Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc.

Part 27

Chapter 273,317 wordsPublic domain

=Partibus= (=in=).—Il se dit de celui qui a un titre d'évêché dans un pays occupé par les infidèles: _Frayssinous, évêque d'Hermopolis, était un évêque in partibus_.—Prononcez _ine partibuce_.

=Participer à, Participer de.=—_Participer à_ veut dire, _prendre part à une chose_: _un associé dans une affaire participe aux profits et aux pertes_. On le prend aussi dans le sens de _s'intéresser_: _je participe à votre douleur_.—_Participer de_ signifie, _tenir de la nature de quelque chose_: _le mulet participe de l'âne et le cheval_.

=Particule.=—La particule _de_ qui accompagne les noms patronymiques des familles nobles, s'écrit avec un petit _d_: _de Montalembert, de Chateaubriand, d'Aremberg, d'Oultremont_.—Elle s'écrit avec un grand _D_ lorsque ces noms ne sont pas nobles, alors même qu'on la sépare du nom.

=Particulièrement=, adv., signifie _singulièrement, spécialement, en détail_, mais non, _séparément, en particulier_;—ne dites donc pas: _je désire vous parler particulièrement_; dites, _en particulier, séparément_.

=Partisan=, s. m., celui qui est attaché à un parti, à une opinion, à une personne: _les partisans de la république, les partisans du libre-échange_, etc.—L'Académie ne reconnaît pas à ce mot de correspondant féminin; le féminin _partisanne_, employé par quelques auteurs, n'a pas été adopté généralement.

=Partner=, s. m., l'associé avec qui l'on joue: _vous êtes mon partner_.—L'Académie préfère l'orthographe suivante, _partenaire_.

2. Ne dites pas _compagnon_ pour _partenaire_.

=Pas vrai?=—Cette interrogation est souvent employée dans la conversation pour dire, _n'est-il pas vrai?_—nous croyons qu'on ne peut pas la tolérer.—Voyez _point_.

2. Ne dites pas: _il ne peut souffrir personne, pas encore ses amis_; dites, _pas même ses amis_.

=Pascal, ale= (et non _paschal_), adj.—Le pluriel masculin _pascaux_ n'est pas usité; plusieurs bons lexicographes disent des cierges _pascals_;—quand à nous, nous pensons que _pascals_ choque l'oreille et qu'on ne peut pas l'employer.

=Pasquée=, (ou _pasquille_) s. f.—Nom que les liégeois donnent à une chanson burlesque, comique ou satyrique;—ce mot n'est pas français; rendez-le par _chanson, chansonnette_ ou _couplets burlesques, satiriques, comiques_, et non par, _pasquinade_, qui signifie tout autre chose, etc.—_Faire une pasquée sur_ ou _contre quelqu'un_, c'est _le chansonner_.

=Passager, ère=, adj.—Ne dites pas _une rue passagère, un chemin passager_, pour signifier une rue où il passe beaucoup de monde ou un chemin par lequel on a le droit de passer; dites _rue passante, chemin passant_:—_la rue Féronstrée est une des rues les plus passantes de Liége_.

=Passe=, s. m. (mot wall.), aliment formé de son, de pommes de terre, de farine, etc., que l'on donne au bétail pour l'engraisser; dites _pâtée, soupe, ratatouille_.

=Passement de temps=, loc. wall.:—dites _perte de temps_ ou _passe temps_, selon le sens: _la musique est un passe temps_; _toutes ces pertes de temps sont nuisibles à vos études_.

=Passer=, v. n., demande _avoir_ ou _être_, selon que le sens permet de répondre à l'une ou à l'autre de ces questions: _qu'a-t-il fait?_—ou bien _où est-il? qu'est-il devenu_:—_il a passé à Liége l'année dernière_ (qu'a-t-il fait?);—_il est passé en Amérique depuis tel temps_ (où est-il, qu'est-il devenu)?

2. Le participe passé s'emploie comme préposition dans le sens d'_après_ et alors il est invariable: _passé dix heures vous ne me trouverez plus_.

