Dictionnaire érotique moderne

Part 3

Chapter 33,685 wordsPublic domain

ALLER AU PERSIL. Se dit des femmes autorisées qui se promènent le soir dans les rues, sur les trottoirs, et qui ne cessent de se promener que lorsqu’un galant homme, un peu gris, les prie de se reposer—pour tirer un coup avec lui, dans une chambre de bordel ou dans un arrière-cabinet de marchand de vins.—_Voy._ ALLER AU BEURRE.

ALLER AU VICE. Aller au bordel.

ALLER CHEZ LE VOISIN. Enculer une femme; se tromper, volontairement ou involontairement, d’endroit.

Tiens... me voilà... Pas comme ça, donc! Tu va chez le voisin... Laisse-moi te conduire.

H. MONNIER.

ALLER D’ATTAQUE (Y). Baiser avec énergie, sur l’herbe ou sur une chaise, sous le ciel du lit ou sous le ciel de Dieu, sans se préoccuper des passants et des enfants.

La limace... là, bien blanche, avec ses creux et ses montagnes, ça m’met sens sus d’sous... Allons-y d’attaque!

LEMERCIER DE NEUVILLE.

ALLER DE SON BEURRE. Jouir copieusement, lorsqu’on est sous l’homme, sans craindre la vérole et les enfants, et décharger deux ou trois fois sans qu’il ait déconné.

Tu m’as fait crânement jouir, cochon! Voilà la première fois que j’y vas de mon beurre aussi franchement.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

ALLER DE SON VOYAGE. Les filles de bordel emploient cette expression pour dire qu’elles ont joui avec un miché: «J’y ai été de mon voyage.»

ALLER DU CUL. Se trémousser dans la jouissance vénérienne, ou dans l’attente de cette jouissance, qui est toujours précédée d’une foule de friandises fort agréables.

Il se trémoussa vers moi en se baissant, et moi vers lui en me haussant; les culs nous allaient à tous deux comme s’il eût eu déjà le vit au con.

MILILOT.

ALLER ET RETOUR (Donner ou faire l’). Tirer deux coups avec une femme, sans déconner.

C’est un pauvre homme, dit-elle; il ne peut pas même faire l’aller et retour sans être sur les dents.

A. FRANÇOIS.

ALLER L’AMBLE. Faire l’acte vénérien, soit parce que dans cette besogne l’homme imite l’allure des chevaux qui vont l’amble, entre le trot et le pas, entre fort et doucement, soit parce que pour aller l’amble amoureux il faut être deux—_ambo_.

ALLER SE FAIRE COUPER LES CHEVEUX. Aller au bordel.—L’expression date de l’établissement des bains de mer de Trouville, fréquentés par la meilleure société parisienne. Trouville est pour ainsi dire un faubourg du Havre, mais un faubourg sans bordels. Les messieurs sans dames qui ont des besoins de cœur s’échappent, vont au Havre et reviennent l’oreille basse, la queue entre les jambes, comme honteux de leurs mauvais coups.—D’où venez-vous? leur demandent les dames.—J’ai été me faire couper les cheveux, répond chaque coupable.—Les dames trouvaient—trouvillaient, dirait Commerson;—qu’ils allaient bien souvent se faire arranger—la chevelure.

ALLER TROP VITE À L’OFFRANDE ET FAIRE CHOIR LE CURÉ. Décharger au moment où l’on va baiser une femme que l’on a désirée trop longtemps, et débander immédiatement.

ALLONGER (S’). Bander,—dans l’argot des maquignons.

ALLUMELLE. Membre viril.

_Plusieurs n’aimassent tout autant Pour chatouiller leur allumelle Le réservoir d’une pucelle._

(_Heures de Paphos._)

ALLUMER (S’). Être en érection, soit devant une femme, soit devant une photographie obscène.

Il ne s’allume pas!... Je ne s’rais pourtant pas fâchée qu’i m’ baise, car il a un rude membre.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

ALLUMER LA CHANDELLE. Mettre un homme en état de baiser, par des attouchements habiles aux environs de son braquemard et sur son braquemard lui-même.

