Part 8
=Coucher, Promener, Baigner.=—Ces verbes, employés _pronominalement_, doivent toujours être accompagnés de _me, te, se, nous, vous, se_; ainsi ne dites pas: _je vais coucher, promener, baigner_, mais, _je vais me coucher, me promener, me baigner_.
=Coudre=, v. a., fut., _je coudrai_, (et non _je couserai_); cond. _je coudrais_; impératif, _couds, cousons, cousez_; prés. du subj., _que je couse, que tu couses_; ind. prés., _je couds, nous cousons, vous cousez, ils cousent_; passé déf., _je cousis, tu cousis_, etc., (et non _je cousus_, etc.); imparf. du subj., _que je cousisse, que tu cousisses_, etc. (et non _que je coususse_, etc.)
=Couenne=, s. f., peau de porc; écrivez et prononcez _couenne_ (_ou en_ diphthongue) et non _couanne_ ni _couaine_.
=Couler, Courir.=—En parlant des liquides, il faut se servir du verbe _couler_: _cette fontaine coule doucement; ce tonneau, ce baril coule de toutes parts_. Cependant, lorsqu'il s'agit d'un liquide qui marche régulièrement et précipitamment, on emploie quelquefois le verbe _courir_: _le ruisseau qui court dans la prairie; l'eau qui court; le sang court dans les veines_. Mais il n'est jamais permis de dire: _ce vase court; le lait court dans le feu_; il faut dire, _ce vase coule; le lait coule dans le feu_.
2. Le verbe _courir_ se conjugue avec l'auxiliaire _avoir_: ne dites donc pas, _je suis couru_, mais _j'ai couru_. Mais il prend l'auxil. _être_ quand il signifie _être suivi, être recherché_: _cet ouvrage est fort couru; ce prédicateur est fort couru_.
3. _Je cours à la ville; il court à perdre haleine; il part avec lui_: prononcez _je cour à la ville; il cour à perdre haleine; il par avec lui_. Mais au pl. _ils courent avec lui_ (_il cour-tavec_), etc.; il en est de même dans les cas analogues.
=Couleur d'isabelle=, couleur mitoyenne entre le blanc et le jaune, mais dans laquelle le jaune domine; dites, _couleur isabelle_, quoiqu'on dise également bien, _couleur de rose_ et _couleur rose_.
2. _Couleurs_ (_peindre sous des_).—«On ne peint pas plus sous des couleurs que l'on ne dessine sous un crayon. Ce contre-sens, ou plutôt ce non-sens, provient de la confusion qui s'est faite à la longue entre deux locutions analogues: _peindre avec des couleurs_;—_voir_ ou _peindre sous un jour_.» (Francis WEY). Il est donc plus correct de dire: _peindre avec des couleurs_.
3. _Couleur_, est féminin: _une couleur changeante_; il est masculin, lorsque, avec le nom qui le suit, il désigne une couleur particulière ou une chose ayant cette couleur: _le couleur de feu, le couleur de rose, un beau couleur de feu, un joli couleur de rose_, comme on dit, _le rouge, le rose, un joli rose_, etc.
=Coup.=—Ne dites pas: _cet homme a fait les cent coups_ (locution populaire); dites, _a fait mille folies, mille excès_.
2. _Boire un coup d'eau, un coup de vin; au coup de midi, au coup de trois heures_, sont des expressions françaises.
=Couper=, v. a.—Ne dites pas: _le vent, la grêle, la neige coupent le visage_; dites, _... cinglent le visage_.
=Couperose=, s. f., vitriol; ne dites pas _comperose_.
=Couple=, est féminin, lorsqu'il signifie simplement le nombre _deux_, sans idée d'union, d'assortiment, d'assemblage: _une couple d'œufs, une couple de pigeons, une couple de serviettes_.—Il est _masculin_ 1º quand il désigne le mâle et la femelle: _un couple de pigeons suffit pour peupler une volière_; 2º quand il désigne des êtres animés, unis par un sentiment ou pour toute autre cause qui les rend propres à agir de concert: _un couple d'amis; un couple de fripons; un beau couple de chiens_. (Acad.)—Prononcez _cou-ple_ et non _coupe, coupèle_.
