Dictionnaire érotique moderne

Part 14

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FONTAINE. La nature de la femme, où s’abreuve l’humanité—altérée de jouissance.

_Le vin est inventé pour vous: Il fait rejaillir la fontaine Qu’on voit tout le long, le long de la bedaine._

(_Chanson anonyme moderne._)

Nous fûmes aussitôt tous les trois près d’elle lui faire les caresses qu’elle montrait désirer; à peine avions-nous posé nos mains sur ses fesses, qu’après deux ou trois mouvements de reins, nous l’aperçûmes tourner de l’œil, et nous vîmes couler la fontaine du plaisir.

MIRABEAU.

—On le dit aussi d’une femme qui a des flueurs ou un écoulement vénérien. De là le surnom d’une célèbre habituée de bals, Clara Fontaine:

_Coule, coule toujours, Fontaine des amours._

G. NADAUD.

FORCER LA BARRICADE. Déchirer la membrane de l’hymen d’une vierge en la dépucelant, la baïonnette en avant.

Il poussa et m’entr’ouvrit avec plus de facilité que devant, et fit tant à la fin, se remuant de cul et de tête, qu’il força la barricade.

MILILOT.

FORCER UNE FEMME. La baiser malgré elle.

Je vous ai forcée, je vous ai violée; mais je n’ai pu faire autrement, et je vous en demande pardon.

LA POPELINIÈRE.

FORÊT HUMIDE (La). La motte de la femme, qu’arrosent si fréquemment la sueur, l’urine, les menstrues, le sperme, les ablutions, etc.

_Notre morpion se hâta De gagner la forêt humide Qui devant lui se présenta._

B. DE MAURICE.

FORNICATEUR. Homme qui se plaît à commettre le doux péché de fornication.

_Grand gesticulateur, Hardi fornicateur, Et dont l’incontinence S’attaque à l’honneur De ma sœur._

COLLÉ.

_Un jeune capucin, Qui fornique et qui prie, Allait passer sa vie Dans un couvent lointain._

J. CABASSOL.

Notre grand’maman Ève elle-même n’a-t-elle pas commencé à mettre la fornication en honneur?

PIGAULT-LEBRUN.

_Puis la virant, preste sur la croupière, Se huche. Hélas! quel taon vous a piqué? Serrant le cul, s’écria la commère; Par là jamais nous n’avons forniqué._

PIRON.

FOUAILLER UNE FEMME. La baiser, se servir avec elle du fouet qui cingle si bien.

Elles savent donc qu’il y a des moines qui fouaillent.

(_Moyen de parvenir._)

La fille de taverne, dit Auguste Barbier,

... _N’a d’amour chaud et libertin Que pour l’homme hardi qui la bat et la fouaille Depuis le soir jusqu’au matin._

FOUAILLEUR. Coureur de filles, bordelier.—«Un T de plus dans ce mot, et on a son étymologie,» dit l’auteur des _Excentricités du langage_, M. Lorédan Larchey.

FOUETTER UN HOMME, afin d’amener l’érection de son membre.

_Si son vit impuissant n’a pas encor bandé... On saisit le bouquet de verges à deux mains. On fustige le vieux sur la chute des reins: La douleur qu’il éprouve est quelquefois bien grande, Mais il ne se plaint pas, il est heureux... il bande!_

LOUIS PROTAT.

FOULER. Faire l’acte vénérien.

_Ne foulez point son mausolée, La pauvre fut assez foulée Durant le temps qu’elle a vécu._

(_Cabinet satyrique._)

FOUR. Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la femme.

Avec sa pâte qui fut levée aussitôt que le four fut chaud.

(_Moyen de parvenir._)

_S’il vous plaist nous prester vos fours, Nous sommes à vostre service._

_Il est défendu par nos loix De travailler dans un four large._

(_La Fleur des chansons amoureuses._)

FOURBIR UNE FEMME. La baiser, frotter de la queue les parois de son vagin pour les dérouiller,—ce qui la rend non-seulement _polie_, mais très contente.