ALLUMER LE FLAMBEAU D’AMOUR. Copuler.

_J’ m’approch’ crân’ment et j’ lui propose D’allumer le flambeau d’ l’amour; Cédant au désir qui m’allèche. De mon feu n’ jaillit qu’un’ flammèche._

F. DE CALONNE.

ALLUMER UN HOMME. Se dit des femmes légères—comme chausson—qui, par leurs regards incendiaires, provoquent les hommes à la fouterie.

Elle! elle n’allumerait pas même un homme en amadou.

LEMERCIER.

ALLUMETTE. Le membre viril, avec lequel on met le feu à tant de jeunes imaginations.

N’approche pas de moi ton allumette: tu me brûlerais, et je n’y suis pas disposée.

Baron WODEL.

_Modeste appelle une allumette Ce que lui montre son amant._

E. T. SIMON.

AMANT. Nom que l’on donne, non pas à l’homme qui aime une femme, mais à celui qui la fout.

_Un vieux monsieur millionnaire, Remplaçant le prince Charmant Rêvé par toute pensionnaire, De Manette eût été l’amant._

ALFRED DELVAU.

AMANT DE CŒUR. Greluchon, maquereau, homme qui, s’il ne se fait pas entretenir par une femme galante, consent cependant à la baiser quand il sait parfaitement qu’elle est baisée par d’autres que lui: c’est, pour ainsi dire, un domestique qui monte le cheval de son maître.—Il y a cette différence entre l’_amant_ simple et l’_amant_ dit _de cœur_ que le premier est un fouteur qui souvent se ruine pour sa maîtresse, et que le second est un fouteur pour lequel sa maîtresse se ruine quelquefois—quand il la fout bien. Aussi devrait-on appeler ce dernier l’_amant de cul_, le cœur n’ayant absolument rien à voir là-dedans.

AMARRIS. Vieux mot hors d’usage signifiant matrice, employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la femme.

_Et madame qui perd l’attente Du bien que donnent les maris, Soupire de son amarris._

J. GREVIN.

_C’est ma maîtresse Qui a mal à son amatrix._

(_Ancien Théâtre français._)

AMÂTINER (S’). Se prostituer à tous les hommes, comme une chienne chaude à tous les mâtins.

AMI. Synonyme décent d’amant, qui est lui-même synonyme de fouteur.

Les autres qui auront plus de hâte et prendront des amis par avance pour en essayer...

MILILOT.

AMITIÉ. Dans tout vocabulaire érotique, _amitié_ est le synonyme d’_amour_.—C’est tout un petit drame intime et bourgeois, qui se joue à trois personnages: la femme, le mari et l’amant. S’il en survient un quatrième, c’est l’_ami_ de l’_amant_, qui, presque toujours, est à l’amant...

_... Ce que l’amant est au mari._

GAVARNI.

AMOUR. Sentiment de création moderne. Les anciens ne connaissaient que la fouterie,—ce que Théophile Gautier, un poète, a si fort à tort appelé un «sentiment ridicule accompagné de mouvements malpropres,»—et il était donné à notre génération, épuisée par tant de masturbations intellectuelles, d’inventer cette sinistre plaisanterie qui dépeuplerait promptement la terre, si les Auvergnats n’étaient pas là.

_L’amour est une affection Qui, par les yeux, dans le cœur entre, Et par forme de fluxion S’écoule par le bas du ventre._

RÉGNIER.

AMOUR, substantif des deux genres: échange de deux fantaisies; privilége pour toutes les folies que l’on peut faire; pour toutes les sottises que l’on peut dire.—On a de l’_amour_ pour les fleurs, pour les oiseaux, pour la danse, pour son amant, quelquefois même pour son mari: jadis on languissait, on brûlait, on mourait d’_amour_; aujourd’hui, on en parle, on en jase, on _le fait_, et le plus souvent on l’achète.

