Dictionnaire érotique moderne

Part 15

Chapter 153,661 wordsPublic domain

GIGOLETTE. Drôlesse de quinze à seize ans qui débute dans la vie en même temps que dans le vice et qui est du bois—pourri—dont on fait les putains.

La gigolette est une adolescente, une muliéricule... qui tient le milieu entre la grisette et la gandine,—moitié ouvrière et moitié fille.

A. DELVAU.

GIGOLO. Le mâle de la gigolette—comme le pierrot est celui de pierrette, comme le maquereau celui de la maquerelle.

Le gigolo est un adolescent, un petit homme... qui tient le milieu entre Chérubin et don Juan,—moitié nigaud et moitié greluchon.

A. DELVAU.

GIGOTS SANS MANCHE. Les cuisses et les fesses d’une femme, qui n’ont de manche que le vit que l’on peut y mettre.

_De Montrouge un noir habitant Repoussant la jeune Glycère Qui veut le conduire à Cythère, Lui dit:—A Sodome on m’attend. Vous avez la peau fine et blanche; Mais un certain défaut vous nuit: Apprenez qu’un gigot sans manche A notre four n’a jamais cuit._

BLONDEL.

GIGOTTER. Remuer, saccader, osciller et jouer des reins; danser la gigue sur les reins, ayant un homme entre les cuisses.—Dans un autre cas, on dit gigotter, pour manger du gigot. D’où cette facétie:

J’aime le lapin; ma femme préfère le gigot. Or, quand nous dînons dehors, chacun son goût: je prends mon plat de chat, mon lapin, et elle son gigot.—Quand je _lapine_, ma femme _gigotte_.

GIMBLETTE (Faire la). Se donner mutuellement des douceurs, entre pensionnaires:—se masturber.—Dans le tableau de Frago, c’est une jeune fille qui se fait lécher le con par un chien qu’elle attire avec une gimblette (petite pâtisserie appelée ainsi).

GITON. Fils d’Hermès et d’Aphrodite, d’après M. de Chompré—qui avait lu le _Satyricon_ de Pétrone; nom du jeune homme qui est devenu celui de tous les jeunes hommes—du même sexe que celui qui servait aux plaisirs d’Ascylte et d’Encolpe.

_Pour dérouter mon amant Du goût qui l’attache, De son giton prudemment Je prends quelquefois la tâche, Quoiqu’il soit bien dur au con Qu’on foute son compagnon Jusque sous sa moustache!_

COLLÉ.

GLAIRE. Sperme qui sort du membre viril, et qui ressemble, en effet, à une spermosité crachée par le trou de la pine.—On dit aussi: _Pousser son glaire_, pour introduire son membre dans la nature de la femme.

GLAND. La partie supérieure du membre viril,—ainsi nommée à cause de son exacte ressemblance avec le fruit du chêne et du hêtre. On prend souvent cette partie du membre pour le membre lui-même.

_Comme le gland d’un vieux qui baise Flotte son téton ravagé._

ANONYME.

GLOBES (Les). Les tétons, sur lesquels les lèvres voyagent sans se lasser;—quelquefois les fesses ou les testicules.

_Et sa gorge charmante, au lieu d’être enfermée Dans un affreux corset qui l’aurait déformée, Montrant à découvert ses deux globes polis, Se tenait d’elle-même et sans faire aucuns plis._

L. PROTAT.

_Lequel montrait deux globes faits au tour, Qu’on aurait pris pour ceux du tendre Amour._

VOLTAIRE.

_Deux petits globes au dessous, Pour fortifier le mystère, Donnent le contrepoids aux coups, Et rendent le jeu moins austère._

(_Cabinet satyrique._)

GOBER LE MERLAN. Sucer un homme jusqu’à l’éjaculation inclusivement, et boire le sperme qui sort de son membre frémissant,—par allusion au merlan roulé dans la farine et à sa forme allongée.