Comme s’il fallait que je lui donnasse du salaire pour avoir fourbi cette gaupe.

CH. SOREL.

_Puis vous fourbit l’agréable femelle Qui l’occupait._

GRÉCOURT.

FOURGONNER UNE FEMME. La baiser, en introduisant dans son petit foyer la pine en guise de _poker_.

FOURNIR SA CARRIÈRE. Achever de jouir en baisant.

Tu aurais été ravie en extase en voyant seulement comme il se tourmentait sur moi dans le temps que nous achevions de fournir notre carrière.

MILILOT.

FOURRAGER. Patiner une femme; essayer d’introduire son membre dans son aimable hiatus.

Eh bien! eh bien! où vas-tu comme ça?... Qu’est-ce que tu fourrages là-dedans?

HENRY MONNIER.

FOURRER (Le). Introduire le membre viril dans la nature de la femme.

Je me le figure toujours tel que s’il me le fourrait dedans le con avec force et qu’il eût de la peine à entrer.

MILILOT.

FOUTERIE. Action de foutre une femme, ou d’être foutue par un homme,—du verbe _futuo_, qui a la même signification.

Ceux-là qui sont bien fournis d’instruments à fouterie et qui sont propres à donner un plaisir partout.

MILILOT.

_Tu brûlais pour moi d’un amour immense Dans des vers fort beaux—que je n’ai pas lus; Notre fouterie à peine commence, Et déjà, mon cher, tu ne bandes plus!_

ANONYME.

FOUTERIE DE PAUVRE. Pauvre fouterie; mauvais coup.

FOUTEUR. Homme qui satisfait les femmes, au lit ou en fiacre, à pied ou à cheval.

_Veuve de son fouteur, la gloire, La nuit, dans son con souverain, Enfonce—tirage illusoire!— Ce grand godemichet d’airain!_

(_Parnasse satyrique._)

_Et mandons à tous nos fouteurs, Fussent-ils un peu plus à l’aise, De prendre au con seul leurs ébats._

COLLÉ.

Je veux dire que tu es un crâne fouteur, que tu me chausses comme jamais en effet je n’ai été chaussée.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

FOUTEUSE. Femme qui aime à être baisée, ou qui met son art à bien faire jouir les hommes qui la baisent.

Tu es une belle fouteuse, ma mie.

LA POPELINIÈRE.

_Car on peut devenir une bonne fouteuse, Mais on ne devient pas, il faut naître branleuse._

L. PROTAT.

_Homme goulu, femme fouteuse Ne désirent rien de petit._

THÉOPHILE.

FOUTIMASSER. Baiser dans un grand con, avec un vit trop petit, ou ne pas assez bander: en somme, ne faire rien qui vaille.

_Ton vit plus froid que glace Reste molasse, Il foutimasse; Quel bougre d’engin!_

PIRON.

_Un ribaud, quelquefois, trop plein de son objet, Fatigue, échauffe en vain un aimable sujet; Sans cesse auprès de lui, le paillard foutimasse Et sur ses nudités sa main passe et repasse._

(_L’Art priapique._)

_Loin ces foutimaceurs qui gastent le métier... Ne foutimacez plus les oreilles des dames._

(_Paroles grasses de Caresme-prenant._)

FOUTOIR. Nom que les libertins donnent au boudoir, lieu où il ne s’agit pas de _bouder_, en effet, mais bien de _foutre_.—(V. _Boudoir_.)

FOUTRE (Le). Le sperme de l’homme et de la femme, la semence que celui-ci jette, à couillons rabattus, dans le champ de celle-là où poussent, au bout de neuf mois, des enfants mâles ou femelles.

Ensuite de cela, il me monte dessus, et en me faisant entrer son gros vit bandé au con, il me chevauche jusqu’à ce que son foutre me coule au fond de la matrice.