E. JOUY.

_De son vit couturé de chancreuses ornières, Pénétrer, chancelant, au fond d’un con baveux. Mettre en contact puant les canaux urinaires, De scrofules pourris, nous créer des neveux. De spermes combinés faire un hideux fromage; Au fond de la cuvette, humide carrefour, En atomes gluants voir le foutre qui nage... Voilà l’amour!_

PAUL SAUNIÈRE.

AMOUREUSE ENTREPRISE (L’). L’acte vénérien.

AMOUREUX DES ONZE MILLE VIERGES. Jeune homme timide qui toutes les nuits couche, en imagination, avec toutes les femmes qu’il a rencontrées dans la journée, et, en réalité, avec la veuve Poignet,—qu’il a toujours sous la main.

Je n’ai jamais sérieusement aimé qu’une femme, la mienne; et cependant, comme tous les jeunes gens, j’ai été amoureux des onze mille vierges.

A. FRANÇOIS.

AMOUREUX LARCIN. La petite oie de la fouterie, la monnaie de la jouissance,—baisers dérobés, fesses pincées, etc.

_Dans ses amoureux larcins, Le papelard se rengorge; Quand sa main flân’ sur ma gorge, Il dit qu’il ador’ les saints._

JULES POINCLOUD.

AMOUREUX TRANSI. Baiseur plus chaud en paroles qu’en action, et qu’à cause de cela les femmes tiennent en maigre estime.

Il arrive de là que ceux qui aiment le plus, comme ces amoureux transis, sont ceux qui chevauchent le moins.

MILILOT.

AMOUR PHYSIQUE (L’). Le seul amour, le véritable amour, celui des gens bien portants d’esprit et de corps,—enfin celui que prisent sérieusement toutes les femmes, même celles qui lisent le plus de romans.

_En style énergique Mon amour physique S’explique._

COLLÉ.

AMOUR PLATONIQUE. L’amour ridicule par excellence, l’amour des poètes, des gens qui ont plus de cervelle que de queue, et qui aiment la femme à distance respectueuse parce que leurs moyens ne leur permettent pas de l’aimer plus près.

_Je fais grand cas De l’amour pur et platonique, Mais je n’en use pas._

COLLÉ.

AMOUR SOCRATIQUE. La pédérastie, que Socrate pratiquait si volontiers à l’endroit—je veux dire à l’envers d’Alcibiade.

AMUSER UN HOMME. Le faire jouir par tous les moyens connus et inconnus.

_Dans mon bordel il vient souvent beaucoup de vieux, Ce sont ceux-là, d’ailleurs, qui nous payent le mieux: Sais-tu par quels moyens, petite, on les amuse, Et de quelle façon à leur égard on use?_

LOUIS PROTAT.

AMUSER (S’). Se branler.

AMUSETTE (Faire l’). Se peloter mutuellement en attendant le moment de baiser, ou après avoir baisé; plus spécialement, se branler avec l’extrémité d’un membre viril, quand on est femme.

Lorsque nous avions couru quelques postes et que j’avais quelque peine à remonter sur ma bête, elle, qui n’était ni fatiguée ni rassasiée, s’emparait avec autorité de ma lavette et faisait l’amusette.

A. FRANÇOIS.

ANANDRYNE. Femme qui n’aime pas les hommes, ou au moins leur préfère les femmes pour se livrer au libertinage et à la fouterie. Sapho était anandryne; elle avait un long clitoris et s’en servait comme un homme de son vit avec les femmes. Horace appelait Sapho _mascula_, femme mâle, femme hommesse, comme le dit Mirabeau dans son _Erotika Biblion_. Les Vestales à Rome, les Gymnopédistes à Sparte, instituées par Lycurgue, étaient anandrynes.

ANCHOIS. La verge d’un petit garçon, et même la queue d’un homme lorsqu’elle a des dimensions trop grêles,—par allusion à la gracilité de ce poisson.