3. On dit _prêter serment_ et non _passer serment_: _il fut admis à prêter serment_.

4. Ne dites pas: _la semaine passée, le mois passé, l'an passé_; dites, _la semaine dernière, le mois dernier, l'an dernier_.

5. On dit _repasser du linge_ et non _passer du linge_.

6. On dit _donner, engager sa parole_, et non _passer sa parole_.

7. Ne dites pas: _y avait-il beaucoup d'invités?—oui, passé les quarante_;—dites, _plus de quarante_.

=Passoire=, s. f., ustensile percé de petits trous pour passer le jus des légumes ou des fruits écrasés:—_une passoire_ et non _un passoir_ ni _une passerette_.

=Pasteur=, s. m., titre des ministres protestants;—il ne s'emploie pas dans le langage ordinaire comme synonyme de _curé catholique_; mais dans le style relevé (oratoire, poétique), c'est une expression reçue: _c'est un vieux pasteur qui n'est connu que sous le nom de curé_. (CHATEAUB.)

=Patarafe=: voyez _parafe_.

=Patard=, s. m., petite monnaie ancienne; il ne s'emploie plus que dans ces phrases familières: _je n'en donnerais pas un patard; cela ne vaut pas un patard; il n'a pas un patard_. (Acad.)—Le mot wallon _patard_ se rend par sou: _ce cahier coûte cinq sous_.

=Patatras=, figure pour exprimer le bruit que fait un corps qui tombe avec fracas: _il pose le pied maladroitement, et, patatras, le voilà par terre_.

=Pâté=, s. m., =Pâtée=, s. f.—Un _pâté_ est une sorte de pâtisserie;—une _pâtée_ est une sorte de pâte pour engraisser les dindons, une sorte de soupe pour nourrir les chiens, les chats, etc.—Prononcez _pâté_ (_â_ long);—prononcez de même _pâte, pâtée, pâtisserie, pâture, pâturage, pâturon_.

=Patenôtre=, s. f. (et non _patenote, patenosse_), l'oraison dominicale ou le _Pater noster_;—on comprend aussi sous ce nom l'_Avé_ et les autres premières prières qu'on apprend aux enfants: _cet enfant sait sa patenôtre_ (il est populaire).—Il se dit aussi de toute sorte d'autres prières chrétiennes: _avez-vous achevé vos patenôtres?_ il est familier et ne se dit qu'en plaisantant.

2. _Patenôtres_, au pluriel, se dit populairement des grains d'un chapelet, et d'un chapelet tout entier.—Prononcez _pâtenôtre_ (_ô_ long) et non _pâtenote, patenotère_.

=Pater= (prière chrétienne), est masculin et invariable: _dire cinq Pater et cinq Avé_.

2. _Pater_ et _Avé_ s'écrivent avec une majuscule. (Acad.) Prononcez _pâtère_ (_â_ long).

=Patère=, s. f., ornement en cuivre ou en tout autre métal qui supporte les rideaux d'une croisée; dites _une patère_ et non _un patère_.

=Pathos=, s. m., élévation de style affectée, boursoufflure: _c'est du pathos_.—Prononcez _patôce_.

=Patience=, s'emploie quelquefois absolument et en manière d'adverbe: _si on lui laissait quelque chose, patience, mais on lui ôte tout;—eh bien, patience_.

=Pâtir=, v. n., souffrir;—on pâtit _de_ et non _à_ quelque chose: _il a fait la faute et j'en pâtis_ (et non _j'y pâtis_).—Prononcez _pâtir_ (_â_ long).

=Pâtis=, s. m., terrain vague, friche où l'on met paître les bestiaux;—_pâture, pâturer, pâturage_;—dans ces mots l'_â_ est long;—l'_s_ de pâtis ne se prononce point.

=Patois=, s. m., langage du peuple et des paysans, particulier à chaque province; _chaque province a son patois; patois namurois, montois, liégeois_.

=Patraque=, s. f., machine usée ou mal faite et de peu de valeur; personne faible et débile: _cette montre n'est qu'une patraque, une vieille patraque; votre voiture est une patraque_;—_je ne suis plus qu'une vieille patraque_. Ces expressions, quoique françaises, sont triviales.—Ne dites pas _patracle_.

