Dictionnaire érotique moderne

Part 17

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LIQUEUR. Le sperme, qu’on pourrait mettre en bouteille sous le nom de _Crème de cocus_, car c’est avec cela qu’on les fait.

En moins de six coups de cul, je me vis arrosée largement de la liqueur amoureuse.

MILILOT.

_Jà trente ans limitent mon âge Sans avoir goûté la liqueur Dont le petit archer vainqueur Charme des filles la tristesse._

TABARIN.

_L’autre jour, épanchant cette liqueur divine, Dont nos plaisirs et nous, tirons notre origine._

GRÉCOURT.

_Le paillard darde au fond sa bénigne liqueur._

PIRON.

LIQUEUR SÉMINALE. Le sperme, qui est la semence fécondante par excellence, «liqueur blanche et épaisse comme bouillie, que les amants rendent tous deux l’un dans l’autre, avec un délice qui ne se peut exprimer.»

LIVRER (Se). Ouvrir son cœur, ses cuisses, son cul—et par conséquent le paradis—à un homme.

Elle est réduite aujourd’hui à se livrer au petit Dupré.

(_La France galante._)

_Je hais cette Laïs qui trop facilement Se livre aux premiers mots d’un galant qui la presse._

E. T. SIMON.

Elle a donc fait le serment de ne se livrer, selon la nature, qu’à des nobles.

A. DE NERCIAT.

LIVRES LIBRES, OBSCÈNES, ORDURIERS, MALSAINS. Ouvrages où l’on parle sans vergogne, comme dans celui-ci, des parties naturelles des deux sexes et de leurs fonctions; de cons, de vits, de culs, de fouterie, de gamahucherie, etc. Ils sont abominés par les personnes honnêtes qui ne foutent que dans l’obscurité la plus complète et en faisant passer leur vit par un trou de la chemise de leur dame, et qui enseignent à la jeunesse que les enfants se trouvent naturellement sous des feuilles de chou.

Un livre incendiaire a rallumé tous les feux que mon austérité commençait d’assoupir.

(_Mon noviciat._)

LONG COMME UN JOUR SANS PINE. Phrase _ad usum prostibuli_, parce que dans un bordel, où l’amour est la seule occupation des femmes, la journée paraît longue lorsqu’il ne vient pas de michés.

LONG NEZ, LONGUE PINE. Proverbe français qui ment—comme tous les proverbes. S’il ne mentait pas, il faudrait mettre l’acteur Hyacinthe dans une niche et l’adorer.

LORETTE. Femme entretenue par Monseigneur Tout-le-Monde, et qui habite volontiers dans les environs de l’église de Notre-Dame-de-Lorette,—d’où son nom, qui lui a été donné par Nestor Roqueplan.

_Je suis coquette, Je suis lorette, Reine du jour, reine sans feu ni lieu! Eh bien! j’espère Quitter la terre En mon hôtel... peut-être en l’Hôtel-Dieu._

G. NADAUD.

LOUP (Connaître le). De vue seulement. Avoir été baisée dans une forêt quelconque, ou sur le bord d’un bois..... de lit.

_Ignorant le masculin, La novice, humble nonnette, Dessine à l’enfant divin Certaine fente coquette. Or, la sœur Marton qui connut le loup, Dit: Vous vous trompez, mais du tout au tout, A Jésus, faut une quéquette._

AL. FLAN.

LOUPEUSE. Gourgandine chaude comme une louve, et aimant à courir après les hommes.

LOUVE. Femme débauchée et hystérique.

Par la mort Dieu, vous dites vrai; saint Antoine arde la louve.

(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

_Car à toute heure on vous trouve Faisant la chatte ou la louve, En public ou à l’écart._

(_Cabinet satyrique._)

En outre tu es un adultère qui as souillé mon lit avec cette louve.

CH. SOREL.

LUBRICITÉ. Ardeur amoureuse, paillardise.

_Son œil blanchit et s’illumine, Et son flanc plein de volupté Surpasse en ardeur Messaline Et l’antique lubricité._

A. BARBIER.

Toutes se font une joie d’enfant de se voir mettre leurs fesses à nud, d’en montrer la blancheur et le contour, et de recevoir dessus de fines atteintes de verges de myrte, de la part d’une main flatteuse et légère, parce que ce badinage les aiguillonne et qu’il sert, en effet, à irriter la lubricité.

