Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc.

Part 4

Chapter 43,242 wordsPublic domain

17. _Je l'aurai, je saurai bien l'avoir_, se dit en parlant d'une personne dont on espère se venger; cette manière de parler vieillit. (Acad.)—Voyez _ravoir_.

18. _Contre qui en a-t-il, en avez-vous?_ c'est-à-dire, contre qui est-il, êtes-vous fâché, en colère? On dit aussi: _à qui en a-t-il?_ (Acad.)

19. Mais _à qui en a-t-il, à qui en avez-vous, en avez-vous à moi_, dans le sens de: _à qui parlez-vous_, etc., sont des barbarismes.

=Avoir l'air.=—L'adjectif ou le participe qui suit _avoir l'air_, s'accorde avec _air_ ou avec le sujet de la proposition.—Il s'accorde avec _air_, si la qualité qu'il exprime peut convenir au mot _air_: _la tuile a l'air plus gai que le chaume; cette fille a l'air hardi; cette femme a l'air hardi; cette femme a l'air méprisant_: on peut dire d'un air, d'un extérieur, qu'il est _gai, hardi, méprisant_.—Mais il s'accorde avec le sujet de la proposition, lorsqu'il exprime une qualité qui ne peut convenir au mot air; on dit: _elle a l'air contente; ils ont l'air fâchés; cette viande a l'air d'être fraîche; ces légumes n'ont pas l'air d'être cuits_. (Acad.) Parce qu'on ne peut pas dire d'un air qu'il est _content, fâché, frais, cuit_.

=Avre, Avrer= ont toujours l'_a_ long: _cadavre, navrer_.

=Avril=, 4e mois de l'année: prononcez _avrille_ (_l_ mouillée); prononcez de même _baril, péril_. Voyez _l_ mouillée.

=Ayant=, part. prés.—Prononcez, _ai-iant_ et non _a-yan_: l'_y_ ici représente deux _i_ qu'il faut faire sentir comme dans: _royal, moyen, citoyen_, etc.

=Aye=, que _j'aye_: écrivez avec un _i_ simple: on ne met pas d'_y_ devant un _e_ muet. Voyez _ai, aie_.

=Axiome= (_o_ sans accent circonflexe), s. m., vérité, maxime évidente par elle-même; prononcez _axiôme_ (_ô_ long). Voyez _o_.

B

=B.=—C'est à tort que les wallons prononcent généralement le _b_ des syllabes en _be_, comme un _p_: dites donc: une _syllabe_, une _trombe_, il _tombe_, une _bombe_, un _verbe_, un _adverbe_, la _barbe_, _enjambement_; et non: une _syllape_, une _trompe_, il _tompe_, une _bompe_, un _verpe_, un _adverpe_, la _barpe_, _enjampement_.

=Babil=, s. m.—Prononcez _babille_ en mouillant l'_l_; prononcez de même les mots suivants: _babillage, babillard, babillement, babiller_. Voyez _l_ mouillée.

=Bac=, s. m., ne s'emploie pas pour _cabaret_; dites: _cet homme ne fréquente que les cabarets, les tavernes, les cabarets borgnes_.

=Bacchus=: prononcez l'_s_ finale. Voyez _s_.

=Bacon de lard=, mot wallon; dites, _flèche de lard_.

=Baguer=, _débaguer, débagage_, pour transporter des meubles d'une maison à une autre, ne sont pas français; dites _déménager_. (Wall.)

=Bai, Baie=, adj., qui est d'un rouge brun: _cheval bai_; prononcez _bé_ et non _bè_.

=Baigner=: voyez _promener_.

=Baignoire=, s. f.; dites _une baignoire_ et non _un baignoir_.

=Baille=, n'est pas français; ne dites pas, _on fait des bailles quand on a faim_; mais, _on fait des bâillements_, ou _on bâille_.

2. Ne dites pas, _bâiller aux corneilles_ (regarder bouche béante); dites _bayer_, et prononcez _bè-ïé_.

3. Dans _bailler_, donner, livrer par convention ou par bail, l'_a_ est bref; dans _bâiller_, ouvrir involontairement la bouche, l'_a_ est long et marqué d'un accent circonflexe.

=Bailli=, au féminin _baillive_, de l'ancien masculin _baillif_; _bailleresse_ est le féminin de _bailleur_ (de fonds).

