Dictionnaire érotique moderne

Part 23

Chapter 233,643 wordsPublic domain

On l’accusait d’avoir fait quelquefois le ruffian à son maître.

TALLEMANT DES RÉAUX.

Je suis ruffian, et m’en vante.

A. GLATIGNY.

RUSÉE AU JEU (Être). Savoir ce qu’il faut faire pour amuser les hommes et leur procurer de vives jouissances, comme le casse-noisette, la patte d’araignée, la feuille de rose, etc.

Tu me portes la mine d’être un jour bien fine et rusée à ce jeu.

MILILOT.

RUT. Ardeur vénérienne.

_Mais Jeanne tout en rut s’approche et me recherche D’amour ou d’amitié, duquel qu’il vous plaira._

RÉGNIER.

_Le corps en rut, de luxure enivré, Entre en jurant comme un désespéré._

VOLTAIRE.

_Si son esprit l’eût arrêté, Elle eût mis en rut le conclave Et fait bander sa sainteté._

COLLÉ.

S

SAC. Le ventre.—On dit d’une femme enceinte: Elle en a plein son sac.

La jeune garce en eut plein son sac.

MARGUERITE DE NAVARRE.

SACRIFICE. Fouterie désintéressée et—toujours intéressante.

La compagnie qui, pendant notre sacrifice, avait gardé un profond silence, me complimenta de l’hommage que mes charmes avaient reçu par la double décharge que j’avais subie dans une seule jonction.

(_Mémoires de miss Fanny._)

J’étais trop jeune encore pour multiplier les plus doux sacrifices.

PIGAULT-LEBRUN.

SALETÉS (Dire des). Tenir des propos de «haulte gresse» et de grande salacité, pour provoquer les idées libertines et pousser à la consommation de la femme par l’homme et de l’homme par la femme.—_Faire des saletés._ Peloter une femme ou un homme, sucer ou gamahucher, branler ou faire postillon, etc., etc.,—toutes les choses aimables de la fouterie.

_Tu me disais alors que, pour savoir te plaire, Une femme devait et dire et savoir faire Toutes les saletés et toutes les horreurs._

L. PROTAT.

SALIÈRES (Avoir des). Se dit des femmes maigres qui n’ont que des trous où il faudrait des bosses; derrière les clavicules, par exemple.

_Elle a deux salières et cinq plats_ (sein plat). Vieux dicton qui s’emploie pour désigner une femme maigre qui n’a ni cul ni tétons.

SALOPE. Femme galante, de haut ou de bas étage.

_Je vous aime ainsi, divine salope._

(_Parnasse satyrique._)

SANGLER UNE FEMME. La baiser, la frapper à coups de queue—sans qu’elle s’en fâche.

Il demande grâce pour avoir sanglé cette fille.

SAINT-AMAND.

SATISFAIRE SON GOÛT. Baiser une femme, ou enculer un homme, selon qu’on est conformiste ou non conformiste en amour.

_Il aime par-dessus tout La volupté roturière; Pour satisfaire son goût Il faut une couturière._

ÉM. DE LA BÉDOLLIÈRE.

SATISFAIRE UNE FEMME. La baiser de façon qu’elle ne réclame pas,—à moins qu’elle ne soit trop gourmande.

_Des houris toujours belles, Qu’on satisfera bien, Et qui, toujours pucelles, N’arrêteront sur rien._

COLLÉ.

SATISFAIRE UN HOMME. Le branler, ou se laisser baiser par lui—ce qui, en effet, le comble de satisfaction.

_Chez ce libertin cagot Qu’ j’ai tant d’ mal à satisfaire, Je suis entré’ pour tout faire: Aussi j’y fais mon magot._

J. POINCLOUD.

SATYRIASIS (Le). L’hystérie des hommes, comme l’hystérie est le satyriasis des femmes, c’est-à-dire que ceux et celles qui en sont possédés ne font autre chose dans la vie que de baiser ou d’essayer de baiser.

Ces abbés poupins et débauchés, ces fléaux de la virginité, seront condamnés à un satyriasis éternel.

