Dictionnaire érotique moderne

Part 21

Chapter 213,603 wordsPublic domain

DIDEROT.

_Mais du plaisir avant cette aventure, Léda connut le trait doux et fatal._

PARNY.

_Quelle est ma surprise aujourd’hui! Dans ce nain je trouve un hercule. Faut-il qu’il soit si ridicule D’avoir du plaisir avec lui?_

(_Chanson anonyme moderne._)

_Epoux, dans les bras de vos dames, Vous goûtez les plaisirs des dieux._

CHANU.

PLANTER DES CORNES. Introduire son membre dans le vagin d’une femme mariée à un autre homme,—ce qui fait pousser des cornes à celui-ci et quelquefois un enfant à celle-là.

PLANTER UN HOMME. Baiser une femme.

Que fais-tu donc là? demandait un passant à Diogène, qui, en sa qualité de cynique, n’avait pas craint de trousser une fille en plein Agora et était en train de besogner avec elle.—Tu le vois, je plante un homme, répondit-il.

A. FRANÇOIS.

PLEURER. Décharger.

_Maman, j’ai plus d’une fois Trouvé ma couche trempée: Mon cœur était aux abois: Je fus bientôt détrompée. Je fis cesser mes alarmes: Ces pleurs qui mouillaient mon lit, Ces pleurs n’étaient pas des larmes... Mon petit doigt me l’a dit._

V. COMBES.

PLEURER SES PÉCHÉS. Avoir la chaude-pisse.

_Las! si ce membre eut l’arrogance De fouiller trop les lieux sacrés, Qu’on lui pardonne son offense, Car il pleure assez ses péchez._

RÉGNIER.

PLOMB. La vérole—avec laquelle on blesse, et quelquefois on tue la personne à qui on la communique.

_Le plus marlou peut attraper le plomb._

DUMOULIN.

PLOMBER. Se dit de l’odeur particulière que porte avec soi la femme qui ne se lave pas, ou qui échauffe trop son vagin seule ou en collaboration avec les hommes.

_Nom d’un’ trombe! Comm’ ça plombe Dans ta vieille catacombe!_

(_Parnasse satyrique._)

PLUMER DES PIGEONS. Ruiner des hommes assez fous pour payer l’amour de certaines femmes plus qu’il ne vaut; ou seulement leur arracher quelques billets de mille francs ou quelques louis.

_Oiseaux plumés qu’a dispersés l’orage, Ils vont chercher un monde plus parfait. Mon épicier devient un personnage, Arthur n’est rien, Oscar est sous-préfet._

GUSTAVE NADAUD.

POIGNARD. Le membre viril.

_Mais Robin, las de la servir, Craignant une nouvelle plainte, Lui dit: Hâte-toi de mourir, Car mon poignard n’a plus de pointe._

RÉGNIER.

_Lève sa cotte, et puis lui donne D’un poignard à travers le corps._

LA FONTAINE.

_Heureuse la nymphe légère, Qui trompant sa jalouse mère, Peut saisir un poignard si doux._

GRÉCOURT.

POIL BLOND OU NOIR (Avoir le). Avoir le pénis garni de poils blonds ou noirs.

_Et jusques au nombril retroussant son peignoir, Leur montra qu’étant blonde elle avait le poil noir._

L. PROTAT.

POINT. Employé dans un sens obscène pour désigner:

1º L’acte vénérien.

_Venons au point, au point qu’on n’ose dire._

CL. MAROT.

_Ce pitaud doit valoir pour le point souhaité Bachelier et docteur ensemble._

LA FONTAINE.

2º Le clitoris.

_Le traître alors touche d’un doigt perfide Le point précis où naît la volupté; Ce point secret, délicat et timide Dont le doux nom des Grecs est emprunté._

PARNY.

POISON. Fille ou femme de mauvaise vie, qui empoisonne quelquefois l’eau-de-vie, quelquefois le musc,—et souvent l’homme.

Ce n’est pas une femme, c’est une poison.

