Part 30
=Prétendûment=, adv.—Ce mot est hors d'usage; il faut le remplacer par le participe _prétendu, due_ ou _soi-disant_: _on a vérifié la pièce prétendue fausse_ et non _prétendûment fausse_; _un tel, soi-disant docteur_.
=Prétendre.=—_Prétendre la première place_, c'est l'exiger comme un droit; et _prétendre à la première place_, c'est y aspirer, c'est travailler à l'obtenir.
=Prêter, Emprunter.=—Il ne faut pas confondre ces deux mots:—_prêter_, c'est _donner_ quelque chose à quelqu'un, lequel s'engage à vous le rendre: _j'ai prêté de l'argent à mon frère pour le mettre à même de payer ses dettes_;—_emprunter_, au contraire, c'est _recevoir_ quelque chose de quelqu'un en s'engageant à le lui rendre: _j'ai emprunté de l'argent à mon frère pour payer mes dettes_;—en un mot, celui qui prête, _donne_ et celui qui emprunte, _reçoit_.—Il en est de même des substantifs _prêt_ et _emprunt_.—Plusieurs wallons emploient abusivement _prêter_ pour _emprunter_.
=Prétexte=, s. m., raison apparente dont on se sert pour cacher le vrai motif: prononcez _préteks-te_ (en faisant sentir l'_x_ et le _t_ final) et non _prétekse_ ni _prétèke_.
=Prêtre=, s. m.;—le féminin correspondant _prêtresse_ n'est usité qu'en parlant du culte des faux dieux:—prononcez _prê-tre_ et non _prê-te_ ni _prê-tère_.
=Preuve=, s. f., ce qui établit la vérité: prononcez _preu-ve_ (_eu_ bref) et non _preu-fe_ ni _preû-ve_.
=Prévenir=, v. a., instruire, avertir quelqu'un d'une chose par avance;—on peut dire, _prévenir quelqu'un d'une chose_ ou bien _prévenir quelqu'une qu'une chose est, a été_ ou _sera_: _il m'a fait prévenir de son arrivée; je vous préviens que vous aurez demain une visite qui vous surprendra_. (Acad.) Voyez _informer_.
2. _Prévenir d'avance_, est un pléonasme vicieux: _il m'a fait prévenir de son arrivée_ et non _il m'a fait prévenir d'avance_.
=Prévisant=, mot wallon, qui regarde de trop près à quelque chose; qui est trop exact, trop ménager;—traduisez-le par _regardant_: _il ne faut pas être si regardant, trop regardant; vous êtes trop regardant_.
=Prévoir=, v. a., se conjugue comme voir, excepté au futur et au conditionnel, où il fait, _je prévoirai, tu prévoiras_, etc., _je prévoirais, tu prévoirais_, etc.
2. _Prévoir d'avance_, est un pléonasme vicieux, car _prévoir_ signifie par lui-même, _voir d'avance_.
=Prévôt=, _prévôtal, prévôtalement_: l'_o_ est bref dans ces trois mots.
=Prie-Dieu=, s. m., sorte de pupitre devant lequel on s'agenouille pour faire ses prières; au pluriel des _prie-Dieu_.—Ne dites pas _prié-Dieu_ et prononcez _prî-Dieu_ (_î_ long) et non _pri-ïe-Dieu_.
=Prier=, v. n.: prononcez _pri-er_ et non _pri-ier_.
2. Ne dites pas: _je vous prie le bon jour, le bon soir_; dites, _je vous souhaite le bon jour, le bon soir_.
3. On dit, _prier quelqu'un d'une chose_ ou _de faire quelque chose_. (Acad.)
=Prière=, s. f.—On dit _un livre de prières_ et non _un livre à prières_. (Acad.)—Voyez _livre_.
=Prieur=, s. m., dignité ecclésiastique; l'_i_ est long ainsi que dans _prieure, prieuré_.
=Primatie=, s. f., dignité du primat: prononcez _primacie_; —_primatial_, prononcez _primacial_.