MILILOT.

_Ah! la belle heure, quand j’y pense! On mettrait une flotte à flot Avec le foutre qu’on dépense Tant que résonne son grelot._

(_Parnasse satyrique._)

FOUTRE. Interjection témoignant le mépris que l’on fait d’une chose.

_Foutre des neuf garces du Pinde, Foutre de l’amant de Daphné..._

PIRON.

FOUTRE. Le mot le plus énergique du langage érotique. Il signifie:

Jouir!—dépenser son sperme, n’importe de quelle façon,—en foutant.

Il y a fouteurs et fouteurs, comme il y a fagots et cotterets. Ainsi:

On fout à couillons rabattus, comme un Dieu, comme un roi, comme un prince,—ou comme un âne débâté.

On fout comme un daim, comme un épicier, comme un maçon, comme un pigeon.

On fout en main, en bouche, en aisselle, en con, en cul, en tétons, en cuisses.

On fout à la paresseuse, en levrette, à la florentine, à culs nus, à la dragonne, en cygne, etc.

On fout sa maîtresse, sa tante, sa cousine, sa femme, sa belle-sœur, sa belle-mère, sa bonne, sa portière, sa voisine, et—quelquefois son voisin.

_Le roi fout la reine—ou son page, Le vieillard fout sa bonne—un peu, Et le pauvre fout—ce qu’il peut._

ANONYME.

_Mon Alix en fait tant de cas, Qu’elle me promet des ducats, Beaucoup plus que je ne souhaite, Si dix fois la nuit je la fous._

COLLÉ.

Foutre, comme verbe passif, signifie être perdu.

_Philis, tout est foutu, je meurs de la vérole, Elle exerce sur moi sa dernière rigueur._

THÉOPHILE.

Foutre, comme verbe réfléchi, signifie se moquer.

_Eh bien! dit-elle, quitte ou double, Va toujours ton train, je m’en fous._

COLLÉ.

_Quoique plus gueux qu’un rat d’église, Pourvu que mes couillons soient chauds, Et que le poil de mon cul frise, Je me fous du reste en repos._

PIRON.

FOUTRE À COUILLONS RABATTUS. Avec énergie, comme toutes les femmes voudraient être foutues,—même, et surtout, celles qui ont le plus l’air de cracher sur le jus divin.

_Les hommes, lorsqu’ils ont foutu A double couillon rabattu, Se lavent dans une terrine._

DUMOULIN.

FOUTRE À LA PARESSEUSE. Baiser une femme le plus commodément possible; quelquefois, l’homme se met derrière la femme, laquelle replie un peu ses cuisses en avant. Plus généralement, ils se placent en face l’un de l’autre et la femme lève la cuisse et passe la jambe sur la hanche de son fouteur; les deux amants se trouvent alors collés l’un à l’autre depuis la poitrine jusqu’aux parties sexuelles, la pine dans le vagin: on pousse sans effort, et on jouit sans s’en apercevoir, en s’endormant même, si l’on est trop fatigué des coups précédemment tirés.

_Celui dont la pine est mollasse, filandreuse Et lente à décharger, fout à la paresseuse._

L. PROTAT.

FOUTRE COMME UN ÂNE DÉBÂTÉ. Baiser avec énergie, sans se soucier d’autre chose que de bien jouir,—à la façon du héros de Lucius.

Vilains hypocrites... foutez comme des ânes débâtés; mais permettez-moi de dire _foutre_.

DIDEROT.

FOUTRE EN AISSELLE. Décharger sous l’aisselle d’une femme au lieu de lui décharger dans le con: c’est aussi agréable pour l’homme—et moins dangereux pour la femme.

_Celui-ci fout en cul, celui-là en aisselle..._

LOUIS PROTAT.