=Courant.=—On doit dire, _le cinq, le six, le dix du courant_. Ici on ne pourrait pas supprimer l'article, parce que le mot _mois_ est sous-entendu; c'est comme si l'on disait _le cinq, le six, le dix du mois courant_.
=Courrier=, s. m., se dit de la totalité des lettres qu'on écrit ou qu'on reçoit par un seul ordinaire: _lire son courrier, faire son courrier_.
(BESCHERELLE, POITEVIN).
=Courroie=, lien de cuir, est féminin; n'écrivez pas _corroi_.—Prononcez _courroî_ et non _courroiïe_.
=Cours=, s. m., flux, course, étude; prononcez _cour_ (_ou_ long) même devant une voyelle et non _cource_.
2. Ne dites pas: _il donne un cours d'italien; le professeur donne son cours_; dites, _il fait un cours, il fait son cours_.—Mais on dit, _donner des leçons_, (quand il s'agit de leçons particulières): voyez _leçon_.
=Court, e=, adj.—Ne dites pas: _je suis à court d'argent; le prédicateur est resté à court_; dites, _je suis court d'argent; le prédicateur est resté court_.
=Coûter.=—Ne dites pas, _coûte qui coûte_, mais, _coûte que coûte_ ou _quoi qu'il en coûte_; prononcez _coûter_ (_oû_ long) et non _couter_ (_ou_ bref).
2. _Coûter gros_:—_cela doit vous coûter gros, ce n'est pas le Pérou_, sont des expressions populaires dont il faut éviter l'emploi; dites, _coûter beaucoup, bel et bon_.
3. Ne dites pas: _les leçons de mon fils me coûtent dans les cent francs par mois_; dites, _à peu près cent francs par mois; me reviennent à près de cent francs par mois_. Voyez _cher_.
=Coutil=, s. m., toile forte; prononcez _couti_ et non _coutile_.
=Couturière.=—_Tailleuse_ est un mot provincial qui n'est pas admis par l'Académie.
=Couvent=, s. m. Ne dites pas: _elle est entrée dans le couvent à 18 ans_, dites, _au couvent_, comme on dit _entrer au service_ pour se faire soldat. _Entrer dans le couvent_, c'est y aller pour le visiter, pour y voir quelqu'un.
=Couvert= pour _couvercle_; =Couverte= pour _couverture, malle, mallette_.—On ne dit point le _couvert_, mais le _couvercle_ d'une tabatière, d'une cafetière, d'un vase quelconque; on ne dit pas la _couverte_, mais la _couverture_ d'un lit, d'une chaise, d'un livre (ce qui sert à couvrir le lit, la chaise, le livre).
2. On ne dit point _la couverte_ d'un écolier, mais _la malle_ et mieux _la mallette_ pour désigner le sac, ordinairement en cuir, où il renferme ses livres et ses papiers et qu'il porte suspendu à son dos à l'aide d'une courroie.
=Couvi=, adjectif, qui ne s'emploie qu'au _masculin_; il se dit, d'un œuf à demi couvé ou gâté pour avoir été gardé trop longtemps: _un œuf couvi, des œufs couvis_. Prononcez _couvi_ et non _couvice_.
=Crabe=, poisson qui ressemble à une écrevisse et dont on mange la chair; ce mot est masculin: _un gros crabe_. Prononcez _crâbe_ (_â_ long).
=Crachat=, s. m., dans le sens de décoration, est de mauvais ton.
=Craie=, s. f.: prononcez _craî_ (_aî_ long) et non _craiïe_.
=Craindre=, v. a.—Ne dites pas: _je crains qu'il tombe_; dites, _je crains qu'il ne tombe_.
=Crainte.=—Ne dites pas: _je n'irai pas, crainte d'être entraîné_; dites, _de crainte d'être entraîné_.
