Dictionnaire érotique moderne

Part 24

Chapter 243,597 wordsPublic domain

Le trou du souffleur est par derrière, ainsi que l’orchestre, composé d’un seul musicien qui exécute avec son instrument à vent une ouverture sur les motifs de: _sentir_ avec ardeur.

Quand l’acteur principal entre en scène, il a toujours l’aspect dur et imposant; il a avec lui deux confidents, deux amis inséparables qui l’attendent dans la coulisse. Quand l’acteur quitte la scène, il est triste et abattu... il pleure.

La directrice est libre de donner plusieurs représentations de suite, et, pour peu que l’acteur principal la trouve aimable, et à son gré, plein de verve et d’éloquence, il rentre en scène avec un nouveau transport,—à moins de raisons _majeures_.

—Tous les mois, le théâtre fait relâche. Il l’annonce par une affiche rouge sur laquelle on applique une bande blanche. Pendant ce temps, l’acteur est libre de donner des représentations en ville, mais, gare à lui!... Souvent il se fatigue, revient malade... Alors, la directrice se plaint et l’administration _coule_!!!

NOTA: La directrice accorde quelquefois des entrées de faveur.»

TIRE-BOUCHON AMÉRICAIN. C’est la tocade de toutes les grisettes. Elles font asseoir l’homme sur une chaise, mettent son bouchon au vent; puis, s’asseyant à cheval sur lui et s’appuyant sur le dos de la chaise, elles se font entrer le dit bouchon dans le con tant qu’elles peuvent, le tirent, se renfoncent dessus, jouissent comme des carpes pâmées, et s’en donnent ainsi jusqu’à ce qu’elles soient tout à fait échinées.

Quoique Cornélie soit partie, le plaisir n’est pas parti avec elle; monte chez moi, je serai bien aimable, et je te ferai le tire-bouchon américain.

(_Fantaisiste_, I, 179.)

TIRELIRE (Briser sa). Perdre son pucelage,—ce trésor que les mères veulent forcer les filles à garder pendant seize ou dix-huit ans.

_Maman, apprenez qu’un voleur M’a pris la pièce qu’on admire; Mais ce qui me met en fureur, C’est qu’en brisant ma tirelire, Tout haut chantait le sacripant, Zi, zi, pan, pan!_

L. FESTEAU.

TIRER. Baiser une femme.

_Et dans un bois, je savais la tirer._

E. DEBRAUX.

_Aimes tu mieux en gamine Tirer l’ coup du macaron?_

SAUNIÈRE.

_Montrez à ma mère Tout votre savoir, Elle va vous faire Tirer dans le noir._

(_Les Archers de l’amour._)

_A ce prix-là, dans toute la boutique De faire un choix j’eus la permission Et je montai pour tirer une chique..._

(_Chanson anonyme moderne._)

_Je vais tirer mon coup, ma crampe, ou bien ma chique, Dit un futur Gerbier..._

L. PROTAT.

_Réclamant aux vieillards libidineux ses gants, Et tirant tous les jours des coups extravagants._

A. GLATIGNY.

_J’ vois que vous y prenez goût. Mais je n’ tir’ jamais qu’un coup._

F. DE CALONNE.

TIRLIBERLY. Mot forgé pour désigner le membre viril.

_Et retroussé jusqu’au tirliberly, En laisse voir un tout des plus superbes._

GRÉCOURT.

TIV. Anagramme de _vit_.

_Polidor, amoureux d’une beauté sauvage, Prit en sa main son tiv rouge comme un tison, Et dit: Faut-il, hélas! que je meure en servage, Ayant dedans ma main la clef de ma prison!_

GOMBAULD.

TOISON. Les poils qui garnissent l’entrée du con.

_Pour garder certaine toison, On a beau faire sentinelle, C’est temps perdu lorsqu’une belle Y sent grande démangeaison._

LA FONTAINE.

_Au soleil tirant sans vergogne Le drap de la blonde qui dort, Comme Philippe de Bourgogne Vous trouveriez la toison d’or._

TH. GAUTIER.