A. DULAURENS.

SAUCE D’AMOUR. Le sperme.

_Il lui faut un gros vit, et lequel soit toujours Bien roide et bien fourni de la sauce d’amour._

THÉOPHILE.

SAUCISSE. Le membre viril.

_N’est-ce pas user d’artifice Pour avoir un plaisir plus cher, A Margot d’avoir la saucisse Et le vit du fils d’un boucher?_

THÉOPHILE.

SAUVAGE (Se mettre en). S’habiller _tout nu_, c’est-à-dire: se déshabiller ou ne pas s’habiller du tout.

_Être_ (ou n’être pas) _sauvage_. Eviter les hommes ou accepter et même rechercher leurs hommages.

_Alors, Jupin, prenant l’ parti d’ la dame, Dit au Cyclope: Un mot va t’apaiser: Si tu n’ veux pas qu’on reconnaiss’ ta femme En sauvag’ faut la déguiser._

ÉM. DEBRAUX.

SAVANTE EN AMOUR (Être). Se dit de toute fille ou femme qui connaît les préceptes les plus secrets et les secrets les plus précieux de l’art d’aimer, et qui serait plutôt capable d’en enseigner à un homme que d’en apprendre de lui.

Une autre fille de son quartier, plus expérimentée que l’autre et qui, pour être un peu moins belle, n’en était pas moins savante et spirituelle en amour.

MILILOT.

SAVOIR DES POSES. Être experte dans l’art d’allumer les désirs libertins des hommes.

_Il n’est poses qu’elle ne sache, En débauche elle a de Carrache L’invention._

H. RAISSON.

SAVONNER UNE FEMME. La baiser, parce qu’ici le sperme sert de savon, ce qui fait qu’elles sont plus blanches que les hommes, au dire de Tabarin.

Et je lui donnerai une savonnade à laquelle son mari ne l’a pas habituée.

SEIGNEURGENS.

SECOUER LA CARTOUCHE, LE CHINOIS, LA HOULETTE (Se). Se branler la pine.

_Sans mot dire il se fait secouer la houlette._

LOUIS PROTAT.

SECOUER UNE FEMME. La baiser gaillardement, l’ébranler dans tous les sens en la branlant du bout de la queue.

Je te secouerai bien un peu entre l’huis et la muraille.

P. DE LARIVEY.

_Vénus, ribaude paillarde, D’une façon plus gaillarde Sait bien remuer le cu Quand le dieu Mars la secoue._

THÉOPHILE.

_Mon cher Adam, mon vieux et triste père, Je crois te voir en un recoin d’Eden Grossièrement former le genre humain, En secouant madame Eve, ma mère._

GRÉCOURT.

SEMENCE. Liqueur de la génération; le foutre de l’homme et de la femme.

_Au jeûne où votre con se trouve, Vouloir faire une fine épreuve Si je suis bélier ou mouton. Vous eussiez eu de la semence D’un vit dont la grandeur immense N’eut jamais de comparaison._

F. DE MAYNARD.

Dix-huit jours après qu’elles avaient reçu la semence.

CH. SOREL.

SENS DESSUS DESSOUS (Être). Beau désordre, agréable à la vue chez une belle femme. Quand elle est renversée et bouleversée à grands coups de pine, les cheveux épars, le cul et les tétons en l’air, ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes, on n’a plus qu’à recommencer à faire le dessus, à moins qu’on ne préfère le dessous,—pour changer.

_Gai, gai, l’on est chez nous Toujours en fête, Cul par dessus tête Et sens dessus dessous!_

BÉRANGER.

SENTIMENTAGE. Amour plus platonique que physique, qui exclut l’infidélité et le plaisir au profit de je ne sais quel idéal ridicule—bon pour les romans et pour les pensionnats de demoiselles.

Mais s’il allait souhaiter quelque préférence exclusive, se croire offensé de mes inévitables infidélités, perdre de vue que je suis aphrodite, et vouloir m’assujettir à son sentimentage?

