Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc.

Part 37

Chapter 373,295 wordsPublic domain

4. Ne dites pas: _tirez votre casquette, votre chapeau_; dites, _ôtez votre casquette, votre chapeau_ ou simplement, _découvrez-vous_. (Fland.)

5. Ne dites pas: _on lui a tiré une dent hier_; dites, _on lui a arraché une dent hier_. (Fland.)

6. Ne dites pas: _ce babillard m'a tiré en ridicule_; dites, _m'a tourné en ridicule_. (Fland.)

7. Ne dites pas, _il tire_, pour faire entendre que le vent se glisse à travers quelque fente; dites, _le vent souffle_ ou bien, _il y a un vent coulis; il vient un vent coulis par cette porte; je sens un vent coulis qui me donne sur l'épaule; les vents coulis sont dangereux_.

8. Ne dites pas: _cet enfant tire après son père_; dites, _ressemble à son père, a des traits de son père_. (Wall.)

9. Ne dites pas: _j'ai tiré_ ou _j'ai tiré bas deux lièvres_; dites, _j'ai abattu_ ou _j'ai tué deux lièvres_. (Wall.)—_Tirer un lièvre_, c'est simplement tirer dessus, mais non le _tuer_.

10. On dit très-bien, _tirer sa révérence_, dans le sens de _faire sa révérence_.

11. On dit de deux ennemis déclarés, qu'_ils en sont aux couteaux tirés, à couteaux tirés_ et non _à couteaux tirer_.

=Tisonnier= ou =Tire-braise=, s. m., ustensile de fer recourbé vers le bout, et qui sert à attiser le feu, à tirer les braises, etc.—Le mot _fer_, dans ce sens, est wallon.

=Toast=, s. m., proposition de boire à la santé de quelqu'un; au pluriel _toasts_. On prononce et quelques-uns écrivent _toste_. (Acad.)

2. _Toaster_, v. n., boire à la santé de quelqu'un: on prononce et on écrit ordinairement _toster_.

=Tohu-bohu=, s. m., confusion, mélange ou conflit d'opinions, de système: _c'est un véritable tohu-bohu_.

=Tôle=, s. f., fer battu et réduit en feuilles ou plaques minces, dont on fait des poêles et d'autres ouvrages: _tuyaux de grosse tôle_.—Ce mot est féminin; prononcez _tôle_ (_ô_ long).

=Tollé.=—Mot emprunté du latin et qui n'est usité que dans des locutions comme celle-ci: _crier tollé sur quelqu'un_, c'est-à-dire, crier pour exciter l'indignation contre lui.—On prononce les deux _ll_.

=Tombée=, s. f.—Il ne s'emploie guère que dans cette locution: _à la tombée de la nuit_, au moment où le jour tombe, où la nuit approche. (Acad.)

=Tomber=, v. n.—La plupart des grammairiens disent que le participe de ce verbe ne se construit jamais avec l'auxiliaire _avoir_; cependant plusieurs bons auteurs présentent plusieurs exemples de _tombé_ combiné avec _avoir_; et l'Académie, de son côté, donne l'exemple suivant: _les poètes disent que Vulcain a tombé du ciel pendant un jour entier_.—Quoi qu'il en soit, nous pensons qu'il faut régulièrement le construire avec _être_; dites donc, _je suis tombé, il est tombé_ et non _j'ai tombé, il a tombé_.

2. Ne dites pas: _ce malade est tombé hors de connaissance_ ou _sans connaissance_; dites, _ce malade a perdu connaissance_.

3. Ne dites pas: _prenez garde de ne pas tomber_, pour recommander de ne pas tomber; dites, _prenez garde de tomber_.

4. Ne dites pas d'un jeune milicien, _qu'il est tombé dedans_; dites _qu'il a tiré un mauvais numéro; qu'il est désigné pour le service_. (Wall.)

5. _Tomber à terre, tomber par terre_.—Ce qui touche à la terre, _tombe par terre_;—ce qui n'y touche pas, _tombe à terre_. Ainsi, un arbre _tombe par terre_, et les fruits _tombent à terre_.

