Part 21
2. Ne dites pas non plus: _j'ai lu sur la gazette, j'ai lu sur le journal, sur la feuille_, etc.; dites, _j'ai lu dans la gazette, dans le journal, dans la feuille, dans la revue, dans l'almanach, dans les_ ou _aux annonces du journal_, etc. (Wall.)
=Lis= (et non _lys_), s. m., plante bulbeuse qui porte des fleurs à six pétales; prononcez _lice_ même devant une consonne, _lis_ (_lisse_) _blanc, lis_ (_lisse_) _bleu_, etc.
2. _Fleur de lis_, terme d'armoiries: _écu semé de fleurs de lis_; dans ce cas on prononce _li_ sans faire sentir l'_s_.
3. Poétiquement, _les lis_ se disait autrefois de la France: _l'empire des lis, le trône des lis_; dans ce sens on prononce _lice_.
=Liseré=, s. m., petite bordure faite sur une étoffe ou à un habit, un gilet, avec un ruban uni ou brodé; ne dites pas _liseret_.
=Liseur.=—Voyez _lecteur_.
=Lisé-je, dormé-je=, grossier barbarisme; dites, _est-ce que je lis, est-ce que je dors?_
=Lisse=, adj. des deux genres, uni, poli: _une étoffe lisse, du papier lisse_.
=Lit de camp, Lit de sangles.=—_Le lit de camp_ est un petit lit dont le bois se démonte de manière qu'on peut le transporter facilement; il se dit aussi d'une espèce de couchette formée de planches inclinées, qui sert de lit dans un corps de garde.—_Le lit de sangles_ est un lit fait de sangles, et quelquefois d'un morceau de coutil attaché à deux longues pièces de bois soutenues par des pieds ou jambages qui se croisent.—Comme on le voit, c'est à tort que l'on désigne, par _lit de camp_, un _lit de sangles_.
=Litanies=, s. f. pl., prière faite en l'honneur de Dieu, de la Ste-Vierge et des saints, et composée d'une série d'invocations; dans ce sens il ne s'emploie pas au singulier: _les litanies de tous les saints, de belles litanies_.—_Litanie_, au singulier, se dit d'une énumération longue et ennuyeuse: _il nous a fait une longue litanie de ses peines, de ses plaintes_.
=Liteau=: voyez _linteau_.
=Litre=, s., unité de mesure de capacité, est masculin: _un litre de bière_; prononcez _li-tre_ et non _lite, litère_.
=Littéral, ale=, adj., qui est selon la lettre, conformé à la lettre: _traduction littérale_.—L'Académie ne donne point de pluriel masculin; Trévoux, Laveaux, Fabre, l'abbé d'Olivet et Boinvillers disent, _des commentaires littéraux_.
=Livrance, Livrement=, action de livrer une chose vendue, ne sont pas français; il faut dire _livraison_: _j'ai fait une livraison de six pièces de toile; je dois faire demain une livraison à tel correspondant_.
=Livre=, ancienne mesure remplacée aujourd'hui par le franc, est féminin: _une livre tournois_.
2. _Livre._—On dit _un livre de prières_ et non _un livre à prières_. (Acad.)—Prononcez _livre_ et non _life_ ni _livère_. Voyez _lire_ et _prière_.
=Ll= _mouillées_: voyez _l_.
=Llama=, et mieux =lama=, s. m., quadrupède ruminant du Pérou; l'Académie dit qu'on mouille les deux _ll_ dans _llama_.
=Llation, Llaire=, finales où les _ll_ sont rarement mouillées.
=Locataire, Propriétaire.=—Le _locataire_ est celui qui tient à loyer une maison, un jardin, etc.; le _propriétaire_ est celui à qui appartient l'objet loué. Prononcez _locatère, propriétère_ et non _locatére, propriétére_.
=Locatis=, s. m., mauvais cheval de louage; prononcez _locatice_.
=Loch=, s. m., instrument pour mesurer la vitesse du navire; prononcez _loke_.
=Locomotive=, s. f., remorqueur des chemins de fer; prononcez _locomoti-ve_ et non _locomoti-fe_.
