Part 13
FAIRE SON PALAIS-ROYAL. Se promener dans les galeries du Palais-Royal pour y raccrocher des hommes,—ce qui avait lieu surtout lorsque le Palais-Royal était un immense bordel où se donnaient rendez-vous, pour jouir, les membres virils des cinq parties du monde.
De tous les points de Paris, une fille de joie accourait faire son Palais-Royal.
H. DE BALZAC.
FAIRE TÊTE-BÊCHE. Se placer mutuellement de façon que la pine de l’homme soit à la hauteur de la bouche de la femme qui la suce, et que le con de la femme soit à la hauteur de la langue de l’homme qui s’y introduit. De même, naturellement, entre tribades qui veulent jouir ensemble.
_A leurs côtés j’entends Des cris intermittents; Géraudon et Tautin Font tête-bêche un repas clandestin._
J. DUFLOT.
_Mais, parfois, quand il trouve une motte bien fraîche, Ce qu’il aime avant tout, c’est faire tête-bêche._
L. PROTAT.
FAIRE TOUT. Ce qu’une fille qui raccroche un homme dans la rue lui promet de faire quand ils seront seuls dans une chambre du bordel; cela consiste à se mettre nue, à le branler, à le sucer, etc., etc.
J’te collerai cent sous... Mais tu m’f’ras tout!
LEMERCIER DE NEUVILLE.
FAIRE TRÊVE DU CUL. S’arrêter dans l’acte vénérien.
_Pourquoi fais-tu, dit la garce affolée, Trêve du cul?_
RÉGNIER.
_La garce après maintes secousses, Lui dit: Faisons trêve du cu._
THÉOPHILE.
FAIRE UNE CAVALCADE. La femme sur le dos et le vit dans le con, l’homme, au lieu de rester entre les cuisses de la dame, les serre l’une contre l’autre afin de jouir davantage et passe ses genoux par-dessus elle, comme s’il allait à cheval.
Ça fait des manières, un porte-maillot comme ça!... et qui en a vu, des cavalcades!
GAVARNI.
FAIRE UNE CONQUÊTE. Débaucher une femme, une fille; l’emmener coucher.
FAIRE UNE FAUSSE COUCHE. Éjaculer en dormant, soit parce qu’on est couché sur le dos et que cette position vous met toujours en érection, soit parce qu’on a un songe libertin dans lequel on croit foutre réellement une femme.
_... Je bandais, et si fort, sur ma couche étendue, Que j’en fis une fausse..._
LOUIS PROTAT.
FAIRE UNE FEMME. Distinguer parmi la foule, au bal ou au théâtre, une femme quelconque, qui vous porte à la peau, et l’emmener coucher.
En attendant, il a fait une femme superbe, dit un autre en voyant Rodolphe s’enfuir avec la danseuse.
HENRY MURGER.
—On dit aussi dans le même sens: _Lever une femme_.
FAIRE UNE FIN. Se marier.—Après avoir bien vécu, bien fait la noce, devenir épicier, maître de bordel et... cocu, comme X, Y et Z, que tout le monde connaît.—Ces dames font également une fin.
_Quoique l’état ne manque pas D’appas, Foi de Margot, si ça ne reprend pas, Je m’expatrie, Ou bien je me marie; Il faut enfin Que je fasse une fin._
F. SERÉ.
FAIRE UNE GROSSE DÉPENSE. Faire de suite un grand nombre de fois l’acte vénérien.
Le duc de Saux avait fait la nuit une grosse dépense avec Louise d’Arquien, fameuse courtisane.
(_La France galante._)
FAIRE UNE PINCE AU BONNET DE GRENADIER. Se dit des femmes qui, lorsqu’on les baise, se placent de façon à rendre l’introduction du membre moins facile et à faire supposer—aux imbéciles—qu’elles sont étroites.