=Cran=, s. m., entaille qu'on fait à un corps dur pour accrocher ou arrêter quelque chose: _craner_, faire un cran.—Ne dites pas _crain, crèner_.
=Crâne=, s. m., tapageur, homme qui fait le rodomont: _c'est un crâne, faire le crâne_; on l'emploie quelquefois adjectivement: _il est crâne, il a l'air crâne_: ce mot est très-familier. (Acad.) C'est à tort que les wallons donnent à ce mot d'autres acceptions.
2. _Crane_ (mot wallon), se rend par _robinet_ (et non _robin_.)
=Crapaud.=—Dans certaines localités, on a assez l'habitude de donner aux enfants le nom de ce sale animal; il faut employer un des mots suivants: _marmot, mioche, marmouset_, etc.
=Crapule=, s. f., débauche, habitude grossière, excès dans le boire et le manger; il se dit quelquefois et par extension de ceux qui vivent dans la crapule: _n'allez pas avec ces libertins, c'est de la crapule_. (Acad.) Mais ce mot ne peut pas s'employer pour _petit peuple, lie du peuple, populace, gens sans éducation, gens de rien_.
=Craque=, _craquer, craqueur, craquerie_, menterie, se vanter, hâbler, hâbleur, hâblerie; ces mots, à l'exception de _craquer_, figurent dans le dictionnaire de l'Académie, mais ils sont de mauvais goût.
=Crasser, se Crasser=, figurent dans les dictionnaires; mais _crasser_ se dit surtout des armes à feu; vous direz donc: _cet enfant encrasse ses habits_, plutôt que, _... crasse..._
=Crasseux=, pour _ladre, très-avare_, est familier; _crasserie_, avarice sordide, n'est pas français; dites, _crasse_ et mieux _ladrerie_.
=Créancier, Débiteur.=—Le _créancier_ est celui à qui on doit;—_le débiteur_ est celui qui doit.
=Créer=, v. a.—Prononcez _cré-er_ et non _cré-ier_; prononcez de même _créateur, créature, création; agréable, agréer, fléau, géant, Gédéon, néant, Léopold, Napoléon, récréer, réel, réellement, suppléer, théâtre_, etc.
=Crème=, s. f.: voyez _chrême_.
=Crémer, Écrémer.=—_Crémer_ est un verbe neutre et signifie se couvrir de crème; il ne se dit que du lait: _en été le lait crème plus qu'en hiver_. _Écrémer_ est un verbe actif qui signifie ôter la crème de dessus le lait: _allez écrémer le lait, du lait_.
=Crêpe=, subst., est masculin et féminin; il est masculin, lorsqu'il signifie un morceau d'étoffe noire et claire qu'on porte en signe de deuil: _il porte un crêpe à son chapeau_. Il est féminin, lorsqu'il signifie une pâte qu'on fait cuire en l'étendant sur la poêle; il correspond assez bien au mot wallon _bouquette_ et au mot flamand _struif_.
=Crésane= ou =Creusane=, espèce de poire; dites _crassane_ et non _creusane_ ni _crésane_.
=Cresson à la noix=, n'est pas français; dites, _cresson alénois_.
=Crête= (_de_), c'est-à-dire, sur le côté le moins large, n'est pas français; dites _de champ_: _mettre de champ, poser de champ des briques, des pierres, des solives_.
=Crétin=, s. m., habitant goîtreux des Alpes, sourd, muet et idiot, et au figuré, homme stupide; ce mot n'a pas de féminin; écrivez et prononcez _crétin, crétinisme_ et non _cretin, cretinisme_ ni _crètin, crètinisme_.
=Crever=, v. neutre, signifie parfois _mourir_; en ce sens il ne se dit que des animaux: _ce chien avala du poison et il en creva_. (Acad.)
=Cric=, s. m., machine à lever; prononcez _cri_.
=Cric-Crac=, interj., bruit d'une fracture: prononcez _crike-crake_.