=Lof=, s. m., t. de marine, le côté que le navire présente au vent: _ce vaisseau va au lof; venir au lof_.—_Lofer_, signifie venir au lof.
=Loger=, v. neutre dans le sens d'habiter, de demeurer dans une maison.—Il est _actif_, dans le sens de donner le logement à quelqu'un.—Avec le pron. personnel, _se loger_ signifie, prendre un logement, disposer un logement.
=Logeur=, _logeuse_, celui ou celle qui tient des chambres garnies pour les ouvriers et les gens de la classe pauvre; il ne se dit pas de la personne qui loge dans ces chambres garnies.
=Logis=, s. m.—Ne dites pas: _j'ai été demander à logis dans cet hôtel_; dites, _j'ai été demander à loger_ ou _le logement dans cet hôtel_.
2. Ne dites pas non plus: _je suis au logis dans cette auberge_; dites, _je loge dans cette auberge_.—Prononcez _logi_ et non _logice_.
3. Ne dites pas: _estaminet et logement_; dites, _logis_: le _logis_ est une maison où on loge; _logement_ se dit du lieu où on loge et plus particulièrement du domicile habituel, du lieu où l'on habite ordinairement.—Prononcez _lo-jeman_ et non _lo-cheman_.
=Loin.=—La locution, _bien loin s'en faut_, n'est pas française; il faut dire, _tant s'en faut, loin de là_: _vous me demandez si j'ai gagné au jeu, tant s'en faut qu'au contraire_.
2. De _loin à loin_, se dit de la distance: _ces arbres sont plantés de loin à loin_;—_de loin en loin_, se dit du temps: _il ne nous vient voir que de loin en loin_. Cependant, dans le langage ordinaire, on ne tient pas toujours compte de cette différence et l'on emploie une locution pour l'autre.—Prononcez _loain_ (_oin_ diphth.) et non _loan_.
=Long=, adj., ne se dit pas de la taille; ne dites pas: _cet homme est long_; dites, _cet homme est grand_ ou _de grande taille_. (Fland.)
2. _Long_, pour _lent_, tardif, se dit très-bien: _dépêchez, que vous êtes long; il est long à tout ce qu'il fait; les vieillards sont longs en tout; ces arbres sont longs à pousser, à croître_.—Mais il ne peut pas s'employer pour _loin_: _il y a loin d'ici à Rome_, et non, _il y a long..._
3. Ne dites pas: _les fruits verts rendent_ ou _font les dents longues; j'ai mangé du fruit vert, j'ai les dents longues_; dites, _les fruits verts agacent les dents, j'ai les dents agacées_.—_Avoir les dents longues, bien longues_, signifie être affamé après avoir été longtemps sans manger. (Wall.)
4. Ne dites pas: _j'ai le temps long; j'ai le temps long de le voir arriver_; dites, _le temps me paraît long, je m'ennuie, je suis impatient, il me tarde de le voir arriver; il me dure de..._
5. _Prendre le plus long, son plus long_, c'est aller en quelque lieu par le plus long chemin: _vous êtes venu ici par telle rue, vous avez pris le plus long; c'est le plus long de beaucoup; c'est votre plus long_.—Il signifie aussi, figurément, se servir des moyens les moins propres à faire réussir promptement ce qu'on a entrepris.
6. _Le long, tout le long, tout du long, au long, tout le long de, tout du long de_, locutions adverbiales; ne dites pas _tout de long_.
=Longtemps=, adv., s'écrit en un mot et sans trait d'union.
2. Ne dites pas: _il est longtemps_ ou _déjà longtemps arrivé_; dites, _il est arrivé depuis longtemps_, ou, _il y a longtemps, déjà longtemps qu'il est arrivé_;—ne dites pas: _il demeure longtemps à Bruxelles; je suis ici longtemps_; dites, _il demeure depuis longtemps à Bruxelles; je suis ici depuis longtemps_, ou bien, _il y a longtemps qu'il demeure..., que je suis ici_. (Fland.)
=Loquace, Loquacité=: prononcez _lokouace, lokouacité_, et non, _lokace, lokacité_ ni _lokuace, lokuacité_.
