Part 31
2. Ne dites pas: _Oh! Monsieur, c'était quelque chose_; dites, _c'était beau, rare, magnifique_. (Fland.)
=Quelqu'un= (=un=).—Ce pléonasme, admis autrefois, ne l'est plus du tout aujourd'hui; il faut dire simplement _quelqu'un_:—_quelqu'un_ (et non _un quelqu'un_) _me l'a dit_.
2. _Quelqu'un, une_, substantif., signifiant _un, une entre plusieurs_: _nous attendons des hommes, il en viendra quelqu'un_ (un); _plusieurs femmes m'ont promis de venir, nous en aurons quelqu'une_ (une).—_Quelqu'un_ pris absolument s'emploie pour deux genres, et signifie une personne: _quelqu'un m'a dit; j'attends ici quelqu'un_.—C'est pourquoi _quelqu'une m'a dit, j'attends ici quelqu'une_, ne sont point des locutions françaises.—Au pluriel, on dit absolument; _quelques-uns assurent le contraire_; mais on ne dirait pas, en employant _quelques-uns_ comme régime du verbe: _je connais quelques-uns_; il faut dire avec le pronom _en_, _j'en connais quelques-uns_; et dans le cas, _quelques-uns_ n'est point pris absolument, il se rapporte avec un substantif énoncé auparavant et dont le pronom _en_ rappelle l'idée.
=Quelque chose=, est masculin lorsqu'il signifie une chose: _j'ai appris quelque chose de bon_; il est féminin lorsqu'il signifie, quelle soit la chose ou quelle que fût la chose: _quelque chose qu'il m'ait dite, je n'ai pas confiance en lui_.—Voyez _chose_.
=Quelquefois=, ne peut pas s'employer pour _peut-être_ ou _par hasard_: _Jean n'est pas encore de retour. Il est peut-être_ (et non _quelquefois_) _malade_; _si par hasard le maître vous voyait, vous seriez puni_, et non, _si quelquefois le maître_.
=Quenouille=, s. f., canne pour filer: prononcez _kenouille_ (_e_ muet et _ll_ mouillées) et non _quènouille_ ni _quenoule_.
=Querelle, Quereller=:—prononcez _kerèle, kerèler, krèle, krèler_, et non _kèrelle, kèrèller_ ni _kérelle_, et encore moins _karèle, karler_.
=Questeur, Questure=:—prononcez _cuesteur, cuesture_ et non _kesteur, kesture_ ni _couesteur, couesture_.
=Question=, s. f., demande, proposition, torture:—prononcez _kess'thion_ et non _kécion_; prononcez de même _questionner_.
=Qu'est-ce qui=, se dit des choses et _qui est-ce qui_, des personnes: ne dites donc pas, _qu'est-ce qui m'a appelé_, mais _qui est-ce qui m'a appelé_.
=Queue=, s. f.: prononcez _keû_ (_eû_ long) et non _keu-we_.
2. On dit la _queue_ d'une poêle, d'une casserole; le _manche_ d'un balai, d'une pelle; les _manches_ ou _mancherons_ d'une charrue; des _tiges_, des _fanes_, et non des _queues_ de pommes de terre, de navets, de carottes, de panais, de betteraves, etc.
=Qui=, se prononce comme _ki_ dans _qui, quiconque, quidam_ (_kidan_), _quillage, quille, quiller, quilliette, quillier, quinquina_ (_kinkina_), _quitte, quitter, quiproquo_.
2. Il se prononce comme _cui_ (et non _coui_) dans _quia (à), quibus, quiescent, quiet, quiétisme, quiétiste, quiétude, quindécagone, quindécemvir_ (_cuindécem'vir_), _quinquagénaire_ (_cuincouagénère_), _quinquagésime_ (_cuinquouagésime_), _quinque_ (_cuincué_), _quinquennal_ (_cuincuenn'nal_), _quinquennium_ (_cuincuèn'niome_), _quinquenove_ (_cuinkenove_), _quinquerce_ (_cuincuerce_), _quinquerème_ (_cuincuérème_), _quintetto_ (_cuintèt'to_), _quintetti_ (_cuintèt'ti_), _quintidi, quintil, quintuple, quintupler, quitus_ (_cuituce_).