=Primeur=, s. f., se dit au _singulier_ de la première saison des fruits et des légumes: _les fraises, les pois sont chers dans la primeur, dans leur primeur_.—Il se dit aussi en parlant du vin: _certains vins sont bons dans la primeur_, c'est-à-dire, sont bons à boire aussitôt après la vendange.—_Primeurs_, au pluriel, se dit des fruits et des légumes précoces: _on a servi des primeurs_.
=Priser=, v. n., prendre du tabac,—_priseur_, qui prend du tabac, sont des mots français.
=Prix=, s. m.—Ne dites pas: _ce marchand vend à des prix civils_; dites, _à des prix modiques_ ou _à juste prix_.
2. _Au prix de, auprès de, près de._—_Auprès de_ et _au prix de_ s'emploient pour marquer la différence qu'il y a entre deux objets comparés: _la terre n'est qu'un point auprès du reste de l'univers; qu'est-ce que cette vie au prix de l'éternité!_—_Au prix de_ doit être préféré, quand il s'agit de la valeur de deux objets: _qu'est-ce que la science au prix de la vertu? ce service n'est rien au prix de celui qu'il m'avait rendu_. (Acad.)—_Près de_ ne s'emploie plus pour _auprès de, au prix de_: le vers suivant a donc cessé d'être correct: _pour vous régler sur eux, que sont-ils près de vous?_ (Rac.)—Aujourd'hui on dirait: _que sont-ils auprès_ ou _au prix de vous_.
=Prochain, aine=, adj.—Ne dites pas: _j'irai vous voir lundi qui vient, la semaine qui vient_, etc.; dites, _lundi prochain, la semaine prochaine_. (Wall.)
2. =Prochain=, s. m., chaque homme en particulier et tous les hommes en général: _il faut aimer son prochain comme soi-même_.—Il ne s'emploie pas au pluriel.
=Proche=, voisin, est adjectif, adverbe et substantif: _les maisons proches de la rivière sont sujettes aux inondations_; _les maisons qui sont proche_ (près) _de la rivière_; _je demeure ici proche_ (près).
2. _Proche_, précédé du verbe _être_ est adjectif ou préposition: _ces maisons sont proches_ ou _proche de la ville_; mais précédé d'un autre verbe, il est toujours préposition: _les maisons que l'on construit proche de la ville_.
3. _Proches_, au pluriel, est substantif et signifie les parents: _c'est un de mes proches_;—voyez _parent_.
4. _Proche, contigu_.—Deux objets sont _contigus_, lorsqu'ils se touchent immédiatement, lorsqu'il y a entre eux un contact véritable: _ces deux maisons sont contiguës_, c'est-à-dire qu'elles se touchent et ne sont séparées par quoi que ce soit.—Au contraire, ces deux maisons peuvent être proches l'une de l'autre, quoique étant séparées par une ou plusieurs maisons, jardin, place, etc.
=Procurer=, v. a.—Ne dites pas, _il s'est procuré d'une chambre, d'un domestique_; dites, _il s'est procuré une chambre, un domestique_. (Fland.)
=Professeur=, s. m., n'a pas de correspondant féminin; on dit _maîtresse_: _maîtresse de musique, de dessin, d'anglais_.
=Profession=: voyez _métier_.
=Proficiat=, n'est guère usité que dans cette locution: _souhaiter à quelqu'un un bon proficiat_, c'est-à-dire, lui souhaiter une bonne réussite;—il s'emploie quelquefois seul et signifie alors, _je vous fais compliment, je vous félicite_:—_votre devoir est très-bien fait, proficiat!_—Prononcez _proficiate_ et non _proféciate_.
=Profil=, s. m., trait d'un objet vu de côté: prononcez _profile_ (_l_ non mouillée).
=Profit=, s. m., petit instrument de métal qui sert à brûler les chandelles jusqu'au bout; ce mot n'est pas français; il faut dire _binet_ ou _brûle-tout_.
=Profiter=, est un verbe neutre; ne dites donc pas, _je n'ai rien profité_, mais, _je n'ai profité de rien_. (Fland.)
