Part 22
_Jetons l’innocence à la borne; Mettons la pudeur au rebut. Des époux trompés le tricorne A cessé d’être un attribut. Les sexes s’effacent, Malgré les mœurs, les lois et les Platons; L’honneur n’est plus où nos maris le placent... Promiscuitons!_
L. FESTEAU.
PROTECTEUR. Monsieur bien mis qui consent à mettre une fille dans ses meubles et à oublier tous les mois, dans le tiroir de l’un d’eux, quelques billets de banque destinés à l’entretien de cette fille—et de son amant de cœur.
Ces belles drôlesses... qui viennent de la rive droite de la Seine, du pays où les protecteurs fleurissent.
A. DELVAU.
PROUESSE. L’acte vénérien.
_Surtout, quelque ardeur qui vous presse, Ne faites point trop de prouesse._
VOITURE.
PROVERBES ÉROTIQUES. En voici seulement quelques-uns des plus connus:
Le cas d’une fille est fait de chair de ciron, il démange toujours.
BRANTÔME.
Le cas d’une femme est de terre de marais, on y enfonce jusqu’au ventre.
BRANTÔME.
Un con bien ménagé, à Paris surtout, vaut mieux que deux métairies.
(_Moyen de parvenir._)
_Ja cul de putain Au soir ne au matin Ne sera sans merde._
(_Anciens Fabliaux._)
Une femme ira plus pour un coup de vit qu’un âne pour dix coups de bâton.
(_Moyen de parvenir._)
Les femmes sont anges à l’église, diables en la maison, singes au lit.
(_Moyen de parvenir._)
Toute belle femme s’étant essayée au jeu d’amour ne le désapprend jamais.
BRANTÔME.
_Par commun proverbe on dit, Qu’on connaît femme à la cornette S’elle aime d’amour le déduet._
G. COQUILLART.
Plus vous couvrirez une femme, plus il y pleuvra.
TABARIN.
_Femme qui fait ses cuisses voir, Et se montre en sale posture, A tout homme fait à savoir Que son con demande pâture._
THÉOPHILE.
_La femme a semence de cornes._
LEROUX DE LINCY.
_Quand femme dit souvent hélas, Elle demande ailleurs soulas._
LEROUX DE LINCY.
Le four est toujours chaud, mais la pâte n’est pas toujours levée.
(_Moyen de parvenir._)
Il vaut mieux dépuceler une garce que d’avoir les restes d’un roi.
BRANTÔME.
Froides mains, chaudes amours.
LEROUX DE LINCY.
_Mais, belles, sachez qu’un beau manche Réchauffe aussi bien qu’un manchon._
THÉOPHILE.
L’oisiveté est mère de paillardise.
(_Le Synode nocturne des tribades._)
_L’amour est le chemin du cœur Et le cœur l’est du reste._
Mademoiselle DE SCUDÉRY.
_Et quand on a le cœur De femme honnête, on a bientôt le reste._
VOLTAIRE.
PROVOQUER LES PASSANTS. Les inviter à monter tirer un coup.
_Une jeune lorette A minois séduisant, D’une œillade discrète Provoquait le passant._
A. MONTÉMONT.
PRUNES DE MONSIEUR. Les testicules, dont les femmes sont si friandes, à cause de l’excellente eau de noyau qui en sort.
_Si malgré les vœux de madame, Les prunes de monsieur m’ont plu, On doit excuser une femme Que tenta le fruit défendu._
MARCILLAC.
PRUSSIEN (Un). Un cul.
On dit: _Cheminer à la prussienne_, pour foutre en cul.
_Le général Kléber A la barrièr’ d’Enfer Rencontra z’un Prussien Qui lui montra le sien._
(_Chanson du quartier Latin._)
PUCEAU. Adolescent qui n’a encore connu que la veuve Poignet.
_Le jeune homme puceau l’appelle son affaire._
L. PROTAT.
PUCELAGE. Fardeau pesant dont toute jeune fille qui aspire à devenir femme se débarrasse volontiers—tout en faisant sa Sophie—en faveur de la première pine qui passe, la tête haute, le cou tendu.
