Dictionnaire érotique moderne

Part 18

Chapter 183,614 wordsPublic domain

L’acteur, l’affaire, les agréments naturels, l’aiguille, l’aiguillon, l’aiguillette, l’andouille, l’arbalète, l’ardillon, l’aspergès, l’asticot, la baguette, le balancier, le bâton à un bout, le bâton de sucre de pomme, le bâton pastoral, le battant de cloche, la béquille du père Barnaba, le berlingot, la bibite, le bidet, le bijou, le bistouri, la bite, le bogue, le bonhomme, le bouchon, le boudin blanc, le bougeoir, la bougie, le bout de viande, le boute-feu, le boute-joie, la boutique, le boyau, la braguette, le bracquemard, le bras, la briche, la broche, la broque, la burette, le canon à pisser, la carotte, le cas, le carafon d’orgeat, le cavesson, cela, ce qu’on porte, la chair, le chalumeau, le champignon, la chandelle, la chanterelle, la charrue, la chenille, la cheville d’Adam, la cheville ouvrière, le chibre, le chiffe, le Chinois, le chose, le cierge, la cigarette, la clé, le clou, la cognée, le cognoir, le coin, la colonne, le compagnon fidèle, la corde sensible, le cordon de saint François, le cornichon, la couenne, la courte, le criquet, le dard, le dardillon, le degré de longitude, le devant, le doigt du milieu, le doigt qui n’a pas d’ongle, dom ou frère Frappart, le dressoir, le drôle, l’écouvillon, l’engin, l’épée, l’étendard d’amour, le fils, le flacon d’eau-de-vie, le flageolet, la flèche, la flûte à un trou, le fourrier de nature, la gogotte, la grosse corde, le goujon, le goupillon, la guigui, la guiguitte, la haire, le hanneton, l’herbe qui croît dans la main, l’histoire, le honteux, Jacques, la jambe, Jean Jeudi, Jean Chouart, le laboureur de nature, la lance, la lancette, le lard, la lavette, la limace, le machin, le Mahomet, le manche du gigot, la marchandise, le mirliton, le mistigouri, le moineau, le morceau, la navette, le nerf, le nœud, l’obélisque, le onzième doigt, l’os à moelle, l’outil, l’ouvrier de nature, le paf, le panais, le pénis, le pendiloche, le perroquet, la petite flûte, le petit frère, le petit voltigeur, la pierre à casser les œufs, la pierre de touche, le pieu, le pignon, le pis, la pissottière, le poinçon, la pointe, le poireau, la potence, le poupignon, Priape, la quéquette, la queue, le robinet de l’âme, Rubis-Cabochon, la sangsue, saint Agathon, saint Pierre, le salsifis, la sentinelle, la seringue, le sifflet, le sous-préfet, le sucre d’orge, le trépignoir, la triquebille, la troisième jambe, le tube, la verge, la viande crue, etc. etc.

MENESSE. Femelle de l’homme en général—et, en particulier, de l’homme sans préjugés qu’on appelle maquereau.

En ai-je t’y reçu, de l’argent des menesses! Oh! là là!...

LEMERCIER DE NEUVILLE.

MENIN. Fouteur,—garçon d’honneur qui doit partager vos jeux—et vos joies, Mesdames.—Ce mot vient de l’espagnol _menino_, jeune page.

La petite comtesse, à côté du prélat, lui serrait de temps en temps la main par-dessous la nappe, pour lui faire comprendre combien elle le préférait pour menin à son peu naturel ami.

(_Le Diable au corps._)

MENSONGE COTONNEUX. Tétons d’ouate que les femmes maigres substituent aux tétons de chair qu’elles n’ont pas.

Il dévoilera les mensonges cotonneux de madame.

THÉOPHILE GAUTIER.

MENTULE. Mot purement latin (_mentula_) signifiant le membre viril.

En tirant sa mentule en l’air, les compissa.

RABELAIS.

On voyait une tourbe de filles qui semblait tirer à qui mieux mieux une mentule grosse et longue à proportion.

(_Le Synode nocturne des tribades._)

_Je n’eusse, hélas! enduré tant de maux Comme j’ai fuit, qui or comme animaux Rongent le frein de ma triste mentule._

(_Cabinet satyrique._)

MÈRE ABBESSE. Maîtresse d’un couvent de s’_offre-à-tous_:—Maquerelle.

_Sortez vite et rentrez souvent, Le jour baisse, Servez votre abbesse; Mes filles, malgré pluie ou vent, En avant, pour l’honneur du couvent._

BÉRANGER.