_Va sur Acomat au poil raide, Sur Fatime, à la toison d’or._

B. DE MAURICE.

TOMBER SUR LE DOS. Se faire baiser.

Tiens! v’là Victoire qui _roule sa bosse_.

—Pauvre fille! si gentille, si sage... car enfin elle ne sort jamais.

—Parbleu! elle sera tombée dans l’escalier; c’est là qu’elle aura attrapé ça.

(_Souvenirs de carnaval._)

_Mais aussi qui ne tombe pas Au premier mot qu’on lui dise._

BUSSY-RABUTIN.

Ce sont filets et piéges pour donner le saut et faire tomber à la renverse les femmes et les filles.

NOEL DU FAIL.

TORDION. Vieux mot signifiant remuement, employé pour exprimer les mouvements lascifs faits dans l’acte vénérien.

_Et inventa la bonne dame Mille tordions advenants, Pour culeter à tous venants._

CL. MAROT.

Il semble à ce pauvre homme qu’elle avait appris ces tordions d’un autre maître que lui.

B. DESPERRIERS.

Elle ne se put en garder de faire un petit mobile tordion de remuement non accoutumé de faire aux nouvelles mariées.

BRANTÔME.

Elle a pour le moins trente-cinq ans sur la tête, ce qui me fait croire qu’elle a oublié tous ces petits tordions et gaillards remuements, qui chatouillent la jeunesse.

P. DE LARIVEY.

TORTILLER DU CUL, ou DES FESSES. Se trémousser sous l’homme.—Hésiter, faire des manières.—On dit aussi: tortiller de la crinoline, c’est-à-dire: se déhancher, soit en dansant, soit en marchant pour allumer les galants.

_Quand on va boire à l’Ecu N’ faut pas tant tortiller du cu._

VADÉ.

_Quand tout sommeille aux alentours, Hortense, se tortillant d’aise, Dit qu’elle veut que je la baise Toujours, toujours._

A. PRIVAT D’ANGLEMONT.

_Au miché je sais battre un ban; Je sais tortiller de l’échine._

(_Chanson anonyme moderne._)

TOUCHER. Faire l’acte vénérien.

La belle fille qui voulait être touchée au bas du ventre.

(_Moyen de parvenir._)

_Ecoute, mon mignon, contemple Du bon Joseph les saints exemples, Qui ne toucha sa sainte dame._

JODELLE.

_Mais si un amoureux la touche, Elle repartira du cu, Encore mieux que de la bouche._

(_Cabinet satyrique._)

Où le mari, parce qu’il la touchait quelquefois, pensait avoir part.

BRANTÔME.

_N’ayant touché que vous, je n’en puis rien savoir._

J. DE SCHÉLANDRE.

Mais il ne lui touchait que quand la fantaisie lui en prenait.

TALLEMANT DES RÉAUX.

_Il ne lui touche point, vit dedans l’abstinence._

LA FONTAINE.

_Phébus, au même état où je me suis couchée, Me trouve le matin sans que l’on m’ait touchée_

(_Épigrammes._)

Elle lui dit que s’il la touche, elle criera.

CH. SOREL.

_Femme gentille et sage Est un trésor; mais il n’y touche point._

PARNY.

TOUCHER (Se). Se livrer à la masturbation, à ce plaisir solitaire que Martial appelle si justement _gaudia fœda_, et dont tant de jeunes gens sont morts,—sans compter le compositeur Bellini. Les murs de Paris ont été longtemps couverts de cette légende: _Galimard se touche_. Serait-ce vrai, Seigneur!

TOUCHER LA GROSSE CORDE. Patiner le membre viril et le faire résonner sur le ventre.

TOUPET (Avoir du). Avoir la motte bien garnie.

Ce n’est point là le conin que vous aviez au couvent; il n’y avait que du poil follet, du duvet, et je tiens là un toupet. Un vrai toupet.

LA POPELINIÈRE.