Le roi impatient et ne goûtant pas qu’un autre ait un pucelage qu’il payait.
TALLEMANT DES RÉAUX.
_Heureux cent fois qui trouve un pucelage! C’est un grand bien._
VOLTAIRE.
_Enfin dans un petit village On trouva l’heureux pucelage Qui près du roi devait coucher._
PARNY.
_Avoir dans un bordel perdu son pucelage._
A. GLATIGNY.
_Je me fous de ce météore Qui de pucelage a le nom._
(_Parnasse satyrique._)
PUCELAGE (Avoir son). Façon de parler hyperbolique, qui signifie seulement: N’avoir pas fait l’œuvre de chair depuis plus ou moins de temps.
Tu tombes à pique, mon bonhomme: tu vas avoir mon pucelage, car il y a bien trois grands jours que je n’ai cassé une canne.
A. FRANÇOIS.
PUCELLE. Le _rara avis_ des sociétés modernes, qui couronnent des rosières pour faire croire qu’il y en a,—comme si le pucelage était une chose de conserve!
Mademoiselle Charlotte du Tillet ne fut jamais mariée, mais on dit qu’elle n’était plus pucelle pour cela.
TALLEMANT DES RÉAUX.
_Veuve de huit galants, il la prit pour pucelle; Et dans son erreur par la belle Apparemment il fut laissé._
LA FONTAINE.
_—Combien dureront nos amours? Dit la pucelle, au clair de lune. —L’amoureux répond: O ma brune, Toujours, toujours!_
A. PRIVAT D’ANGLEMONT.
PUCELLE DE BELLEVILLE. Fille galante. Cette expression, tirée d’un roman de Paul de Kock, remplace maintenant celle qu’on employait aux XVIe et XVIIe siècles: _pucelles de Marolles_.
PUNAISE. Femme de mauvaise vie.—J’aurais cru ce mot moderne dans cette acception: je l’ai retrouvé dans une épigramme de Sygognes:
_Lise, cette insigne punaise, Me fait montre de ses ducats, Et c’est afin que je la baise: Mais qu’elle ne l’espère pas._
Une cocotte arrête une voiture, monte dedans, et dit au cocher d’une voix de duchesse: «Cocher, au bois!»—«Au bois de lit, punaise!» crie un voyou.
A. DELVAU.
PUTAIN. Professeur femelle de philosophie horizontale.
_Il m’est comme aux putains malaisé de me taire._
RÉGNIER.
_De toutes ses putains la Lebrun entourée._
L. PROTAT.
_J’avais résolu dans l’âme, Pour n’être plus libertin, De prendre une honnête femme Qui ne fût pas trop putain._
COLLÉ.
_Les marbres de nos Tuileries, Eux-mêmes se sentent atteints Par toutes les galanteries Que nous débitons aux putains._
(_Parnasse satyrique._)
Et tu m’ laisses...—Faut-y pas t’ tenir compagnie? Merci!—Sans rien et les manches pareilles? Eh ben, c’est gentil!—Pas l’ temps.—Me v’là putain pour l’honneur.
H. MONNIER.
Auquel les grandes dames et princesses faisant état de putanisme étudiaient comme un très-beau livre.
BRANTÔME.
_Tu as voulu me pourchasser, Mâtine, pour te putasser._
THÉOPHILE.
_Toutes estes, serez ou fustes, De fait ou de volonté putes._
JEAN DE MEUNG.
Car aussi bien que vous j’eusse fait l’amour, et j’eusse été pute comme vous.
BRANTÔME.
_Pute, où avez-vous tant été? Vous venez de vo puterie._
(_Anciens Fabliaux._)
PUTASSIER. Coureur de bordels; anciennement on disait _putier_.
_Sy est pour vrai; car je le sais, Que ce n’est qu’un vilain putier._
(_Farces et Moralités._)
PUTINER. Faire la putain, courir après les hommes.
