Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc.

Part 25

Chapter 253,293 wordsPublic domain

=Neuvaine=, s. f., prière pendant neuf jours: ne dites pas _neuvaime_.—Prononcez _neuvène_ et non _neuvain-ne_.

=Neveu=, fait au féminin _nièce_ et non _neveuse_ ni _niége_.

=Ni=, adv.—Ne dites pas: _et moi non plus_; dites, _ni moi non plus_.

2. =Ni.=—Il faut éviter de prononcer _ni_ dans le corps d'un mot comme _gni_: vous direz donc _ma-nière, la-nière, pa-nier, opi-nion, cordon-nier, doua-nier, jardi-nier, commu-nier, commu-nion, ma-niaque, nous don-nions, vous pardon-niez_, etc., et non, _ma-gnière, la-gnière, pa-gnier, opi-gnion, cordon-gnier, doua-gnier, jardi-gnier, commu-gnier, commu-gnion, ma-gniaque, nous don-gnions, vous pardon-gniez_.

=Niais, aise=, adj., sot, simple: prononcez _ni-è_ et non _ni-ïè_.

=Nichet=, s. m., œuf que l'on met dans un nid préparé pour la ponte des poules; ne dites pas _niau_.

=Nier=, v. a.—Ne dites pas: _je me suis fait nier_, pour signifier que vous avez recommandé de dire que vous étiez sorti; dites avec l'Académie, _je me suis fait céler_.—Prononcez _ni-er_ et non _ni-ier_.

=Nieule, Nule=, sont des barbarismes; dites _pain à cacheter_.

=Nigaude, aude=, adj., sot et niais; ne dites pas _nigot_: prononcez _nigô_ (_ô_ long).

=Nitouche= (=sainte=), s. f., personne qui affecte des airs d'innocence, de simplicité, de dévotion: _c'est une sainte-nitouche_;—ne dites pas _sainte-mitouche_.

=Noble épine=, s. f., arbrisseau épineux; il faut dire _aubépine_.

=Noce=, s. f.—Lorsque ce mot signifie _mariage_, il ne se dit qu'au pluriel: _il épousa une telle en premières noces, le jour de ses noces_.—Lorsqu'il désigne le festin, les réjouissances qui accompagnent le mariage, il se dit aussi bien au singulier qu'au pluriel: _une noce de village; repas de noce, habits de noces; j'ai été aujourd'hui à la noce, il n'a pas voulu faire de noces_.—Lorsqu'il signifie toute l'assemblée, toute la compagnie qui se trouve à la noce, il ne s'emploie qu'au singulier: _après le dîner, toute la noce s'est dispersée_.

2. Écrivez noce sans accent circonflexe et prononcez _noce_ (_o_ bref) et non _nôce_.

=Noël=, s. m., fête de la Nativité de N. S. J.-C.;—quoique ce mot soit masculin, on peut dire _à la noël_ en sous-entendant le mot fête; on dit également _à Noël_.

2. _Un Noël_ est un cantique spirituel en l'honneur de la Nativité de N. S. J.-C.

3. Prononcez _noël_ (_oë_ diphth.) et non _no-èle_ ni _no-iêle, noéle_.

=Nœud=, s. m.—Le _d_ ne se prononce pas, même devant une voyelle: _un nœud indissoluble_.

=Noir, e=, adj.—Ne dites pas: _il est noir de teint, de peau_; dites, _il a le teint noir, ... la peau noire_.

2. Ne dites pas _du café noir_; dites _du café à l'eau_, comme on dit _café au lait, café à la crème_.

=Noix, Noisettes.=—Ne dites pas: _ces noix, ces noisettes ont d'excellents noyaux_, pour désigner la graine bonne à manger contenue dans l'écale; dites _amande_:—_ces noisettes ont de petites amandes; ces noix ont les amandes fort dures_ (et non _les noyaux_).—Voyez _noyau_.