GOBER UN HOMME. Avoir envie de coucher avec lui.

Mon cher Arthur, Emma te gobe.

A. FRANÇOIS.

GODEMICHET. Phallus de cuir ou de velours avec ou sans ressorts, que les femmes libertines ou pusillanimes substituent au véritable phallus de chair et d’os que la prévoyante nature nous a soudé à tous au bas du ventre pour nous reproduire, et surtout pour jouir.—Ce mot vient du latin: _Gaude mihi_, fais-moi plaisir. Cet engin, aussi singulier qu’ingénieux,—le rival sérieux de l’homme, dont la vigueur est malheureusement limitée,—cet engin est en usage depuis que le monde est monde, c’est-à-dire livré à la corruption. Les dames romaines s’en servaient bien avant les dames françaises, comme l’indique le _Satyricon_, où l’on voit le pauvre Encolpe-Polyænos étrangement arrangé par Œnethée, la vieille prêtresse.—Une autre preuve, c’est le passage suivant de l’_Escole des Filles_, où Suzanne la délurée dit à Fanchon, à peine déniaisée par son ami Robinet:

J’ai leu dans un livre l’histoire d’une fille de roy, qui se servoit d’une plaisante invention, au défaut du véritable masle. Elle avoit une statue d’homme de bronze, peinte en couleur de chair et fournie d’un puissant engin d’une matière moins dure que le reste. Cest engin estoit droit et creux, il avoit la teste rouge et un petit trou par le bout, avec deux pendants en forme de couillons, le tout imité au naturel. Et quand la fille avoit l’imagination eschauffée de la présence de ce corps, elle s’approchoit de cest engin, qu’elle se fourroit dedans le con, elle empoignoit les fesses de cette statue et les trémoussoit vers elle; et quand ce venoit à descharger elle tournoit un certain ressort qui luy sortoit derrière les fesses, et la statue jettoit incontinent par l’engin une certaine liqueur chaude et espaisse, blanche comme bouillie, dans le con de la fille, dont elle estoit arrosée et satisfaite pour le coup.

Les anciens écrivains gaillards avaient donc raison d’écrire _gaudemichi_—qui se rapproche plus, étymologiquement, de _gaude mihi_ que _godemichet_.

L’une se trouva saisie et accommodée d’un gros godemichet entre les jambes, si gentiment attaché avec de petites bandelettes autour du corps, qu’il semblait un membre naturel.

BRANTÔME.

_Il ne reste plus rien du bien de mon partage Qu’un seul godemichi, c’est tout mon héritage._

THÉOPHILE.

_Et feignant de prier en fermant son volet, Pour un godemichet quitte son chapelet._

PIRON.

GODICHE (Être ou n’être pas). Se laisser ou ne pas se laisser facilement duper par les femmes, ces éternelles monteuses de coups.

Ça me rappellera... le temps où j’étais si godiche avec le sexe, où les femmes m’allumaient si facilement.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

GODILLER ou GAUDILLER. Jouir en baisant.—Cette expression a passé du dictionnaire des matelots dans celui des Parisiens, gens amphibies, moitié canotiers et moitié l’autre chose. _Godiller_, pour un homme de mer, c’est se servir d’un aviron appelé _godille_ ou _goudille_, qui, placé dans une entaille arrondie sur l’arrière d’une embarcation, lui sert à la diriger.

_Puissé-je, en passant l’onde Du fleuve au roi cornu, Godiller ferme et dru, Et cramper dans le cul De ma blonde._

E. DEBRAUX.

GODILLER (Faire). Faire jouir une femme ou un homme.—Éprouver un accès de priapisme; bander.

Je veux qu’on me paie pour me faire godiller, moi!

LEMERCIER DE NEUVILLE.

GOGOTTE. Le membre viril, lorsqu’il manque de virilité; vit d’enfant.

_Tirez parti de ces tristes gogottes, Vous en viendrez à pisser dans vos bottes._

(_Chanson d’étudiants._)

GONFLER (Faire) SON ANDOUILLE. Se masturber.