=Baïonnette=, s. f.—On écrivait anciennement _bayonnette_.

=Baise.=—On ne dit pas, _donnez une baise à maman_; mais, _donnez un baiser à maman, embrassez maman_.

=Baisser=, v. n.—Ne dites pas: _les jours baissent déjà en juillet_; dites, _décroissent, diminuent_.

=Balance=, s. f., machine à peser, s'emploie au singulier: _cette balance n'est pas juste_ et non _ces balances_.

=Balier, Baliure, Balieur=, pour _balayer, balayure, balayeur_, sont des expressions vicieuses; prononcez _balai-ier, balai-iure, balai-ieur_.

=Balziner=, pour lambiner, lanterner, muser, est wallon.

=Banal, ale=, adj., trivial; il fait au plur. masc. _banaux_: _un compliment banal, des fours banaux_.

=Baptême=, s. m.—Le _p_ ne se prononce pas: _batême_; prononcez de même _Baptiste, baptismal, baptistaire, baptistère, baptiser, débaptiser_ (changer de nom). Voyez _p_.

=Barbarisme=, s. m.—Il ne faut pas le confondre avec le solécisme. Il y a plusieurs sortes de barbarisme: ainsi un mot forgé, altéré ou détourné du sens que l'usage lui donne;—un adverbe employé comme une préposition;—des prépositions, des conjonctions ou d'autres mots employés ou omis mal à propos;—un nom employé à un genre ou à un nombre que l'usage lui refuse;—un verbe présenté sous une forme qui n'est pas autorisée par l'usage, par ex.: _il soye, il aye_, pour _il soit, il ait_, sont autant de barbarismes. Prononcez _barbaris'-me_ et non _barbarisse_ ni _barbarim'se_.—Voyez _solécisme_.

=Barbe.=—On dit très-bien: _faire sa barbe, se faire la barbe, se faire faire la barbe_, comme on dit _se raser la barbe_ ou simplement _se raser_. (Acad.)

=Barboter=, n'est pas français; dites _grommeler, marmoter_.

=Barette.=—_Faire barette_, expression vicieuse, connue des écoliers; dites, _faire l'école buissonnière_.

=Baril=, s. m.: prononcez _bari_.

=Baromètre=, s. masculin; dites _un baromè-tre_ et non _baromette_ ni _baronette_.

=Barres=, jeu d'écolier, est un substantif _féminin_ qui ne s'emploie qu'au _pluriel_: _jouer aux barres_.—On ne prononce qu'une _r_ ainsi que dans _barrer, barreau, barrette, barricade, barricader, barrière, barrique_.

=Barthélemi= et non _Barthélémi_, ni _Bartholomi, Bartholomé_; on écrit aussi _Barthélemy_.—Voyez _y_.

=Bartiau.=—Ne dites pas: _cet élève a fait aujourd'hui le bartiau_; dites, _... a fait l'école buissonnière, a manqué l'école_: _bartiau_ est un mot wallon du Hainaut.

=Bas.=—Ne dites pas: _j'ai vu cet acteur bas de la scène_, mais, _je l'ai vu hors de la scène, à la ville_.

2. Ne dites pas: _il est tombé, il s'est jeté, il a sauté en bas de son cheval, de l'échelle, de l'arbre_, etc.; dites, _à bas de son cheval_.

3. Ne dites pas: _descendre en bas, monter en haut_; dites simplement _descendre, monter_. Voyez _haut_.

4. Ne dites pas: _cette maison n'est bonne qu'à mettre bas_; dites, _qu'à mettre à bas_.

5. Ne dites pas: _j'ai mis bas ce grand garçon_; dites, _je l'ai renversé, je l'ai terrassé_.

6. Ne dites pas: _j'ai tiré l'oiseau bas_ ou _en bas_ (au tir à l'arc ou à l'arbalète); dites, _j'ai abattu l'oiseau_.

7. Ne dites pas: _tirez la clef bas_ ou _en bas de la serrure_; dites, _tirez_ ou _ôtez la clef de la serrure_.

8. Ne dites pas: _le tonneau est bas_ ou _en bas_, pour signifier qu'il est vide ou presque vide; dites, _le vin, la bière_, etc. _est bas_, pour exprimer que le tonneau est _vide_; et dites, _le vin, la bière_, etc. _est au bas_, pour signifier que le tonneau est _presque vide_.

