Dictionnaire érotique moderne

Part 20

Chapter 203,640 wordsPublic domain

Le mari et la femme, cela est bon, vois-tu, mais il n’est pas encore si bon que les autres, à cause qu’il est plus ordinaire et que c’est leur pain quotidien.

MILILOT.

_La plus aimable des comtesses, Ne refuse pas votre bien; Tous les jours quatre politesses Seront votre pain quotidien._

COLLÉ.

PÂMER (Se). S’évanouir agréablement en jouissant, soit lorsqu’on se branle, soit lorsqu’on est femme et qu’on sent besogner vigoureusement le mâle.

_La nature entière se pâme Sous le vit du plus beau des dieux._

ANONYME.

PAPILLON DE L’AMOUR. Vulgo, morpion. Petit insecte qui, voyageant de vit en con et de couille en cul, se cramponne à l’un ou à l’autre, dans un but de colonisation.

_Ma maîtresse, l’autre jour, Se grattait, fallait voir comme... Ainsi que se gratte un homme, Je me grattais à mon tour. Or, Suzon me déculotte, Je la trousse sans détour: Nous étions pleins, vit et motte, De papillons de l’amour._

HIP. CHATELIN.

PAQUET. Ornement naturel de la culotte de l’homme, qui monte si fort la tête aux femmes; ornement postiche, parce qu’exagéré, de la culotte des danseurs espagnols, nécessaire pour donner de la verve à leurs danseuses.

T’as un beau paquet, mon chéri!

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Sur cet insolent paquet, Je lâche un vigoureux pet._

(_Parnasse satyrique._)

PARADIS DE MAHOMET (Le). Le seul auquel les vrais croyants doivent croire, parce qu’il est «pavé de pucelages,» au lieu d’être pavé de bonnes intentions, comme l’autre.

PARALYSIE DE LA QUEUE. Impuissance; insensibilité du membre viril—qui a été trop sensible.

PARLER. Faire l’acte vénérien.

Il parla à la belle cordonnière dessous sa robe à part.

(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

_Parlez toujours, voyez combien Je me plais à votre entretien._

COLLÉ.

PARLER GRAS. Tenir des propos gaillards; appeler les choses par leur véritable nom, et non par les ridicules périphrases dont les habille la pudeur de mauvais aloi des bourgeois et des bégueules.

PARTIE. Le membre viril.

_Elle l’atteint par l’énorme partie Dont cet Anglais profana le couvent._

VOLTAIRE.

_Et je suis mort en la partie Qui fait la garce et le cocu._

MAYNARD.

De sorte que l’on pouvait voir sans difficulté ses parties.

CH. SOREL.

On ne doit pas dire les parties honteuses, car on ferait tort à la nature, qui n’a rien fait de honteux.

(_Moyen de parvenir._)

Le marquis, de plus en plus étonné, et se reboutonnant pour ne pas laisser voir ses parties, vraiment honteuses en ce moment...

JEAN DU BOYS.

PASCAL. Le vit. Pascal, comme Jacques, Thomas, Jacquot... ou etc., etc., etc.

_.... Il ne m’importe guère Que Pascal soit devant, ou Pascal soit derrière._

SCARRON. (_Don Japhet d’Arménie._)

_Moi, je suis impartial Entre Florence et Cythère, Pourvu qu’on loge Pascal, Le reste n’importe guère._

COLLÉ.

PASSADE (Faire une). Tirer un coup en passant.

Si tu veux passer la nuit, mon chéri, ce sera vingt francs; si ce n’est qu’une passade, c’est dix francs: décide-toi.

A. FRANÇOIS.

_Pour s’amuser qu’Apollon l’entreprenne: D’une passade elle vaut bien la peine._

PARNY.

_Je n’ai, camarades, Jamais que des passades; Mais je les aime mieux Que des amours trop vieux._

COLLÉ.