_Ça m’trifouille, Ça m’gargouille, Ça fait gonfler mon andouille._

L. L.

GONZESSE. Fille ou femme de mœurs beaucoup trop légères; fille publique même.

Allumer tous les soirs la chandelle de l’hyménée en faveur d’un tas de gonzesses...

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Ils entretienn’nt des gonzesses Qui loge’ à la Patt’ de Chat._

GUICHARDET.

GORGE (Avoir de la). Posséder de plantureux tétons,—la seule richesse dont les femmes soient fières: c’est comme si elles avaient pignon sur rue.

Dis donc, a-t-elle autant de gorge que moi, ta madame?

H. MONNIER.

Je suis sûre qu’elle ne se tient pas comme la mienne, sa gorge.

H. MONNIER.

_A voir sa gorge toute nue, Son corps tout du long étendu, L’on jugeait qu’elle avait perdu Sa pudeur et sa retenue._

GRÉCOURT.

_Ma gorge se tient mieux qu’un militaire, Mon con est boisé comme l’est Meudon, Afin de cacher l’autel du mystère Où l’on officie en toute saison._

ANONYME.

GOTHON. Abréviation de _Margoton_, qui signifie fille de mauvaise vie.

GOUAPEUSE. Petite drôlesse qui préfère la rue à l’atelier, le vagabondage au travail, et qui s’amuse avec les quéquettes des polissons de son âge en attendant l’occasion d’amuser les pines des messieurs plus âgés.

GOUFFRE SECRET. Grand et vieux con.—Engouffrez-vous, messieurs, voilà l’ plaisir!

Ces femmes aident autant qu’elles peuvent à la méprise par les toilettes préparatoires: ... elles compriment leurs tétons mollasses et pendants, elles réparent par des lotions astringentes les hiatus trop énormes de leurs gouffres secrets.

(_Anecd. sur la comtesse Du Barry._)

GOUGNOTTE. «Fille ou femme qui abuse des personnes de son sexe», dit M. Francisque Michel—qui, par pudeur, manque de clarté; la gougnotte est une fille qui ne jouit qu’avec les filles, qu’elle gamahuche ou qui la branlent; une gougnotte préfère Sapho à Phaon, le clitoris de sa voisine à la pine de son voisin.

GOUINE. Nom qu’on donne à toute fille ou femme de mœurs trop légères, et que le Pornographe fait venir de l’anglais _queen_, reine—de l’immoralité; mais qui vient plutôt de Nelly Gwinn, célèbre actrice anglaise qui avait commencé par être bouquetière, et qui, d’amant en amant, est devenue la maîtresse favorite de Charles II.

GOUJON. Le membre viril,—qui frétille dans le con de la femme comme poisson dans l’eau.

_Mais surtout prenez ce goujon, Et mettez-le dans la fontaine Qu’on voit tout le long, le long de la bedaine._

(_Chanson anonyme moderne._)

GOUPILLON (Le). Le membre viril—avec lequel on asperge de sperme les femmes, heureuses d’être ainsi aspergées.

_En priant pour la sainte Vierge, Vous prîtes votre goupillon, Et le tenant droit comme un cierge, Il semblait que le cotillon Vous donnât certain aiguillon._

(_Parnasse satyrique._)

GOURDES (Les). Les testicules, dans lesquels il y a une provision du cordial qui réchauffe les femmes malades de langueur.

_Le troupier: mes roustons; le cocher: mes roupettes; Le marchand de coco: des gourdes; les grisettes: Des machines..._

LOUIS PROTAT.

GOURGANDINE. Fille ou femme qui se laisse baiser par le premier homme venu, militaire ou _pékin_, gros ou petit, riche ou pauvre, qui lui offre un dîner, une robe, ou seulement un verre de _jaune_.