3. Ne dites pas: _c'est moi qui a, c'est moi qui est_; _c'est vous qui ont, c'est vous qui sont_; _c'est nous qui ont, c'est nous qui sont_:—_qui_ doit toujours s'accorder en genre, en nombre et en personne avec son antécédent; dites donc, _c'est moi qui ai, qui suis_; _c'est vous qui avez, qui êtes_; _c'est nous qui avons, qui sommes_, etc.
4. Ne dites pas: _c'est à vous à qui je parle; est-ce à moi à qui vous en voulez_; dites, _c'est à vous que je parle; est-ce à moi que vous en voulez?_
5. Ne dites pas: _parlez à tout qui vous voudrez_; dites, _parlez à qui vous voudrez, à tous ceux que vous voudrez_. (Wall.)
6. _A qui, de qui_.—_Qui_, précédé d'une préposition, ne peut se dire que des personnes; on le remplace par _lequel, laquelle_, quand il s'agit des choses: dites donc, _l'étude à laquelle_ (et non _à qui_) _je consacre mon temps_; _le cheval sur lequel_ (et non _sur qui_) _je suis monté_.
=Quia= (=à=), terme usité seulement dans ces phrases proverbiales: _être à quia, mettre à quia_, c'est-à-dire, être réduit ou réduire quelqu'un à ne pouvoir répondre; prononcez _cuia_ (_a_ bref) et non _couia_ ni _kiia_.
=Quibus=, s. m., terme populaire qui n'est guère usité que dans cette phrase: _avoir du quibus_, avoir de l'argent, être riche: prononcez _cuibuce_ et non _couibuce_ ni _kibuce_.
=Quiconque=, pron. indif., est masculin dans le sens général: _quiconque est capable de mentir, est indigne d'être compté au nombre des hommes_.—Employé pour désigner une femme, il est féminin: _mesdames, quiconque de vous sera assez hardie pour médire de moi, je l'en ferai repentir_. (Acad.)
=Quidam=, s. m., désigne les personnes dont on ignore ou dont on n'exprime pas le nom; _je fus accosté par un certain quidam, un quidam de mauvaise mine_; le féminin _quidane_ n'est usité qu'en terme de palais.—Prononcez _kidan_.
=Quiet=, _quiétisme, quiétiste_: prononcez _cuiet, cuiétisme, cuiétiste_, et non _coui_ ni _ki_.
=Quille=, s. f.—Dites _jouer aux quilles_ et non _aux guilles_.
=Quincaille, Quincaillerie, Quincaillier=:—on écrit aussi, mais moins souvent, _clincaille, clincaillerie, clincaillier_.
2. Le mot _quincaillerie_ ne s'emploie qu'au singulier: _marchand de quincaillerie_.—Prononcez _kincaille_, etc.
=Quine=, s. m., ne se dit pas pour désigner le jeu du _loto_: dites donc _jouer au loto_ et non _à la quine_.—_Quine_ se dit au loto de cinq numéros gagnant ensemble sur la même ligne horizontale ou de même couleur; _j'ai un quine_ (il est masculin).
=Quinine=, s. féminin (_de la quinine_), _quinquina_, s. m. (on dit aussi _quina_):—prononcez _kinine, kinkina, kina_.
=Quinquagénaire=, adj. et subst., qui est âgé de cinquante ans: prononcez _cuincouagénère_.
=Quinquagésime=, s. f., le _dimanche de la Quinquagésime_;—prononcez _cuincouagézime_ et non _kinkagézime_.
=Quinquennal, ale=, adj., qui dure cinq ans; le pluriel est _quinquennaux_:—prononcez _cuincuèn'nal_ et non _kinkèn'nal_.
=Quint=, adj., ne s'emploie guère que dans ces dénonciations, et pour signifier _cinquième_ de nom:—_Charles-Quint_, empereur; _Sixte-Quint_, pape.
=Quintousse.=—Ce mot n'est pas français; il faut le rendre par _coqueluche_: _cet enfant souffre beaucoup de la coqueluche_.
=Quintuple=, adj., cinq fois autant; _quintupler_:—prononcez _cuintuple, cuintupler_, et non _kintuple, kintupler_ ni _couintuple, couintupe, cointupèle_, etc.