=Bassin, Bourse.=—Le _bassin_ se dit du plat où l'on reçoit les offrandes à la messe, ainsi que du petit vase dont on se sert pour aller à la quête à l'église.—La _bourse_ sert également pour la quête et se dit d'un petit sac attaché au bout d'un manche.

=Bât=, s. m., selle de bêtes de somme; prononcez _bâ_ (_â_ long);—mais l'_a_ est bref dans _il bat_, 3e pers. du prés. de l'ind. du v. _battre_.

=Bateau, Tableau=: prononcez _batô, tablô_ (_a_ bref) et non _bâtô, tâblô_.

=Bâtisse=, s. f., construction d'un bâtiment quant à la maçonnerie; prononcez _bâtisse_ (_â_ long) et non _batisse_ ni _batize_; prononcez de même _bâtir, bâtiment, bâton_ (_â_ long).

=Batiste=, s. f., toile de lin très-fine; _Baptiste_, nom propre: prononcez _batis-te_ et non _batisse_.

=Bâtonnade=, n'est pas français; dites _bastonnade_.

=Battante=, dans le sens de _volet_, n'est pas français: _fermez les volets_ et non _les battantes_.

=Beau=, _belle_, adj.—Ne dites pas: _c'était beau pour voir_; dites, _c'était beau à voir_. (Fland.)

=Beaucoup=, adv.—Ne dites pas: _il y avait beaucoup de peuple au sermon_: dites, _beaucoup de monde_.

2. _Beaucoup_, dans le sens de plusieurs, ne s'emploie seul que quand il est précédé d'un déterminatif; on dit, _nous sommes beaucoup, il y en a beaucoup_; mais on ne dira point, _beaucoup ont pensé_, c'est-à-dire, _beaucoup de personnes ont pensé_; dans ce cas, il doit toujours être suivi de _gens, personnes_.

3. _Beaucoup_ est précédé de la préposition _de_ quand il est après l'adjectif; ainsi on dit: _il est beaucoup plus grand_, et _il est plus grand de beaucoup_.—Prononcez _bôcou_ et non _bocou_ ni _bôcoupe_; le _p_ se prononce devant une voyelle ou une _h_ muette: _on l'a beaucoup admiré_.

=Beaufays=, village à deux lieues de Liége: prononcez _Beaufa-ïî_ et non _Beaufai-î_, par la raison qu'il faut conserver aux noms propres leur prononciation indigène ou de la localité.

=Bécasse=, oiseau: prononcez _bécace_ et non _bégace_.

=Béchée=, s. f.—Ce mot n'est pas français; il faut dire, _becquée_ ou _béquée_: _cet oiseau donne la becquée à ses petits_; on dit de même _becqueter_ ou _béqueter_.

=Béelzébut=, _Belzébut, Belzébuth_, le diable: prononcez _Belzébute_.

=Bègue.=—Ne dites pas: _cet enfant bègue_, mais _cet enfant bégaye_; _bègue_, est subst. et adj.

=Belge=: prononcez _Bel-ge_ et non _Bel-che_.

=Ben= pour _bien_; ne dites pas: _ce jardin est ben joli_; mais, _bien joli_.

=Bénir=, v. a.—_Bénir_ a deux participes passés: _bénit, bénite_ et _béni, bénie_. Le premier se dit de certaines choses sur lesquelles la bénédiction du prêtre a été donnée avec les cérémonies prescrites: _pain bénit, eau bénite, maison bénite, crucifix bénit, image, médaille bénite; les drapeaux ont été bénits_.—Le second participe a toutes les autres significations de son verbe, et s'emploie surtout en parlant des personnes: _un peuple béni de Dieu; l'Ange dit à la Sainte-Vierge: vous êtes bénie entre toutes les femmes_ (Acad.); _toutes les nations de la terre ont été bénies en Jésus-Christ_ (comblées de biens, de bénédictions par J.-C.)

=Berce=, pour _berceau_, n'est pas français.

=Berlue=, s. f., éblouissement passager; prononcez _berlû_ et non _berlu-we_.

2. Ne dites pas: _cet homme a la brelue_, mais _la berlue_.

=Bernique=, est français: _je croyais le trouver chez lui, mais bernique!_

=Berriques= est un mot wallon qu'il faut traduire par _besicles_ ou _lunettes_.