_V’là pourtant qu’un jeune vélite, Malgré sa taille tout’ petite, Un soir voulut en essayer. A ses désirs je m’ prête, Mais je n’ perds pas la tête: Pour qu’il n’y entr’ pas tout entier, Je fis un’ pince—au bonnet d’ guernadier._
HENRI SIMON.
FAIRE UN HOMME. Jeter son hameçon dans une foule masculine, au Casino ou ailleurs, et le retirer avec un goujon au bout.
Les lorettes ne vont pas dans les réunions publiques pour autre chose que pour faire des hommes.
SEIGNEURGENS.
FAIRE VENIR L’EAU À LA BOUCHE. Donner soif de fouterie à une vierge ou à un puceau, en faisant devant eux un tableau éloquent des béatitudes amoureuses.
Elle lui sait si bien représenter les douceurs de l’amour, avec des instructions et des naïvetés si plaisantes, qu’elle lui en fait venir l’eau à la bouche.
MILILOT.
FAIRE VENIR LE FOUTRE À LA BOUCHE. Mettre une femme ou un homme en appétit d’amour, en patinant l’une ou en polissonnant avec l’autre.
T’es bien monté... mâtin! Ça vous fait venir le foutre à la bouche.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
FAIRE VIT QUI DURE. Être avare de son sperme, ne le dépenser qu’à bon escient, avec sa propre femme ou avec celles des autres, mais sans furie, sans extravagance, en homme qui tient à jouir jusqu’aux confins extrêmes de l’âge mûr.
_Puis sentant l’ bouillon monter Et voulant fair’ vit qui dure, Je me retrouve en posture, Un’ chandelle où vous savez._
(_Parnasse satyrique._)
FAIRE VOIR LA FEUILLE À L’ENVERS. Baiser une femme dans les bois, parce qu’étant sur le dos et levant les yeux au ciel elle ne peut apercevoir que le dessous des feuilles d’arbre.
_Bientôt, par un doux badinage, Il la jette sur le gazon. —Ne fais pas, dit-il, la sauvage, Jouis de la belle saison... Ne faut-il pas, dans le bel âge, Voir un peu la feuille à l’envers?_
RÉTIF DE LA BRETONNE.
FAIRE VOIR LA LUNE. Montrer son cul.
_Parlez-moi d’une planète Qu’on examine à l’œil nu. Chaque soir, me dit ma brune, Si tu veux être discret, Je te ferai voir la lune A dada sur mon bidet._
A. JACQUEMART.
FAIRE ZAGUE, ZAGUE. Branler un homme.
Comtesse, empoigne-le par le milieu... Là! là!... à merveille! Promène ta main d’un bout à l’autre, et serre-le-moi fort, de peur qu’il n’échappe... Fais zague, zague... Ah!...
LA POPELINIÈRE.
FAIRE ZIZI, PANPAN. Faire l’acte vénérien—si plein d’onomatopées.
_Près d’Ève, Satan déguisé, Avec deux mots fit sa conquête; En les prononçant, le rusé Brandillait la queue et la tête. Voici les deux mots du serpent: Zizi, panpan._
LOUIS FESTEAU.
FAIT (Le). L’acte vénérien.
_Un mari goguelu Trouva sa femme sur le fait._
G. COQUILLART.
_Cela ne plut pas au valet, Qui, les ayant pris sur le fait, Vendiqua son bien de couchette._
LA FONTAINE.
FARAUD. Amant de cœur, maquereau.
_Monsieur, il faut vous déclarer Que c’est une femme effrontée Qui fit assassiner son homme Par son faraud..._
dit l’auteur de la chanson sur le supplice de la Lescombat.
FARCEUSE. Gourgandine, femme dont le métier est de faire des farces aux hommes, c’est-à-dire de prendre leur argent et leur queue, et de se foutre d’eux après en avoir été foutue.
FARCY (La). Nom d’une maîtresse de bordel très connue à Paris, et qui n’a dans son troupeau que de très belles putains.
_Je vous aime ainsi, divine salope La Farcy n’a pas de telles Vénus._
ANONYME.