PUTIPHARISER. Imiter la femme de Putiphar—jusqu’au manteau exclusivement, les Joseph d’aujourd’hui tenant à leurs habits.—Fourrer la main dans le pantalon d’un jeune garçon encore timide.
Q
QUELQUE CHOSE DE CHAUD. Sec, un vit ou un con; liquide, le foutre qu’ils font en collaboration.
_Liz’ que veux-tu qu’on t’apporte, Des huîtr’s ou d’ la têt’ de veau? —Non, non, ferme-nous la porte, J’aim’ mieux quelque chos’ de chaud._
CH. COLMANCE.
QUELQUE CHOSE DE COURT. Une courte, même quand elle est longue.
_Tout l’ mond’ connaît bien l’aventure Qui m’a fait rire si souvent: Un certain paillard par nature, D’une nonn’ prit l’habillement Et s’en alla droit au couvent. Que d’ victimes il aurait faites, Si la mère abbess’ le mêm’ jour, N’avait pas, grâce à ses lunettes, Vu qu’il portait quéqu’ chos’ de court._
BAPT. LAMÔME.
QUENOUILLE. Le membre viril.
_Lise y procède, et saute à la quenouille Avec laquelle Eve nous a filés._
GRÉCOURT.
_Avec une autre quenouille, Non, vous ne filerez pas._
BÉRANGER.
QUÉQUETTE. Priape d’enfant, dans le jargon des bonnes et de _mesdames_ les nourrices. Se dit aussi d’un priape peu viril.
_Partout on lui fait bon accueil, Elle a fait plus d’une conquête... Cependant elle n’a qu’un œil, Mademoiselle Quéquette._
STAN. TOSTAIN.
QUEUE. Un des noms du membre viril, fréquemment employé—sans qu’il soit besoin d’expliquer pourquoi, tant le mot est imagé.
Mademoiselle, ma queue est assez levée pour votre service.
D’OUVILLE.
Je suis comme les poireaux, j’ai la tête blanche et la queue verte.
TALLEMANT DES RÉAUX.
_Messire Jean, je n’y veux point de queue! Vous l’attachez trop bas, messire Jean._
LA FONTAINE.
_L’académicien dit: mon vit. Le médecin: Ma verge. Le curé: mon membre. Une putain: La queue..._
L. PROTAT.
_Je viens revoir l’asile où, dans les jours mauvais, J’exerçais librement les fiertés de ma queue._
A. GLATIGNY.
QUEUES (Faire une ou des). Tromper son amant avec un autre homme, lorsqu’on est femme; trahir sa maîtresse pour une autre femme, lorsqu’on est homme.
Ah! oui, je sais... c’est pour l’autre jour, avec ta madame Machin, que vous avez été à Meudon me faire des queues.
H. MONNIER.
QUILLE. Le membre viril.
_Ma tante dessus ses vieux ans. A voulu gouster de la quille Et s’est faict enfler le devant D’un petit fils et d’une fille._
(_Chansons folastres._)
_Si fussiez allé chaque jour, Cependant qu’Alix était fille, Planter en son jardin la quille, A l’envi chacun eût crié!_
JODELLE.
Elles tâchent toujours d’abattre la quille du milieu.
TABARIN.
R
RACCROCHER. Arrêter un homme sur le trottoir, la nuit, et l’inviter à monter pour baiser et jouir.
J’ai été un an à l’hôpital. Une autre que moi, en sortant de là, aurait raccroché.
RÉTIF DE LA BRETONNE.
RAGE DU CUL, ou _Rage amoureuse_. Envie furieuse de jouir par la fouterie ou par la masturbation.
_Ombres folles, courez au but de vos désirs: Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage, Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs._
CH. BAUDELAIRE.
C’est la rage luxurieuse, la lubricité forcenée, la jouissance horrible qui reste inachevée.
A. D. M. (_Gamiani._)
RAGOÛT (Avoir du). Se dit de certaines façons habiles que certaines femmes ont de se remuer sous l’homme pour le faire godiller plus amplement qu’avec d’autres.