A. DE NERCIAT.

SENTIR (Le). Sentir le membre de l’homme entrer profondément dans le vagin de la femme et y remuer.

_—J’y suis. Le sens-tu, Philis? —Oui, Lycas, poursuis; Tu te raidis Contre l’obstacle._

COLLÉ.

SÉRAIL. Bordel, où l’on élève à la brochette une foule de beautés de poils différents pour amuser ce polisson de sultan qui s’appelle le Public.

SERINGUE. La pine, avec laquelle l’homme donne à la femme un lavement de sperme—qui est le plus émollient de tous les lavements.

_Il tire de sa pochette Sa seringue et deux pruneaux._

GAUTIER-GARGUILLE.

SERINGUER. Administrer l’injection balsamique à un con bien portant,—avec la seringue que vous savez.

Jusqu’alors, je n’avais ressenti pareille jouissance. Il me seringua trois fois de suite de son nectar délicieux; le foutre s’en allait à gros bouillons de la tête de son gros vit, il me sautait jusqu’au cœur.

(_Anaïs, ou Dix ans de la vie_, etc.)

SERRER (Le). Faire le casse-noisette, retenir le membre viril comme dans un étau.

Sens-tu comme je te le serre?

H. MONNIER.

SERRURE. La nature de la femme—dont l’homme a la clef dans son pantalon.

_Quand on fouille à votre serrure Avec la clef de la nature._

Le Sr DE SYGOGNES.

Comment pensez-vous qu’on puisse garder une serrure, à qui toutes sortes de clefs sont propres?

D’OUVILLE.

SERVICE (Faire le). Se remuer sous l’homme afin de le faire mieux jouir; ou bien jouer de la main avec son membre au lieu de jouer des reins avec lui.

_Quand t’auras fini ton service, T’auras cent sous._

LEMERCIER DE NEUVILLE.

SERVIR DE SA MAIN (Se). Se masturber, faute de maîtresse, ou par amour pour la veuve Poignet,—cette veuve que foutent tous les collégiens.

_La volupté me pénètre soudain. Mon trépignoir trépignait dans sa cage: Pour l’apaiser, je n’avais que ma main. Je m’en servis pour écumer sa bile._

ANONYME.

SERVITEUR. Amant, homme qui sert une femme à son gré,—à moins qu’elle ne soit aussi gourmande que Messaline.—S’est dit aussi d’un godemichet, qui est, en effet, meilleur serviteur de la femme que l’homme.

_Que l’innocent fabrique, Au lieu de son méchant flûteur, Un serviteur D’un beau moule, et bien élastique._

COLLÉ.

SIRÈNE. Fille publique qui cherche à attirer l’homme en chantant,—pour le faire chanter à son tour.

SIROP DE NAVET. Le sperme, par allusion à la forme du navet et à sa couleur.

_Sans donner l’ temps qu’ell’ réfléchisse, J’ lui r’passe, afin qu’a s’ rafraîchisse, D’ la liqueur du nœud conjugal Et l’ sirop d’ navet pectoral._

(_Chanson anonyme moderne._)

SOCRATISER. Préférer les hommes—comme Socrate, le plus sage des hommes, dit-on, préférait Alcibiade, qui en était le plus beau.

SODOMIE, SODOMISER. Enculer une femme—ou un homme.

_Sodomise deux coups et deux fois déchargeant, Il retire du cul deux fois son vit bandant._

PIRON.

_Quoi, disent-elles, si les flammes Sodomites brûlent les âmes, On ne le fera plus qu’aux garçons._

COLLÉ.

Peut-être aurait-il trouvé plus à propos de passer pour cocu que pour sodomite.

TALLEMANT DES RÉAUX.

_Il la quitte alors pour l’engin D’un franciscain que sodomise Un prélat..._

B. DE MAURICE.

_Tout Africain est sodomite, Ainsi l’exige le climat: On comprend ça._

ALEX. POTHEY.

SOIXANTE-NEUF (Faire). C’est faire _tête-bêche_ (V. ce mot), les deux chiffres (69) le disant éloquemment.