A. VITU.

POISSON. Maquereau, souteneur de filles.

_Camille Fontallard, des poissons le monarque._

DUMOULIN.

Le perruquier jeune et actif est lui-même un poisson. Depuis un siècle, on l’appelle merlan; mais quelquefois, souvent même, il cumule,—et ces dames ont des merlans—maquereaux.

POITRINE (Avoir de la). Avoir des tétons accusés.

Ces belles filles qui ont de la poitrine et rien dessous!

A. DELVAU.

_Elle a dix-huit ans et pas de poitrine; Sa robe est très close et monte au menton; Rien n’en a gonflé la chaste lustrine: Elle est droite ainsi qu’on rêve un bâton._

A. GLATIGNY.

POIVRER UN HOMME. Lui donner la vérole.

_Toi, louve, toi, guenon, qui m’as si bien poivré, Que je ne crois jamais en être délivré._

SAINT-AMAND.

_Va, poivrière de Saint-Côme, Je me fiche de ton Jérôme._

VADÉ.

POLICHINELLE. Le vit,—par allusion à Karaguez, le polichinelle turc, qui est tout en nœud. (V. ce mot.)

_Papa, mon époux abuse De ce titre solennel: Croirais-tu qu’il me refuse Jusqu’à son polichinel?_

ÉM. VANDERBUCK.

_Avoir le polichinelle dans le tiroir._ Être enceinte.

POLIR LE CHINOIS (Se). Se branler le vit. Boileau, qui n’aimait pas les femmes nous a dit:

Polissez-le sans cesse et le repolissez.

_Le noir cocu que la chair aiguillonne, Tranquillement se polit le chinois._

(_Chanson anonyme moderne._)

On dit aussi: _Se balancer le chinois_.

POLISSON, POLISSONNE. Libertin, libertine.

_Tâche que ta chanson soit leste et polissonne._

L. PROTAT.

_Aujourd’hui, Sophie est, je crois, Aussi polissonne que toi._

BÉRANGER.

_Le vieux, plus que le jeune, aime à polissonner._

L. PROTAT.

Il ne se passera guère entre nous que des polissonneries.

LA POPELINIÈRE.

_Pour être admise ici, sais-tu bien, ma chérie, Qu’il faut être très forte en polissonnerie?_

L. PROTAT.

Au lieu d’aller au salon avec toutes ces dames, à qui on dit et fait des masses de polissonneries...

LEMERCIER DE NEUVILLE.

POLITESSE (Faire une). Décaloter son prépuce en bandant devant une femme, et le lui introduire dans le vagin, pour lui prouver tout son respect—et la faire jouir par la même occasion.

_J’ m’offre à lui faire un’ politesse: Ell’ m’ répond oui modestement._

(_Chanson anonyme moderne._)

_Il a voulu de quelque politesse Payer au moins les soins de son hôtesse._

VOLTAIRE.

_Tous les jours quatre politesses Seront le pain quotidien._

COLLÉ.

POLLUER LE DARD (Se). Se masturber.

_Notre cocher, sans vergogne et sans fard, Sur ses coursiers laissait frotter les rênes Et des deux mains se polluait le dard._

ANONYME.

POMMES. Les tétons.

_Il montre aux regards de l’amour Abricot mignon qui s’entr’ouvre, Et plus haut deux pommes d’amour._

FÉLIX.

_Un beau bouquet de roses et de lis Est au milieu de deux pommes d’albâtre._

VOLTAIRE.

_Quand tu frippais mes jupons, Poussé par trent’-six rogommes, N’ t’ai-j’ pas fait trouver des pommes Où tu n’ cherchais qu’ des chiffons?_

(_Parnasse satyrique._)

POMPER LE DARD. Sucer un homme.

_L’Espagnol amoureux se fait pomper le dard._

L. PROTAT.

POMPER LE GLAND. Sucer l’extrémité du membre viril pour y amener le sperme.