=Loque=, s. f., pièce, morceau d'une étoffe, d'une toile usée et déchirée: _cet habit s'en va en loques, est en loques, tombe en loques_.
2. _Loque_, s. f., chiffon: ce mot est français. (Acad.)
=Loquèle=, s. f., langage trivial; prononcez _lokuèle_ (_uè_ diphth.) et non _lokouèle_.
=Loquet=, s. m., espèce de serrure mobile qui sert à fermer une porte, une malle, une valise, etc., au moyen d'un anneau passé soit dans un autre anneau, soit dans deux pitons;—ce mot n'est pas français dans ce sens, il faut dire _cadenas_ (ne prononcez pas _cannenas_). (Wall.)—Voyez _cliche_.
=Loquetière=, s. f., clef qui sert à ouvrir plusieurs serrures; ce mot n'est pas français; dites _passe-partout_.
=Loquier=, n'est pas français; dites _chiffonnier_.
=Lord=, s. m., titre d'honneur usité en Angleterre; le _d_ ne se prononce pas.
=Lors=, _dès lors, pour lors, lors de, alors_; prononcez _lore, alore_, et non _lorce, alorce_.
=Lorsque=, conj.—On prononce l'_s_, _lors'que_;—ne prononcez pas _lorseque_ ni _lorsèque_.—L'_e_ ne s'élide que devant _il, ils, elle, elles, on, un, une_: _lorsque Alexandre_ (et non _lorsqu'Alexandre_) _pénétra dans l'Inde_.
=Los=, s. m., louange (vieux langage): prononcez _loce_.
=Losange.=—L'Académie fait ce mot du genre féminin; cependant dans tous les traités de géométrie, on dit _un losange_, et tous les professeurs le font du masculin.—On écrit aussi mais plus rarement _lozange_.
=Lot=, s. m., objet qui échoit à chacun des numéros gagnants à une loterie; ne dites donc pas: _j'ai pris dix lots à cette loterie_; dites, _j'ai pris dix numéros, dix billets_.—Ne dites pas non plus: _j'ai pris dix actions_. (Fland.)
=Louche=, s. f., se dit dans beaucoup de villes du Nord de la France et en Belgique, pour désigner une grande cuiller à long manche avec laquelle on sert le potage, la soupe: _douze couverts et la louche_. (BESCHERELLE, POITEVIN, COMPLÉMENT du Dict. de l'Acad.)—On peut dire également _cuiller à soupe_ et _grande cuiller_.
=Louer, Loueur, Louange=, etc.: prononcez comme c'est écrit; gardez-vous de prononcer _lou-wer, lou-weur, lou-wange_.
=Louette= (_la_), morceau de chair à l'entrée du gosier: dites _la luette_; prononcez _lu-ette_ et non _lu-wette_: _il a la luette gonflée_ et non _l'alouette_ ni _la louette_.
=Loueur, euse=, s., celui, celle qui fait métier de donner quelque chose à louage: _un loueur de chevaux, de voitures, de vigilantes, de chambres garnies; loueuse de chaises_, dans une église.—_Louageur, euse_, n'est pas français.
=Lourdise, Lourderie=, faute grossière contre le bon sens ou la bienséance; ces mots ont la même signification, mais _lourdise_ vieillit (Acad.): _il a fait une étrange lourderie_.
=Loustic=, s. m., bouffon de corps de garde, mauvais plaisant.—Cette expression est populaire et du même acabit que _blagueur, floueur_, etc.
=Loyal, e, Loyauté=: prononcez _loi-ial, loi-iauté_ et non _lo-ial, lo-iauté_.
=Lucifer=, s. m.: prononcez _lucifère_.
=Lui=, pronom.—_Lui, leur_, employés comme régimes indirects, _à lui, à elle, à eux, à elles_, ne se disent que des personnes; quand il s'agit des choses, il faut se servir du pronom _y_; ne dites pas, _cette maison est trop petite, je lui ferai ajouter un étage_; dites, _j'y ferai ajouter un étage_.—Il en est de même pour, _de lui, d'elle, d'eux, d'elles_, qu'on remplace par _en_: _cet arbre va tomber, n'en approchez pas_, et non _n'approchez pas de lui_.
