Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc.

Part 38

Chapter 383,344 wordsPublic domain

=Umble=, s. m., poisson qui ressemble beaucoup à la truite: on prononce _omble_, mais on dit et l'on écrit communément _ombre, ombre-chevalier_.

=Un, une=, adj. num. card.—Il s'emploie souvent comme substantif, et alors il ne prend point d'_s_ au pluriel: _trois un de suite font cent onze_.—Le masculin _un_ se prononce à peu près comme s'il y avait _eun_ et le féminin _une_ se prononce _u-ne_: _un jardin, un héros, une table_, etc.—Devant une voyelle ou une _h_ muette, _un_ se prononce aussi _eun_, mais on le joint par une autre _n_ au mot suivant: _un oiseau, un homme_ (eun-noi-seau, eun-nhomme et non pas, _u-noiseau, u-nhomme_).—Dans les locutions _sur les une heure, vers les une heure_, l'_s_ de l'article pluriel _les_ ne doit point se joindre à l'adjectif _une_; on prononce _sur lè une heure, vers lè une heure_: la raison en est que cet article pluriel n'appartenant point au substantif _une heure_, mais à un substantif pluriel sous-entendu, tel que _environs, moments_, etc., il repousse le singulier _une_.

2. _L'un et l'autre, l'un ou l'autre_, etc., se prononcent _l'eun-net l'autre, l'eun-nou l'autre_, ou bien sans joindre l'_n_ aux mots _et, ou_. Mais lorsque _l'un_ est séparé de _l'autre_ par d'autres mots que les conjonctions _et, ou_ et que la préposition _à_, l'_n_ de _l'un_ ne se fait point sentir devant la voyelle du mot qui suit: ainsi _l'un est riche, l'autre est pauvre; l'un aime à lire, l'autre à jouer_, ne se prononcent point _l'eu-nest riche, l'eu-naime à lire_, etc.

3. _Un chacun_: voyez _chacun_.

4. _Un._ Ne dites pas: _c'est un de Verviers_; dites, _c'est un Verviétois, c'est quelqu'un de Verviers_.

5. Ne dites pas: _monsieur Pierre est de ceux qui fut décoré_; dites, _un de ceux qui furent..._

6. _Un, premier_.—On dit _le premier janvier, le deux, le trois, le dix janvier_; on dit de même _Léopold premier, Philippe deux, Philippe trois, Philippe cinq_:—en vers cependant on peut dire _second_ dans ce dernier cas: _François second_.

7. Ne dites pas: _l'un jour ou l'autre, j'irai vous voir_, dites, _un de ces jours-ci..._

8. Ne dites pas: _l'un jour il est gai, l'autre jour il est triste_; dites, _un jour il est gai, l'autre jour il est triste_.

9. Ne dites pas: _j'ai vu un qui était original_; dites, _j'en ai vu un_ (s'il y a un substantif exprimé précédemment), ou _j'ai vu un homme, j'ai vu quelqu'un..._

10. Ne dites pas: _je lui ai expédié un cinquante kilogrammes_; ôtez _un_ et dites, _je lui ai expédié cinquante kilogrammes_.

11. Ne dites pas: _c'est un des plus éloquents prédicateurs que nous avons_; dites, _... que nous ayons_.

12. Ne dites pas: _il n'y en avait pas un qui comprenait_; dites, _... qui comprît_.

13. Ne dites pas: _l'un ou l'autre de mes amis vient me prendre_; dites, _un de mes amis vient me prendre_.

=Uniforme=, s. masculin: _un uniforme neuf_ et non _une uniforme neuve_.

=Union=, s. f.: prononcez _u-nion_ et non _u-gnion_: _l'union fait la force_.—Voyez _ni_.

=Unir=, v. a.—_Unir_, dans le sens propre, veut la préposition _à_ ou la préposition _avec_: _unir un mot à un autre_ ou _avec un autre_. (Acad.)—Au figuré, il ne prend que la préposition _à_: _Turenne unissait la prudence à la hardiesse; ce jeune homme unit la modestie au mérite_.—Son composé _réunir_ veut la préposition _à_, lorsqu'il est employé au propre: _le cou réunit la tête au corps_. Mais au figuré, dans le sens de posséder en même temps, _réunir_ veut que les différents compléments directs soient joints par la conjonction _et_: _Turenne réunissait la prudence et la hardiesse; ce jeune homme réunit la modestie et le mérite_.