Approche ton anchois, ton mignon... là... bien... tu y es... Le sens-tu frétiller?

LÉON SERMET.

ANDOUILLE. Le membre viril, dont les femmes sont si friandes,—elles qui aiment tant les cochonneries!

_De tout le gibier, Fanchon, N’aime rien que le cochon: Surtout devant une andouille, Qu’aux carmes l’on choisira, Elle s’agenouille, nouille, Elle s’agenouillera._

COLLÉ.

ANDOUILLE DES CARMES (L’). Le membre viril.

ANDRINS. Culistes, hommes qui ne font aucun cas des charmes féminins et ne fêtent que des Ganymèdes.

Les andrins sont les jacobins de la galanterie; les janicoles en sont les monarchiens démocrates, et les francs sectateurs du beau sexe sont les royalistes de Cythère.

(_Diable au corps._)

ANDROGYNE. Pédéraste, qui réunit en lui les deux sexes puisqu’il sert de maîtresse aux hommes et d’amant aux femmes,—comme ce grand libertin de Jules-César, qui était le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris.

ANDROGYNE (Faire l’). Baiser une femme, ce qui est proprement réunir les deux sexes en un seul.

ANGLAIS. Noble étranger, fils de la perfide Albion ou de la rêveuse Allemagne, qui consent à protéger de ses guinées une femme faible—de vertu—pendant toute la durée de son séjour à Paris.

Amélie ne te recevra pas, Polyte: elle est avec son Anglais.

WATRIPON.

ANGLAIS (Avoir ses). Avoir ses menstrues, à cause de la couleur rouge de cet écoulement, qui est aussi la couleur de l’uniforme anglais.

_Puis de son corps couvrant ma mère, Dans le sang des Anglais baigné, Que de coups a tirés mon père Dans la montagne où je suis né._

(_Chanson anonyme moderne._)

ANGLAIS ONT DÉBARQUÉ (Les). Les menstrues ont fait leur apparition.

Il n’y a pas moyen ce soir, mon chéri: les Anglais ont débarqué.

LYNOL.

ANGORA. Petit nom d’amitié que les filles donnent à leur con, à cause de son épaisse fourrure.

Flatte mon angora, cher ange, baise-le de tes lèvres: nous allons jouir.

J. LE VALLOIS.

ANNEAU D’HANS CARVEL (L’). Le con de la femme—dans lequel tout honnête homme doit mettre le doigt quand il n’y peut plus mettre la pine.

Une femme aimable est un anneau qui circule dans la société, et que chacun peut mettre à son doigt.

SOPHIE ARNOULD.

_Chantons l’anneau du mariage, Bijou charmant, bijou béni; C’est un meuble utile au ménage, Par lui seul un couple est uni. Avant quinze ans, jeune fillette Veut que l’on pense à son trousseau, Et qu’on lui mette, mette, mette, Mette le doigt dans cet anneau._

BÉRANGER.

ANUS (L’). Le trou du cul.

_Déferle ton entrecuisse, Que j’ contemple Le saint temple De Vénus, Et ton anus._

G. DE LA LANDELLE.

APHRODISIAQUES. Remèdes propres à tonifier, à roidir—momentanément—le membre qui a cessé d’être viril, par suite de maladies ou d’excès vénériens. Les stimulants les plus généralement employés sont les truffes, le musc, le phosphore, le safran et les cantharides.

_Puis, ce sont encor des parfums Aphrodisiaques en diable._

ALFRED DELVAU.

APOTHICAIRE. Pédéraste, ou sodomite; homme qui se trompe volontairement de côté quand il est au lit avec une femme et qui l’encule au lieu de la baiser.

_Jean, ce frotteur invaincu, Au soir, dans une taverne, Frottait Lise à la moderne, C’est-à-dire par le cul. Elle, qui veut qu’on l’enfile, Selon sa nécessité, Disait d’un cœur irrité Qu’un clystère est inutile A qui crève de santé._

(_Le Cabinet satyrique._)

APÔTRE DE L’ANUS. Pédéraste, ou seulement sodomite,—homme qui se plaît à envoyer (ἀποστελλω) son sperme dans le vagin breneux d’un autre homme, de préférence au vagin naturel de la femme.