=Patres= (=ad=), expression latine qui s'emploie dans ces phrases familières: _aller ad patres_, mourir;—_envoyer ad patres_, faire mourir.—Prononcez _ad'patrèsse_.

=Patron, Patronne=, _Patronage_ (une _n_) _patronner_ (deux _n_), _patronal_ (une _n_), _patronnesse_ (deux _n_):—une _patronnesse_, dame qui dirige une fête ou une œuvre de charité: _une dame patronnesse_.—Voyez la lettre _n_ pour les cas où l'_n_ se redouble.

=Pâture=, s. f.—N'employez pas ce mot dans le sens de _fourrage_: _donner du fourrage au bétail_ (et non _de la pâture_).

=Pause=, s. f., cessation, intervalle: _faire une pause_: prononcez _pôze_ (_ô_ long) et non _pôce_.

=Pauvre=, adj. et subst.; le substantif _pauvre_ a pour féminin correspondant _pauvresse_ (femme pauvre qui mendie).—Dans le sens ordinaire, l'adjectif _pauvre_ se met devant ou après le substantif: _un pauvre homme, une pauvre femme, un pauvre artisan_ (Acad.); ou bien, _un homme pauvre, une femme pauvre, un artisan pauvre_.—Dans le sens de chétif, mauvais dans son genre, il se place ordinairement devant le substantif: _il a fait un pauvre discours; c'est un pauvre esprit, un pauvre poète; un pauvre musicien_. (Acad.)—Devant les substantifs exprimant une idée de profession, d'attribution, il se prend toujours dans ce dernier sens, c'est-à-dire, en mauvaise part:—_un pauvre peintre_, c'est un mauvais peintre;—_un peintre pauvre_, c'est un peintre sans fortune.—Prononcez _pau-vre_ et non _paufe, pauvère_.

2. Ne dites pas: _cela est pauvre, c'est pauvre_; dites, _cela est misérable, c'est pitoyable_, ou bien, _disgracieux, triste, déplorable_, selon le sens. (Fland.)

=Pauvret, ette=, adj., diminutif de pauvre; terme de commisération, d'affection: _le pauvret, la pauvrette ne sait où aller_; il est familier. (Acad.)

=Pauvreté=, s. f., ne s'emploie au pluriel que dans le sens de choses sans valeur, basses, viles: _c'est un diseur de pauvretés; ce livre est rempli de pauvretés_.

=Pauvreteux=, n'est pas français; dites _chétif, pauvre, souffreteux, malheureux_.

=Pavage=, s. m., ouvrage fait avec des pavés: _un pavage bien fait; pavage de grès, de pierre dure, de lave_;—il se dit aussi du travail du paveur et des matériaux fournis par lui: _j'ai payé tant pour le pavage de ma cour; un mémoire de pavage_.

=Pavé=, s. m. morceau de grès, de pierre dure, de marbre, etc., dont on se sert pour paver;—assemblage de pavés qui couvrent une aire, une surface;—il se dit particulièrement en parlant d'un chemin, d'une rue, etc.: _ne quittez pas le pavé; entretenir le pavé_.—Le mot _pavée_ n'est pas français.

=Pavement=, s. m., se dit de l'action de paver et des matériaux qu'on emploie pour cet effet: _il a coûté tant pour le pavement de cette cour_.—Il se dit plus particulièrement des ouvrages de luxe et de goût qui forment les pavages intérieurs: _le pavement en mosaïque d'une église; le pavement des édifices grecs et romains étaient souvent de marbre de couleur_. (Acad.) Prononcez _pavement_ et non _pafement_.

=Paver=, v. a., couvrir le terrain, le sol d'un chemin, d'une rue, d'une cour, d'une écurie, d'une salle, etc., avec du grès, de la pierre dure, du caillou, du marbre, de la brique, etc.—(Acad.)

