Part 34
=Scorie=, s. f., substance terreuse ou pierreuse vitrifiée qui nage sur la surface des métaux fondus.—On appelle _scories volcaniques_ certains produits des volcans.—Voyez _mâchefer_.
=Scorsonère=, s. f., légume, espèce de salsifis; ne dites pas _scorsionère_ ni _corsionelle_;—remarquez que ce mot est féminin.
=Sculpter=, _sculpteur, sculpture_:—prononcez _sculter, sculteur, sculture_.—_Sculpterie_ n'est pas français.
=Se=, pr. pers.—Ne dites pas: _quand se vient le soir, quand se vient le jour_; dites, _quand le soir vient, quand le jour vient_.
=Seau=, s. m., vaisseau propre à puiser, à porter de l'eau: prononcez _sô_ et non _séau_ ni _siau, séïau, séhau_.
=Sec=, fait au féminin _sèche_, et il n'y a que les gens qui n'ont reçu aucune instruction qui puissent dire: _avoir la bouche sec, les mains secs_.
=Second=, adj. ord., deuxième.—Prononcez _cegon_ et non _sekon_;—le _c_ se prononce également _g_, surtout dans la conversation, dans _seconde, seconder, secondement, secondaire, secondairement_. (Acad.)
2. On dit _Henri second, François second_ et mieux _Henri deux, François deux_.
3. _Second, deuxième_.—On ne peut se servir indifféremment des mots _second_ et _deuxième_.—_Deuxième_ semble annoncer un _troisième_; il éveille l'idée d'une série, tandis que _second_ éveille l'idée d'un ordre seulement. On dira d'un ouvrage en deux volumes: _voici le second volume_, et d'un ouvrage qui aura plus de deux volumes, _voici le deuxième volume_.—On dit, par la même raison, je demeure _au second_ et non _au deuxième_, même en parlant d'une maison qui a plus de deux étages, parce qu'on ne veut pas faire l'énumération des étages de la maison; on veut seulement indiquer que l'on demeure au-dessus du premier.
4. Prononcez l'_x_ de _deuxième_ et de _deuxièmement_ comme un _z_; prononcez en outre _deuziè-me, deuziè-mement_ et non _deuzièm-me, deuxièm-mement_.
=Secousse=, s. f.: n'écrivez pas _sécousse_.
=Secret=, s. m., _secrétaire, secrétariat_, etc.;—prononcez _secrè_ (et non _sècrè_), _secrétaire_, etc., et non _segrè, segrétaire_.
=Secrétaire, Secrétariat, Secrétairerie.=—C'est le second _e_ qui est marqué de l'accent aigu et non le premier; n'écrivez et ne prononcez donc pas: _sécretaire, sécretariat, sécretairerie_; écrivez de même _secrètement_ et non _sécrètement_.
=Sécrétion=, s. f., toute matière qui sort du corps;—ne prononcez pas _secrétion_.
=Sehu= ou _seyu_ ou _saou_:—ce mot n'est pas français; dites _sureau_: _du thé de fleurs de sureau_.
=Seigle= ou =Sègle=, s. m., sorte de blé; prononcez _sei-gle_ et non _sei-ke, seiguèle_.
=Seigneur=, s. m.—Prononcez _sè-gneur_ et non _sé-gnieur_ ni _sègn'nieur_.
=Seigneurie=, s. f., droit, terre de seigneur, titre d'honneur: ne dites pas _séigneurerie_.—Voyez _mairie_.
=Seize=, adj. num.—Prononcez _sei-ze_ et non _sei-ce_; prononcez de même _onze, douze, treize, quatorze, quinze_.
=Sellette.=—Mettre _quelqu'un sur la sellette, être sur la sellette_; ne dites pas _selette_.
=Semaille=, s. f., ensemencement des céréales et des autres plantes objet de la grande culture, ne s'emploie guère qu'au pluriel: _les semailles sont une opération importante pour un cultivateur_.—Il se dit aussi des grains semés ou à semer: _semailles de froment; les semailles commencent à lever_; _les semailles_ (et non _les semés_) _sont de belle venue_.—Il se dit encore de la saison pendant laquelle on ensemence les terres: _au temps des semailles, à la fin des semailles_.—_Semaison_ est un vieux mot qui signifiait le temps où l'on fait les semailles:—Bescherelle est d'avis qu'il faut rétablir ce mot dans les dictionnaires.