Toujours il a eu le même public mâle et femelle, les mêmes faubouriens et les mêmes faubouriennes, les mêmes voyous et les mêmes petites gourgandines.

A. DELVAU.

GOURGANDINER. Hanter les mauvais lieux et les drôlesses qui les habitent.

GOURMANDE. Femme trop portée sur la queue, et difficile à satisfaire à cause de cela.

GOÛTER LES PLAISIRS, LES ÉBATS, LES JOIES, etc. Baiser, ce qui est la félicité suprême.

_Mais qu’importe, si l’on goûte Le doux plaisir de la chair? Qu’importe, pourvu qu’on foute? Cela vous paraît-il clair?_

COLLÉ.

_Eh bien! mon petit cœur, eh bien! ma mignonnette, Ne voulez-vous pas bien vous marier un jour Pour goûter les ébats du petit dieu d’amour._

TROTTEREL.

Quand elle eut commencé à goûter un peu les joies de ce monde, elle sentit que son mari ne la faisait que mettre en appétit.

BONAVENTURE DESPERRIERS.

GOÛT PARTICULIER. La pédérastie ou le gougnottisme, selon le sexe; ainsi nommé parce que c’est un goût presque général chez les filles galantes de Paris.

_Ne croyez pas que je contracte Ce goût, déjà trop répandu; C’est bon pour amuser l’entr’acte Quand le grand acteur est rendu._

BÉRANGER.

GOÛT POUR QUELQU’UN (Avoir du). Avoir envie de coucher avec telle femme plutôt qu’avec telle autre lorsqu’on est homme, ou avec tel homme plutôt qu’avec tel autre lorsqu’on est femme.

Elle en tombera à la renverse si elle a autant de goût pour moi que vous le dites.

LA POPELINIÈRE.

_Dit-on à présent: Je vous aime? Non, l’on dit: j’ai du goût pour vous._

COLLÉ.

GOÛTS CONTRE NATURE (Avoir des). Être pédéraste, si l’on est homme,—ou gougnotte, si l’on est femme.

On ne le lui met plus!... On le lui a donc déjà mis! L’homme que j’ai honoré de mes faveurs aurait donc des goûts contre nature?

JEAN DU BOYS.

GOÛTS LUBRIQUES (Avoir des). Être très corrompu en amour.

_On l’accusa d’avoir des goûts lubriques, Dont le récit fait dresser les cheveux; De dédaigner les amours platoniques Et de boucher des trous incestueux._

CH. BOYLE.

GOUTTE. Employé dans un sens obscène pour désigner le sperme.

_Elle sucerait bien la goutte De quelque gros vit rabouté, Mais je veux qu’un goujat la foute Avec un concombre pelé._

THÉOPHILE.

GOUTTE MILITAIRE. Sécrétion gonorrhéique qui vient chaque matin au bout du membre viril qui a été à la guerre amoureuse et qui y a été blessé—sans daigner se guérir.

GRAISSER LE VAGIN (Se). Se faire baiser, s’oindre le con de sperme.

_C’était ma femme au retour d’un voyage, Et qui devait n’arriver que demain; Elle venait consoler mon veuvage, Et pour cela se graissait le vagin._

ANONYME.

GRAISSER SA PUNAISE. Baiser sa maîtresse.

Je lui en veux: il a graissé ma punaise.

A. POTHEY.

GRANDES LÈVRES. Orifice du vagin de la femme; tentacules s’emparant de tout priape qui vient regarder à l’entrée et ne le rendant à la liberté qu’après en avoir exprimé toute la moelle.

GRANDE CONFRÉRIE. Celle des cocus, qui est, en effet, la plus nombreuse.

_Quand Joseph épousa Marie, Le grand-prêtre lui dit: Mon vieux, Te voilà de la confrérie Des époux et des... bienheureux! Que près du lit de ta poulette Vienne un ange avec un moineau... Et qu’il lui mette, mette, mette, Mette le doigt dans cet anneau._

BÉRANGER.