_Mais exiger des époux Ces petits ragoûts, Ces exercices gentils! Les connaissent-ils? Non; tout dans le sacrement, Se fait maussadement Et gauchement._
COLLÉ.
RAIDIR. Bander.
_Quand, plus raide que la justice, Nez en l’air et gros de courroux, Il s’élance pour le service, On croit qu’il fera les cent coups._
EUG. VACHETTE.
RAIE DU CUL (La). La rainure des fesses, la petite vallée qui se trouve entre ces deux montagnes—où tant de membres virils aiment à descendre.
Pour ne trouver la raie nette de la dame avec qui l’on s’ébat, on y gagne bonne vérole.
BRANTÔME.
_Trois mignons de la cour se tuèrent jaloux Pour le bien prétendu d’une raie publique._
THÉOPHILE.
RAILLE. Agent de police, redouté des filles qui font le trottoir.
_Cela nous avertit qu’il flâne en ce quartier Un raille dont il faut d’abord se méfier._
L. PROTAT.
RAMONER UNE FEMME. Faire l’acte vénérien avec elle, passer et repasser l’outil priapique, le ramon de l’homme, dans sa petite cheminée, non pour la débarrasser de ses impuretés, mais, en réalité, pour en mettre de nouvelles.
_Mes belles, c’est vous que je cherche Pour vous montrer une leçon; Et croyez-moi, vos cheminées Seront promptement ramonées, Si vous éprouvez ma façon._
(_Ballet des Chercheurs de midi à quatorze heures_)
RATER UNE FEMME. Ne pouvoir bander assez raide au moment suprême où la femme, pâmée et déjà délirante dans l’attente de la félicité promise, ouvre les cuisses et ferme les yeux.
Non, mais tout de bon, je vous rate... Vous n’êtes plus qu’une comtesse ratée.
LA POPELINIÈRE.
_Je rate, hélas! également, Le poisson, ma belle et ma muse._
BÉRANGER.
RATER UNE FEMME. La baiser, en égoïste, et sans la faire jouir.
_Quand je la baise, ma femme S’obstine à ne pas bouger... Comment faut-il de cela, Punir cette ingratte-là? —Rate-la!_
AUG. GILLES.
RATEUR. Homme qui a plus grands yeux que grosse pine et qui reste en affront devant la femme qui l’attend, cuisses ouvertes, fesses frémissantes.
_Quand il fait le séducteur, Sur mon honneur! ça me vexe: Car à l’endroit du beau sexe Il n’est pas à d’mi rateur._
JULES POINCLOUD.
RAVIGOTER UN HOMME. Faire tant, des doigts et de la langue, qu’il parvient à bander.
_D’un tour de main ell’ ravigote Le plus p’tit, le plus maigre jeu._
E. DEBRAUX.
RECEVOIR L’ASSAUT. Être baisée par un homme—qui monte sur le ventre, la pine en avant, avec la _furia_ d’un zouave montant sur le Mamelon Vert.
Dis-lui qu’à la chute du jour, elle s’apprête à recevoir les assauts de l’empereur d’Orient.
LA POPELINIÈRE.
RÉCLAMER SES GANTS. Demander au monsieur qu’on a raccroché sur le trottoir un supplément au prix convenu pour aller au bonheur.
_Elle ne sera pas une fille ordinaire, Réclamant aux vieillards libidineux ses gants, Et tirant tous les jours des coups extravagants._
A. GLATIGNY.
RECOMMENCER. Tirer un second, puis un troisième, puis un quatrième coup, selon que la femme en vaut la peine ou que l’homme a du sperme dans sa bouteille,—l’amour étant, comme on sait, un grand recommenceur.
La grisette serre avec énergie l’étudiant contre sa poitrine, en soupirant et en tressaillant des derniers frissons de la jouissance; pour un peu elle recommencerait.
H. MONNIER.
RÉCURER (Se faire). Prendre des médicaments, mercuriels, ou autres, pour guérir des véroles gagnées au doux jeu d’amour.