_Que fait Bacchus quand, accablé d’ivresse, Son vit mollit et sur le con s’endort? Soixante-neuf... et son vit se redresse, Soixante-neuf ferait bander un mort!_

(_Parnasse satyrique._)

SOLENNISER LA SAINT-PRIAPE. Baiser, le dieu des jardins étant le dieu de l’amour.

_Or, un jour que Sa Sainteté Solennisait la Saint-Priape Sur l’autel de la volupté..._

B. DE MAURICE.

SOLUTION DE CONTINUITÉ. La nature de la femme, où il y a en effet une sorte d’interruption de surface.

_Bref aussitôt qu’il aperçut l’énorme Solution de continuité, Il demeura si fort épouvanté, Qu’il prit la fuite._

LA FONTAINE.

SONNER LE BOUTON OU LE TOCSIN. Branler une femme ou un homme,—la femme avec le doigt, l’homme avec la main.

_Le cochon sonnait le tocsin Sur le bouton de son vagin Avec son médium sans corne._

A. WATRIPON.

_Tout aussitôt sur son lit il la couche, Sonne au bouton! La reine alors, déchargeant dans sa bouche, Dit que c’est bon!_

(_La Gastibelzade._)

SONNER SON FILS. Se branler.—L’expression, très juste comme image, a été trouvée par une dame, Mme Octave, actrice du Vaudeville.

On dit encore: _Agacer le sous-préfet_, _Se balancer le Chinois_, _Crier Vive l’Empereur_, _Se donner une Saragosse_, _Se polir la colonne_, _Épouser la veuve Poignet_, _Se coller une douce_.

SOTTISES (Faire des). Peloter une femme, quand on est homme; patiner un homme, quand on est femme; copuler.

Enfin, finalement, a’ vous été contents?—Oui.—Il n’a pas fait d’ sottises?—Si tu veux...

H. MONNIER.

SOULAGER (Se). Dépenser son sperme en baisant une femme, ou en se masturbant,—ce qui allége d’autant les rognons.

Pauvre chat! Eh bien, tu vas te soulager, mon chéri, je te le promets.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

SOUPE ET LE BŒUF (La) ou _le bouilli_. L’ordinaire conjugal:—les mêmes _bonjours_, les mêmes _bonsoirs_, les mêmes coups tirés par le même homme,—avec la même femme.

Parce qu’enfin, voyez-vous, du nectar et de l’ambroisie, c’est toujours la même chose que de l’ambroisie et du nectar. Junon, Flore, etc..., tout ça est bel et bon; mais c’est toujours la soupe et le bouilli; tandis qu’il y a là-bas, chez le papa Desnoyers, des brunettes, et de la piquette qui nous ravigoteront.

ÉMILE DEBRAUX.

SOUS LE LINGE. A nu, sans chemise.

Je suis pourtant curieuse de voir comme elle est sous le linge.

LA POPELINIÈRE.

SOUTENEUR. Homme sans préjugés qui, en cas de quelque attaque, doit servir de défenseur aux putains. En retour, il exige d’elles une bonne partie de l’argent qu’elles gagnent à la sueur de leur con.—Le souteneur est le mari modèle. Il est cocu, c’est convenu d’avance avec sa femme. Mais il ne doit pas songer à la faire _cornette_. Il doit la monter régulièrement une ou deux fois par semaine; mais dans l’intervalle, il ne faut pas qu’il s’avise de penser même à une autre femme, encore moins d’en approcher. Malheureusement, chez les souteneurs, c’est comme chez les maris: il en est peu de vraiment honnêtes et sur qui une femme puisse compter sans réserve.

_J’ suis le roi des souteneurs! Je connais la savate! Au billard, faut m’ voir, j’épate Les vrais amateurs._

LEMERCIER DE NEUVILLE.

SOUTENIR LE CHOC. Se dit en parlant d’une femme que l’on baise, et à qui l’énergie de l’assaut ne fait pas peur.