TOUPIE. Femme de mauvaise vie, mais de bonne volonté, qu’on fait tourner comme on veut—en y mettant le prix.

Misère et corde! c’est déjà des histoires pour des toupies.

GAVARNI.

TOUR DE BITUME. Promenade des filles sur les boulevards, pour raccrocher des hommes et les ramener, soit au bordel, si elles sont en maison, soit dans leur appartement lorsqu’elles sont chez elles.

Allons! voilà mon tour de bitume arrivé... Au persil! au persil!...

LEMERCIER DE NEUVILLE.

TOUR DE FESSE. L’acte vénérien.

_Francine, trop chaude du cu, Pour mieux couvrir ses tours de fesse, Voulait épouser un cocu._

THÉOPHILE.

TOURNER DE L’ŒIL, TOURNER LA PRUNELLE. Montrer le blanc des yeux en jouissant.

_Tu tournes la prunelle... Tu vas jouir... ma belle..._

MARC-CONSTANTIN.

TRACASSER LES COUILLES D’UN HOMME. Lui faire patte d’araignée, afin de le faire bander lorsqu’il est réfractaire.

De l’autre main tracasse-moi les couilles... là... là... tout du long.

LA POPELINIÈRE.

TRAÎNÉE. Fille de mauvaise vie, qui traîne sa jeunesse quand elle est jeune, sa beauté quand elle en a, dans tous les endroits où vont les hommes et où elle ne devrait pas aller.

Elle sera heureuse avec lui... si elle ne fait pas la traînée avec lui, par exemple.

EUG. VACHETTE.

TRAÎNER SON BOULET (ou sa chaîne). Terme populaire qui signifie: avoir toujours sa femme légitime au bras, sur le dos, ou sous la pine.—Le mariage étant une chaîne, on en a pour jusqu’à la fin des jours de l’un ou de l’autre.

TRAITS. Infidélités qu’un homme fait à une femme, ou une femme à un homme; coups tirés illégalement.

Son mari lui avait fait tant de traits qu’elle l’avait quitté.

CHAMPFLEURY.

_. . . Devant monsieur le maire J’ai solennellement promis de ne pas faire De traits à mon époux..._

L. PROTAT.

TRAVAIL. Prostitution; fouterie intéressée.

_Au nom de Dieu, dedans le tête-à-tête, A ton flâneur donne de l’agrément; Dans le travail, rappelle-toi, Jeannette, Que t’es pas là pour ton amusement._

L. FESTEAU.

Que tu travailles bien aussi!... fort! fort!... ma mignonne, tu me ravis!...

LA POPELINIÈRE.

_Tu passes toutes tes soirées Chez Dautun le marchand de vin: Les autres femmes, plus rusées, Travaillent du soir au matin._

DUMOULIN.

_Epous’s d’ultras, Nièc’s de prélats, Tout ça travaille et n’ se numérot’ pas._

BÉRANGER.

_O femelle divine, Crois-moi! Fais travailler ma pine Sur toi!_

EUG. VACHETTE.

TRÉMOUSSER (Se). Jouer des fesses et des reins. S’agiter sous l’homme,—ou sur la femme, selon le plaisir que l’on ressent et que l’on veut faire partager, afin d’arriver à la jouissance mutuelle.

_Amusez-vous, trémoussez-vous, Amusez-vous, belles; Amusez-vous, ne craignez rien, Trémoussez-vous bien._

DÉSAUGIERS.

_Quoiqu’usé, le vieux Mondor Pour Lisette soupire; L’âge a rouillé son ressort, Mais il se trémousse encor... Pour rire._

PITON.

TRENTE POINTS (Les) qui constituent la beauté des femmes, sont,—je cite d’après Brantôme:

Trois choses blanches: la peau, les dents et les mains. Trois noires: les yeux, les sourcils et les paupières. Trois rouges: les lèvres, les joues et les ongles. Trois longues: le corps, les cheveux et les mains. Trois courtes: les dents, les oreilles et les pieds. Trois larges: la poitrine, le front et l’entre-sourcils. Trois étroites: la bouche, la ceinture et le con. Trois grosses: le bras, la cuisse et le mollet. Trois déliées: les doigts, les cheveux et les lèvres. Trois petites: les seins, le nez et la tête.