MÈRE D’ACTRICE. Vieille femme que louent les jeunes femmes de théâtre pour éloigner d’elles les galants—qui ne sont pas assez riches.

MESSALINE (Valérie). Impératrice romaine, deuxième femme de Claude. Célèbre par son impudicité et ses étonnantes débauches: la plus fameuse putain de son temps. Après avoir souillé la couche impériale, en y recevant des amants de toutes les conditions, elle osa, du vivant de son époux, épouser publiquement Silius, jeune homme qu’elle aimait éperdûment. Claude, à cette nouvelle, la fit mettre à mort avec tous ses complices, l’an 48 de J.-C. Juvénal, dans ses _Satires_, s’exprime ainsi, au sujet de cette grande impure:

_Quand de Claude assoupi la nuit ferme les yeux, D’un obscur vêtement sa femme enveloppée, Seule, avec une esclave, et dans l’ombre échappée, Préfère à ce palais tout plein de ses aïeux, Des plus viles Phrynés le repaire odieux. Pour y mieux avilir le nom qu’elle profane, Elle emprunte à dessein un nom de courtisane: Son nom est Lisisca; ces exécrables murs, La lampe suspendue à ces dômes obscurs, Des plus affreux plaisirs la trace encor récente, Rien ne peut réprimer l’ardeur qui la tourmente. Un lit dur et grossier charme plus ses regards Que l’oreiller de pourpre où dorment les Césars. Tous ceux que dans cet antre appelle la nuit sombre, Du regard les invite et n’en craint pas le nombre. Son sein nu, haletant, qu’attache un réseau d’or, Les défie, en triomphe, et les défie encor. C’est là que, dévouée à d’infâmes caresses, Des muletiers de Rome épuisant les tendresses, Noble Britannicus, sur un lit effronté, Elle étale à leurs yeux les flancs qui t’ont porté. L’aurore enfin paraît, et sa mine adultère Des faveurs de la nuit réclame le salaire. Elle quitte à regret cet immonde parvis. Ses sens sont fatigués et non pas assouvis. Elle rentre au palais, hideuse, échevelée, Elle rentre, et l’odeur autour d’elle exhalée Va, sous le dais sacré du lit des empereurs, Révéler de la nuit les lubriques fureurs._

MESSIRE LUC. Le cul,—par anagramme. (Voir aussi _noc_ et _tiv_.)

MÉTIER (Le). L’acte vénérien.

_Cousin, c’est pardieu la plus belle Et qui entend mieux le métier, Que femme qui soit au quartier._

J. GREVIN.

_Le métier d’amour en effet Est une assez plaisante affaire; Ce métier-là plus on le fait, Et moins on est propre à le faire._

DACEILLY.

_Et dans cet amoureux métier, De maître il devient écolier._

PARNY.

METTRE (Le). Introduire son membre dans la nature d’une femme.

Réveille-toi, petite gueuse; je veux te le mettre encore une fois au moins.

LA POPELINIÈRE.

_Notre héros se forma vite... Le mit-il, ou le lui mit-on? N’y eut pas d’affront._

AL. POTHEY.

_Adam voulut le mettre: Ève le sentit mettre._

_Viens, bande-à-l’aise, Vite, mets-le-moi._

COLLÉ.

METTRE AU FAIT (Se). Se déniaiser, s’habituer à l’homme en jouant des reins avec lui.

Tu as bien tort; si tu ne te mets pas au fait, ton mari te prendra pour une bête.

LA POPELINIÈRE.

METTRE DANS LES FESSES (Se le faire). Se faire enfiler.

_L’ dimanche, au sortir de la messe, Elles dis’t toutes, mais en vain: Nicolas, mets-moi dans la fesse C’ qu’est dans ton pantalon d’ nankin._

DARCIER.

METTRE EN ŒUVRE. Faire l’acte vénérien.

Elle manda secrètement le fils d’un cordonnier, son voisin, et le fit venir en l’étable des chevaux de son père, et le mit en œuvre comme les autres.

(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

Et à la vérité, on en met de bien pires en œuvre.

(T. des ACCORDS.)

Et en disant cela, il la mit en œuvre.

D’OUVILLE.

METTRE EN APPÉTIT. Exciter l’ardeur vénérienne.

Chevaucher trois ou quatre coups ne fait que mettre en appétit; il faut continuer tant qu’il y en a, pour nous donner du passe-temps.

MILILOT.