=Université=, s. f.—Il n'y a en France qu'une université proprement dite, et sous ce nom l'on comprend les académies, les facultés (de droit, de médecine, de belles-lettres, etc., établies dans les chefs-lieux des cours impériales ou cours d'appel), les colléges impériaux, les colléges communaux, les pensions et les écoles primaires;—ne dites donc pas: _ouvrage adopté par les universités de France_, mais, _par l'Université de France_.

=Us=, s. m. pl., les règles, la pratique qu'on a coutume de suivre en quelques pays touchant certaines matières; il est presque toujours joint au mot _coutumes_: _les us et coutumes_.—Prononcez _uce_.

=Usage=, s. m.—En parlant des choses qui durent longtemps, employez le mot _user_: _cette étoffe de drap est d'un bon user; il y a des étoffes qui deviennent plus belles à l'user_.—_Usage_, dans ce sens, n'est pas français.

=User=, v. n.—Ne dites pas: _en usez-vous, je n'en use pas_: dites, _en prenez-vous, prenez-vous du tabac, je n'en prends pas, je ne prends pas de tabac_. On peut également se servir du mot _priser_, qui ne figure pas dans le dictionnaire de l'Académie, mais qu'un usage universel a consacré depuis longtemps: _prisez-vous? je ne prise pas_.

=Ustensile=, s. masculin: _un ustensile de cuisine_.

=Usufruit=, _usufruitier_.—Gardez-vous bien d'écrire ou de prononcer _usurfruit, usurfruitier_: _il n'a pas cette terre en propre, il n'en a que l'usufruit, il n'en est que l'usufruitier_.

=Usurpateur=, s. m.—Le féminin correspondant est _usurpatrice_.

=Utérin, ine=, s. m.: _frères, sœurs utérins, consanguins, germains_: voyez _germain_.

V

=V.=—Il faut conserver à cette lettre sa prononciation naturelle dans les mots terminés en _ve_, comme _vive, neuve, brève, brave, cave, achève, achèvement, prévenir, il est venu, nous venons, manœuvre, livre, mouvement, bravement_, etc., et ne pas dire _vife, neufe, brèfe, brafe, cafe, achèfe, achèfement, préfenir, il est fenu, nous fenons, manœufre, lifre, moufement, brafement_.

2. Il en est de même de _cheville, écheveau, échevin, achever_, etc., qu'il ne faut pas prononcer _ch'fille, éch'feau, éch'fin, ach'fer_;—nous conseillons, pour la facilité de la prononciation, de ne pas élider l'_e_ de _che_, mais d'y appuyer fortement, jusqu'à ce qu'on soit en état de prononcer _éch'vin, ach'ver_, etc.

3. Un autre défaut propre à certains dialectes wallons, c'est de prononcer comme _me_ la syllabe muette _ve_ précédée d'une syllabe sonore: _soumenir, nous menons, prémenir, circonmenir_, etc., au lieu de _souvenir, nous venons, prévenir, circonvenir_.

=Va.=—_Comme va, comment va-t-il?_—Voyez _aller_.

=Vacances=, s. f. pluriel, temps pendant lequel les études cessent; dans ce sens il ne s'emploie qu'au pluriel: _les petites, les grandes vacances; de courtes, de longues vacances_.

=Vacature.=—Ce mot n'est pas français, rendez-le par _vacance_, temps pendant lequel une place, une dignité, un emploi n'est pas rempli: _durant la vacance du Saint-Siège; la vacance d'une abbaye, d'un bénéfice; il y a vacance de la chaire de littérature française à l'université_;—on peut également faire usage du mot _vacation_, qui signifie _quelquefois vacance_, dit l'Académie, en parlant de choses non occupées, des places, des emplois non remplis, vacants: _la vacation d'un emploi; un bénéfice en vacation; à la première vacation, ces fonctions seront supprimées_.