=Semaine=, s. f.—Ne dites pas: _j'irai vous voir à la semaine_; dites, _la semaine prochaine_.
2. Ne dites pas non plus, _la semaine qui vient, le mois qui vient, l'année qui vient_; dites, _la semaine prochaine, le mois prochain, l'année prochaine_.
3. Les noms des jours de la semaine s'écrivent avec une petite lettre: _dimanche, lundi_, etc. et non _Dimanche, Lundi_. (Acad.)
4. Prononcez _semène_ et non _sèmène_ ni _semain-ne_.
=Sembler=, v. n.—Ne dites pas: _vous semblez un gouverneur_; dites, _vous avez l'air d'un gouverneur_.
=Semer=, _semeur, semence, semis, semoir_:—prononcez _se_ et non _sè_.
2. =Semer, Ensemencer.=—_Semer_ a rapport au grain:—_ensemencer_ a rapport à la terre; _on sème le blé, on ensemence le champ_.
=Semestre=, s. m., espace de six mois consécutifs; prononcez _semestre_ et non _sémestre_ ni _semesse_ ni _semestère_.
=Semi=, mot tiré du latin et qui signifie _demi_; il ne s'emploie que devant un autre mot auquel on le joint par un trait d'union et il ne prend jamais la marque du pluriel: _des semi-tons, des fleurs semi-doubles_.—Écrivez et prononcez _semi_ et non _sémi_ ni _sèmi_.
=Séminariste=, s. m., élève d'un séminaire;—le _séminaire_ est l'établissement ecclésiastique lui-même; ne dites donc pas: _j'ai rencontré deux séminaires sur le marché_; dites, _deux séminaristes_.—Prononcez _séminaris-te_ et non _séminarisse_.
=Semoule=, s. f., pâte de farine très-fine; d'après l'Académie, on doit prononcer _semouille_.—N'écrivez pas _semouille_.
=Sempiternel, nelle=, adj., perpétuel; prononcez _sainpiternel_. (Acad.)
=Sénatus-consulte=, s. masculin, décision du sénat: _un sénatus-consulte_; le pluriel est _sénatus-consultes_.—Prononcez _sénatuce-consul-te_ (et non _sénatuce-consule_.)
=Senor=, s. m., seigneur, monsieur;—_senora_, madame;—prononcez _sègnore, sègnora_ comme dans _seigneur, enseigner_.
=Sens=, s. m.—On fait sentir l'_s_ finale, lorsque après ce mot on peut faire une pause, et elle devient nulle si la pause est impossible: _mettez cette table de ce sens-là_ (_san-là_); _c'est un sot qui n'a pas le sens_ (_san_) _commun_; _à mon sens_ (_sance_).
2. _Sens dessus dessous_, loc. adv., qui se dit en parlant de la situation d'un objet tourné de manière que ce qui devrait être dessus ou en haut se trouve dessous ou en bas: _renverser un objet sens dessus dessous_.—Il se dit aussi familièrement de ce qui est dans un grand désordre et tout bouleversé: _tous mes papiers sont sens dessus dessous; ma bibliothèque est sens dessus dessous_.—N'écrivez pas _sans dessus dessous_.
3. _Sens devant derrière_, loc. adv., dont on se sert en parlant de la situation d'un objet tourné de telle façon que ce qui devrait être devant se trouve derrière: _elle a mis son bonnet sens devant derrière; sa perruque est sens devant derrière_.—N'écrivez pas _sans devant derrière_.
=Sensible=, adj., signifie qui est aisément ou vivement touché, mais non, qui émeut.—Ne dites donc pas: _c'est un livre, c'est une pièce très-sensible_; dites, _c'est un livre très-touchant, une pièce très-touchante_.
=Sente=, s. f., sentier.—L'Académie donne ce mot et renvoye au mot _sentier_; il ne paraît être d'usage que dans les campements.—_Pied-sente_ n'est pas français; dites _sentier_.
