Dictionnaire érotique Latin-Français
Part 8
INFAMIAM (AD) USQUE ORIS LIBIDINIBUS & FLAGRARE. _Suet._ Être si déréglé dans ses plaisirs que d'en salir sa bouche ou celle d'autrui.
INFAMIS DIGITUS[141]. _Pers._ Le doigt du milieu de la main (à cause de certains usages auxquels il est préférablement employé).
[141] _Vel impudicus._
INFORATIO, _onis_, f. L'action de mettre amoureusement en perce.
INFORATOR, _oris_, m. _Apul._ Celui qui, par plaisir, perce un trou qui est déjà tout fait[142].
[142] Enfonceur de porte ouverte.
INFORATUS, _a, um_. Qu'on a mis amoureusement en perce.
INFORO, _as, are_. _Plaut._ Percer amoureusement un trou qui est déjà percé.
(N) INGUEN, _inis_; INGUINA, _um_, n. Les parties naturelles de l'homme et de la femme, et tout ce qui les avoisine, comme l'aine, le haut des cuisses, le bas-ventre, etc. _Inguina recutita._ _Hor._ Les parties de l'homme marquées de la circoncision, ou dont la peau du prépuce a été coupée.
INSCENSUS, _us_, m. _Apul._ La cavalcade d'amour; le manège amoureux; le saut sur les quatre quartiers.
INTERFEMINEUM, _i_, n. _Apul._ A l'égard des hommes: le périnée, l'entrefesson. Ou, à l'égard des femmes: la situation d'où un des moindres animaux, voulant éviter Scylla, tomberait en Charybde. Ou: le détroit d'entre les deux colonnes de Vénus[143].
[143] Le pont du Diable qui sépare Charybde de Scylla.
INTERNUCULUS, _i_, m. _Petr._ Un petit Ganymède.
INTESTABILIS, m. f., _le_, n., INTESTATUS, _a, um_, INTESTIS, m. f., _te_, n. _Plaut._ Léger de deux grains au trébuchet d'Amour; à qui on a enlevé les témoins amoureux; qui manque de témoins pour prouver sa galanterie; eunuque; châtré; chapon; chaponné.
INVITARE IN AMPLEXUS, ATQUE IN CUBITUM. Demander la courtoisie; prier d'amour (grâce que ce galant d'empereur Caligula demandait à la Lune)[144].
[144] Jouer le rôle de Putiphar avec Joseph.
IRRUMATIO, _onis_, f. _Catull._ L'action de faire teter à la bouche supérieure ce qui n'est fait que pour l'inférieure.
IRRUMATOR, _oris_, m. _Catull._ Celui qui fait prendre à la bouche d'en haut ce qui n'est dû qu'à la bouche d'en bas; qui fait servir la bouche supérieure à l'usage de l'inférieure; qui met à la bouche le gobet amoureux[145].
[145] Cet expédient était nécessaire aux vieux libertins usés par la jouissance, et, lorsqu'on voyait un vieillard rechercher les femmes, _irrumatorem esse suspicabatur_ (Dussaulx, sur Juvénal, p. 399). On appelait les femmes qui se livraient à cette lubricité, _fellatrices_. Les hommes s'en mêlaient aussi: car de quoi ne se mêlent-ils pas? Il paraît que ce badinage était fort usité en Italie du temps des Romains: on en juge par le fréquent emploi du mot dans les auteurs Latins. Les artistes Grecs ont reproduit cette action dans leurs peintures: témoin le tableau de Parrhasius, dans lequel Atalante se voit représentée à genoux devant Méléagre, qu'elle caresse à la mode des Lesbiennes.
IRRUMATUS, _a, um_. _Mart._ Dont la bouche a servi à l'usage de certaine autre bouche; qui a pris avec la bouche le gobet amoureux; irrumé; à qui l'on a fait teter le trayon amoureux.
IRRUMO, _as, are_. _Mart._ Faire teter le trayon amoureux; employer la bouche supérieure aux usages de l'inférieure; faire prendre avec la bouche le gobet d'amour; donner à la bouche d'en haut ce qui n'est dû qu'à la bouche d'en bas; faire servir la bouche de vase amoureux; irrumer[146].
