Dictionnaire érotique Latin-Français

Part 9

Chapter 93,415 wordsPublic domain

(N) MOBILIS, m. f., _e_, n. Cet adjectif est pris dans un sens assez lubrique par Ovide au second livre des _Amours_, où il parle du mérite des femmes et soutient que celle dont la démarche est hardie, agaçante, doit procurer sur un lit la plus voluptueuse agitation:

_Sive procax aliqua est, capior, quia rustica non est, Spemque dat in molli mobilis esse thoro._

(N) MOECHA, _ae_, f. Femme mariée qui se livre aux désirs de tous les hommes qui lui font la cour; femme adultère; impudique, infidèle.

(N) MOECHISSO, _are_. Entretenir un commerce adultère; pondre dans le nid d'autrui; cocufier son voisin, son ami, son parent.

MOECHOCINAEDUS, _i_, m. _Lucil._ Le mignon du mari et de la femme; celui qui rend à la femme ce que lui prête le mari; celui qui souffre du mari les caresses qu'il fait à la femme.

(N) MOECHOR, _ari_, dép. Violer le lit nuptial; déchirer le contrat de mariage.

(N) MOECHUS, _i_, m. Mari débauché, qui porte à la femme d'autrui ce qui n'appartient qu'à la sienne; adultère.

_Fundum alienum arat: incultum familiarem deserit._

(_Plaut._)

_Semitarii moechi_: libertins, coureurs de filles dans les carrefours et les places publiques.

(N) MOLLES MARES. Hommes efféminés qui se prostituent à d'autres hommes; Ganymèdes, etc. Le synonyme de _mollis_ serait le mot _facilis_. Voy. PATHICUS.

MOLO, _is, ere_. _Petr._ Moudre amoureusement[163].

[163] _Molitur per utramque cavernam_: moudre à tout vent; ne refuser aucune proposition; entreprendre en tout sens. _Molitor_, dans Ausone, se distingue de _moechus_ et _adulter_.

MONETA, _ae_, f. Le lieu où se frappe la monnaie d'amour; la pièce avec laquelle les femmes se font battre monnaie.

(N) MORARI GAUDIA, _vel sustinere sese in gaudiis_. _Ovid._ Suspendre, arrêter, prolonger le plaisir et la volupté d'une jouissance. C'est un talent heureux, et auquel les amants délicats et bien constitués savent se livrer. Ovide prétend qu'il faut avoir sept lustres, ou trente-cinq ans, pour bien savourer le plaisir des sens; mais cela dépend d'une constitution plus ou moins forte.

(N) MORDERE LABELLA. _Catull._ Sorte de caresse amoureuse imitée des oiseaux, qui se mordent bec en bec dans leurs transports érotiques. La marque qui reste quelquefois de cette morsure ne fait pas plaisir aux dames.

MORIGERARI ORE ALICUI. _Suet._ Livrer sa bouche aux plaisirs de quelqu'un; accommoder quelqu'un de sa bouche[164].

[164] _Tacere_, pris obscènement, veut dire la même chose.

MORIGERARI SIBI CUM ALIQUA. _Plaut._ Se divertir avec une belle; se donner du plaisir avec une personne; se satisfaire avec quelque belle; trouver une personne complaisante à tout ce qu'on veut d'elle; ne se refuser rien auprès d'une personne.

(N) MORSIUNCULA, _ae_, f. Voy. NOTA MEMOR.

(N) MOTUS IONICI. Mouvements gracieux perfectionnés par les filles d'Ionie:

_Motus doceri gaudet Ionicos Matura virgo, et fingitur artubus._

(Horat., od. 6, l. III.)

(N) MUGILIS, _is_, m. Muge ou mulet: c'est un poisson vorace que l'on appliquait, à Athènes, au fondement d'un homme surpris en adultère. Ce genre de supplice devait être cruel, en raison de la force de l'animal. On épilait aussi le derrière de ces criminels avec de la cendre chaude, ou on leur enfonçait un raifort dans le fondement. La jalousie conjugale a inventé tous ces supplices, dont il est parlé dans Catulle et Juvénal.

MULIEBRIA, _ium_, n. _Quintil._ Ce que les dames aiment à souffrir[165].

[165] Le plaisir des dames.