Il n’est rien qu’une femme trouve plus mauvais que quand l’homme la met en appétit, sans la contenter.

BONAVENTURE DESPERRIERS.

METTRE LE FOUTRE À LA BOUCHE DE QUELQU’UN. L’exciter à la fouterie par des discours libertins, par des images obscènes, ou par des attouchements polissons.

_Ingrat! tu m’as mis le foutre à la bouche! J’allais presque entrer dans le paradis!_

(_Parnasse satyrique._)

METTRE SOUS LE LINGE (Se). Se glisser entre deux draps pour y faire l’amour.

Je n’ai pas été plutôt arrivé qu’elle m’a sauté au cou avec ardeur, et que, s’apercevant que je bandais, et raide, elle s’est mise immédiatement sous le linge, où nous avons joué des reins avec enthousiasme.

J. LE VALLOIS.

METTRE SUR LE DOS (Se). Se placer pour être baisée,—afin de faire avec un homme la bête à deux dos.

_Sur le dos nonchalamment Vous recevez votre amant; Pas le moindre mouvement, Autant, ma foi, Sentir sa femme auprès de soi._

BÉRANGER.

METTRE UNE FEMME À MAL. La baiser,—ce dont elle se trouve ordinairement très bien.

Il avait mis à mal toutes les femmes qu’il avait entreprises.

RICHELET.

METTRE UNE FEMME DANS LA CIRCULATION. La forcer—après l’avoir frappée à son effigie—à avoir tout le monde pour amant. Séduire une jeune fille, lui faire un enfant, et l’abandonner, c’est la jeter dans la circulation.

METTRE UN HOMME EN ÉTAT. Le préparer, par un pelotage savant, à l’accomplissement de son devoir d’homme.

_C’est dans ce moment-là, pour le mettre en état Et pouvoir arriver à quelque résultat, Qu’il faut de son métier connaître les roueries Et n’être pas novice en polissonneries._

LOUIS PROTAT.

MICHÉ. Homme galant forcé d’acheter ce que les femmes galantes donnent pour rien à leurs amants de cœur.

Allumer tous les soirs la chandelle de l’hyménée en faveur d’un tas de gonzesses et d’autant de michés.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Surtout selon l’argent donné par le miché._

LOUIS PROTAT.

MICHÉ DE CARTON. Honnête homme qui achète de l’amour en marchandant, ce qui le fait mépriser des amoureuses.

Les Valaques ont près des femmes une grande réputation de mauvaise foi... Aussi elles les évitent et les ont placés au premier rang des michés de carton.

VERMOREL.

MICHÉ SÉRIEUX. Homme qui ne regarde pas à la dépense avec la femme qui l’a _levé_ à Mabille ou sur le boulevard, et dont il devient souvent le Monsieur.

Fichtre! C’est un miché sérieux!

LEMERCIER DE NEUVILLE.

MIGNON. Jeune pédéraste... passif.—Apollon à belles fesses.—L’histoire faisant mention des pages de Henri III, qui étaient non-seulement ses favoris, mais encore ses mignons, ne laisse pas de doute sur l’emploi qu’ils avaient auprès de leur maître.

Ce qu’il est le plus naturel de faire à la femme est précisément ce dont elle se soucie le moins;... tantôt elle veut qu’on la traite comme un mignon... tantôt, etc.

A. DE NERCIAT.

_Petit fils, petit mignon, Mâle ou femelle, je sais ton nom._

BÉRANGER.

_Et j’abandonne au vicaire de Dieu Ses trois clés d’or, ses fulminantes bulles, Son Vatican, son cardinal neveu, Ses beaux mignons, ses nièces et ses mules._

PARNY.

MIGNONNE. Nom que l’on donnait au XVIIe siècle, à l’époque de leur apparition, à toutes les femmes entretenues.

Les riches seigneurs et les financiers ne se faisaient pas faute d’entretenir plusieurs mignonnes à la fois dans différents quartiers de la ville, ou même de les réunir ensemble comme dans un sérail.

P. DUFOUR.

_Il me faut donc chercher quelque jeune mignonne, Que, pour fille de chambre, en gaussant je lui donne._

J. DE SCHÉLANDRE.

MIJAURÉE. Fille ou femme qui, devant l’homme, affiche des prétentions par des manières affectées et ridicules qui nous font... pisser.—Oh! la! la!

_Ne va pas avec moi faire la mijaurée._

REGNARD.

_Fi des coquettes maniérées! Fi des bégueules du grand ton! Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton._

BÉRANGER.

