Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc.

Part 5

Chapter 53,259 wordsPublic domain

=Broc=, s. m., grand vase pour le vin; prononcez _brô_; le _c_ ne se prononce qu'en poésie et dans la locution _de bric et de broc_. Voyez _c final_.

=Brosse=, pour _balai_, n'est pas français.

=Brosseter=, nettoyer avec la brosse, n'est pas français: dites _brosser_. (Wall.)

=Brouet=, s. m., bouillon au lait et au sucre; prononcez _brou-è_ (deux syllabes) et non _broè_ ni _brou-wet_.

=Brouette=, s. f.; prononcez _brou-ette_ et non _brou-wette_.

2. _Faire brouette_, terme du jeu de quilles, ne rien abattre, est une expression wallonne; dites, _faire chou blanc_.

=Broiement= ou =Broîment=, s. m., action de broyer: prononcez _broi-ment_ et non _broy-ï-ment_.

=Brou=, s. m., enveloppe verte des noix, des amandes et des fruits à coquille; ce mot ne s'emploie pas au pluriel. _Écale_ signifie la même chose, et se dit en outre: 1º, de certains légumes: _écales de pois, écales de fèves_; 2º, de la couverture solide de l'œuf, qui porte aussi le nom de _coque_ et de _coquille_: _j'ai brisé l'écale, la coque, la coquille de mon œuf_. Mais _cale_ n'est français dans aucune de ces acceptions: _cales de noix_, est donc une faute grossière; écrivez et prononcez _écale_ et non _écaille_.—_Cale_, s. f., se dit d'un morceau de bois, de pierre, etc. qu'on place sous un objet quelconque pour le mettre de niveau ou lui donner de l'assiette.

=Brouillamini=, s. m., désordre, confusion: _embrouillamini_ n'est pas français.

=Brouillard= (_papier_); voyez _buvard_ et _tache_.

=Brouillasser=, n'est pas français; dites, _il fait, il y a du brouillard, il bruine_.

=Brouilleur.=—Ne dites pas d'un mauvais écrivain, _c'est un brouilleur de papier_; dites, _... un barbouilleur_.

=Bru=, s. f.—On dit ordinairement _belle fille_.

=Bruit=, s. m.—Voyez _mener_.

=Brûler= (avec un accent circonflexe), employé impersonnellement, est un flandricisme: _on sonne le tocsin, il brûle quelque part_; dites, _il y a un incendie_; ne dites pas non plus: _il a brûlé cette nuit_; mais, _il y a eu un incendie cette nuit_.

2. Ne dites pas: _mon feu brûle bien, ma lampe brûle bien_; dites, _mon feu flambe bien, ma lampe éclaire bien_.

3. _Brûler du café_, pour _rôtir, griller, torréfier du café_, est une expression wallonne et flamande tout à la fois. _Brûler du café_, signifie: _consumer du café par le feu_; or ce n'est pas là ce qu'on veut dire quand on emploie cette locution; dites donc _griller, rôtir_ du café et mieux _torréfier_ qui nous paraît le mot propre; _torréfaction_ est l'action de torréfier.

=Brûle-bout=: voyez _profit_.

=Brut=, adj.—On prononce le _t_: _du sucre brut_ (_brute_).

=Bruxelles=, ville capitale de la Belgique; prononcez _Brucè-les_, d'après le flamand _Brussel_, et non _Bruk-celles_; ne dites pas _Bruxelaire_ ni _Brusselaire_; c'est _Bruxellois_ (Bru-cellois) qu'il faut dire.

=Bu=, ne s'emploie pas avec l'auxiliaire _être_ en parlant des personnes; ne dites donc pas d'un homme ivre: _il est bu_, mais _il a bu, il est gris, il est ivre, il a une pointe, une petite pointe de vin, de liqueur_.

=Bûche de bois=, est un pléonasme vicieux; dites simplement, _bûche_, pièce de gros bois de chauffage; on dira pourtant _une bûche de bois de hêtre, de bois flotté_.