FARFADET. Nom qu’on donnait au XVIIIe siècle à une variété de maquereaux; témoin ce passage du _Colporteur_ de Chevrier: «Croirait-on que quand ce _guerluchon_ ne suffit pas, il est dupé lui-même par une troisième espèce appelée _farfadet_?» Voir _Milord Pot-au-feu_.
FARFOUILLER UNE FEMME. La baiser, ou quelquefois la peloter seulement.
Il était las de baiser, manier, fouiller et farfouiller.
MILILOT.
Comme celle qui disait que Claude lui avait farfouillé dans son cul de devant.
(_Moyen de parvenir._)
FAUX PAS (Faire un). Badiner imprudemment avec un homme, et, au moment où l’on y pense le moins, glisser et tomber, le vagin entr’ouvert, sur sa pine en arrêt.
_Je fuis... ciel! j’ai fait un faux pas! Ah! le juif en profite! Comment me dérober des bras De ce chien de lévite? L’abbé, de grâce! holà! holà! La chose est monstrueuse! Ah! malgré moi, que sens-je là? Je suis vertueuse!_
COLLÉ.
FAVEURS D’UNE FEMME (Obtenir les). Être reçu à cuisses ouvertes par elle.
Après cela, on peut bien juger que la dame ne fut pas longtemps sans donner ses dernières faveurs au cavalier.
BUSSY-RABUTIN.
_Ah! bien, dit-il, n’est-ce donc qu’avec moi Que vous avez la fureur d’être sage? Et vos faveurs seront le seul partage De l’étourdi qui ravit votre foi?_
VOLTAIRE.
_Apprenez qu’en amour, bien souvent le divorce Naît de la dernière faveur._
GRÉCOURT.
_Me faudra-t-il, pour complaire à l’usage, Du seul devoir attendre les faveurs, Qui de l’amour doivent être le gage._
PARNY.
_Céphise est lubrique à la rage Et favorise chaque nuit Gnaton, en qui le sexe est à moitié détruit._
BRUZEN DE LA MARTINIÈRE.
_Judith me fait horreur; Je renonce à l’honneur D’obtenir ses faveurs._
FÉLIX BOVIE.
FAVORI. Amant, greluchon; maquereau, le mâle de toute sultane favorite.
_Et les maris, de même Qu’ messieurs les favoris, Y sont pris._
COLLÉ.
FÉMINISER. Oter la virginité.
_Allons, Priape, allons, il faut enfin Féminiser ces onze mille vierges, Pour qui Cologne a brûlé tant de cierges._
PARNY.
FEMME CHASTE. Le merle blanc du sexe féminin. _Casta, quia nemo rogavit_, parbleu!
FEMME CHAUDE. Femme ayant les foies chauds, femme qui aime l’homme et jouit avec lui, quel qu’il soit, goujat ou roi, homme de peine ou de lettres, pourvu qu’il soit bon fouteur.—Femme qui bande et voudrait être baisée. Cela se dit, à propos du sexe auquel nous devons le jour—et la vérole,—comme à propos des chiennes, auxquelles nous devons des puces, avec cette différence, cependant,—toute en faveur de la race canine,—que les chiennes, une fois qu’elles ne sont plus en chaleur, ne se laissent plus grimper par les mâles, et que les femmes se font baiser en toute saison.
FEMME ÉTROITE. Femme dont le vagin a l’étroitesse convenable et désirable pour retenir prisonnier le membre viril qui s’y est aventuré, jusqu’à ce qu’il s’avoue vaincu.
_Le lit est imprégné de cette sueur moite Qui fait toujours trouver large la plus étroite._
L. PROTAT.
FEMME FACILE. Femme qui accueille volontiers les propositions libertines des hommes.
FEMME FROIDE. Qui, en apparence, n’éprouve pas de plaisir dans la conjonction amoureuse et fait jouir les hommes sans paraître jouir elle-même.