=Senté-je=, expression barbare; dites _sens-je_ et mieux _est-ce que je sens_, parce que _sens-je_ paraît dur.—Ne dites pas non plus _dormé-je_, mais _est-ce que je dors_.
=Sentinelle=, est féminin: _la sentinelle, une sentinelle_;—quelques poètes ont fait ce mot du masculin: _ces nombreux sentinelles_ (Delille): c'est une licence qu'il ne faut pas imiter.
=Sentir.=—Dites, _cette fleur sent bon_ et non, _sent bonne_:—ici _bon_ est adverbe.
2. Ne dites pas: _ce couteau sent après l'oignon_; dites, _ce couteau sent l'oignon_ (Fland.)—Voyez _puer_.
=Seoir=, v. n., être assis.—Il n'est plus guère en usage qu'au participe présent _séant_ et au participe passé _sis, sise_ qui signifie _situé, située_: _tribunal séant à Liége; maison sise dans la rue Hors-Château_.—Cependant, on dit encore, en poésie et dans le langage familier, _sieds-toi_ pour _assieds-toi_.
2. _Seoir_, v. n. être convenable à la personne, à la condition, au lieu, au temps, etc.—Il n'est plus d'usage à l'infinitif et n'a d'usitées que les formes suivantes: indic. prés., _il sied, ils siéent_,—imp., _il seyait, ils seyaient_;—futur, _il siéra, ils siéront_;—condit. prés., _il siérait, ils siéraient_;—part, prés., _seyant_: il n'a point de temps composés.—On l'emploie souvent comme impersonnel: _il vous sied bien_ (il vous appartient bien) _de vouloir réformer les autres_.
=Sept=, adj. num.—On ne prononce pas le _p_ dans _sept_ ni dans ses composés _septième_ et _septièmement_; mais on le prononce dans tous les autres: _septante, septembre, septenaire, septennal, septennalité, septentrion, septentrional, septidi, septuagénaire, septuagésime, septuple, septupler_, etc.—Quant au _t_ de _sept_, il ne se prononce que lorsque ce mot est pris à part: _le nombre sept, ils étaient sept_, ou lorsqu'il est suivi d'une voyelle on d'une _h_ muette: _sept amis, sept hommes_.—Il faut ajouter à cette observation de l'Académie, que le _t_ se prononce dans tous les cas lorsque le mot _sept_ est employé substantivement: _le sept d'avril, le sept de trèfle; sept multiplié par trois; un sept de chiffre_ ou simplement _un sept, le sept du mois_.
=Septante=, adj. num., _soixante-dix_.—Il n'est plus guère usité qu'en Belgique et dans le midi de la France ainsi que dans le style de mathématiques; on le remplace partout ailleurs par le mot _soixante-dix_. Il en est de même de _nonante_; quant à _octante_ il n'est plus du tout en usage.—Prononcez le _p_, _sep'tante_.
=Septennal, ale=, adj., qui arrive ou qui est renouvelé tous les sept ans: _fête septennale_. On prononce le _p_ et les deux _nn_: _sep'ten'nale_.
=Septier=, s. m., mesure de grains, de liquides; on écrit plus souvent _setier_.—Prononcer _cetié_ et non _cètié_ ni _cetchié_.—Voyez _ti_ et _di_.
=Séquestrer, Séquestration=: prononcez _sékestrer, sékestration_.
=Sera.=—Ne dites pas: _sera lui qui aura la place, sera vous qui partirez_; dites, _ce sera lui, ce sera vous qui..._ ou bien, s'il s'agit d'une interrogation: _sera-ce lui..., sera-ce vous...?_
=Sérail=, s. m.; le pluriel est _sérails_.
=Serein, eine=, adj., qui est clair, doux, calme;—_serin_ (et non _serein_), s. m., sorte d'oiseau chanteur.—Prononcez _se_ et non _sè_.
=Sérénade, Aubade=, s. f.—Ils désignent l'un et l'autre un concert de voix ou d'instruments donné dans la rue ou sous les fenêtres de quelqu'un; la _sérénade_ se donne le soir et l'_aubade_ le matin.—Prononcez _sérénade, aubade_ et non _sérénate, aubate_ ni _sèrènade_; ne dites pas non plus _ombade_.