MULIEBRIA PASSUS A CENTURIONE ADOLESCENS. _Quintil._ Jeune garçon qui a souffert qu'un capitaine l'enrôlât au nombre des femmes.

MULIEBRIA, _ium_, n. La principale, et peut-être l'unique chose qui fait considérer les femmes dans le monde[166].

[166] La distinction spécifique du sexe.

MULIEBRE BELLUM GERERE. _Cic._ Combattre une aimable ennemie; faire la douce guerre.

MULIERO, _are_. _Varr._ Employer en guise de femme: faire servir de femme; métamorphoser en femme.

(N) MUSAEUS, _i_, m. Auteur de livres lubriques. Voy. ELEPHANTIS.

MUTINUS, _i_, m. Le dieu Priape, ou son arme.

MUTO, _onis_, m. _Hor._ Le membre par excellence.

MUTONIATUS, _a, um_. _Mart._ Voy. MENTULATUS.

MUTONIUM, _ii_, n. Le coin des charpentiers naturels.

MUTONUS, MUTUNUS, _i_, m. _Solin._ Voy. MUTINUS[167].

[167] _Mutona verba_: paroles obscènes en usage parmi les libertins.

(N) MYSTAE, _arum_, m. Les prêtres de Priape et de Bacchus. On peut voir par là combien leur ministère était utile et respectable. Les prêtres ont été partout les ministres de la débauche et du mensonge.

N

(N) NASUTUS BENE, _vel bene mentulatus_. Bien fourni d'un instrument qui fait plaisir aux dames; bien savant dans l'art de la luxure.

(N) NATES MOVERE. Remuer les fesses: mouvement très naturel pendant la durée du plaisir amoureux. _Pastas glande nates habere_: se livrer au plaisir contre nature.

(N) NATURA, _ae_, f. Se prend pour les parties naturelles des femmes comme des hommes.

NECESSARIA, _ae_, f. _Cic._ Amie intime; bonne amie; personne qui est de moitié dans nos plaisirs.

(N) NEQUITIA, _ae_, f. Petites folies amoureuses; badinages lascifs; débauche; vie déréglée; fredaines de la jeunesse. Martial prétend que les habitants de l'Égypte les connaissaient mieux que les autres peuples du monde. Juvénal les appelle _lasciviam et improbitatem Veneream_.

(N) NOLANI ORE MORIGERANTES. Fantaisie en amour à laquelle les habitants de Nole étaient fort adonnés. Voy. les mots ILLUDERE FOEMINARUM CAPITIBUS, et ORE MORIGERARI. Les Osques et les habitants de la campagne de Rome connaissaient ce genre de volupté. Les Florentins en ont un autre, et rendent aux femmes avec la langue le plaisir que celles-ci cherchent à donner aux hommes avec la bouche. Ces sortes de voluptés servent à diversifier une action qui deviendrait fastidieuse par son uniformité.

(N) NOTA MEMOR. _Hor._ Suçon amoureux.

(N) NOTA VIRILIS. Caractère spécifique du sexe masculin.

(N) NUPTIAE TURPES, SPONSAE TURPES. _Juv._ Mariage d'un homme avec un homme. Les Romains avaient poussé jusque-là le dérèglement des passions. Rome et Sodome depuis longtemps sont synonymes. En outre, les Romains couchaient sans scrupule avec de jeunes esclaves fruits de leurs amours: cela s'appelait _injustae nuptiae et illegitimae_.

O

(N) OBSCENA, _orum_, n. Tout ce qui est contre la pudeur et l'honnêteté des moeurs est obscène et bon à cacher. _Obscena pars_, la partie obscène et que les dames ne voient pas sans rougir.

(N) OFFENDERE BUCCAM. La même chose que ORI ILLUDERE, MORIGERARI.

OFFICIUM, _ii_, n. _Cic._ Ce que l'on appelle le devoir, le bon office amoureux[168].

[168] Ovide ne veut pas que l'on fasse par devoir ce qu'on peut faire par plaisir: à la bonne heure pour les maris!

(N) OPUS JUVENILE. Travail d'amour, dont on se charge volontiers quand on est jeune. Voy. CONCUBITUS. _Opus dulce_ (_Ovid._): la douce affaire, l'occupation la plus gracieuse de la vie.