LA POPELINIÈRE.

LUCRÈCE (Faire la). Faire la chaste, comme l’épouse de Collatin, devant tous les Sextus généralement quelconques,—et finir par ouvrir ses cuisses comme elle devant l’impertinent engin du fils de Tarquin le Superbe.

Le plaisir de se venger d’une femme qui avait fait la Lucrèce.

SAINT-EVREMONT.

_Mais malgré son air virginal, Sachez que la bougresse A mon vit donna certain mal Qui lui fit faire l’S... Ah! il m’en souviendra, Larira, D’avoir aimé une Lucrèce._

ANONYME.

LUPANAR. Bordel. Mot solide... bâti par les Romains; on s’en sert encore.

_J’ai rêvé que j’étais au fond d’un lupanar; C’était comme un immense et splendide bazar Dans lequel enculeurs, enculés, maquerelle, Maquereaux et putains se ruaient pêle-mêle._

LOUIS PROTAT.

_Je suis roublard Et j’ pourrais écrir’ les mémoires Du lupanar._

LEMERCIER DE NEUVILLE.

LUXURE. Un des sept péchés capitaux, dont le libertinage humain a fait un péché véniel—ou plutôt _vénériel_, dirait Commerson.

Ne parlons plus des pompes et des fêtes du plus grand des empereurs: réfléchissons combien il est plus grand dans ses luxures.

LA POPELINIÈRE.

M

MAC. Abréviation de _maquereau_.

Ça me f’ra p’t’être rigoler un brin, de changer d’rôle, et de mac devenir miché.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Après tout, ce n’est pas si bête D’avoir fait quatre cents binettes D’homm’s de lettr’s, de peintr’s et de mac?_

A. POTHEY.

MACA. Maquerelle, entremetteuse, femme vieillie dans le vice.

MACHIN ou MACHINE. La nature de la femme, le membre viril,—dans le langage des gens pudibonds qui n’osent pas appeler les choses par leur nom.

Que mettras-tu dans mon con, en m’enfilant?—Mon machin.

H. MONNIER.

_Fiez-vous à ma cuisine, Célibataires blasés, Pour remonter la machine, Et flatter vos goûts usés._

L. FESTEAU.

_Secrets appas, embonpoint et peau fine, Fermes tétons et semblables ressorts, Eurent bientôt fait jouer la machine._

LA FONTAINE.

_Mais finis donc, imbécile, Sacré nom de Dieu d’gredin! Si tu n’me laiss’s pas tranquille, J’ vas pisser sur ton machin._

(_Parnasse satyrique._)

MACROTIN. Apprenti maquereau; voyou qui se fait la main avec les petites gourgandines dont il vide les poches sans le moindre scrupule, en attendant qu’il puisse exercer sur une plus grande échelle, avec de plus grandes filles.

_Oui, c’est un métier commode Et qui devient à la mode: Mac, macrotin... Vive le macrotin!_

L. DE NEUVILLE.

MADAME. Nom que les filles d’un bordel donnent à leur abbesse, pour laquelle elles ont le respect qu’elles n’auront jamais pour la vertu.

Ce sont nos petits bénéfices, à nous, pauvres filles... Madame nous prend tout et ne nous laisse rien.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

MADAME MANICON. Surnom que le populaire donne volontiers aux sages-femmes,—on devine pourquoi.

MAGASIN DE BLANC. Bordel—où l’on dépose en effet des quantités considérables de sperme.

MAIN EXPERTE (Avoir la). Savoir bien branler les hommes, chose difficile, en effet, et pour laquelle toute femme galante doit faire un apprentissage fort long et très minutieux,—_manutieux_, dirait Commerson.

_J’ai les deux mains expertes, Entrez dans mon boudoir._

A. MONTÉMONT.

MAIN LÉGÈRE (Avoir la). Se dit d’une femme versée dans l’art de la volupté, qui branle un homme avec une telle dextérité qu’il jouit sans savoir à quoi attribuer sa jouissance, à une bouche ou à une main.