=Serf=, adj. s., espèce d'esclave: prononcez _serfe_;—le féminin est _serve_ (ne prononcez pas _serfe_).—V. _cerf_.
=Sérincheur.=—Ne dites pas d'un mauvais musicien, _c'est un sérincheur_; dites, _c'est un râcleur, un croque-note_.—(Les ouvriers qu'on désigne sous le nom de _sérincheurs_, s'appellent _cardeurs_ en français).
=Serre.=—N'employez pas ce mot dans le sens de _serrure_ ou de _batterie_ de fusil, de pistolet.
=Serrer, Enserrer.=—_Serrer_ signifie étreindre, presser ou bien mettre quelque chose dans un lieu où il ne soit exposé ni à être volé ni à s'égarer ni à être gâté.—_Enserrer_ signifie mettre dans une serre: _enserrer des orangers_.
2. _Serrer_, ne peut pas s'employer pour _fermer_; ne dites donc pas, _serrez la porte, la fenêtre, le livre_, etc.; dites, _fermez la porte_, etc.
3. _Serre-papier_, s. m., arrière-cabinet;—tablettes à compartiment où l'on serre des papiers;—petit meuble pesant de marbre, de granit, etc., qu'on met sur des papiers pour les tenir:—_presse-papiers_ n'est pas français.—Le pluriel s'écrit comme le singulier.
=Serrure=, s. f.—Ne dites pas, _laissez la porte sur la serrure_, pour signifier ne pas la fermer entièrement; dites, _laissez la porte entr'ouverte_, ou _laissez la porte tout contre_.—Prononcez _cèrure_.
=Serveur de messe=, _servant de messe_: ces mots ne sont pas français; dites _enfant de chœur_.—V. _acolyte_.
=Service.=—Ne dites pas, _qu'y a-t-il de votre service?_ dites, _qu'y a-t-il pour votre service_ ou _à votre service?_
2. Ne dites pas, _ce domestique n'est pas au service pour le moment_; dites, _n'est pas en service_.—Mais lorsque _service_ est suivi d'un complément, l'article est de rigueur: _être au service de quelqu'un; il a été longtemps au service d'un tel_.
3. _Service_, employé d'une manière absolue, signifie _le service militaire_: _il a vieilli au service_.
=Servir.=—_Servir à rien, servir de rien_.—Ce qui ne _sert à rien_ aujourd'hui, peut servir demain à quelque chose: _il a des talents qui ne lui servent à rien_.—Ce qui ne _sert de rien_ ne peut jamais être d'aucune utilité: _les murmures contre les décrets de la Providence ne servent de rien; vous êtes aveugle, des lunettes ne vous servent de rien_.
2. On dit _servir la messe, répondre la messe_ et non _à la messe_.
=Serviteur=, s. m.—Le féminin correspondant est _servante_.
=Seul, eule=, adj.—Un _seul homme_ est un homme unique; un _homme seul_ est un homme isolé, retiré.
=Seulement=, adv.—Ne dites pas: _dites-le seulement, faites-le seulement, venez seulement, courez seulement, parlez seulement_, etc.—Ce _seulement_ est un flandricisme qui, ordinairement, n'ajoute rien au sens et qu'il faut faire disparaître entièrement en français, ou bien remplacer, selon le sens, par _çà, donc, un peu, je vous prie_, etc.:—_dites-le, faites-le, venez_, etc.,—_dites-le donc, faites-le donc, venez-donc_;—_çà! dites-le, çà! faites-le, çà! venez_;—_dites-le, je vous prie, faites-le, je vous prie, venez, je vous prie_.—Voyez _fois_.
2. Ne dites pas, _je n'ai seulement qu'à paraître, et il se taira_ (pléon. vic.); dites, _je n'ai qu'à paraître..._
=Sexe=, s. m.: _le sexe masculin, féminin_:—prononcez _cekce_ et non _cèke_.
=Sexte=, s. f., une des petites heures de l'office;—s. m., le sixième livre des Décrétales.—Prononcez _ceks'te_ et non _cêke_ ni _cekce_.