TRIBADE. Mot grec (τριβος) signifiant une femme qui abuse de son sexe avec une autre femme.

Les tribades s’adonnent à d’autres femmes ainsi que les hommes mêmes.

BRANTÔME.

_Tribades, mes amours, Sacrifions toujours Dans ce temple où Venus Garde pour nous ses trésors inconnus._

J. DUFLOT.

Tribadie: amour d’une femme pour une autre, très répandu dans les pensionnats de jeunes filles et dans les couvents de femmes.

Comtesse DE N***.

_Dans cette Grèce aujourd’hui qu’on renomme Que faisiez-vous, vierges du Parthénon? Que faisiez-vous, ô vestales de Rome? Vous tribadiez en l’honneur d’Apollon._

J. DUFLOT.

TRICHER. Forcer, par un habile coup de cul, le membre de l’homme à se retirer au moment où il va décharger son sperme, pour ne pas s’exposer à faire d’enfants,—ce qui est peut-être prudent, mais, en tout cas, malhonnête, volant qui triche.

_Pour nous, femmes sages, Hors de nos ménages, Il faut jouir peu, Ou tricher au jeu. Tricher! quelle gêne! On conçoit sans peine, Quand on est expert, Tout ce qu’on y perd._

BÉRANGER.

TRICOTER DES FESSES. Les remuer vivement dans l’acte vénérien, pour mieux jouir ou pour mieux faire jouir l’homme.

TRIPIÈRE. Femme ou fille à la gorge mal faite,—ou trop fournie.

Madame de Bassompierre, qui n’était ni jeune ni belle, et qui n’avait pour elle que son embonpoint et ses grands airs, ne manquait pas de galants... Le Plessy-Guénégaud s’amusait à payer cette grosse tripière comme un tendron, parce qu’elle était de qualité.

P. DUFOUR. (_Hist. de la prostitution._)

TRIPOTER UNE FEMME. Polissonner des mains avec elle, lui prendre le cul et les tétons.

_Je tripote, Je bahote Près de la cambuse aux crottes._

(_Parnasse satyrique._)

TRIQUEBILLES. Vieux mot employé pour désigner les testicules.

_Qu’on me coupe les triquebilles!_

(_Cabinet satyrique._)

TROISIÈME SEXE (Le). Celui auquel appartiennent les pédérastes et les gougnottes.

—Je ne mène pas là votre seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes,—Hao! fit lord Durham, et qu’est-ce?—C’est le troisième sexe, milord.

H. DE BALZAC.

TROMPER D’ENDROIT (Se). Enculer une femme, au lieu de la baiser,—ce qui peut arriver, la nuit surtout, au plus honnête homme.

_Comm’ c’est chaud! comm’ c’est étroit! Tiens! je m’suis trompé d’endroit! J’ai fait un’ fameus’ bêtise, Mamzell’ Lise..._

A. DE CALONNE.

_Me voyant traité d’la sorte, Il dit qu’il s’est trompé d’ porte, Et veut m’ fourrer son outil Dans un trou qu’ j’ai sous l’ nombril._

(_Parnasse satyrique._)

TRÔNE DU PLAISIR. La nature de la femme.

_Si mes vœux près d’Eglé sont toujours superflus, Du trône du plaisir si sa main me repousse._

COLLARDEAU.

TROU. La nature de la femme, ou l’anus.

Les grands trous leur sont odieux, déplaisants et désagréables.

(_Variétés hist. et litt._)

_Nenni, non. Et pourquoi? Pour ce Que six écus sauvés m’avez, Qui sont aussi bien dans ma bourse Que dans le trou que vous savez._

COLLÉ.

_Le bout était trop gros, ou le trou trop petit._

PIRON.

Il fallut donc recourir aux verges... dont je vis bientôt les effets, par la croissance de l’allumelle de mon homme, qui, profitant du moment... commença à jouer au trou-madame.