MAISON À GROS NUMÉRO. C’est le _Lupanar_ des anciens et le Bordel des modernes. Sur le premier étaient peintes les armes parlantes du dieu de Lampsaque—une pine gigantesque et ses deux agréments. Sur le second est peint un énorme numéro qui engage les passants libertins à y entrer.

_C’est l’infecte maison où l’effroi se promène, L’auberge dont l’enseigne est un gros numéro._

A. GLATIGNY.

MAISON À PARTIES ou DE PASSE. Maison particulière, d’apparence honnête, où les filles libres viennent tirer leurs coups avec les michés qu’elles ont levés en route.

MAISON DE TOLÉRANCE. Bordel, que non-seulement la préfecture de police tolère, mais encore qu’elle autorise pour la satisfaction des besoins du public célibataire—et surtout marié.

MAÎTRE-AUTEL. Le mont de Vénus, universel objet d’adoration de la part des fidèles qui y voient resplendir leur Dieu—ou plutôt leur déesse.

Elle est belle, ma Joséphine! elle a un chouette maître-autel!... un riche tabernacle!...

TISSERAND.

MAÎTRESSE. Fille ou femme dont on est le maître,—quand on n’en est pas l’esclave battu, cocu et content; épouse illégitime à laquelle on est plus fidèle qu’à l’épouse légitime, et qui se moque de vous tout autant que celle-ci; la femelle du marlou.

Le _maître_ de quelques-unes, c’est leur mari, espérons-le, pour l’honneur de la morale; le _maître_ d’un plus grand nombre, c’est leur caprice; le _maître_ de toutes, c’est leur luxe... Quant à l’amant, il n’en saurait être question ici... D’ailleurs, quand une femme a un amant, elle est sa _maîtresse_: ce n’est donc pas lui qui en est le _maître_.

H. DE PÈNE.

_Pour la femme, soyez bon! Prouvez-lui votre tendresse! C’est ce bougre de Léon Qu’est l’amant de ma maîtresse._

G. NADAUD.

Et moi, nom d’un... quoi que j’ possède?... Un pantalon, qu’ le commissaire m’a déjà fait dire qu’on voyait c’ que j’ portais; des gilets, j’en manque, j’en ai jamais évu avec toi: des bottes qui r’niflent, quand j’ marche pas sus ses tiges... Et j’ai une maîtresse!

H. MONNIER.

MALADIE (La). C’est celle qui n’a pas besoin de nom—quoiqu’elle en ait un—pour être sue de ceux qui lisent les affiches des Charles-Albert, des Giraudeau de Saint-Gervais, des Ollivier, et autres Fontanaroses modernes. C’est celle que Pline appelait _morbus sonticus_, et Celse _major morbus_!

_Le soir, ils vont voir des gueuses Qu’ils baisent dessus leurs lits. Pour leurs femm’s (les malheureuses!) Ils y donn’nt la maladie._

GUICHARDET.

MÂLE (Le). L’homme.

_Je préfère en amour une certaine pose: Le mâle, sur le dos, sous la femme est placé._

L. PROTAT.

MAMELLES. Les tétons.

_O contours veloutés, mamelles féminines!_

CANTEL.

Hélas! qui pourrait voir sans rougir des femmes et des jeunes filles entièrement découvertes, étaler sans honte, jusque dans la maison du Seigneur, leurs mamelles toutes nues... Dans le principe du moins, ces mondaines ont commencé par échancrer le bord et le dehors de leurs habits. Puis, cette échancrure a gagné jusqu’à la chemise, que dis-je? jusqu’à la chair toute nue. A la fin, elles ont tellement rongé et échancré le derrière et le devant de leurs habits, que les épaules et les tétons en sont demeurés tout-à-fait nus.

(_Discours sur la nudité des mamelles._)

MANCHE (Le). Le vit, que la femme empoigne quand elle désire en être cognée.

Je l’empoignai par le manche et le menai au pied du lit, où je me couchai à la renverse, l’attirant dessus moi: je m’enconnai moi-même son vit dans mon con jusques aux gardes.

MILILOT.

_Mais, belles, sachez qu’un beau manche Réchauffe aussi bien qu’un manchon._

THÉOPHILE.

MANCHON DE LA FEMME. Les poils qui constituent sa motte, assez fournie pour tenir lieu de manchon.