2. On dit _tirer à la bûchette, à la courte paille_; et non, _à la bûche_.

=Buée=, s. f., ancien mot français, aujourd'hui inusité; dites _lessive_.

=Buffleteries=, s. f., tout ce qui dans l'équipement militaire, est fait d'une peau préparée à la manière de la peau de buffle; écrivez et prononcez _buffleteries_, et non _buffeteries_.

=Bure=, puits de mines, est du _féminin_: _cette bure est profonde_.

=Bureau.=—Ne dites pas: _mon père écrit sur un bureau_; mais, _dans un bureau_.

=Busculer=, n'est pas français; dites _bousculer_.

=Buse.=—Ne dites pas: _la buse_ ou _les buses du poêle_, mais _le tuyau_ ou _les tuyaux du poêle_; _buse_ dans ce sens est un mot wallon.

=But=, s. m., point où l'on vise, terme, fin; le _t_ se prononce lorsque le mot termine la phrase, ou quand il est devant une voyelle ou une _h_ muette.

2. Ne le confondez pas avec _butte_, s. f., qui signifie un petit tertre, une petite élévation de terre.

3. On ne _remplit_ pas un but, comme on remplit un tonneau; on _l'atteint_: _il a atteint son but_.

=But-à-but=, loc. adv., également, sans aucun avantage de part ni d'autre; on l'emploie surtout au jeu: _jouer but-à-but, être but-à-but_.

=Buvable=, adj., est français, mais il est familier; on dit plutôt _potable_.

=Buvard.=—_Papier buvard_ n'est pas français; dites, _papier brouillard_, pour signifier le papier dont on se sert pour faire sécher l'écriture fraîche.

2. _Le buvard_, s. m., est une sorte d'album où toutes les feuilles sont de papier brouillard, et dont on se sert pour faire sécher l'écriture fraîche.

C

=C final.=—Il ne se fait sentir qu'après une voyelle non nasale ou une consonne: _arsenic_ (quelques-uns prononcent _arseni_ contrairement à l'Académie), _bac, hamac, lac, bec, pic, roc, bouc, caoutchouc, duc, busc_, etc.; excepté pourtant dans _arc-boutant, arc-bouter, arc-doubleau, broc_, (voyez ce mot), _accroc, raccroc, escroc, estomac, tabac, lacs_ (filets), _cric, échecs_ (jeu), _porc_ (on prononce ordinairement le _c_ quand il est à la fin de la phrase et devant une voyelle), _marc_ (poids), _Saint-Marc_, employé comme déterminatif, tels que _la place Saint-Marc, le lion Saint-Marc_; mais dans saint _Marc_, l'évangéliste, _Marc_, nom d'homme, le _c_ se fait sentir; _amict_ ne fait sentir ni le _c_ ni le _t_. Dans le discours soutenu, la liaison peut avoir lieu pour les substantifs _estomac, instinct_, suivis d'un adjectif: _estoma-kaffaibli, instin-kadmirable_.—Le _c_ se prononce également dans les noms propres _Armagnac, Brissac, Balzac, Cavaignac_ (prononcez _Cavagnac_), _Cognac, Nérac, Ravaillac_.

=Ça=, interjection familière, dont les wallons abusent trop souvent dans les locutions suivantes: _oui, ça! non, ça_; régulièrement il faut la supprimer.

2. _Il fera ça_ ou _cela mieux une autre fois_, est une locution wallonne; dites, _il fera d'autant mieux..._ ou _en revanche, il fera mieux_. (Wall.)

3. Les flamands doivent éviter de commencer leurs phrases par le mot _ça_: _ça est vrai, ça est bon, ça je dis, ça j'ai répondu, ça je ne sais pas_; ils doivent dire simplement, _c'est vrai, c'est bon, je dis cela, j'ai répondu cela, je ne le sais pas_, à moins qu'on ne veuille insister particulièrement ou établir une sorte d'opposition: _ceci est faux, cela est vrai; ceci est mauvais, cela est bon_; quant aux expressions _ça_ ou _cela je dis_, etc., cette inversion n'est jamais permise en français; il faut alors recourir à une autre tournure, par ex.: _voici ce que dis, voilà ce que j'ai répondu_.