2. _Vacation_, se dit ordinairement de chacun des espaces de temps que des personnes publiques (_notaires, experts_, etc.) emploient à travailler à quelque affaire: _on paie tant aux experts par chaque vacation_.

=Vaciller=, v. n., _vacillation_, s. f.—Prononcez les deux _ll_ sans les mouiller.

=Vade-mecum=, s. m., se dit d'une chose que l'on porte commodément et ordinairement avec soi; on dit aussi mais plus rarement, _veni-mecum_: prononcez _vadé-mécome, véni-mécome_.

=Vagabonder=, v. n., errer çà et là; on dit aussi _vagabonner_ (Acad.); prononcez _vagabond, vagabonder_, etc., et non _vakabond, vakabonder_.

=Vais=, 1re p. s. du prés. de l'ind. du v. _aller_; ne dites pas _je m'y vais; je m'en y vais_; dites, _j'y vais_.

=Vaisseau=, s. m.: voyez _navire_.

=Val=, s. m., vallée; il n'est plus en usage que dans les noms propres: _Val-St-Lambert, Val-Benoît, Val-Dieu, le château du Val, l'abbaye du Val, l'église du Val-de-Grâce_.—Il a un pluriel qui n'est en usage que dans cette phrase, _par monts et par vaux_, et dans quelques noms de lieux, comme _les vaux de Cernai_. (Acad.)

=Valet, Laquais=, s. m.—Le premier désigne un homme de service; le second, un homme de suite; le _valet_ est pour l'utile, le _laquais_, pour le luxe.

=Valoir=, v. n., fait _valent_ et non _vaillent_ à la 3e pers. du plur. du prés de l'indic.; de même il fait _vaille_ et non _vale_ au prés. du subj.: _ils ne valent pas mieux_ (et non _vaillent_) _les uns que les autres_; _il faut que je vaille_ (et non _vale_) _bien peu de chose à leurs yeux_.—On dit aussi _vaille que vaille_ et non _vale qui vale_.

2. _Valoir mieux_, suivi d'un infinitif, rejette toute préposition comme _aimer mieux_: _il vaut mieux attendre_ (et non _d'attendre_) _un peu_.—L'Académie donne l'exemple suivant: _il y a beaucoup d'occasions où il vaut mieux se taire que de parler_: d'où nous concluons que le second infinitif doit être précédé de la préposition _de_.

3. Dans ce sens ne dites pas: _il faut mieux, il faudrait mieux, il eût mieux fallu_, etc.; dites, _il vaut mieux, il vaudrait mieux, il eût mieux valu_.

4. Ne dites pas non plus, _valoir plus_ pour _valoir mieux_: _il vaut mieux_ (et non _il vaut plus_) _se taire que de parler trop_.

=Vanille=, s. f., _vanillier_, s. m., plante d'Amérique: on mouille les deux _ll_.

=Vapeur=, s. f., _vapeur_, s. m.—Tout le monde sait ce que c'est _la vapeur_;—_un vapeur_, c'est un bateau à vapeur: ce masculin n'est pas encore admis par l'Académie, mais il est employé partout, et ne peut manquer d'être admis un jour.

=Vaquer=, v. n., =Vaguer=, v. n.—_Vaquer_ se dit proprement des emplois, des charges, des dignités, et signifie _être vacant_;—_vaguer_, c'est errer çà et là, aller de côté et d'autre à l'aventure.

=Variation=, s. f., signifie changement;—ne dites donc pas: _ce marchand d'estampes a une belle et riche variation de gravures_; dites, _une belle et riche variété_.

=Vasistas=, s. m., petite partie d'une porte ou d'une fenêtre, laquelle peut s'ouvrir et se fermer à volonté; prononcez _vazis'tâsse_. (Acad.)

=Vaste=, adj., qui est d'une _fort grande_ étendue: _vastes campagnes, vaste mer, vastes déserts_, etc.

2. Ne dites donc pas: _vaste jardin, vaste maison à vendre_; dites, _grand jardin, grande maison..._

=Vaudeville=, s. m., chanson populaire et pièce de théâtre: prononcez _vôd'ville_ et non _vodéville_.

=Vaux=, s. m., pluriel de _val_: voyez ce mot.