ORTHOPHALLICUS, _a, um_. _Varr._ Qui se tient droit comme un Priape de noce.

ORTHOPHALLUS, _i_, m. Priape en belle humeur; un Priape de noce.

(N) OS, _oris_, n. La bouche. Elle ne devient obscène que par l'abus qu'on en fait en la prêtant aux plaisirs de l'amour. Voy. MORIGERARI ORE. Martial prétend qu'avec la bouche on ressuscite le physique d'un homme usé par la jouissance ordinaire:

_Quid miseros frustra cunnos culosque lacessis? Summa petas: illic mentula vivit anus._

(N) OSCULUM, _i_, n. Petite bouche qui donne grand appétit; préliminaire du jeu d'amour; charmant badinage; baiser: le plus innocent, le plus aimable des plaisirs amoureux. _Oscula delibare, dare, adfigere alicui_: donner et prendre des baisers; cueillir des baisers sur une bouche vermeille. _Jungere salivas oris_: s'embrasser étroitement.

_Oscula cognosco cupidae; luctantia linguae_,

dit Ovide; et c'était un grand maître, à qui tous les jeux d'amour étaient si bien connus, qu'il en a pu donner la leçon à qui voudrait en profiter.

P

PAEDERASTES, _ae_, m. Pédéraste; puériseur; qui aime à caresser les jeunes garçons[169].

[169] Sodomite.

PAEDERASTIA, _ae_, f. Pédérastie; amour désordonné pour les jeunes garçons; l'art subtil des Italiens[170].

[170] Et des Grecs.

PAEDEROS, _otis_, m. Voy. PAEDICO.

PAEDICATIO, _onis_. Voy. PAEDERASTIA.

PAEDICATOR, _oris_, m. _Suet._, PAEDICO, _onis_, m. _Catull._ Pédéraste; puériseur; qui aime à caresser désordonnément les jeunes garçons; qui exerce l'art subtil des Italiens; Gomorrhiste, bougre, Ganymédiseur[171].

[171] Jupiter est le premier qui ait eu cette fantaisie à la cour céleste, et Laïus, père d'OEdipe, l'a fait connaître sur terre. Il enleva Chrysippe, fils de Pélops, à l'imitation de Jupiter, qui avait fait enlever Ganymède; et le mauvais exemple a été imité par toute la terre.

PAEDICO, _are_. _Mart._ Puériser; exercer l'art subtil; Ganymédiser[172].

[172] Faire l'amour à la Grecque. Il existe un distique Latin composé par un ancien poète, où, dans les premières syllabes des quatre noms propres qu'il contient, se trouve le mot _pedicare_ écrit par l'_e_ simple:

__Pe_nelopes primam _Di_donis prima sequatur, Et primam _Ca_ni syllaba prima _Re_mi._

Voici un autre _rébus_ Latin faisant allusion au même mot:

_Quum loquor, una mihi peccatur littera, nam _T_ _P_ dico semper; blaesaque lingua mihi est._

PAEDISCA, _ae_, f. Servante qu'on emploie à tout; une domestique dont on fait litière; servante caressée par son maître[173].

[173] Par conséquent, servante maîtresse.

PAEDISCIUM, _ii_, n. Voy. LUPANAR.

PAEDOMANES, _is_, m. Éperdument porté à l'amour des jeunes garçons; qui aime les jeunes garçons à la folie.

PAEDOMANIA, _ae_, f. Amour désordonné pour les jeunes garçons.

PAEDOPHTHORIA, _ae_, f. Corruption de jeunes garçons.

PAEDOPHTHORUS, _i_, m. Qui débauche les jeunes garçons; corrupteur de jeunesse; puériseur.

PAEDOPOEIA, _ae_, f. Génération des enfants.

PAEDOPOEUS, _i_, m. Qui fait des enfants.

PAEDURGIA, _ae_, f. Le travail qui fait des enfants; l'exercice de la génération; la manière de faire des enfants.

PAEDURGUS, _a, um_. Qui travaille à faire des enfants; qui s'exerce à la génération; qui fait des enfants[174].

[174] Qui s'occupe de sa postérité.

PALAESTRA, _ae_, f. _Cic._ Magasin de pourvoyeur d'amour; lieu de plaisir; maison de commodité: académie d'Amour; collège de Vénus[175].