(_Mémoires de miss Fanny._)

_Je m’y pris avec tant d’adresse Qu’elle me dit, plein’ de tendresse; Je t’accord’ le droit marital. Puis elle ajouta, pour final: Tu sais le côté qui me blesse, Ah! ne va pas dans le trou d’ bal!_

(_Chanson anonyme._)

_Au séminaire de Montrouge... Chacun, en amateur de cul, Loin de jouer au trou-madame, Jouait toujours au trou du cul._

(_Chanson anonyme moderne._)

_... La langue française Est encore aujourd’hui si pauvre et si niaise, Qu’elle n’a vraiment pas deux termes pour nommer Ce petit trou mignon qui sait si bien charmer._

L. PROTAT.

Il se couche comme cela sur le ventre de la fille, et lui fourre, dans le trou par où elle pisse, ce long engin, avec le plus grand plaisir du monde.

MILILOT.

_Bernis chanta de Pompadour Les trous qu’avait formés l’amour Sur sa peau blanche et lisse; N’en déplaise à l’auteur galant, Moi, j’aurais chanté seulement Le joli trou Dont je suis fou, Le joli trou qui pisse._

J. CABASSOL.

TROUSSER (Se faire). Se faire baiser.

_Mais aux champs une fillette Se fait volontiers trousser._

DE LA FIZELIÈRE.

TROUSSER UNE FEMME. La baiser, la femme étant aussi vite baisée que troussée, ou femme troussée étant considérée comme foutue.

Quoi! tu te laisses trousser tout de suite?

LA POPELINIÈRE.

_Lise, indignée en sentant qu’il la trousse, Sans doute alors se livrait aux sanglots._

BÉRANGER.

TURLUPINER. Agacer, ennuyer, taquiner quelqu’un par paroles:—badiner, chatouiller, patiner ou peloter quelqu’un (gestes et attouchements réciproques)—afin de baiser ou d’être baisée.

_Finissez donc, dame Jacq’line, Disait gros Pierre; j’ vas m’ fâcher, Où diable allez-vous me nicher? J’ n’aim’ pas ainsi qu’on m’ turlupine._

BLONDEL.

L’auteur a parfaitement l’intention de faire dire au chanteur:

_J’ n’aim’ pas ainsi qu’on m’ tir’ la pine._

TU VAS ME LE PAYER, AGLAÉ! Expression familière aux filles et à leurs _hommes_, pour signifier cinquante choses.—C’est l’équivalent de: _As-tu fini!_ ou de: _Des navets!_

U

ULTRAMONTAIN. Employé pour désigner un homme adonné au péché contre nature.

_L’ultramontain, à son culte fidèle, La refusait, et même avec dédain._

PIRON.

USER (En). Faire l’acte vénérien.

Comme si ce n’était rien que d’enlever en une soirée une jeune fille à son amant, et d’en user ainsi tant que l’on veut.

DE LACLOS.

_Lorsque Jean veut se reposer, S’il me plaît encor d’en user._

BÉRANGER.

USER DES DOIGTS. Masturber une femme ou un homme.

_Pour vous en prendre à votre sexe, Avez-vous mis l’autre aux abois? C’est peu que votre main me vexe, Vous usez pour vous de mes doigts._

BÉRANGER.

V

VACHE. Fille de la dernière catégorie,—par allusion à ses énormes tétons, sa seule beauté, et aussi à sa nonchalance de ruminante.

_Comme on connaît les seins, on les honore._

(_Vieux proverbe._)

Avoue, Zidore, que ta Fifine est une bonne vache, et une vache à lait encore.

LIREUX.

VAGIN. La nature de la femme, qui sert d’étui (_vagina_) à la grosse aiguille de l’homme.

_Le Grec se sauve en Italie; Le morpion grimpe au vagin D’une fillette assez jolie._

B. DE MAURICE.

VAISSELLE DE POCHE. L’argent nécessaire en amour—la _braise_ avec laquelle on chauffe les femmes.