PASSE. Passade intéressée, côté des dames. _Faire une passe._ Amener un homme galant dans une maison qui reçoit aussi les filles—galantes.

PASSER D’HOMMES (Se). Jouir sans la collaboration de l’homme, avec le doigt ou le godemichet.—Se passer de femmes, se masturber.

Comment peuvent-elles donc faire pour se passer d’hommes, quand l’envie leur en prend et les surmonte si fort que, le con étant tout en chaleur, il n’y a aucune allégeance, de quelque façon que vous le frottiez.

MILILOT.

PASSER LA NUIT. Coucher au bordel.

Combien qui faut t’ rend’, mon bibi?—Garde tout, j’ passe la nuit.

H. MONNIER.

PASSER PAR LES MAINS D’UN HOMME OU D’UNE FEMME. Coucher ensemble.

Est-ce qu’ils ne font pas tous des listes vraies ou fausses des femmes qui leur ont passé par les mains?

LA POPELINIÈRE.

_L’Opéra n’eut jamais de danseuse ou d’actrice Qui ne lui passât par les mains._

SÉNECÉ.

Toute la jeunesse de la cour lui passa par les mains.

(_La France galante._)

PASSER SA FANTAISIE ou SON ENVIE. Faire l’acte vénérien.

Et après en avoir très bien passé ma fantaisie.

BRANTÔME.

Car le roi n’eut pas plus tôt passé sa fantaisie avec la princesse de Monaco, qu’il pardonna à monsieur de Lauzun.

(_La France galante._)

Et pour votre présidente, ce ne sera pas apparemment en restant à dix lieues d’elle que vous vous en passerez la fantaisie.

DE LACLOS.

_Car sans cesser, ou sur banc, ou sur lit, Elle voulut en passer son envie._

CL. MAROT.

_Voilà; quand je suis amoureux, J’en passe incontinent l’envie._

J. GREVIN.

Si vous aimez ce garçon, eh bien! ne pourriez-vous en passer votre envie?

TALLEMANT DES RÉAUX.

PATINER. Badiner—d’une façon indécente.

S’approchant des comédiennes, il leur prit les mains sans leur consentement et voulant un peu patiner.

SCARRON.

Car les provinciaux se démènent fort et sont grands patineurs.

SCARRON.

Ah! doucement, je n’aime point les patineurs.

MOLIÈRE.

_Mais quand Bacchus vient m’attabler Près de fille au gentil corsage, Je me plais à gesticuler: J’aime beaucoup le patinage._

L. FESTEAU.

_Parfois il lui suffit de voir, de patiner, De poser sur la motte une brûlante lèvre: Il satisfait ainsi son amoureuse fièvre._

L. PROTAT.

_Les petites paysannes Qu’on patine au coin d’un mur, Ont, plus que les courtisanes, Fesse ferme et téton dur._

DE LA FIZELIÈRE.

Tandis qu’elle lui fait cela, elle le baise, coulant sa main sur son engin, qu’elle prend dans la braguette, et, quand elle l’a patiné quelque temps, elle le fait devenir dur comme un bâton.

MILILOT.

Quand ils ont tout mis dans la nôtre, ils se délectent encore, en faisant, à nous sentir la main qui leur patine par derrière les ballottes.

MILILOT.

_Parmi les catins du bon ton, Plus d’une, de haute lignée, A force d’être patinée Est flasque comme du coton._

E. DEBRAUX.

PATTE D’ARAIGNÉE (Faire la). Passer doucement et habilement les quatre doigts et le pouce sur le membre d’un homme, et ses tenants et aboutissants, afin de provoquer une érection qui ne viendrait pas sans cette précaution.

_J’avais beau patiner sa couille renfrognée, Lui faire avec cinq doigts la patte d’araignée, Sa pine, peu sensible à mes soins superflus, Demeurait flasque et molle et ne rebandait plus._

LOUIS PROTAT.

PATTE DE CHAT (La). Bordel fameux, situé sur le boulevard Courcelles, où presque toute la présente génération aura passé.