_Et la tribune de Florence Au cant choqué montre Vénus Baignant avec indifférence Dans son manchon ses doigts menus._

TH. GAUTIER.

_Je n’ prêt’ pas mon manchon Mignon, Je n’ prêt’ pas mon manchon._

LAUJON.

MANGER L’ANGUILLE SANS LA SAUCE. Retirer vivement la pine d’un homme au moment où il va décharger, afin de n’avoir pas d’enfant de lui,—la sauce de cette anguille étant fort agréable, mais aussi pleine d’inconvénients.

_Prenez donc des précautions! Sans la sauce mangez l’anguille! Beau moyen si bien éprouvé: J’en suis pour un enfant trouvé._

BÉRANGER.

MANGEUR DE BLANC. Souteneur de filles, maquereau qui vit du—sperme dépensé par les autres hommes, avec de l’argent, au profit de sa maîtresse, etc.

_Mangeons du blanc! mangeons du blanc! Ça vaut mieux que manger du flan! Mangeons du blanc jusqu’à l’aurore, Et que Phœbus nous trouve encore Mangeant du blanc!_

LEMERCIER DE NEUVILLE.

Je voulais tâter du métier de miché, mais je vois que celui de mangeur de blanc est encore le meilleur.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

MANGER DE LA CHAIR CRUE. Faire l’acte vénérien.

Si elles savaient ce que c’était de manger de la chair crue la nuit.

MARGUERITE DE NAVARRE.

MANGER LE FRUIT D’UNE FEMME. Gamahucher une femme, enceinte peut-être.

Prends garde!... Tu vas manger mon fruit.

JEAN DU BOYS.

Jean, rentrant chez lui, à l’improviste, trouve Pierre, son voisin, la tête entre les cuisses de sa femme, et bien en train de la gamahucher.—Fouchtra! s’écrie-t-il, cha m’étonne plus, chi je n’ai pas d’enfants; j’en fais tous les jours, et Pierre me les mange!

MANIER. Peloter une femme—ou un homme.

Mais, Monsieur, vous baisez mes fesses à tout moment; vous me maniez partout!

LA POPELINIÈRE.

On ne peut donc sans scandale manier un peu les breloques du monde?—Sacrebleu! quelles breloques! c’est bien aussi la montre, ma foi.

A. DE NERCIAT. (_Les Aphrodites._)

Ma bonne, disait Rosette, il veut toujours me faire manier sa sottise et prendre la mienne.

LA POPELINIÈRE.

_C’est des marlous, n’y prends pas garde; Viens, que j’ te magne ton outil._

H. MONNIER.

MANIÈRE. Se dit du faire particulier aux femmes galantes qui, souvent, ont autant de manières que les plus illustres artistes,—première manière, seconde manière, etc.

_Changer de sesque, c’est fort mal Quand on n’est plus dans l’ carnaval; P’t-être aussi qu’ vous changez d’ manière Et qu’aux femmes vous voulez plaire; Ce s’rait deux bons goûts à la fois. J’ vous crois fait’ pour en avoir trois._

BÉRANGER.

MANŒUVRER DU CUL. Remuer des fesses quand on est sous l’homme, soit pour l’aider à décharger, soit parce que la jouissance arrache à la femme d’involontaires et lascives torsions de croupe.

_Fait l’étroite pour lui, même quand elle est large, Et manœuvrant du cul, jouit quand il décharge._

L. PROTAT.

MANQUER À SES DEVOIRS. Faire son mari cocu—ce qui est le seul devoir auquel les femmes ne manquent jamais.

Si vous aviez un peu de vertu dans l’âme, vous sentiriez aussi ce qu’il en coûte à une femme bien née pour manquer à ses devoirs et faire un pas comme celui-ci.

LA POPELINIÈRE.

MANQUER DE RESPECT À UNE FEMME. La violer—de son propre consentement, mais à fond de train, pour se faire pardonner l’irrévérence de cette action.

A l’encontre d’un talon rouge qui avait manqué de respect à une intendante, mais qui n’a pu achever de lui en manquer entièrement.

COLLÉ.

MANQUER DE VOIX. Chanter un air à une femme, avec la queue, et s’en tenir là, volontairement ou involontairement. Baiser mollement.

_Quand des voix qu’il me dut Vint l’éclat dont il brille, Avec moi que de fois Il a manqué de voix._

BÉRANGER.