[146] Se dit des hommes qui usent entre eux de cette affreuse jouissance.
ISIACA SACRA. Le plus secret du mystère amoureux; le sacrifice d'amour; les mystères de Vénus.
ISICAE SACRARIA LUNAE. _Juv._ Les petits temples d'Isis, où quantité d'aventures galantes se mettaient à fin[147].
[147] Les mystères de cette déesse devinrent ceux de l'amour et de la débauche. Le culte en fut proscrit sous le consulat de Pison et de Gabinius; mais Auguste le rétablit, pour amuser le peuple qu'il voulait asservir.
ITHYPHALLUS, _i_, m. Le Priape en belle humeur porté en procession, et les poésies qu'on y chantait à sa louange, aux fêtes d'Osiris en Égypte, et à celles de Bacchus et de Priape à Athènes.
J
(N) JACEO, _es, ere_. Être couché dans une posture favorable au plaisir. _Briseis multum aversa jacebat_: Briséis, selon Martial, voyait très fréquemment la feuille à l'envers; c'est qu'elle avait un héros pour ami.
(N) JUDAEUM PONDUS. Le paquet des trois pièces utiles à la génération. Voy. FIBULA, PENSILIA, PONDUS.
K
(N) KALENDAE FOEMINEAE. Les Calendes de Mars, pendant lesquelles il y avait, dans l'intérieur des maisons, des fêtes pour les domestiques du genre féminin. Les maîtresses les servaient alors, comme les maîtres servaient leurs esclaves mâles pendant les Saturnales. Ces fêtes étaient appelées _Matronalia_. Les uns veulent qu'elles aient été instituées en mémoire de la paix avec les Sabins à pareille époque, pour cause de l'enlèvement des Sabines; d'autres disent que c'est en l'honneur de Vénus. Il en est aussi qui assurent que les premiers jours du printemps étaient comme des jours de fête pour les dames; qu'elles paraient leurs appartements, et qu'alors elles recevaient des présents de leurs maris ou de leurs galants. Juvénal reprend quelques hommes efféminés de son siècle pour les imiter en cela (Sat. IX, vers 46 et suiv.).
L
LABDA, _ae_, m. f. _Varr._ Qui fait usurper à sa bouche l'emploi d'une autre espèce de bouche; qui engloutit des hommes liquides; qui boit le plaisir amoureux; qui dévore les hommes avant qu'ils puissent être vus.
LABDACE, _es_, f. _Varr._ Le suçage du trayon amoureux; le sucement du doigt qui est sans os; l'action de faire servir sa bouche aux usages d'une autre espèce de bouche.
(N) LABRA MORDERE. Pincer avec les dents les lèvres de sa mie. Ces petits amusements ont lieu en attendant des plaisirs plus vifs.
LACINATA MULIER. _Petr._ Femme qu'on a déchirée à force de vouloir lui faire plaisir.
LAECASTRA, _ae_, f. Une courtisane sous les armes; une fille commode en équipage de conquête.
LAECACITAS, _atis_, f. Maquerellage. Ou: paillardise.
LAECATOR, _oris_, m. Pourvoyeur d'amour. Ou: paillard.
LAECO, _as, are_. Faire un maquerellage. Ou: paillarder, faire la joie.
(N) LAEVIS. Voy. LEVIS.
(N) LAMBERE MEDIOS VIROS. Faire un métier de chien; Voy. DEMITTERE CAPUT, PHOENICISSARE, TERERE INGUINA. C'est faire aux dames, avec la langue, le même plaisir qu'elles font aux hommes avec la bouche.
LAMPADIUM, _ii_, n. Sortes de filles de joie qui se tenaient la nuit dans les rues avec une petite lampe à la main, afin que le marchand pût voir si la marchandise lui plaisait. A Rome, il y a encore de petits coquins qu'on trouve assis le soir dans les places et dans les rues, avec une petite lumière, et qui crient de temps en temps: «_Chi me vuol levar?_»
(N) LAMPSACUM, _i_, n. Lampsaque, ville de Bithynie, célèbre par le culte de Vénus, de Cupidon et de Cybèle. C'est à Lampsaque que le dieu Priape, fils de Bacchus et de Vénus, fut élevé. Par reconnaissance, il fit toutes sortes de niches aux habitants de cette ville, c'est-à-dire aux maris des plus belles femmes, ce qui d'abord le fit chasser. Il finit cependant par y être adoré, et son culte y devint public.