_A cet instant de la querelle, Un vit, qui bandait dur et fort, S’avisa de foutre en aisselle; Cet argument les mit d’accord._

(_Dialogue du con et du cul._)

FOUTRE EN ARTILLEUR. Vous faites coucher la demoiselle sur le bord du lit, et debout devant elle, vous prenez ses jambes de chaque main, les écartez et les placez sur vos épaules, comme des leviers servant à manœuvrer une pièce de canon sur un affût. Vous fourrez votre écouvillon dans la gueule béante de son canon; il y entrera tout entier, et même un peu les testicules.

FOUTRE EN CON. Baiser bourgeoisement, comme baisaient Adam et Ève, les ignorants, bouche contre bouche et ventre contre ventre.

_Le con est fort bonne personne, Je ne dis pas qu’on l’abandonne; Eh! non, non, non! Foutons en con!_

COLLÉ.

FOUTRE EN CUISSES. Décharger entre les cuisses d’une femme qui ne tient pas à faire d’enfant, mais qui tient à faire plaisir à un homme.

_On fout en con, en cul, en cuisses._

(_Parnasse satyrique._)

FOUTRE EN CUL. Sodomiser.

_Mais le cul n’est-il pas bonhomme? Eh quoi! ne le fout-on qu’à Rome? Foutons en cul, foutons en con! Un peu de bougrerie Est dans la vie Quelquefois de saison._

COLLÉ.

FOUTRE EN ESPALIER. Posture usitée seulement chez les écoliers ou chez les gens de service qui se rencontrent dans des endroits sans meubles et veulent foutre cependant à la hâte et tant bien que mal en appuyant la femme contre un mur. Un brave évêque vit un jour son valet de chambre baiser une fille en espalier: «Imbécile, lui dit-il, tu ménages les matelas. Eh bien! c’est à ce beau métier que j’ai gagné la goutte.»

FOUTRE EN LEVRETTE. Jouir d’une femme en se plaçant derrière elle, _more canino_, posture des plus estimées de la foutronomie, et l’une des plus agréables pour le fouteur. Soit à genoux, soit appuyée sur une fenêtre ou sur une table, soit couchée à plat ventre sur le lit ou sur le gazon, la femme vous présente ses fesses, vous pénétrez dans son con sans perdre un seul centimètre; vous vous y trouvez très serré et vous lui donnez quelques bons coups de cul. Malheureusement, cela vous fait jouir tout de suite, et l’opération ne dure pas assez longtemps au gré de la dame.

_En levrette est encore un moyen fort joli Quand on a sous son ventre un cul ferme et poli; C’est pour faire un enfant une bonne recette Qui fut, dit-on, donnée à Marie-Antoinette._

LOUIS PROTAT.

_Elle a l’étrange goût Qu’on la foute en levrette._

J. DUFLOT.

FOUTRE EN MAIN. Se faire branler.

_Tout est fantaisie ou caprices Chez le bizarre genre humain: On fout en con, en cul, en cuisses, Au besoin même dans la main._

(_Dialogue du con et du cul._)

FOUTRE EN TÉTONS. Décharger sur la gorge d’une femme qui, au préalable, a ramené ses deux tétons vers le milieu de sa poitrine, de manière à presser, aussi doucement qu’avec les lèvres de son con, la pine qu’elle a mission de faire jouir. Cette façon d’aller au bonheur, comme toutes les autres artificielles, n’a de charmes que pour celui qui fout et non pour celle qui est foutue.

_Celui-ci fout en cul, celui-là en aisselle, Un troisième en tétons..._

LOUIS PROTAT.

FOUTRE PAR L’OREILLE. Faire répandre à quelqu’un les _pleurs du désir_, soit en lui lisant, soit en lui récitant des vers lubriques. L’expression est du poète Maynard.

_Gardez-vous de lire ces vers: Ils foutent les gens par l’oreille._

(_Les Priapées._)

FOUTUE (Être bien ou mal). Bonheur, ou malheur.

Non, tu n’es que foutue, et tu l’es bien.

LA POPELINIÈRE.