_Ils entretienn’nt des gonzesses Qui log’t à la Patt’ de chat._

GUICHARDET.

PAUVRETÉ D’UN HOMME (La). Son membre, qui est une richesse pour lui—quand il est maquereau.

Il montra toute sa pauvreté.

(_Moyen de parvenir._)

N’avez-vous pas honte de montrer ainsi votre pauvreté?

CERVANTES.

PAYS-BAS (Les). La nature de la femme et les parties circonvoisines.

_Ce ne sont point ses draperies, Son tabac ni ses broderies Dont on fait cas; Mais chemise fine et de Frise Donne goût pour la marchandise Des Pays-Bas._

COLLÉ.

PAYSE. Qualité que se donnent devant leurs maîtres les bonnes et les cuisinières, pour avoir le loisir de causer de—et de piner avec—son pays, qui est ordinairement un troupier français.

_Mais, ne t’ai-je pas dit, Chauvin, Que je n’ puis plus boire de vin? Combien de fois faut-il que je te l’ dise: Je m’ai pas assez méfié d’ la payse... Pas assez méfié d’ la payse._

ALLARD.

PÉCHER. Faire l’acte copulatif,—qui est bien le plus agréable des sept péchés capitaux.

_Si le cœur vous en dit, et si votre âme goûte Les appas d’un si doux péché, Achetez un galant._

DE BENSERADE.

_Combien de fois s’est commis le péché? Trois fois sans plus, répond le camarade._

GRÉCOURT.

_... Ma fille et ce jeune homme Sont dans cet âge où, n’en déplaise à Rome, Il faut pécher, si l’on veut être heureux._

COMTE DE CHEVIGNÉ.

PÉCHERESSE. Gourgandine, femme qui veut être juste et qui, en conséquence, pèche sept fois par jour, en collaboration avec les hommes.

Il ne veut pas affirmer, ni que ce fût une pécheresse, ni qu’elle fût femme de bien.

SARRAZIN.

PELOTER LES COUILLES D’UN HOMME. Lui passer une main vive et légère—un souffle!—sur les testicules, afin de provoquer l’érection de son membre et par conséquent la jouissance.

_La femme, d’une main lui pelote la couille; L’autre, dans mille endroits en tous sens le chatouille._

LOUIS PROTAT.

PÉNIL (du latin _penicillus_, dérive de _penis_). Selon Lignac, c’est le membre viril.—Selon d’autres savants, c’est la partie antérieure de l’os qui environne les parties naturelles, et où pousse le poil, qui est l’indice de la puberté.—Le pénil s’appelle aussi _Mont de Vénus_.

PÉNILLIÈRE. Poil qui couvre la nature de la femme.

_Moi, grands dieux! oublier ton joli cripsimen, Sa brune pénillière et ton dur abdomen, Ton ostium et ces fessons d’albâtre!_

(_T. du Bordel._)

_Et puis se redressant un peu, Rouge comme un tison de feu, L’enfonça dans sa pénillière._

(_Cabinet satyrique._)

_Et sans cacher sa pénillière Fut des fillettes chambrière._

(_Recueil de poésies françaises._)

PERDRE SON INNOCENCE. C’est-à-dire son pucelage.—bien après sa chasteté.—Baiser ou être baisée pour la première fois, au sortir du collége ou du couvent où l’on a fait ses études pour cela.

_Enfin, ma pauvre âme aux abois N’opposa que faible défense, Et je perdis mon innocence Dans l’épaisseur du bois._

A. PÉCATIER.

PERROQUET. Le membre viril, qui répète toujours la même chose—sans parvenir à ennuyer les femmes.

_Elle m’a prêté sa cage Pour loger mon perroquet._

GAUTIER-GARGUILLE.

PERSILLER. Se promener, le soir, quand on est putain libre, sur le trottoir des rues et des boulevards où l’on est assurée de rencontrer des hommes qui bandent ou à qui l’on promet de les faire bander.