Il a son charme, le métier de mac, surtout au point d’ vue d’ la vaisselle de poche.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_A des pouilleux si tu t’accroches, Rappelle-toi qu’il t’en cuira Car l’amour sans vaissell’ de poches, C’est du caca._

E. DEBRAUX.

VALET DE CŒUR. Le greluchon d’une femme entretenue,—qui serait mieux appelé _valet de cul_, puisqu’il doit être toujours à la disposition de sa maîtresse.

VALOIR LE COUP. Être passable.—Expression employée par l’homme, à l’égard de toute femme qui, n’étant pas belle, a cependant quelque chose qui plaît:—_Elle vaut le coup_,—c’est-à-dire: elle mérite qu’on la baise au moins une fois.

VAUTRER (Se). Faire l’acte vénérien.

_Est-il honnête qu’un parent Dessus sa parente se vautre?_

THÉOPHILE.

VEAU. Gourgandine, fille de la dernière catégorie,—sans doute par allusion à sa chair fadasse, plus adipeuse que musculée, plus lymphatique que sanguine, qui ne donne pas le moindre appétit.

_Un soir, à la barrière, Un veau Tortillait son derrière Bien beau._

EUG. VACHETTE.

_O vous, jeunes étudiants, De veaux si vous êtes amants, Craignez, craignez fort la vérole._

A. WATRIPON.

VELLÉITÉS (Avoir, ou Se sentir des). Avoir envie de baiser une femme quand on est homme, ou de se faire piner par un homme quand on est femme.

Ma chère amie, mes velléités sont passées: vous voudrez bien attendre qu’elles reviennent. Pour l’instant, laissez-moi dormir.

J. LE VALLOIS.

VENDANGEUSE D’AMOUR. Fille ou femme qui a pour unique occupation de vendanger l’amour et de tirer de la meule de son pressoir assez d’argent pour ne pas être obligée de faire autre chose; sa grappe est sans cesse écrasée à coups de pine, et le jus qui en sort nous grise.

_Ces femmes....... Sont des vendangeuses d’amour. Lorsque des vignes de Cythère On revient, c’est au petit jour, A pas pressé, avec mystère._

A. DELVAU.

_Mets à profit sa négligence, Et sans alarmes jusqu’au jour, Viens vendanger en son absence Des fruits de plaisir et d’amour._

PARNY.

VENDRE SA FLEUR. Se laisser dépuceler par un monsieur qui en a les moyens.

_Ces ouvrièr’s au gent minois Qu’on voit parfois, En tapinois, Vendre leur fleur jusqu’à cent fois par mois._

ÉMILE DEBRAUX.

VENIR AU FAIT, AUX PRISES, ETC. Baiser,—qui est la conclusion naturelle de toutes les minauderies de la femme et de toutes les cajoleries de l’homme.

Mais cependant, quand ce vient au fait, elles éprouvent le contraire.

MILILOT.

Une jeune beauté s’étant rendue amoureuse d’un jeune homme bien fait, lui donna tant de libertés qu’ils en vinrent à l’abordage.

D’OUVILLE.

_Qu’avec l’abbesse un jour venant au choc._

LA FONTAINE.

_Il parle trop, dit Emilie, Et jamais il ne vient au fait._

DAILLANT DE LA TOUCHE.

_C’est assez parlementé, Il faut en venir aux prises._

(_La Comédie des chansons._)

Le valet de là-dedans s’amouracha d’elle et elle de lui, de sorte qu’ils en vinrent aux prises.

D’OUVILLE.

La belle, quand ce vint aux prises, fit ouf.

TALLEMANT DES RÉAUX.

A peine lui donna-t-il le temps de se recoucher pour en venir aux prises.

(_La France galante._)

_Il la baisa pour en avoir raison, Tant et si bien qu’ils en vinrent aux prises._

LA FONTAINE.

Oh! monsieur, je vous remercie, nous en venons tous les deux, le clerc et moi.