LANDICA, _ae_, f. Voy. CUNNUS.
LANGORES, _orum_, m. Débauchés aux femmes.
LANGUS, _i_, m. Adonné aux femmes. Ou: bardache.
LANUVINI, _orum_, m. _Cic._ Les témoins d'amour, vénérables par leur barbe.
LANUVIUM, _ii_, n. _Prop._ La foulerie d'Amour; le fouloir de Vénus; la fouloire de Cupidon.
(N) LASCIVIA, _ae_, f. Lubricité; recherche des moyens de varier, augmenter, suspendre ou prolonger les plaisirs amoureux. _Improbitas Venerea_, selon Juvénal.
(N) LASCIVIRE. C'est prolonger la jouissance; user des plaisirs de l'amour tantôt avec délicatesse, quelquefois avec assez d'emportement pour se mettre hors de combat.
LASTAURUS, _i_, m. Celui qu'en amour on appelle bien fourni; qui est bien emmanché. Ou: qui a l'entrefesson velu. Ou: l'entrefesson, le périnée. Ou: paillard, ribaud.
(N) LATUS MOLLE. La croupe, les parties supérieures aux fesses; le fessier lui-même.
_Quantum et quale latus! quam juvenile femur!_
(_Ovid._)
(N) LAXUS, _a, um_. Se dit des hommes et des femmes dont le vase amoureux s'est élargi à force de servir. Il y a du remède avec l'_onguent de la Comtesse_; mais les palliatifs ne rendent jamais à la nature son vrai mérite.
LECTAMBULUS, _i_, m. Qui essaie de diverses garnitures de lit sans se fixer à pas une; un pirate d'amour; galant qui se divertit aux dépens des maris; un amant qui vit sur le commun; un corsaire en amour; qui court le bon bord en amour.
LECTICARIOLA, _ae_, f. _Mart._ Une femme qui trouve du ragoût dans les porteurs de chaise.
LECTI FURTIVI FOEDERA. _Tib._ Les secrètes liaisons où les larcins amoureux engagent; les tendres engagements que font prendre les vols que l'on fait en amour.
LEGAEGYNAECES, _cum_, f. Femmes âpres à la curée; gaillardes de grand appétit[148].
[148] Femmes à tempérament.
LENA, _ae_, f. _Plaut._ Appareilleuse; conciliatrice de volontés; entremetteuse; médiatrice de plaisir; pourvoyeuse d'amour; maquerelle; ministre de Vénus[149].
[149] Tante d'Opéra. _Lena juventa_, dans Ausone: la fraîcheur de l'âge attire les hommages.
LENO, _onis_, m. _Ter._ Marchand d'esclaves. Ou: ministre d'amour; intendant des plaisirs amoureux; pourvoyeur d'amour; appareilleur de Vénus; agent de change en amour; conciliateur de volontés amoureuses; courtier de plaisirs; maquereau; médiateur de tendres unions[150].
[150] Accapareur de filles; marchand de chair humaine.
LENO, _as, are_. _Vet. epigr._ Être marchand d'esclaves. Ou: fournir des sujets de plaisirs amoureux; concilier les volontés en amour; être ministre de Vénus; appareiller des amants; être courtier de plaisir; se mêler de pourvoir aux besoins amoureux; être pourvoyeur de Cupidon; être agent de change en amour; faire trafic de ce que recherchent les amants; s'entremettre d'unir les coeurs et les corps; être médiateur de tendres unions; faire commerce de marchandise amoureuse; négocier en faveur des amants; battre la caisse pour enrôler sous les étendards de Vénus; maquereller; prostituer.
LENOCINAMENTUM, _i_, n. Voy. LENOCINIUM.
LENOCINATOR, _oris_, m. Voy. LENO.
LENOCINE, adv. _Lamprid._ En maquereau; à la manière des pourvoyeurs d'amour; en courtier de Vénus; par maquerellage.