MANUÉLISER (Se). Se masturber.

C’est le seul moyen d’être sage au couvent, puisqu’on ne peut l’être sans se clitoriser ou se manuéliser.

MERCIER DE COMPIÈGNE.

_Du bon Guillot le vit se raidissait, Et le poignait si fort concupiscence, Que dans un coin se manuélisait._

PIRON.

MAQUEREAU. Défenseur de beautés faciles qui le payent; entremetteur.

_Le roi fit choix du conseiller Bonneau, Confident sûr et très bon Tourangeau. Il eut l’emploi, qui certes n’est pas mince, Et qu’à la cour où tout se peint en beau, Nous appelons être l’ami du prince, Mais qu’à la ville, et surtout en province, Les gens grossiers ont nommé maquereau._

VOLTAIRE. (_La Pucelle._)

MAQUERELLE. Grosse dame qui se charge de procurer de l’ouvrage aux petites dames, et qui pousse parfois la complaisance jusqu’à les aller chercher dans leur famille.

Le troisième privilége des châtrés, c’est qu’ils sont fort renommés en leur fidélité en fait de maquerellage.

(_Variétés hist. et littér._)

_Tenant par acte misérable Le maquerellage honorable._

(_Cabinet satyrique._)

_Tant qu’elle conta sa querelle A une vieille maquerelle._

MATHEOLUS.

_Et puis dites que les moustiers Ne servent point aux amoureux, Bonne maquerelle pour eux Est ombre de dévotion._

CL. MAROT.

Aussi n’épargne-t-il pas les mères qui sont maquerelles de leurs propres filles.

H. ESTIENNE.

Car l’honneur d’une femme souffre beaucoup quand elle est vue avec une maquerelle.

P. DE LARIVEY.

MAQUIGNON. Un monsieur qui fait la traite des blanches,—le _mango_ antique.

MAQUILLAGE. Tricherie féminine qui consiste à dissimuler, à l’aide de pâtes, de cosmétiques et d’onguents, les ravages que le temps apporte au visage le plus frais.

Celle-ci, une fois entrée, relève la mèche de la lampe posée sur la cheminée, mais pas trop cependant, afin de ne pas trahir son maquillage.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

Et ce qui prouve que ce n’est pas là une mode nouvelle, c’est que je trouve dans un poète du XIIIe siècle, Gaultier de Coinsy, les vers suivants:

_Telle se fait moult regarder Par s’en blanchir, par s’en farder, Que plus est laide et plus est blesme Que peschiez mortelx en caresme._

MARCHANDISE. La nature de l’homme et celle de la femme, qui, toutes deux, mais la dernière surtout, sont un objet de commerce.

_J’ouvre boutique, et faite plus savante, Vous mets si bien ma marchandise en vente, Subitement affinant les plus fins, Qu’en peu de temps fameuse je devins._

J. DU BELLAY.

_Je veux une Phillis entre l’haut et le bas, Qui ne fasse pas trop valoir sa marchandise._

BUSSY-RABUTIN.

Voyons, montre-moi ta marchandise, mon petit couillon chéri.

J. LE VALLOIS.

MARCHEUSE. Femme qui a été fille et qui, ne l’étant plus, est chargée de conduire dans les chemins du vice celles qui le sont encore. «Ses fonctions sont d’appeler les passants à voix basse, de les engager à monter dans le bordel où, d’après ses annonces banales, ils doivent trouver un choix exquis de jeunes personnes. Dans la maison de tolérance de première ligne, il y a ordinairement plusieurs marcheuses dont l’emploi principal est de promener les filles d’amour sur les boulevards et dans les passages.»

MARGOT, MARGOTON. Nom de femme qui est devenu celui de toutes les femmes—devenues filles.

_Priape dérogea, Vénus fit la Catin. Cette contagion infecta les provinces, Du clerc et du bourgeois passa jusques aux princes. La plus mauvaise garce eut ses adulateurs, Et jusqu’à la Margot, tout trouva des fouteurs._

(_L’Art priapique._)

_Villon sut le premier dans ces siècles grossiers Débrouiller l’art confus de nos vieux romanciers, Redonner le mouchoir aux filles de bon ton, Et laisser la province enfiler Margoton._

(_L’Art priapique._)

Nous le tenons: nous savons où demeure sa margot.