=Nombre= (=noms de=).—Quand on écrit un nombre en toutes lettres, on met un ou plusieurs traits d'union entre les adjectifs qui le composent, depuis _dix-sept_ jusqu'à _quatre-vingt-dix-neuf_, excepté entre les adjectifs _vingt, trente, quarante, cinquante, soixante_, et l'adjectif _un_, qui s'unissent au moyen de la conjonction _et_: ainsi on écrit: _vingt et un ans_, _vingt-deux, vingt-trois_, etc., _trente et un, trente-deux, quarante et un, quarante-deux_, etc., et ainsi de suite jusqu'à _quatre-vingts, quatre-vingt-un, quatre-vingt-deux_, etc.—Mais au-delà de _quatre-vingt-dix-neuf_, on n'emploie ni conjonction ni trait d'union; on dit et on écrit: _cent un, cent deux, cent dix-sept, cent vingt et un, trois cent soixante-dix_, etc.—Cependant au lieu de _soixante-dix, soixante-onze_, etc., on dit aussi, et c'est mieux pour l'euphonie, _soixante et dix, soixante et onze_, jusqu'à _soixante et dix-neuf_. (Acad.)

=Nonante, Octante, Septante.=—Ces mots ont vieilli; _octante_ même n'est plus du tout en usage.—On les remplace par _quatre-vingt-dix, quatre-vingts, soixante-dix_.—Cependant en arithmétique, on peut encore faire faire usage de _nonante_ et de _septante_.

=Non fait=, est un barbarisme; cependant on dit très-bien _si fait_ dans la conversation familière: _je crois qu'il n'y a pas été.—Si fait, il y a été_.

=Non-pair, non-paire=, adj.—On dit plutôt _impair_: _un nombre impair_.

=Non pas=, est une négation renforcée, équivalant à _non, non_; mais il ne peut pas s'employer pour _n'est-ce pas_.

2. _J'ai reçu une lettre non affranchie_;—ne prononcez pas _non n'affranchie_, mais _non affranchie_.

=Nord=, s. m.—Le _d_ ne se prononce pas; il ne sonne pas non plus dans _nord-ouest, nord-est_ (_nor-oueste, nor-este_).

=Nos, Vos=, adj. poss.: prononcez _nô, vô_ (_ô_ long) et non _no, vo_ (_o_ bref).

=Nota=, s. m., mot latin qui signifie _remarquez, faites attention_; on dit aussi _nota bene_ (_notabéné_).

=Notariel=, adj.—Ne dites pas _un acte notariel_; dites _un acte notarié_:—_notariel_ n'est pas français.

=Notion=, s. f., connaissance: prononcez _nôcion_.

=Notre, votre=, adj. poss., =le nôtre, le vôtre=, pron. poss.—On les distingue dans la prononciation: ainsi _notre papier, votre plume_ se prononcent _notre, votre_, (_o_ bref), tandis que dans _le nôtre, le vôtre, les nôtres, les vôtres_, _ô_ est long:—prononcez _no-tre, vo-tre_, etc., et non _note, vote_ ni _notère, votère_, etc.

=Nourri.=—Ne dites pas: _vous êtes un mal nourri_; dites, _... un mal élevé_.

=Nous=, pron. pers.—Il est quelquefois employé dans le sens de _je_ ou _moi_: ainsi dans les ordonnances le roi dit: _nous ordonnons_;—les évêques, les personnes qui ont quelque autorité et les auteurs, lorsqu'ils parlent d'eux-mêmes, se servent également de cette forme: _nous mandons, nous déclarons, nous certifions, nous livrons au public le fruit de longues veilles_.—Dans tous ces cas, les adjectifs, les participes dépendant de _nous_, se mettent au singulier et non au pluriel; _nous avons été critiqué injustement; nous serons juste envers nos adversaires; nous nous sommes décidé à prendre cette mesure_, etc.

2. Il en est de même du pronom _vous_ employé pour _tu, toi_.

3. Ne dites pas: _c'est nous qui ont, c'est nous qui sont_, etc.; dites, _c'est nous qui avons, c'est nous qui sommes_.

4. _Nous autres, vous autres_: voyez _autre_.

=Nouveau, Nouvel, elle=, adj.—_Un habit nouveau_, est un habit à la mode nouvelle; _un nouvel habit_, est un habit nouvellement fait ou nouvellement porté.—_Un habit neuf_ est un habit qui vient d'être fait.