=Tome, Volume.=—Noms qu'on donne aux livres matériellement pris comme objets qui ont place dans les bibliothèques.—Le _tome_ est une division ou une partie d'un ouvrage; un _tome_ en suppose d'autres, c'est un commencement ou une suite.—Le _volume_, c'est tout ce qui est réuni dans une même brochure ou dans une même reliure; c'est un tout distinct. Quelquefois on fait mettre deux ou plusieurs _tomes_ en un _volume_; c'est, par exemple, quand il n'y a qu'une table pour tout l'ouvrage; on peut même réunir ainsi des ouvrages différents, des opuscules qui aient peu ou point de rapports. Un _tome_ peut à son tour être publié en deux ou plusieurs _volumes_.—En général, les _tomes_ ont quelque rapport au contenu, au lieu que les _volumes_ ne se considèrent qu'extrinsèquement, par rapport à la grosseur, au format, au nombre. (LAFAYE)—Prononcez _tôme_ (_ô_ long).

=Ton=, adj. poss.—_Mon, ton, son_, suivis d'un mot commençant par une voyelle ou une _h_ muette, conservent leur prononciation naturelle et l'on ajoute une seconde _n_ pour faire la liaison: _mon âme, ton ami, son oncle_ se prononcent _mon n'âme, ton n'ami, son n'oncle_ et non _mo-n'âme, to-n'ami, so-n'oncle_.

2. _Ton_. s. m.—Ne dites pas: _ce jeune homme se donne des tons_, dites, _fait l'important_.

=Torcher=, v. a.—Ne dites pas: _je me suis torché le pied_; dites, _je me suis foulé le pied_.

=Torrent=, s. m., courant d'eau rapide: prononcez les deux _rr_, ainsi que dans _torrentiel, torrentueux, torréfier, torréfaction_.

=Tors, torse=, adj., qui est tordu ou qui en a la figure: _un cou tors, un fil tors, une jambe torse_.

2. On dit populairement _torte_ au féminin, en parlant de ce qui est contourné, difforme: _jambes tortes, bouche torte_. (Acad.)

=Tortoir=, s. m., et mieux =Garrot=, s. m., petite perche, bâton qu'on passe dans une corde, dans un lien quelconque, pour serrer quelque chose en tordant: _serrez davantage le garrot de cette malle, de cette scie_.

=Tory=, s. m., mot emprunté de l'anglais et qui désigne les partisans des prérogations royales ou les conservateurs; au pluriel _torys_. (Acad.)—Prononcez _tori_, ou _tôri_ à l'anglaise.

=Toton=, s. m., espèce de dé qui est traversé d'une petite cheville sur laquelle on le fait tourner, et qui est marqué de différentes lettres sur ses faces latérales: _les totons sont ordinairement d'os ou d'ivoire_.—Ne dites pas _tonton_.

=Touche=, s. f.—Ne dites pas: _écrivez sur votre ardoise avec votre touche_; dites, _avec votre crayon_.—On dit _crayon_ et _crayon d'ardoise_;—_la touche_ est un petit brin de bois, de baleine, etc., dont les enfants, qui apprennent à lire, se servent pour _toucher_ les lettres.

=Toucher=, v. a., en parlant de certains instruments de musique, signifie _jouer_: _toucher la lyre, l'orgue, le piano; il touche le piano agréablement, délicatement_.—C'est une faute de dire _toucher du piano, toucher de l'orgue_, etc.—Voyez _jouer_.

=Touiller=, v. a., mêler, brouiller: _touiller des œufs_.—_Touiller_ figure dans les dictionnaires comme terme populaire.

=Toujours=, adv.—Les Wallons emploient abusivement _toujours_ dans le sens de _cependant, pourtant, néanmoins, malgré cela_:—_quoique le temps soit à la pluie, nous irons toujours (néanmoins) nous promener_; _mon professeur m'a fort bien expliqué ce problème, mais je sens que j'aurai toujours (pourtant) de la peine à en trouver la solution_.

=Tour=, s. m.—On dit également, _c'est à mon tour de_ ou _à_, ou bien _c'est mon tour de_ ou _à_: _c'est mon tour à vous aller voir; c'est mon tour, c'est à mon tour de monter la garde_.—Voyez _a_, 6.