LENOCINIUM, _ii_, n. _Cic._ Trafic d'esclaves. Ou: conciliation de volontés en amour; intendance de plaisirs amoureux; trafic d'union de coeurs et de corps; charge de pourvoyeur de Vénus; médiation entre les amants; commerce de sujets de plaisirs amoureux; emploi d'appareilleur d'amants; courtage de plaisir; négociation en faveur des amants; office d'entremetteur d'amour; négoce de marchandise amoureuse; commerce de prostitution. Ou (_Sueton._): coquetterie; air coquet; soin excessif de se parer; afféterie; affectation dans la propreté; manière affétée.
LENONICE, adv. Voy. LENOCINE.
LENONIUS, _a, um_. _Plaut._ Qui concerne les marchands d'esclaves. Ou: qui concerne les ministres des plaisirs amoureux.
LEPUS, _oris_, m. _Ter._ Qui est, comme le lièvre, tantôt mâle, tantôt femelle; qui se laisse Ganymédiser. Ou (_Ovid._): le lièvre qu'on fait lever pour le mener au gîte. Ou (_Plaut._): Terme de caresse amoureuse.
LESBIO, _as, are_. Aimer à la manière de Sapho; vouloir imiter les hommes dans les caresses qu'on fait aux belles personnes de son sexe; tribader[151].
[151] Gamahucher. Les Lesbiennes sont célèbres pour avoir rendu la bouche le plus fréquent organe de la volupté. Elles employaient la langue à se faire plaisir mutuellement, et elles affectaient la blancheur aux lèvres.
(N) LEVIS. Homme efféminé, qui prend soin de son corps comme une femme; qui se fait épiler pour qu'on se méprenne à la douceur de sa peau, et pour mieux jouer le rôle de femme.
LIBIDINES IN ALIQUO FACERE. _Catull._ Soumettre quelqu'un au dérèglement de ses passions[152].
[152] _Libido praepostera_: passion bizarre des non-conformistes.
(N) LIBIDINOR, _aris, ari_. Polissonner; s'abandonner à la débauche.
(N) LIBIDINOSUS, _a, um_. Débauché; libertin, tantôt impudique, et tantôt voluptueux.
(N) LIBIDO, _inis_, f. Passion; désir; volonté; fantaisie; débauche.
LIGURIRE NATURAM CAPRIS. _Suet._ Employer sa langue à découvrir la propreté de la nature de nos chèvres[153].
[153] Il est difficile de rendre proprement cette expression. Voy. LESBIO, TERERE INGUINA.
LIMARE CAPUT CUM ALIQUA. _Plaut._ Donner à une personne et en recevoir coup sur coup des baisers affectueux; s'entrebaisotter. Ou: joindre de près une belle; se frotter avec elle.
(N) LINGERE CUNNUM. Voy. LIGURIRE et CUNNILINGUS. Fantaisie ultramontaine et Florentine: les Français ont le coeur trop faible pour s'y livrer aussi fréquemment que les Italiens. Selon Martial, Eryx, fils de Vénus et de Butis, en est mort; mais les mythologistes prétendent qu'Hercule l'a tué, ce qui est bien différent.
(N) LINGUA MALA. Mauvaise langue, en terme ordinaire. Ici, cela veut dire une langue impudique, lubrique. Voy. LAMBERE MEDIOS VIROS.
(N) LINGUA MARITUS. _Martial._ Langue qui entreprend sur les droits d'un mari, d'un amant.
LONGANO, _onis_, m. _Varr._ L'intestin rectum, que les Italiens appellent _budel gentile_. Pourquoi cela? je m'en rapporte. Le boyau culier; le gros boyau[154].
[154] Le gentil boyau: instrument de fantaisie.
LONGANON, _is_, m. _Veget._ LONGANUM, _i_, n. Voy. LONGANO.
LUCUS HUMIDUS. _Plaut._ Le bosquet que l'Amour a soin d'arroser.
LUDERE, EDERE, BIBERE. _Hor._ Boire, manger, dormir à l'Hébraïque.