[175] Gymnase ou lieu d'exercice pour le libertinage.

PALAESTRICA, _ae_, f. _Petr._ Femme qui donne des leçons de lutte; celle qui forme aux exercices du corps et de l'esprit les personnes qu'elle veut rendre agréables; maîtresse d'académie galante.

PALPATIO, _onis_, f. _Plaut._ Patinage; patinement[176].

[176] Maniement.

PALPATOR, _oris_, m. _Plaut._; PALPO, _onis_, m. _Pers._ Patineur.

PALPATUS, _a, um_. Patiné[177].

[177] Touché, manié.

PALPO, _are_. _Juv._; PALPOR, _ari_, dép. _Hor._ Patiner[178].

[178] Manier, toucher.

PALPARI MULIERI. _Plaut._ Caresser une femme. Ou: Sonder le coeur d'une femme.

(N) PALUS RUBER. Un pieu; un pal plus humain que ceux dont on se sert en Turquie. C'est un instrument dont le dieu des jardins est toujours armé. Voy. MENTULA.

(N) PANNUCEA MENTULA. Hochet dont les jeunes filles ne peuvent plus faire usage; instrument hors de service, flétri, ridé.

(N) PAPILLA, _ae_, f. Le mamelon; la fraise qui termine le sein d'une femme; les mamelles. _Carpere papillas_, cueillir les pommes d'amour; mettre la main sous le mouchoir des belles.

_Forma papillarum quam fuit apta premi!_

(_Ovid._)

(N) PARATUS, _a, um_. Prêt à faire plaisir aux dames.

(N) PARCERE LATERI. _Juv._ Faire le paresseux; dormir auprès d'une femme, au lieu de s'occuper à lui faire plaisir.

(N) PATENS, _tis_, _omn. gen._ Ouvert. En amour il ne faut pas être trop ouvert.

PATHICUS, _i_, m. _Juv._; PATHICUS, _a, um_. _Juv._ Qui souffre qu'on le Ganymédise; qu'on emploie à l'office amoureux de Ganymède[179].

[179] Synonymes: _mollis, facilis_. Sénèque nous apprend qu'on connaissait un homme de cette espèce à la manière dont il se grattait la tête: _uno digito scalpit caput_ était passé en proverbe à cet égard.

PATHICA PUELLA. _Priap._ Jeune fille qu'on Ganymédise; une jeune enfant qu'on fait servir de Ganymède; fille dont on se sert comme d'un jeune garçon qu'on emploie pour une fille.

PATHICISSIMUS, _a, um_. _Mart._ Qui se souffre employer à tout ce que peut demander une passion déréglée.

PATIENTIAE MULIEBRIS LEGEM ACCIPERE. _Petr._ Supporter les fatigues où le beau sexe s'expose lorsqu'il entre dans la milice amoureuse.

PATI CONCUBITUS. _Ovid._ Souffrir les caresses du lit[180].

[180] Ne pas repousser le plaisir. _Pathicus_ en dérive.

PATI TANGI. _Ovid._ Se laisser patiner; se souffrir manier; vouloir bien être tâtonnée.

PATRANS, _tis_, _omn. gen._ _Pers._ Qui fait ce qu'on appelle faire; qui travaille à l'ouvrage naturel; qui fait l'action.

PATRANS OCELLUS. _Pers._ Un oeil mourant de plaisir.

PATRATIO, _onis_, f. _Cornut._ L'accomplissement de ce qu'on appelle l'action; le travail amoureux; l'exercice de Vénus.

PATRATOR, _oris_, m. _Tac._ Un faiseur; un artiste amoureux.

PATRO, _are_. _Sall._ Ce qu'on appelle faire; se mettre à l'ouvrage naturel; s'exercer au travail amoureux; faire l'action.

(N) PECULIO, _are_. Entrer au petit magasin d'amour; jouir amoureusement.

PECULIUM, _ii_, n. _Petr._ Le magasin d'amour et sa marchandise.

PECULIUM PROLATUM. _Petr._ Marchandise amoureuse étalée.

PECULII MAJORIS HOMINES. _Lampr._ Les hommes les mieux fournis; les substituts de Priape.