2. _Lui, elle, eux, elles_:—ne dites pas en parlant d'un canif, d'une plume ou d'une chose inanimée: _c'est avec lui que j'ai taillé ma plume; c'est avec elle que j'écris_; il faut se servir du nom et dire, _c'est avec ce canif, avec cette plume que..._
3. Ne dites pas non plus, en parlant d'une chose, par exemple, d'un arbre, d'une table, d'une maison: _j'étais sous lui; il est assis près d'elle; il demeure dans elle_; dites, _j'étais dessous; il était assis auprès; il y demeure_.
4. _Lui, elle_, etc., suivis de _qui_, ne peuvent pas non plus se dire des choses; ne dites donc point en parlant d'un couteau, d'une chaise: _c'est lui qui est bon, c'est elle qui est large_; dites, _c'est ce couteau, c'est cette table qui..._
5. _Leur_, placé devant un verbe, est pronom et ne prend pas d'_s_; ne dites pas, _je leurs ai dit_ (_z'ai dit_), _je leurs ai écrit_ (_z'ai écrit_), mais, _je leur ai dit, je leur ai écrit_.
6. Ne dites pas: _l'aimant attire le fer à lui_; dites, _l'aimant attire le fer à soi_.—Prononcez _lui_ (_ui_ diphth.) et non _lu-i_ ni _lou-i_.
=Luire, Luisant=, etc.: Prononcez _lui-re, lui-sant_ et non _lou-ire, lou-isant_.
=Lumignon=, s. m., bout de la mèche d'une bougie, d'une chandelle ou d'une lampe allumée: _quand j'ai voulu moucher la chandelle, le lumignon est tombé_.—Prononcez _lumignon_, en mouillant le _gn_.
=Lunatique=, adj., qui subit l'influence de la lune; au figuré, fantasque, capricieux: _il est lunatique_.
=Lune=, s. f.—_Avoir des lunes_, être sujet à des fantaisies, à des caprices, lubies, quintes, rats.
=Lunette= et =Lunettes=.—_Lunette_, au singulier, se dit d'un instrument composé d'un ou de plusieurs verres, taillés de manière à faire voir les objets plus grands à l'œil nu, ou à rendre la vue plus nette et plus distincte: _regarder avec une lunette; lunette d'approche, lunette de longue vue ou à longue vue; lunette d'opéra_.—_Lunettes_, au pluriel, se dit de deux verres de lunette, assemblés dans une même enchâssure, de manière à pouvoir être placés au devant des deux yeux: _une paire de lunettes; il y a de bonnes et de mauvaises lunettes; des lunettes vertes, bleues; lunettes à branches; porter des lunettes, mettre des lunettes sur son nez; lire sans lunettes_.—Voyez _ciseaux_.
=Lunettier=, s. m., faiseur, marchand de lunettes; prononcez _lunètier_ et non _lunetier_.
=Lurer=, v. a., attirer quelqu'un par de belles promesses pour le tromper; ce mot est wallon et se rend en français par le mot _leurrer_: _il s'est laissé leurrer_.
=Luron, onne=, s.—Le masculin se dit d'un homme joyeux et sans souci, d'un bon vivant ou même, d'un homme vigoureux et déterminé; et le féminin, d'une femme réjouie, décidée, qui ne s'effarouche pas aisément: _c'est un luron, un bon luron; quelle luronne!_—Il est populaire. (Acad.)
=Lustre=, s. m., éclat, espèce de chandelier à plusieurs branches qu'on suspend au plafond; espace de cinq ans: _je compte aujourd'hui sept lustres_ (35 ans).—Prononcez _lus-tre_ et non _lus-tère_ ni _lusse_, ni _luxe_.
=Lut=, s. m., matière molle que l'on applique sur les bouchons de certains vases, afin de prévenir l'évaporation du liquide: _lut de terre glaise, lut de blanc d'œuf et de chaux_:—prononcez _lute_.
=Luth=, s. m., instrument de musique à cordes: prononcez _lute_.
=Luthéranisme=, s. m., secte de Luther;—ne dites pas _luthérianisme_, et ne prononcez pas _luthéran-isse_ ni _luthéranim-se_.