_Et rien qu’en lui pompant l’extrémité du gland, Fait jaillir de son tronc un foutre ruisselant._

L. PROTAT.

POMPER LE NŒUD. Sucer un homme pour le mettre en érection et le faire jouir.

_Les largues nous pompent le nœud. Mais nous, nous le pomperions mieux, Si, comme la race canine, Nous pouvions, sans gêne et sans mal, Nous gamahucher le canal._

DUMOULIN-DARCY.

PONT-NEUF. Fille de joie sur le ventre de laquelle tout le monde passe.

_Il nous appela des grivoises, Des ponts-neufs, des fines matoises, De ces filles, et cætera, Qui pour cinq sols feraient cela._

JACQUES MOREAU.

PONT DU COIL (Le) et _le coil du pont_. Jeu innocent qui consiste à faire dire plusieurs fois de suite à une jeune fille cette phrase; ce qui l’amène à dire en se trompant: _Le poil du con, le con du poil_,—par anagramme.

_Mon père a fait bâtir maison Sur le pont du coil, sur le coil du pont; Les charpentiers du roi la font Sur le pont du coil, sur le coil du pont. Ah! le joli petit pont Que le pont du coil, que le coil du pont!_

Il y a aussi cet autre dicton: _Six petites pipes fines dans un sac_, qui, répété avec volubilité, produit: _six petites pines_, etc.

PORT DE CYTHÈRE. Le con, lieu charmant, appelé plus poétiquement l’île de Cythère, est situé entre les cuisses de la femme. Il reçoit cordialement MM. les vits et abrite volontiers quels qu’ils soient, les produits de leurs vaisseaux—spermatiques.

Dix fois Trufaldin a touché au port, sans pouvoir y entrer.

PIGAULT-LEBRUN.

PORT D’ARME (Être au). Être en érection.

PORTER À DROITE. Avoir l’habitude de placer son _paquet_ à droite de l’entre-jambes dans le pantalon—au lieu de le placer à gauche, comme presque tout le monde. On prétend qu’il n’y a que les pédérastes qui portent à droite.—Il y a des pédérastes et beaucoup d’honnêtes gens pour lesquels cette façon de porter est plus commode.

PORTER À GAUCHE. Avoir l’habitude de placer son membre sur le côté gauche du pantalon,—habitude normale, prétendent les tailleurs et les femmes, les deux classes d’humains qui s’occupent le plus de la position du paquet.

..... _A ce paquet aux dimensions fortes Qu’on voit dans ta culotte et qu’à gauche tu portes._

LOUIS PROTAT.

PORTER UNE BOTTE À UNE FEMME. Tirer un coup avec elle,—terme de l’escrime amoureuse.

_Mais, d’ quequ’ côté qu’on vous porte une botte, Mam’zelle, ôtez donc, ôtez vot’ culotte: Mam’zelle, ôtez donc vot’ culotte._

BÉRANGER.

PORTÉ SUR LA MINETTE (Être). Aimer à gamahucher les femmes, à se faire le chien de ces chattes.

_Ce derrière n’est pas l’idéal que rêva Mon gendre, lequel est porté sur la minette._

A. GLATIGNY.

POSER. Faire valoir habilement, aux yeux des femmes, les avantages qu’on possède dans son pantalon, par exemple en se cambrant et en se présentant de profil.

POSSÉDER UNE FEMME. En jouir, tirer un ou plusieurs coups avec elle—qui appartient en effet à l’homme durant tout le temps qu’il la tient sous lui, fichée au lit par son clou spermatique.

Je l’ai possédée, j’ai pris les dernières faveurs.

MILILOT.

POSTE. L’acte vénérien.

Il lui dit que s’il était couché avec elle, il entreprendrait de faire six postes la nuit.

BRANTÔME.

_Quoi qu’il en soit avant que d’être au bout, Gaillardement six postes se sont faites._

LA FONTAINE.

POSTÈRE. Le postérieur, le cul.