(N) PELLEX, _icis_, f. Fille commode; concubine; femme entretenue; femme galante dont la physionomie et les grâces attirent les hommes.

(N) PELLICATUS, _us_, m. Concubinage.

PENIS, _is_, m. _Cic._ La queue des animaux, tant raisonnables qu'irraisonnables[181].

[181] Le battant de la cloche d'amour. Voy. MENTULA. _Agere inter viscera penem._ _Juv._ S'amuser au jeu contre nature.

PENI DEDITI ADOLESCENTES. _Cic._ Jeunes gens qui s'en prennent à eux-mêmes quand la passion les presse[182].

[182] Disciples de Narcisse et d'Hippolyte.

PENSILIA, _ium_, n. _Priap._ Le paquet d'amour; l'aiguille et les contrepoids de l'horloge amoureuse[183].

[183] Les trois pendards masculins; les trois pièces.

(N) PERAGERE VIRUM AUT MULIEREM. Jouir d'un homme ou d'une femme; se prêter aux désirs amoureux.

(N) PERCIDO, _ere_; PERCISUS, _a, um_; PRAECIDO, _ere_; & PRAECISUS. C'est à peu près la même signification que _perforare_, mais il s'applique aux hommes plutôt qu'aux femmes. _Puer percisus, virgo perforata_, sont deux individus violés, chez qui l'on est entré de force.

PERDEPSO, _is, ere_. _Catull._ Pétrir vigoureusement dans le pétrin naturel.

(N) PERDUCO, _ere_. Conduire une femme contre sa volonté chez un amateur; la tromper; la produire contre son intention.

PERDUCTATIO, _onis_, f. Maquerellage.

PERDUCTATOR, _oris_, m. Voy. PERDUCTOR.

PERDUCTO, _are_. _Plaut._ Maquereller.

PERDUCTOR, _oris_, m. _Cic._ Courtier d'amour; pourvoyeur de Vénus; maquignon de plaisirs; appareilleur de coeurs; conciliateur de volontés amoureuses.

PERFICIO, _is, ere_. _Jul. Cap._ Achever une besogne qu'on voudrait toujours recommencer.

(N) PERFORO, _are_. Entrer de force; faire un trou plus grand qu'il n'était; dépuceler; jouir amoureusement. Le dieu des jardins menaçait les voleurs de tout sexe de leur faire subir cette peine: aussi était-il souvent volé.

PERIRE MULIEREM. Ces deux mots sont marqués dans le _Dictionnaire_ de Danet pour être de Plaute. Ils n'en sont pas; mais ils se trouvent dans le premier vers de l'argument acrostiche du _Truculentus_ de Plaute. Ces arguments acrostiches des comédies de Plaute sont ordinairement attribués à Priscien, qui aurait fait une faute dans cette construction, s'il avait entendu se servir de _perire_ dans le sens ordinaire. Il a prétendu rire, et, pour cadrer à son jeu, il a fait un verbe de _per_ et de _ire_, aller au travers: pour peu qu'on y ait été en sa vie, on entendra bien ce que signifie _perire mulierem_[184].

[184] Traverser le beau sexe. Voy. PERAGERE.

PERMOLENDUS, _a, um_. _Plaut._ A qui il faut faire broyer le vermillon de Vénus.

PERMOLITOR, _oris_, m. _Plaut._ Qui moud et fait moudre amoureusement sous soi.

PERMOLO, _is, ere_. _Hor._ Moudre et faire moudre amoureusement sous soi; broyer le vermillon de Vénus[185].

[185] _Permolere uxores alienas_: caresser la femme d'autrui; pondre dans un nid qui n'est pas le sien; ensemencer un champ que d'autres labourent.

PERPELLO, _ere_. _Ter._ Faire tomber à la renverse sans risque de blessure[186].

[186] Sur le dos, et comme il faut que tombe toute fille.

PERPULIT MIHI PUDICITIAM PRIMUS. _Plaut._ Il m'a dépucelée; il a eu mon pucelage; il a eu ma fleur; il est le premier qui m'ait entamée.

PERTUNDA, _ae_. La déesse qui présidait à l'attaque d'un pucelage; la présidente au premier assaut nuptial[187].

[187] _Pertundere tunicam tentigine_: sentir l'aiguillon d'amour.