=Crier=, terme générique dont on se sert pour exprimer le cri particulier de chaque animal; il est ridicule de dire: _ce chien, ce chat, ces grenouilles, ces corbeaux ne font que crier_: les animaux ont chacun un cri particulier, et ce cri a un terme propre qui le désigne et qu'il importe de bien connaître.
2. _Crier après quelqu'un_; dites, _appeler quelqu'un_.
3. Ne dites pas: _mon professeur m'a crié_; dites, _... grondé, réprimandé_.
4. _Crier sur quelqu'un_; on dit: _crier contre quelqu'un_.—Prononcez _cri-er_ et non _cri-ier_.
=Croc=, s. m., instrument pour accrocher: prononcez _crô_; communément le _c_ final ne se prononce point (Acad.);—_croc-en-jambe_, tour de lutte; prononcez _crokanjambe_.—Voyez _c final_.
=Croche-pied=: voyez _cloche-pied_.
=Croire=, v. a.—Ne dites pas: _ne croyez pas à cet homme, il vous trompe_; dites, _ne croyez pas cet homme_; _croire à quelqu'un_, c'est croire à son existence: _croire aux revenants_.
2. Ne dites pas: _j'ai n'y crois rien_; dites, _je n'en crois rien_.
3. Ne dites pas: _j'ai cru être malade_; mais, _j'ai pensé, j'ai failli être malade_.
=Croisée, Fenêtre.=—L'Académie définit ainsi le mot _croisée_: fenêtre, ouverture qu'on laisse dans le mur d'un bâtiment pour donner du jour à l'intérieur et qui est quelquefois divisée par un montant et par une ou plusieurs traverses.—Il se prend aussi pour le châssis vitré (la fenêtre proprement dite) qui sert à fermer cette ouverture. Les gens de bonne compagnie disent toujours _fenêtre_, à moins qu'ils ne veuillent parler d'une ancienne espèce de fenêtre à montants et à traverses en maçonnerie ou en bois.
=Croître=, v. n.—Écrivez _je croîs, tu croîs, il croît_ (accent circonfl. pour distinguer ces personnes des personnes correspondantes du prés. de l'ind. de _croire_); _nous croissons_, etc.; passé déf., _je crûs, tu crûs, il crût_, (nous crûmes, vous crûtes), _ils crûrent_ (accent circ. pour la même raison); fut., _je croîtrai, tu croîtras_, etc. (accent circ. à toutes les personnes de même qu'au cond.); _je croîtrais_, etc.; part. passé, _crû, crûe_.
=Croix=, s. f.—Ne dites pas _faire une croix_, pour _faire le signe de la croix_; voyez _pile_.
=Crolle=, ne se trouve pas dans les dictionnaires; il faut dire, _boucle, anneau, cheveux frisés_: _une boucle de cheveux; friser à boucles; être frisé par anneaux_.—_Croller_ n'est pas français non plus; dites, _boucler, friser, crêper_.
2. _Crolle_ ne s'emploie pas non plus pour _copeau_ (éclat, morceau de bois que la hache, le rabot, etc., font tomber du bois): _gros copeaux, menus copeaux; brûler des copeaux_; le mot _crolle_, dans cette acception, est flamand.
=Cron= ou =Cromp=, pour _tortu, courbé, arqué, voûté, de travers_ et _crombain_, pour _bancal, bancroche_, ne sont pas français, mais flamands.
=Croque-noix, Croque-noisettes=, ne sont pas français; dites, _casse-noix, casse-noisettes_.
=Croquer=, v. a., ne s'emploie pas dans le sens d'_offenser_, de _piquer, piquer au vif_.
=Croup=, s. m., maladie, espèce d'angine; prononcez _croupe_.
=Croustillant.=—Ne dites pas: _cette pâtisserie est croustillante_; dites, _est croquante_.
2. N'employez pas non plus ce mot pour _plaisant, drôle_: _des contes croustillants_; dites, _croustilleux_; ce dernier mot est familier et signifie plaisant, libre, graveleux. (Acad.)