=Quinze=, adj. num.—On dit _d'aujourd'hui, de demain, d'hier en quinze_ et non, _aujourd'hui, demain, hier en quinze_. (Acad.)
2. Ne dites pas: _cela est arrivé aujourd'hui, demain, hier en quinze_; dites _cela est arrivé il y a aujourd'hui, il y aura demain, il y a eu hier quinze jours_. (Fland.)—Voyez _huit_.—Prononcez _kin-ze_ et non _kince_.
=Quiproquo=, s. m., méprise, malentendu: _il a fait un quiproquo_. —L'Académie écrit au pluriel _des quiproquo_; nous ne voyons pas ce qui empêche décrire _des quiproquos_: le mot n'a plus la forme ni la prononciation latine, il est donc tout-à-fait français: voyez _malentendu_.—Prononcez _kiprokô_ (_ô_ long.)
=Quitte=, adj.; le pluriel est _quittes_: _nous sommes quittes_. —_Quitte_ signifie qui est délivré, débarrassé de quelque chose; il suit de là qu'on est _quitte_ de quelque chose de mauvais, de gênant, de fâcheux, comme d'une fièvre, d'un procès, etc.; mais on ne peut pas dire que l'on est quitte de quelque chose auquel on était attaché ou que l'on regardait comme un bien; ne dites donc pas, _il est quitte de sa bourse, de son chapeau, de sa place, de ses parents_, etc.; dites, _il a perdu, on lui a volé sa bourse, son chapeau_, etc.
2. Ne dites pas, _je suis quitte avec vous_, mais, _... envers vous_.
=Quitter=, v. a., dans le sens de _tenir quitte_, a pour régime direct le nom de la personne et pour régime indirect le nom de la chose: _donnez-moi la moitié de ce que vous me devez et je vous quitte du reste_ (et non _le reste_); _je vous quitte de tout ce que vous me devez_ (et non _tout ce que_); _je vous quitte des intérêts et du principal; je vous en quitte_. (Acad.)
2. Ne dites pas: _je connais un moyen de quitter les taches de graisse_; dites, _... d'enlever, d'ôter, d'effacer les taches de graisse_. (Fland.)
3. Ne dites pas: _c'est là que nous avions quitté, reprenons notre conversation_; dites, _c'est là que nous en étions restés..._ (Fland.)
4. Ne dites pas: _quittez la table, ôtez la table_, pour _desservir_.
5. On dit très-bien, _quitter son habit, sa robe, ses souliers_, etc., dans le sens d'ôter quelque chose de dessus soi, de s'en dépouiller, de s'en débarrasser. (Acad.)
=Quoi=, pron.—Ne dites pas: _je ne sais quoi faire, quoi dire, quoi répondre, quoi penser_, etc.; dites, _je ne sais que faire, que dire, que répondre, que penser_.
2. Ne dites pas _de quoi_ pour _quoi_: on vous fait une question que vous ne comprenez pas, et pour vous la faire répéter vous dites, _quoi?_ (et non _de quoi_), c'est-à-dire, que dites-vous, qu'avez-vous dit?
3. _Il a de quoi, ils ont de quoi_, locution triviale; dites, _il est riche, il a de l'argent, il est dans l'aisance_, etc.—Voyez _fortuné, moyen, moyenné_.
4. Ne dites pas, _à quoi monte le budget_; dites, _à combien..._
=Quoique=, conj.—_Quoique_, en un mot, veut dire _encore que_: _quoique vous ayez raison, je ne puis pourtant pas vous approuver entièrement_;—_quoi que_, en deux mots, veut dire _quelque chose que_; _quoi que vous fassiez, vous ne réussirez pas_.
2. Ne dites pas, _quoique ça_, mais _malgré ça_ et mieux _malgré cela_:—_malgré cela, je lui pardonne_.—Voyez _malgré_.
3. Ne dites pas, _quoiqu'il fait beau, je reste à la maison_, dites, _quoiqu'il fasse beau_... _Quoique_ gouverne toujours le subjonctif.
=Quote=, adj.:—il n'est usité que dans cette expression _quote-part_, qui ne s'emploie pas au pluriel: _il doit payer tant pour sa quote-part_.—Prononcez _kote-part_.