_L’abbesse lui dit chastement, En couvrant son postère: Par un trou fait dans mon drap blanc, Mettez-moi ce clystère._

COLLÉ.

POSTILLON (Faire). Introduire le doigt, ordinairement l’index, dans le derrière d’une femme ou d’un homme, pendant l’acte vénérien, pour doubler la jouissance.

Je te branlerai, je te sucerai, je te ferai postillon... tu jouiras!

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_L’homme, de sa main droite, ou lui fait postillon, Ou la glisse en dessous et lui branle le con._

L. PROTAT.

POSTURES. Attitudes, positions et mouvements divers du corps les plus propres au jeu de l’amour.—Les _Postures de l’Arêtin_, suite de 16 sujets érotiques, dessinés par Jules Romain, gravés par Marc-Antoine Raimondi, et accompagnés de Sonnets par l’Arêtin, sont perdues depuis longtemps par suite de la persécution acharnée qui leur a été faite. On en retrouve cependant un souvenir dans le petit volume intitulé l’_Arêtin français_. Ces postures, fruits de l’imagination extravagante d’un artiste qui ne veut rien faire de _commun_, c’est-à-dire, de naturel, sont non-seulement peu usitées, mais peu agréables, quand elles ne sont pas même irréalisables. On a essayé de faire quelques autres manuels érotiques de ce genre: l’_Art de foutre en 40 manières_, etc.; mais dans ces petits livres, les figures ont rarement rapport au titre, et le texte est d’une niaiserie qui passe la permission. En un mot, ces sortes de manuels ont toujours été jusqu’ici des attrapes. Les diverses postures généralement pratiquées sont les suivantes:

_En levrette_, ce qui s’exécute tantôt sur un lit, tantôt la femme appuyée à un meuble, à une fenêtre, etc.

_Levrette paresseuse_, quand les deux amants sont couchés sur le côté, l’homme derrière la femme. Dans cette position, la femme remuant peu, peut fatiguer successivement un grand nombre d’hommes.

_Tire-bouchon-américain._ La femme assise sur l’homme assis lui-même sur une chaise, et le regardant; pour peu qu’un homme bande bien, la femme décharge deux ou trois fois et se satisfait entièrement.

_La Diligence de Lyon_, même position que la précédente, mais exécutée sur un lit ou sur un divan.

_La Bête à deux dos_, l’homme et la femme couchés en vis-à-vis l’un de l’autre, ce qu’on appelle encore _danser à plat_, _baiser à la papa_, _ourser_ (les gens grossiers), la _position naturelle_ (M. Prudhomme, les épiciers et tous les maris honnêtes). Voir aussi la _crapaudine_, modification agréable de cette posture.

Il n’y a rien de si plaisant à considérer qu’un beau corps en la personne aimée, la structure de ses membres, ses postures et ses dispositions lascives.

MILILOT.

_Car dans la même posture, Dès le lendemain matin, J’ai surpris ma créature Avec un bénédictin._

COLLÉ.

POT-AU-FEU. Les fesses d’une femme, quand elles sont d’un embonpoint agréable,—comme celles de la Vénus Callipyge...

_Mais tournez-vous donc un peu... Quel superbe pot-au-feu! C’est d’ la fière marchandise, Mam’zelle Lise!_

F. DE CALONNE.

POT DE CHAMBRE ou POT DE NUIT. La femme, parce que c’est ordinairement la nuit que l’on vide dans son con le liquide spermatique que l’on a fabriqué dans la journée.

_La femme n’est pour moi, d’ailleurs, qu’un pot de chambre Où j’aime à décharger la liqueur de mon membre._

LOUIS PROTAT.

POULAIN. Tumeur vénérienne qui vient dans les aines, et qu’on appelle ainsi probablement par antiphrase—puisqu’elle vous empêche de marcher.

_Des deux côtés du con tu nourris deux poulains, Et de pus malfaisants tous tes vaisseaux sont pleins._

(_Un troupier au clou._)

POUPÉE. Femme galante avec le cul de laquelle il est permis à tout le monde de jouer, comme Néron avec celui de Poppée.