2. Il suit de là qu'on ne peut pas dire, _mettre un pavé en planches_; on doit dire, _mettre un plancher ou planchéier_;—on ne peut pas dire non plus _un pavé en planches_; dites un _plancher_.—Voyez _parquet_ et _plancher_.

3. Ne dites pas non plus: _paver en carreaux_; dites _carreler_.

=Payant.=—Ne dites pas, _un mauvais payant_, mais, _un mauvais payeur, une mauvaise paye_.

=Paye=, s. f., solde des gens de guerre, celui qui paie; prononcez l'_y_: _pai-ïe_;—l'Académie n'admet pas l'orthographe _paie_ qui pourtant est reçue par plusieurs bons grammairiens.

2. _Paye_, s. f., débiteur; ce mot est français: _c'est une bonne paye, une mauvaise paye; d'une mauvaise paye on tire ce qu'on peut_. (Acad.)

=Payement=, s. m.: voyez _paiement_.

=Payeur=, s. m., celui qui paie; le féminin correspondant est _payeuse_.

=Pays=, s. m., région, contrée;—il s'emploie aussi populairement dans le sens de _compatriote_, et dans cette acception, on dit au féminin _une payse_: _c'est mon pays, c'est un de mes pays; bonjour, pays; elle est allée avec une de ses payses_.—Ce mot, dit l'Académie, est populaire.—Prononcez _péi_.

2. Dites, _du vin du pays_ et non _du vin de pays_: voyez _cru_.

=Paysage, Paysan, anne=; prononcez _pé-izaje, péizan, péizane_ (et non _péizan-ne_).

=Peau=, s. f.—Ne dites pas: _il est noir de peau, de cheveux_, etc.; dites, _il a la peau noire, les cheveux noirs_.

=Peccable, impeccable=, adj., capable ou incapable de pécher; —_peccadille_, s. f., faute légère; _peccante_, adj. f., terme de médecine, qui pèche, _humeur peccante_;—_peccata_, s. m., se dit d'un âne dans les combats publics d'animaux; _peccavi_, s. m., contrition, repentir, _un bon peccavi_:—on prononce les deux _c_ dans tous ces mots.

=Pécher=, v. n., commettre un péché: prononcez _pécher_ (_é_ aigu);—_pêcher_, v. a., prendre du poisson et _pêcher_, s. m., arbre qui produit la pêche: prononcez _pêcher_ (_ê_ ouvert).—Il en est de même de _péché, pécheur_ et _pêcheur, pêche_.

=Pécule=, s. m., =Pécune=, s. f.—Le premier se dit du produit des épargnes d'une personne qui ne travaille pas pour son compte: _il avait amassé un pécule_.—_Pécune_ est un vieux mot qui signifie argent comptant: _disette de pécune_.

=Pécunier, ière=, adj., qui regarde l'argent, qui y a rapport; ce mot n'est pas français;—dites, _pécuniaire_: _peine pécuniaire, intérêt pécuniaire_.—Prononcez _pécu-niaire_ et non _pécu-gniaire_.—Voyez _ni_.

=Pédale=, s. f., gros tuyau d'orgue qu'on fait jouer avec le pied: _la pédale_ et non _le pédale_.

=Peindre=, v. a., =Peinturer= v. a.—Le premier signifie, représenter les objets par les couleurs;—le second, peindre d'une seule couleur: _peinturer une maison, un treillis_:—_peinturer_ étant peu usité (Acad.), on peut le remplacer par _peindre_.

=Peine=, s. f.—On lui a ordonné cela _sur peine, sous peine_ ou _à peine de la vie_:—de ces trois façons de parler, _sous peine_ est la plus usitée et la meilleure; (Acad.)—_sur peine_ nous paraît peu correct.

2. _Avoir de la peine, avoir peine_, devant un infinitif, demandent la préposition _à_: _il aura beaucoup de peine à_ (et non _de_) _gagner son procès; avoir de la peine à_ (et non _de_) _marcher; j'ai peine à_ (et non _de_) _voir clair dans tout ceci_.