=Besoin.=—Prononcez _bezo-in_ et non _bezo-an_.

2. Ne dites pas: _je n'ai rien besoin, je l'ai besoin_; dites, _je n'ai besoin de rien, j'en ai besoin_. (Fland.)

3. Ne dites pas: _voulez-vous que je vous aide?—Ce n'est pas besoin_; dites, _c'est inutile, ce n'est pas nécessaire_. (Fland.)

4. Ne dites pas non plus: _je n'en ai pas de besoin_; dites, _je n'en ai pas besoin_.

=Beurre=, s. m.—On dit une _motte_ de beurre (et non _tartine_), pour signifier un morceau de beurre arrangé en forme de petit pain.

=Beurré=, s. m., sorte de poire fondante: _beurré blanc_.

2. _Beurrée_, s. f., tranche de pain recouverte de beurre; on dit aussi _tartine_.

=Bey=, gouverneur turc: prononcez _bè_.

=Bibliophile, Bibliomane.=—Le _bibliomane_ est celui qui a la passion, la fureur de posséder des livres, non pas tant pour s'instruire que pour en repaître sa vue et se féliciter de les avoir. La bibliomanie est l'excès ou l'aberration de la bibliophilie.—Le _bibliophile_ est celui qui aime sagement et honorablement les livres, qui a du goût pour les bons ouvrages et qui sait les discerner d'avec les mauvais. Les qualités du bibliophile et du bibliographe se confondent; mais quelquefois les bibliophiles les plus instruits et les plus raisonnables tombent dans la bibliomanie.

=Bien=, s. et adv.—Voyez le mot _rien_ pour la prononciation de _bien_.

=Bienfaisance, Bienfaisant.=—Prononcez, mais n'écrivez pas, _bienfesance, bienfesant_.

=Biez=, s. m.—Ce mot ne se dit que du canal d'un moulin; dans toute autre acception il faut se servir du mot _canal_.

=Bijoutière.=—C'est à tort qu'on désigne sous ce nom une _modiste_ ou _monteuse de modes_.

=Bileux=, n'est pas français, dites, _bilieux_: _cet homme est d'un tempérament bilieux_.

=Bille=, s. f. (_ll_ mouillées), boule d'ivoire pour jouer au billard.—Petites boules de pierre ou de marbre qui servent à des jeux d'enfants; on dit quelquefois aussi _gobille_ (BESCHERELLE). Voyez _chique_.

=Billet=, s. m.—_Billet de faire part_ ou simplement _billet de part_, billet, lettre, ordinairement imprimée, par laquelle on annonce un mariage, une naissance, un décès, qui intéresse celui qui écrit; prononcez _billet_, _ll_ mouillées. Voyez _mortuaire_.

=Bis=, _bise_, adj., brun; prononcez _bi_: _du pain bis_.

2. _Bis_, interj., encore une fois; prononcez _bice_.

=Bisbille=, s. f. (_ll_ mouillées), querelle sur des riens; ne dites pas _bisbisse_.

=Biser=, dans le sens de faire de la bise, n'est pas français; dites donc _il fait de la bise, nous avons vent du Nord_ et non _il bise_.

=Bisquer=, v. n., pester, être de mauvaise humeur, être vexé; ce mot figure dans les dictionnaires, mais il est populaire.

=Bissextile=, adj.: prononcez _bis-sex-tile_ et non _bizextile, bizectile, bisek_.

=Bivac= ou =Bivouac=, s. m., garde en plein air; prononcez _bivaque_; il en est de même de _bivaquer, bivouaquer_.

=Blague=, s. f., est un petit sachet où les fumeurs mettent le tabac.

=Blaguer, Blagueur, Blague=, sont des expressions triviales et populaires; remplacez-les par _hâbler, hâbleur, hâblerie_.

=Blamer=, dans le sens de _flamber_, jeter de la flamme, n'est pas français; c'est un mot wallon.

=Blanc.=—Ce mot n'est jamais synonyme de _pâle_; ne dites donc pas d'un convalescent qu'il est encore bien _blanc_, qu'il est _blanc-mort_; dites, qu'il est encore bien _pâle_, qu'il est _pâle comme un mort_. (Wall.)

2. Ne dites pas non plus: _il est blanc comme un lait, comme un satin_; dites, _il est blanc comme lait, comme du lait, comme le lait; comme satin, comme du satin, comme le satin_.