Mais comme elle est naturellement froide, apparemment que le jeune seigneur n’y trouva pas son compte, car Mme Copen ne le revit plus.
LA POPELINIÈRE.
FEMME GALANTE. Femme dont le métier est de faire jouir les hommes—qui en ont les moyens.
FEMME HONNÊTE. Femme mariée,—selon toutes les femmes mariées.
_La femme honnête la plus folle, Aujourd’hui, le fait est certain, N’a plus que six fois la vérole, Je ne veux plus être catin._
E. DEBRAUX.
_Es-tu lass’ d’amourette? Enfin, dis-moi, veux-tu, Pour dev’nir femme honnête, Épouser un cocu? Encore un coup d’cu, Jeannette!_
E. DEBRAUX.
FEMME INCONSÉQUENTE. Façon polie de dire qu’elle est putain.
Lorsque, dans le monde, une jeune dame n’a pas très bien su étendre le voile par lequel une femme honnête couvre sa conduite, là où nos aïeux auraient rudement tout expliqué par un seul mot, vous, comme une foule de belles dames à réticences, vous vous contentez de dire:—Ah! oui, elle est fort aimable, mais...—Mais quoi?—Mais elle est souvent bien inconséquente.
H. DE BALZAC.
FEMME LABORIEUSE. Femme qui ne refuse jamais de conduire un miché au bonheur.
Ah! monsieur, me dit cet homme avec des larmes d’admiration dans la voix, à quelque heure de la nuit qu’on frappe, si nous sommes couchés, elle se lève sans rechigner, va ouvrir au monsieur, reste avec lui le temps qu’il faut et remonte se coucher jusqu’à ce qu’un nouveau coup de sonnette la fasse relever et redescendre: c’est une femme bien laborieuse!
A. FRANÇOIS.
FEMME LARGE. Femme dont le vagin est d’une laxité à faire croire au membre imprudent qui s’y aventure qu’il entre dans une motte de beurre.—Voir _Femme étroite_.
FEMME LASCIVE. Qui possède, dans ses regards, dans ses gestes, dans ses mouvements, dans ses paroles, l’art d’allumer les désirs des hommes.—On dit aussi, mais moins fréquemment, _Homme lascif_, parce que la lasciveté est l’apanage spécial de la femme.
Si ces jeunes gens s’offrent à vous, ne les refusez pas: ils sont si beaux, si vifs et si lascifs.
LA POPELINIÈRE.
FEMME LÉGÈRE COMME CHAUSSON. Extrêmement putain.—L’expression, très spirituelle et décente, a été employée pour la première fois par M. Aurélien Scholl dans un de ses échos du _Figaro_.
FEMME LUBRIQUE. Savante en l’art d’aimer—et de faire jouir les hommes.
Voici ce qu’il y avait: Minois de fantaisie; joli corps, créature lubrique.
LA POPELINIÈRE.
FEMMELETTE. Femme chétive, douillette, délicate, qui a des goûts futiles, etc...!
_Que le bout du médium fait tomber en faiblesse, Qu’un vit fait passer au carmin..._
Elle ne jouait que l’ombre, le trictrac et les échecs, parce qu’ils sont savants et sérieux; tous les autres (jeux) étaient au-dessous d’elle, et ne pouvaient amuser que des femmelettes...
A. DE NERCIAT.
FEMME SAGE. Femme honnête, selon toutes les femmes mariées—qui sont plus ou moins sages.
_Il était une dame Fraîche, ayant des couleurs Et des mœurs; Elle était sage-femme Et femme sage autant Qu’à présent On l’est, Dieu merci!..._
SCRIBE.
FENDASSE. La nature de la femme—à soldats.
_Le plus vieux trou, la plus sale fendasse, Rien n’échappait à son vit furieux._
(_Parnasse satyrique._)
FENTE. La nature de la femme, destinée à être fendue.
Rien ne fut soustrait à mes regards... Lucette, couchée sur lui, les fesses en l’air, les jambes écartées, me laissait apercevoir toute l’ouverture de sa fente, entre deux petites éminences grasses et rebondies.