_Voyez, là-bas, le sémillant Mercure Et ses fuseaux qui tricotent gratis, Représentant le dieu qui nous récure Et la maison Giraudeau père et fils._
GUSTAVE NADAUD.
REDINGOTE ANGLAISE. Préservatif contre la vérole. (V. _Capote_, _Ruban_.)
RÉDUIT (Le). La nature de la femme, où le membre viril a tant de plaisir à se réfugier les jours d’ennui, à s’abriter les jours d’orage. Réduit, déduit; déduit, réduit.
_Déjà de sa grandeur les doigts saints et bénis Visitaient de l’amour les plus secrets réduits._
GRÉCOURT.
_Mais D*** avec sa main, Sa lèvre de carmin, Sait trouver ton réduit Où rarement l’homme impur s’introduit._
J. DUFLOT.
REFAIRE DE SORGUE (Se). Se remettre d’une nuit d’orgie:—bien dormir, ou bien déjeuner.
_Tous dix, au tapis-franc nous étions réunis, Chez le père Vit-Dur, ogre de mes amis, Zig qui ne mange pas ses pratiques sur l’orgue; Nous étions venus là nous refaire de sorgue._
L. PROTAT. (_Serrefesse._)
RÈGLES (Avoir ses). Avoir ses menstrues—qui viennent très irrégulièrement à certaines femmes.
_Pour ces règles que tu débines Et traites de déjections, Ce sont les sources purpurines Des saintes fécondations._
ANONYME.
RELIQUE. Le membre viril,—on n’a jamais su pourquoi.
_Du grand saint Nicolas, Dans vos draps, Prenez donc la relique._
BÉRANGER.
_Gage de ses travaux Pendait sous sa tunique Cette belle relique, Chère aux tendrons dévots._
J. CABASSOL.
REMUER DU CUL OU DU CROUPION. Se trémousser de plaisir sous l’homme.
Et tandis qu’elles font bien leur devoir de remuer du croupion et de pressurer la grappe soigneusement pour faire que le jus en sorte...
MILILOT.
_Sur son lit d’acajou, Cette jeune ingénue Fort gentiment remue Du cul pour un bijou._
J. DUFLOT.
Enfin, à force de frotter et de remuer le cul de part et d’autre, il arrive que tous deux viennent à s’échauffer d’aise par une petite démangeaison et chatouillement qui leur vient le long des conduits.
MILILOT.
Elle passa dans un bois avec un jeune compagnon dans l’espérance d’y bien remuer les fesses.
D’OUVILLE.
Le garçon en avertit la fille et elle le garçon: cela les oblige à frotter plus fort et à remuer plus vite les fesses.
MILILOT.
Que j’étais jeune, que j’avais les reins souples et que je les pouvais remuer.
P. DE LARIVEY.
_Tous vos baisers sont contraints; Mais remuez donc les reins! Que faites-vous de vos mains?_
BÉRANGER.
RENAUDER. Renoncer à une chose, manifester de la répugnance à la faire.
RENDRE (Se). Consentir à se mettre sur le dos, à ouvrir ses cuisses et à se laisser baiser par l’homme qui en sollicite depuis plus ou moins de temps l’honneur—et le plaisir.
La comtesse nous raconta dans le plus grand détail comme quoi elle s’était rendue à Préban, et tout ce qui s’était passé entre eux.
RENDRE UN HOMME HEUREUX. Le faire jouir en le branlant, ou en le suçant, ou en tirant un coup avec lui.
_Thémire pour me rendre heureux Veut que de son flambeau l’Amour seul nous éclaire._
(_Épigrammes._)
_Oh! oh! oh! ah! ah! ah! Rendez heureux ce monsieur-là, La, la._
BÉRANGER.
RENGAINER SON COMPLIMENT, ou SON OBJET. Remettre son membre dans sa culotte; ne pas pousser plus loin l’aventure.
_... J’entends quelqu’un venir..... Rengaine ton objet..._
LOUIS PROTAT.