LUDERE IN UMBRA VOLUPTATIS. _Petr._ Se divertir en idée; goûter des plaisirs en imagination; s'arrêter à des voluptés imaginaires. Ou: préluder amoureusement; tâter le clavier amoureux.
LUDERE CUM ALIQUA. _Petr._ Badiner avec une personne; se jouer avec une belle; se divertir avec quelqu'une[155].
[155] Folâtrer, préluder, batifoler.
(N) LUMBI, _orum_, m. Les reins: le levier d'amour; la puissance motrice et génératrice; la source de la liqueur séminale.
LUPA, _ae_, f. _Cic._ Courtisane; fille de joie; personne de commodité.
LUPAL, LUPANAR, _is_, n. _Juv._ Lieu de plaisir; maison de commodité; retraite de débauche; bordel.
LUPANARIS, m. f., _re_, n. _Apul._ De maison de commodité; de bordel; qui concerne les lieux de plaisir.
LUPANARIUM, _ii_, n. _Ulp._ Voy. LUPANAR.
LUPANARIUS, _ii_, m. _Lamprid._ Suppôt de bordel; un souteneur; un mangeur de blanc. Ou: coureur d'aiguillette.
LUPOR, _ari_, dép. _Accius._ Courir l'aiguillette; rechercher les belles apprivoisées; mordre sur toute bête comme un chien d'amour affamé; en vouloir jusqu'aux chèvres coiffées; ne mépriser pas en amour les restes du genre humain; se plonger dans la débauche des femmes.
LUSIZONOS, _i_, f. Celle qui a éprouvé ce que vaut un homme; personne qui a fait expérience des talents amoureux d'un galant; fille qui a expérimenté combien un homme peut être utile au sexe[156].
[156] Voy. LYZIZONA.
LUSTRO, _onis_, m. _Catull._ Chercheur de bonnes fortunes aisées; fureteur de lieux de plaisir; coureur d'aiguillette.
LUSTROR, _ari_, dép. _Plaut._ Courir l'aiguillette; fureter les lieux de plaisir; fréquenter les maisons de commodité.
LUSTRUM, _i_, n. _Cic._ Lieu de plaisir; maison de commodité; bordel.
(N) LUXURIA, _ae_, LUXURIES, _ei_, f. La luxure; la débauche; l'impureté.
_... Saevior armis Luxuria incubuit, victumque ulciscitur orbem._
(_Juven._)
Le péché de luxure a son agrément, lorsqu'il n'est pas poussé trop loin.
LYZIZONA, _ae_, f. Fille devenue femme; celle qui a fait épreuve des bons offices mutuels que les deux sexes peuvent se rendre. Voy. LUSIZONOS.
M
MACROCAULUS, MACROCOLUS, _i_, m. Piquier dans le régiment de Vénus; lancier en la milice d'Amour; un longue-queue.
(N) MAENADES, _dum_, f. C'étaient des espèces de prêtresses de Bacchus ou de Priape, qui, dans les fêtes de Cérès, ou de la Bonne Déesse, ou d'Isis, contrefaisaient peut-être ensemble, par chasteté, les mystères de l'amour, comme les philosophes Socratiques les contrefaisaient entre eux, par sagesse. Il résultait de tout cela que de l'imitation on voulait venir à la réalité, et que, sortant des mystères, les Ménades ou les Bacchantes couraient après les hommes, _ululabant Priapum_, avec une fureur qui écartait tout le monde. Aussi, ne trouvant personne à qui parler, on assure qu'elles sollicitaient les animaux.
(N) MALA, _orum_, n. _Priap._ Ce sont les petites pommes de l'arbre de vie. Ève en fut gourmande, et ses descendantes ont conservé le même appétit pour ce fruit. Voy. COLEUS, TESTES.
(N) MAMMA, _ae_, f. La mamelle; le sein d'une femme; la pomme d'amour. _Mamilla_ est le diminutif; le terme est plus joli, mais la chose vaut mieux dans une belle et juste proportion. _Mamilla_ se prend aussi pour la fraise ou le bouton qui couronne le sein d'une femme. _Mamma inclinata_: pendard.
(N) MANGO, _onis_, m. _Mart._ Un maquignon; un Mercure procureur d'amourettes; intendant de sérail; directeur des menus plaisirs de la cour de Cythère.