MILIEU. Le con, par devant;—le cul, par derrière.—_Il n’y a pas de milieu_, nom de Dieu!

_Ce n’était que l’enjeu, nom de Dieu! Pour luron de ma sorte. Je fêtai son milieu! nom de Dieu! Trois fois avant que j’ sorte, nom de Dieu! J’ fous l’ quatrième à la porte, nom de Dieu!... J’ fous l’ quatrième à la porte._

F. DE CALONNE.

_Le doux milieu demandait à sa dame, Pour y trouver un repos bienheureux._

(_Cabinet satyrique._)

_Et la pauvrette s’est donnée D’un vit par le milieu du corps._

COLLÉ.

MILORD. L’entreteneur—anglais ou toulousain—d’une femme galante.

Le notaire est son milord.

H. DE BALZAC.

_J’allons fair’ sauter les sacoches De ce bon mossieu, son milord._

L. FESTEAU.

Une demoiselle entretenue ne se contente pas de son seul entreteneur appelé ordinairement _Mylord Pot-au-feu_. Elle a un amant en titre, qui ne paye que les chiffons; un _Guerluchon_, c’est un amant qu’elle paye; un _Farfadet_, c’est un complaisant; et un _Qu’importe_ est une personne qui vient de temps en temps, qui est sans conséquence, et paye au besoin les petites dettes criardes.

(_Correspondance d’Eulalie_, I, 132.)

MINETTE. Gamahuchage de la femme par l’homme, et quelquefois de l’homme par la femme,—au moyen de la langue, qui a l’air de laper le sperme comme les chats lapent le lait.

Allons, ma fille, une minette, pour que je bande.

J. LE VALLOIS.

Le bougre lui fait minette.

GUSTAVE NADAUD.

_Elle a l’étrange goût Qu’on la foute en levrette. Elle vous fait minette Et puis avale tout._

JOACHIM DUFLOT.

Et maintenant, mon agneau... fais-moi une minette distinguée, digne du coup que nous allons tirer ensemble.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

MINON MINETTE. (Faire). Se gamahucher mutuellement, homme et femme; faire tête-bêche.

MINOTAURISER UN HOMME. Le faire cocu,—allusion aux cornes du Minotaure de l’île de Crète.

Quand une femme est inconséquente, le mari doit être, selon moi, minotaurisé.

H. DE BALZAC.

MIRLITON. Un des nombreux synonymes des mots: vit, pine et con,—très usité dans les chansons et les poésies légères.

_Je ne connais sur la terre Que deux séduisants objets: Ce vin qui remplit mon verre Et d’un tendron jeune et frais, L’étroit mirliton, etc._

_Le cynique Diogène Blâmait toujours le plaisir, Et lui-même, dans Athènes, Il empoignait pour jouir Son vieux mirliton, etc._

J. CABASSOL.

_Vos mirlitons, Mesdames, à présent, Sont grands trois fois plus qu’ils ne devraient être._

GRÉCOURT.

_Mais où placer un Amphion Qui n’a qu’un petit mirliton?_

(_Chanson anonyme moderne._)

MIROIR À PUTAINS. Beau garçon, souvent trop beau pour rien faire, dont toutes les filles raffolent et qu’elles payent l’une après l’autre—et même quelquefois ensemble.

MIROIR AUX ALOUETTES. Pièce d’or que l’on fait briller dans un bal et sur laquelle les drôlesses tombent toutes rôties—par le désir.

MOINEAU. Le membre viril—que les femmes, ces charmants oiseleurs, prennent si facilement à la glu de leur con.

Ouvre... ouvre tes cuisses, prends mon moineau, mets-le en cage.

LA POPELINIÈRE.

MOINEAU DE LESBIE (Le). Le membre viril—qui est le moineau affectionné de toutes les femmes, excepté des Lesbiennes.

MOITIÉ. Épouse légitime, avec qui l’on ne fait qu’un, grâce au _nœud_ qui sert de trait d’union.

_Péters, dis-moi, par amitié, Pourquoi que l’usage réclame Qu’à Paris on nomme moitié Ce qu’au village on nomme femme —C’est que Paris est un pays Où se prodiguent tant les dames, Que là, les trois quarts des maris N’ont que la moitié de leurs femmes._

(_Ancien Vaudeville—des Variétés._)

MONICHE (La) ou MONIQUE. La motte,—avec toutes ses circonstances et dépendances.