Je m’en fus rue Saint-Honoré pour y trouver ma poupée. Je lui dis: Ma petite femme...

VIDAL.

POUSSE-MOU. Variété de Bande-à-l’aise.

_Retire-toi d’ici, laisse-moi, pousse-mol! Que le diable t’emporte et te casse le col!_

GRANDVAL fils.

POUSSER. Introduire profondément son outil dans le ventre d’une femme et besogner comme il faut.

_Celui-là poussait en ami._

RÉGNIER.

Oh! va... va!... mais va donc!... Pousse, tit homme... pousse!... mais pousse donc!

H. MONNIER.

Ah! chien... chien!... que tu me fais mal!... Ah! mes fesses... mes pauvres fesses... Tu pousses si fort que tu me crèves... ah!

LA POPELINIÈRE.

POUSSER L’AVENTURE À BOUT. Après avoir peloté une femme, la baiser d’autour et d’achar, à bride abattue.

De ce moment, il est décidé que le comte peut pousser à bout l’aventure.

A. DE NERCIAT.

POUSSER LE CUL POUR AVOIR LA POINTE. Proverbe en usage chez les couturières, et qui signifierait coudre, s’il ne voulait pas dire: Jouer des reins pour avoir au cul la pointe d’une aiguille de viande,—soit un bon gros vit.

POUSSER SA POINTE. Baiser une femme, la piquer de son fleuret démoucheté.

_Vien, Chien, Foutu vaurien, Cess’ ta plainte Et pouss’ ta pointe._

(_Parnasse satyrique._)

PRÉCEPTEUR D’AMOUR. Femme déjà mûre qui se charge d’initier un jouvenceau ou une jouvencelle aux mystères de la Bonne Déesse, en baisant avec l’un et en branlant l’autre,—ce que le code pénal appelle excitation de mineurs à la débauche.

Non-seulement elle a soigné l’enfant de celui-ci, mais elle s’est faite son précepteur d’amour.

A. DE NERCIAT.

PRÉCURSEUR (Le). Le médium, qui est le saint Jean-Baptiste de la jouissance, dont le vit est le Christ.

_Il emploie avant cela, Là, là, là, Le précurseur que voilà! Ce doigt, toujours honnête, Qui prépare tout ça, Va, va, va, Avant que l’on entre là!_

COLLÉ.

PRÉDESTINÉ. Synonyme de cocu.

C’est un prédestiné,—il l’est, il devait l’être:—c’était écrit.

PRÉLIMINAIRES DE L’AMOUR (Les). Toutes les menues friandises qui mettent les amants en appétit de foutre: baisers, langues, patinage mutuel, branlage, suçage, etc.,—le meilleur de l’amour, enfin, en ce que cela dure aussi longtemps que le veulent les raffinés.

_Quand vous me promîtes, un jour, D’abjurer vos séminaires, Je vous accordai de l’amour Tous les préliminaires. Vous auriez eu tout le surplus, Sans cette robe affreuse._

COLLÉ.

PRÉLUDES. Amusements libertins qu’on se permet en amour avant le suprême amusement: jouer avant de jouir.

C’est un habile musicien que son amant: il entend à merveille les préludes et les exécute d’une manière brillante, au grand contentement de Sylvie.

A. FRANÇOIS.

PRÉMICES. Le pucelage d’un garçon ou d’une fille,—ce que les poètes appellent dans leur précieux langage:

_Les premiers fruits de la nubilité._

Quand il a eu seize ans, elle lui a ravi ses désirables prémices.

(_Les Aphrodites._)

PRENDRE DES PRÉCAUTIONS. Se retirer précipitamment de la femme que l’on baise, au moment où l’on va décharger, afin de ne pas lui faire d’enfants.

_Vivez donc de privations! Prenez donc des précautions!_

BÉRANGER.