3. Ne dites pas: _ce n'est pas les peines_ ou _cela ne vaut pas les peines de vous déranger pour si peu_; dites, _ce n'est pas la peine, cela ne vaut pas la peine de..._

4. Ne dites pas: _donnez-vous la peine de vous asseoir_; dites, _veuillez vous asseoir, je vous prie de vous asseoir_.—Prononcez _pène_ (_è_ bref) et non _pain-ne_.

=Peineux, euse=, adj., veut dire qui a de la peine, qui est triste; mais il ne signifie nullement, dans le sens wallon, _capot, confus, interdit, penaud, interdit, décontenancé_.—_Semaine peineuse_, la semaine sainte. (BESCHERELLE).

=Pelard= (_bois_), chêne dont on a ôté l'écorce pour faire du tan (_pelwai_ en wall.)

=Peler=, v. a. et n., ôter le poil, la peau; il ne double point l'_l_: _ce velours se pèle_.—Prononcez _peler_ (_e_ muet) et non _pèler_.—Voyez _éplucher_.

=Pèlerin, ine=, s.; _pèlerinage, pèlerine_, s. f. (vêtement de femme):—écrivez et prononcez ces mots avec un accent _grave_ et non un accent _aigu_ (Acad.)—Ne dites pas non plus _pèlèrin, pèlèrinage, pèlèrine_, ni _pélérin, pélérinage, pélérin_, mais _pèlerin, pèlerinage, pèlerine_ (le second _e_ est muet).

=Pelle=, s. f., ustensile de cuisine pour frire, fricasser; ce mot n'est pas français; dites _poêle_ et prononcez _poale_.—Une _pelle_ (prononcez _pèle_) est un instrument de fer ou de bois, large et plat à long manche: _pelle de four, pelle à feu, pelle de jardin_.

=Pellicule=, s. f. peau très-mince, _il se forme une pellicule_ (ou mieux _peau_) _sur le lait bouilli, sur l'encre_; _il y a dans un œuf deux pellicules, celle qui tapisse intérieurement la coque, et celle qui enveloppe le jaune_.—On prononce les deux _ll_.

=Pelure=, s. f., peau, enveloppe de certains fruits, de certaines légumes: _pelure de pomme, de poire; du vin couleur de pelure d'oignon_.—Ne dites pas _pelate, pelote_.—Voyez _éplucher, écaler_.

=Pénal, ale=, adj., qui assujettit a des peines; il n'a point de pluriel masculin; quelques grammairiens pourtant disent _des codes pénals_.

=Pénates=, adj. et subst.:—_les dieux pénates_ ou les _pénates_, demeure, habitation;—ce mot est masculin et ne s'emploie qu'au pluriel: _je reverrai mes pénates chéris_.

=Pendant que, Tandis que.=—_Pendant que_ marque simplement la simultanéité de deux événements, de deux choses: _pendant que vous étiez en Espagne, j'étais en Italie_.—_Tandis que_ marque non pas précisément la simultanéité de deux événements et de deux choses, mais une opposition, soit entre les temps que cette conjonction indique et un autre temps exprimé ou sous-entendu, soit entre deux actions qui se font simultanément: _vous faites fort bien tandis que vous êtes jeune de travailler à vous instruire, quand vous serez vieux il ne sera plus temps_; _tandis que vous vous divertissez, je me consume dans le chagrin_.

=Pendre=, v. a.—Ne dites pas: _il était pendu après son père_; dites, _il était pendu au cou de son père_, ou, selon le sens, _il s'accrochait à son père_.

=Pendule=, s., est _masculin_, lorsqu'il signifie le poids suspendu qui, lorsqu'il est mis en mouvement, fait des oscillations régulières;—il est _féminin_, lorsqu'il désigne une petite horloge de salon: _la pendule est arrêtée_.

=Pêne=, s. m.—C'est le morceau de fer qui sort de la serrure et s'engage dans un crampon, (_gâche_) pour fermer une porte; _le pêne de cette serrure est usé_.—Voyez _cliche_.

=Pensée=, s. f., opération de l'intelligence: _une pensée généreuse_: prononcez _pensée_ (_é_ long) et non _pensé-ïe_.—Voyez _ée, ie, ue, oue_.