RENTRER BREDOUILLE. Se dit d’une fille qui, descendue vers quatre heures du soir sur les boulevards pour y chasser au miché, rentre chez elle toute seule, sans avoir été suivie.
_Plus j’y songe et plus je m’embrouille; Comment, ils ont vu tes appas, Et tu reviens ici bredouille!_
COLLÉ.
RÉPANDRE SA SEMENCE. Décharger en baisant, ou en se branlant.
Un proverbe chinois dit qu’il ne faut pas répandre sa semence sur la mer; il a raison: c’est sur les filles.
A. FRANÇOIS.
REPASSER UNE FEMME. La faire jouir en la baisant avec ce fer rouge que les polissons appellent une pine—qui la roussit quelquefois.
Et notez que la moindre bagasse peut en dire autant à un grand roi ou prince, s’il l’a repassée.
BRANTÔME.
_Son vaillant fils, fameux par sa crinière, Un beau matin, par vertu singulière, Vous repassa tout ce gentil bercail._
VOLTAIRE.
_Et me v’là vite en d’voir de la r’passer._
DUMOULIN.
RESTER COURT. Manquer de souffle au lit; débander au moment même où il faudrait bander le plus raide.
_Rester court A la neuvième politesse! Est-ce à ma cour Qu’on vient pour me jouer ce tour?_
COLLÉ.
RETAPEUSE. Putain.—Femme ou fille qui fait la retape;—qui raccroche.
_En robes plus ou moins pompeuses, Elles vont comme des souris: Ce sont les jeunes retapeuses Qui font la gloire de Paris._
A. GLATIGNY.
RETIRÉE DU SERVICE (Être). Ne plus exercer le rude métier de fille d’amour, soit par suite de maladies, soit par suite de mariage, soit par suite de vieillesse, soit—comme sainte Marie l’Égyptienne—par honte de ce métier.
C’est si agréable, quand on s’est retirée du service.... de pouvoir se dire: Ce procureur du roi si féroce, c’était mon petit Auguste! Je le menais par le bout du nez, et il trouvait cela très doux.
A. DELVAU.
RETIRER (Se). Sortir du con de la femme qu’on baise quand on craint d’être surpris, ou de lui faire un enfant;—ou lorsque l’on a fini de baiser, ce qui n’est plus surprenant.
_Thémire, feignant le contraire, Disait toujours: Ménage-moi; J’ai peur de rencontrer... ma mère... Ah! cher Colin, retire-toi..._
G. GARNIER.
Ah! tu te retires!... Pourquoi ne l’as-tu pas laissée dans moi? je ne l’aurais pas mangée, va!
H. MONNIER.
_Voulez-vous un ami prudent Qui ménage vos craintes; Vite, ouvrez-moi vos... sentiments, Je sais me retirer à temps._
(_Chanson anonyme moderne._)
RÉTRÉCIR (Se). Se laver souvent le vagin avec des astringents, afin d’en rapprocher les parois et de faire croire ainsi—aux innocents—qu’ils prennent un pucelage.
_A se rétrécir elle excelle Et joint aux airs d’une pucelle La plus profonde instruction._
H. RAISSON.
RETROUSSER (Se). Se retourner. Se tirer de la gêne par tous les moyens possibles.
_Une célèbre actrice A fillette novice Disait, sans croire l’offenser: Imite-moi, Charlotte; De sagesse on peut se passer: Quand on est dans la crotte, Il faut se retrousser._
VANDAEL.
RIBAUD, RIBAUDE. Homme et femme de mauvaise vie; luxurieux et impudiques.
_Je suis la grande Gargouillaude, Garce du souverain Gagoux, Chaude putain, fière ribaude, Pleine de vérole et de loups._
Le Sr DE SYGOGNES.
ROSE. La nature de la femme.
_Tu n’auras pas ma rose, Car tu la flétrirais._
BÉRANGER.
_Là sur l’albâtre on voit naître l’ébène, Et sous l’ébène une rose s’ouvrir._
PARNY.