=Vauxhall=, s. m., jardin public: prononcez _vokçal_ (_o_ bref). On écrit aussi _wauxhall_.

=Veille=, s. f., ne doit pas s'employer comme synonyme de _veillée, soirée_: _aller tous les jours à la veillée_ (et non _à la veille_); _les veillées, les soirées sont longues en hiver_.

=Veine=, s. f., canal du sang; prononcez _vène_ et non _vain-ne_.

=Vélin=, s. m., peau de veau préparée: _reliure en vélin, papier vélin_:—écrivez et prononcez _vélin_ et non _velin_.

=Vendange= et =Vidange=: voyez _vidange_.

=Vendition=, _vendue_: ces mots ne sont pas français; c'est _vente_ qu'il faut dire: _vente de bois, vente de meubles_.

=Vendre=, v. a.—On dit _vendre, acheter à bon marché_ et non, _bon marché_; on dit également _acheter, vendre telle chose dix francs, cent francs_ et non, _pour dix francs, pour cent francs_.—Prononcez _ven-dre_ et non _ven-te_ ni _ven-dère_.—Voyez _acheter_.

=Venimeux=, _vénéneux_, adj.—_Vénéneux_ ne se dit que des plantes, des végétaux: _la ciguë est une plante vénéneuse_;—_venimeux_ ne se dit que des animaux: _la dent de la vipère est fort venimeuse_.—Écrivez et prononcez _venimeux, venin, envenimer_ et non _vénimeux, vénin, envénimer_.

=Venir=, v. n.—Ne dites pas: _je ne puis pas venir à son nom_; dites, _son nom ne me vient pas, je ne puis pas trouver son nom, me rappeler son nom_.

2. _Venir à rien_, ne peut pas s'employer dans le sens de _se réduire à rien_; ne dites donc pas: _cette eau est venue à rien par l'évaporation_; mais, _cette eau s'est réduite à rien..._

3. Ne dites pas: _je viens, je sors de monsieur le curé; je vais au juge de paix_; dites, _je viens, je sors de chez M. le curé; je vais chez le juge de paix_. (Fland. et Wall.)

4. Ne dites pas non plus: _je vous paierai bientôt.—Bien, cela ne vient pas à huit jours_;—dites, _ce ne sont pas huit jours qui font l'affaire_; ou bien, _huit jours de plus ou de moins n'y font rien_. (Fland.)

5. Ne dites pas: _on vous attend, Monsieur.—Dites que je viens tout de suite_; il faut dire: _dites que j'y vais tout de suite_. (Fland.)

6. Ne dites pas: _je l'ai attendu inutilement, il avait pourtant dit de venir_; il faut dire _... il avait pourtant dit qu'il viendrait_. (Fland.)

7. Ne dites pas: _cela ne vient pas encore au marché_; dites, _cela ne se vend pas encore au marché_. (Fland.)

8. Ne dites pas: _cela vient dans la grammaire à telle page; cette scène vient dans tel acte_; dites, _cela se trouve dans..._ (Fland.)

9. Ne dites pas: _ce chapeau vient roux; cet homme vient maigre_; dites, _... devient roux, devient maigre_.

10. Ne dites pas: _il n'y a pas d'apparence que cette ferme vienne à louer_; dites, _il n'y a pas d'apparence que cette ferme se loue_.

11. Ne dites pas: _la semaine qui vient, le mois qui vient, l'année qui vient_; dites, _la semaine prochaine, le mois prochain, l'année prochaine_.—Voyez _passé_.

12. Ne dites pas: _nous vien-de-rions, vous vien-de-riez_, mais _nous vien-drions, vous vien-driez_.

13. N'employez pas _venir_ pour _provenir_: _le papier de Chine vient du mûrier_; dites, _... provient du mûrier_.

=Ventre=, s. m.—Dites, _avoir mal au ventre, avoir des maux de ventre_ ou mieux, _des coliques_, et non _avoir mal de ventre_. Prononcez _ven-tre_ et non _ven-te_ ni _ven-tère_.

=Ventriloque=, adj. des deux genres et s. m.; il se dit d'une personne ayant la voix sourde et caverneuse: _ventroloque_ n'est pas français.