_Je l’y donne un croc-en-jambe, All’ tombe sur son cu, Puis ell’ devint si tendre Qu’ ça fut autant d’ foutu._

CABASSOL.

FRAISE. Le bout des tétons d’une femme, à cause de sa couleur.

FRESSURE. Le siége des désirs amoureux, la nature de la femme.

_De ma fressure Dame Luxure Jà s’emparait._

LA FONTAINE.

FRICARELLE (La). Le _Lesbicus amor_, qui tend de plus en plus à faire des ravages parmi les Parisiennes.

_Je te verrai... Poursuivant les Saphos à l’œil cave, au teint noir, Ivre de fricarelle, et ne pouvant avoir L’attouchement d’une tribade._

EMM. DES ESSARTS.

FRINGUER, FRINGASSER UNE FEMME. La baiser.

_Volontiers je vous fringasse, Madame, si j’osasse. Fringue, valet, hardiment; Mon mary est à Rouen._

(_Chansons folastres._)

_Car s’il a prêté son levain, On fringue votre chambrière._

(_Farces et moralités._)

_Quand Polidor fringua la dame putassière, De qui le nom fameux s’appelle Sarprisi._

THÉOPHILE.

FROMAGE. Sperme de l’homme ou de la femme; caséum produit par les parties basses, ayant l’aspect du caséum produit par les parties hautes. D’où, à propos d’une fille qui s’est laissé dépuceler, l’expression proverbiale: _laisser aller son chat au fromage_.

FROTTER LE LARD (Se). Faire l’acte copulatif, qui consiste en effet dans le frottement des chairs de ces deux cochons qui s’appellent deux amants.

_Toutes les fois qu’on t’a frottée, Tu ne me l’es pas venu dire._

(_Ancien Théâtre français._)

_Jean, ce frotteur invaincu, Un soir dans une taverne Frottait Lise à la moderne, C’est-à-dire par le cu._

(_Cabinet satyrique._)

Joyeusement se frottant leur lard.

RABELAIS.

Quand tu voudras, je frotterai ma coine contre ton lard.

(_La Comédie des Proverbes._)

FUREUR D’AMOUR. La voluptueuse démence que ressentent mutuellement un homme et une femme dans l’accouplement.

Autrement il faudrait dire: _ce qui n’a point de nom_, _un membre viril_, _le membre génital_, et autres telles expressions sottes et longues, que la fureur d’amour ne donne point le temps de prononcer.

MILILOT.

FUREUR UTÉRINE.

Outre le terme de _nymphomanie_ que nous adoptons pour exprimer cette maladie, on lui donne encore différentes dénominations. Moschio, médecin grec, l’appelle _satyriasis_, d’autres _métromanie_, d’autres _érotomanie_, qui signifie _manie d’amour_; mais tous ces noms étant arbitraires, nous nous en tiendrons à celui de _nymphomanie_, toutes les fois qu’il sera question de la fureur utérine.

DR DE BIENVILLE.

Voir _Nymphomanie_.

FUSEAU. Le vit, qui pour celles qui ont de l’_haleine_ sert à _enfiler_.

_Le fuseau dont filait Hercule, Noir et tortu..._

PIRON.

_Prends ce fuseau, ma tendre amie. —Il est si gros, quelle folie! A peine tient-il dans mes doigts; Mon lin va se rompre vingt fois, Ah! mon Dieu, que dira ma mère! Elle est si sévère! Finissez donc, mon cher Lucas, De grâce, ne m’enfilez pas!_

F. DAUPHIN.

G

GABAHOTER. Gamahucher une femme.

_Et s’il ne me suffit pas de gabahoter, Je greluchonne alors aussi, sans hésiter._

L. PROTAT.

GALANT. Amant—d’une galanterie douteuse, souvent.

_Elle a quatre galants, Et de la préférence Les flatte en même temps._

COLLÉ.

GALANTERIE. Maladie vénérienne.