_Lorsque Vénus vint au monde, Elle avait la motte blonde, Les tétons bien relevés Et les poils du cul frisés. En voyant cette moniche, Le grand Jupin s’écria: Heureux celui qui se niche Dans un con comm’ celui-là._

ANONYME.

Après cela, c’est son tour de fêter toutes ces petites moniches.

(_Aphrodites._)

MONSIEUR (Le). L’homme bienveillant qui honore de sa protection quelque jeune femme sans feu ni lieu, l’habille, la met dans ses meubles et oublie régulièrement un louis ou deux sur sa cheminée. C’est le miché cristallisé.

On ne peut pas parler à mademoiselle. Et le monsieur..... n’y est pas?

GAVARNI.

MONT DE VÉNUS. La petite éminence placée à l’entrée du con de la femme, qu’on appelle vulgairement la _motte_.

_Car il faut des oublis antiques Et des pudeurs d’un temps châtré Venger dans des strophes plastiques, Grande Vénus, ton mont sacré!_

TH. GAUTIER.

MONTÉ (Être bien ou mal). Avoir un membre viril d’une belle longueur, ou d’une exiguïté fâcheuse.

Elle en fut quitte pour faire élection des plus gros montés qui se pouvaient trouver.

BRANTÔME.

C’est que t’as l’air d’en avoir pour deux... T’es bien monté... mâtin.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

MONTER. Avoir un miché, et aller dans une chambre quelconque du bordel tirer un coup avec lui.

Rester ici au lieu d’aller au salon avec toutes ces dames...; toujours descendre et ne jamais monter.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

MONTER LA TÊTE À UN HOMME. Le faire bander par des polissonneries en paroles ou en actions.

_Mais rien ne monte la tête, Non, rien n’est plus polisson Qu’une langue toujours prête A vous lécher le bouton._

LEMERCIER DE NEUVILLE.

MONTER LE BOURRICHON (Se). Se monter la tête, ou plutôt l’imagination à propos d’une femme avec qui l’on désire coucher ou d’un homme que l’on se rêve pour amant. Se dit spécialement des filles qui ont des _toquades_ pour tel ou tel homme, coiffeur ou poète, peintre ou goujat, qui a un grand talent ou un gros _paquet_.

_Conserve tes vers pour une autre Muse Qui se montera mieux le bourrichon._

(_Parnasse satyrique._)

MONTER LE COUP (Se). Être crédule, s’imaginer que toutes les femmes sont vertueuses, ou que l’on peut les baiser sans les payer.

_Si tu crois que je suis novice, Tu t’ mont’s le coup._

LEMERCIER DE NEUVILLE.

MONTER LE COUP AUX HOMMES. Leur promettre mille jouissances par des provocations de toilette, de regards, de paroles, d’attouchements—et se contenter de les faire jouir prosaïquement.

Et cette crinoline!... En voilà encore une invention qui nous aide à monter le coup aux hommes.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

MONTER UNE FEMME. La baiser,—ce qui est une façon cavalière de s’exprimer.—La femme est une _monture_.

_Pute ne tient conte Qui sur son cul monte, Toz li sont igual._

(_Anciens Fabliaux._)

_Le vin si fort le surmonta Que sur ses deux filles monta._

(_Recueil de poésies françaises._)

Disant qu’il ne voulait laisser si aisément une si belle monture, qu’il avait si curieusement élevée, que premièrement il n’eût monté dessus, et su ce qu’elle saurait faire à l’avenir.

BRANTÔME.

_Vous serez le premier qui monterez sur elle, J’en jure par ma foi, c’est une demoiselle._

THÉOPHILE.

Mais ça était un pauvre monteur que ce monsieur le Dauphin.

TALLEMANT DES RÉAUX.

_Mais quand je fis de ma bourse ouverture, Je ne vis onc plus paisible monture._

CL. MAROT.

_Or, allons donc, et je m’assure Que vous trouverez la monture Aussi gaillarde et bien en point._

J. GREVIN.

Il n’y a si vieille monture, si elle a le désir d’aller et veuille être piquée, qui ne trouve quelque chevaucheur malotru.

BRANTÔME.

_De qui les femmes aux courtisans Servent bien souvent de montures._

(_Recueil de poésies françaises._)

_Notre rustre n’eut pas sur sa monture douce Fait trois voyages seulement, Qu’il sentit du soulagement._

LA FONTAINE.

_Un aumônier n’est pas si difficile; Il va piquant sa monture indocile, Sans s’informer si le jeune tendron Sous son empire a du plaisir ou non._

VOLTAIRE.

Monsieur, je vous entends bien; vous voulez monter sur moi.