_Pour persiller l’ jour dans la pépinière, De vingt penauds, j’ lui paye un p’tit panier._

Elles explorent le boulevard, persillent dans les squares.

LYNOL.

PETIT CADEAU. Les _deux sous du garçon_ des filles,—avec cette différence que les garçons les attendent, et qu’elles les demandent avant de commencer les exercices, car après, l’homme, un peu fatigué, redemanderait plutôt son argent que de redonner la moindre chose.

Dis donc, joli garçon, si tu veux que je sois bien gentille, il faut me faire ton petit cadeau... tu sais, le cadeau qu’on fait toujours aux petites dames.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Je compris qu’un petit cadeau N’était qu’une vétille; Bref, je tombe dans le panneau, Puis, de fil en aiguille, Ell’ montre tout son petit jeu: Qu’abat la quille à Mayeux... Qu’abat_ (bis) _la quille?_

ALEX. MARIE.

PETIT CENTRE (Le). Par devant, le con;—le cul par derrière.

_Elle est sourde ainsi comme un sourd A ceux qui lui parlent d’amour; Mais, touchez-lui son petit centre, Cela s’endure doucement, Et pour écouter son amant, Elle a l’oreille au bas du ventre._

(_Cabinet satyrique._)

PETIT CHIEN, GROSSE QUEUE. Façon de parler proverbiale pour dire que les hommes de petite taille ont presque toujours un fort membre, comme contraste à l’Hercule ancien, qui n’avait qu’une quéquette.

PETIT CON, GRAND VERRE.

_Heureux qui, méprisant les grandeurs de la terre, Fout dans un petit con et boit dans un grand verre, Vide l’un, remplit l’autre, et passe avec gaîté Du cul de la bouteille au con de la beauté._

BOUFFLERS.

PETITE DAME. Fille ou femme souvent grande, ou tout au moins de taille ordinaire, qui ne se trouve pas dans le cas de la fille de Jephté, pleurant de n’avoir pu perdre sa virginité.

Je suis la patronne de ce bazar, la mère de dix-huit petites dames auxquelles il te sera défendu de toucher, par exemple.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

PETITE FLÛTE (La). Le membre viril, dont savent jouer les Tulou femelles connues sous le nom de suceuses.

PETITE MAISON. Bordel particulier qu’avaient, au siècle dernier, aux portes de Paris, les grands seigneurs et les gros financiers: personne n’y baisait qu’eux, et ils y baisaient le plus de filles qu’ils pouvaient.

_Mener des femmes de nom A sa petite maison, Voilà les belles manières._

COLLÉ.

PETITE OIE (La). Le travail—attrayant—qui précède le coït; pelotage des couilles de l’homme par la femme, gamahuchage de la femme par l’homme, etc., etc. La petite oie est moins indigeste—pour la pine—que la grande oie: il y a des gens qui s’en contentent—de peur de vérole.

Or, n’est-il pas certain que l’homme qui triche et ceux qui, comme nous, jouissent des plaisirs de la petite oie, ne font rien de plus que ces moines, que ces religieuses, que tout ce qui vit dans le célibat? Ceux-ci conservent dans leurs reins, en pure perte, une semence que les premiers répandent en pure perte.

(_Thérèse philosophe._)

Elle avait déjà laissé prendre la petite oie à un homme qui la cajolait.

TALLEMANT DES RÉAUX.

Et il fut maître de ce que nous appelons en France la petite oie.

(_La France galante._)

_La petite oie, enfin ce qu’on appelle En bon français les préludes d’amour._

LA FONTAINE.

_Je ne vis pas dessous la soie Jambes, cuisses et la petite oie._

THÉOPHILE.

PETIT FRÈRE (Le). Le membre viril—pour qui toutes les femmes sont des sœurs (en Jésus-Christ) avec lesquelles on est heureux de commettre des incestes.