=Blanchisserie= ou =Blancherie= (et non _blanchierie_), le lieu où l'on blanchit la toile ou la cire.

=Blette=, adj. sans masculin: _poire blette_, poire molle qui n'est pas encore gâtée.

=Bloc=, s. m.—On prononce le _c_ final, quand le mot est isolé ou à la fin d'une phrase ou lorsqu'il est suivi d'un mot commençant par une voyelle ou une _h_ muette: _acheter toutes les marchandises en bloc_ (bloque), _un bloc_ (blo) _de marbre_. Voyez _c_.

=Blocus=, s. m., action de cerner une place; prononcez _blocuce_. Voyez _s finale_.

=Blouser=, v. act., tromper; _se blouser_, se tromper: ces termes sont populaires et familiers.

=Bluet=, s. m., (on écrit plus rarement _bleuet_), espèce de fleur bleue qui croît dans les blés; on l'appelle aussi _barbeau_: prononcez _bluè, bleuè_ et non _blu-wet_, etc.

=Boa=, s. m., grand serpent; prononcez _bo-a_ en deux syllabes.

=Bœuf=, s. m., quadrupède ruminant; prononcez _beu-fe_; on prononce au pluriel _beû_, ainsi que _bœuf gras_ (_beû gras_), _bœuf salé_ (_beû salé_); dans _nerf-de-bœuf_ on ne prononce l'_f_ que dans _bœuf_; il en est de même de _œuf_ (_eufe_) et _œufs_ (_eû_).

=Boire.=—On dit, _prendre du café, du thé, du chocolat_; on dit également _prendre_ et non _boire une médecine_. Voyez _café_.

=Boîte=, s. f., pour ventouse, est wallon; ne dites donc pas: _on lui a mis six boîtes à la jambe_, mais, _six ventouses_.

2. Il s'emploie absolument pour _tabatière_: _une belle boîte_; prononcez _boate_ et non _boète_ ni _boéte_.

=Bon=, adj., _avoir bon_, est un grossier wallonnisme; ne dites donc pas: _on a si bon, pendant l'hiver, auprès du feu_; dites, _on est si bien, il fait si bon..._

2. Ne dites pas: _mon camarade a bon de me tourmenter_; dites, _mon camarade prend plaisir, a du plaisir, s'amuse à..._

3. Ne dites pas: _comme je ne suis pas assez riche, je ne pourrais pas faire cette énorme dépense, c'est bon pour vous_; dites, _c'est bon à vous_.

4. _Pour le bon, pour de bon_, expressions usitées chez les enfants, surtout au jeu, sont des wallonnismes et doivent être remplacées par _tout de bon_ ou un équivalent, comme, _pour quelque chose_; on dit également _pour rire_ ou _pour rien_ dans le sens contraire.

5. Ne dites pas: _ce commerçant a bon à vivre_; mais, _vit bien, vit à l'aise, est dans l'aisance_. (Wall.)

6. _Tout de bon_, sérieusement, est français: _jusqu'ici il plaisantait, mais à présent il se fâche tout de bon_, et non _pour de bon, pour le bon_, etc.

7. _Bon pour_: ne dites pas _ce fruit est bon pour manger_; mais, _à manger_; ne dites pas non plus: _cette église est belle pour voir_; mais, _à voir_: ce sont là des flandricismes.

8. Ne dites pas: _j'ai bon trois sous_ ou _trois sous de bon_, pour indiquer que vous avez donné trois sous de trop, et que l'on vous doit trois sous; dites, _il me revient trois sous_. (Fland.)

9. Ne dites pas: _le dites-vous en bon?_ dites, _le dites-vous sérieusement?_ (Fland.)

10. On dit: _il est bon de faire, de dire_ et _il fait bon faire, dire_: _il est bon de savoir modérer ses désirs; il fait bon marcher, se promener, étudier_, etc.

=Bonheur=, s. m.—Il n'a point de pluriel à moins qu'on ne l'emploie comme synonyme _d'événement heureux_: _il lui est arrivé plusieurs bonheurs en un jour_. (Acad.)

=Bonhommes.=—Ne dites pas: _M. est un marchand de bonhommes_; dites, _M. est un marchand de jouets, un bimbelotier_.

=Boni=, s. m., t. de finances; au pluriel _bonis_.