GRAND JEU (Le). Toutes les polissonneries qui sont la ressource des filles savantes pour faire jouir les débauchés usés.

J’veux que mes cinq sens soient satisfaits: c’est c’que j’appelle le grand jeu, moi! Le toucher? tu m’as branlé. L’odorat? tu m’as fait une langue à l’absinthe. La vue? j’ai contemplé ces ordures, et toi. Il ne me manque plus que les satisfactions de l’ouïe et du goût.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

GRANGE (la). Le con.

_Un jour ma Jeannette Me dit: Robinet Ma grange est bien nette, Mets-y ton boquet._

(_Chansons folastres._)

GRATTE-CUL. Femme qui n’est plus bonne au service amoureux.

_Dans c’ siècle-ci, plus d’un mauvais sujet Change en gratt’-cul la rose la plus belle._

E. DEBRAUX.

GRATTER DANS LA MAIN. Déclaration muette. Sorte de pantomime, qui se joue discrètement dans le monde des filles.—Qu’un homme désire une femme ou... _vice-versa_, il lui suffit, profitant de la poignée de main d’adieu, de gratter légèrement du médium la paume de la main qu’il presse. Si la réponse a lieu de la même manière, l’affaire est dans le sac,—demande et réponse affranchie.

GRATTER SON DEVANT. Se masturber.

Si j’eusse pensé que ma fille eût été si vite en besogne, je lui eusse laissé gratter son devant jusqu’à l’âge de vingt-quatre ans.

(_Les Caquets de l’accouchée._)

GRAVELURES. Obscénités dites ou chantées, comme il s’en dit et chante—principalement dans les réunions bourgeoises, chez les gens honnêtes, devant les grands parents et les petites filles.

_Si j’ n’ons point d’gravelures, C’n’est point, sur notre honneur, Par pudeur._

COLLÉ.

GRAVONNER. Patiner les testicules de l’homme pendant qu’il baise.

Afin que la femme pût lui toucher, mettre la main dessus, gravonner pendant le temps de la conjonction.

MILILOT.

GREFFER UN TENDRON. Prendre une jeune fille pour un arbre, la grimper et lui faire un enfant.

_Lorsque la charmille pousse, D’une main légère et douce Je lui donne une façon; Souvent je plante et je sème, Mais, mon plaisir est extrême, Lorsque je greffe un tendron._

(_Vieille chanson anonyme._)

GRELUCHON. Homme qui tient le milieu entre l’amant de cœur et le monsieur, entre celui qui paie et celui qui est payé.

GRELUCHONNER. Synonyme de _Paillassonner_. Appliqué à un homme, signifierait: faire le greluchon.—Ce verbe s’applique plus logiquement à une femme galante, qui, lorsqu’elle ne travaille pas avec le miché sérieux, s’amuse avec un ami: elle greluchonne.

GRIGOU. Signifiait autrefois: lépreux, vieux grec.—Aujourd’hui, ce mot veut dire: époux vieux, laid, avare et jaloux:—Othello et Bertholo réunis.

_Il était une femme, Femme d’un vieux grigou, Toujours fermant porte et verrou. Quand il allait en ville, Pour plus de sûreté, Il emportait la clé._

(_Vieille chanson anonyme._)

GRIMPER. Baiser une femme, monter sur la cavale qui doit conduire au bonheur.

_Neptune au fond des eaux y grimpe Nymphes, sirènes et tritons._

PIRON.

Tu t’es laissé grimper avant que... j’t’aie donné tes gants.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Les uns vont au bordel. Les autres Grimpent les femmes des voisins, Et, de Priape heureux apôtres, Vendangent leurs divins raisins._

(_Parnasse satyrique._)

GRIVOIS. Libertin en paroles ou en actions; peloteur et, conséquemment, fouteur.

Mon grivois ne voit pas plus tôt un cotillon mettre un pied dans sa chambre que, s’élançant par la ligne droite et franchissant la table, il me joint, me saisit avant que j’aie le temps d’ouvrir la bouche.