=Tourelle=, s. f., petite tour; ne dites pas _tourette_.

=Tourmenter=, v. a.—Ne dites pas: _Pierre me fait tourmenter, Paul m'a fait tourmenter_, etc.; dites simplement _Pierre me tourmente, Paul m'a tourmenté_, en supprimant le verbe _faire_, qui est ici de trop. (Wall.)—Voyez _faire_, 10.

=Tournement.=—Ne dites pas, _avoir des tournements de tête_; dites avoir _des tournoiements de tête_ et mieux, _avoir des vertiges_.

=Tournevis=, s. m., instrument de fer ou d'acier pour serrer ou desserrer les vis: prononcez l'_s_ ainsi que dans _vis_.

=Toursiveux=, adj. (mot wallon), malicieux, astucieux: _il est malicieux comme un vieux singe; homme astucieux_.

=Tous=, plur. de _tout_.—On fait sentir l'_s_ lorsque _tous_ est pris substantivement ou qu'il est placé à la fin d'une phrase: _il faut se faire tout à tous; tous l'ont vu; ils y étaient tous_.

=Tout=, adj.—Ne dites pas, _une fois pour tout_; dites _une fois pour toutes_ (sous-entendu _les fois_).

2. _Tout_, reste au masculin devant un nom de ville féminin: _tout Liége en parle; tout Bruxelles l'admira; tout Rome fut consterné; tout Vienne apprit cette nouvelle fâcheuse_; c'est-à-dire, _tout le peuple_ de Liége, de Bruxelles, de Rome, de Vienne...

3. Ne dites pas, en terme de jeu, _pour de bon, pour le bon, pour tout de bon, pour de rire_; dites, _pour rire_ et _tout de bon_ (c'est-à-dire sérieusement, entièrement, de bon jeu, pour quelque chose).

4. Ne dites pas, _tout de long de la rivière_, mais _tout du long..._

5. Ne dites pas, _tous les deux heures, tous les vingt-quatre heures, tous les trois semaines_; dites, _toutes les deux heures, toutes les vingt-quatre heures, toutes les trois semaines_.

6. On dit également bien: _ce n'est pas le tout_ ou _ce n'est pas tout de bien réciter sa leçon, il faut encore la comprendre_. (Acad.)

7. Ne dites pas, _il m'a fait tout peur_; dites, _il m'a fait peur_. (Wall.)

8. Ne dites pas: _il est malade tout comme tout, il est sage tout comme tout_; dites, _il est fort malade, fort sage_.

9. Ne dites pas: _il est heureux comme tout, il est pauvre comme tout_; dites, _il est fort heureux, il est fort pauvre_.

10. Ne dites pas: _vous m'éclaboussez et vous me salissez tout_; dites, _... vous me salissez entièrement, tout à fait_.

11. _Tout à fait_, est adverbe et ne peut par conséquent s'employer comme substantif;—ne dites donc pas: _le nouveau propriétaire a changé tout à fait dans cette maison_; dites, _a changé tout_.—Écrivez ce mot sans traits d'union. (Acad.)

12. _Tout plein_, beaucoup; cette expression est française: _il y a tout plein de monde dans les rues;—j'ai tout plein de livres d'égarés; vous dites qu'il n'y a pas de boutiques dans cette rue, il y en a tout plein_.

13. _Tout de suite_ et _de suite_: voyez _suite_.

14. _Toute sorte, toute espèce_: voyez _sorte_.

15. _Tous deux, tous les deux_: voyez _deux_.—On dit de même _tous trois, tous quatre_ et _tous les trois, tous les quatre_;—au-delà de ce dernier nombre jusqu'à _dix_, on supprime rarement l'article: _tous les cinq, tous les six, tous les sept_, etc.;—au-delà de _dix_, on l'emploie toujours: _tous les seize, tous les vingt_.

16. _Tout à coup, tout d'un coup_.—_Tout à coup_ (sans traits d'union) signifie _soudainement, subitement_: _ce mal l'a pris tout à coup, comme il y pensait le moins_. (Acad.)—_Tout d'un coup_ signifie _tout d'une fois, tout en même temps_: _il gagna mille écus tout d'un coup_. (Acad.)

