Part 16
_D’une huître qui te plaira fort, Je vais te montrer les coquilles._
E. DEBRAUX.
HUMIDE RADICAL (L’). Le sperme.—L’expression a été employée pour la première fois par Casanova de Seingalt.
Elle ne voulait pas, disait-elle, que, répétant tous les jours et à tous moments d’épuisantes tribaderies, j’émoussasse l’aiguillon de la volupté et tarisse ce précieux humide radical si nécessaire à ma croissance.
A. DE NERCIAT.
I
IDÉES (Avoir, donner des). Avoir, donner des envies de baiser.
_Ces formes en tout sens trop longtemps regardées, Dans son crâne embrasé font germer des idées._
LOUIS PROTAT.
IGNOMINIE. Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la femme.
_Et vous cachez en vain, belle Marie, Ce que vos saints nomment l’ignominie._
PARNY.
IL EST MIDI. Se dit d’un homme qui bande violemment, dont l’aiguille est tout à fait en l’air.—_Il est six heures et demie_ se dit d’un homme qui ne peut plus bander et dont le membre, flasque, incline piteusement vers la terre.
IMPUISSANCE. Impossibilité où se trouve un homme de bander, soit par suite de maladies, soit pour s’être trop masturbé dans sa jeunesse, soit par un vice de conformation quelconque. C’est ce qui arrive à Encolpe (dans le _Satyricon_) lorsque, étendu sur l’herbe, dans les bras de l’aimable libertine Circé, et au moment où il lui entr’ouvre les cuisses pour introduire son braquemard, d’ordinaire plus gaillard, il est trahi par une faiblesse subite et trompe l’attente de la belle courtisane à qui le cul démange d’impatience. Un auteur moderne, qui s’est probablement rappelé ce passage de Pétrone, fait dire, à un poète qui ne bande pas, par une fille qui bande fort:
_Est-ce du mépris ou de l’impuissance? Es-tu pédéraste ou castrat, voyons? Un pareil état m’excite et m’offense: Descends de mon lit, ou bien rouscaillons!_
IMPUISSANT (Être). Ne pas ou ne plus pouvoir bander en l’honneur du sexe auquel nous devons la suprême jouissance—et la plus horrible maladie.
_Fi de l’amour banal Que l’homme ivre ou brutal Nous donne en grimaçant, Quand, par hasard, il n’est pas impuissant!_
JOACHIM DUFLOT.
IMPURE. A la fin du XVIIIe siècle, on donnait ce nom aux filles entretenues qui aimaient à se pavaner en public. Le mot est encore dans la circulation.
_C’est une impure Presque aussi sûre Que ces belles Demoiselles Là!_
COLLÉ.
INDÉCENCES (Dire ou faire des). Tenir des propos gaillards, avoir la parole leste et même ordurière.—Baiser avec des raffinements ignorés des simples mortels, en levrette, à la paresseuse, en cuisses, en tétons, etc.
INFANTE. Maîtresse, femme aimée,—les infantes, filles puînées des rois d’Espagne et de Portugal, étant supposées belles.
_Qu’en dites-vous, amies, qu’en dites-vous, infantes, Dont les trous sadinets vivent bien de leurs rentes?_
(_Recueil de poésies françaises._)
Aux petits oignons, mon infante!
LEMERCIER DE NEUVILLE.
INSTRUITE (Être bien). Connaître à fond les divers moyens de faire jouir les hommes et de se foutre d’eux—tout en se laissant foutre par eux.
Je connais sur tout cela des femmes bien instruites.
LA POPELINIÈRE.
_Elle de se coucher, et lui de vous l’instruire._
VADÉ.
Un jour elle trompa la vigilance de ses gouvernantes, et nous nous instruisîmes.
DIDEROT.
INSTRUMENT. Le membre viril, ou la nature de la femme.