_Ah! dans toute la chrétienté, Il faut que la société Envoie des missionnaires, De saints apôtres de l’anus, Qui, tirant les vits des ornières, Prêchent l’Évangile des culs._

COLLÉ.

APPAS. Les beautés d’une femme qui excitent le désir de l’homme,—mais principalement ses tétons.

_Ah! Marton, malgré tes appas, Non, non, je n’y survivrai pas._

BÉRANGER.

APPÉTIT (Avoir.) Se sentir des démangeaisons amoureuses, être en disposition de baiser.

Te sens-tu en appétit ce soir?—Un appétit énorme!—Alors, allons à la _Patte de chat_.

LEMERCIER.

APPLIQUER LA PEAU D’UN GARÇON (S’). S’introduire le membre viril dans le vagin.

C’est un grand soulagement d’être aimée, et je trouve, pour moi, que je m’en trouve mieux de la moitié depuis que je me suis appliqué la peau d’un garçon dessus.

MILILOT.

APPLIQUER UN HOMME SUR L’ESTOMAC (S’). Se laisser enfiler comme une perle par lui, la perle sur le dos, et l’homme sur la perle.

Et fût-il coiffeur ou laquais, d’aussi huppées que vous se l’appliqueront sur l’estomac sans lui demander ses preuves.

A. DE NERCIAT.

APPRIVOISER UNE FILLE. La dépuceler,—ce qui la rend naturellement moins sauvage.

_Malgré les grands parents, malgré les fortes grilles, Mon cher, je connais l’art d’apprivoiser les filles._

LÉON SERMET.

APRÈS LA PANSE, VIENT LA DANSE. Vieux proverbe: Après la mangeaille, la fouterie.

_Pour se mettre en humeur, il faut emplir la panse; Sans Cérès et Bacchus, Vénus est sans pouvoir; Un ventre bien guédé est plus prompt au devoir: Après la panse, aussi, ce dit-on, vient la danse._

(_Proverbes d’amour._)

ARAIGNÉE. Faire patte d’araignée. Action de prendre les couilles et le vit de l’homme de manière à chatouiller le tout à la fois en allant de la tête du vit au périnée et au trou du cul, de haut en bas, à droite et à gauche et retour, en y joignant des coups de langue au filet du vit décalotté, le tout jusqu’à jouissance complète.—_Voir_ PATTE D’ARAIGNÉE.

ARBALÈTE. Le membre viril, probablement par jeu de mots, parce qu’on bande,—à moins qu’on ne dise bander que parce qu’on appelle la pine une arbalète destinée à blesser la femme au ventre.

Bandez votre arbalète, mon doux ami, et visez-moi dans le noir.

E. DURAND.

ARDILLON. Le membre viril, soit parce qu’il pique, soit parce qu’il brûle.

Au lieu de sentir lever son ardillon, il se sentait plus froid qu’à l’ordinaire.

D’OUVILLE.

Je sens ton ardillon... Ah! je le sens... Chien! chien! tu me brûles...

Baron WODEL.

ARGUMENT. Pousser un argument naturel et irrésistible; c’est-à-dire une déclaration d’amour, sous la forme d’un bon vit—dans un bon con, qui ne trouve rien à redire à cela.

_Sans brusquer une fillette, Moi j’attends patiemment Qu’elle soit bien en goguette Pour pousser mon argument._

E. C. PITON.

ARISTOFFE (L’). Maladie honteuse, dans l’argot des filles et de leurs souteneurs.—Le mot viendrait-il de l’italien _arista_, épine? ou du grec ἄρίστος, la meilleure—des maladies—ou la maladie des _aristos_?