R
=Rr.=—Les deux _r_ se font entendre dans les mots qui commencent, 1º par _err_, comme _errer, erreur, erroné_ et autres dérivés; 2º par _irr_, comme _irraisonnable, irrasatiable, irrécusable, irrégulier, irréligion, irritabilité_, etc.; 3º par _horr_, comme _horreur, horrible, horripilation_ et aussi _abhorrer_.
2. Les deux _r_ se prononcent également, 1º dans les futurs et les conditionnels des verbes _mourir, acquérir, requérir, courir_, et les dérivés; 2º dans _aberration, concurrence, concurrent, corroder, corrosion, erratique, erre, errhin, errement, interrègne, inénarrable, myrrhis, narration, narrateur, narratif, narré, narrer, occurrence, terreur, terrible, torrent_ et le verbe _errer_ à l'infinitif et au participe.—Les deux _r_ se prononcent dans les noms propres _Burrhus, Pyrrha, Pyrrhon, Pirrhus, Verrès_, etc., et dans les mots dérivés _pyrrhique, pyrrhonien_, etc. (HENNEBERT.)
=Rabattu.=—Ne dites pas, _c'est du rabattu_ pour _c'est du rebattu, c'est du rebâché_.
=Raccroc=, s. m., coup imprévu du jeu: _il s'est sauvé par raccroc_: prononcez _racrô_ (_ô_ long).
=Raccuser.=—Ce mot n'est pas français pour signifier _redire par méchanceté, ce qu'on a vu ou entendu_; il faut dire _rapporter, rapporteur, dénoncer, dénonciateur_:—_c'est lui qui nous a rapportés; les enfants sont rapporteurs_.
=Rachever=, n'est pas français: dites _achever_.
=Raclée=, s. f., volée de coups: _recevoir une bonne raclée_; ce terme est populaire.
=Racoudre=, n'est pas français: dites _recoudre_:—_votre manche est décousue, faites-la recoudre_; s'il s'agit de raccommodage, dites _raccommoder_.
=Racquitter.=—Ce verbe est français: _il avait beaucoup perdu, mais j'ai pris son jeu et je l'ai racquitté; il avait perdu tout son argent, mais il s'est racquitté; essayez de vous racquitter; vous vous racquitterez une autre fois_.
=Radis=, s. m., légume:—l'_s_ ne se prononce pas.
=Rafistoler=, n'est pas français; dites _réparer, raccommoder, rarranger, retoucher_.
=Rafle=, s. f., terme de jeu, enlever tout sans rien laisser;—au jeu des dés, _rafle_ se dit quand les dés amènent chacun le même point: _j'ai fait rafle de quatre_.—Prononcez _ra-fle_ et non _rafe_ ni _rafèle_.
=Rafraîchir.=—Dans le sens de faire un repas, de boire un coup, etc.; il ne s'emploie que pronominalement: _nous sommes allés nous rafraîchir à tel hôtel_ (et non _rafraîchir_).
=Rahausse=, ce qui sert à hausser; dites _hausse_: _mettre une hausse à des souliers, à des bottes; mettre des hausses aux pieds d'une table, d'une armoire_.
=Raide=, _raidir, raideur, raidillon_:—on écrit aussi _roide, roidir, roideur, roidillon_.—En conversation, dit l'Académie, et quelquefois dans le discours soutenu, on prononce _rède, rèdir, rèdeur, rèdillon_. Il résulte de cette observation que l'on peut aussi prononcer _roide_ (_roade_), _roidir_ (_roadir_), _roideur, roidillon_, mais seulement dans le discours soutenu.
=Raie=, s. f.; voyez _ligne_.
=Raiguiser=, n'est pas français; il faut dire _aiguiser_ ou _aiguiser de nouveau_, selon le sens: _allez aiguiser votre couteau; faites-le aiguiser de nouveau_:—voyez _aiguiser_.
=Rail=, s. m. pl., _rails_, barre, barreau: _raille_.
=Raillerie= (_entendre_).—Voyez _entendre_.
=Rail-way=, s. m., chemin de fer: prononcez _rail-wai_.