_Jamais pire homme je ne vis Et je crains bien votre instrument._
(_Ancien Théâtre français._)
_Là soudain sans attendre plus Je lui happe son instrument, Et je lui lave doucement._
(_Farces et moralités._)
Et ci a l’instrument grand et gros, de la longueur du bras.
(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)
_Touche du moins, mignonne frétillarde, Sur l’instrument le plus doux en amour._
THÉOPHILE.
Il lui dit qu’il savait jouer d’un autre instrument qui ravissait bien davantage.
CH. SOREL.
_Et puis pensez que l’instrument Il faudra bien que l’on me prête._
(_Farces et moralités._)
_D’une on dit qu’elle ayme Hutin, Et a l’instrument compassé Comme un houseau de biscaïen, Quand a le ventre deslacé._
G. COQUILLART.
Monsieur l’official condamna la pauvre fille à prêter son beau et joli instrument à son mari.
BONAVENTURE DESPERRIERS.
INTERROGER LE PANTALON D’UN HOMME. Porter les yeux sur son paquet, pour savoir ce qu’il pense, s’il est en état de baiser ou non.
Urinette, qui a interrogé son pantalon: A quoi bon, puisque tu n’es pas prêt?
LEMERCIER DE NEUVILLE.
J
JACQUELINE. Nom de femme qui est devenu celui de toutes les femmes—devenues filles.
Le banquier Kocke, chez qui toi et ta jacqueline vous passez les beaux jours de l’été.
CAMILLE DESMOULINS.
JACQUES OU JACQUOT. Le membre viril.
_Il est hercule ou peu s’en faut, Il faut que tout lui cède; Il sait démontrer comme il faut L’amoureux intermède; Quand il se prépare à l’assaut Faut voir comme il est raide, Jacquot, Faut voir comme il est raide!_
AL. DALÈS.
_... Il est nommé pine par la lorette; Un chose, ou bien cela, par une femme honnête; Jacques par le farceur..._
L. PROTAT.
JAMBE. La pine, qu’on appelle aussi la troisième jambe.
Ah! Monsieur, que vous avez une belle jambe!—Laquelle donc, Madame?... répliquait Arnal, en donnant à entendre qu’il ne s’agissait ni de la droite, ni de la gauche.
JAMBONS. Les cuisses d’une femme.
_Elle a le cœur si bon, qu’en mille occasions, Pour avoir une andouille, elle offre deux jambons._
LEGRAND.
JARDIN. La nature de la femme, que l’homme est chargé d’entretenir, de sarcler, de bêcher, de ratisser, et de planter—d’enfants.
Au demeurant, il n’y a homme qui mieux dresse et accoutre un jardin que moi.
NOEL DU FAIL.
_Quand, se ruant tout en courroux, Le fleuve aux ondes spermatiques, D’Armide inondait le jardin._
B. DE MAURICE.
JEAN, JEANNOT, JANIN. Expressions désignant un mari trompé.
_Chez nous le mâle est Jean, la femelle Catin, C’est l’usage de la famille._
DAILLANT DE LA TOUCHE.
Il est Janin sans qu’il le sache.
CH. SOREL.
_Janot est le vrai nom d’un sot._
(_Ancien Théâtre français._)
JEAN CHOUART. Le membre viril: appelé le _pénil_ selon Lignac, la _braguette_ selon Rabelais, Marot et autres poètes anciens; la _verge_, dans l’idiôme des nourrices et des parleurs timbrés; le _bracquemart_ dans Robbé, Rousseau et Grécourt; _Jean Chouart_ dans d’autres, etc., etc.
JEANNETON. Synonyme de Goton. Fille de la petite vertu, servante ou grisette, qui se laisse prendre volontiers le cu par les rouliers ou par les étudiants.
_Partout on vous rencontre avec des Jeannetons._
V. HUGO. (_Ruy-Blas_)
JETER LE MOUCHOIR. Choisir une fille, au bordel ou au bal, et l’emmener coucher avec soi; ou, si l’on est femme, faire comprendre à un homme qu’on bande pour lui et qu’on voudrait bien _se le payer_.