2. Ne dites pas, _j'ai profité cent francs dans cette soirée_; dites, _j'ai gagné cent francs..._ (Fland.)
3. Ne dites pas, _je profite beaucoup de lui_; dites, _avec lui_ ou _dans sa fréquentation_. (Fland.)
=Profondis= (=de=):—voyez _de profundis_.
=Prolongation, Prolongement.=—_Prolongation_ signifie _le temps_ qu'on ajoute à la durée fixe de quelque chose: _prolongation de congé, de terme_.—_Prolongement_ veut dire l'extension, la continuation de quelque portion _d'étendue, d'espace_: _prolongement d'un mur, d'un chemin_. Voyez _proroger_.
=Promener=, v. n.—Ne dites pas: _je vais promener, coucher, baigner_, etc.; dites, _je vais me promener, me coucher, me baigner_.
2. Cependant on peut dire, en sous-entendant _se_, _je l'ai envoyé promener_. (Acad.)—Prononcez _promener_ (_e_ muet) et non _promèner_.
=Promenoir, Promenade.=—La _promenade_ est l'action de se promener;—le _promenoir_ est le lieu où l'on se promène.—Prononcez _promenade, promenoir_ (_e_ muet) et non _promènade, promènoir_.
=Promettre=, v. a.—Ne dites pas, _je vous promets que j'y suis allé_; dites, _je vous assure_ ou _je vous certifie que..._—Voyez _compter_.
=Prompt=, _prompte, promptement, promptitude_:—on ne prononce pas le second _p_ dans ces mots: _pront, pronte, prontement, prontitude_. (Acad.)
=Prône=, s. masculin, instruction pendant la messe paroissiale: faites l'_ô_ long ainsi que dans _prôner_.
=Prononciation.=—Pour arriver à se former une bonne prononciation, il importe, entre autres choses, aux wallons comme aux flamands, de donner à chaque lettre son véritable son ou sa juste valeur. Nous nous contenterons ici de dire un mot des lettres _douces_ et des lettres _fortes_: on pourra s'en faire une idée exacte par le tableau suivant.
=Douces.= =Fortes.=
b—bombe p—pompe c—ronce q, ke—rauque d—ronde t—conte g—bague q—barque g—fromage ch—vache j—il a jeté (j'té) ch—acheter (ache'ter) v—grive f—griffe z—douze c—pouce s—blouse s (dure)—mousse
L'important, avons-nous dit, est de conserver à chaque lettre sa valeur naturelle, et de ne pas faire des douces des fortes et réciproquement: que deviendra le mot _grive_, par exemple, si vous prononcez _griffe_? il deviendra tout à fait méconnaissable. Or, les wallons et les flamands, en ceci, pèchent précisément par les défauts contraires: les wallons tendent à faire fortes toutes les douces, tandis que les flamands sont exposés à adoucir toutes les fortes: ainsi _une grive_ chez un wallon deviendra _une griffe_; et chez un flamand _une griffe_ deviendra _une grive_.—Dans la liaison des mots c'est une faute commune aux flamands d'adoucir les fortes: _mon père est allé_ (est d'allé) _à Verviers; donc il n'ira pas chez vous_ (donc gu'il n'ira pas) etc.
2. _Prononciation d'un jugement_:—Cette expression est vicieuse;—il faut dire _prononcé_: _le prononcé du jugement aura lieu samedi prochain_.
=Pronostic=, s. m., conjecture, jugement sur ce qui doit arriver: _ce médecin fait ordinairement des pronostics fort justes_:—On écrivait anciennement _prognostic_.—Prononcez _prognostique_.
=Proportionné=, _proportionnément, proportionnel, proportionnellement_. —Ces deux derniers sont des termes de mathématiques et ne se disent qu'en parlant des quantités, des grandeurs, des nombres: _quantités proportionnelles; échelle proportionnelle; réduire proportionnellement un grand dessin à un petit;—la récompense fut proportionnée au service_; _il n'a pas été récompensé proportionnément_ (et non _proportionnellement_) _à son mérite_.—_Ti_ se prononce comme _ci_ dans ces mots et dans _proportionné, proportion, proportionalité_.