2. L'adjectif _nouveau_, placé devant le substantif, éveille l'idée de certains objets analogues à ceux que va désigner le substantif; il exprime un rapport d'ordre, de succession, de nombre.—Placé après le substantif, il équivaut à _récent_, ou spécifie une chose inconnue jusque-là dans son genre.—On va chercher dans une bibliothèque de _nouveaux_ livres; on reçoit d'un auteur un livre _nouveau_.—_Une nouvelle faute_, c'est une dernière faute ajoutée à des fautes antérieures;—_une faute nouvelle_, c'est une faute dans un genre nouveau.

3. Un _nouveau vin_ est un vin mis nouvellement en perce; un _vin nouveau_ est un vin de l'année.

=Noyau=, s. m., partie dure et ligneuse d'un fruit, abricot, cerise, etc., qui contient une _amande_;—_l'amande_, est la graine contenue dans _le noyau_; on mange _l'amande_ et non _le noyau_ de la noisette, de l'aveline, etc.—Les wallons disent souvent _noyau_ pour _amande_.—_Pierre, pierrette, pirette_, dans le sens de _noyau_, ne sont pas français.—Prononcez _noi-ieau_ et non _no-ieau, noi-au_.—Voyez _noix_.

=Nu, nue=, adj.—Il est invariable, lorsqu'il précède le substantif: _nu-tête, nu-jambes, nu-pieds_.—Cependant en terme de jurisprudence, on dit _la nue propriété_, c'est-à-dire, la propriété du fonds dont un autre a l'usufruit.—_Nu_, placé après le substantif, prend le genre et le nombre du nom: _la tête nue, les pieds nus_.

=Nuit=, s. f., _nuitée, nuitamment, nuire, nuisible_;—_ui_ forme une diphthongue, laquelle ne compte dans les vers que pour une syllabe;—prononcez donc _nuit, nuire_, etc., et non _nouit, nouire_ ni _nu-it, nu-ire_.—V. _ui_.

2. Ne dites pas: _il était dix heures à la nuit ou de la nuit_; dites, _il était dix heures du soir_.

3. Ne dites pas: _j'ai rêvé, je me suis éveillé de la nuit_; dites, _pendant la nuit_ ou _la nuit_.

4. Dites, _bonne nuit_ et non _bon soir_, lorsque vous prenez congé de quelqu'un au moment d'aller vous coucher, autrement dites _bonsoir_ et non _bonne nuit_: _la bonne nuit_, ne se dit pas.

=Nul, nulle=, adj.; voyez _aucun_.

=Nullité=, s. f., défaut qui rend nul: prononcez _nul'lité_ (en faisant sentir les deux _ll_).

=Numéro=, s. m., plur. _numéros_: prononcez _numéro_ et non _numèro, numero_.

O

=O.=—L'_o_ marqué de l'accent circonflexe, est toujours long: _alcôve, côte, diplôme, hôte_, excepté dans _hôtel, hôtellerie, rôti_ et autres dérivés de _rôt_, lequel a conservé l'_ô_ long, ainsi que dans _prévôtal, prévôtale, prévôtalement, hôpital_.—Voici la liste d'un certain nombre de mots qui se prononcent avec l'_o_ long, bien que la plupart d'entre eux ne portent pas toujours l'accent circonflexe: _atome, axiome, enjôleur, fosse, fossé, geôle, godron, grosil, idiome, motus, odeur_ (mais non _odorat_, _odoriférant_), _ôter, prône, prôner, rapsode, rapsodie, symptôme, tome, zone_.—Les noms propres _Ancône, Brantôme, Cobourg, Durosoy, Joseph, Rhône, Saône_, et les dérivés, suivent la même prononciation. (HENNEBERT.)—Ajoutons que plusieurs grammairiens prononcent _Joseph_, _o_ bref.

=Oasis=, s. f., espace qui dans un désert de sable, offre de la végétation; ce mot est féminin: _la grande oasis_.—Prononcez _oazice_ et non _owazice, oazi_.

=Obéissance, Soumission.=—La première est une conséquence de la seconde;—la _soumission_ est dans la volonté et _l'obéissance_, dans l'action: _celui qui se soumet à Dieu, obéit à sa volonté_: —_obéissance_ ne s'emploie pas au pluriel.—Prononcez _obé-issance, obé-ir_ et non _obéi-issance, obéi-ir_.