4. _Il est comme ça, c'est son caractère_, est une expression française.

=Cabaret=, s. m.: faites le premier _a_ bref.

=Cabas=, s. m., petit panier; l'_s_ ne se prononce pas.

2. _Aller à cabasse_, est une locution wallonne; dites, _aller bras dessus, bras dessous_.

=Cabeliaud=, n'est pas français; dites _cabillaud_ (_ll_ mouill.)

=Cabus=, adj. m., sans féminin, pommé; il ne se dit qu'avec le mot _chou_: _des choux cabus_; on ne prononce pas l'_s_.—_Cabusette_ n'est pas français; dites _laitue pommée_.

=Cacao=, s. m., amande du cacaoyer, base du chocolat; prononcez _caca-o_.

=Cachément, Cachettement=: ces mots ne sont pas français; dites _en cachette, secrètement, en secret_.

=Cacis= ou =Cassis=, s. m., arbuste, liqueur; prononcez _câci-ce_.

=Cacophonie=, s. f., son ou accord désagréable; ne dites pas _cacaphonie_.

=Cadastre=, s. m.; prononcez _cadas-tre_ et non _cadasse_ ni _ca-das-tère_.

=Cadavre=, s. m., corps mort; prononcez _cada-vre_ et non _cada-fe_ ni _cada-vère_: _cadavre inanimé_ est un pléonasme ridicule.

=Cadeau=, s. m.—Ne dites pas: _j'ai reçu ce livre en cadeau_; dites, _on m'a fait cadeau de ce livre_.

=Cadenas=, s. m., serrure mobile; ne dites pas _loquet_ pour _cadenas_; le loquet en effet est une fermeture très-simple que l'on met aux portes qui n'ont pas de serrure et à celles dont le pêne est dormant; il correspond assez bien au mot wallon _cliche, clichette_.

2. Ne confondez pas non plus le _loquet_ ou le _cadenas_ avec la _targette_, qui est une petite plaque de métal, portant un verrou plat, et qu'on met aux portes, aux fenêtres, etc., pour servir à les fermer.—Prononcez _ca-d'-na_ et non _ca-ne-na_.

=Cadre=, s. m.—Ne dites pas: _j'ai acheté de beaux cadres_, pour _de beaux tableaux_: un _cadre_ n'est que la bordure du tableau, de l'estampe. Voyez _quadre_.

=Café=, s. m.; prononcez _café_ et non _cafet_.

2. On ne dit pas, _boire le café_, mais _prendre le café_: _boire_ ne se dit que des liqueurs faites pour servir de boisson, pour désaltérer, comme _l'eau, le vin, la bière_, etc. Voyez _boire_.

=Cafouiller= ou =Fafouiller=, pour =Farfouiller=, sont des barbarismes: _farfouiller_ signifie fouiller dans quelque chose avec désordre.

=Cahier=, s. m.; prononcez _ca-ié_, (_h_ muette) et non _ca-iet_ ni _ca-hier_, en aspirant l'_h_.

=Cahotement=, s. m.—Ce mot n'est pas français; dites _cahot_, pour exprimer les sauts que fait une voiture sur un chemin raboteux; et _cahotage_, pour marquer l'effet, le mouvement que produisent les _cahots_.

=Cahotte=, s. f., mot wallon, morceau de papier roulé en pointe de manière à pouvoir contenir quelque chose, se traduit en français par _sac, sachet, cornet_ et _rouleau_ qu'il ne faut pas confondre; on dit: _un cornet de tabac, de café_; _un rouleau de pièces de cinq francs_.

=Caillé=, part.; dites, _du lait caillé_ et _une dent cariée_.

=Caisse=, s. f.—Ne dites pas, _une caisse de montre_; dites, _une boîte de montre_.