=Toux=, est un substantif féminin: _j'ai la toux_;—ne dites pas _tousse_. (Wall.)

=Tracassement=, n'est pas français; dites _tracas, tracasserie_: _il est dans le tracas du déménagement; il y a bien du tracas dans cette maison; il passe sa vie à faire des tracasseries_.

=Tracassier, ière=, subst.—Celui, celle qui aime à tracasser. On l'emploie aussi adjectivement: _une administration tracassière_.

=Traducteur=, s., celui qui traduit d'une langue en une autre. Ce mot n'a pas, quoi qu'en disent certains grammairiens, de correspondant féminin: _madame Dacier, traducteur d'Homère_ (et non _traductrice_).

=Trafic=, s. m., négoce, commerce de marchandises: on prononce le _c_: _trafike_.

=Trahir, trahison.=—L'_h_ est muette dans ces mots; prononcez _tra-ir, tra-ison_ et non _tra-hir, tra-hison_.

=Train=, s. m.—_Faire du train_, pour, _faire du tapage_, est français, mais populaire; cependant on ne dit pas _mener du train_:—voyez _mener_.

=Traîner=, être en langueur sans pouvoir se rétablir; ce mot est français: _il y a longtemps qu'il traîne; il traînera encore quelque temps_.—Prononcez _trèner_ et non _train-ner_.

=Traîtrise.=—Ce mot n'est pas français: dites _trahison_.

=Tramontane=, s. f.—_Perdre la tramontane_, c'est perdre la tête comme les matelots qui, perdant l'étoile polaire (_tramontane_), ne savent plus se diriger sur mer; ne dites pas _trémontade_.

=Tranquille=, adj., calme, paisible.—Prononcez _trankile_ et non _tranquille_ (_ll_ mouillées).—Prononcez de même une seule _l_ non mouillée dans _tranquillement, tranquillité, tranquilliser, tranquillisant_.

2. _Laissez-moi donc tranquille?_ est impoli, pour dire: _n'en parlons plus, je vous prie; brisons là-dessus, s'il vous plaît; assez sur ce sujet, parlons d'autre chose, si vous le voulez bien_, etc.

=Trans=, prép., dans la composition des mots, signifie au-delà, à travers;—l'_s_ se fait sentir.

=Transaction=, _transiger, transalpin, transitif, transition, transitoire_:—prononcez l'_s_ douce: _tranzaction, tranziger, tranzalpin_, etc.

=Transe.=—Ne dites pas, _sonner une transe, une agonie_; dites _sonner le glas, un glas funèbre_. Remarquez qu'on ne pourrait pas dire: un tel est mort, on vient de sonner _son glas_; dites, on vient de sonner _le glas_ (cloche funèbre), ou bien de sonner _son trépas, son décès_.

=Transir=, v. a. et n., pénétrer, engourdir de froid: _je suis transi de froid_;—prononcez _trancir, tranci, trancissement_ et non _tranzir, tranzi, tranzissement_.

=Transit=, s. m., faculté de faire passer des marchandises sans payer de droits d'entrée: prononcez _tranzite_, et non _trancite_ ni _tranzi_.

=Translater=, v. a., traduire d'une langue en une autre: ce mot est vieux (Acad.); on dit plus communément aujourd'hui _traduire_.

=Transvider=, verser une liqueur d'un vase dans un autre: ce mot n'est pas français; il faut dire _transvaser_.

=Trappe.=—Ce mot n'est pas français, dans le sens de _souricière, ratière, taupière_, etc., instrument dont on se sert pour prendre les souris, les rats, les taupes. (Wall.)

=Travailler=, v. a. et n.—Ne dites pas, _il a travaillé longtemps après cet ouvrage_; dites, _... à cet ouvrage_. (Fland.)