Sur la fin de la quatrième année, je m’aperçus que la supérieure m’avait communiqué ce qu’on appelle une galanterie.

DU LAURENS.

_Je suis un malheureux qui ne mérite pas De posséder si tôt de si charmants appas. Je suis dans un état..._

_—Achevez, je vous prie: Auriez-vous attrapé quelque galanterie?_

LEGRAND.

GALIPOTER LE FONDEMENT. Besogner dans le derrière au lieu de besogner dans le devant, faire acte de bougre au lieu de faire acte d’honnête homme.

_Maint’nant que j’ t’ai, sacré’ vessie, Galipoté le fondement, J’ te préviens qu’ j’ai z’une avarie Qui me rong’ tout le tour du gland._

A. KARR.

GAMAHUCHÉ (Être). Se dit de l’un comme de l’autre sexe, la langue étant à la disposition de tous les deux.

_Un vit, sur la place Vendôme, Gamahuché par l’aquilon._

(_Parnasse satyrique._)

GAMAHUCHER LE CANAL. Sucer un homme, aspirer la moelle qui coule dans son canal de l’urètre.

_Si, comme la race canine, Nous pouvions, sans gêne et sans mal, Nous gamahucher le canal._

DUMOULIN.

GAMAHUCHER UNE FEMME. La faire jouir en jouant de la langue dans son con, au lieu d’y jouer de la pine. Un métier de chien!

_Celle-là, sur son lit nonchalamment couchée, Par un vieux Cupidon était gamahuchée._

L. PROTAT.

GAMIN (Faire le). Quand une femme a bien fait la patte d’araignée, collé un joli bécot sur le bout du vit d’un homme, quand, enfin, elle a usé de toutes les _gamineries_ capables de le faire bander, elle n’a plus qu’à s’enfourcher sur le glorieux priape façonné par elle,—pour elle.—Alors: Hue! dada!... notre _gamin_ allant au trot, puis au galop: patatrot, patatrot!—comme s’il sautait sur les genoux de son grand-père,—se bourre le vagin à sa fantaisie, jusqu’à ce que plaisir s’ensuivant, le cavalier tombe épuisé sur sa monture.—C’est du nanan!—Voir le _Tire-bouchon américain_.

GANDIN. Imbécile bien mis qui paie les filles pour qu’elles se moquent de lui avec leurs amants de cœur.

Il reste une consolation aux gandins qui grappillent dans les vignes amoureuses après ces maraudeurs de la première heure, c’est de se dire:

_Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse!_

A. DELVAU.

_Nous soupions au sortir au bal. Quelques gandins, Portant des favoris découpés en jardins, Faisaient assaut d’esprit avec des femmes rousses._

TH. DE BANVILLE.

GANTS. Ce qu’on donne aux femmes galantes comme supplément au prix convenu pour les baiser, qu’elles vous demandent avant de vous ouvrir leurs cuisses et qu’il est prudent de ne leur donner qu’après avoir joui—si elles vous ont fait jouir. Ce sont nos anciennes _épingles_, la _drinkgeld_ des Flamands, le _paraguantes_ des Espagnols et la _buona mancia_ des Italiens—à propos de laquelle on pourrait dire, avec Rabelais, que ces sortes de femmes aiment mieux la manche que le bras.

_Leurs vêtements sont élégants, Mais toujours quelque chose y cloche: Dans leur bourse elles ont leurs gants, Et leur corset est dans leur poche._

A. DELVAU.

Employé dans un sens obscène pour désigner la virginité.

Elle fit toutes les grimaces que ses parents lui avaient dit de faire, pour lui faire croire qu’il en avait eu les gants.

(_La France galante._)

_Mainte fille a perdu ses gants._

LA FONTAINE.

Je puis donc m’attendre, dit Potiron, que si j’épouse cette demoiselle, je n’en aurai pas les gants.

VOISENON.

GANYMÈDE. Ce que l’on nommait anciennement un giton et que les Parisiens appellent une _tante_.