A. DE NERCIAT.

GROS LOT (Avoir, donner ou gagner le). Avoir, donner la vérole,—le plus gros lot qu’on puisse gagner à la loterie de l’amour.

GROS NUMÉRO. Bordel.

GRUE. Fille entretenue, parce que les filles de cette espèce sont souvent plus bêtes que belles—ce qui fait qu’on ne s’explique pas les folies que les gandins font pour elles.

Dans certains théâtres, on voit de jeunes aspirantes qui se font des yeux jusqu’aux oreilles et des veines d’azur du corset jusqu’aux tempes; ce ne sont pas des femmes, ce sont des pastels; cette première catégorie de grues s’appelle les _maquillées_.

JOACHIM DUFLOT.

GUENILLES (Les). Les testicules de l’homme, que dédaignent les femmes—qui ne peuvent plus s’en servir.

GUENIPPE. Femme de mauvaise vie; guenon.

_Mais présentement que l’on grippe, Et Lise, et toute autre guenippe._

(_La France galante._)

_Sus donc, gentilles guenippes, Prenez vos plus belles nippes, Sans vos attiffets laisser... Et vous faites enchâsser._

LE SR DE SYGOGNES.

GUENON. Femme de mauvaise vie, qui se trousse et écarte les jambes au profit du premier orang-outang venu.

Le temps où les femmes m’allumaient si facilement que la première guenon venue qui me mettait la main dessus me f’sait faire bâton pendant quinze jours.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

GUENUCHE. Variété de guenon.

_Elle est sèche comme une cruche, Mal faite comme une guenuche, Éloquente comme un Gascon, etc._

(_Cabinet satyrique._)

GUEUSE. Femme de mœurs beaucoup trop légères, qui n’est pas la femelle du gueux,—au contraire.

_Quand d’un air tout de franchise Une gueuse m’aborda._

PIRON.

GUIGNER LES VITS. Porter souvent ses regards à l’endroit du pantalon où se trahit le mieux le sexe de l’homme et par lequel on sait ainsi ce qu’il pense—des femmes présentes.

_J’ai des cheveux roux comme des carottes, Des yeux de faunesse, émerillonnés, Qui guignent les vits au fond des culottes Et des pantalons les mieux boutonnés._

ANONYME.

GUIGNES. Les testicules—à cause de leur forme.

Ma cousine... empoigne-le bien fort... Tu sais si bien frotter, frotte-moi de l’autre main mes guignes.

LA POPELINIÈRE.

GUIGUI. Le membre viril.

Ah! petit coquin! tu t’en vas... tu me quittes... ta pauvre guigui n’a ni force ni vertu.

LA POPELINIÈRE.

GUIGUITTE. Priape enfant.

GUILLEDOU. Vieux mot hors d’usage signifiant un mauvais lieu.

_Je suis bien fait, car j’ai des cornes, Puisque tu cours le guilledou._

LA FONTAINE.

_Car Pallas, bien que la déesse Du bons sens et de la sagesse, Courait partout le guilledou._

CHAPELLE.

H

HABITAVIT (L’). Le pantalon, dans lequel habite le vit.

HARPONNER UNE FEMME. La baiser militairement, sans s’arrêter aux bagatelles de la porte, pelotage, langues fourrées, branlage du bouton, etc.,—comme fait un pandour qui viole une béguine.—On dit aussi: _Se harponner_.

Ma gorge, par exemple, tu n’as pas eu le loisir d’y faire attention: nous venons de nous harponner si brusquement.

A. DE NERCIAT.

HAUTE-BICHERIE (La). Les plus élégantes et les plus coureuses Parisiennes, reines d’un jour—et surtout d’une nuit—qui ne font que paraître et disparaître sur le boulevard, leur champ de bataille.