(N) MANUS PULLARIA, PROTERVA. Main libertine ou officieuse, qui rend à d'autres le service qu'on peut se rendre à soi-même. La jeune amie d'Ovide ne lui refusait pas cet aimable service:
_Hanc etiam mea non est dedignata puella Leniter admota sollicitare manu._
La main d'une belle femme a produit des miracles, et rajeuni des vieillards dont le coeur toutefois n'était pas mort:
_Illius ad tactum Pylius juvenescere possit, Tithonusque annis fortior esse suis._
(_Ovid._)
MARISCA, _ae_, f. _Mart._ (_Subaud._ FICUS). Voy. CHIA[157].
[157] Tumeurs au fondement, par l'effet du libertinage contre nature.
MASTRUPATOR, _oris_, m. _Mart._ Voy. MASTUPRATOR.
MASTRUPOR, _ari_, dép. _Mart._ Voy. MASTUPROR.
MASTRYLLIUM, _ii_, n. Voy. LUPANAR.
MASTUPRATOR, _oris_, m. _Mart._ Assassin d'hommes informes; qui se passe de femme parce qu'il a cinq doigts à chaque main; celui qui se conduit par la main au plaisir; qui trouve une femme dans sa main; qui se joue à soi-même[158]. (En cas que ce mot soit composé de _manus_ et de _stupror_: car s'il est fait de _mas_ et de _stupror_, il signifie un Ganymédiseur; un puériseur; celui qui emploie dans ses plaisirs un sexe pour l'autre; qui métamorphose des garçons en filles; un bougre.)
[158] Un Narcisse, un Hippolyte; tout homme épris des jouissances solitaires: onanisme, et, pour les femmes, nymphomanie.
MASTUPROR, _ari_, dép. _Mart._ Assassiner des hommes informes; se passer de femme parce qu'on a cinq doigts à chaque main; trouver une femme dans sa main; se jouer à soi-même; conduire au plaisir par la main (soi ou un autre); clitoriser. Cette signification n'est qu'en cas que ce verbe soit composé de _manus_ et de _stupror_: car, si on le dérive de _mas_ et de _stupror_, il signifie Ganymédiser; puériser; métamorphoser des garçons en filles; faire emploi d'un sexe pour l'autre dans ses plaisirs[159].
[159] User du Manuel des Solitaires.
MASTURBATOR, _oris_, m. _Mart._ Qui devient mari de sa main; ou: qui conduit au plaisir par la main. Voy. MASTUPRATOR.
MASTURBATUS, _a, um_. _Mart._ Qui est devenu le mari de sa main; qui a été conduit au plaisir par la main; qui s'est amoureusement chatouillé pour se faire rire; qui s'est joué soi-même; qui a trouvé une femme dans sa main. Ou: clitorisé.
MASTURBO, _are_, MASTURBOR, _ari_, dép. _Mart._ Voy. MASTUPROR.
(N) MATRIMONIUM, _ii_, n. Honnête concubinage ordonné par des lois et fondé sur des conventions entre hommes et femmes, qui presque toujours s'en repentent. Les Anciens en usaient avec encore plus d'appareil que les Modernes. Ils avaient une multitude de dieux, grands et petits, qui présidaient à toutes les cérémonies du mariage. Quand la fille avait engagé sa foi, les matrones la conduisaient au dieu Priape et la faisaient asseoir sur le membre énorme de ce dieu: là, on ôtait la ceinture de la jeune mariée, et l'on invoquait la déesse _Virginensis_. Le dieu _Subigus_ soumettait la fille aux transports du mari. Le déesse _Prema_ la contenait sous lui pour l'empêcher de remuer à contre-temps. Enfin la déesse _Pertunda_, ou Perforatrice, ouvrait à l'homme le sentier de la volupté. Dans les Indes, ce sont les prêtres qui se sont emparés de cette fonction divine. D'autres dieux et déesses présidaient aux travaux de l'enfantement; mais ici il ne s'agit que du plaisir, et non de la peine qui le suit.
MELLINA, _ae_, f. _Plaut._ Le cabaret où l'Amour enivre les hommes; le lieu où l'on goûte ses douceurs.