_Jetez vous-même le mouchoir, Ou bien au sort il faudra voir Dans le dortoir, Qui pourra vous échoir._
COLLÉ.
JEU (Le). Celui que presque tous les hommes et presque toutes les femmes savent jouer et aiment à jouer—quoique souvent il ne vaille pas la chandelle qu’on use en son honneur par les deux bouts.
_J’en jurerais, Colette apprit un jeu Qui, comme on sait, lasse plus qu’il n’ennuie._
LA FONTAINE.
_Il était une fillette Coincte et joliette Qui voulait savoir le jeu d’amour._
(_Farces et moralités._)
_Vous et monsieur, qui, dans le même endroit, Jouiez tous deux au doux jeu d’amourette._
LA FONTAINE.
Le jeu te plaît, petite? Alors, nous allons recommencer.
A. FRANÇOIS.
_Adieu, conquêtes, Joyeuses fêtes, Où le champagne au lansquenet s’unit; Belles soirées, Nuits adorées, Qu’un jeu commence et qu’un autre finit._
GUSTAVE NADAUD.
JEU RENOUVELÉ DES GRECS. La pédérastie, qui était le vice de Socrate; ou le gougnottisme, qui était le vice de Sapho.
_Socrate et Sapho la Lesbienne Ont eu des goûts assez suspects: Tous les jours en France on ramène Leurs jeux renouvelés des Grecs._
COLLÉ.
JEUX INNOCENTS. Ainsi nommés par antiphrase sans doute, puisque ce sont les jeux les plus libertins que l’on connaisse, le jeune homme pinçant le cul à la jeune fille, ou la jeune fille faisant une langue avec le jeune homme, devant les grands parents assemblés—qui n’y voient que du feu.
_Pour ces jeux innocents, source de tant de fièvres, Qui troublent les jeunes sens, Un monsieur a baisé, devant les grands parents, Tout en baisant la joue, un peu le coin des lèvres. On a rougi cent fois..._
A. KARR.
JOUER AU TROU-MADAME. Faire la chosette.
Il est très dangereux de jouer au trou-madame avec elle.
TABARIN.
JOUER AUX QUILLES. Faire l’acte vénérien.
La tienne joue bien aux quilles.
BRANTÔME.
_Que l’un sur l’autre ils tombèrent En jouant au beau jeu de quilles._
(_Recueil de poésies françaises._)
_Bon compagnon et beau joueur de quilles._
LA FONTAINE.
JOUER DES MAINS. Peloter les tétons et le cul d’une femme—qui ne hait pas ce jeu, même lorsqu’elle en a le plus l’air offensé.
Je me souviens... qu’il hasarda sur cela des manières et des tons de polissonneries, qu’il s’exposait déjà à jouer des mains.
LA POPELINIÈRE.
JOUER DES REINS. Faire l’acte vénérien.
L’étudiant jouant avec vigueur des reins...
H. MONNIER.
JOUER DU CROUPION, OU DU CUL. Jouer des fesses, faire l’acte vénérien.
Et en même temps, lui, de jouer du croupion.
(_Les Aphrodites._)
_Ne jouez plus du cul, ma tante, Ni moi aux dez, je le promets._
AGRIPPA D’AUBIGNÉ.
_Le vieux Jaquet dans une étable, Voyant Lise jouer du cu Avec un valet à gros rable, En va faire plainte au cocu._
THÉOPHILE.
JOUER DU MIRLITON. Baiser une femme.
_En jouant du mirlitir, En jouant du mirliton._
(_Refrain d’une chanson récente._)
JOUER DU NAPOLÉON. Faire sonner son gousset en passant devant une femme que l’on suppose aimer cette musique-là.
JOUER DU SERRE-CROUPIÈRE. Faire l’acte vénérien.
JOUEUSE DE FLÛTE. Fille ou femme entretenue, qui joue de la flûte avec les queues de ses contemporains.