MIRABEAU.
_Toutes filles, en cas pareil, Désireraient à leur réveil Qu’un tel que moi leur fît de rente Un bon vit pour boucher leur fente._
(_Cabinet satyrique._)
_Et puis après il se vante D’avoir bouché votre fente._
GAUTIER-GARGUILLE.
_Pontgibaut se vante D’avoir vu la fente De la comtesse d’Alaïs._
TALLEMANT DES RÉAUX.
FERME DE ROGNONS (Être). Être solide au combat amoureux; faire durer longtemps l’affaire, comme l’Ascylte du _Satyricon_, dont le membre était si bien bâti.
FESSES (Les). Les deux hémisphères qui jouent un si grand rôle dans la comédie à deux personnages intitulée: _La Fouterie_. Ce sont les tétons du derrière, comme les tétons sont les fesses du devant.
Et puis me tournant par derrière, il contemplait tantôt mes épaules, tantôt mes deux fesses.
MILILOT.
_Langues de chatte et langues de serpent, Dans un monceau de tétons et de fesses, Vont se croiser, et derrière, et devant._
JOACHIM DUFLOT.
FESSIER (Le). Le cul, qui porte des fesses comme le pommier des pommes.
Tu es si fraîche que tu as sans doute le corps fort beau, et surtout le fessier.
LA POPELINIÈRE.
_Dans le sapin je plongeai mon regard Et j’aperçus un fessier magnifique Qu’il me semblait avoir vu quelque part._
ANONYME.
FESTOYER. Faire l’acte vénérien.
Il s’efforçait de trouver manière de la festoyer, comme il avait fait avant que monseigneur fût son mari.
(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)
_Il ajoutait que, même à la sourdine, Plus d’un damné festoyait Proserpine._
VOLTAIRE.
_Un cordelier faisait l’œuvre de chair, Et s’ébattait, en festoyant sa mie._
PIRON.
FÊTE (la), FÊTER. Faire l’acte vénérien.
_Elle n’eut dit ces mots entre ses dents Que le galant recommence la fête._
LA FONTAINE.
_Je fêtai son milieu, Nom de Dieu! Trois fois avant qu’ je n’ sorte._
F. DE CALONNE.
FÊTER LA SAINT-PRIAPE. Faire l’acte vénérien, qui est faire une œuvre pie.
_Or, un jour que Sa Sainteté Solennisait la Saint-Priape._
B. DE MAURICE.
FÉTU. Le membre viril.
_De son fétu neuf pouces sont l’aunage._
PIRON.
FEU AU CUL (Avoir le). Être ardent aux exercices vénériens.
C’est plus d’un coup par heure; il avait donc le feu au cul!
MILILOT.
FEU DE PAILLE. Fouterie de pauvre ou de poète, qui commence en flambant de façon à faire espérer vingt coups, et qui s’éteint net après le premier.
FIASCO. Insuccès amoureux.—_Faire fiasco._ Ne pas pouvoir bander au moment où il le faut.
FIGNARD. Le cul (_inusité_).
_Il écouta la vieille et lui laissa tout dire, Pencha son front rêveur; puis, avec un sourire, Lui foutit sa botte au fignard._
DUMOULIN.
FIGUE. La nature de la femme, qui est de la nature de ce fruit, un peu plissée, un peu molle,—et savoureuse comme lui.—Les Italiens ne jurent que par là: _Per la fica!_ disent-ils.
_De ton figuier mange le fruit, Et ne va pas durant la nuit Du voisin grignotter la figue._
PARNY.
FILLE. Mot injurieux pour désigner une femme qui fait métier et marchandise de l’amour.
Le mot fille signifie, _ad libitum_, ce qu’il y a de plus pur, ce qu’il y a de plus doux, ce qu’il y a de plus bas, ce qu’il y a de plus vil dans le sexe féminin.—Il est sage et timide comme une fille.—Il aime tendrement sa fille.—En quittant l’auberge, il a donné quelque chose à la fille.—Il a eu l’imprudence de se montrer au spectacle avec une fille.
E. JOUY.
_Prenez les intérêts des filles de Cypris, Et ne permettez pas qu’on en fasse mépris._
(_La France galante._)
Le ramage des filles est cent fois préférable à l’argot des boursiers.
A. DELVAU.
_Nos ingénues à sentiments, En fait d’amants, Ruin’nt plus d’jeun’s gens En quinze jours, qu’une fille en douze ans._
E. DEBRAUX.
FILLE À PARTIES. «Prostituée en carte ou isolée, mais avec plus de formes. Si elle se fait suivre par sa tournure élégante ou par un coup d’œil furtif, on la voit suivant son chemin, les yeux baissés, le maintien modeste: rien ne décèle sa vie déréglée. Elle s’arrête à la porte d’une maison ordinairement de belle apparence; là, elle attend son monsieur, elle s’explique ouvertement avec lui; et, s’il entre dans ses vues, il est introduit dans un appartement élégant ou même riche, où l’on ne rencontre ordinairement que la dame de la maison.»
BÉRAUD.
FILLE D’AMOUR. Fille de bordel, qui fait de l’amour un métier et de son cul une marchandise.
_J’apprends qu’tu veux, monsieur d’Belleyme, Numéroter les fill’s d’amour._
BÉRANGER.
FILLE DE JOIE. Femme qui exerce un triste métier, celui qui consiste à être à la disposition du premier venu.
_D’une fille de joie Il fut enfin la proie._
THÉOPHILE.
Le major l’avait fait mener au refuge où on enferme les filles de joie.
D’OUVILLE.
_Soupant, couchant chez des filles de joie._
VOLTAIRE.
_Mais ce refrain banal rarement apitoie, Hormis l’adolescent, qui ne peut croire au mal Et cherche encor l’amour dans la fille de joie, Ignorant que la rouille a rongé le métal._
HENRY MURGER.
FILLE DE MARBRE, FILLE DE PLÂTRE. Fille galante, dont le cœur est plus dur que les tétons.
C’est à Paris que les filles de marbre apprennent péniblement le métier qui les fait riches en une heure.
JULES JANIN.
FILLE PUBLIQUE. Femme qui livre son corps au premier passant venu, moyennant un salaire qui varie suivant les quartiers dans lesquels elle exerce.
La première ordonnance concernait les filles publiques et imposait à ces malheureuses des heures de sortie et d’autres mesures que la décence publique réclamait depuis longtemps.
H. RAISSON.
_Renonçant pour toujours à la fille publique, Vous seule auriez eu part aux faveurs de mon vit._
LOUIS PROTAT.
FILLE SOUMISE. Fille ou femme à laquelle la préfecture de police impose une carte, dans l’intérêt de la santé publique—que compromettent tant les coureuses insoumises.
FLAGEOLET. Le membre viril, dont les femmes savent si bien jouer et jouir, et dont elles se gardent bien de boucher _la patte_ d’où sort cette précieuse musique qui leur chatouille si agréablement le vagin.
_Elle n’est pas musicienne, Mais elle est foll’ du flageolet Et veut que chaqu’ jour de la s’maine Je fredonne au moins un couplet._
E. DEBRAUX.
_Je voudrais, ma belle brunette, Voyant votre sein rondelet, Jouer dessus de l’épinette Et au-dessous du flageolet._
THÉOPHILE.
_Si tu veux danser, dispose Du flageolet que voilà._
COLLÉ.
FLEUR. Pucelage,—que la femme est censée donner à son époux la première nuit des noces.
_Qu’au dernier cri de douleur, Je suis maître de la fleur Qui pour moi seul est éclose, Je suppose, Je suppose, Irma, je suppose._
L. FESTEAU.
_Cessez donc de pleurer un sort digne d’envie, Et ne regrettez plus la plus belle des fleurs; Si ne la garder pas, c’est faire une folie, On goûte en la perdant mille et mille douceurs._
BUSSY-RABUTIN.
Te laisser vierge, c’est te faire sentir de la façon la plus cruelle que ta fleur ne vaut pas la peine qu’on se donnerait pour la cueillir.
LOUVET.
_Il est bon de garder sa fleur, Mais pour l’avoir perdue, il ne faut pas se pendre._
LA FONTAINE.
Cette fleur, qui avait été réservée pour le beau prince de Massa-Carrera, me fut ravie par le capitaine corsaire.
VOLTAIRE.
_Pour eux ne brille cette fleur, Qu’amour, diligent moissonneur, Sait recueillir avant la fête Que le tardif hymen s’apprête._
PIRON.
FLEUR D’ORANGER. Fleurs blanches qu’une fille porte sur la tête le jour de son mariage, pour dire à tout le monde: Je n’ai pas encore été baisée; j’ai toujours gardé ma fleur et mon fruit... défendu.—Laissons passer et disons avec Commerson:
Le bouquet de fleurs d’oranger est le cynisme de la vertu.
FLEURETTES. Petites fleurs du langage amoureux, douceurs que les galants débitent aux jeunes personnes qui y prêtent volontiers l’oreille,—faute de prêter autre chose à quelque chose de mieux. On dit aussi: _Conter fleurettes_, pour: parler d’amour.
Je ne cessais de me retracer mon gentil Belval, allant au fait, et commençant par où les autres me semblaient ne devoir finir d’un siècle. Aussi, leurs fleurettes n’étaient-elles honorées d’aucune attention.
FÉLICIA.
_Des abbés coquets sont venus; Ils m’offraient pour me plaire Des fleurettes au lieu d’écus, Je les envoyai faire... vois-tu..._
GALLET.
FLEUR DU MAL. Tribade—qui se fait respirer par une autre femme, qu’elle respire à son tour.—L’expression date de 1856, époque de la publication du livre de poésies de M. Charles Baudelaire, dans lequel les gougnottes sont chantées sur le mode ionien.
FLEURONS DE VÉNUS. Accidents vénériens qui forment sur le front du malade une sorte d’auréole.
_Les fleurons de Vénus te servent d’auréole; Comme un vase trop plein tu répands la vérole Sur tout un peuple frémissant._
DUMOULIN.
FLEURS BLANCHES. Nom que, par corruption, on donne à un écoulement blanchâtre particulier aux femmes blondes, lymphatiques, chlorotiques, mal nourries,—parisiennes, en un mot. _Mulierum vulvæ fluores, stillationes morbosæ_, d’où, conséquemment, on devrait dire: _flueurs blanches_, du verbe latin _fluere_, couler.
_La marquise a bien des appas, Ses traits sont vifs, ses grâces franches, Et les fleurs naissent sous ses pas; Mais, hélas! ce sont des fleurs blanches._
Comte de MAUREPAS.
FOLICHON, FOLICHONNE, FOLICHONNEUSE, FOLICHONNETTE, FOLICHONNER, FOLICHONNADES, FOLICHONNERIES. Rieurs, bons vivants, folâtreries, gaillardises.
_Mariette était si folichonne. Qu’elle embrassait les cuisiniers._
MARTIAL O...
Je fus épris comme un toqué d’une aimable folichonnette.
J. KELM.
_Une folichonneuse, Cancane et me plaît mieux._
J.-E. AUBRY.
_Folichons et folichonnettes, Rigolons et folichonnons._
F. VERGERON.
M. M..., pour avoir lu des livres entachés de folichonnerie, copiera cent versets de la Bible.
CH. JOLIET.
FONDEMENT (Le). Les parties sexuelles, dont le fondement n’est cependant qu’une partie.
_Craignez, craignez fort la vérole! Il faut garder son fondement Propre, avec tout son fourniment, Pour suivre les cours de l’école._
A. WATRIPON.