=Vêpres=, s. f. plur., office divin qu'on chante après midi;—on dit _aller à vêpres_ et non _aller aux vêpres_; ont peut dire également sans article: _chanter vêpres en musique; il est à vêpres_. Prononcez _vê-pres_ et non _vé-pes_ ni _vêpères_.—Voyez _messe_.

=Véreux, euse=, adj.—Ce mot est français, et se dit au propre des fruits dans lesquels se trouvent des vers, et au figuré d'une personne ou d'une chose suspecte: _pomme véreuse, prune véreuse; il y a quelque chose de véreux dans cette affaire; créance véreuse_.

=Vergettes=, s. f. pl., brosse pour les habits; on dit aussi _une vergette_. (Acad.)

=Verglas=, s. m., pluie qui se glace sur le sol: on ne prononce pas l'_s_: _verglâ_.

=Vermicelle=, ou _vermicel_, s. m., _violoncelle_, s. m.—On prononce aujourd'hui ces mots à la française: _vermicelle, violoncelle_ et non _vermichelle, violonchelle_.

=Verre=, s. m.—Dites _un verre de montre_ et non _une glace de montre_.

=Vers=, s. m., terme de poésie: prononcez _vère_ et non _verse_.

2. =Vers=, prép.—Ne dites pas: _j'irai vers quatre heures_, mais, _vers les quatre heures_. (Acad.)—Ne dites pas non plus, _se retourner sur quelqu'un_, mais, _vers quelqu'un_.—Prononcez _vèr_ et non _verse_.

3. Prononcez _vers Audenaerde_ (vèr Audenaerde); _il est allé je ne sais vers où_ (ver où). Il en est de même du substantif _vers_: _vers alexandrin_ (vèr alexandrin).

4. L'_s_ finale sonne dans _Anvers_. En France on prononce quelquefois _Anvère_; il est muet dans _envers_ (anvèr), _tiers, thiers, travers, univers_ et dans les verbes _je sers, je perds_, etc.

5. La finale _ers_ se prononce _é_ dans _Angers, Villiers, Louviers, Noirmoutiers, Tiviers, Tilliers_, noms de villes.—Dans tous ces mots l'_s_ ne sonne jamais, même devant une voyelle: _ver à soie_ et _vers à soie_ se prononcent également _vèr à soie_.

=Verse= (_à_), loc. adv.; on ne l'emploie que dans cette phrase: _il pleut à verse_.

=Verso=, s. m., la seconde page, le revers d'un feuillet; on le dit par opposition à _recto_, la première page du feuillet: _vous trouverez ce passage folio 42 verso_.

=Vésicatoire=, s. m., médicament externe: prononcez _vézicatoire_ et non _vécicatoire, visicatoire, virsicatoire_.

=Vétille=, s. f., bagatelle: les _ll_ sont mouillées ainsi que dans _vétiller, vétilleux_.—_Vétille de rien_ est un pléonasme vicieux.

=Vêtir=, _revêtir_, font au prés. de l'ind.: _nous vêtons, vous vêtez, ils se vêtent; nous revêtons, vous revêtez, ils revêtent_;—_vêtissent, revêtissent_ sont la 3e pers. plur. du prés. du subj.

=Veto=, mot emprunté du latin et qui signifie _je m'oppose_: _le roi a mis le veto, son veto à cette loi_;—ce mot ne s'emploie pas au pluriel et se prononce _vèto_. (Acad.)

=Vêtu, Habillé.=—_Vêtu_ signifie simplement couvert de vêtements;—_habillé_ ajoute à l'idée de vêtu celle d'une certaine recherche, d'un certain goût, d'un certain ordre dans la mise.

=Veuille, Veuillez=, _veux, voulez_: voyez _vouloir_.

=Viande=, s. f., chair dont on se nourrit: _ian_ est diphthongue.

=Vicaire=, s. m.: voyez _sous-curé_.

=Vice=, dans la composition des mots, reste invariable au pluriel: _des vice-amiraux, des vice-présidents_.