=Bonne d'enfant.=—Ne dites pas _garde-d'enfant_ ni _garde-enfant_.

=Bonnet=, s. m., vêtement de tête: _bonnette_ est wallon.

=Bonté=, s. f.—_Ayez la bonté de vous asseoir_, est une formule comique de politesse; dites, _asseyez-vous, je vous prie_.

=Bordeaux=, n. pr. de ville: écrivez et prononcez _Bordeaux_ et non _Bourdeaux_.

=Borgne=, adj. et s., fait au féminin _borgne_; _borgnesse_ est un terme bas et injurieux qui se dit d'une femme ou d'une fille borgne; _borgnette_ n'est pas français.

=Bosseler.=—Ne dites pas: _j'ai bosselé ma lampe en la laissant tomber_; dites, _j'ai bossué_... _Bossuer_ signifie _faire des bosses_ à un métal; _bosseler_ signifie travailler en bosse.

=Bouc=, s. m.: prononcez _bouque_.

=Boucan=, s. m., tapage, vacarme; ce mot est français.

=Bouche.=—Ne dites pas: _je le lui dirai de bouche_; mais, _de vive voix_, ou _en face, sans détours, nettement_.

2. Ne dites pas: _il a toujours la pipe en bouche_; dites, _à la bouche_. Voyez _main_.

3. D'après les exemples que donne l'Académie, on peut dire la _bouche_ ou la _gueule_ d'un barbeau, etc. En parlant des bêtes de somme et de trait, on dit la _bouche_ d'un âne, d'un bœuf, d'un chameau, d'un cheval, d'un éléphant; on dit aussi la _bouche_ d'une carpe, d'une grenouille, d'un saumon; le mot _gueule_ s'applique particulièrement aux animaux carnassiers. Voyez _gueule_.

=Bouchon=, s. m.—Ne dites pas, _un bouchon_ de cheminée; mais, _un devant_ de cheminée.

=Boucle=, s. f.: prononcez et écrivez _bou-cle_ et non _bou-que, blou-que_ ni _boukèle_.

=Bouger.=—Ce verbe est neutre et ne peut avoir de régime; ne dites donc pas: _il se bouge_; mais, _il bouge_;—_ne vous bougez pas de là_; mais, _ne bougez point de là_;—_bougez-vous_; mais, _ôtez-vous, retirez-vous, faites place_;—_vous bougez tout_; mais, _vous touchez à tout, vous dérangez tout_.—Ainsi _bouger quelque chose_ et _se bouger_ sont des barbarismes.

=Bouilleau= pour _bouleau_.—Ne dites pas _un balai de bouilleau_, mais, de _bouleau_.

=Boulancer.=—Ne dites pas: _il m'a boulancé_, pour _il m'a rudoyé, bousculé_. (Wall.)

=Boulet=, s. m.—Ne dites pas, _un boulet de neige_, mais _une boule, une pelote de neige; se battre à coup de pelotes de neige_. Voyez _briquette_.

=Boulette=, dans le sens de balourdise, bévue, étourderie, est français, mais il est familier. Voyez _hochet_.

=Boulevard=, s. m.—Autrefois on écrivait _boulevart_.

=Bouli= et =Boulie.=—Écrivez et prononcez _bouilli_ et _bouillie_, en mouillant les _ll_.

=Bouloire=, s. f., vaisseau de métal pour faire bouillir l'eau; écrivez et prononcez _bouilloire_.

=Bouquette=, mot wallon, en français _crêpe_, s. f., sorte de petite omelette faite avec de la farine de _sarrazin_: _à Liége, on mange des crêpes à Noël_; et non, _des bouquettes_; _j'ai acheté de la farine de sarrazin_; et non, _de la farine de bouquette_.

2. Ne dites pas: _jeu de bouquette_, mais, _jeu d'osselets_: _jouer aux osselets_.

=Bourg=, s. m., gros village: prononcez _bour-ke_. Cependant on ne fait pas entendre le _g_ de _bourg_ à la fin des mots: _Limbourg, Cobourg, faubourg_, que l'on prononce _Limbour, Cobour, faubour_.

=Bourgmestre=, s. m.—On prononce _bourgue-mestre_ (Acad.), et non _bourkmaître, bourkmaîse, bourgue-maître, bourguemaisse_.