=Obéré de dettes=, (pléon.)—_Obéré_ est tiré d'un mot latin qui signifie _endetté_; il faut donc dire _obéré_ tout simplement, ou _perdu de dettes, chargé de dettes_: _ce négociant est fort obéré_.

=Obit=, s. m., service pour le repos de l'âme d'un mort: prononcez _obite_.

=Obliger=, devant un infinitif, demande _à_ ou _de_, lorsqu'il signifie engager, contraindre: _l'envie de parvenir l'a obligé d'étudier; vous m'obligerez à me fâcher_.—Il prend _de_, lorsqu'il veut dire, rendre service, et lorsqu'il est employé au passif: _vous m'obligeriez beaucoup d'aller lui parler; il fut obligé de sortir; je serai obligé de vous punir_,—_S'obliger_ demande _à_: _prêtez-moi ce livre, je m'oblige à vous le rendre_ (et non _de vous le rendre_) _dans deux jours_.

=Obliquité=, s. f., inclinaison; prononcez _oblikité_ et non _oblikuité_.

=Obsèques=, s. f. pl., funérailles solennelles.—Ce mot est féminin et n'a pas de singulier; dites donc, _on lui a fait de belles_ (et non _de beaux_) _obsèques; on a célébré des obsèques solennelles_ (et non _un obsèque solennel_ ni _des obsèques solennels_.)

2. Prononcez _ob-sèques_ et non _ob-zèques_.

=Observer=, v. a,—Lorsque _observer_ s'emploie dans le sens de _remarquer_, ce qui arrive souvent, il doit se construire comme ce verbe: ainsi, puisqu'on ne dit pas, _je vous remarque que..._, mais _je vous fais remarquer que_, on ne dit pas non plus, _je vous observe que_, mais _je vous fais observer que_:—_je vous fais observer que vous êtes dans l'erreur_, et non, _je vous observe que vous êtes dans l'erreur_.

2. Quelques personnes disent aussi, _faire une observation_, dans le sens _de faire remarquer, de faire observer_; cette manière de parler est incorrecte, car on ne peut pas plus dire _faire une observation à quelqu'un_, qu'_observer à quelqu'un_;—il faut dire, _je vous ferai faire cette observation; je vous prie de faire cette observation_.

3. Prononcez _ob-cerver_ et non _ob-zerver_. Voyez _remarquer_.

=Obtenir=, v. a., se faire accorder: prononcez _obtenir_ (_e_ muet) et non _obtènir_.

=Obus=, s. m., petite bombe: prononcez _obuze_. (Acad.)

=Occiput=, s. m., le derrière de la tête: prononcez _ok-'cipute_.

=Occuper=, v. a.—Ne dites pas, _il est occupé à mourir_; dites, _il est près de mourir, sur le point de mourir_. (Flandr.)

2. Ne dites pas: _il est occupé après ce travail depuis quinze jours_; dites, _il est occupé à ce travail_. (Flandr.)

3. On dit, _il est occupé à écrire_ et non _d'écrire_.

4. _Occuper à_ (_s'_), _s'occuper de_.—_S'occuper à quelque chose_, c'est y travailler: _il s'occupe à son jardin; il s'occupe à détruire les abus_.—_S'occuper de quelque chose_, c'est y penser ou chercher les moyens d'y réussir: _il s'occupe de son jardin; il s'occupe de détruire les abus_.(Acad.)

=Occurrence=, s. f., rencontre; prononcez _ocur'rence_.

=Octave=, s., est féminin: _une octave solennelle_;—prononcez _octa-ve_ et non _octa-fe_.

=Octavo= (=in=): voyez _in-douze_.

=Oculer=, signifie, greffer et ne se dit pas dans le sens de communiquer une maladie par le virus; dites donc, _il faut faire inoculer le vaccin à cet enfant_, et non _oculer_.

=Œcuménique=, adj., universel: concile œcuménique;—_œ_ se prononce _é_, ainsi que dans _œcuménicité, œcuméniquement_.

=Œil=, (et non _œuil_), s. m., organe de la vue.—On prononce _euille_ (_ll_ mouillées); le pluriel est _yeux_; excepté dans _œils-de-bœuf_, fenêtres de forme ronde ou ovale (on prononce l'_f_ de _bœuf_); _œils-de-chat, œils-de-serpent_, etc., noms de pierres précieuses; _œils-de-bouc_, coquillages; _œils-de-chèvre_, plantes; _œils-d'or_, poissons, etc.