=Vice-versâ=, mots latins dont on se sert adverbialement pour signifier _réciproquement_: _il y a des personnes dont la figure attire et le caractère repousse, et vice-versâ_.—On prononce _vicé_. (Acad.)

=Vicoter=, vivre petitement, subsister avec peine; ce mot n'est pas français; dites _vivoter_: _il ne fait que vivoter_. (Wall.)

=Vidange, Vendange=, s. f.—La _vidange_ est l'action de vider;—la _vendange_ est la récolte du raisin pour faire le vin.

=Vider=, v. a.—_Vider_, c'est faire le vide, c'est rendre vide; ainsi, _vider son verre_, c'est le boire; c'est donc à tort que quelques personnes emploient ce mot dans le sens de _verser_; ainsi vous ne direz pas, _quand j'aurai débouché la bouteille, je vous en viderai un verre_; dites, _je vous en verserai un verre_. (Wall.)—_Vide, vider_ s'écrivent et se prononcent _vide, vider_ et non _vuide, vuider_.

=Vieil= ou =Vieux=, adj. m., =Vieille=, adj. f.—Lorsque cet adjectif est employé au masculin après son substantif, on doit toujours se servir de _vieux_. On dit plus ordinairement _vieil_ devant un substantif commençant par une voyelle ou une _h_ muette; l'Académie pourtant donne les exemples: _un vieil homme_ et _un vieux homme_.

2. L'_l_ est mouillée dans _vieil, vieillir_ et dans leurs composés; mais elle ne l'est pas dans _vielle_, instrument de musique, que l'on prononce _vièle_.

3. _Vieux_, signifiant avancé en âge; ne dites pas à un enfant: _vous paraissez plus vieux que votre frère_, puisque ni l'un ni l'autre ne sont vieux; dites, _vous paraissez plus âgé que votre frère_.

4. Ne dites pas d'un homme âgé, _c'est un vieux_; dites, _c'est un homme âgé, sur l'âge, un vieillard_ ou _un vieil homme_.

=Vieillard=, s. m., =Vieillesse=, s. f. (_ll_ mouill.)—Ne dites pas _vieulard, vieulesse_, ni _vièlard, vièlesse_.

=Vieillir=, v. n.—Il suit les mêmes règles pour le choix des auxiliaires que le verbe _grandir_: voyez ce mot.

=Vif, vive=, adj.—_Je le lui dirai de vive voix_ (_vive_ et non _vif_), veut dire, _je le lui dirai en parlant, en employant la parole_, c'est-à-dire, je ne le dirai pas par intermédiaire ou personne tierce ou par lettre.—Mais si vous vouliez signifier que vous le diriez _franchement, catégoriquement, formellement_, il faut vous servir d'une des expressions suivantes: _je le lui dirai nettement, carrément, franchement, sans détours, en face_.

=Vigne=, _vigneron_: _gn_ est mouillé; ne prononcez donc pas _vine, vineron_.

=Vignoble=, s. m., territoire planté de vignes; ce mot est masculin: _un riche vignoble_.

=Vilain, aine=, adj., laid, sale, tout ce qui déplaît à la vue.—_Un vilain homme_ est un homme dont les mœurs, la conduite sont honteuses; _un homme vilain_ est un homme laid, ladre, avare.

=Vilenie=, s. f., action basse et vile; prononcez _vilenî_ et non _vilénie_ ni _vilènie_.

=Ville= (=à la=), =en Ville=.—_A la ville_ signifie _dans la ville_, par opposition à la campagne; _il a passé l'été dans son château, il va revenir à la ville_.—_En ville_ se prend par opposition à la maison qu'on habite: _vous êtes venu pour me voir, j'étais en ville_, c'est-à-dire, je n'étais pas chez moi.

2. Ne dites donc pas: _il est venu en ville, il a son bureau en ville_; dites, _à la ville_.

=Villers=, nom propre.—En France, on prononce _Vilère_ et en Belgique _Vilé_.—_Villerse_ est donc une prononciation qui ne se justifie aucunement et qui ressemble plutôt à du flamand qu'à du français ou à du wallon.

=Vin=, s. m.—On dit mieux, _du vin de Bordeaux, de Bourgogne, du Rhin_, etc., que _du Bordeaux, du Bourgogne, du Rhin_.—On ne dit pas _du vin de pays_, mais _du vin du pays_.—Voyez _cru_.