=Travers.=—_A travers, au travers_, loc. prép.—La première est toujours suivie d'un régime simple, et l'autre, de la préposition _de_: _à travers les champs, au travers des champs_.—_A travers_ désigne un passage libre, tandis que _au travers_ indique qu'il y a des obstacles à surmonter pour se frayer un passage: _à travers la route, au travers des ennemis_.—Mais l'Académie fait remarquer que cette distinction n'est pas toujours observée: _on ne voyait le soleil qu'à travers les nuages, qu'au travers du brouillard_.

=Traverse=, s. f.—Ne dites pas _un chemin de travers_, mais, _un chemin de traverse_, pour signifier un chemin particulier qui conduit à un lieu où ne mène pas le grand chemin ou qui est plus court que ce grand chemin.

=Traverser=, v. a.—On ne dit pas _traverser un pont_, mais _passer un pont_ ou _traverser la rivière_:—_traverser un pont_, en effet, c'est passer du côté d'amont à celui d'aval, ou réciproquement, et non suivre le pont dans sa longueur.—Cette observation s'applique également aux rues, aux chemins, tandis qu'au contraire, une place peut être traversée dans tous les sens.

=Trayer=, _triller, trayage, trillage_, choisir ou l'action de choisir, entre plusieurs choses, les meilleures seulement: ces mots ne sont pas français; dites _trier, triage_.—_Chercher dehors_, pour _trier_, est un flandricisme.

=Trébucher=, est un verbe neutre qui ne peut pas s'employer pronominalement; _se trébucher_ n'est pas plus français que _se tomber_ ou _se marcher_:—_il ne peut pas faire un pas sans trébucher_ (et non _sans se trébucher_.)

=Trèfle=, s. m., plante ou l'une des quatre couleurs du jeu de cartes; ce mot est masculin: _voilà de beau trèfle; je joue du trèfle_.—Prononcez _trè-fle_ et non _trè-fe_ ni _trè-fèle_.

=Trémontade=, n'est pas français: voyez _tramontane_.

=Trente et un=: prononcez _trenté un_ et non _trenté iun_;—prononcez de même _vingt et un, quarante et un_, etc.—Voyez _nombre_.

=Très=, ne se joint qu'à un adjectif, à un participe ou à un adverbe, et non à un substantif; on ne doit pas dire: _j'ai très-faim, très-soif, très-raison, très-peur; il est très-matin_, etc.; il faut dire, _j'ai bien faim, fort soif, extrêmement, terriblement faim, soif_, etc.

2. Remarquez que _très_ doit toujours être joint, par un trait d'union, à l'adjectif, au participe ou à l'adverbe: _très-riche, très-aimé, très-bien_. (Acad.)

=Trésoriser=: voyez _thésauriser_.

=Tressauter=, n'est pas français; dites donc, _ce coup de fusil ma fait tressaillir_ et non, _tressauter_.

=Tricheur=, _tricheuse_, celui, celle qui triche, qui trompe au jeu: _trichard_ n'est pas français.

=Tricoises=, s. f. pl., tenailles dont se servent les maréchaux pour ferrer et déferrer les chevaux. (Acad.) Dans les autres acceptions, dites _tenailles_. (Wall.)

=Triennal, ale=, adj., qui dure trois ans: _période triennale_; —prononcez les deux _nn_, _trien'nal_.

=Trimbaler=, v. n., mener, conduire, faire courir, etc.; ce mot est trivial.

=Trimer=, v. n., marcher vite et avec fatigue; ce mot est très-populaire; dites, _se tuer à marcher, à courir, à faire des courses_.

=Tringle=, s. f., verge de fer: prononcez _trin-gle_ et non _tringue_ ni _trin-guèle_.

=Trio=, s. m., musique à trois parties; au pluriel, _trios_.

=Tripotier, ière=, s., celui, celle qui tripote, intrigant, intrigante:—_tripoteur_ n'est pas français.

=Triste=, adj.—_Un triste caractère_, est un caractère avec lequel on ne peut pas vivre; _un caractère triste_, est celui qui est porté à la tristesse.

=Triumvir=, s. m., un des trois magistrats chargés de l'administration dans l'ancienne Rome:—prononcez _triomevir_; prononcez de même _triumviral, triumvirat_. (Acad.)