2. Le pluriel _yeux_ se dit de certains trous qui se trouvent dans la mie de pain et dans plusieurs espèces de fromage: _un pain qui a des yeux, de grands yeux; un fromage qui n'a pas d'yeux_,—Il se dit aussi de certaines marques de graisse qu'on aperçoit dans le bouillon: _ce bouillon est très-gras, il a beaucoup d'yeux_. (Acad.)

3. _Entre quatre yeux_, loc. adv., tête à tête: on prononce ordinairement (mais on n'écrit jamais) _entre quatre-z-yeux_. (Acad.)—Malgré l'autorité de l'Académie, nous ne conseillons pas de prononcer ainsi cette phrase; nous ne voyons pas du reste ce que la prononciation régulière, _quatre yeux_, peut avoir de désagréable à l'oreille.

=Œuf=, s. m.—L'_f_ ne se prononce qu'au singulier: _un œuf_ (_œufe_), _des œufs_ (_œu_);—il en est de même du mot _bœuf_: voyez ce mot.

=Œuvre=, s., est _féminin_, quand il signifie une production de l'esprit, une action morale, etc.: _les bonnes œuvres sont commandées par la charité; les œuvres de Corneille sont belles et nobles_.—Il est _masculin_, quand il signifie le recueil de toutes les estampes d'un même graveur ou les ouvrages d'un musicien: _avoir tout l'œuvre de Hollar, de Callot_, etc.; _le premier, le second œuvre de Grétry, de Gevaert, de Grisard_.—On dit aussi le _grand œuvre_, pour désigner, en terme d'alchimie, la _pierre philosophale_, c'est-à-dire la prétendue transmutation des métaux en or: _c'est un fou qui veut trouver le grand œuvre_.

2. _Mettre en œuvre_, se dit des choses et non des personnes; ne dites donc pas: _je mets beaucoup d'ouvriers en œuvre_; dites, _j'emploie beaucoup d'ouvriers_.

3. Prononcez _eu-vre_ (_eu_ bien ouvert) et non _eufe, œuvère_.

=Office=, lieu où l'on fait, où l'on prépare tout ce qui se met sur la table pour le dessert, et dans lequel on garde le linge et la vaisselle; il est _féminin_ dans ce sens: _une grande office_.—Dans les autres acceptions, _office_ est masculin: _de bons offices, un office solennel_.

=Officine=, s. f., se dit quelquefois, chez les pharmaciens, pour _laboratoire, boutique_.

=Offre=, s., action d'offrir.—On l'a fait autrefois du masculin, mais aujourd'hui il est toujours du féminin: _une offre avantageuse_.—Prononcez _o-fre_ et non _ofe, ofère_.

=Offrir=, v. a., devant un infinitif, demande la préposition _de_;—_s'offrir_ prend _à_ ou _de_:—_il offre d'acheter_ (et non _à acheter_) _ma maison à tel prix; il s'est offert de bonne grâce à y aller_ ou _d'y aller_.

=Ogre=, s. m., monstre qu'on suppose se nourrir de chair humaine: _manger comme un ogre_;—le féminin est _ogresse_.—Prononcez _o-gre_ et non _oke, oguère_.

=Oie, Oye= (_terminaisons en_).—Les wallons font en général trop sentir l'_i_ et l'_e_: ils prononcent, par exemple, _voi-ïe, soi-ïe, j'envoi-ïe, que je croi-ïe, fourvoi-ïement_, etc.—_Oi_ suivi d'un _e_ muet, devient une syllabe longue, mais on ne doit pas faire sentir un second _i_ ni même l'_e_ muet: prononcez simplement _voî_ (_oî_ long), _soî, j'envoî, que je croî, fourvoî-ment_.—Il en est de même de _aie, aye, ée, ie, oue, ue_, etc.

=Oignon=, s. m.—Prononcez _ognon_ en supprimant l'_i_; quelques-uns même écrivent _ognon_ (Acad.): prononcez de même _ognonet, ognonière_.