Il faudrait surtout avoir soutenu durant toute la nuit un entretien très vif avec une nonne charmante.

LOUVET.

SPERME. Graine d’enfants que l’on sème (σπειρω) dans le ventre de la femme,—terre souvent féconde, et souvent bréhaigne aussi, selon la qualité de la semence, ou la vertu du semoir.

Nul rafraîchissement ne la lui peut ôter si bien qu’un bain chaud et trouble de sperme vénérique.

BRANTÔME.

_Le sperme n’est pas l’or potable Qui vous nourrit au lieu de pain; Durant que votre con tient table Votre ventre crie à la faim._

THÉOPHILE.

_La bonne Alix, curieuse, s’avance, Voyant jaillir ce sperme merveilleux._

PIRON.

_Et lorsque du plaisir est arrivé le terme, Dans ma bouche je sais encor garder le sperme._

L. PROTAT.

SUCCUBE. Homme qui consent à servir de femme à un autre homme, et qui fait le dessous pendant qu’il fait le dessus.

SUCCUBES. On appelle ainsi les patientes dans les combats amoureux de femmes à femmes. _Confession de Mademoiselle Sapho_, suite du _Cadran des plaisirs de la Cour_, p. 257.

_Quand il consommait son Kabyle, On entendait sous le gourbi Au milieu de la nuit tranquille, Le succube pousser ce cri..._

AL. POTHEY.

SUCER. Passer la langue sur le membre viril pour l’amener à érection, et le faire décharger.

_Que les chiens sont heureux! Ils se sucent la pine, Ils s’enculent entre eux!_

TH. GAUTIER.

_Je voudrais être chien Car du soir au matin Je pourrais me sucer la pine._

DUMOULIN.

_Cependant, en suçant, il est bon que la main Joue autour des roustons un air de clavecin._

L. PROTAT.

SUCER LE CLITORIS. Gamahucher.

_Il te faut, à tout prix, Sucer des clitoris, Et si l’antiquité Ne l’eût pas fait, tu l’aurais inventé._

J. DUFLOT.

SUCER UN HOMME. Lui passer habilement et doucement la langue le long du membre, autour et dessus, jusqu’à éjaculation complète.

_Pourtant il leur manque, en somme (Ce qui vaut bien un écu), De savoir sucer un homme._

DE LA FIZELIÈRE.

SUCEUSE. Femme qui fait profession de donner aux hommes du plaisir sans peur. C’est la fellatrice des anciens.—La suceuse rend à l’homme le service que le gamahucheur rend à la femme, et dans les deux cas, c’est la langue qui fout.—Il y a à Paris, dans le faubourg Montmartre, une maîtresse suceuse, appelée la _Pompe funèbre_,—de l’ameublement d’ébène et de soie noire de son appartement.

SUÇON. Empreinte que laissent les lèvres d’un amant sur le cou, les joues ou la bouche de sa maîtresse, de façon à l’empêcher, pendant quelques jours, de se montrer aux regards malins du public, qui connaît parfaitement ce petit timbre bien accusateur.

SUCRE (pour _suc_, probablement). Le sperme de l’homme, dont les femmes sont si friandes et dont elles ont souvent plein la bouche.

_Trouvant mon linceul tout souillé, Et mon pauvre vit barbouillé De sucre plus blanc que l’albâtre._

(_Cabinet satyrique._)

Comment, vous appelez donc cela du sucre, mademoiselle?

D’OUVILLE.

SUCRE D’ORGE (Le). Le membre viril—que les filles d’Eve, toujours portées sur leur bouche, aiment tant à sucer.

_George, George, Donne-moi de ton sucre d’orge._

(_Ancienne chanson._)

SUFFIRE À SOI-MÊME (Se). Faire de la prestidigitation à son profit—et en l’honneur d’Onan.

_J’étais dans l’âge où la nature Eveille nos sens au plaisir... Quand à propos un abbé pâle et blême, Trois fois par jour répétant la leçon, M’apprit l’ moyen de m’ suffire à moi-même: J’ai, mes amis, toujours été cochon._

(_Parnasse satyrique._)

SUPERLATIVES DÉLICES (Les). Le moment où l’homme et la femme, mêlant leurs ondes spermatiques, se pâment sous l’excès de jouissance qui en résulte.