(N) MEMBROSUS, _a, um_. _Priap._ _Membrosior aequo Priapus_: bien fourni de la pièce essentielle au jeu d'amour: puissant plus que l'homme n'a coutume de l'être.
(N) MEMBRUM, _i_, n. Il y a beaucoup d'épithètes à ce mot. Voy. MENTULA.
MENTULA, _ae_, f. _Mart._ Le sceptre d'amour[160]; le bâton de commandement dans la milice amoureuse; le flambeau de Cupidon; le poisson de Vénus; l'arc-boutant de Nature; le coutre de la charrue d'amour; le serpent tentateur; le pilon du mortier amoureux; la lardoire et le lardon dont fait piquer sa viande Cupidon; le pinceau qui redonne la couleur aux filles; le chalumeau dont l'Amour se sert pour enfler son ballon; le hoyau des jardins de Vénus; le bourdon des pèlerins amoureux; ce qui n'est qu'une ligne droite et fait pourtant les cornes aux cocus; le ciseau des sculpteurs d'amour; le refouloir des canonniers de Vénus; l'aiguillon de la volupté; le prototype des chevilles; la clef du cabinet de la mère d'Amour; l'instrument que l'Amour emploie à faire un étui pour les âmes; la quille, le mât et le gouvernail des vaisseaux amoureux; la lame que Vénus aime bien au fourreau; le hochet des amours; le plongeon de Vénus; le battant de la cloche amoureuse[161].
[160] Ce sceptre amoureux a plus d'une fois procuré le trône à des mortels favorisés de la Nature:
_Imperium nobis mentula sola dedit._
(_Priap._)
[161] La plume de l'Amour.
Voici les synonymes Latins de cette partie essentielle: _Pars obscena, pars tegenda, tenta, penis, telum, columna, trabs, palus, contus pedalis, fascinum pedale, coleata cuspis, sceptrum, seminale membrum, ventris arma, vena tenta, hasta, Priapus, anguis, thyrsus, pensilia, peculium, muto, nota virilis, virilis nervus, mutinus, verpa, inguen, taurus, glans, babalum, psoleon, pyramis, clavus Cupidinis, vir, sica, sicula vel parva sica, cauda turgens, aluta, pipinna, iota longum_.
MENTULATUS, _a, um_. _Plaut._ Qui est pourvu d'un grand persuasif en amour; qui est avantageusement partagé en faveur des dames; qui est bien fourni, doué par la Nature de magnifiques talents pour le service des belles; qui a de quoi servir le sexe à bouche que veux-tu; qui a une ample garniture amoureuse; que Nature a libéralement fourni à l'usage des dames, bien entalenté pour le sexe.
MERENDUM (AD) A LENONE COGI. _A. Gell._ Être forcé par un marchand d'esclaves à s'attirer les caresses du public par sa complaisance.
MERETRICATIO, _onis_, f. Voy. MERETRICIUM.
MERETRICIE, adv. _Plaut._ En courtisane; en coquette outrée; à la manière des filles de joie; d'un air de garce; en putain.
MERETRICIUM, _ii_, n. _Suet._ Coquetterie outrée; profession de courtisane; métier de fille de joie.
MERETRICIUS, _a, um_. _Cic._ De coquette outrée; de fille de joie; de courtisane; de fille de commodité; de putain.
MERETRICOR, _ari_, dép. _Colum._ Fréquenter les maisons de commodité; hanter les lieux de plaisir.
MERETRICULA, _ae_, f. _Cic._ Diminutif de MERETRIX.
MERETRIX, _icis_, f. Coquette outrée; courtisane; fille de commodité; fille commode; fille de joie; garce; putain; débauchée; fille d'amour[162].
[162] Synonymes: _alicaria, diobolaris, elecebra, schoenicula, scortum_.
MERITORIUS PUER. _Cic._ Jeune mignon qu'on entretient dans la vue de s'en servir à sa fantaisie; un Ganymède.
MERITORIA TABERNA. _Suet._ Maison de commodité.
MERITORIA SCORTA. _Suet._ Personnes qui s'attirent les bonnes grâces par des complaisances sans réserve.