PRENDRE DU FRUIT. Croquer la pomme, c’est-à-dire: se laisser baiser, devenir enceinte pour accoucher,—peut-être d’un melon.

_Avec Lycas, l’autre jour, La jeune innocente A cueilli des fleurs d’amour; Mais trop imprudente, Elle tremble d’avoir pris Parmi les fleurs quelques fruits._

(_Goguette du bon vieux temps._)

PRENDRE LE CUL D’UNE FEMME. Lui pincer les fesses; lui introduire le doigt entre les fesses; et par-dessous ses vêtements, soit dans le con, soit dans le cul.

_Femme rit quand on lui propose De lui prendre un instant le cul._

(_Chanson anonyme moderne._)

PRENDRE LE DÉDUIT. Faire l’acte vénérien.

Elle se jeta à son col, et le mena dans sa chambre, où il prit le déduit avec elle.

D’OUVILLE.

_M’a dit que vous veniez sitôt qu’il fera nuit Coucher avecques elle, et prendre le déduit._

TROTTEREL.

Il estimait que rire et prendre le déduit avec sa femme en temps sec lui était contraire.

B. DESPERRIERS.

PRENDRE SES ÉBATS. Faire l’acte vénérien.

_Cette putain ne manque pas, Car la nuit prenant ses ébats Avecque lui dedans sa couche._

THÉOPHILE.

_Quand, dans nos amoureux combats, Nous aurons pris nos ébats, Nous dormirons au bruit des eaux._

(_La Comédie des chansons._)

Ayant assez de loisir pour prendre leurs ébats ensemble à une autre heure.

CH. SOREL.

_C’est de cette façon que Blaise et Péronnelle Prirent ensemble leurs ébats._

LA FONTAINE.

_Blaise le magister, le marguillier Lucas M’ont juré sur leur conscience, Que quand tu voulais prendre avec eux tes ébats, Tu les payais toujours d’avance._

F. BERTRAND.

PRENDRE SON PLAISIR. Faire l’acte vénérien.

_Qui, pour la voir et fraîche et belle, A pris son plaisir avec elle Trois ans entiers._

J. GREVIN.

Lui, se voyant libre, ne manqua point à prendre son plaisir.

D’OUVILLE.

Mais pourtant, petit cœur, quand vous m’eussiez laissé prendre un peu mon plaisir.

TROTTEREL.

Elle était dans les bras de Chastel avec qui elle avait pris son plaisir au son du luth.

CH. SOREL.

PRENDRE UN HOMME AU SAUTE-DESSUS. Arrêter un pédéraste, quand on est pédéraste soi-même, et de plus _chanteur_ (V. ce mot), au moment où il se déboutonne et s’apprête à socratiser, ou à alcibiadiser, selon qu’il est actif ou passif.

Après avoir provoqué à la débauche celui qui a eu le malheur de les aborder, ils changent tout à coup de ton, le prennent, comme ils disent, au _saute-dessus_, et se donnant pour des agents de l’autorité, le menacent d’une arrestation...

A. TARDIEU.

PRÊTRESSE DE LESBOS. Femme aimant les personnes de son sexe.

_Vous m’entendez, prêtresses de Lesbos, Vous de Sapho disciples renaissantes._

PARNY.

PRÊTRESSE DE VÉNUS. Nom que M. Prudhomme donne à la fille publique qui l’arrange, lorsqu’il s’est dérangé.

_Elle rougit: chose que ne font guère Celles qui sont prêtresses de Vénus._

LA FONTAINE.

PREUVE D’AMOUR. Érection solide et durable du membre viril devant une femme, qui est toujours beaucoup plus sensible à ces preuves d’amour-là qu’à celles des amoureux transis.

Je m’en souviens encore comme si j’y étais, dit incontinent le bijou de Thélis: neuf preuves d’amour en quatre heures.

DIDEROT.

_Qu’on nous dise qu’un’ veuve fait cas Des preuves d’amour les plus fortes, Et sans nombre et de toutes sortes, Cela ne me surprend pas._

COLLÉ.