=Raison=, s. f.—Ce mot ne s'emploie pas dans le sens de _querelle, différend, démêlé_;—ne dites donc pas: _j'ai eu des raisons avec lui_; dites, _j'ai eu une querelle, un différend avec lui_.—Mais on dit fort bien, _conter ses raisons à quelqu'un_, c'est-à-dire, l'instruire de ses affaires, de ses intérêts, lui explique les motifs de la conduite qu'on a tenue.
=Raisonnable=, adj.—Quelques personnes emploient à tort le mot _raisonnable_ pour _moyen_, et le crieur d'une petite ville du Hainaut terminait de la manière suivante l'annonce d'une vente de porcs: _il y en a des grands, des petits et des raisonnables_. (OMNIBUS MONTOIS.)
=Raja= ou =Rajah=, s. m., prince indou: prononcez _raja_.
=Rallargir=, mot wallon: dites _rélargir_: _il est obligé de faire rélargir tous ses habits_.
=Rallonge, Rallonger.=—Ces mots sont français: _mettre une rallonge à une robe, à une table; rallonger une jupe, une table_.—On dit aussi dans le même sens _allonge, allonger_.
=Ramonasse=, mot d'origine flamande qu'il faut rendre en français par les mots _rave, raifort_ ou _radis_, selon le sens.
=Ramponeau=, s. m., terme de cuisine; ce mot n'est pas français; dites _filtre à café_.
=Rance=, dans le sens de _crêpe_, est un mot wallon: _il a mis un crêpe à son chapeau_.
=Rancuneux, euse=, adj. qui garde rancune: ce mot n'est pas français: dites _rancunier, ière_.
=Ranger= (=se=), _de_, signifie se mettre de:—_se ranger à_, veut dire adopter: _se ranger du parti, du côté de quelqu'un_; _se ranger à l'avis_ (et non _de l'avis_) _de quelqu'un_.
=Râpe=, s. f., =Râper=, v. a.: l'_â_ est long comme dans _pâté_.
=Rapêcher=, retirer de l'eau: ce mot est wallon; dites _repêcher_: _il était tombé au fond de la rivière, on l'a repêché à demi-mort_.
=Raphaël=, n. pr.—Prononcez _Raphaèle_ et non _Rapha-yèle_.
=Rapiécer, Rapiéceter, Rapétasser.=—_Rapiécer_, c'est raccommoder en mettant une pièce ou des pièces;—_rapiéceter_, c'est remettre sans cesse de nouvelles pièces;—_rapétasser_, c'est raccommoder grossièrement de vieilles hardes.
=Rappeler= (=se=): on dit, _se rappeler quelque chose_ et non _de quelque chose_:—_je me le rappelle_ et non _je m'en rappelle_.—Il est toutefois d'usage de dire: _je me rappelle d'avoir vu, d'avoir fait, d'avoir écrit_. (Acad.), c'est-à-dire, je me rappelle _le fait_ d'avoir vu, d'avoir fait, etc.
2. _Rappeler_ (_en_), ne dites pas: _j'ai été condamné, mais je vais en rappeler_; dites, _je vais en appeler, je vais en appel, je vais interjeter appel_.
=Rapport=, s. m.—Ne dites pas: _il m'en veut à rapport de vous_, ou bien, _à rapport que je suis riche_; dites, _il m'en veut à cause de vous_, ou bien _parce que je suis riche_. (Wall.)
2. Ne dites pas, _il dit cela par rapport à vous_; dites, _il dit cela à cause de vous_, ou _à votre adresse_, selon le sens.
3. Ne dites pas: _je ne suis pas venu à l'école, à rapport que j'ai été malade_; dites, _parce que j'ai été malade_.
4. Ne dites pas: _sur le rapport de la conduite, je n'ai que de bons renseignements à donner de mon domestique_; dites, _sous le rapport..._
=Rapt=, s. m., enlèvement par violence; on prononce le _p_ et le _t_, (_rapte_).
=Rare=, adj.—Dites, _il est rare que je le fasse, que nous le fassions_ et non, _que je le fais, que nous le faisons_.
=Ras, ase=, adj., qui a le poil coupé jusqu'à la peau ou qui a le poil fort court, etc.—On dit _au ras de l'eau, à ras l'eau_, c'est-à-dire, presque au niveau de l'eau: _cette embarcation est à ras l'eau_:—on dit aussi _à rase terre_, c'est-à-dire, à fleur de terre, de niveau avec le sol environnant: _dans la cour est un puits dont la margelle est à rase terre_.