PHALLAGOGIA, _orum_, n. Les fêtes de Bacchus et de Priape.

PHALLICA, _orum_, n. Les mystères de Bacchus et de Priape.

PHALLICUS, _a, um_. Qui concerne le laboureur du champ de Nature; ou: qui concerne le symbole de la fécondité de la Nature.

PHALLICUM CARMEN. Hymne, poème, chanson à la louange de l'instrument de la vie animale, qu'on chantait aux processions en l'honneur de Bacchus, de Priape ou d'Osiris.

PHALLOPHORI, _orum_, m. _Cic._ Ceux qui portaient la représentation du dieu Priape, ou du laboureur naturel, à la procession des fêtes d'Osiris en Égypte, et à celle des fêtes de Bacchus et de Priape à Athènes; ou: ceux qui portaient ce symbole de fécondité pendu au col dans le temps de la célébration de ces fêtes[188].

[188] Les chevaliers de l'ordre de Cupidon. On trouvera dans Apulée le détail de ces fêtes et de ces cérémonies obscènes dont les prêtres Phallophores avaient la direction.

PHALLOPHORIA, _orum_, n. Procession en Égypte aux fêtes d'Osiris, et à Athènes aux fêtes de Bacchus et de Priape, où le symbole de la fécondité naturelle était porté en pompe au bout d'un bâton.

PHALLOPOTES, _ae_, m. f. _Jul. Cap._ Qui boit dans un Priape de verre, ou d'autre matière[189].

[189] On a vu plus haut que les Anciens avaient des pains de même figure.

PHALLOVITROBOLUS, _i_, m. _Jul. Cap._ Priape de verre qui sert de tasse.

PHALLUS, _i_, m. Figure du laboureur naturel, faite de bois de figuier, que portaient pendue au col ceux et celles qui célébraient en Égypte les fêtes d'Osiris, et à Athènes celles de Bacchus et de Priape, et qu'on portait aussi en pompe au bout d'un bâton aux processions qui se faisaient alors[190].

[190] Le Phallus est encore adoré chez les Chrétiens par beaucoup de filles recluses, de vierges timides et de veuves qui craignent les suites des plaisirs amoureux. Le pessaire, le godemiché et le Phallus des Anciens ne font qu'un.

(N) PHICIDISSO, _are_. _Suet._ Employer de jeunes chiens à lécher les testicules. Ce mot vient du Grec.

(N) PHOENICISSO, _are_. L'une des hérésies des libertins. V. le mot LIGURIRE NATURAM MULIEBREM, et celui DEMITTERE CAPUT; c'est la même chose que _Lesbiare_. Les Phéniciens différaient des Lesbiens, en ce que les premiers se rougissaient les lèvres pour mieux imiter l'entrée du sanctuaire de l'amour: les Lesbiens, au contraire, n'y mettaient d'autre fard que l'empreinte des libations amoureuses qui les rendaient blanches: _demisso labra notata sero_ (_Catull._). Chaque peuple et chaque individu a son goût favori en amour, et il n'y a rien dont un homme usé de débauche ne s'avise pour ranimer la langueur de ses sens. Mais autant de tentatives de ce genre, autant de pas faits vers la mort, ou l'imbécillité, qui est un état plus affreux.

PHORMISIUM, _ii_, n. Voy. CUNNUS.

PHYSSIONUS, _a, um_. Pour qui la Nature a été prodigue, ou avare, selon les besoins qu'en ont les deux sexes dans les plaisirs mutuels.

(N) PIPINNA, _ae_, f. Joli diminutif d'un nom qui ne manque pas de synonymes. Nous avons en Français le même nom, à peu de chose près. Voy. MENTULA.

(N) PODEX, _icis_, m. C'est le contraire de _cunnus_; mais il y a des gens qui se plaisent à rapprocher les contraires, et pour qui tout est bon, lorsqu'ils sont tourmentés du désir charnel. Une chose singulière, c'est que chaque homme tient à la partie qu'il préfère avec beaucoup d'obstination, et qu'il est presque impossible de convertir un hérétique en amour. Synonyme: _luteum symplegadis antrum_.

(N) POLLA, _ae_, f. _Mart._ Il paraît que les commentateurs et les lexicographes Latins n'ont pas connu la signification de ce mot, qui doit avoir de l'analogie avec MENTULA.