_Plaisirs inconnus des dieux, Superlatives délices!..._

BÉRANGER.

T

TABERNACLE. La nature de la femme, où l’on serre précieusement le dieu—des jardins.

Elle est belle, ma Joséphine! elle a un chouette maître-autel!... un rude tabernacle!...

TISSERAND.

TABLIER DE SAPEUR. Motte bien garnie de poils, noirs, blonds ou rouges, longs ou frisés... On dit aussi: _Barbe au con_.

Clara, elle, avait une gorge superbe, des fesses splendides, et un adorable petit con, protégé par un formidable tablier de sapeur.

J. LE VALLOIS.

TABLIER LÈVE (Son). Se dit d’une fille qui s’est laissé faire un enfant et qui ne peut plus dissimuler sa grossesse.

TACHER UNE FEMME. Répandre à son intention—et quelquefois à son profit—un peu de liqueur séminale, en se branlant devant elle ou en la baisant en robe.

_Mais v’là que j’ vous tache, mam’zelle, C’est la faute de vot’ bretelle: Plus qu’ mon amour elle tenait._

BÉRANGER.

TAMBOURINER. Jouir d’une femme, en frappant son ventre à coups de cette baguette qu’on appelle le membre viril.

_Ma foi, s’il se perd sous ma jupe, Nous le ferons tambouriner._

(_Chanson anonyme moderne._)

TANTE. Homme qui sert de femme aux pédérastes actifs.

Enfants, on les appelle _mômes_ ou _gosselins_; adolescents, ce sont des _cousines_; plus âgés, ce sont des _tantes_.

MOREAU CHRISTOPHE.

TAPER DANS LE TAS. Étant donné que:—le théâtre représente un atelier de brocheuses, de modistes ou de couturières. En vrai bandeur, vous faites votre choix; mais ne voulant pas faire four, vous _tapez_ d’abord la plus facile, qui a bientôt une confidente que vous _tapez_ aussi. La deuxième excite la curiosité d’une troisième, d’une quatrième, et... vous arrivez à réaliser le proverbe:

Qui en a vu une, les connaît toutes.

TAPER DANS L’ŒIL. Commencer à plaire à quelqu’un—ou à quelqu’une;—séduire par la grâce, l’esprit, la parole ou le geste.

_Ma petite poulette, Dans la rue Montorgueil, Ton p’tit nez en trompette, Il m’a tapé dans l’œil. Laïtou, etc._

AL. DALÈS.

TAQUINER LE BOUTON, soit de la gorge, soit du clitoris. Promener habilement l’index sur l’extrémité du sein ou du clitoris d’une femme afin de la faire bander et jouir.

_La gauche, autour du cou bien doucement passée, Taquine le bouton de la gorge agacée._

L. PROTAT.

TAQUINER LE HANNETON. Branlailler un homme, dont le membre ne sait pas trop ce qu’il veut, à ce point qu’il donnerait de la tête aussi bien dans un con que dans un cul.

_... Le Suédois, dit-on, Aime qu’on lui taquine un peu le hanneton._

L. PROTAT.

TÉMOINS À DÉCHARGE. Les deux roustons, qui, lorsque le vit est en cause, ont de quoi le faire décharger.

_Suivant les témoins à décharge, Le vol doit être récusé. —Les imposteurs! répond Glycère, N’écoutez pas leurs faux rapports, Ils n’ont rien vu, c’est bien sincère, Car tous les deux étaient dehors._

VAUBERTRAND.

... L’abbé... avoit en ses jeunes ans perdu ses deux témoins instrumentaires... en descendant d’un bellocier: c’est un prunier sauvage...

(_Contes d’Eutrapel._)

Les dames rirent assez de Castor, qui était resté sans témoins.

P. DE LARIVEY.

TEMPÉRAMENT. Ardeur amoureuse.