Lorettes, cocottes et autres aimables joueuses de flûte, corruptrices de la jeunesse.
CH. COLIGNY.
JOUIR. Arriver au _summum_ du plaisir par l’éjaculation spermatique. _Jouir d’une femme_, la faire jouir.
_As-tu de l’abbesse A la fin joui?_
COLLÉ.
_Dans peu de temps d’ici, vous verrez un paillard Qui viendra pour jouir de son beau corps gaillard._
TROTTEREL.
_Entre ses bras l’heureux Adam la presse, Brûle, jouit, et dans sa folle ivresse Il répétait: Perdre ainsi c’est gagner._
PARNY.
Ah! comme je jouis, mon Dieu! comme je... jouis!... Ça me va dans la plante des cheveux.
H. MONNIER.
_Il est une heure dans l’année Où tout ce qui vit veut jouir, Où la vierge et la graminée Ressentent le même désir._
A. D.
_Je possède l’art du casse-noisette Qui ferait jouir un nœud de granit._
(_Parnasse satyrique._)
_Mais, pour faire jouir, j’ai d’ailleurs un moyen Qui jusques à ce jour m’a réussi très bien._
L. PROTAT.
Tellement que s’ils voient passer quelqu’une dont ils aient déjà joui, ils ne disent pas simplement: J’ai baisé une telle, mais bien: J’ai foutu une telle, je l’ai chevauchée.
MILILOT.
Pas sans moi! pas sans moi!... Ensemble!... joui... jouissons... ensemble... bien ensemble!...
H. MONNIER.
JOUISSANCE. L’acte vénérien, et ce qu’on y éprouve, qui n’a pas son analogue dans les autres plaisirs humains.
_Et regardant la jouissance Comme un pas dangereux qu’il nous faut éviter._
GRÉCOURT.
_Soudain par leur vive jeunesse Vers la jouissance emportés, Tous deux des molles voluptés Boivent la coupe enchanteresse._
PARNY.
_... Il faut de tous ces dons savoir bien se servir, Savoir les employer à donner du plaisir A ceux qui dans nos bras cherchent la jouissance._
L. PROTAT.
JOUISSEUSE. Femme qui aime l’homme et qui, au lit, y va bon jeu, bon argent, donnant autant de coups de cul qu’elle reçoit de coups de queue.
Ce n’est pas une bégueule, c’est une vraie jouisseuse.
LEMERCIER.
JOUJOU. Celui de l’homme est son vit.
_Vive ce beau joujou Bijou Que la tendresse Dresse..._
Celui de la femme est son con.
_Ah! permets que je pose Le petit bout De ma langue amoureuse Qui serait bien heureuse Dans ton joujou._
MARC-CONSTANTIN.
Quand je n’aurais pas su d’avance que mon orifice était fait pour être pénétré, la nature et notre position m’auraient à l’instant révélé que nos deux joujoux étaient faits l’un pour l’autre.
(_Mon noviciat._)
JOYAU. Signifie:
1º Le membre viril.
Vous ne vous enfuyez de ce joyau qu’on vous fait voir, que parce qu’aussi bien il est trop loin de vous.
CH. SOREL.
Je jouissais d’autant plus délicieusement, que j’avais longtemps langui après la possession du joyau qui était tout entier dans mon étui.
(_Mémoires de miss Fanny._)
2º La nature de la femme.
Ce tablier couvre leur joyau, dont les Hottentots sont idolâtres.
VOLTAIRE.
_Voyez fille qui dans un songe Se fait un mari d’un amant; En dormant, la main qu’elle allonge Cherche du doigt le sacrement; Mais faute de mieux, la pauvrette Glisse le sien dans le joyau._
BÉRANGER.
3º La virginité.
_Pour demander à ce peuple méchant Le beau joyau, que vous estimez tant._
VOLTAIRE.
Madame Brown me gardait toujours jusqu’à l’arrivée d’un seigneur avec qui elle devait trafiquer de ce joyau frivole qu’on prise tant et que j’aurais donné pour rien au premier crocheteur qui aurait voulu m’en débarrasser.