=Croûte=, s. f., en style d'atelier, se dit des tableaux sans valeur: _ce peintre ne fait que des croûtes_.—Mais il ne s'applique pas aux personnes; ne dites donc pas: _ce peintre n'est qu'une croûte_.
=Cru=, s. m., terroir où quelque chose croît; il n'est guère usité qu'en parlant des produits agricoles et surtout du vin: _ces foins, ces denrées sont de mon cru; du vin de mon cru, de son cru, de votre cru; ce vin-là est d'un bon cru_.—_Vin du cru_ se dit du vin fait avec le raisin recueilli dans l'endroit même où on le consomme: _nous voulûmes goûter du vin du cru; il faut se défier du vin du cru_; on peut dire également _du vin du pays_ (et non _de pays_).
=Crucifix=, s. m.; prononcez _crucifi_ et non _crus'fi_.
=Cruel, elle, Cruauté=; prononcez _cru-el, cru-auté_ et non _cru-wel, cru-wauté_.
2. _Un cruel enfant_ est un enfant insupportable; _un enfant cruel_ est un enfant porté à la cruauté.
=Ct.=—Ces deux consonnes finales se prononcent dans _tact, exact, contact, correct, direct, infect, abject, strict_; mais il y a exception pour _amict, district_ et pour toutes les terminaisons _pect_, tels que _respect, aspect, suspect, circonspect_, etc.; prononcez _ami, distrik, respèk, aspèk, suspèk_, etc.—Bien qu'on entende souvent dire _respè, aspè, suspè_, pour _respèk_, etc., cette prononciation n'est pas généralement admise par les grammairiens. (HENNEBERT.)
=Cueillir=, v. a., détacher de la tige; ne dites pas, _cueiller_; prononcez _keuillir_.
=Cuiller=, s. _féminin_; on prononce et quelques-uns écrivent _cuillère_. (Acad.)
=Cuire=, v. a.—On _cuit_ les aliments et l'on fait _bouillir_ les liquides; ne dites donc pas _l'eau est cuite; faites cuire le lait_; dites, _l'eau a bouilli, est bouillante; faites bouillir le lait_.
=Cul=, s. m., derrière d'une charrette, d'un tombereau: _mettez cela au cul de la charrette; mettre une charrette à cul_ (les timons en l'air).—On ne prononce point l'_l_ et quelques-uns la suppriment dans l'écriture; prononcez de même _cul-de-jatte_ (estropié), _cul-de-lampe_ (ornement d'architecture), _cul-de-sac_ (impasse).
2. _Cul de chandelle_ pour _bout de chandelle_ et _hochecul_ pour _hochequeue_ (oiseau), ne sont pas français: _hochequeue_ est masculin.
=Culotte.=—On peut dire indifféremment _une culotte, des culottes, une paire de culottes_; il n'en est pas de même du mot _pantalon_, qui dans ce sens ne s'emploie qu'au singulier: _j'ai mis un pantalon neuf_ et non, _des pantalons neufs_.
=Cumulet=, n'est pas français dans le sens de _culbute_; dites donc, _faire des culbutes_ et non, _des cumulets_.
=Curée=, dans le sens de _charogne_, n'est pas français.
=Curer, Écurer.=—_Curer_, c'est nettoyer quelque chose de creux: _curer un fossé, un égoût, un étang_, etc.—_Écurer_, c'est nettoyer avec du sablon ou quelque chose de semblable: _écurer la vaissette_.—Voyez _récureur_.
=Curieux.=—Ne dites pas: _il est si curieux pour sa toilette, pour les livres_; dites, _il a tant de soin de sa toilette; il aime tant les livres_.
Ne dites pas: _je suis curieux comment cela tournera_; dites, _je suis curieux de voir, de savoir comment cela tournera_.
=Cutée= ou =Cuitée=, la quantité de pains qu'on fait cuire à la fois dans un four; ces mots ne sont pas français; dites, _cuite_ ou _fournée_.
=Cutter=, s. m., petit navire de guerre; on prononce et plusieurs écrivent _cotré_.