Ce salon—qui n’est pas autre chose qu’un marché—est hanté par la Haute-Bicherie parisienne: musardines, précatelanières, biches, lorettes, filles de marbre et autres gourgandines élégantes qui viennent là exactement comme nous allons à la Bourse, pour y faire leurs petites affaires.

A. DELVAU.

HERCULE (Un). Fouteur capable d’accomplir les douze travaux... ou même un peu moins, ce qui n’est déjà pas mal.

Tu possèdes un hercule, ma chère Tullie; que les autres hommes lui ressemblent peu!

(_Meursius français._)

HÉRISSON. La nature de la femme,—à cause des broussailles qui en obstruent l’entrée et auxquelles s’égratigne quelquefois le membre viril.

HEURE DU BERGER (L’). Le moment où l’homme baise la femme pour laquelle il bandait depuis plus ou moins de temps.

_Lorsque le temps que l’amour donne N’est pas employé prudemment, Ce dieu pardonne rarement: Amant, l’heure du berger sonne, Mais ne sonne qu’un moment._

COLLÉ.

HIATUS (L’). La nature de la femme—qui, en effet, bâille toujours. Il peut se faire que les hiatus ne soient point tolérés dans les vers; mais, dans les draps, ils sont très estimés.

HIRONDELLE. Jeune fille encore pucelle, qui annonce le printemps de l’amour comme l’aronde le printemps de l’année.

HISTOIRE. Le membre viril—que la femme se plaît à étudier avec son ventre;—quelquefois le con.

Allons, pas tant de façons: montre-moi ton histoire.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Madame, lui dit-il, je ne peins que l’histoire. —Eh! quoi, mon cher Monsieur, n’est-ce donc que cela? Peignez toujours... le reste, un autre le peindra._

ARM. SÉVILLE.

HOMME À FEMMES. Grand fouteur, après lequel courent toutes les femmes et qui court lui-même après toutes.

_Un homme aimable, un homme à femmes, S’il veut être l’homme du jour, S’il veut avoir toutes nos dames, Ne doit jamais avoir d’amour._

COLLÉ.

HOMME ARDENT, FEMME ARDENTE. Homme amoureux, femme amoureuse, aimant à baiser. C’est l’_ardens_ d’Ovide.

HOMME À RESSORTS. Godemichet, qui rend mieux que l’homme sous la volonté de la femme qui veut jouir et qui le trouve toujours prêt.

_Vos mirliflors Vaudraient-ils cet homme à ressorts?_

COLLÉ.

HORREURS (Chanter des). Chanter des couplets gaillards, à double sens, pleins d’équivoques obscènes, comme se plaisent à en chanter les bourgeois lorsqu’ils sont en famille.

S’il a chanté! j’crois ben... Des horreurs, ma vieille, qu’il a chantées.

HENRY MONNIER.

HORREURS (Dire des). Être libre en paroles; tenir des discours d’une grande lubricité,—pour pousser à l’accomplissement de l’acte vénérien.—Faire des horreurs. Se porter à des voies de fait agréables envers les femmes, leur prendre le cul, les tétons et le reste.—_Horreurs_ est une antiphrase comme _Euménides_,—mais dans le sens contraire.

_Qu’une femme devait et dire et savoir faire Toutes les saletés et toutes les horreurs; Que cela ranimait le chibre des fouteurs._

LOUIS PROTAT.

HOURIS. Le pavé du Paradis de Mahomet,—sur lequel les vrais croyants espèrent se rouler éternellement un jour ou l’autre.

_Des houris, toujours belles, Qu’on satisfera bien, Et qui, toujours pucelles, N’arrêteront sur rien._

COLLÉ.

HUILE. Le sperme, qui est l’huile essentielle de l’amour.

_Qu’après d’une douce huile je graisse le dedans, Lorsque je la tiendrai sur le dos étendue._

THÉOPHILE.

HUÎTRE. Le con qui sent la marée, s’ouvre et se referme sur le doigt du pêcheur; sa morsure, quoique douce, est parfois venimeuse.