(_Mémoires de miss Fanny._)
JUS DE COUILLON. Le sperme, le _nec plus ultra_ des jus.
_Vous qui, du haut de ce balcon, Riez de ma misère, S’il pleuvait du jus de couillon, On vous verrait sous la gouttière._
PIRON.
Lorsque Molière fait dire à Elmire:
_Aucun jus, en ce jour, ne saurait me charmer..._
il a la même idée que Piron, seulement: il l’exprime d’une façon plus honnête.
L
LABOUREUR (Le). Le membre viril, qui est chargé de défricher les vagins vierges avec le soc de sa petite charrue, et de féconder les vagins stériles en déchargeant dedans.
_Combien pourtant que bien faible me semble Pour labourer à deux terres ensemble._
CL. MAROT.
Quoi faisant, j’appliquerai dorénavant mes dix mille écus à une terre que je labourerai tout seul.
(_La France galante._)
Les autres enflaient en longueur par le manche que l’on nomme le laboureur de nature.
RABELAIS.
Un demi-pied de la ressemblance du laboureur de nature.
TABARIN.
LÂCHER. Quitter une femme dont on est l’amant, ou un homme dont on est la maîtresse.
Après? Milie veut te lâcher.
CH. MONSELET.
—On dit aussi, dans le même sens: _lâcher d’un cran_.
LAISSER ALLER SON CHAT AU FROMAGE. Se laisser foutre par un homme.
_Dites-moy, et ne mentez point, Vous êtes-vous laissée aller?_
(_Farces et Moralités._)
La fille a laissé aller le chat au fromage si souvent que l’on s’est aperçu qu’il fallait rélargir sa robe.
(_Variétés hist. et littér._)
LAISSER FAIRE (Se). Consentir, quand on est femme et un peu amoureuse, à ce qu’un homme qui bande raide vous trousse, vous écarte les cuisses et vous baise.
_Qui ne voulant perdre son temps, Et craignant de mourir pucelle, Se le laissa faire à dix ans._
COLLÉ.
Après, elle lui laissa tout faire.
TALLEMANT DES RÉAUX.
Chevaucher simplement une femme qui se laisse faire et que la honte ou la froideur empêchent de passer outre dans la recherche du plaisir, c’est une satisfaction commune.
MILILOT.
LANCE (La). Le membre viril, avec lequel on blesse agréablement les femmes, qui, toutes, adorent les lanciers. Une belle arme, la lance! De beaux hommes, les lanciers!
Il dit qu’il était aussi bien fourni de lance que la femme de cul.
BONAVENTURE DESPERRIERS.
Et m’ayant montré sa lance, qui était droite, il me prit à force de corps et me coucha à la renverse sur le lit.
MILILOT.
LANGUES (Faire une ou des). Introduire plus ou moins profondément sa langue dans la bouche d’une femme lorsqu’on est homme, d’un homme lorsqu’on est femme, ce qui donne un avant-goût du plaisir que l’on va goûter tout à l’heure en foutant. On dit aussi: _faire langue fourrée_.
Il lui fait une langue prolongée.
H. MONNIER.
_Puis, lorsqu’on a dormi, l’haleine est si mauvaise, Que, pour faire une langue, on n’est pas à son aise._
LOUIS PROTAT.
LANGUE EXERCÉE. Qui possède à fond la science du gamahuchage, soit pour femmes soit pour hommes.
_Dis à Sophie, à la langue exercée, De démontrer sur Édile Reynier Comment on fait l’amour au gynécée Et sur quel rhythme il le faut pratiquer._
J. DUFLOT.
LANLA LANDERIRETTE. Refrain de couplets qui sert à gazer les gros mots. Il représente tantôt le vit, tantôt le con, etc., etc.
