu’on veut en les rapprochant avec les mains.
BAISER SUR LE POUCE. Tirer un coup précipitamment, là où l’on se trouve, sur une chaise, sur un meuble, sur une botte de paille, etc.
Je t’ai baisée sur le pouce, ça ne compte pas: nous recommencerons sur le lit, quand ton mari sera à son bureau.
SEIGNEURGENS.
BAISEUR, BAISEUSE. Synonyme presque décent de _Fouteur_, _fouteuse_.
_Je ne suis rien qu’un ivrogne, Quoiqu’on m’estime baiseur._
(_Parnasse des Muses._)
_Point d’éloges incomplets, S’écriera cette brunette, A moins de douze couplets, Au diable une chansonnette! Quoi! douze, ou rien? dit un sot. Oui, c’est l’humeur de Margot Nous t’en promettons treize: Viens, Margot, viens qu’on te baise._
BÉRANGER.
BALADEUSE. Fille de mauvaise vie,—par allusion à la boutique roulante des marchandes des quatre saisons.
Elle t’a trahi sans te trahir. C’est une baladeuse, et voilà tout.
GÉRARD DE NERVAL.
BALANCE DE BOUCHER. Fille publique,—parce qu’elle pèse toutes sortes de viandes, des quéquettes de jouvenceaux, des courtes de maçons, des pines d’Auvergnats et des vits de maquereaux.
BALANCER LE CHINOIS (Se). Jouer avec son membre pour jouir, le faire dodeliner de la tête, comme un poussah, jusqu’à ce que, l’érection arrivant, il se tienne roide comme la justice et pleure silencieusement toutes les larmes de son œil unique.
BALANCER SA LARGUE. Se débarrasser de sa maîtresse,—dans l’argot des filles et des maquereaux.
BALANCER UNE FEMME. La renvoyer comme Abraham Agar, soit parce qu’elle devient gênante, soit parce qu’elle est trop libertine.
Elle m’a traité de mufle.—Alors, il faut la balancer.
CHARLES MONSELET.
BALANCER UN HOMME. Le quitter, soit parce qu’il ne vous donne pas assez d’argent, soit parce qu’il vous ennuie.
_Toujours d’avance exigeras Qu’il fasse tinter son argent; Sinon tu le balanceras... On ne vit pas de l’air du temps_
(_Parnasse satyrique._)
BALANÇOIRES. Simagrées que fait une fille qui ne veut pas être baisée, mais qui veut bien être payée; promesses de jouissances qu’elle fait au miché racolé par elle.
_Car je connais ces balançoires, Je suis roublard, Et j’ pourrais écrir’ les mémoires Du lupanar._
LEMERCIER DE NEUVILLE.
BALAYER SES ENFANTS. Enlever avec un balai ou avec un torchon les gouttes de sperme qu’on a laissées tomber sur le parquet en se branlant ou en baisant une femme sur une chaise.
BALCON (Faire le). Moyen ingénieux employé par les filles pour faire savoir à leurs abonnés qu’elles sont visibles:—il leur suffit de mettre au balcon une chaise sur laquelle sera déposée une chemise ou une jupe commencée... puis de retirer le tout quand le client est entré.
Je vous dis que vous faites la fenêtre; on vous a vue au _balcon_.
—Ah! M. le commissaire, comme on vous a trompé: je ne vais jamais à ce _bal là_.
J. CH.
BALLES. Les testicules, à cause de leur forme: c’est avec eux qu’on fusille les femmes—à bout portant.
BALLON (Avoir du). Se dit d’une femme qui a des fesses énormes, naturelles ou artificielles, comme en ont aujourd’hui, grâce à la crinoline, les Parisiennes, élégantes Vénus hottentotes.
BALLOCHES. Les testicules.—Ce mot vient, soit du verbe
_ballocher_—qui, en argot, veut dire _tripoter_—soit du fruit du Bélocier, qui portait autrefois le même nom, ou à peu près le même nom, et qui présente en effet une certaine analogie avec la forme des couilles.
Un médisant dit que l’abbé auquel elle vouloit boire,—qui, à la vérité, avait en ses jeunes ans perdu ses deux témoins instrumentaires... en descendant d’un bellocier, c’est un prunier sauvage,—s’appelait monsieur de _Non Sunt_.
(_Contes d’Eutrapel._)
BALLOTTES (Les). Les testicules, petites balles avec lesquelles les femmes aiment à jouer et à jouir; quelquefois les tétons des femmes ou le maniement de cul, tétons, etc.
Elle lui met la main sur les ballottes qu’il a au-dessous de cet engin et les soulève mignardement en les passant et repassant doucement entre les doigts.
MILILOT.
Les deux tétons, jolies ballottes du plaisir.
(_Moyen de parvenir._)
Ils virent en leur présence ballotter leurs femmes sans y pouvoir apporter aucun remède.
(_Les Caquets de l’accouchée._)
BANDER. Être en érection, avoir envie de baiser une femme lorsqu’on est homme, ou un homme lorsqu’on est pédéraste. C’est l’_arrigere_ (relever, hausser, dresser) des Latins.
_Qu’on le passe aux verges, Dit Vénus à part; Qu’il soit de ma bande Banni sans retour: Jamais il ne bande._
(_Les Archers de l’Amour._)
Y bande encore... est-y gentil!
HENRY MONNIER.
_Tout vis-à-vis, Je rends des vits Toujours bandants._
COLLÉ.
—On a étendu la signification de ce mot, purement vénérienne, et on s’en sert maintenant au propre et au figuré: au propre, comme il vient d’être dit; au figuré, pour indiquer la violente envie qu’on a d’une chose.
Ainsi Mirabeau, voulant peindre la pusillanimité du duc d’Orléans, qui voulait et n’osait pas être criminel, dit: «Ce d’Orléans est un Jean-Foutre qui toujours bande le crime et n’ose le décharger. _Ignavum equidem fateor qui continuo erigit scelus et nunquam ejaculari ausus est.»_
BANDER (Faire). Provoquer l’érection de l’homme par des discours libertins ou par des attouchements autour des parties sexuelles.
_L’air est plein d’odeurs spermatiques Qui font bander les plus usés, Et font sortir de leurs boutiques Les bourgeois les plus empesés._
(_Parnasse satyrique._)
BANDE-À-L’AISE. Homme qui n’est que médiocrement porté par son tempérament vers les choses de la fouterie, et qui bande plus volontiers avec son cerveau qu’avec son membre—comme la plupart des écrivains.
_Qu’on me baise, Mon con, Nicaise, Se présente à toi...; Viens, bande-à-l’aise, Vite, mets-le-moi._
PIRON.
_Monsieur dit des bons mots souvent, Mais monsieur bande rarement; Monsieur a de l’esprit: j’en suis Bien aise, bien aise, Mais comme la peste, je fuis Un bande-à-l’aise!_
COLLÉ.
BANDER COMME UN CARME. Bander très fort, comme savaient bander jadis les carmes, chaux ou déchaux,—chauds surtout,—grâce à la continence qu’ils étaient forcés d’observer.
BANDER DE LA GORGE. Se dit d’une femme dont les seins se durcissent et se dressent sous l’impression du désir ou du plaisir.