=Si=, conj., ne s'élide que devant _il, ils_:—_s'il, s'ils_.
2. _Si_ ne doit jamais être suivi du conditionnel; ne dites donc pas: _si j'aurais le temps, j'irais le voir; si je l'aurais su, je n'y serais pas allé_; dites, _si j'avais le temps, si je l'avais su..._
3. C'est également une faute d'employer le conditionnel au lieu du subjonctif; ainsi vous ne direz pas: _je voudrais que cela serait; j'ai craint qu'il ne viendrait pas_; dites, _je voudrais que cela fût, j'ai craint qu'il ne vint pas_.
4. Ne dites pas: _si j'étais vous_ ou _si j'étais comme vous, je ferais telle chose_; dites, _si j'étais à votre place_ ou _si j'étais que de vous, si j'étais de vous, je ferais telle chose_.
5. _Si_ peut s'employer familièrement comme particule affirmative: _vous dites que non et je dis que si; vous n'avez pas été là? si_.—On dit également _si fait_: _je crois qu'il n'a pas été là; si fait, il y a été_.
6. Ne dites pas, _si longtemps que j'aurai une goutte de sang dans les veines, je me défendrai_; dites, _tant que j'aurai..._ (Wall.)
7. Ne dites pas, _si vite qu'il est levé, il étudie_; dites, _dès que, aussitôt qu'il est levé..._ (Wall.)
8. _Si_ peut s'employer au lieu de _tant_ devant un participe passé, et au lieu de _tellement_ devant une locution adverbiale; on peut dire: _si aimé, si à l'aise, si à propos, si en colère_, etc.—Il serait trop rigoureux de condamner ces sortes d'expressions, dit Boniface.
=Sibylle=, s. f., prophétesse dans l'antiquité; les _ll_ ne se mouillent pas, _cibile_.—_Sibyllin_, adj., de sibylle, _vers sibyllins_: prononcez les deux _ll_, _cibil'lin_.—Une _sébille_, s. f., est un vase de bois, rond et creux: _jetons un sou dans la sébille de ce pauvre aveugle_.
=Sieste=, s. f., =Méridienne=, s. f.—_Sieste_, temps qu'on donne au sommeil pendant la chaleur du jour;—_méridienne_, temps que l'on donne au sommeil après le dîner.
=Sieur=, s. m., abréviation de monsieur: prononcez _cieure_ en une syllabe.
=Signal=, _signifier, signification_: prononcez _si-gnal, si-gnifier, si-gnification_ et non _sign'-nal, sign'-nification, sign'-nifier_.—Voyez _gne_.
=Signet=, s. m., ruban pour marquer dans un livre: autrefois on supprimait le _g_ dans l'écriture et dans la prononciation; mais aujourd'hui on écrit et on prononce _signet_.
=Simple=, nom générique et vulgaire des herbes et des plantes médicinales; ce substantif est masculin: _la mélisse est un simple d'une grande vertu_.
=Sinapisme=, s. m., cataplasme à la moutarde; prononcez _sinapis-me_ et non _sinapisse_ ni _sinapim-se_.
=Singulier=, s. m.:—prononcez _singulié_; mais faites sonner l'_r_ finale de _singulier_, adjectif, lorsqu'il fait corps avec le mot qui le suit: _quel singulier_ (_lière_) _homme_! _le singulier_ (_lière_) _animal!_
=Sinon=, conj., autrement, sans quoi, ne doit jamais être précédé de _ou_: _obéissez, sinon vous serez puni_, et non, _ou sinon..._
=Sirop=, s. masculin: _du sirop de pomme_;—prononcez _cirô_ (_ô_ long) et non _cirot_ (_o_ bref) ni _sirope_.—On écrit plus rarement _syrop_.
=Sis, sise=, part. passé du verbe _seoir_; il ne s'emploie plus que comme adjectif et en style de pratique (avoués, notaires, huissiers), dans le sens de _situé, située_: _une maison sise rue des Mineurs_. Voyez _seoir_.
=Sitôt=, adv.—Ne dites pas, _sitôt l'arrivée de la diligence, je partirai_; dites, _aussitôt après l'arrivée, aussitôt la diligence arrivée; dès que la diligence sera arrivée_, etc.