EUGÈNE SUE.

_J’ai peu d’estime pour l’argot; Mais au besoin, je le tolère. Si je rencontre une margot, Je la regarde sans colère._

PHIL. DAURIAC.

MARIAGE. Collage légitime de l’homme et de la femme, qui a le vit pour trait d’union, plus les enfants qui peuvent résulter dudit collage. Selon Balzac:

Le mariage est une association de mauvaise humeur, pendant le jour, et de mauvaise odeur pendant la nuit.

MARI MALHEUREUX. Mari, peut-être cossu,—mais à coup sûr, cocu—sans cédille.

MARLOU. Variété de maquereau, d’homme sans préjugés, qui non-seulement consent à recevoir de l’argent des filles galantes, mais encore en exige d’elles le poing sur la gorge et le pied dans le cul.

La plus sublime de ces positions, c’est celle du marlou.

FRÉDÉRIC SOULIÉ.

C’est des marlous, n’y prends pas garde.

H. MONNIER.

MARMITE. Putain,—la femelle naturelle du maquereau, à qui elle fournit de quoi manger, boire et rigoler avec ou sans elle.

Tu es un crâne fouteur... et... si tu y consens, ce n’est pas toi qui me donneras de la braise, c’est moi qui serai ta marmite.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

MARMOTTE. Le con,—qui ne dort jamais.—Allusion au poil d’une motte bien garnie.

Un soir, ma sœur me dit: Si nous étions dans le même lit, tu pourrais faire entrer ta petite broquette qui est toujours raide dans la bouche de ma petite marmotte que tu aimes tant à sucer.

(_Anti-Justine._)

MARQUE DE LA VAISSELLE. Le membre viril,—avec lequel nous poinçonnons à notre chiffre le vagin des femmes, qui cependant n’a pas besoin de cela pour être trouvé de bon aloi et pour circuler de main en main.

MARRONS. Les testicules.

... Tire de sa poche une longue ficelle, lui lie les deux marrons que vous savez.

(_Nouvelles de Grazzini._)

_Dam’ Putiphar, sans médire, Les aimait, je crois, assez; Pourtant Joseph, on doit l’ dire, N’avait qu’ des marrons glacés. Marrons, marrons, Bien pleins et bien ronds, Tout l’ monde en voudra, Ils brûl’nt, ces gros-là!_

ALPHONSE.

MASTURBATION. Pseudonyme honnête de Branlage.

_Qu’enfin, tous les soldats sans reproduction, N’aient plus qu’un seul recours: la masturbation._

FERNAND DESNOYERS.

MASTURBER (Se). Se livrer à l’onanisme, aux plaisirs solitaires.

_De mes cinq doigts je fais une pucelle: Masturbons-nous, c’est le plaisir des dieux._

(_Chanson anonyme moderne._)

MATOU. Le mâle de la femme, cette chatte amoureuse.

Allons, mon gros matou, grimpe-moi d’autor et d’achar!

DE NEUVILLE.

MAUVAIS LIEU. Endroit où l’on pelote les femmes, même où on les baise; bordel.

_Pour amener sa Lucrèce A souffrir ce petit jeu, Le bonhomme sans finesse, Met la scène en mauvais lieu._

COLLÉ.

MEILLEURE CHOSE DU MONDE (La). La fouterie, qui est le plaisir des dieux et des déesses, des hommes et des femmes,—l’_excelsior_ de toutes les jouissances connues.

Comment, si c’est quelque chose de bon! C’est la meilleure chose du monde!

MILILOT.

MEMBRE (Le). Sous-entendu _viril_. Le grand outil générateur, que nous faisons travailler comme un cheval et que les femmes adorent comme un dieu.

Jouis-tu, cochon? Ah! le beau membre!

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_On voit, sous les feuilles de vignes Que leur impose la pudeur, S’agiter de gros membres dignes D’admiration—ou d’horreur._

ANONYME.

Monseigneur le _vit_, ou madame la _pine_. Outre ces deux noms, ce noble personnage, qui veut chaque jour être fêté, possède plus de prénoms qu’il n’en faudrait pour refaire le calendrier... républicain. Je cite les principaux: