Dictionnaire érotique moderne

Part 10

Chapter 103,683 wordsPublic domain

CUL TERREUX. Paysanne, qui ignore l’usage de la cuvette, et qui a autant de crasse au vagin qu’aux mains.

CUVETTE. Vase qui joue un grand rôle dans la vie des filles d’amour; elles y touchent aussi souvent qu’aux pines de leurs contemporains. Un homme est monté; pendant qu’il redescend, la cuvette se remplit d’eau, avec quelques gouttes de vinaigre de Rully, et la main travaille à déterger l’intérieur de la petite caverne dans laquelle il vient de faire ses nécessités spermatiques. Si Paris pouvait se taire, de six heures du soir à minuit, on entendrait un bruit formidable de cuvettes, jouant toutes le même air, une sorte de _ranz des vaches_ plein de mélancolie, car il paraît que cela n’est pas amusant de se laver ainsi trente fois par soirée.

CYCLOPE. L’outil qui n’a qu’un œil, ou plutôt l’ouvrier qui forge les enfants:—Le vit.

_Chez la Constant, Berthe aux merveilleux charmes, Beau travail et fermes appas, De mon Cyclope a fait couler les larmes Bien souvent, hélas!..._

P. SAUNIÈRE.

D

DAIM. Le monsieur qui paie les filles pour être trompé par elles avec leurs amants de cœur; le mâle naturel de la _biche_.

Des daims! J’ôte jamais mes frusques, moi.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

DAME AUX CAMÉLIAS. Femme entretenue, qui joue quelquefois à la ville le rôle de _Marguerite Gautier_ (Marie Duplessis) avec un coiffeur de son quartier, qu’elle aime ou fait semblant d’aimer, dans un accès de vertu—heureusement très court.

Quand la lorette arrive à la prospérité, elle change de nom et s’appelle _Dame aux Camélias_.

EDMOND TEXIER.

DAMES (Ces). On appelle ainsi un groupe de femmes, célibataires ou non, qui vivent, travaillent ou se divertissent ensemble:

_Ces dames_ du corps de ballet, _ces dames_ du théâtre, _ces dames_ les étudiantes, _ces dames_ du Casino, de Mabille, etc., etc.—En famille, le fils sortant avec sa mère et ses sœurs dit: Je vais au théâtre avec _ces dames_.—Dans les ateliers de femmes, chez les couturières, les modistes, les lingères, etc., on dit _mesdemoiselles_... _ces demoiselles_.—Au bordel, on dit: «Toutes _ces dames_ au salon!»—_Être dame_ est le rêve que caresse toute jeune fille sage qui désire sa liberté.

DANSE (La) À PLAT, LA BASSE DANSE, LA DANSE DU LOUP. L’acte vénérien, pendant lequel les deux acteurs se trémoussent en cadence, coups de cul de ci, coups de queue de là,—ce qui les échauffe bien plus que n’importe quelle varsoviana.

_L’époux remonte, et Guillot recommence. Pour cette fois, le mari vit la danse Sans se fâcher._

LA FONTAINE.

Il lui enseigna la danse du loup, la queue entre les jambes.

(_Moyen de parvenir._)

Je crois que tu ne te ferais point prier de danser le branle de un dedans et deux dehors.

TOURNEBU.

La danse est pour les jeunes filles ce qu’est la classe pour les adolescents, une école protectrice de la sagesse, un préservatif des passions naissantes. Le célèbre Locke recommande expressément d’enseigner aux enfants à danser dès qu’ils sont en état de l’apprendre. La danse porte en soi une qualité éminemment réfrigérante, et, sur tout le globe, les tempêtes du cœur attendent, pour éclater, le repos des jambes.

LEMONTEY.

A quinze ans, la danse est un plaisir, à vingt-cinq ans un prétexte, à quarante ans une fatigue.

AD. RICARD.

DARD. Le membre viril—avec lequel on pique les femmes, qui aiment toutes à être ainsi piquées.

_... Il devient dard avec le pioupiou._

LOUIS PROTAT.

_Ce brutal, ce Maure arrogant, Dans son amoureuse-tempête, S’élance au cul, le dard en main._

B. DE MAURICE.

DÉBALLAGE. Le déshabillé des femmes. Telle qui, sur le boulevard, avec sa crinoline et les tromperies ouatées de son corsage, a un aspect très appétissant, n’a plus, une fois nue, que des séductions de manche à balai.

Faut voir ça au déballage... y a p’t-être plus d’ réjouissance que d’ viande là-dessous.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

DÉBANDER. Sentir son membre devenir mou, de dur qu’il était auparavant, soit parce qu’on a tiré un coup et qu’on est fatigué, soit parce qu’on ne se sent pas inspiré.

Tu ne me serres pas le vit comme tantôt... je sens que je débande.

LA POPELINIÈRE.

DÉBAUCHER UNE FILLE. Lui prendre son pucelage et lui donner le goût de la pine—qu’elle ne perdra plus désormais qu’en perdant le goût du pain.

DÉCALOTTER. Découvrir le prépuce qui recouvre le gland du phallus, soit en bandant trop fort, soit en jouant avec, pour examiner son état sanitaire.—J’aime cette habitude de politesse du membre viril, ôtant respectueusement sa calotte devant la femme—quelle qu’elle soit. Il est vrai qu’en l’ôtant ainsi sans précaution, il s’expose à s’enrhumer—et à couler: mais il a été poli, mais il a été galant, l’honneur est sauf.

_Un vit, sur la place Vendôme, Gamahuché par l’aquilon, Décalotte son large dôme Ayant pour gland... Napoléon!_

(_Parnasse satyrique._)

DÉCHARGE. Éjaculation.

Il faut que la femme, dans le point de la décharge, si elle veut que le coup porte, tienne les fesses serrées l’une contre l’autre et ne se remue en façon quelconque que tout ne soit fait et achevé!

MILILOT.

_L’éclair brille, Jupiter tonne, Son vit n’en est point démonté; Contre le ciel sa tête altière Au bout d’une courte carrière, Décharge avec tranquillité._

PIRON.

Ah! tu ne t’en iras pas que je n’aie déchargé.

LA POPELINIÈRE.

_Les capotes mélancoliques Qui pendent chez le gros Millan, S’enflent d’elles-mêmes, lubriques, Et déchargent en se gonflant._

(_Parnasse satyrique._)

DÉCONNER. Sortir du con de la femme, soit parce qu’on a fini, soit parce qu’elle remue trop les fesses. Il y a des gens qui peuvent, comme l’Ascylte de Pétrone, rester deux jours sur une femme. Heureux Ascylte! Plus heureuse femme!

Ah! me voilà déconné!

LA POPELINIÈRE.

_Le vit alors, bien convaincu Qu’on ne peut voir un con vaincu, Renonce à la victoire: Il déconne et s’adresse au cu._

(_Chanson anonyme moderne._)

_Avec cet outil-là, je puis, sans me gêner, Fournir mes douze coups, dont six sans déconner._

PIRON.

DÉCOUCHER. Aller passer la nuit au bordel quand on est homme, hors du bordel quand on est fille.

Excusez-moi, mais, fidèle à mes devoirs de mari, je n’ai jamais découché et ne découcherai jamais.

LIREUX.

DÉCROTTER UNE FEMME. La brosser vigoureusement avec son vit, de façon à lui désobstruer le con, si par hasard il était embarrassé et embroussaillé de restants de sperme ou de sang menstruel.

_Il me répond: Ne te fâche, Babeau, Avant partir tu seras décrottée._

(_Recueil de poésies françaises._)

DÉDALE. La nature de la femme, où le membre viril s’égare souvent, lorsqu’elle est trop large ou qu’il est trop petit,—bien qu’il ait la main d’Ariane pour le conduire au bonheur.

_Ce beau dédale qu’il contemple Avec des yeux étincelants, Fait naître et couler dans ses sens Une ardeur qui n’a point d’exemple._

GRÉCOURT.

DÉDUIT. L’acte amoureux,—du verbe latin _deducere_, tirer, faire sortir, c’est-à-dire, en vieux français, se divertir en tirant—un coup.

_Qu’il ne manquait ou de jour, ou de nuit, Sous prétexte de voir son ingrate maîtresse, De faire naître avec adresse Un rendez-vous pour l’amoureux déduit._

LA FONTAINE.

_L’homme noir, friand du déduit, De dire: l’aventure est bonne._

GRÉCOURT.

_Il est minuit, C’est l’instant du mystère, Il nous invite à l’amoureux déduit._

ÉMILE DEBRAUX.

DÉFLORER UNE FILLE. Lui enlever son pucelage,—une rose diablement épineuse.

_Si fut-il admiré pour masle très-puissant D’en avoir une nuit défloré demi-cent._

J. DE SCHÉLANDRE.

DÉGELER SON MEMBRE. L’introduire à moitié roide dans le vagin d’une femme dont la chaleur le force à grossir et à brûler lui-même.

_Un jour d’hiver Collas tout éperdu Vint à Catin présenter sa requête Pour dégeler son chose morfondu._

CL. MAROT.

DEMI-CASTOR. Femme de moyenne vertu.

Deux de ces filles qu’on appelle dans le monde demi-castors, se trouvèrent, par hasard, assises près de moi l’autre jour au jardin des Tuileries.

(_Correspondance secrète._)

DEMI-VERTU. Femme qui n’est pas encore fille.

_Et ces d’mi-vertus à panache, Tendres à cent écus par mois._

E. DEBRAUX.

DEMOISELLE. Fille, dirait le portier de Prud’homme—qui est encore garçon,—parce qu’elle n’est pas mariée.—Se dit aussi pour _pucelle_.

_Par hasard la trouvant d’moiselle, A son pèr’ je d’mandai la belle._

E. DEBRAUX.

DEMOISELLE DES TUILERIES. Vieille fille en quête d’un mari.

La demoiselle des Tuileries appartient aux Tuileries à titre de meuble, comme la statue de Méléagre ou comme celle de Spartacus.—Elle avoue vingt-cinq ans et en a trente bien sonnés. Elle est arrivée à cette époque fatale de la vie où l’on dit: Voilà une femme qui a dû être fort bien. De trente à trente-cinq ans, elle dissimule la tristesse qui la gagne, elle s’efforce de sourire. Quand elle voit passer à sa portée un bel enfant avec des cheveux blonds, elle l’attire à elle, l’embrasse tendrement et pousse un profond soupir qui veut dire: J’aurais été si bonne mère!—Les trente-cinq ans arrivent: oh! alors, c’est l’énergie du désespoir, c’est la rage, une fureur. _La demoiselle des Tuileries_ s’accroche à tout; elle est prête à tout; elle épousera, si on le veut, avec un égal empressement, un jeune homme de dix-huit ans qui veut s’émanciper, ou un vieillard qui cherche une garde-malade...—A quarante ans, le rôle de la demoiselle des Tuileries est fini; elle prend le mariage en horreur, elle est vieille fille et restera vieille fille...

E. GLORIEUX.

DEMOISELLE DU PONT-NEUF. Fille ou femme sur le ventre de qui tout le monde passe, a passé, ou passera.

DÉNICHEUR DE FAUVETTES. Libertin, dont l’unique occupation est de faire la chasse aux connins, de dénicher les pucelages pour son propre compte.

DÉPENSER SES CÔTELETTES. Tirer un coup, parce que le sperme est le résultat de la nourriture absorbée.—Cette expression a été employée pour la première fois dans une nouvelle à la main du _Figaro_, dont le parquet a ri—sans la poursuivre comme outrage à la morale publique. Une dame avait un amant pauvre, qu’elle invitait souvent à dîner avec elle, afin de lui confectionner un sperme de bonne qualité et de le forcer à bander en temps utile. Un jour elle s’aperçut qu’il la trompait pour une autre femme; elle s’en plaignit amèrement à une de ses amies, en disant: «Il va dépenser ailleurs les côtelettes qu’il mange chez moi!»

DÉPUCELER UNE FILLE. La débarrasser, à coups de pine, du fardeau de sa virginité; briser la cloison de l’hymen pour entrer dans son divin retrait,—où déjà, peut-être, est entré l’indiscret médium.

Il trouve son écolière sur le lit, qui l’attendoit, dont il jouit à son souhait, et la dépucelle.

MILILOT.

Il vaut mieux dépuceler une garce que d’avoir les restes d’un roi.

BRANTÔME.

_Çà donc, mon cœur et ma rebelle, Çà mon âme, çà mes amours, Qu’à ce coup je vous dépucelle._

(_Cabinet satyrique._)

La nouvelle mariée fit pourtant si bien qu’elle dépucela son mari.

TALLEMANT DES RÉAUX.

DÉPUCELEUR DE NOURRICES. Fat qui joue au don Juan, qui prétend avoir mis à mal une infinité de pauvres innocentes, et qui n’a jamais baisé que des gourgandines.

DERNIÈRE FAVEUR (La). Ainsi appelait-on, au XVIIIe siècle, la complaisance qu’une femme avait de prêter son derrière à un homme après lui avoir prêté son devant. Cela résulte clairement de ce passage des _Tableaux des mœurs du temps_, de La Popelinière:

—Comment donc, comtesse, vous ne lui avez pas encore accordé la dernière faveur?—Non certes, je m’y suis toujours opposée.—Cela vous tourmentera et lui aussi, ma petite reine; il faut bien que vous fassiez comme les autres. Les hommes sont intraitables avec nous jusqu’à ce qu’ils en soient venus là.

(_Dialogue XVII._)

Aujourd’hui, la _Dernière faveur_, dans le langage de la galanterie décente, c’est la coucherie pure et simple—et c’est déjà bien joli.

DERRIÈRE (Le). Le cul, soit de la femme, soit de l’homme.

_Et pour peu que, d’un air tendre, On dirige un doigt savant, On les voit se laisser prendre Le derrière et le devant._

CHARLES MONSELET.

_Phœbus, au bout de sa carrière, Put les apercevoir tous deux, Le brigadier dans le derrière Agitant son membre nerveux._

(_Parnasse satyrique._)

_Pour offrir Son devant aux madames, Son derrièr’ ferme et doux Aux époux._

(_Chanson anonyme moderne._)

DÉSARÇONNÉ (Être). Ne plus bander, pour avoir trop bandé;—femme, faire déconner son fouteur.

L’étudiant qui n’est pas encore désarçonné.

HENRI MONNIER.

Je désarçonnai mon cavalier, qui n’avait pas encore fini sa course.

(_Meursius._)

DESCENDRE. Aller faire la rue, dans l’argot des filles de bordel, qui descendent le plus souvent qu’elles peuvent, afin d’être montées d’autant.

Va t’ êt’ onze heures, j’ descends pus... Nous allons nous coucher, dis, veux-tu?

HENRI MONNIER.

DESGRIEUX. Maquereau, amant de cœur d’une femme galante.—Tout le monde a lu le roman de l’abbé Prévost d’Exiles, intitulé _Manon Lescaut_, et, l’ayant lu, sait que dans ce roman—qui a l’air d’être une histoire arrivée—le chevalier Desgrieux joue le rôle de maquereau, et même un peu d’escroc.

DESSUS DU PANIER DES AMOURS (Le). Le pucelage des jeunes filles, auquel personne n’a encore touché du bout de la queue.

Ces messieurs du faubourg ont le dessus du panier des amours, et, comme ils ont l’appétit et les dents de la jeunesse, ils mordent aux grappes lorsqu’elles ont précisément toute leur fraîcheur, toute leur saveur, tout leur parfum.

A. DELVAU.

DESSERRER LES GENOUX. Consentir à se laisser baiser. Ouvrir les cuisses pour recevoir un homme, de même qu’on ouvre la bouche et desserre les dents pour recevoir un vit.

_Un cordelier d’une riche encolure, Large de quarrure, Fier de son pouvoir, Prodigue du mouchoir, Au coin d’un bois rencontra sœur Julie, Lui dit: Je vous prie, Çà, dépêchez-vous, Desserrez les genoux._

HAGUENIER.

DEUX ADJOINTS (Les). Les testicules, qui accompagnent partout le membre viril,—le maire naturel de Confoutu.

_Ses deux adjoints lui font escorte; Mais, par un caprice nouveau, Tous les deux restent à la porte: Il entre seul à son... bureau._

EUGÈNE VACHETTE.

DEUX BIBELOTS (Les). Les testicules, avec lesquels les femmes se plaisent à jouer.

Donne-moi tes deux bibelots, mon chéri, que je les pelote.

JEAN DU BOYS.

DEUX OREILLES. Les deux couilles.

_Tu ronfles, tu sommeilles; Tu mérit’rais, dans c’ cas, Puisque tu n’ t’en sers pas, Que j’ te coup’ les deux oreilles... Adrien, c’ n’est pas bien, etc._

(_Anonyme moderne._)

DEUX SŒURS (Les). Les deux fesses, inséparables.

DEUX TROUS (Les). L’anus et le con.

_Le trou du cul, le trou du con, Sont deux trous qui me semblent farces: Par l’un, on jouit d’un garçon Et par l’autre on jouit des garces. Tous les deux me sont défendus; Mais puisqu’il faut que je me perde... Je préfère le trou du cul, Malgré mon dégoût pour la merde._

BING.

DEVANT (Le). Les parties sexuelles de l’homme et de la femme.

_Le p’tit gueux, près des femmes, Bientôt s’ mit à courir, Pour offrir Son devant aux madames._

(_Chanson anonyme moderne._)

On pourra désormais avoir confiance en moi, car on dit communément qu’il faut se défier du devant d’une femme, du derrière d’une mule, et d’un moine de tous les côtés.

(_Le Moine sécularisé._)

Ah! mon Dieu, quelle injustice que l’honneur d’un homme dépende du devant d’une femme!

CH. SOREL.

DÉVIRGINER. Oter la virginité.

Ceux-ci ne trouvèrent pas d’autres moyens que de les dévirginer eux-mêmes avant qu’elles pussent tenter personne.

PIGAULT-LEBRUN.

Oui, tout semblait m’annoncer qu’enfin j’allais être, et même très agréablement, dévirginée.

(_Mon noviciat._)

Extasiée, fendue par l’énorme grosseur du vigoureux bourdon de mon dévirgineur,... je restai quelque temps accablée par la fatigue et le plaisir.

(_Mémoires de miss Fanny._)

DEVOIR (Le). La fouterie, qui est en effet le premier des devoirs, le plus sacré, celui auquel on manque le moins tant qu’on est jeune et qu’on sait jouer des reins.

Allons! rentre chez toi, père de famille! et fais ton devoir près de ta femme, cela dût-il te valoir un enfant!

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Puis quand on vint au naturel devoir, Ah! dit Catin, le grand dégel s’approche. Vrai, dit-il, car il va pleuvoir._

CL. MAROT.

DILIGENCE (La) DE LYON. C’est une des _postures_ (voir ce mot) les plus curieuses et les plus rares. Nombre de grands amateurs de Vénus sont morts sans la connaître; c’est que, pour l’exécuter, il faut trouver une femme qui réunisse deux qualités rares: l’ardeur, d’abord. Nombre de femmes feignent d’être ardentes pour plaire à l’homme qu’elles veulent séduire, mais ne sont au fond que de simples _patients_ et non des _agents_, et ici il faut que la femme soit agent et que l’homme soit patient. Ensuite, il faut qu’elle ne soit pas neutralisée par une sotte pudeur, résultat de la tyrannie des hommes exercée continuellement jusqu’ici sur les femmes. Quand une femme donc est ardente et libre, elle prend un homme qui lui plaise sous tous les rapports; elle le met nu comme un ver, l’étend sur un lit en lui mettant des coussins sous la tête et sous les reins, et toute nue elle-même, elle se met à cheval à cru sur lui, s’embrochant sur le pivot naturel, c’est-à-dire sur son vit. Alors, elle fait comme le postillon sur un des chevaux des anciennes diligences de Lyon. S’appuyant un peu sur les épaules de son amant, elle s’avance en chevauchant et le vit se relève près du ventre de l’homme. Elle recule et le vit se renfonce dans son con jusqu’à la garde. Elle s’anime; elle va de plus fort en plus fort, comme si la diligence parcourait un chemin raboteux. Ses yeux s’égarent, ses cheveux se dénouent. Elle jouit, elle jouit, mais elle va toujours; elle va jusqu’à ce qu’elle soit tout à fait exténuée de décharge spermatique; car il faut remarquer que l’homme, étendu sur ses coussins, ne pouvant pas bouger, bande de plus en plus, jusqu’à la fin, mais ne décharge pas. La femme tombe alors comme morte dans les bras de son amant, lequel, tout enflammé, finit de son côté comme il peut.

«Je serai bien aimable, je me mettrai toute nue, dit-elle insidieusement.—Passe ton chemin, répond le fidèle époux, ayant encore présente à la pensée l’image des charmes de sa jeune moitié.—Je te ferai le grand jeu!—Non—Feuille de rose!—Non.—Le tire-bouchon américain?—Connu... tu m’ennuies.—Eh bien, tiens, tu me plais, viens, tu ne payeras pas et nous ferons la diligence de Lyon...»

(_Fantaisiste_, I, 177.)

DISPENSAIRE. Endroit spécial, à la préfecture de police, où sont obligées de se rendre une fois par semaine les filles en carte, afin d’y subir de la part des médecins qui s’y trouvent, une visite minutieuse de santé.

DIVERTIR (Se). Baiser ferme et dru, ce qui est encore le moins trompeur de tous les plaisirs humains.

Il s’en allait, contre son gré, voir quelque fille pour se divertir, et, étant là, s’efforçait si fort sur elle qu’il en était allégé.

MILILOT.

_Et cherche un ami jeune et beau, Par qui tu sois mieux divertie._

MAYNARD.

_Au lit, le divertissement Qui se donne entre deux courtines, Tient un peu trop du sacrement._

CHAPELLE.

DOCTEUR (Le). Le vit,—qui sert en même temps de remède.

_Vieilles, jeunes, laides, belles, Toutes aiment le docteur, Et toutes lui sont fidèles... Toutes? non, c’est une erreur: On dit qu’il en est entre elles, Dans la crainte d’un malheur, Qui se passent du docteur._

DOIGT. Le membre viril, que nous insinuons si volontiers dans le dé de la femme.

_Et moy d’un seul petit coup J’ay gagné la chaude-pisse, Et du doigt de quoy je pisse On m’en a coupé le bout._

(_Chansons folastres._)

_Il cherche le temps et le lieu Pour mettre le doigt du milieu Dans la bague de ta nature._

THÉOPHILE.

_Sans y réfléchir j’enfonçai Ce pauvre doigt jusqu’à la garde._

E. DEBRAUX.

_Ma seringue, sans nul obstacle, Peut seule opérer un miracle: Pour guérir radicalement, Prenez un doigt de lavement._

J. CABASSOL.

_Ce passe-temps partout d’usage Favorise plus d’un amant: La fillette innocente et sage, Par là s’engage très souvent. L’amour qui toujours nous partage A soin que tout soit débrouillé, Il dissipe plus d’un nuage En conduisant le doigt mouillé._

(_La Goguette du bon vieux temps._)

DOIGT DE COUR. Le médium de la main droite, qui sert à branler les femmes.

_Savez-vous pourquoi nos belles Sont si froides en amour? Ces dames se font entre elles, Par un ingénieux retour, Ce qu’on nomme un doigt de cour._

DE CHAMPCENETZ.

DONDON. Femme facile, qui se laisse prendre le cul par le premier venu, et, au besoin, se laisse baiser par lui.

_Toinette, fraîche dondon, Chantait ainsi son martyre._

JULES POINCLOUD.

DON D’AMOUR. Employé dans un sens obscène pour désigner l’acte vénérien.

_Oui, mais aussi nous gagnons quelque chose, Dit la jeune Ève, et son souris propose Le don d’amour._

PARNY.

_Je ne fais que requérir, Sans acquérir, Le don d’amoureuse liesse._

CL. MAROT.

_Conclusion, que Renaud sur la place Obtint le don d’amoureuse merci._

LA FONTAINE.

DONNER DANS L’ŒIL À UN HOMME OU À UNE FEMME. Donner envie à un homme de coucher avec une femme, ou à une femme de coucher avec un homme.

Il m’a dit que votre chienne de mine lui avait donné dans l’œil.

LA POPELINIÈRE.

DONNER DU BON TEMPS (Se). Passer sa jeunesse à baiser les filles, quand on est homme, et à se faire baiser par les hommes, quand on est fille. C’est le _Aimons! aimons!_ de M. Alphonse de Lamartine.

Où qu’est l’ mal après tout? On béquille, on s’amuse, on s’donne du bon temps, on oublie sa misère: c’est toujours ça d’ gagné.

HENRY MONNIER.

_Not’ vivandière S’en donna tant, Qu’il survint un enfant._

E. DEBRAUX.

_Se donner à crédit pendant qu’on est si belle, Et pendant qu’on pourrait amasser des trésors, Ma fille, proprement c’est là ce qu’on appelle Faire folie de son corps._

MONTREUIL.

DONNER DU CONTENTEMENT AUX HOMMES. Savoir les faire jouir comme il faut, par des moyens que réprouve la morale et qu’autorise le bonheur.

Il dit qu’il me veut rendre une des plus habiles qui soient capables de donner du contentement aux hommes.

MILILOT.

DONNER DU MAL. Communiquer la maladie vénérienne par le coït.

Elle est belle, ma Joséphine... et elle connaît son affaire!... Mais, pas d’ bêtises, ô mon père! elle vous donnerait du mal...

TISSERAND.

DONNER DU MAL (Se). Dans l’argot des filles publiques, c’est raccrocher fréquemment sur le trottoir, c’est monter souvent avec de nouveaux michés.

_Mais, va, c’est égal, Je m’ donnerai du mal, Je veux c’ soir, bravant Saint-Lazare. Labourer l’ persil._

DUMOULIN.

DONNER DU PLAISIR. Faire jouir un homme à coups de cul, ou une femme à coups de queue.

_Il faut de tous ces dons savoir bien se servir, Savoir les employer à donner du plaisir A ceux qui dans nos bras cherchent la jouissance._

LOUIS PROTAT.

DONNER LA SAUCE. Donner la vérole.

_«..... Présent le plus funeste Que puisse faire aux vits la colère céleste.»_

DONNER L’ASSAUT. Baiser une femme, monter sur elle et entrer par la brèche que vous savez.

_Dames, dansez, et que l’on se déporte, Si m’en croyez, d’écouter à la porte, S’il donnera l’assaut sur le minuit._

CL. MAROT.

DONNER L’AUBAINE. Baiser une femme, qui s’en _trémousse_ beaucoup—de joie.