_Qui sait, hélas! si ton tempérament Ne trahit pas ton malheureux amant._

VOLTAIRE.

Né avec un tempérament de feu, je connus à peine ce que c’était qu’une belle femme que je l’aimai.

DIDEROT.

_Pinc’-moi plutôt un d’ ces grands drôles Qui crèvent de tempérament, Larges des reins et des épaules: C’est du nanan._

E. DEBRAUX.

TEMPLE DE CYPRIS. La nature de la femme, où nous faisons tous nos dévotions à genoux, de la langue et de la queue.

_Lors il n’y a tétons ni fesse rebondie, Cuisse, ventre, nombril, ni temple cyprien, Que je ne baise, ou tâte, ou retâte, ou manie._

TENDRE SA ROSETTE. Se laisser enculer par un homme.

TENIR LA CHANDELLE. Avoir des complaisances honteuses pour un commerce de galanterie; se faire maquereau.

_Quand vous venez, à Fabrice dit-elle, Me faire tenir la chandelle Pour vos plaisirs jusque dans ma maison._

LA FONTAINE.

_A son destin j’abandonne la belle, Et me voilà; des esprits comme nous Ne sont pas faits pour tenir la chandelle._

PARNY.

Tu m’as pris pour un imbécile... Comment! moi j’irais tenir la chandelle!

JAIME fils.

TENIR UNE MAISON. Avoir un bordel, qu’on autorise seulement les femmes à tenir, à leurs risques et périls: seul commerce qui aille bien!

Tu connais pas Morin, qu’est de la police?... qui vit à Rouen, rue Ricardière, cont’ la rue aux Ours, avec eune femme qui tient eune maison?

H. MONNIER.

TESTICULES. Les témoins du duel amoureux. Voir _Témoins à décharge_.

TÉTASSE. Mot grossier signifiant une mamelle pendante.

_Les tétons deviennent tétasses._

G. COQUILLART.

_Cette mère des gueux, cette vieille carcasse D’un linge sale et noir resserre sa tétasse._

THÉOPHILE.

TÊTE-À-TÊTE. Conversation à deux, qui a lieu n’importe où, dans une chambre, dans un fiacre, sur l’herbe, sur une chaise,—et la plus éloquente, puisqu’on n’y parle pas, ou qu’on y parle peu, et qu’en revanche on y agit beaucoup.

J’eus pourtant malgré tout cela quelque tête-à-tête impromptu avec Sa Grandeur. Il est si doux d’escamoter de temps en temps quelque chose d’une rivale qui en fait autant.

TÊTE-BÊCHE (Faire). Se placer de façon que la tête de l’homme soit entre les cuisses de la femme, à la hauteur de son con, qu’il gamahuche, et que la tête de la femme soit entre les cuisses de l’homme, à la hauteur de sa pine, qu’elle suce.

_Mais quand parfois il trouve une motte bien fraîche, Ce qu’il aime avant tout, c’est faire tête-bêche._

L. PROTAT.

TÉTONNIÈRE. Femme amplement pourvue de mamelles.

Dans le cabaret où ils soupaient servait une grosse tétonnière d’Andalousie.

PIGAULT-LEBRUN.

TÉTONS. La gorge d’une femme.

_Sur un col blanc, qui fait honte à l’albâtre, Sont deux tétons, séparés, faits au tour, Allant, venant, arrondis par l’amour._

VOLTAIRE.

Donne-moi tes tétons.

LA POPELINIÈRE.

_Comme le gland d’un vieux qui baise Flotte son téton ravagé._

(_Parnasse satyrique._)

_Si son cœur est de roche. Ses tétons n’en sont pas._

J. DUFLOT.

THÉÂTRE DE LA NATURE. Le con, où le vit a ses entrées comme acteur ou protecteur, en payant soit de son argent, soit de sa bonne mine.

«Ce théâtre a pour avant-scènes deux colonnes de marbre blanc; il ne possède qu’un seul décor, lequel représente un buisson avec une fontaine au milieu.