=Câlin=, adj. (l'_a_ est long).—Ce mot signifie _flatteur, cajoleur_: _un petit câlin, cet homme a l'air câlin; prendre un ton câlin_; mais il ne faut pas l'employer dans le sens de _méchant_ ou de _saligaud, salaud, crapuleux_. (Wall.)

=Caleçon=, s. m., sorte de culotte; ne dites pas, _caneçon_.

=Calendrier républicain.=—Pendant la révolution française, la Convention voulant faire commencer l'année au jour où la république avait été proclamée, abolit l'ère vulgaire, et data l'ère républicaine du 22 septembre 1792, le jour même de l'équinoxe d'automne. Les mois, au nombre de douze, se composaient uniformément de 30 jours, et étaient rangés dans l'ordre suivant: _vendémiaire, brumaire, frimaire_,—_nivôse, pluviôse, ventôse_,—_germinal, floréal, prairial_,—_messidor, thermidor_ et _fructidor_. L'année était complétée par des jours épagomènes au nombre de 5, et de 6 dans les années _sextiles_. Au lieu de la division du mois en semaines, on adoptait une division en 3 décades, dont les jours s'appelaient _primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, décadi_. Le jour était divisé en 10 parties ou heures. Les noms des saints et des fêtes du calendrier grégorien étaient remplacés par une série de noms de plantes, de métaux, d'animaux, d'instruments aratoires. Exemple: vendémiaire, primidi, _raisin_; duodi, _safran_, etc. Le 1er des jours complémentaires fut consacré à la vertu, le 2e au génie, le 3e au travail, le 4e à l'opinion; le 5e était la fête des récompenses; le 6e, dans les années sextiles, la fête de la révolution. La période de 4 ans, au bout de laquelle avait lieu cette addition du 6e jour, formait une _franciade_.—Le _Calendrier républicain_ avait été imaginé par Romme. La signification de ces mois n'était vraie que pour le climat de Paris. Il a duré moins de 14 ans; sa 14e année, commencée le 23 septembre 1805, finit le 31 décembre suivant: sur un rapport de Laplace au Sénat, un sénatus-consulte du 21 fructidor an XIII rétablit le calendrier grégorien à compter du 1er janvier 1806.

(_Dictionnaire_ de DEZOBRY et BACHELET).

=Calotte=, _gifle, pétard_, coup donné sur la tête ou au visage avec la main; remplacez ces mots par _taloche, claque, soufflet_: _gifle_ et _calotte_ pourtant figurent dans les dictionnaires, mais ils sont populaires.

=Calque=, s., est masculin: _un beau calque_.

=Calquer, Décalquer=, v. n.—_Calquer_, c'est transporter les traits d'un dessin sur un papier: _calquer un dessin, un plan_.—_Décalquer_, c'est reporter le calque d'un dessin sur du papier, sur une toile, sur une planche, etc.

=Calville= (pomme).—Dites _pomme calville_ ou _pomme de calville_ et non _calvine_ ni _calvi_.

=Camail=, s., vêtement ecclésiastique, et des chanoines ainsi que des évêques en particulier; ce mot est masculin; le pluriel est _camails_.

=Cambouis=, s. m., graisse noire formée du vieux oing, dont on a enduit les roues; écrivez et prononcez _cambouis_ et non _cambuis_.

=Campagne.=—_Être à la campagne_, c'est être en promenade à la campagne ou être dans une maison de campagne, pour y passer quelque temps; _être en campagne_, c'est être en mouvement, hors de chez soi, qu'on voyage pour son plaisir ou pour ses affaires: _quand il est à la campagne, il met tous ses gens en campagne, pour lui procurer des vivres_. Ces observations s'appliquent également aux locutions: _aller à la campagne_ et _aller en campagne_.