=Oiseleur, Oiselier=, s. m.—_L'oiseleur_, est celui qui fait métier de prendre des oiseaux: il n'a point de féminin correspondant.—_L'oiselier_, est celui dont le métier est d'élever, de vendre des oiseaux.

=Oiseux, Oisif=, adj.—_Oiseux_, qui par goût ou par habitude ne fait rien ou ne fait que des riens: _gens oiseux et fainéants_.—Il se dit aussi des choses et signifie inutile, vain, qui n'est bon à rien, ne sert à rien: _des disputes, des questions oiseuses; une épithète oiseuse_.—_Oisif, ive_, qui ne fait rien, qui n'a point d'occupation: _un homme oisif_.

2. On dit _vie oisive_, pour signifier la vie d'une personne oisive.—Le premier se dit plus particulièrement des choses et le second des personnes.

=Olibrius=, s. m., étourdi qui fait l'entendu, qui se donne des airs: prononcez _olibriuce_.

=Ombreux, Ombragé, Ombrageux, Ombré=, adj.—_Ombreux_, où il y a beaucoup d'ombre, qui fait de l'ombre; _forêt, vallée ombreuse_;—_Ombragé_, qui fait de l'ombrage, _un superbe marronnier ombrage sa maison; chemin ombragé d'ormes_.—_Ombrageux_ ne se dit au propre que des chevaux, des mulets, etc., qui sont sujets à avoir peur et à s'arrêter ou à se jeter subitement de côté quand ils voient leur ombre ou quelque objet qui les surprend.

2. _Ombrageux._—Il se dit figurément des personnes qui prennent trop légèrement des soupçons, de l'ombrage sur des choses qui les regardent, qui les intéressent: _c'est un homme fort ombrageux_. (Acad.)

3. _Ombré_ est un terme d'art; il indique qu'on a représenté non-seulement les linéaments des corps, mais les accidents d'ombre ou de lumière: _tête ombrée, dessin ombré_.

=On, L'on.=—_L'on_ ne s'emploie généralement que pour éviter un concours désagréable de sons ou bien un hiatus; voilà pourquoi on l'emploie plus particulièrement après _qui, que, quoi, et, si, ou, où_;—il vaut mieux dire: _de qui l'on parle; si l'on dit; et l'on croit; on se tait ou l'on parle bien; le pays où l'on va_, que de dire: _de qui on parle; si on dit; et on croit; on se tait ou on parle bien; le pays où on va_.—Cependant si le pronom était suivi d'un mot commençant par la lettre _l_, il faudrait se servir de _on_ pour éviter la rencontre de deux _l_: _si on lui dit, à qui on lit_, et non, _si l'on lui dit, à qui l'on lit_.—_On_ doit toujours être préféré à _l'on_ au commencement d'une phrase: _on rapporte_ (et non _l'on_) _que l'empereur Nicolas penchait plutôt vers la guerre que vers la paix_.

2. _On_ ne se dit que des hommes et jamais de Dieu; ainsi, au lieu de dire: _au jour du jugement, on nous demandera compte du bien et du mal que nous aurons fait_, dites: _Dieu nous demandera compte..._

=Oncle=, s. m.—Dites, _un tel est mon oncle_ et non _mon mononcle_.—Prononcez _on-cle_ et non _onke, onkèle_.

=Ongle=, quoique anciennement féminin, est aujourd'hui masculin: _avoir les ongles trop longs et_ non _trop longues_.—Prononcez _on-gle_ et non _onke, on-cle, onguèle_.

=Onglet=, s. m., morceau d'étoffe ou de peau qui sert à couvrir le doigt:—le mot _onglet_ n'a pas cette signification, il faut dire _doigtier_.

=Onze=, adj. num. card., qui se prend aussi substantivement.—Quoique ce mot commence par une voyelle, il arrive quelquefois, et surtout quand il est question de dates, qu'on prononce et qu'on écrit sans élision l'article ou la particule qui le précède: _le onze du mois; de onze qu'ils étaient, il en est mort dix; de vingt il n'en est resté que onze_.—On dit aussi dans la conversation familière: _il n'en est resté qu'onze_.

2. Quand _onze_ est précédé d'un mot qui finit par une consonne, on ne prononce pas plus la consonne finale que s'il y avait une aspiration: _vers les onze heures; ils étaient onze_.