_Chez la marié, au matin, Une prudente mère Lui doit du plus heureux destin Confier le mystère. La mariée, en soupirant, Attend le petit frère. Vraiment, Attend le petit frère._

DUCRAY-DUMINIL.

PETIT JEUNE HOMME. Le membre viril.

_Quand de tes bras le monsieur se dégomme, Avec pudeur, avec honnêteté, Fais la toilette à son petit jeune homme: Il faut avoir de l’amabilité._

L. FESTEAU.

PETIT LAPIN. La nature de la femme, à laquelle nous faisons une chasse passionnée, armés du fusil à deux ou trois coups fabriqué par le Devismes céleste.

_Le p’tit lapin d’ ma femme!_

dit le refrain d’une chanson indécente moderne autorisée par la préfecture de police.

PETIT PIED, PETIT CON. Proverbe qui forme pendant avec cet autre: _Long nez, longue pine._

_Regarde au nez et tu verras combien Grand est celui qui aux femmes fait bien. Regarde au pied pour au rebours connaître Quel le vaisseau d’une femme doit être._

(_Moyen de parvenir._)

PETIT TROU (Le). La nature de la femme.

Vilaine! tu prétends faire entrer cela dans ton petit trou? Je t’en défie.

LA POPELINIÈRE.

_O petit trou, trou mignard, trou velu, D’un poil follet mollement crespelu, Qui, à ton gré, domptes les plus rebelles._

(_Cabinet satyrique._)

PETIT VASE. Le con.

_Bien connaissez, ami lecteur, Une espèce de coquillage, Conque de mer qu’on nomme un pucelage! Hé bien, de ce vase enchanteur Tels sont les bords qui de la rose, Ou plutôt du plus fin corail Ont la couleur..._

PLANCHER-VALCOUR.

PETIT VOLTIGEUR (Le). Le membre viril, qui, par ses évolutions habiles et réitérées, fait la joie du corps dans lequel il sert comme engagé volontaire.

_Dieux! qu’il sera beau sous les armes, Quand l’Amour, ce dieu protecteur, Mouillera, pour doubler ses charmes, Le front du petit voltigeur._

GUILLEMÉ.

PETITS CONS. Synonymes: l’anneau, le bijou, le petit centre, le conin, le conichon, l’hiatus divin, le petit lapin, la pissette, le trou chéri, etc., etc.

Voici le POUR:

_Dans un petit con de jeunesse, Qui n’entend ruse ni finesse, Jamais je ne vais que le pas. Je n’ai à faire aucun partage, Je laboure tout l’héritage, Encor ne me suffit-il pas._ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . _Ces petits cons à grosse motte Sur qui le poil encor ne flotte, Sont bien de plus friands boucons; Le monde s’en irait grand erre Si j’étais tout seul sur la terre Et qu’il n’y eût que des grands cons._

Le SR DE SYGOGNES.

Le CONTRE:

_Les cons si estroits de closture Mettent un vit à la torture Et le laissent sans mouvement; J’aimerais mieux branler la pique Que de foutre en paralytique: Le plaisir gît au remûment._ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . _Foutre des cons de ces pucelles, Serrés comme des escarcelles, Où le vit n’est en liberté; J’ai dans le con de ma voisine Ma chambre, antichambre et cuisine, Logis d’hiver, logis d’été._

MOTIN.

PETITS VITS. Synonymes: l’asticot, la bibite, le fifre, la guiguitte, la quéquette, le salsifis, etc., etc.

_Ces petits vits desquels l’enflure A peine garnit l’ouverture Des cons, voire des plus petits, Sont haïs de nous autres, filles, Et les estimons inhabiles A chatouiller nos appétits._

_Ces petits vits à la douzaine Ne rendent la nature pleine Et ne donnent jusques au bout; Il semble que l’on nous farfouille Ou d’un fétu, ou d’une douille: Il faut égalité partout._ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . _Ils sont vagabonds par la place, Sans marquer ni chemin ni trace: Les murs n’approchent nullement, Le plancher sur leur chef se hausse, C’est une volupté sans sauce: Le plaisir vient du frottement._ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Le SR DE SYGOGNES.