=Propre=, adj.—Il a un sens différent selon qu'il est placé devant ou après le substantif: _mon propre habit_ indique l'habit qui m'appartient; il n'est pas question ici de propreté mais de _propriété_.—_Mon habit propre_, indique l'état de _propreté_ de celui-ci.—_Les propres termes d'une lettre_ sont les mêmes mots, sans y rien changer, rapportés fidèlement;—_des termes propres_ sont des termes qui expriment nettement la pensée, et conformément aux règles de la langue.
2. Lorsque _propre_ signifie, _bien net, bien lavé, bien nettoyé_, etc., il se met après son substantif: _apportez-moi une assiette propre; voici un verre propre, vous avez des mains propres_.—Lorsqu'il signifie, _qui appartient en propre, dont on est possesseur_, il se place ordinairement devant le substantif: _vous avez mes propres gants; il a été blessé par son propre cheval_.
3. Ne dites pas, _vous êtes si propre avec cette robe_; dites, _vous êtes si bien avec cette robe_. (Wall.)
4. Ne dites pas, _c'est du propre que vous avez fait là_; dites, _c'est une belle affaire, une jolie équipée, un beau tour, une belle besogne_, selon le sens.
5. Ne dites pas, _c'est du propre_ pour _cela est mal_, ni _je suis propre_ pour signifier, que vous avez reçu un malencontre.—Prononcez _pro-pre_ et non _pro-pe_ ni _pro-père_.
=Prorata= (=au=), à proportion, à raison de: _au prorata de sa fortune_;—ne dites pas _à prorata_.
=Proroger, Prolonger= (_prorogation, prolongation_).—_Proroger_, v. a., c'est prolonger le temps qui avait été pris, qui avait été donné pour quelque chose: _on a prorogé le délai qu'on lui avait accordé_; dans cette acception, il a à peu près le même sens que _prolonger_.—_Proroger_, en terme de législation politique, signifie suspendre les séances des Chambres par un acte de l'autorité royale, et en remettre la continuation à un certain jour: _le roi a prorogé les Chambres jusqu'au premier mars_.
2. _Prolonger_, v. a., veut dire, faire durer plus longtemps, rendre de plus longue durée: _prolonger la guerre, prolonger sa vie_.—Voyez _prolongation, prolongement_.
=Prose=, s. f., discours non assujetti à la mesure, tout ce qui n'est pas vers: prononcez _prô-ze_ (_ô_ long) et non _pro-ze_ ni _prô-ce_.
=Prospectus=, s. m., programme qui annonce d'avance le sujet, le prix, le format d'un livre ou le but, les conditions d'un établissement nouveau: prononcez _pros'pektuce_.
=Proue=, s. f., partie de l'avant du vaisseau, par opposition à la _poupe_: prononcez _proû_ (_oû_ long) et non _prou-we_.
=Prouesse=, s. f., action de valeur: prononcez _prou-esse_ et non _prou-wesse_.
=Prune, Pruneau.=—_Prune_ se dit du fruit frais du prunier;—_pruneau_ se dit de la prune séchée au four: _une compote aux pruneaux_.
=Prusse=, _prussien, Russie, russe_:—l'_u_ est bref dans ces mots; c'est donc une faute de prononcer _Prû-ce, prû-cien, Rû-cie, rû-ce_.
=Psaume=, (et non _pseaume_), _psautier, psalmiste_: prononcez le _p_ et non _saume, sautier, salmiste_.
=Pseudonyme=, s. m., qui a un faux nom: ouvrage _pseudonyme_; _le pseudonyme de cet ouvrage est M. Pierre_.—Prononcez le _p_.
=Psychologie=, s. f., traité philosophique de l'âme; _psychologique, psychologiste_:—prononcez le _p_ et le _ch_ a le son de _k_.
=Puer=, s'emploie ordinairement sans régime: _cette viande pue_;—mais il s'emploie quelquefois avec un régime: _cette chambre pue le musc_, et non _après le musc_, comme on dit en flamand.—Prononcez _pu-er, il pû, nous pu-ons_, etc., et non _pu-wer, il pu-we, nous pu-wons_.