_Auprès de sa jeune épouse, Un mari peu complaisant Dans une fureur jalouse S’écria: Rien n’est plus grand Que ton lanla landerirette Que ton lanla landerira._
_A ce reproche, la femme De ce mari peu galant Répondit: Vilain infâme, Que n’en puis-je dire autant De ton lanla landerirette, De ton lanla landerira!_
ANONYME.
LANTERNE. La nature de la femme, dans laquelle l’homme met sa chandelle—sans la moucher.
_Margot s’endormit sur un lit Une nuit toute découverte, Robin, sans dire mot, saillit, Il trouva sa lanterne ouverte._
(_Cabinet satyrique._)
LARCINS. Petits vols amoureux, commis lestement et adroitement: ravir des baisers à une fille, lui prendre les tétons, le cul, les cuisses, etc., etc., sont des larcins qui sont répréhensibles,—selon l’humeur et le tempérament de la victime.
_L’autre jour, au fond d’un jardin, Il vous aperçut endormie: Il vous fit plus d’un doux larcin... Vous étiez donc bien assoupie?... Si vous dormez comme cela, Dites votre_ mea culpa.
(_Vieille chanson anonyme._)
LARD. Le membre viril,—que grignottent si volontiers ces charmantes souris qu’ont appelle les femmes. Voyez: _Couenne_, _chair_, _viande_.
_Gentils galants de rond bonnet, Aimant le sexe féminin, Gardez si l’atelier est net Avant de larder le connin._
(_Ancien Théâtre français._)
LARGUE. Femme, maîtresse, dans l’argot des voleurs, des voyous et des bohèmes.
Toi non plus, tu ne m’as pas l’air d’une largue ordinaire.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
Les largues nous pompent le nœud.
DUMOULIN-DARCY.
LASCIVETÉ. Prédisposition à l’amour; art des courtisanes pour exciter les désirs des hommes.
Si la présence de l’empereur seul ne suffit pas pour les exciter, elles puisent dans leur lasciveté même un aimant mutuel.
LA POPELINIÈRE.
_Cette lasciveté de formes se reflète Dans son ajustement bizarre et singulier._
A. GLATIGNY.
LATRINE. Femme galante usée et sale, et qui continue à baiser, parce qu’il y a des gens qui ne sont pas difficiles.
_Pourtant on fout cette latrine! Ne vaudrait-il pas mieux cent fois Moucher la morve de sa pine Dans le mouchoir de ses cinq doigts?_
A. DE MUSSET.
LAVABO. Cuvette spécialement destinée aux soins de propreté, qu’exige la fréquente dépense de sperme.
_Tu m’as ému, Scapin... Ton discours est fort beau... Je t’amène ma fille: achète un lavabo._
A. GLATIGNY.
LAVER (Se). Faire les ablutions de prudence autant que de propreté, après le coït—qui a naturellement pollué les parties sexuelles.—C’est la grande affaire des putains, qui dépensent en un soir plus d’eau que les ivrognes n’en boivent dans toute leur vie. C’était aussi la grande affaire des Romains _post rem veneream_: ils se lavaient presque religieusement, _quasi religiose_. Martial en témoigne assez.—Pourquoi les femmes honnêtes n’imitent-elles pas les filles publiques, et les bourgeois les Romains?
_Les hommes, lorsqu’ils ont foutu A double couillon rabattu, Se lavent dans une terrine._
DUMOULIN-DARCY.
_Pourtant il leur manque, en somme (Ce qui vaut bien un écu), De savoir sucer un homme Et de se laver le cul._
DE LA FIZELIÈRE.
LAVETTE. Le membre viril—peu viril.
_Mais c’machin s’change en lavette, Grâce au pouvoir d’ la vertu, Et j’ m’en tire quitte et nette Avec un peu d’ colle au cul._
(_Parnasse satyrique._)
LE et quelquefois aussi LA. (Sous-entendu _vit_ ou _pine_.)
Le voilà qui se durcit vraiment... qui se roidit... Attends, que je me renverse tout à fait pour que nous le fassions entrer quelque part.