=Troc=, s. m., échange de meubles, de nippes, de chevaux et autres choses semblables: _faire un troc avec quelqu'un_.—Prononcez _troque_ et non _tro_.

=Trognon=, s. m., le cœur, le milieu d'un fruit dont on a ôté tout ce qu'il y avait de meilleur à manger; il se dit principalement des poires et des pommes.—_Le trognon d'un chou, un trognon de chou_, est la tige d'un chou dont on a ôté les feuilles.—Ne dites pas _rognon_ dans ce sens.

=Trois-pieds=, n'est pas français; dites _trépied_.

=Trombone=, s. m., espèce de grande trompette; on donne aussi ce nom à celui qui joue cet instrument: ce mot est masculin dans ces deux acceptions: _le son du trombone est grave; le premier trombone de l'harmonie_.

=Trompette=, est masculin, quand il désigne celui qui sonne de la trompette: _le trompette de telle compagnie_.—Il est féminin dans les autres acceptions.

=Tronc=, s. m.; boîte placée dans les églises pour recevoir les offrandes des personnes charitables: prononcez _tron_ et non _tronke_.—Le mot _bloc_, employé pour _tronc_, n'est pas français.

=Trône=, s. m., siége royal: prononcez _trône_ (_ô_ long) et non _trone_ (_o_ bref).

=Trop=, adv.—Ne dites pas, _il est trop courageux que pour se rendre_; dites, _il est trop courageux pour se rendre_.—On ne prononce le _p_ de _trop_ que pour faire la liaison devant une voyelle ou une _h_ muette: _trop avare_ (ne dites pas _tro-z'avare_).

=Trotte=, s. f., espace de chemin; ce mot figure dans le dictionnaire de l'Académie comme terme populaire: _il y a une bonne trotte d'ici là_.—Il est mieux de dire _traite, course_: _il y a une bonne traite, une longue course d'ici là_.

=Trouée=, s. f., ouverture, espace vide dans un bois, dans une haie, etc.; ce mot est français: _il est facile de faire une trouée dans ce bois; dans cette haie il y a une trouée par où nous pourrons aisément passer_.—Prononcez _trou-é_ (_é_ long) et non _trou-wé_ ni _trou-wéïe_.—Voyez _ue, oue, ie, é_, 2.

=Troupe=, s. f.—En parlant de quelqu'un qui est au service, dites: _il est dans les troupes_ et non, _dans la troupe_ ni _à la troupe_.

=Trouver bon=, _trouver mauvais_, approuver, désapprouver, etc., sont des expressions correctes. (Acad.)

=Truand, ante=, s., vaurien, vagabond, qui mendie par fainéantise: _cet homme est un vrai truand_.—Ce mot est substantif, et ne peut s'employer comme synonyme de _paresseux, indolent_; du reste, il est populaire et peu usité, dit l'Académie.—Prononcez _tru-and_ et non _tru-want_.—Voyez _oue, ue_.

=Truc=, s. m. _Avoir le truc_, avoir l'art, le secret, le talent, être habile, rusé: _il a le truc, il s'en tirera bien_.—Ce mot est populaire et sent un peu l'argot.

=Truelle=, s. f.—Une _truelle_ est un instrument de maçon; il ne faut pas employer ce mot comme synonyme de _pelle_.—Prononcez _tru-elle_ et non _tru-welle_.

=Truffe=, s. f., légume très-savoureux et très-odoriférant; écrivez et prononcez _truffe_ et non _truffle_.

=Trumeau, Glace.=—La partie du mur comprise entre deux fenêtres se nomme _trumeau_; il se dit aussi des glaces, ordinairement hautes et étroites, qui se mettent entre deux fenêtres ou qui sont placées au-dessus d'une cheminée.

=Tsar.= Voyez _czar_.

=Tu-autem=, s. m., expression latine dont on se sert pour dire, le point essentiel, le nœud, la difficulté d'une affaire: _c'est là le tu-autem_.—On ne l'emploie pas au pluriel: prononcez _tu-autème_.

=Tuer=, _tueur_ etc.—Prononcez _tu-er, tu-eur, je tû_, et non _tu-wer, tu-weur, je tu-we_.—Voyez _oue, ue_.