=Puîné=, _puînée_, adj., qui est né depuis un de ses frères ou une de ses sœurs: _c'est mon frère puîné_;—on l'emploie aussi substantivement comme synonyme de _cadet_: _c'est mon puîné_.—Cependant, dans la conversation, l'on se sert plus ordinairement du nom de _cadet_. (Acad.)
=Puis=, adv., signifie ensuite.—Ne dites donc pas: _il va dîner, puis ensuite il se rendra chez vous_; c'est comme si vous disiez _ensuite ensuite il se rendra chez vous_.—Prononcez _puis_ (_ui_ diphth.) et non _pou-is_; prononcez de même _puits, puisard, puissant, puissance, puîné, puisque_, etc.
=Puissant=, adj.—Ce mot ne signifie ni _gros_ ni _gras_; ainsi ne dites pas _un homme puissant, une femme puissante_ pour désigner _un homme gros_ ou _gras, corpulent_, etc.
=Punch= (et non _épunch_), s. m., sorte de liqueur: prononcez _ponche_ et non _punche_.
=Purésie=: voyez _pleurésie_.
=Purgatoire=, s. m.: ne dites pas _purcatoire_.
=Purge=, s. f., est peu usité; employez de préférence _purgatif, purgation, médecine_: _prendre un purgatif, une purgation, une médecine_.
=Pusillanime=, adj., lâche; _pusillanimité_, s. f., manque de courage:—on prononce les deux _ll_ sans les mouiller et l'_s_ a le son de _z_.
Q
=Q.=—On prononce _ku_ suivant l'appellation ancienne et usuelle, et _ke_, suivant l'appellation moderne.—_Q_ ne s'écrit jamais sans être suivi d'un _u_, si ce n'est dans quelques mots où il est final, _coq, cinq_. Les deux lettres _qu_ se prononcent comme s'il n'y avait qu'un simple _k_, excepté dans les mots que nous indiquerons ci-après.
=Qua=, se prononce comme _coua_ dans les mots suivants: _quadragénaire, quadragésimal, quadragésime, quadrangulaire, quadratrice, quadrifide, quadriflore, quadrilobé, quadrivalve, quadrige, quadrilatère, quadrinome, quadrumane, quadrupède, quadruple, quadrupler_, _quaker_ ou _quacre_, _quanquam_ (_m_ finale), _quartidi, quartile, in-quarto, quaternaire, quatuor, quartz, quartzeux_.
2. _Qua_, se prononce comme _ka_ dans les mots suivants: _quadran_ (ou _cadran_), _quadrat, quadratin, quadrature_, _quadre_ (ou _cadre_), _quadrille, quai, qualité_, _quanquan_ (ou _cancan_), _quand, quant, quantité, quart, quarteron, quasi, quaterne, quatrain, quatre, quatre-vingt, quatrième, quarante_.
=Quadran=, s. m., horloge solaire: prononcez _cadran_; on écrit plus souvent _cadran_.
=Quadrature=, s. f., en terme de géométrie et d'astronomie, prononcez _coua_;—en terme d'horlogerie, prononcez _ka_. (Acad.)
=Quadre=, s. m., bordure de bois, etc., autour d'un tableau: prononcez, _cadre_ et non _cate_ ni _cadère_.—On écrit plus communément _cadre_.
=Quadrille=, s., jeu, danse à quatre; ce mot est ordinairement _masculin_, dit l'Académie, _danser un quadrille_: prononcez _kadrille_, en mouillant les _ll_.—Il est _féminin_, lorsqu'il signifie une troupe de chevaliers du même parti dans un carrousel: _la première quadrille était magnifiquement vêtue_.
=Quaker= ou =Quacre=, s. m., secte religieuse en Angleterre et aux États-Unis;—on prononce _coa-cre_;—le féminin est _quakeresse_.