PICOTIN D’AVOINE. Ration de sperme que l’homme marié donne plus ou moins fréquemment à sa femme, afin qu’elle n’aille pas se plaindre à ses voisines—et surtout se faire consoler par ses voisins.

_Soudain que la gouge on emmanche, Lui rebailler le picotin, Si l’instrument ne se démanche._

G. COQUILLART.

PIÈCE DU MILIEU. La nature de la femme, à laquelle l’homme se plaît à substituer son morceau.

_Le dieu d’amour se pourrait peindre Tout aussi grand qu’un autre dieu, N’était qu’il lui suffit d’atteindre Jusqu’à la pièce du milieu._

RÉGNIER.

Elle sautait dans le lit sans craindre de montrer ses pièces.

D’OUVILLE.

PIED DE CON (Un). Un con qui aurait la capacité d’engloutir un vit de douze pouces.

_J’ crois ben qu’ la seul’ médecine Qui pourrait m’ guérir tout d’ bon Et m’empêcher d’ fair’ bâton, Ce s’rait d’ fair’ sombrer ma pine, Capitain’, dans un pied d’ con._

G. DE LA LANDELLE.

PIED DE VIT (Un). Un membre de douze pouces. On vous en souhaite.—_Va-t’en voir s’ils viennent!_

_—Alors, dit Cloris tout allègre, Un pied de mouton au vinaigre Est bon selon mon appétit. Mais Charlotte ces mots rehausse: —J’aime mieux un bon pied de vit; Il n’y faut point chercher de sauce._

(_Épigramme sur les appétits de quelques dames._)

_Sans bruit, accourez à moi; Avec un bon pied-de-roi Vous serez tôt secourue._

(_Variétés hist. et littér._)

PIEU (Le). Le membre viril—qu’on enfonce dans ce terrain mouvant qu’on appelle le vagin de la femme.

_Jamais mon pieu ne ballotte, Et sitôt qu’ je l’ pouss’ d’un bord, Crac! il se dress’ comme un r’ssort._

G. DE LA LANDELLE.

PIGEON. Jeune homme innocent, ou vieillard crédule, dont les filles se moquent volontiers, prenant son argent et ne lui laissant pas prendre leur cul, et le renvoyant, plumé à vif, au colombier paternel ou conjugal.

_Près de là je vois un pigeon Qui se tenait droit comme un jonc, Le nez au vent et l’âme en peine. Il regardait d’un air vainqueur Ma nymphe qu’avait mal au cœur: Pour un cœur vierge, quelle aubaine!_

ANT. WATRIPON.

_J’ lui dis: Ma fille, allons, n’ fais pas d’ manières. Et j’ la conduis moi-même au pigeonnier._

(_Chanson nouvelle._)

_J’ai ma colombe. —Moi, je tiens mon pigeon._

(_Les Bohémiens de Paris._)

PINCER LE CUL. Aimer à prendre à belles mains les fesses d’une femme,—où d’un homme quand on est pédéraste.

Il lui pince amoureusement le cul.

H. MONNIER.

_Godefroy, la nuit, après boire, Pinça le cul, sournoisement, A Renaud encor presque imberbe._

B. DE MAURICE.

PINE. L’outil masculin, l’engin avec lequel l’humanité pine et se perpétue. On n’ose pas prononcer le mot, mais on adore la chose, et il n’est pas de rêve de jeune fille qui ne soit agréablement troublé par ce dieu qui n’a pas encore trouvé d’athée. _Pine_ vient, soit du grec πηνη, corde, soit du latin _penis_, queue, soit du français _pénil_.

L’autre la nommait sa pine.

RABELAIS.