=Cuvelle=, n'est pas français; dites, _cuve, cuvier, cuveau, cuvette_.—La _cuve_ est un vaisseau de grande dimension; le _cuvier_, est la cuve où l'on fait la lessive; le _cuveau_, est une petite cuve; la _cuvette_, est un vase dont on se sert pour se laver les mains; prononcez _cuve_ et non _cufe_.
=Czar=, souverain, _Czarine_, impératrice de Russie; prononcez _Czar, Czarine_; quelques-uns écrivent et disent, _tzar_. (Acad.)
D
=D.=—C'est à tort que l'on prononce souvent le _d_ des syllabes en _de_ comme un _t_: _timite, timitement, raite, ronte, corte, humite, Enéite_, au lieu de _timi-de, timi-de-ment, rai-de, ron-de, cor-de, humi-de, Enéi-de_. Cependant à la fin d'un adjectif, suivi immédiatement de son substantif commençant par une voyelle ou une _h_ muette, _d_ a le son de _t_: _un grand ignorant, la grande armée_; prononcez _gran-t-ignorant, la gran-te-armée_. Il en est de même, lorsque cette lettre est à la fin d'un verbe suivi de _il, elle_: _répond-il, entend-elle_? (_répon-t-il, enten-t-elle_.)
2. On ne prononce pas le _d_ final dans les adjectifs qui ne sont pas suivis immédiatement de leur substantif. _Un abîme profond effraie_ (_profon effraie_). On ne le prononce pas non plus dans les substantifs, même lorsqu'ils sont suivis de leur adjectif: on dira donc _un froid_ (_froi_) _excessif_, _un bord_ (_bor_) _escarpé_, sans aucune liaison. Mais il faut excepter le _d_ final dans les locutions suivantes: _de pied en cap, de fond en comble_, où le _d_ prend le son de _t_.
3. Prononcez les deux _d_ dans _addition, additionnel, additionner, adducteur, adduction_ et _reddition_.
4. _D'à moi, d'à toi, d'à lui_, etc.; les personnes peu instruites disent seules: _ce livre est d'à moi, d'à toi, d'à lui_, etc.; il faut dire, _ce livre est à moi, à toi, à lui_, etc.
=D'abord que=, ne peut pas s'employer pour, _puisque_ ou _aussitôt que_; ne dites donc pas: _d'abord que je suis innocent, je ne dois pas être puni; d'abord que vous aurez fini vos devoirs, vous apprendez vos leçons_; dites, _puisque je suis innocent...; aussitôt, dès que vous aurez fini vos devoirs..._ (Wall.)
=Dada=, est un terme enfantin qui signifie _cheval_; mais il ne faut pas le confondre avec _dadais, dandin_, qui veulent dire _niais_: _c'est un grand dadais, un vrai dandin_.
=Dahlia=, s. m., plante d'ornement; prononcez _dalia_.
=Daigner=, ne doit jamais être suivi de la préposition _de_; ainsi ne dites pas: _daignez de m'accorder votre protection_, mais, _daignez m'accorder..._—Prononcez _dai-gner_ et non _dai-gne-ner_; il en est de même de _dédaigner, enseigner_, etc. Voyez _gne_.
=Daim=, s. m., bête fauve qui tient le milieu entre le cerf et le chevreuil; la femelle s'appelle _daine_, que l'on prononce _dine_.
=Daler, Thaler, Taler=, s. m., monnaie d'Allemagne; prononcez _dalère, thalère, talère_; on dit plus souvent _thaler_ que _taler_ ou _daler_.
=Damas=, ville de Syrie; prononcez _Damâce_; _damas_, s. m., étoffe, fruit, acier; prononcez _damâ_.
=Dame=: voyez _monsieur_ et _époux_.
=Damner, Damnation, Damnable=; prononcez _dâner, dânation, dânable_, en supprimant l'_m_ et en allongeant l'_a_: voyez _condamner_.