LA POPELINIÈRE.
Il dit qu’il voulait qu’on le lui coupât, s’il ne faisait son devoir.
(_La France galante._)
LÈCHE-CUL. Petit chien havanais, king’s Charles, épagneul, ou de n’importe quelle autre race, qu’affectionnent volontiers les filles pour en être gamahuchées.—Voir _Gimblette_.
LESBIENNE. Femme qui préfère Sapho à Phaon, le clitoris à la pine; Parisienne qui semble née à Lesbos, «terre des nuits chaudes et langoureuses.»
_Elle aime tous les rats, Et voudrait, la Lesbienne, Qu’à sa langue de chienne Elles livrent leurs chats._
J. DUFLOT.
LEVER LE CROUPION ou LE CUL. Se remuer sous l’homme, dans l’acte copulatif.
C’est plaisir de la voir lever le croupion à chaque coup de queue.
SEIGNEURGENS.
Elle levait toujours le cul de peur d’user les draps.
TABARIN.
_Blaise hausse la bouteille, Et Margot lève le cul._
COLLÉ.
_Je n’aime point ces demoiselles Qui lèvent par trop le devant._
COLLÉ.
LEVER À JEUN (Se). Se lever sans avoir fait l’acte copulatif, même une pauvre petite fois.
_Souvent je me levais à jeun D’avec ce sacrilége; Et jamais le défunt N’en fit qu’un: Le bel époux de neige!_
COLLÉ.
LEVER LE SIÉGE. Débander après avoir bandé devant une femme qui fait trop de façons pour se laisser baiser.
Une trop longue défense a souvent fait lever le siége d’une place qui voulait se rendre: il arrive des accidents.
COLLÉ.
LEVER UNE FEMME, ou seulement LEVER. Dire des galanteries à une femme, au bal ou dans la rue, et l’emmener coucher avec soi pour en faire.
J’irai ce soir à Bullier, si je ne lève rien...
LYNOL.
LEVER UN HOMME. S’arranger de façon, lorsqu’on est femme, à attirer, dans un bal ou sur le boulevard, par ses œillades ou ses effets de croupe, l’attention et les désirs d’un homme qui, ainsi allumé, suit, monte, paie et baise.
Ces filles ne vont au Casino que pour lever des hommes ou se faire lever par eux.
A. FRANÇOIS.
Tiens! Xavier qui vient d’être levé par Henriette.
MONSELET.
On dit aussi dans le même sens: _Faire un homme_.
LIBERTIN. Homme qui prend volontiers des libertés avec les femmes,—des libertés et le cul.
_Chez ce libertin cagot Qu’ j’ai tant d’ mal à satisfaire._
JULES POINCLOUD.
LIBERTINAGE. Talent particulier, science particulière pour faire jouir les femmes quand on est homme, et les hommes quand on est femme.
Sais-tu que tu es d’un libertinage affreux, et que je ne veux point, moi, suivre ton exemple?
LA POPELINIÈRE.
LIBERTINE. Femme qui connaît à merveille les secrets du métier d’amour.
_J’ai vu, jeunes Français, ignobles libertines, Vos mères, belles d’impudeur, Aux baisers du Cosaque étaler leurs poitrines Et s’enivrer de son odeur._
AUG. BARBIER.
LIMACE. Membre viril—qui n’est pas viril; par exemple, celui des vieillards, qui ne sait plus relever fièrement la tête au premier appel d’une femme, et aspire honteusement à la tombe, comme le nez du père Aubry.
_Bien qu’en toi sa limace ait été dégorgée, Pour toi je bande encore..._
LOUIS PROTAT.
LIMER. Rester longtemps sur une femme sans arriver à l’éjaculation.
L’étudiant limant encore, pour l’acquit de sa conscience, car il ne bande plus aussi raide.
H. MONNIER.
_Mais sans folle ivresse, Il ne fait rien Qu’il ne lime sans cesse._
COLLÉ.