J’en ai eu quatorze depuis celle-là, et de toutes couleurs, car quoi qu’en disent les malins, les aristoffes se suivent et ne se ressemblent pas.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

ARME DE L’HOMME (L’). Son outil à génération, avec lequel il blesse souvent les femmes,—heureuses d’être ainsi blessées.

_A ces mots me relevant, Plus dispos qu’auparavant, Je me saisis de mon arme._

(_La France galante._)

Elle me rappelait le tambour de ma compagnie à astiquer et fourbir ainsi mon arme.

LEMERCIER.

ARRACHER SON COPEAU. C’est le _to leacher_ des Anglais, qu’il ne faudrait pas croire spécial aux menuisiers,—parce qu’il n’y a pas que les menuisiers qui sachent se servir du rabot que la nature a placé au ventre de tous les hommes.

ARRACHER SON PAVÉ. Faire l’acte vénérien,—à cause de l’effort que cela exige sans doute.

Oui, c’est ainsi toutes les fois que j’arrache mon pavé avec une demoiselle.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

ARRANGÉE (Être). Être baisée.

_Ah! monsieur, je suis saccagée! Vous n’en viendrez jamais à bout! La comtesse était arrangée, Et criait encor d’un ton doux: Arrangez-vous._

COLLÉ.

ARRANGER UNE FEMME, OU UN HOMME. La bien baiser, ou le bien branler.

Tu dois bien arranger une femme, hein?

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Qu’il soit vioc ou non, Arrange-le tout d’ même._

DUMOULIN.

ARRIÈRE-BOUTIQUE. Le cul, qui est situé sur le derrière, et dans lequel le membre aime à se réfugier quand il est resté quelque temps dans la boutique, qui est sur le devant.

A l’instant cette demoiselle, ouvrant son arrière-boutique, laissa aller un vent.

D’OUVILLE.

ARRIVER À SES FINS. Finir par baiser une femme pour laquelle on bandait,—ce qui est la fin de tout roman d’amour.

Là! tu en es arrivé à tes fins, petit cochon!

WATRIPON.

ARROSER. Éjaculer dans la nature de la femme—un charmant petit jardin dont nous sommes les heureux jardiniers. Pluie ou sperme, quand cela tombe à propos, cela féconde.

Pourquoi ne voudraient-elles pas être arrosées?

CYRANO DE BERGERAC.

ARROSER LE BOUTON. Décharger son sperme dans le vagin d’une femme, sur le bouton de son clitoris.

_Son directeur, dit-on, Craignant qu’on lui ravisse Sa Rose, sa Clarisse, Lui arros’ le bouton._

JOACHIM DUFLOT.

ARTHUR. Nom poli qu’on donne à l’amant de cœur d’une femme galante. C’est le _chevalier à la mode_ de Dancourt.

Toute lorette, inévitablement, a son Arthur, comme toute fille publique son maquereau, comme toute pomme pourrie son ver.

Baron WODEL.

ARTICLE (Faire l’). Se dit des maquerelles plantées le soir sur le seuil des bordels, qui essaient d’y faire entrer les passants en leur dépeignant rapidement, avec des couleurs un peu fortes mais saisissantes, les beautés diverses et les talents particuliers de leurs pensionnaires.

Tu resteras sur le seuil du bazar et tu feras l’article pour nos demoiselles.

LEMERCIER.

ARTICLE (Être fort sur l’). Être toujours prêt à foutre,—porté sur sa pine comme un gourmand l’est sur sa bouche.

_Et sur l’article, ah! que j’étais solide; Dis-moi, Marton, dis-moi, t’en souviens-tu?_

(_Chanson anonyme moderne._)

La marquise est froide sur l’article.

LOUVET.

ARTILLERIE DE CUPIDON OU DE VÉNUS. Les parfums, les aphrodisiaques en général—et surtout en particulier.

ASPERGE. Le membre viril—dont les femmes sont si friandes, et qu’elles sucent volontiers, avec la sauce blanche qui les accommode ordinairement.

ASPERGÈS. Le membre viril avec lequel, en effet, nous aspergeons de foutre le con des femmes.—On dit mieux: _Goupillon_.

_C’est bien dit; car, comme j’estime, L’aspergès d’un moine sans doute Est si bon, qu’il n’en jette goutte Qu’elle ne soit bénie deux fois._

(_Ancien Théâtre français._)

ASSAILLIR UNE FEMME. La baiser; monter, la queue en main, à l’assaut de son vagin.

_Jean, cette nuit, comme m’a dit ma mère, Doit m’assaillir._

GAUTIER-GARGUILLE.

Après que ce premier assaut fut donné, la belle recouvra la parole.

CH. SOREL.

_Mais Trichet du premier assaut Se contenta. Chétive était la dose Au gré d’Alix._

VADÉ.

ASSEOIR SUR LE BOUCHON (S’). S’asseoir sur une pine, de façon à être baisée, soit en grenouille par devant, soit en levrette par derrière.

Viens t’asseoir sur le bouchon, garce, et si tu ne jouis pas, c’est que tu ne le voudras pas.

V. CAILLAUD.

ASTICOT. Le membre viril, qui grouille dans la nature de la femme comme un ver blanc dans la viande.

Tu écorches mon asticot, salope!

LEMERCIER.

ASTIQUER. Faire l’amour,—dans l’argot des filles et des maquereaux, l’_astic_ pour eux étant une épée, et l’épée piquant.

ASTIQUER (S’). Se masturber, soit seul, soit à deux.

_Deux gendarmes, un beau dimanche, S’astiquaient le long d’un sentier; L’un branlait une pine blanche Et l’autre un vit de cordelier._

(_Parnasse satyrique XIXe siècle._)

ASTIQUER LA BAGUETTE. Branler un homme,—le ventre de la femme servant de tambour à cette baguette-là, que nous savons tous manier aussi bien que les tapins de profession.

Celle-ci, d’un tambour astiquait la baguette.

LOUIS PROTAT.

ATELIER. La nature de la femme,—où se fabrique l’Humanité.

Quand on entre à l’atelier, il faut avoir son outil en bon état afin de besogner convenablement, et toi, tu ne bandes seulement pas!

A. MANVOY.

_Quoi, c’est là tout le stratagème? Dit un valet, voyant le drôle à l’atelier._

PIRON.

ATTRAPER QUELQUE CHOSE. Gagner la chaude-pisse ou la vérole dans un coït malsain, avec une coureuse ou avec une honnête femme.

Que ces drôlesses-là sont souvent de bons greniers à chaudes-pisses! ce qu’on appelle de véritables attrape-michés.

Comte DE CAYLUS.

Si j’attrape quéque chose, au moins j’ l’aurai pas volé.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

AUMÔNE AMOUREUSE. L’acte vénérien,—la femme étant censée donner et l’homme recevoir, quoique, en réalité, l’un donne autant que l’autre.

Belle dame, faites-moi l’aumône amoureuse, je vous en supplie, je bande trop!—J’en suis fâchée, mon cher, mais j’ai mes pauvres.

SEIGNEURGENS.

AUTEL. La nature de la femme, où nous venons, prêtres fervents, officier chaque jour, culotte bas et pine en main.

_Et dévotement sur l’autel, Je pose mes lèvres tremblantes: De ma langue, en flammes ardentes, S’élancent..._

A. FRANÇOIS.

_A l’autel de la volupté Soudain s’approche une inconnue Du morpion silencieux._

B. DE MAURICE.

Si tous les autels de Venus étaient aussi dégoûtants.

(_Les Maris à la mode._)

AUTEL DE PLUME (L’). Le lit, sur lequel l’homme et la femme officient avec une ferveur dont le Dieu—de Lampsaque—doit être content.

_Avez-vous pu l’en croire à son serment? Ceux que l’on fait sur un autel de plume Sont aussitôt emportés par le vent._

COLLÉ.

AUVERGNATE. Qui appartient au troisième sexe—puisqu’elle n’est pas homme et ne veut pas être femme.