NOEL DU FAIL.

MONTRER SON DEGRÉ DE LONGITUDE. Sortir du pantalon son membre viril—de plus ou moins de _longitude_—et s’en servir pour mesurer la distance qu’il y a entre les deux méridiens, le méridien femme et le méridien homme, à la grande satisfaction de tous les deux.

_Je vis après ce polisson En si fière attitude Qu’il m’enflamme en me montrant son Degré de longitude._

COLLÉ.

MONTRER SA BOUTIQUE. Exhiber ses pièces sexuelles: montrer son cul à un homme ou son membre à une femme.

En tombant, elle a montré toute sa boutique.

D’HAUTEL.

MORCEAU (Beau ou vilain). Belle ou vilaine fille.

Nous allons voir si l’état d’ miché vaut l’ mien, et si je s’ra assez chançard pour tomber sur un bon morceau...

LEMERCIER DE NEUVILLE.

MORCEAU D’UN HOMME (Le). Son membre viril—dont la femme est si friande.

_Et quelle qu’en soit la longueur, Aucun morceau ne lui fait peur._

(_Chanson anonyme moderne._)

MORPION. Pou de corps, parasite de l’homme et de la femme, qui s’attache spécialement aux parties sexuelles—d’où il est difficile de le déloger, à moins d’employer l’onguent mercuriel ou l’essence de citron.

_Cent mille poux de forte taille Sur la motte ont livré bataille A nombre égal de morpions Portant écus et morions._

TH. GAUTIER.

MORSURES. Marques rosées que les gens qui baisent se font mutuellement dans les spasmes de la jouissance.

_Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés, Lorsque j’étouffe un homme en mes bras veloutés, Ou lorsque j’abandonne aux morsures mon buste._

CH. BAUDELAIRE.

MORT-DANS-LE-DOS. Homme froid, mou, indolent, insensible et sans énergie;—incapable de bander,—dans l’argot du peuple, qui n’aime pas les lymphatiques.—Synonyme de _Pisse-froid_.

MORUE. Femme de mauvaise vie, qu’on pourrait appeler—si l’ichthyologie ne s’y opposait pas formellement—la femelle du _maquereau_.

Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu’on vous fait trois francs; j’en offre un franc, moi, et la marchande m’appelle...—Oui, madame, elle vous appelle... morue!

GAVARNI.

MOTS INCONNUS. La kyrielle de cris d’ardeur, de mots étouffés, mourants et sans suite que l’on prononce dans le paroxysme de la jouissance, tels que:

... Tout à toi!... à moi!... arrête... là!... ah!... plus vite... va donc!... ah! je sens... je fonds... arrête... je jouis!... oh!...

_Qu’elle est superbe en son désordre, Quand elle tombe les seins nus, Qu’on la voit, béante, se tordre Dans un baiser de rage, et mordre En criant des mots inconnus._

A. DE MUSSET.

MOTTE. Le Mont-Sacré, la petite éminence osseuse qui couronne la nature de la femme, et qui est quelquefois glabre, mais le plus souvent pubescente, c’est-à-dire, couverte de poils.

Et quand il trouve la chemise, il la lève et m’appuie la main sur la motte, qu’il pince et frise quelque temps avec les doigts.

MILILOT.

_Le mécréant se reculotte Et regagne ses bataillons; L’un va pleurer sur une motte, Et l’autre hélas! sur des couillons._

B. DE MAURICE.

_Ces petits cons à grosse motte, Sur qui le poil encor ne glotte, Sont bien de plus friands boucons._

(_Cabinet satyrique._)

_Mais toutes ces beautés, mon Aline, crois-moi, Cèdent à la beauté de ta motte vermeille._

THÉOPHILE.

MOUCHER (et Se). Bander, baiser ou se branler—afin de décharger.

Le vieux maréchal de Villeroi ayant été envoyé à Lyon, en 1717, pour apaiser une sédition, ce ne furent pendant son séjour que réjouissances et fêtes continuelles. Une grande dame de Paris, ayant appris que les Lyonnaises s’empressaient fort d’écrire au maréchal, écrivit à l’une d’elles: «Mandez-moi donc à qui M. le maréchal a jeté le mouchoir.» La vieille madame de Breault, qui habitait Lyon, et qui avait été autrefois des amies de Villeroi, vit cette lettre et dit à celle qui la lui montrait: «Ecrivez à votre amie qu’il y a longtemps que le maréchal ne se mouche plus.»

P. LAROUSSE.