=Vingt=, adj. num.—Prononcez _vin_ devant une consonne, excepté si le mot qui suit _vingt_ est lui-même un nom de nombre: _vingt-deux, vingt-trois_ (_vinte-deux, vinte-trois_).

2. _Vingt et un_: prononcez _vinté-un_ et non _vinté-iun_.—Voyez _cent_.

=Violoncelle=, s. m.: voyez _vermicelle_.

=Virus=, s. m., t. de médecine, venin, agent de contagion; prononcez _viruce_.

=Vis=, s., pièce de bois ou de métal, cannelée en spirale; ce mot est féminin et se prononce _vice_: _une forte vis_.—Prononcez de même _tournevis_.

=Vis-à-vis=, loc. prép.—Quoique la plupart des grammairiens condamnent cette expression employée dans le sens de _envers, à l'égard_, nous ne pouvons pas nous ranger à leur avis, attendu qu'un usage, à peu près universel aujourd'hui, nous paraît l'avoir suffisamment consacrée. Nous dirons donc indifféremment et sans scrupule: _il est fier vis-à-vis de ses inférieurs ou envers ses inférieurs_; _il a été ingrat vis-à-vis de moi_ ou _envers moi_.

=Visite=, s. f.—_Rendre visite à quelqu'un_, c'est l'aller visiter, et _rendre à quelqu'un sa visite_, c'est faire à quelqu'un une visite après en avoir reçu une de lui. (Acad.)

=Vite=, adj., des deux genres, qui se meut, qui court avec célérité, avec grande promptitude; il ne se dit que des animaux et de certaines choses dont le mouvement est rapide: _cheval vite, fort vite, comme le vent; mouvement très-vite; il a le pouls fort vite; un copiste qui a la main fort vite_. (Acad.)

2. Les flamands font en général un usage trop fréquent de l'adjectif _vite_: _vous êtes trop vite_;—il faut dans ce cas employer l'adverbe et le joindre à un autre verbe que le verbe _être_: par exemple, _vous allez trop vite, vous me pressez trop_, etc.

3. Ainsi ne dites pas: _vous avez été trop vite à parler_; dites, _vous avez parlé trop vite_ ou _vous avez été trop prompt à parler, trop empressé à parler_.

4. _Vite_, adv., avec vitesse.—_Dépêchez-vous vite_ est un pléonasme vicieux.—_Vitement_, adv., vite: _aller vitement, courez vitement_:—il est familier. (Acad.)

=Vitre=, s., pièce de verre qui se met à une fenêtre: _carreau de vitre; il manque là une vitre_; ce mot est féminin.—Prononcez _vitre_ et non _vite_ ni _vitère_.

=Vitrine=, s. f., ne figure pas dans le dictionnaire de l'Académie; selon Bescherelle, il se dit, dans quelques provinces, du vitrage d'une boutique.

=Vitriol=, s.—Ce mot est masculin: _du vitriol blanc_.

=Vivat=, s. m., acclamation, applaudissement; il est invariable au pluriel: _des vivat_.—Prononcez _vivate_. (Acad.)

=Vivre=, v. n.—Ne dites pas: _cette propriété me rapporte assez pour vivre_; dites, _pour me faire vivre_. (Wall.)

2. Ne dites pas: _vivre sur ses rentes, il vit avec des pommes de terre_, mais _vivre de ses rentes, il vit de pommes de terre_. (Wall.)

3. _Vivre_, s. m., nourriture: _le vivre et le vêtement_. (Acad.) On l'emploie surtout au pluriel, et alors il signifie toutes les choses dont une personne peut se nourrir: _les vivres sont fort chers dans cette ville; de bons vivres, des vivres frais_.

4. L'_i_ est long dans le substantif _vivre_, tandis qu'il est bref dans le verbe _vivre_.

=Vlà= ou =V'là=, mauvaise construction de _voilà_.

=Voie= (=en=).—Cette expression qui est toute wallonne et quelquefois aussi flamande, se traduit de différentes manières suivant le verbe auquel elle est jointe.