GARCE. Mot qui, dans le vieux langage, a signifié fille pucelle, et qui, dans le langage moderne, signifie—tout le contraire.

_Car il n’affiert à garces diffamées, User des droits de vierges bien famées._

CL. MAROT.

_Allons, la garce, haut la quille! Mon vit est crânement drissé._

A. KARR.

GARDE NATIONALE (Être de la). Avoir des habitudes pédérastiques.

Il s’approche, je crois qu’il en veut à ma montre que je m’empresse de préserver; il s’approche davantage, avance sournoisement la main vers l’objet chéri des dames: je vis qu’il était de la garde nationale, et alors...

J. LE VALLOIS.

GARS À POIL. Homme qui a des couilles au cul et passe pour un rude jouteur.

... Mon aîné?... c’est un gars à poil, et qui vous a une vraie pine de famille. Il foutra votre femme, vos deux filles, et vous enculera par-dessus le marché, histoire de dire qu’il a mis un pied chez vous.

(_Les Deux Beaux-Pères._)

GAUPE. Fille légère—comme chausson.

GAZON DE LA FEMME. Les poils de sa motte.

_Nature t’a fourni un corsage bien fait, Mais un con refrogné, dont l’ouverture ronde Assise est platement et sans aucun gazon._

THÉOPHILE.

_Mais nos peintres, tondant leurs toiles Comme des marbres de Paros, Fauchent sur les beaux corps sans voiles Le gazon où s’assied Eros._

TH. GAUTIER.

GENDARME. Concubine ou femme légitime qui, toujours pendue au bras de son _homme_, ou sur ses talons, le suit partout—et quand même.

GÉNITEUR. Homme qui ne peut baiser une femme sans lui faire un enfant,—_genitor_.

GÉNITOIRES. Les couilles, qui contiennent la liqueur de la génération.

Mes doigts, légèrement promenés sur les fesses, les cuisses et les génitoires de l’Adonis, paraissaient lui faire grand plaisir.—Oh! oui, comme cela, chatouille, mon petit ange, chatouille-les bien!...

A. DE NERCIAT.

Et le montrait, voyant tout chacun ses génitoires.

(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

_Un roi dans les grecques histoires, Sachant des siens la trahison, Voulut, pour en tirer raison, Qu’on leur coupât les génitoires._

(_Cabinet satyrique._)

GENTILLE (Être bien). Bien arranger un homme, le faire jouir à gogo.

Joli garçon, viens avec moi, tu ne t’en repentiras pas... je serai bien gentille...

LEMERCIER DE NEUVILLE.

GENTILLE AU DODO (Être bien). Promesse que vous fait une fille en vous raccrochant; cela consiste à vous faire jouir comme jamais vous n’avez joui avec aucune femme, soit en vous suçant, soit en vous branlant, soit en se laissant enculer par vous, soit en vous faisant postillon pendant que vous la foutez,—et tout cela pour arriver à vous faire tirer un pauvre petit coup de deux liards qui ne vous remue pas autant que le premier baiser de votre première bonne amie.

GIBERNE. Le fessier d’une femme, qui est, si on le veut, une boîte à cartouches. Allusion à la place ordinaire de la giberne.

Elle a une crâne giberne, ton adorée, faut lui rendre justice. Tout est-il à elle, dis?

CHARLES MONSELET.

GIBIER D’AMOUR. Jolie fille que l’on chasse—pour mieux la tenir et la posséder.

_Vrai gibier d’amour, Colette, Par moi fut prise au collet._

VAUBERTRAND.

GIBIER DE BORDEL. Petite drôlesse qui fréquente avec les polissons de son âge, en attendant que les vieux polissons fréquentent avec elle,—ce qui la conduira fatalement au bordel.

GIBIER DE SAINT-LAZARE. Fille publique, qui mérite toujours, peu ou prou, d’aller passer quelques jours ou quelques mois dans cette prison.