=Lutter.=—Ce verbe ne s'emploie pas pronominalement: _lutter_ (et non _se lutter_) _avec quelqu'un, contre quelqu'un; il est adroit, il lutte bien_.
=Luxe=, s. m., somptuosité: prononcez _luk-ce_ et non _luke_ ni _luce_.
=Luxurieux, Luxueux.=—_Luxurieux_ veut dire impudique;—_luxueux_ signifie qui vit dans le luxe, qui aime et recherche le luxe; ne dites donc pas: _cet homme est luxurieux_, pour _cet homme aime le luxe_; dites, _cet homme est luxueux_.—Nous ajouterons pourtant que le mot _luxueux_ n'a pas fait fortune et n'est guère usité.
=Lynx=, s. m., chat sauvage auquel les anciens attribuaient une vue très-perçante: prononcez _laink-ce_.
M
=Mm.=—Les deux _m_ se font sentir dans _imm_ au commencement des mots: _immense, immortel, immoler_, etc., de même que dans _commensurable, incommensurable, commutation, commuer, commotion, commémoration, commémoraison, commensal_, droit de _committimus, lemming, lipogrammatique, mammaire, mammifère_, et dans les noms propres _Ammon, Ammonites, Emma, Emmanuel, Emmaüs, Grammont, Jemmapes, Mummius_.—Les personnes qui parlent bien ne font entendre qu'une _m_ dans _grammaire, grammairien, grammatical, grammaticalement_, etc.; ainsi que dans _inflammation_, ces mots étant usuels. (HENNEBERT.)
=Macaroni=, s. m., pâte sèche et cylindrique des italiens; le pluriel est _macaronis_; _manger des macaronis_.
=Mâchefer=, s. m., scorie qui sort du fer à la forge, au fourneau et lorsqu'on le bat rouge sur l'enclume: _le mâchefer pilé est très-bon à faire du ciment_.—Ce mot se dit encore des _scories_ à demi vitreuses qui s'agglomèrent dans les foyers et forment le résidu combustible de diverses houilles.
=Machiavel=, célèbre écrivain italien: prononcez _Makiavel_;—mais dans _machiavélique, machiavéliquement, machiavélisme, machiavéliste_, le _ch_ se prononce doux comme dans _chimère, déchirer_.
=Machin=, s. m.—Ce mot, qui n'est pas français, est quelquefois employé pour désigner ce dont on ne connaît pas le nom; dites _une chose, un objet_ et selon le sens, _un outil, un instrument, un meuble, une machine_, etc., quand il s'agit de ces sortes d'objets.—_Machine_, dans ce sens, n'est pas français non plus.
=Mâchurer=, barbouiller de noir, est français: _mâchurer du papier, des habits, le visage_, etc.;—prononcez _mâchurer_ (_â_ long).
=Madame=: voyez _monsieur_ et _époux_.
=Mademoiselle=, s. f., titre qu'on donne ordinairement aux filles.—C'est aussi le titre qu'on donnait anciennement à toute femme mariée qui n'était pas noble.—Le mot _mademoiselle_, employé absolument (seul) désignait autrefois la fille aînée de _Monsieur_, frère du roi de France, ou bien de la première princesse du sang, tant qu'elle n'était pas mariée.
2. Quand on parle de plusieurs demoiselles ou qu'on leur adresse la parole, l'usage veut qu'on les désigne par le mot _dames_; _j'ai rencontré les dames Lambert en ville; bonjour, au revoir, Mesdames_.—Prononcez _mademoiselle_ et non _mamzelle_ ni _mane-moiselle_.—Voyez _monsieur_ et _époux_.
=Magnanime=, _magnétisme, magnétique, magnétiser, magnifique, magnificence_:—prononcez _gn_ comme dans _agneau, gagner_, etc., et non _magh-nanime, magh-nétisme_, etc. ni _magne-nanime, magne-nifique_, ni _mananime, manifique_, ni _mahe-nanime, mahe-nifique_.
=Magnat=, s. m., grand en Hongrie: prononcez _magh-nat_, (_g_ dur).