=Quand, Quant.=—_Quand_, adv., signifie lorsque, dans le temps que, dans quel temps: _quand Dieu créa le monde en six jours; j'irai vous trouver, mais je ne puis vous dire quand_.—Il est aussi conjonction, et alors il signifie, encore que, quoique, alors même que: _quand je le voudrais, je ne le pourrais pas_; en ce sens, il veut le verbe suivant au conditionnel.—Devant une voyelle le _d_ de _quand_ se prononce comme _t_: _quand il voudra_.—Prononcez _can_ et non _kan-te_ devant une consonne: _quand même_.
2. _Quant_, adv., est toujours suivi de la préposition _à_, et signifie _à l'égard de, pour ce qui est de_: _quant à lui, il fera ce qu'il voudra; quant à ce qui est de moi_;—_quant à_, suivi de _moi_ ou de _soi_, se prend aussi substantivement: _tenir son quant-à-moi, son quant-à-soi; se tenir sur son quant-à-moi, sur son quant-à-soi_, prendre un air réservé et fier, ne répondre qu'avec circonspection.—On dit également _se mettre sur son quant-à-moi, sur son quant-à-soi_, faire le suffisant, le hautain.
3. Ne dites pas, _quant au reste_ pour _au reste_. (Wall.)
4. Ne dites pas, _j'y serai quand vous_; dites, _en même temps que vous, aussitôt que vous_.
5. Ne dites pas, _quand je suis guéri, j'irai vous voir_; dites, _quand je serai guéri..._ (Fland.)
6. _Quant_, ne doit pas s'employer pour _quantième_: _quel quantième_ (et non _le quant_ ni _le combien_, ni _le quantième_) _du mois avons-nous_? _il a reçu des nouvelles toutes fraîches, mais je ne sais pas de quel quantième elles sont_; _de quel quantième_ (et non _du quant_ ni _du combien_, ni _du quantième_) _vous a-t-il écrit_? _montre à quantièmes_.—Voyez _combien_.
=Quanquam=, s. m. (on prononce _couan'couame_), harangue latine que prononçait un écolier à l'ouverture de certaines thèses de philosophie ou de théologie.
=Quanquan=, s. m., terme corrompu du latin _quanquam_:—on prononce et l'on écrit ordinairement _cancan_; il se dit populairement, surtout au pluriel, des bavardages dans lesquels il entre de la médisance: _ces bruits ne sont que des cancans_;—il signifie aussi faire beaucoup de bruit d'une chose qui n'en vaut pas la peine: _faire des cancans, de grands cancans_.
=Quantes=, adj. f. pl., n'est usité que dans ces locutions familières: _toutes et quantes fois que_ ou _toutes fois et quantes que_:—_je vous prêterai des livres toutes et quantes fois que vous voudrez; je vous accompagnerai chez lui toutes fois et quantes qu'il vous plaira_:—il a vieilli. (Acad.)
=Quantième=: ne dites pas _quantrième_;—voyez _quant_ et _combien_.
=Quarré=, _quarrément, se quarrer, quarrure_:—on écrit ordinairement _carré, carrément, se carrer, carrure_.
=Quart.=—Ne dites pas: _il est le quart avant quatre heures, il est le quart pour quatre heures_; dites, il est _trois heures trois quarts_ ou _il est quatre heures moins un quart_. (Acad.)
2. Ne dites pas non plus: _il est le quart après deux heures_; dites, _il est deux heures et un quart_ ou _il est deux heures un quart_ (mais non _deux heures et quart_). (Acad.)
=Quarteron=, s. m., quatre onces, quart d'un cent, prononcez mais n'écrivez pas _cartron_.
=Quartier=, s. m.—Rien de plus commun que de voir affiché: _quartier à louer_; il faut dire _appartement à louer_; _chambre_ ou _chambres à louer_, car une maison ne se divise pas en _quartiers_, mais en _appartements_.
2. On dit très-bien _les quartiers d'une ville_.
3. _Quartier_ se dit aussi de ce qui se paie de trois mois en trois mois pour les loyers, pensions, rentes, gages, etc.: _il doit deux quartiers de son loyer_; _le prix de la pension se paie par quartiers_ (trimestres).
4. Ne dites pas: _les soldats sont rentrés au quartier_; dites, _... à la caserne_.
=Quarto= (=in=), un ouvrage _in-quarto_, prononcez _ain-couarto_.—Voyez _in-douze_.