=Bourse=, s. f.—Ne dites pas: _je suis allé en bourse_; dites, _à la bourse_. Voyez _bassin_.

=Bouteille= (_ll_ mouillées, et non _boutèle_).—Ne dites pas: _le médecin m'a prescrit cette bouteille_; mais, _cette médecine, cette drogue, cette potion_.

=Boutique=, s. f.—Ne dites pas: _mon père fait boutique_; dites, _tient boutique, a un magasin, fait commerce_. (Wall.)

2. Ne dites pas: _mon domestique soigne les chevaux et fait en même temps à la boutique_; dites, _et sert à la boutique, s'occupe de la boutique_. (Wall.)

3. Ne dites pas non plus: _ce négociant fait dans les draps, dans les épiceries_; dites, _vend les draps, les épiceries, fait le commerce de draps_, etc. (Wall.)

=Bouton=, s. m.—_Le bouton d'une serrure, d'un verrou_, est la partie saillante et arrondie à l'aide de laquelle on pousse et on tire le pêne d'une serrure ou un verrou; on dit dans un sens analogue, _le bouton d'un tiroir, d'un couvercle_, etc. (Acad.) _Le bouton d'une porte_ est la pièce de fer ou de cuivre qui est ordinairement de forme ronde ou ovale, et qui sert à tirer une porte à soi ou à l'ouvrir: _tournez le bouton_. (Acad.)

=Boyard= ou =Boïard=, seigneur russe; prononcez _bo-ï-ard_.

=Brader=, n'est pas français; rendez ce mot par, _perdre, prodiguer, gâcher, vendre à trop bas prix_, selon le sens: _il vend sa marchandise à trop bas prix, il la gâche_.

=Brahme=, _Brahmane, Brahmanisme, Brahmanique_; prononcez _brâ-me, brâ-mane_, etc., sans faire sentir l'_h_.

=Braire=, v. n., ne se dit que du cri peu harmonieux de l'âne; c'est donc à tort que les wallons le disent des personnes.

=Bras=, s. m.—Ne dites pas: _elle tenait son enfant dans les bras_; dites, _dans ses bras_.

=Brâs= ou =Brai=, pour signifier l'orge préparée pour faire de la bière, n'est pas français; dites, _malt_: _en Angleterre, l'impôt sur le malt est considérable_. (Acad.) La _drèche_ est le marc (le résidu) de l'orge qui a été ainsi employée.

=Brasse.=—Ne dites pas: _il m'a pris à brasse-corps et m'a renversé_; dites, _à bras-le-corps_.

=Brasserie=, s. f., lieu où l'on fait la bière; ne dites pas _brassine_.

=Brave=, adj.—_Un homme brave_, est un homme qui a de la bravoure, du courage; _un brave homme_ est un homme honnête, bon, obligeant; il est familier dans ce dernier cas.

2.—_Brave_, subst., se dit uniquement d'un homme qui a de la bravoure; vous ne direz donc pas à un écolier: _faites vos devoirs comme un brave_; dites, _comme un sage, comme un bon écolier_, ou bien, _faites sagement, tranquillement vos devoirs_; _brave_, dans cette acception est tout-à-fait wallon.

=Breloque= (_battre la_).—Cette locution vicieuse est fort usitée, surtout dans le Hainaut, pour signifier _radoter_.

=Brevet=, s. m., =Breveter=; prononcez comme c'est écrit et non, _brévet, bréveter_ ni _brefeter_.

=Brichauder, Briscader.=—Ces mots ne sont pas français; c'est _gaspiller, prodiguer_, qu'il faut dire.

=Brick=, s. m., petit navire armé; prononcez _bri-ke_; on écrit aussi, mais moins souvent, _brig_.

=Brièveté=, s. f.: prononcez _briè-ve-té_ et non _brié-fe-té_. Voyez _v_.

=Brigadier=, s. m.—Prononcez l'_a_ bref et non _brigâdier_; prononcez de même _saladier_ et les autres mots de la même terminaison.

=Brillant=, adj.—_Un brillant éclat_ est un pléonasme vicieux, car tout éclat est nécessairement brillant.

=Bris=, s. m., terme de palais, fracture, rupture; prononcez l'_s_, _bri-ce_. (Acad.)

=Brise-feu=, s. m.; ne dites pas _un brise-feu_; dites _un écran_.