=Danger.=—Ne dites pas: _il n'y a pas de danger que j'aille jouer, car mes parents me l'ont défendu_; dites, _je me garderai bien; je n'ai garde; je ne veux pas aller jouer_;—_ne pouvoir mal_, dans ce sens, est également un wallonisme.
=Dangereux= et _dangereusement_, employés pour _probable, vraisemblable_ et _probablement_, _vraisemblablement, apparemment_, sont de véritables barbarismes. Ainsi ne dites pas: _cela est bien dangereux; cela arrivera dangereusement demain_; mais dites, _cela est bien probable, vraisemblable; cela arrivera probablement, vraisemblablement demain_—Prononcez _danj'reux_ et non _danchereux_ ni _dangéreux, dangèreux_; item, _dangereusement_.
=Dank.=—C'est une expression qu'il faut laisser aux flamands, puisque nous pouvons dire _merci_.
=Dans.=—Ne dites pas: _j'ai beaucoup voyagé dans les flamands, dans les wallons_; dites, _chez les flamands, chez les wallons_, ou _dans le pays flamand, dans le pays wallon_.
2. Ne dites pas: _je vais m'asseoir dans le soleil; je me promène dans le soleil; il est agréable de se réchauffer dans le soleil_; mais dites, _je vais m'asseoir au soleil; je me promène au soleil; il est agréable de se réchauffer au soleil_.
3. Ne dites pas: _je suis dans un grand mal de tête_; dites, _j'ai un grand mal de tête_.
4. Ne dites pas: _s'il était dans mon pouvoir_ ou _dans ma puissance de vous rendre service_; mais dites, _s'il était en mon pouvoir, en ma puissance..._
5. Ne dites pas: _il a fait ce voyage dans deux heures_; dites, _en deux heures_.
6. Ne dites pas: _il y a dans les quarante ans_; dites, _il y a à peu près_ ou _environ quarante ans_. (Wall.)
7. Ne dites pas: _cela coûte dans les trois cents francs_; dites, _environ, à peu près trois cents francs_. (Wall.)
8. Ne dites pas: _je me trouvais dans la place Saint-Lambert_; dites, _sur la place..._ (Fland.)
9. Ne dites pas: _j'étais dans la fenêtre, dans la pluie_; dites, _à la fenêtre, à la pluie_; on dit, _se tenir, se mettre à la fenêtre, à la pluie, au vent_.
10. Ne dites pas: _je serai, j'irai dans l'hôtel d'Angleterre à 4 heures_; dites, _à l'hôtel d'Angleterre..._
11. Ne dites pas: _l'un dans l'autre_; mais, _l'un portant l'autre_: _les différents vols qu'on m'a faits, m'ont causé, l'un portant l'autre, une perte de mille francs_. (Wall.)
=Dante=, célèbre poète italien, auteur de la _Divine Comédie_: on dit _Dante_, et non _le Dante_; mais on dit _le Tasse_ et non _Tasse_.
=Dartre=, s. f., maladie de peau; écrivez et prononcez _dar-tre_, et non _dar-te_ ni _dar-tère_.
=Date= (époque), _dater, datif_.—Gardez-vous bien de marquer l'_a_ d'un accent circonflexe: _une vieille date_ (et non _dâte_); _ce décret est daté de telle ville_ (et non _dâté_). On prononce pourtant _dâte_, (_â_ long).—Ne confondez pas _date, époque_, avec _datte_, fruit du _dattier_.
=Davantage=, adv. (et non d'avantage), s'emploie toujours sans complément; ainsi on ne dira pas: _il a davantage de livres; il en a davantage que son frère_; mais il faudra dire: _il a plus de livres; il en a plus que son frère_.
2. Il ne faut pas le confondre avec _plus_: celui-ci s'emploie pour exprimer directement une comparaison: _votre sœur est plus âgée que vous_; mais on dira fort bien: _elle a vingt ans, vous en avez davantage_. _Davantage_ ne doit pas non plus être suivi d'un adjectif; on ne doit pas dire: _il est davantage âgé, davantage estimé_; il faut dire _plus âgé, plus estimé_.