=Tuile=, s. f.—Dites _un toit couvert en tuiles_ ou _de tuiles_ et non _un toit couvert en pannes_ ou _de pannes_: ce dernier mot est flamand.—Prononcez _tu-ile_, et non _tou-ile_.—Voyez _ui_.

=Tulle=, s. m., sorte de tissu en réseau, très-fin; ce mot est masculin: _du tulle brodé_.

2. _Tulle_, pierre tendre, rouge, propre à marquer: ce mot est wallon et se rend en français par, _craie rouge_.

=Tumulte=, s. m., grand mouvement accompagné de bruit et de désordre; prononcez le _t_ final: _tumulte_ et non _tu-mule_.—Voyez _finales_, 2. et _t_.

=Tuser=, mot wallon qui signifie, penser, réfléchir, être absorbé par une idée;—il va sans dire qu'on ne peut pas l'employer en parlant français.

=Tutti=, terme de musique; prononcez les deux _tt_, _tut'ti_.

=Tuyau=, s. m.: prononcez _tui-iau_ et non _tu-iau_.

=Typhus=, s. m., maladie contagieuse: prononcez _typhuce_.

=Tyran=, s. m.—On dit aussi _une femme tyran domestique_.

=Tzar=, s. m.: voyez _czar_.

U

=Ubiquiste=, s. m., docteur en Sorbonne non résident;—homme à qui les lieux sont indifférents, qui se trouve bien partout: prononcez _ubikuiste_ (la diphth. _ui_ se fait sentir) et non _ubikiste_ ni _ubikouiste_ ni _ubikuisse_;—prononcez de même _ubiquitaire, ubiquité_.

=Ue, uer.=—En général les wallons prononcent mal ces sortes de syllabes, en intercalant abusivement un _w_ entre l'_u_ et l'_e, er_; ainsi _avenue, cohue, vendue, contribue_ deviennent _avenu-we, cohu-we, vendu-we, contribu-we_; de même _attribuer, puer, continuer_, se prononcent _attribu-wer, pu-wer, continu-wer_.—C'est là une faute grossière de prononciation: _ue_ doit se prononcer simplement _u_ long: _avenû, cohû, vendû, contribû_: en appuyant sur l'_u_ suivi d'un _e_ muet, on le distingue suffisamment d'un _u_ non suivi d'un _e_ et que l'on fait bref.

2. De même les syllabes _uer, uet, ué, uez, ua, uan, uo_, etc., doivent conserver leur prononciation naturelle et ne pas se transformer en _u-wer, u-wé, u-wez, u-wet, u-wa_, etc.: prononcez donc _attribu-er, évalu-é, vous contribu-ez, mu-et, continu-ation, évalu-ation, du-o_ et non _attribu-wer, évalu-wé, vous contribu-wez, mu-wet, continu-wation, évalu-wation, du-wo_.—Le défaut de prononciation que nous signalons, est extrêmement grossier, quoique pourtant il soit très-commun dans les provinces wallonnes; nous devons en dire autant du défaut suivant.

3. Les mêmes observations s'appliquent à la prononciation du latin: vous direz donc _tu-us, su-us, sensu-um, defectu-i, cu-i, tribu-o, tribu-i_, etc., et non _tu-wus, su-wus, sensu-wum, defectu-wi, cu-wi, tribu-wo, tribu-wi_.

=Uhlan=, s. m.—L'_u_ est aspiré; on écrit aussi _hulan_ et _houlan_ (Acad.): espèce de lancier dans l'armée autrichienne.

=Ui.=—Généralement les wallons ne font aucune différence en _ui_ et _oui_ et prononcent de la même manière _Louis_ et _lui_, _Huy_ et _oui_, _fouir_ et _fuir_; c'est un défaut dont il importe souverainement de se corriger.—Conservez donc à la diphthongue _ui_ son véritable son _ui_ (_u-i_) et ne la métamorphosez pas gauchement en _oui_ (_ou-i_), ce qui est tout différent.

=Ultimatum=, s. m., dernière condition d'un traité;, il n'a point de plur.—Prononcez _ultimatome_.