Et puis des preuves de mon amitié, si vous voulez, parce que vous êtes bien gentil.

LOUVET.

PRIAPE. Le dieu fait homme, qui n’a pas encore trouvé d’athées et à qui le beau sexe—les tribades exceptées—se plaît à faire ses dévotions soir et matin, et même dans la journée et dans la nuit.

_Un priape, à travers le feuillage d’un arbre, Ouvrait en souriant ses prunelles de marbre; Et la vierge, le sein gonflé d’un doux émoi, S’approche, rougissante et la joue enflammée, Entoure de ses bras la statue, et, pâmée, S’écrie: Oh! je meurs! Vénus, pardonne-moi!_

H. CANTEL.

Je m’élevais sur mes jambes, secouant frénétiquement mon glorieux priape.

A. DE MUSSET (_Gamiani._)

PRIÈRE. L’acte vénérien.

_Tout propre à faire la prière, Qu’on trouve ès heures de Cythère._

PIRON.

Voici, extraite de l’_Anti-Justine_, la prière à la Vierge Marie; c’est la page la plus originale du volume de Rétif:

Sainte et jolie Vierge Marie, que Panthère branlait, gamahuchait, entétonnait dans le lit du cornard le bon Joseph, duquel cocufiage provint le doux Jésus, ce bon fouteur de la putain publique la belle Madeleine, marquise de Béthanie, dont le vagabond Jésus était en outre le souteneur, autrement dit le maquereau, lequel, au grand regret de la sainte garce, enculait encore saint Jean, son giton; sainte et jolie Marie, vierge comme moi, nous vous remercions de cette heureuse journée de fouterie; faites-nous la grâce, par les mérites de votre fils, de nous avoir un pareil dimanche prochain. Et vous, sainte Madeleine, que foutait l’abbé Jésus, ainsi que Jean l’enculé, obtenez-moi la grâce de foutre autant que vous, soit en con, soit en cul, quinze ou vingt fois par jour sans être épuisée. Vous foutiez avec des pharisiens, avec Hérode et même Ponce-Pilate, pour avoir de quoi nourrir le gourgandin Jésus, votre greluchon, et les vagabonds qui lui servaient de chouans; obtenez-moi de votre maquereau Jésus, qui, étant Dieu, a sans doute quelque pouvoir, d’avoir sous peu ce riche entreteneur qui est un jour descendu de carrosse, bandant à mon intention, comme je revenais de chez mon amie madame Congrêlé, à cette fin qu’au moyen de l’argent que je gagnerai avec mon con, mon cul, mes tétons et ma langue dardée, je puisse soulager mon digne père dans sa vieillesse, non-seulement en foutant avec lui pour lui donner du plaisir, mais en me laissant vendre comme la pieuse fille d’Eresichton le fanatique, ou la pieuse Ocyroë, fille du centaure Chyron, qui, toutes deux, devinrent cavales, c’est-à-dire montures d’hommes et putains. Modèle d’homme et de maquereau, doux Jésus, fouteur acharné, greluchon complaisant de la brillante et exemplaire putain Madeleine, qui était si amoureuse de votre vit divin et de vos sacrées couilles, maintenez, par votre puissance, mon conin toujours étroit et satiné, mes tétons toujours fermes, ma peau, mon cul, mes fesses, mes bras, mes mains, mon cou, mes épaules toujours blancs; les vits de mes amants, celui de mon père y compris, toujours roides, leurs couilles toujours pleines: car vous teniez en cela du saint roi David, si fort selon le cœur de Dieu, puisqu’il était le premier fouteur de son temps. Faites, ô Jésus, que mes hauts talons, qui me prêtent tant de grâce et font bander tant de monde, ne me donnent jamais de cors aux pieds, mais que ces pieds tentatifs et toujours foutatifs restent longtemps comme ils sont. _Amen!_

PROMISCUITÉ. Mélange confus, communauté entre fouteurs et fouteuses.