=Canaille=, s. f.—Ne dites pas: _cette personne est une canaille; ce commissaire est une canaille qui mérite la potence_. Ce mot n'est pas français dans ce sens; remplacez-le selon le sens par: _un gueux, coquin, fripon; un bandit, malfaiteur, vagabond; un drôle, un maraud, un gredin, un pied-plat, un infâme, un chenapan_.—_Canaille_ est un terme de mépris qui se dit de la plus vile populace: _il fut insulté par la canaille_.—Il se dit aussi des gens de toute condition pour lesquels on veut témoigner du mépris: _il nous traite de canaille_.—Il se dit quelquefois, par plaisanterie, des petits enfants qui font du bruit, qui importunent: _faites taire cette petite canaille_.

=Cangrène=: voyez _gangrène_.

=Caout-chouc=, s. m., résine élastique; prononcez _caoute-chouke_.

=Capable=, adj.—On dit: _cet homme est capable de bien se battre_, et non, _à, pour se battre_; _capable_ n'est jamais suivi des prépositions _à_ ou _pour_.—Voyez _susceptible_ et _assez_.

=Capillaire=, _capillarité, capillation, capillature_: prononcez les deux _ll_ sans les mouiller.

=Capitaine=: prononcez comme c'est écrit, _capitaine_ et non _captaine_.

=Capot=, adj., 1º confus, interdit; 2º terme de jeu, qui n'a fait aucune levée; cet adjectif est des deux genres et des deux nombres; ne dites donc pas d'une femme: _elle est demeurée capote_; mais _capot_.—Prononcez _capo_ (_o_ bref).

2. N'employez pas _capot_ dans le sens de _frit, fricassé, cassé, brisé, perdu_: _cet homme est frit; cet argent est fricassé; tout est frit; ce vase est cassé; cette canne est brisée; cet homme est perdu_ (et non _capot_ ni _capote_). (Fland.)

=Capote=, ne se dit proprement que d'une espèce de redingote à l'usage des soldats; dans tout autre cas, servez-vous des mots _redingote, frac_ (s. m. _un frac_).

=Caprice=, est masculin: _un caprice bizarre_.

=Capuce=, s. m.; ne dites pas: _il rabattit sa capuche sur son visage_; dites, _son capuce_, ou bien, _son capuchon_, (couverture de tête qui fait partie de l'habillement de certains religieux.)—_Capuche_ n'est pas français.

=Car en effet=, pléon. vicieux; dites seulement, _car_ ou bien _en effet_; ces deux locutions signifient la même chose.

=Caracole=, est un mot wallon; dites _limaçon_ ou _colimaçon_.

=Caramel=, bonbon, est un s. m.: _aimez-vous le caramel? le caramel est bon pour le rhume; mettre du caramel dans une sauce_. (Acad.) Quoique l'Académie ne donne pas d'exemple de ce mot employé au pluriel, nous croyons pourtant qu'on peut dire _des caramels_, pour désigner les petits bonbons sucrés, de forme carrée ou oblongue, renfermés dans du papier: _cet enfant aime mieux les caramels que les dragées_.

=Carbonaro=, s. m., au pl., _carbonari_, nom des membres d'une société secrète d'Italie; ce mot signifie proprement _charbonnier_.

=Caresse=, s. f.—Ne dites pas: _donner des caresses_; dites, _faire des caresses_.

=Carolus=, s. m., ancienne monnaie: prononcez _caroluce_ et non _carluce_.

=Carotte=, s. f.—_Tirer une carotte_ à quelqu'un, c'est-à-dire, obtenir adroitement d'une personne ce qu'elle n'avait nulle envie de donner, est une locution basse et populaire.

=Carpette=, mot anglais qui n'est pas francisé; dites, _tapis de pied_, comme on dit, _tapis de table, tapis de billard_: _carpette_ se dit en français d'un gros drap rayé pour emballage.

=Carré=, ne peut pas s'employer pour _quadrille_ (sorte de danse).—_Carré_ ne se dit pas non plus pour _palier_: _nous logeons sur le même palier_ et non, _sur le même carré_.

=Carreau=, s. m.—On doit dire un _carré de papier_ ou un _quart de feuille_, et non un _carreau de papier_: _écrire une note sur un carré de papier_; mais on dit, _un carreau de vitre_ ou simplement _un carreau_.