=Penser=, v. n.—Ne dites pas: _j'ai d'autres choses à penser_; dites, _j'ai à penser à bien d'autres choses_.

2. Ne dites pas: _il n'a que lui à penser_; dites, _il n'a à penser qu'à lui_.

=Pensum=, s. m., au pluriel _pensums_, surcroît de travail qu'on exige d'un écolier pour le punir: _on lui a donné pour pensum dix verbes à faire; il a eu trois pensums cette semaine_.—Prononcez _pinsome_.

=Pentacorde=, s. m., lyre à cinq cordes;—_pentagone_, adj. et s. m., à cinq angles;—_pentamètre_, adj. et s. m., vers latin de cinq pieds;—_pentandrie_, s. f., classe de plantes;—_pentapole_, s. f., contrée qui a cinq villes principales;—_pentateuque_, s. m., nom collectif des cinq premiers livres de la Bible:—_Pent_ se prononce _pènt_ dans tous ces mots. (Acad.)

=Pentecôte=, s. f., fête chrétienne; prononcez _pant'côte_ (_ô_ long).

=Pépie=, s. f., petite peau blanche qui vient au bout de la langue des oiseaux et les empêche de boire; ne dites pas _pépi, pipie_.

=Pepin=, s. m., semence qui se trouve au centre de certains fruits: _un pepin de pomme, de raisin, de groseille_: écrivez et prononcez _pepin_ (_e_ muet) et non _pépin_ (Acad.);—plusieurs lexicographes écrivent néanmoins _pépin_.—Le nom propre _Pépin_ s'écrit ordinairement avec un accent aigu.

=Pépinière= (et non _pepinière_), s. f., plant de petits arbres: _planter une pépinière_.—Prononcez _pépi-nière_ et non _pépi-gnière_.—Voyez _ni_.

=Pequet=, s. m. (mot wall.), rameau de verdure qu'on attache à une maison pour annoncer qu'on y vend des boissons; en français, on dit _bouchon_: _un bouchon de cabaret_;—ce mot se dit quelquefois pour le cabaret lui-même: _il n'y a dans ce village qu'un mauvais bouchon_. (Acad.)

=Percale=, s. f.—Ne prononcez pas _percaille_, mais _percale_ et écrivez _percale, percaline_;—on écrit aussi, mais moins bien, _perkale, perkaline_.

=Perce-neige=, petite plante à fleurs blanches qui fleurit en hiver;—ce mot est féminin: _une perce-neige, des perce-neige_. —Prononcez _perce-neige_ et non _perce-neiche_.

=Percepteur, Précepteur.=—Un _percepteur_ est celui qui est chargé de recouvrer (de _percevoir_) les impôts, les deniers, les revenus; il n'a pas de correspondant féminin.—Un _précepteur_ est celui qui est chargé de l'instruction et de l'éducation d'un enfant, d'un jeune homme; ce mot n'a pas de correspondant féminin; il peut cependant se rapporter à un substantif féminin: _les femmes sont les vrais précepteurs du bon ton et du bon goût_.

=Percer=, v. a.—Ne dites pas: _voilà une pipe bien percée_; dites, _bien culottée_.

=Percha= (_gutta_): voyez _gutta-percha_.

=Perclus=, adj., impotent, qui a perdu l'usage d'une partie de ses membres: _il est perclus de tous ses membres; cette femme est percluse d'un bras_.—Le féminin est _percluse_ et non _perclue_.

=Perderai=, _perderais_, barb.; écrivez et prononcez _perdrai, perdrais_.

=Perdreau=, s. m., jeune perdrix de l'année;—_une perdrix_ (féminin) est une gallinacée qui a plus d'une année.

=Père=, s. m., _frère_, etc.: prononcez _père, frère, prière_, (_è_ ouvert) et non _pére, frére, priére_.

=Perfection=, s. f.—Ne dites pas: _il travaille à la perfection; il joue du piano à la perfection_; dites, _en perfection_.