2. Ne dites pas, _mesurer à rase_; dites, _mesurer à rase mesure_.—Prononcez _raze_ au masculin comme au féminin.
=Rasibus=, prép., tout près: _la balle lui passa rasibus du front_.—Prononcez _rasibuce_.
=Rassercir= ou =Rassercer=.—Ce mot n'est pas français; dites _rentraire_, s'il s'agit de l'action de coudre ensemble deux morceaux d'étoffe sans que la couture paraisse;—dites _ravauder_, pour signifier, raccommoder de méchantes hardes à l'aiguille, sans pièces: _ravauder des bas, une veste; aiguille à ravauder_.
=Ratatouille=, s. f., ragoût grossier, composé ordinairement de viande et de légumes: _quelle ratatouille nous servez-vous donc là? ce traiteur ne donne que de la ratatouille_. (BESCHERELLE.)
=Râteau=, _Râteler, Râtelier_, etc.—Prononcez l'_â_ comme dans _pâté_: _un râteau à dents de fer; râteler des foins, des avoines, manger à plus d'un râtelier_.
=Rattaquer.=—Ne dites pas: _il a rattaqué à Bruxelles_; dites, _il a appelé..., il a interjeté appel à Bruxelles_.
=Rattendre=, n'est pas français; dites donc, _attendez-moi, attendez un peu_ et non _rattendez-moi; rattendez un peu_.
2. Ne dites pas, _on a rattendu un homme dans le bois_; dites, _on a attaqué..._
=Rature, Effaçure=, s. f.—_Les ratures_ consistent en quelques traits de plume qu'on passe sur ce qu'on écrit;—les _effaçures_ se font à l'aide d'un grattoir; _un écrit plein de ratures, chargé de ratures; l'effaçure n'empêche pas qu'on ne lise encore quelque chose de ce qui était écrit_.—De même le verbe _raturer_ a une toute autre signification que les verbes _gratter, effacer, ôter_: _il est difficile d'avoir un style pur sans raturer_ (biffer, bâtonner) _beaucoup_.
=Rauque, Enroué.=—_Rauque_ ne se dit que de la voix et jamais des personnes;—_enroué_ se dit également de la voix et des personnes, mais il n'exprime qu'un effet passager, inaccoutumé: _une voix rauque_; _cet homme a une voix forte, mais le son en est rauque_; _un homme enroué_ (et non _rauque_); _avoir la voix enrouée, parler enroué_.
2. Prononcez _roque_ (_o_ bref).
=Ravauderie=, s. f., ne signifie pas _vieillerie, gueuserie, bagatelle_: _on ne vend là que de la vieillerie; il ne se meuble que de vieilleries_.—_Ravauderie_ veut dire, bavardage, discours, plein de niaiseries, de bagatelles: _il ne dit que des ravauderies; quelle ravauderie venez-vous nous conter_.
=Ravoir.=—Ce verbe ne s'emploie qu'à l'infinitif; dans les autres temps, il faut se servir de l'un des mots: _payer, se rétablir, avoir de nouveau, reposséder, regagner, retenir, récupérer, recouvrer, rattraper_:—_vous le payerez_ (et non _je vous raurai_); _cette personne commence à se rétablir_ (et non _à se ravoir_); _si je puis retenir mes papiers, je ne les lui donnerai plus;—je voudrais bien retenir l'argent que je lui ai prêté;—il voudrait bien retenir ce qu'il a dit;—je n'ai jamais pu récupérer mes déboursés dans cette affaire;—il a recouvré sa bourse;—il cherche à recouvrer son bien;—allez toujours devant, je vous aurai bientôt rattrapé;—il a si bien fait qu'il a rattrapé la montre qu'on lui avait volée; on ne m'y rattrapera plus;—bien fin qui m'y rattrapera_.