=Carrosse=, voiture suspendue, est masculin: _un beau carrosse_.—Ne dites pas: _il roule carrosse, il roule en carrosse_; dites, _il a un carrosse, il a un équipage_.

=Carrousel=, s. m., tournois: prononcez _carou-zèle_ et non _caroucèle_.

=Cartabelle=, s. f., le petit livre qui indique la manière de réciter l'office, se nomme, en français, _un directoire_; _cartabelle_ ne figure pas dans les dictionnaires, mais il est usité en Belgique.

=Carte=, s. f.—Ne dites pas _une carte de mort_, mais _un billet de part, un billet d'enterrement_.

2. Ne dites pas: _ce professeur donne des leçons à un franc la carte_; dites, _à un franc le cachet_.

=Carter=, dans le sens de _mêler_ ou de _faire les cartes_, n'est pas français; _écarter_ (et non _carter_) est un terme du jeu de piquet.

=Cas.=—_En cas que, au cas que_, se disent indifféremment et sont des locutions conjonctives qui régissent le subjonctif.

2. On dit _en cas d'empêchement, en cas de malheur_; et non, _au cas d'empêchement_, etc.

3. _Cas_ (_faire_): on dit, _faire cas, faire grand cas_, ou _ne faire nul cas de quelqu'un_ ou _de quelque chose_; on ne dit pas, _faire du cas, faire un grand cas de..._; toutefois, on dit très-bien: _j'en fais beaucoup de cas_.

=Casaque=, habillement dont on se sert comme d'un manteau, et qui a ordinairement les manches fort larges: ce mot est féminin.

=Casemate=, s. f., souterrain voûté d'une citadelle: prononcez _cazemate_ et non _cacemate_ ni _casemaque_.

=Casino=, s. m., société de jeu, de danse: prononcez _cazino_ et non _cacino_.

=Cassonade=, s. f., sucre non raffiné: prononcez _cassona-de_ et non _cassona-te_ ni _castonnade_.

=Casuel= (accidentel), ne doit pas s'employer pour _cassant, fragile_; il faut dire: _la porcelaine est cassante, fragile_, et non _casuelle_.

=Cataplasme=, est masculin: _appliquer un cataplasme_; prononcez _cataplas-me_ et non _catapla-me_. Voyez _asme_.

=Catéchisme=, s. m.: prononcez _catéchis-me_ et non _catéchime, catéchisse, catéchim-se, catégisme_.

=Catherine=, n. pr.: écrivez et prononcez _Catherine_ et non _Cathérine_.

=Cause= (_à_).—_A cause que_, signifiant _parce que_, est français, quoi qu'en disent MM. Chapsal et Poitevin; au mot _par_, l'Académie dit: _parce que, à cause que_; et au mot _cause_, elle dit: _à cause que, parce que_.

2. Ne dites pas: _c'est cause de vous que j'ai perdu mon livre_; dites, _c'est à cause de vous_.

3. Ne dites pas non plus: _je suis tombé, c'est vous la cause_; mais, _c'est à cause de vous_ ou _c'est vous qui en êtes la cause_.

=Causer=, dans le sens de _parler_; ne dites pas: _je lui ai causé longtemps_; mais, _j'ai causé longtemps avec lui; j'ai causé avec lui de cette affaire_ (et non _je lui ai causé de cette affaire_).

2. Ne dites pas: _nous nous causerons une autre fois_; dites, _nous causerons..._—_Se causer_ n'est pas français.

=Causette=, n'est pas français; dites _causerie_ ou _conversation_, selon le sens.

=Causeur=, fait au féminin _causeuse_ et non _causeresse_.

=Cave=, _Esclave, Rave_, etc.: prononcez comme c'est écrit, et non _ca-fe, escla-fe, ra-fe_. Voyez _v final_.

=Ce, Cela.=—Ne dites pas: _cela ne vient pas à huit jours_; dites, _huit jours de plus ou de moins n'y font rien_ ou _ne font rien à l'affaire_. (Fland.)