(N) POLLUO, _ere_. Tacher son linge ou celui d'autrui; tuer des hommes avant leur naissance; tromper la nature; abuser de sa main, de ses doigts, ou de la bouche de quelques gens commodes; céder trop vite à ses désirs; y succomber trop tôt.

(N) POLYGITON, _onis_, m. Archibougre; archilibertin; dictateur en crapule, en Sodomie.

POMUM, _i_, n. Voy. COLEUS.

PONDUS, _eris_, n. _Hor._ Le poids de la virilité; le paquet d'amour[191].

[191] Voy. PENSILIA, JUDAEUM PONDUS.

(N) POPPYSMA CUNNI. Le cliquetis des armes de Cupidon, lorsque le dard remue dans le fourreau naturel. C'est, pour la bouche, le sifflement du baiser, le bruit qu'on entend quand deux amants s'embrassent bien tendrement.

PORCA, _ae_, f. _Varr._ Le conin des petites filles (parce que c'est une victime digne d'être immolée par celui qui aime, de même que les nouveaux mariés immolaient un porc, et ceux qui concluaient une paix immolaient une truie).

(N) POSTICA PRAELIA. Combat Socratique, pendant lequel les combattants ne se regardent jamais en face.

(N) POTIOR, _iri_, dép. Jouir. C'est en amour le bien suprême et la source du bonheur.

POTUS, _i_, m. _Virg._ Catamite; Ganymède; bardache.

(N) PRAEBERE SE. Accorder ses faveurs; se livrer; consentir aux désirs de quelqu'un. Voy. DO.

PRAECIDO, _ere_. _Mart._ Voy. PAEDICO.

PRAECISUS, _a, um_. _Sen._ Voy. PATHICUS.

(N) PRAEMIA COXAE TOLERE. Remporter le prix de la lubricité.

PRAEPUTIO, _are_. Jouer du prépuce. Ou: se jouer du prépuce.

PRAEPUTIUM, _ii_, n. _Juv._ Prépuce: la barrette de Priape; le capuce du dieu des jardins; le bonnet du laboureur naturel.

PRAEPUTIA DUCERE. _Juv._ Jouer du prépuce; se conduire au plaisir par la main; s'en prendre à soi-même pour apaiser son ardeur. Ou: se jouer du prépuce; conduire au plaisir par la main; coiffer et décoiffer Priape de moment en moment[192].

[192] M. Dussaulx dit que c'est amortir ses désirs impatients.

PREMA, _ae_, f. Une des divinités du lit nuptial qui présidait aux saccades amoureuses; la déesse qui avait l'intendance sur l'ouvrage des foulons amoureux; la déesse de Bourre-fort.

PREMO, _ere_. Fouler amoureusement.

PRIAPISCUS, _a, um_. Fait en manière de Priape.

PRIAPISCUS, _i_, m. Le refouloir des tribades: un clitoris démesuré.

PRIAPISMUS, _i_, m. Priapisme: maladie qui cause une tension douloureuse et continuelle du membre génital.

PRIAPOLITHUS, _i_, m. Sorte de caillou blanchâtre formé par la Nature en figure de Priape, et dont le canal est représenté par une veine de cristal très pur. Quelquefois on le trouve aussi garni de ses contre-poids. Il y en a de droits, de courbés, et d'autres qui paraissent comme rongés par des chancres; le gland y est marqué. Ces sortes de cailloux se trouvent, dit Borel, près de Castres en Albigeois. Il y en a aussi d'autres qui ont la figure du jardin de nature animale[193].

[193] Une plante, dont j'ai oublié le nom, a la même forme. Ce sont des jeux de la Nature, qui n'ont aucun mérite en comparaison de l'original.

PRIAPUS, _i_, m. _Ovid._ Priape, le dieu des jardins naturels et artificiels. Ou (_Juven._): le laboureur naturel; le membre par excellence[194].

[194] Le dépuceleur banal; le fléau des pucelages. Voici ses synonymes: _Ruber hortorum deus, rigidus deus, salax deus, ithyphallus, triphallus, ligneus hortorum custos, rari nemoris custos_. _Ululare Priapum_: invoquer Priape.