=Péril=, s. m., risque, danger: L'_l_ est mouillée ainsi que dans _périlleux, périlleusement_.

=Période=, est masculin et féminin: il est _féminin_, lorsqu'il signifie une révolution qui se renouvelle régulièrement;—un circuit d'un nombre d'années déterminé;—une phrase composée de plusieurs membres.—Il est _masculin_, lorsqu'il se dit du plus haut point où une chose, une personne puisse arriver, est arrivé: _Napoléon est arrivé au plus haut période de la grandeur; cet homme est au dernier période de la vie_.—Il se dit aussi d'un espace de temps indéterminé: _un long période de temps; dans un court période_. (Acad.)—Prononcez _période_ et non _périote_.

=Péripétie=, s. f., dénouement du drame: prononcez _péripécie_.

=Périr=, v. neutre.—Dans les temps composés, il prend l'auxiliaire _avoir_ (Ac.); cependant quelques écrivains l'ont conjugué avec _être_: _tous ceux qui étaient sur ce navire sont péris_.—L'Académie ne se sert que de l'auxiliaire _avoir_.

2. _Périr_ étant un verbe neutre, ne dites pas: _ce sont les mauvaises fréquentations qui ont péri ce jeune homme_; dites, _ce sont... qui ont perdu..._ (Wall.)

=Persan, ane, Perse.=—_Perse_ se dit des habitants de l'ancienne Perse;—les habitants de la Perse moderne s'appellent _Persans_, ce qui n'empêche pas qu'on ne donne aussi la qualification de _Persan_ aux anciens Perses.

=Persécuter=, _persécution, persécuteur, persévérer, persévérance, persistance, persister_:—dans tous ces mots, l'_s_ étant précédée d'une consonne, se prononce dure, comme dans _si, son, sa, ses_.

=Persil=, s. m., plante potagère: prononcez _perci_ et non _percile_.

=Personne=, s. f.—Ne dites pas: _n'y a-t-il personne d'autre à la maison? personne d'autre que..._; dites, _n'y a-t-il pas d'autre personne? personne autre que..._ Voyez _rien d'autre_.

2. Ce mot est féminin, quand il désigne un individu déterminé et peut être remplacé par _homme, femme_: _deux personnes différentes me l'ont assuré; une personne, deux personnes; je ne connais aucune personne aussi heureuse que cette femme_.

3. Il est masculin, quand il est pris d'une manière indéterminée: _personne oserait-il le nier? je ne connais personne d'aussi heureux que cette femme_.

=Perspective=, s. f., t. de peint.: écrivez et prononcez _perspective_ et non _perspectife, perpective_.

=Persuader=, _persuasion_: prononcez l'_s_ dure puisqu'elle est précédée d'une consonne: _perçuader_, (l'_a_ est bref) _perçuasion_ et non _perzuader, perzuasion_.

=Perte=, s. f.—Ne dites pas: _j'ai fait de grandes dépenses à pure perte_, mais, _en pure perte_.

=Peser=, _pesant, pesanteur, peseur, peson_:—prononcez _pezer, pezant, pezanteur_, etc. (_e_ muet), et non _pèzer, pèzant, pèzanteur_.

=Pétale=, s., chacune des pièces qui composent la corolle d'une fleur; ce mot est masculin: _un pétale blanc_.

=Pétaud= ou =Petaud=, s. m.—Ce mot n'est usité que dans cette locution: _c'est la cour du roi Pétaud_, c'est-à-dire, un lieu de confusion, de désordre où personne ne s'entend.

=Pétaudière= ou =Petaudière=, s. f., lieu où chacun veut être maître, où il n'y a que désordre et confusion: _cette classe est une vraie pétaudière_.

=Péter=, v. n., se dit figurément de certaines choses qui font un bruit subit et éclatant: _le bois de chêne pète dans le feu; le laurier et le sel, jetés dans le feu, pètent; cette boite, cette fusée, ce fusil, ce pistolet_ etc., _pètent bien; cette bouteille de vin mousseux a bien pété; une corde de son violon, de sa harpe vient de péter; ce vin fait péter les bouteilles_. (Acad.)