=Quasiment.=—Ce mot n'est plus en usage; dites, _presque, quasi_:—_il est presque minuit; il n'arrive quasi jamais à temps_.
=Quasimodo=, s. f., le dimanche après Pâques; on prononce _kasimodo_ et _couasimodo_.
=Quatre=, adj. num.—_Entre quatre yeux_, en tête à tête: _je lui dirai cela entre quatre yeux_. Selon l'Académie, on prononce, _ordinairement_, par euphonie, _entre quatre-z-yeux_;—quoi qu'il en soit, la prononciation _entre quatre yeux_ nous paraît préférable.—Voyez _œil_.
2. _Se mettre en quatre_, c'est s'employer de tout son pouvoir pour rendre service: _c'est un homme qui se met en quatre pour ses amis_. (Acad.)
3. _Comme quatre_, veut dire beaucoup, excessivement: _il crie, il fait du bruit comme quatre; il mange, il boit comme quatre; un œuf gros comme quatre; il a de l'esprit comme quatre_. (Acad.)—Prononcez _qua-tre_ et non _quate_ ni _qua-tere_.
=Quatre-vingts.=—On écrit _quatre-vingts hommes_, et _quatre-vingt-un, quatre-vingt-deux_, etc., _hommes_;—Voyez _cent_.
=Quatrième=, adj. num.: on prononce _katrième_ (_î_ long) et non _katri-aim-me_.
=Que=, se prononce comme _ke_ dans _que, quenouille, querelle, quereller, quel, quelque, quelqu'un, quérir, question, queue_.—Il se prononce comme _cue_ (et non _coue_) dans _quérimonie, questeur, questure_.
2. Ne dites pas: _j'ai plus que trente ans_; dites, _j'ai plus de trente ans_.
3. Ne dites pas, _vous avez mis l'habit que vous êtes si bien avec_; dites, _avec lequel vous êtes si bien_.
4. Ne dites pas: _c'est la fenêtre qu'il y a des carreaux cassés_; dites, _où il y a..., dans laquelle il y a..._
5. Ne dites pas: _de la manière qu'il agit, de la manière qu'il parle; donnez-lui ce qu'il a besoin_;—_que_, pronom relatif est toujours régime direct, et ne peut par conséquent s'employer qu'avec des verbes actifs; dites donc: _de la manière dont il agit, de la manière dont il parle; donnez-lui ce dont il a besoin_.
6. Ne dites pas: _je vais vous dire qu'est-ce que c'est_; dites, _ce que c'est_.
7. Ne dites pas, _qu'est-ce qui vous a parlé_; dites, _qui est-ce qui vous a parlé?_
8. Ne dites pas, _qu'est-ce qui vous appelle_, mais _qui est-ce qui vous appelle_.
9. Ne dites pas: _que veut-on dire, la chose est ainsi_; dites, _qu'y faire la chose est ainsi_. (Fland.)
10. Ne dites pas: _que vous n'ayez pas été trompé, est étrange_: dites, _que..., cela est étrange_.
11. Ne dites pas: _la plume que vous écrivez, que vous écrivez si bien avec_; dites, _la plume avec laquelle vous écrivez..._: on n'écrit pas une plume, mais, avec une plume. (Wall.)
12. Ne dites pas: _quel beau temps qu'il fait; quel beau discours qu'il a prononcé_; dites, _quel beau temps il fait, quel beau discours il a prononcé_. (Wall.)
13. Ne dites pas: _il fait tant de sottises; il arrange si mal ses affaires que ce n'est pas pour dire_; dites, _qu'on ne saurait l'exprimer, qu'on ne peut s'en faire une idée_, ou bien prenez une autre tournure, mais, _ce n'est pas pour dire_, n'est pas supportable.
=Quelque, Quelqu'un, Quelquefois=:—prononcez toujours l'_l_ et non _quéque, quéqu'un, quéquefois_; prononcez également _quèlque, quèlqu'un, quèlquefois_ et non _quélque, quélqu'un, quélquefois_.