3. Prononcez _on-ze_ et non _on-ce_.

=Onzième=, adj. num. ord., se prend aussi substantivement.—La première syllabe est ordinairement aspirée: _le onzième du mois; dans sa onzième année; le cinq du onzième mois; il vivait au onzième siècle; il a deux onzièmes dans cette affaire; il est le onzième sur la liste_; quelques-uns disent _l'onzième_. (Acad.)

2. Prononcez _onziè-me_ et non _onzièm-me_; prononcez de même _deuxième, troisième, quatrième, vingtième_, etc.

=Ophicléïde=, s. m., instrument de musique:—prononcez _ophiclé-ide_ et non _ophicleite, ophiclé-ite_.

=Ophtalmie=, s. f., maladie des yeux: prononcez _oftalmî_ et non _optalmi-ïe_ ni _optalmî_.

=Opuscule=, petit ouvrage, est masculin: _l'auteur de cet opuscule fameux est un tel_.

=Or=, s. m., ne se dit au pluriel que pour signifier les différentes couleurs que l'on peut donner à l'or; _une boite de deux ors; des ors de différentes couleurs_. (Acad.)

=Orage=, est masculin: _les orages ont été fréquents cette année_.

2. Ne dites pas _une tempête orageuse_ (pléon. vic.); dites simplement _tempête_, parce qu'une tempête est toujours orageuse.

=Oral, ale=, adj., qui est dit de vive voix.—Il n'est guère usité au féminin qu'avec les substantifs _loi, tradition_ et au masculin avec les substantifs masculins _enseignement_ et _examen_: il ne s'emploie donc pas au pluriel.

=Orange=, s. f.,—Quoiqu'on doive dire _des fleurs de fraisier, des fleurs de pêcher_ et non _des fleurs de fraise, de pêche_, l'Académie écrit cependant _un bouquet de fleurs d'orange_; et au mot _eau_, on lit cet exemple: _eau de fleur d'orange_, où le mot _fleur_ est du singulier.—Prononcez _orange_ et non _oranche_.—Voyez _fleur_.

=Orang-outang=, s. m., grand singe à face humaine; le pluriel est _orangs-outangs_.—Prononcez _oran-outan_; quelques-uns prononcent _orangue-outan_.

=Orateur=, n'a point de féminin: _une femme orateur; les passions sont les seuls orateurs qui persuadent toujours_.

=Oratorio=, s. m., petit drame en musique dont le sujet est tiré de l'Écriture-Sainte; on peut écrire des _oratorios_ comme on écrit des _duos_.

=Orchestre.=—Autrefois on faisait ce mot du féminin; aujourd'hui on ne le fait plus que du masculin:—prononcez _orkes-tre_ et non _orkesse, orkestère_; prononcez de même _orchestrer, orchestration, orchestique_.

=Ordonner=, suivi d'un infinitif, demande la préposition _de_: _je lui ai ordonné de_ et non _à sortir_.

=Oreillette=, n'est pas français; dites _des boucles d'oreilles, des pendants d'oreilles_.—On dit _les oreillettes du cœur_.

=Orémus=, s. m., prière, oraison; _dire des orémus_.—Prononcez _orémuce_.

=Organe=, est masculin: _un bel organe_, et non _une belle organe_.

=Orge=, est _féminin_: _voilà de belle orge, de belles orges_.—Il est _masculin_ dans les deux expressions suivantes: _orge mondé_, orge bien nettoyée; _orge perlé_, orge réduite en petits grains dépouillés de leur son.—Prononcez _or-ge_ et non _or-che_.

=Orgeat=, s. m., boisson rafraîchissante: prononcez _orja_.

=Orgelet=, s. m., (ou _grain d'orge_), petite tumeur inflammatoire sur le bord libre des paupières:—_j'ai un orgelet à l'œil gauche_.

=Orgue=: voyez _délice_.

=Orgueil=, s. m.—L'_l_ finale est mouillée et ce mot se prononce comme _deuil_; ne dites pas _orgheil, orghueule_: prononcez de même les dérivés _orgueilleux, orgueilleusement, s'enorgueillir_.

=Ormeau=, s. m., arbre; ne dites pas _un vieil ormeau_; dites, _un vieil orme_;—les _ormeaux_ sont de jeunes ormes.