B. DESPERRIERS.

Il lui demande si elle est en résolution d’en venir aux prises.

CH. SOREL.

VÉNUS POPULAIRE (La). La fille de trottoir, qui ne demande que deux francs pour un voyage à Cythère.

_Amour, empoisonne mes sens. Et toi, Vénus la populaire, A toi mon hymne et mon encens._

A. BARBIER.

_Ces rustiques Vénus qui font les innocentes._

ANT. MÉRAY.

_Faut t’voir valser, comm’ t’es vive et légère; Tous les garçons disiont d’ toi dans le pays, Qu’ t’es t’un’ vraie nymphe, un’ Vénus potagère. J’ n’en bois ni mange et j’ n’en dors point les nuits._

AD. PORTE.

Nous avons eu depuis: la _Vénus aux carottes_.

VERGE. Le membre viril,—avec lequel on fouette le ventre des vierges; _virga_, _virgo_.

Il souhaitait qu’il pût abattre sa faim en se frottant le ventre, tout ainsi qu’en se frottant la verge, il passait sa rage d’amour.

BRANTÔME.

_L’académicien dit: mon vit. Le médecin: Ma verge...._

L. PROTAT.

VERGER DE CYPRIS. Le pénil, autrement dit la motte de la femme, où «le fruit d’amour rit aux yeux.»

_Lors elle lui donna Je ne sais quoi qu’elle tira Du verger de Cypris, labyrinthe des fées._

LA FONTAINE.

VÉROLE. Maladie vénérienne, plus commune aujourd’hui que jamais, pour laquelle il y a à Paris un hôpital spécial, l’hôpital du Midi.

Cent escoliers ont pris la vérole avant que d’être arrivés à leur leçon d’Aristote _la Tempérance_.

MONTAIGNE.

_Si j’ suis paumé, j’enquille aux Capucins, Ricord guérira ma vérole._

DUMOULIN.

_Vingt couches, autant de véroles Ont couturé son ventre affreux, Hideux amas de tripes molles Où d’ennui bâille un trou glaireux._

ANONYME.

VEUVE POIGNET. La main qui sert à branler,—la première maîtresse des jeunes gens, comme le médium est le premier amant de toutes les femmes.

_Pour l’apaiser, je n’avais qu’une main: Je m’en servis pour écumer sa bile. Veuve Poignet, sans vous, qu’aurais-je fait? Mais avec vous, c’était chose facile._

ANONYME.

VÉZON. Fille publique—dans l’argot des voleurs.

_Mon père est maquereau, ma mère était vézon. Moi j’ai reçu le jour sous les toits d’un boxon._

LOUIS PROTAT.

VIANDE. Femme publique.

Je vais connaître cette maison et savoir quelle viande il y a à son étal, à cette boucherie-là.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

VIANDE DE L’HOMME (La). Son membre, dont les femmes sont si friandes et qu’elles mettent si volontiers cuire dans leur four avec son jus.

_Mais sans un bon morceau de viande, Fille a toujours le ventre creux._

MARCILLAC.

_Ainsi que l’a dit un grand saint, A l’homme s’il faut du bon vin, A la femme il faut de la viande._

A. WATRIPON.

_Pour moi, je ne suis point friande De tout ce gibier que l’on vend, Ne m’importe quelle viande Pourvu qu’elle soit du devant._

THÉOPHILE.

_Tu n’ me l’ mettras pas, Nicolas, Je n’aim’ que la viand’ fraîche._

J.-E. AUBRY.

VICE (Avoir du, montrer du). Avoir l’esprit tourné vers les choses de la fouterie; avoir pratiqué l’homme quand on est femme, la femme quand on est homme.

_Tout jeune, il montra bien du vice, Quand, perdu dans une forêt, Au lieu du sein de sa nourrice, Il se tétait le flageolet._

AL. POTHEY.

VICIEUX (Être un). Ne songer qu’aux choses de la fouterie.

Qu’est-ce donc qui vous prend?... Vous êtes donc aussi un vicieux?

TISSERAND.