=Six=, adj. num.—Devant une consonne, l'_x_ ne se prononce pas: _six personnes_;—elle sonne comme _z_ devant une voyelle ou une _h_ muette: _six amis, six hommes_;—à la fin d'une phrase, après son substantif, ou bien lorsqu'on l'emploie substantivement, on prononce _six_ en faisant sonner l'_x_ comme une _s_: _de douze qu'ils étaient il n'en est resté que six; le chapitre six traite de...; le six du mois_.—Elle se prononce aussi, dans le corps de la phrase, lorsqu'il est suivi d'un repos: _ils étaient six, tous de bonne humeur_. (Acad.)
=Sixain=, s. m., petite pièce de poésie composée de six vers; prononcez _cizin_.
=Sixième, sixièmement.=—L'_x_ se prononce comme _z_; prononcez _sizième, sizièm'ment_ et non _siziain-me, siziain-m'ment_.
=Skaufelin=, est un mot flamand; dites des _copeaux_.
=Sloop=, s. m., petit navire à un seul mât; on prononce et quelques-uns écrivent _sloupe_. (Acad.)
=Soc, Socle, Socque=, s. m.—Le _soc_ est un couteau de fer attaché à la charrue, qui fend la terre et forme le sillon;—un _socle_ est la base carrée d'une colonne, etc., le piédestal d'une statue, d'un vase;—un _socque_ est une chaussure grossière qui en enveloppe une autre et la préserve de la boue, de l'humidité.
=Société=, s. f.—_Aller en société_, est une mauvaise locution; il est mieux de dire, _aller dans le monde, dans le grand monde, fréquenter le monde_.
2. Ne dites pas, _je n'ai pu lui parler, il était en société_; dites, _il était en compagnie_.—Prononcez _société_ et non _socièté_.
=Sœurs=, _consanguines, germaines, utérines_: voyez _germain_.
=Sofa=, s. m.: on écrit aussi _sopha_.
=Soi-disant.=—Terme de pratique; il se dit aussi par raillerie ou par mépris, dans le langage ordinaire et s'écrit au pluriel comme au singulier: _un tel soi-disant docteur; de soi-disant docteurs_.
=Soie=, s. f., étoffe; prononcez _soi_ et non _soi-ïe_.
2. _Soie_, s. f., se dit, surtout au pluriel, du poil long et rude de certains animaux: _des soies de cochon_. Il se dit aussi du poil long et doux d'un barbet, d'un épagneul, d'un bichon: _cet épagneul a de belles soies_.—Ce mot est féminin.
=Soierie=, s. f., toute marchandise de soie: prononcez _soirie_ et non _soi-ïeri-ïe_.
=Soif=, s. f.—Voyez _faim_ et _si_.
=Soigner=, v. a.—Ne dites pas: _je soignerai pour votre affaire_; dites, _je soignerai votre affaire, j'aurai soin de votre affaire, je m'occuperai de votre affaire_.
2. Ne dites pas, _vous soignerez que tout soit prêt_; dites, _vous aurez soin que tout soit prêt_.
=Soin=, s. m.: prononcez _soin_ et non _soan_.
=Soir=, s. m.—Dites _un matin, un soir_ au lieu de dire _un jour au matin, un jour au soir_.
2. Ne dites pas, _un jour sur le soir, un jour au soir_, dites _un soir_:—_un soir il aperçut la lune au fond d'un puits_.
3. On dit: _demain au soir_ (Acad. au mot _demain_) et _demain soir_ (Acad. au mot _soir_);—on dit _hier au soir_, mais on ne dit pas bien _hier soir_.—Voyez _matin_.
=Soit=, adv., à la bonne heure: _soit, j'y consens_;—prononcez _soite_.
=Soixantaine=, _soixante, soixanter, soixantième_: dans ces quatre mots, _x_ se prononce comme deux _ss_.