2. Ne dites pas: _c'est ce que je me plains_; mais, _c'est ce dont je me plains_.

3. Ne dites pas: _c'est moi qui a, c'est moi qui est; c'est vous qui a, c'est vous qui est_; dites, _c'est moi qui ai, c'est moi qui suis; c'est vous qui avez, c'est vous qui êtes; c'est nous qui avons, qui sommes_, etc.

4. _Ça_ ou _cela voulait bien tomber que telle ou telle chose était arrivée_.—Quand on veut parler d'une circonstance favorable, d'un heureux hasard, qui arrive dans un certain temps, on dit en flamand: _ça voulait bien tomber que..._ Cette expression ne peut pas s'employer en français; il faut dire par exemple: _c'était une circonstance favorable, un heureux hasard que votre frère aîné fût là pour prendre votre défense_. (Fland.)

5. Ne dites pas: _cela m'étonne que, cela ne me surprend pas que..._ dites, _je m'étonne que_ ou _je suis étonné que; je ne suis pas surpris que..._

6. _Cela va sans parler_, barbar.; dites, _cela va sans dire_.

7. Ne dites pas: _c'est aujourd'hui quatre mois que Jean est mort_; dites, _il y a aujourd'hui quatre mois que..._ (Fland.)

8. Ne dites pas non plus: _ça été hier trois ans que...; ce sera demain six semaines que..._ dites, _il y a eu hier trois ans que...; il y aura demain six semaines que..._ (Fland.)

9. _C'est... c'était_.—Ne dites pas: _c'est bien étonnant que...; c'est temps de dîner; c'était dix heures, quand nous arrivâmes; c'était minuit précis, lorsque les voleurs entrèrent; c'était temps qu'il se corrigeât_; mais dites, _il est bien étonnant; il est temps; il était dix heures; il était minuit précis; il était temps qu'il se corrigeât_. (Fland.)

10. Ne dites pas: _c'est beau temps aujourd'hui_; dites, _il fait beau temps, il fait beau aujourd'hui_. (Fland.)

11. Ne dites pas: _c'est fini avec moi, avec lui_; dites, _c'est fait de moi, de lui_. (Fland.)

12. Ne dites pas: _c'est inconcevable les arbres qu'il y a dans ce jardin_; dites, _vous ne sauriez croire combien il y a d'arbres..._ (Fland.)

13. Ne dites pas: _c'est certain que les enfants étaient plus soumis autrefois_; dites, _il est certain..._

14. Ne dites pas: _c'est midi, c'est six heures; il est temps que je retourne_; dites, _il est midi, il est six heures..._ (Fland.)

15. Ne dites pas: _saluez ce Monsieur_; dites, _saluez Monsieur_. _Ce_, devant _monsieur, dame, demoiselle_ ou devant un nom propre, est toujours injurieux. Ne dites pas: _celui-ci, celle-ci prétend que_ (en parlant d'une personne présente) _cette chose est_; ce terme est impoli et inconvenant; dites, _Monsieur, Madame, Jean, Jeanne, prétend que..._

16. _C'est à vous à_, signifie ordinairement, _c'est votre tour de_: _c'est à vous à jouer_;—_c'est à vous de_ veut dire, _c'est votre droit de_: _c'est à vous de jouer le premier_; ou, _c'est votre devoir de_: _c'est à vous de donner l'exemple_.

=Céleri=, s. m., plante potagère: prononcez _cél'ri_ et non _céléri_.

=Cence, Cencier.=—Ces mots ne sont guère usités; on dit plus communément, _ferme, fermier_.

=Cendrisse.=—Ce mot n'est pas français; dites: _cendres_.

=Cens=, s. m., redevance en argent: prononcez _sance_.

=Censé, ée=, réputé, est simplement _adjectif_: _vous êtes censé l'avoir fait_; ne le confondez pas avec _sensé_, qui a du bon sens, qui est conforme à la raison: _personne sensée, discours sensé_.

2. _Censément_, n'est pas français; ne dites pas: _il est censément docteur_; dites, _il est censé docteur_.