En notre troupe il y avait un prêtre breton qui avait la pine si offensée.

(_Moyen de parvenir._)

_Ton valet a mal à la pine, Ton anus est en désarroi, Fort aisément je m’imagine Ce qu’il a pu faire avec toi._

(_Épigrammes._)

Elle me dit qu’elle était fort étonnée qu’à mon âge je ne fusse pas plus instruite que cela sur le pinage, et que si je voulais être discrète, elle m’instruirait parfaitement.

(_Anaïs._)

Pour lors, un bracquemart du plus fort calibre la finit et la venge cinq ou six fois de l’insuffisante pinette qui vient de l’émoustiller.

(_Les Aphrodites._)

Attends que je défasse tout cela: nous verrons la pine après.

LA POPELINIÈRE.

_... Piner est le mot des maçons._

L. PROTAT.

_Dieu...... Pour les sétons et les cautères Il fit les pois, Et pour les pines solitaires Il fit les doigts._

(_Parnasse satyrique._)

PIQUE. Le membre viril.

Laquelle passa et repassa par les piques de neuf amoureux.

BRANTÔME.

_Lors la lascive imprudemment applique Son savoir grec pour redresser ma pique._

(_Cabinet satyrique._)

_Mais voyez ce brave cynique, Qu’un bougre a mis au rang des chiens, Se branler gravement la pique A la barbe des Athéniens._

PIRON.

De vieilles bigornes qui n’épargnent ni or ni argent pour se faire piquer.

MOLIÈRE.

Il piquait ses pages au lieu de piquer ses chevaux.

AGRIPPA D’AUBIGNÉ.

_En jouant au piquet, Ma Philis me disait: Je me sens tout en feu De me voir si beau jeu; Mais que me sert, hélas! Que j’écarte si bien, Si, dans ce que je porte, Il n’entre jamais rien._

(_Goguette du bon vieux temps._)

PIROUETTE SUR LE NOMBRIL (Faire une). Faire l’acte vénérien.

_Quand j’ rencontre un’ gourgande, J’ brave encor le péril, Et j’ lui fais faire, si j’ bande, La pirouett’ sur l’ nombril._

(_Chanson d’étudiants._)

Cette expression, très ancienne, serait plus juste, si elle donnait à penser que la femme fait le dessus. Exemple:

Jusqu’à ce que Vénus passe sur le disque du soleil, ou que la sultane Moscha fasse une pirouette sur le nombril de Sa Hautesse: ce qui revient au même.

DU LAURENS. (_Compère Mathieu._)

PISSER DES OS. Accoucher, mettre au monde une pauvre petite créature qui s’en repentira un jour.

_Ils lui feront enfler la panse, Et, comme à moi, pisser des os._

(_Cabinet satyrique._)

PISSER DROIT. Bander roide et dru.

_Bande ta pine et débande ta lyre: L’important, au lit, est de pisser droit._

(_Parnasse satyrique._)

PISSE-FROID. Bande-à-l’aise.

Où diable Valère a-t-il raccroché ce pisse-froid-là?

Comte DE CAYLUS.

PISSEUSE. La femme.

_De la chatouillarde amourette, Soudain en la quête on se jette, Tant qu’on revienne tout tari Par ces pisseuses de Paris._

JODELLE.

_A chaqu’ pisseus’ qu’il rencontrait, Le petit bandit répétait..._

(_Chanson anonyme moderne._)

PISTOLET. Le vit.

_Une fille de village M’a prins en affection; Je luy donnay mon pistolet Qu’elle a mis comme relique Dans le tronc de sa boutique._

(_Chansons folastres._)

PLAISIR (Avoir du). Jouir, en faisant l’_atto venereo_,—le seul acte qui cause un vrai plaisir.

_Un jeune gars s’accusait d’avoir pris Le grand plaisir, à qui tout autre cède._

GRÉCOURT.

Je dois au grand sénéchal les prémices de mes plaisirs.