=Rawette=, s. f., mot wallon qui se rend selon le sens par: _et le reste, surcroît, cadeau_ ou une autre expression équivalente:—_son emploi lui vaut par an mille francs et le reste_ (la locution _haïe au bout_ a vieilli); _après ma journée j'ai dû faire une course d'une lieue par surcroît; je vais vous acheter cette pièce d'étoffe, mais vous me donnerez ce foulard en cadeau, vous me ferez cadeau de ce foulard, vous me donnerez quelque chose en sus du marché_.—Voyez _dringuelle_.
=Rayé.=—En parlant d'étoffes, on dit un dessin _rayé_ et non un dessin _à lignes_.
=Re.=—Particule qui entre dans la composition d'un grand nombre de mots, et qui sert à indiquer un sens _contraire_, comme dans _repousser, rejeter, renvoyer_, etc.;—ou bien un sens _itératif_ (de nouveau) comme dans _redire, refaire_;—ou un sens _augmentatif_ comme dans _relâcher_, rendre plus lâche.
=Rébarbatif, ive=, adj., rude, repoussant: _cet homme a toujours une humeur rébarbative_.—_Rébarbaratif_ n'est pas français.
=Rebelle=, adj. et s. =Rebeller= (=se=): prononcez _re_ et non _ré_ ni _rè_.—Prononcez et écrivez, au contraire, _rébellion_ et non _rebellion_.
=Rebiffade=, s. f., mauvais accueil, refus avec mépris et paroles.—_Rebuffade_ n'est pas français.
=Rebiffer=, v. a. et n., regimber, ne pas vouloir, refuser;—_se rebiffer_, est très-usité parmi le peuple, mais il ne figure pas dans les dictionnaires. (BESCHERELLE).
=Rebours=, s. m., sens contraire.—_A rebours, au rebours_, loc. adv. et prép., en sens contraire: il _prend tout à rebours, au rebours de ce qu'on lui dit_.—On ne prononce pas l'_s_.—_A la rebours_ n'est pas français.
=Rébus=, s. m., sorte de jeu d'esprit, allusion, équivoque: prononcez _rébuce_.
=Rébutoire= (=vice=).—Ce mot n'est pas français; dites _vice, cas rédhibitoire_: _la pousse, la morve et la courbature sont des cas rédhibitoires pour la vente d'un cheval_.—Prononcez _rédibitoire_.
=Récépissé=, s. m., (au plur. _récépissés_), écrit par lequel on reconnaît avoir reçu des papiers, des pièces, etc.: ne dites pas _récipissé_.
=Recette=, s. f., se dit de la composition de certains remèdes ou médicaments ou bien d'un écrit enseignant la manière de faire cette composition; mais quand il s'agit de la prescription d'un médecin destinée au pharmacien, on se sert du mot ordonnance: _portez cette ordonnance au pharmacien_.
=Rechanger= (=se=), signifie, _changer de linge_: _vous êtes mouillé, rechangez-vous_.—Mais il n'est pas français dans le sens de se remplacer, se relever, faire quelque chose à tour de rôle, alternativement: _cette besogne est très-fatiguante, mais nous pourrons la faire à tour de rôle_.
=Rèche=, adj., ce mot est français: rude au toucher:—_cette étoffe est rèche, il a la peau rèche_;—aigre, rude au goût: _pomme rèche, poire rèche_.
2. _Rétif_, difficile à vivre: _je lui trouve l'esprit un peu rèche_.
=Réchigner=, est un verbe _neutre_ qui signifie, témoigner par l'air de son visage la mauvaise humeur où l'on est, le chagrin, la répugnance qu'on éprouve: _qu'avez-vous à réchigner? il réchigne toujours; il fait les choses de mauvaise grâce et en réchignant; c'est un homme qui réchigne à tout_.—Mais il ne faut pas employer ce verbe _activement_ ni _pronominalement_: _il s'est fait réchigner, il s'est réchigné_; dites, _il s'est fait rabrouer, rembarrer; il réchigne_.
=Réciproquer=, v. a., rendre la pareille, est familier et ne se dit que par plaisanterie. (BESCHERELLE).
=Récit=, _réciter, récitation_, etc.; écrivez et prononcez _ré_ et non _re_.
=Réclame=, s. f., annonce pour recommander un ouvrage, tel ou tel genre d'industrie, de spéculation, etc.—N'employez pas ce mot dans le sens de réclamation: _j'ai adressé une réclamation_ (et non _une réclame_) _au bourgmestre_.