_Ma fille, avant d’céder ta rose, Retiens bien ce précepte-là._
E. DEBRAUX.
ROSÉE CÉLESTE, DIVINE, etc. Décharge de la liqueur balsamique, que les gens qui n’attendent rien du ciel appellent tout bonnement:—du foutre.
Mon amie, reçois encore cette preuve de mon amour. Gamiani, excitez-moi, que j’inonde cette jeune fille de la rosée céleste.
A. DE M.
Notre adorable conquérant fait des siennes à toute outrance et darde la rosée de vie sans le moindre ménagement.
A. DE NERCIAT.
Et le détestable Fa-tutto a fait pleuvoir dans mon sein la brûlante rosée du crime.
VOLTAIRE.
ROSETTE. Petite rose de chair qui se trouve à l’entrée de l’anus et qui en est pour ainsi dire le pucelage, car les pédérastes passifs ne l’ont plus (d’où les pédérastes actifs sont appelés _chevaliers de la rosette_).
_Travaille bien, prends ta lichette, La lichette donne du cœur; Et s’il le faut, tends ta rosette, Cela te portera bonheur._
A. DUMOULIN.
ROSSIGNOL. Le membre viril.
_Aussitôt qu’elle eut aperçu Le rossignol que tenait Catherine._
LA FONTAINE.
ROUBLARD. Libertin qui connaît toutes les ruses féminines et qui, des deux rôles que les hommes jouent avec les filles, celui de miché et celui de maquereau, celui de jobard et celui d’écornifleur, préférerait encore le dernier au premier.
Ça me rappellera, à moi, vieux roublard, le temps où je l’avais encore, où j’étais si godiche avec le sexe.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
ROUCHIE. Femme de mauvaise vie.
_... Depuis, de Pinolie Ma femme, Pincecul a fait une rouchie._
L. PROTAT.
ROUPETTES. Les testicules,—qui sont les petites roues sur lesquelles repose le canon chargé de mitraille spermatique.—L’expression est moderne.
_Ses roupettes étaient grosses et rebondies, Et de poils longs et noirs abondamment fournies._
L. PROTAT.
_Sur les roupettes granitiques De l’indomptable Sarrazin Il pleut..._
B. DE MAURICE.
ROUSCAILLER. Besogner du membre avec une femme qui en meurt d’envie.
_Un pareil état m’excite et m’offense: Descends de mon lit, ou bien rouscaillons!_
ROUSTONS. Les testicules.—Expression moderne.
_Votre main, doucement chatouille ses roustons, Tandis qu’il vous pelote et vous prend les tétons._
L. PROTAT.
RUBAN. Préservatif en baudruche ou en caoutchouc dont on habille le membre viril toutes les fois qu’on le conduit au bonheur.—(V. _Capote_.)
_Ne crains rien: ces rubans feront bien ton affaire,_
dit le marchand de capotes à Pincecul, dans la parodie de _Lucrèce_, par M. Protat, avoué.
_Je sais attacher un ruban Selon la grosseur d’une pine._
(_Chanson anonyme moderne._)
RUDIMENT DE CYTHÈRE (Le). Les principes de la langue—et des autres cochonneries.
_Jeanne, sotte au monastère, Sotte au sortir du couvent, Plaisait sans savoir comment. Le précepteur de son frère Lui montre le rudiment Que l’on enseigne à Cythère: Son esprit s’ouvre à l’instant._
COLLÉ.
RUFFIAN. Accouplement de _Ruffi_ et d’_Anus_. Mot qui s’est introduit en France au XIIIe siècle, et n’a été en vogue qu’à la fin du XVe, quand l’italianisme déborda dans l’idiome gaulois. Ce mot avait alors différentes significations, telles que: lénon, proxénète, débauché, habitué de mauvais lieu, etc. Aujourd’hui, il signifie tout bonnement maquereau.
_Elle introduit dans ma maison, Son rufien, qui sait fort bien Faire son profit de mon bien._
J. GREVIN.