=Solde=, est féminin, lorsqu'il signifie la paye des militaires: _faire une retenue sur la solde des troupes_.—Il est masculin, lorsqu'il signifie la différence entre _le doit_ et _l'avoir_ d'un compte ou le payement qui se fait pour demeurer quitte de compte: _le solde est de 300 francs au doit; le solde de votre compte se monte à 500 francs_.—Prononcez _sol-de_ et non _sol-te_ ni _solle_.
=Solécisme=, s. m., faute contre la syntaxe: _c'est moi qui a fait cela_, est un solécisme;—prononcez _solécis-me_ et non _solécisse_, ni _solécim'se_. Voyez _barbarisme_.
=Soleil=, s. m.—Ne dites pas, _il fait soleil_, mais _il fait du soleil_ comme on dit _il fait du vent_.
2. Dites, _se reposer au soleil_ et non, _dans le soleil_.—Prononcez _soleille_ (_ll_ mouill.) et non _solèle_.
=Solennel, elle=, adj.—On prononce _solanel_ et non _solan-nel_ et on fait l'_a_ bref; il en est de même de ses dérivés _solennellement, solennisation, solenniser, solennité_.—Plusieurs, dit l'Académie, écrivent _solemnel, solemnellement, solemnité_, etc., cette dernière orthographe n'est plus guère usitée de nos jours.
=Solive=, s. f., en wallon, _terrâsse_, pièce de charpente qui sert à former et à soutenir le plancher d'une chambre, d'une salle, etc., et qui porte sur les murs ou sur les poutres: _solive de brin, solive de sciage_.
=Solliciter=, _sollicitation, solliciteur, sollicitude_: dans tous ces mots, on prononce les deux _ll_.
2. Devant un infinitif, on dit _solliciter à_, quand l'action exprimée par le second verbe n'a point pour but le sujet: _je l'ai sollicité à faire cette démarche_.—On dit _solliciter de_ quand l'action se termine au sujet: _je l'ai sollicité de venir me voir_: cette distinction nous paraît un peu subtile.—Devant les substantifs et les pronoms, on dit toujours _solliciter à_: _solliciter à la révolte; qui est-ce qui vous a sollicité à cela?_
=Solo=, s. m.—L'Académie écrit _des solo_ sans _s_: mais puisqu'elle met une _s_ au pluriel de _duo_ (_de beaux duos_), il est évident qu'il faut écrire _des solos_ avec une _s_.
=Somme, Sommeil=:—ils ne se disent que de l'homme;—on dit, _faire un somme_, mais on ne dit pas, _faire un sommeil_.
=Sommité=, s. f., sommet; on prononce les deux _mm_.
=Somnambule=, adj., _somnambulisme_, s. m.;—_somnifère_, adj.;—_somnolence_, subst.;—_somnolent, ente_, adj.:—dans tous ces mots, on prononce l'_m_.
=Somptuaire=, adj.;—_somptueusement_, adv.;—_somptueux, euse_, adj.;—_somptuosité_, subst.:—dans la prononciation de ces mots, on fait sentir le _p_.
=Son, Sa, Ses=, adj. poss.—_Mon, ton, son_, suivis d'un mot commençant par une voyelle ou une _h_ muette, ont un son nasal très-prononcé: _mon ami, ton habit, son argent_, prononcez _mon-n'ami, ton-n'habit, son-n'argent_ et non _mo-n'ami, to-n'habit, so-n'argent_.
2. Ne dites pas: _mon frère parle si bien son français, son allemand_; dites, _parle si bien le français, l'allemand_.
3. Ne dites pas: _celui qui a recueilli ces omnibus, voudrait qu'on touchât son français_; dites, _... voudrait qu'on parlât bien le français_.
4. _Son, sa, ses_, remplacés par le pronom _en_: voyez _en_.
=Sonate=, s. f., pièce de musique instrumentale; ne dites pas _sonade_.
=Songer=, v. n.—Ne dites pas: _j'ai songé de lui mille choses désagréables_; dites, _j'ai pensé de lui mille choses désagréables_.
2. Ne dites pas: _j'ai songé de vos commissions_ ou _songé de faire la commission_; dites, _j'ai songé à vos commissions, à faire votre commission_:—_songer quelque chose_ ou _de quelque chose_, c'est _rêver quelque chose_ ou _de quelque chose_.