=Magnificat=, s. m., cantique de la Sainte-Vierge: prononcez _magh-nificate_ (_g_ dur).
=Mai=, s. m., ou _arbre de mai_, arbre orné de rubans et de guirlandes qu'on plante devant une porte le premier jour de mai ou le jour de l'installation d'un fonctionnaire, d'un curé, etc.
2. _Mai_, se dit également en Belgique des branches ou rameaux au moyen desquels on décore les rues ou les chemins par où passe une procession ou un cortége triomphal.
=Maigrir, Amaigrir.=—_Maigrir_, v. n., c'est devenir maigre; _amaigrir_, v. a., c'est rendre maigre: _une personne maigrit_; _l'usage de certains aliments amaigrit_.
=Maille, Chique, Marbre=, pour signifier de petites boules de pierre ou de marbre qui servent à des jeux d'enfants, d'écoliers, ne sont pas français; il faut dire _bille_: _jouer aux billes_ (_ll_ mouillées).
=Mailloter=, v. a., mettre un enfant dans le maillot; ce mot n'est pas français, il faut dire _emmailloter_.
=Main=, s. f.—Ne dites pas: _il a toujours la canne en main_; dites, _à la main_.—Voyez _bouche_.
=Main-d'œuvre=, s. f., travail, façon de l'ouvrier; _main-forte_, s. f., assistance donnée à l'autorité:—ces mots ne s'emploient pas au pluriel.
=Maint, te=, adj. (au masc. prononcez _min_ devant une consonne). —Malgré l'idée de pluralité que renferme cet adjectif, il s'écrit au singulier ainsi que le substantif qu'il qualifie et le verbe dont celui-ci est sujet, excepté dans quelques locutions où on l'emploie indifféremment au singulier et au pluriel: _maint homme, mainte femme, mainte fois_, ou _maintes fois; par maints et mains travaux; il m'a fait mainte et mainte difficulté_.—Ne prononcez pas _mai, maite_.
=Maintenant=, adv., à présent: prononcez _mintenant_ et non _mè-tenant_.
=Mairie=, _librairie, seigneurie_: ne dites pas, _mairerie, librairerie, seigneurerie_.
=Mais=, conj.—C'est un flandricisme de l'employer pour _seulement_; ne dites donc pas: _il a mais peu de revenus; il nous a montré mais une petite partie de sa bibliothèque_; dites, _il n'a que peu de revenus; il nous a montré seulement une petite partie de sa bibliothèque_.—Prononcez _mai_ et non _min_.
=Maïs=, s. m., blé de Turquie: prononcez _ma-ï-ce_.
=Maison=, s. f.—Il serait ridicule d'employer ce mot pour désigner la première pièce d'une maison, c'est-à-dire, _la cuisine_. (Wall.)
2. =Maison, Famille.=—_Famille_, se dit plus particulièrement de la bourgeoise et _maison_, de la noblesse: _ce jeune homme est d'honnête famille; ce gentilhomme est de bonne maison_.
3. =Maison, Hôtel, Palais, Château.=—La classe moyenne habite des _maisons_;—les grands habitent des _hôtels_;—les princes, des _palais_;—enfin les habitations des gens riches, situées à la campagne au milieu de leurs terres, portent le nom de _château_.—Autrefois l'architecture seule établissait la différence; aujourd'hui, on la base sur le rang et la fortune.
=Maître=, fait au féminin _maîtresse_: _madame est la maîtresse de la maison; cette femme est maîtresse_ (et non _maître_) _de ses passions, de ses sentiments; maîtresse d'école, de piano; la maîtresse branche d'un arbre_.
2. Lorsque, par le mot _maître_ pris substantivement, on veut exprimer une idée de suprématie, d'omnipotence, il s'emploie au masculin même lorsqu'il se rapporte à un substantif féminin: _la Providence est le maître; la Providence est notre maître_.—C'est donc dans ce sens qu'une femme pourra dire: _le maître ici, c'est moi_.
3. _Maître_, en termes de Palais, est un titre qu'on donne aux avocats, aux avoués et aux notaires, lorsqu'il s'agit de l'exercice de leurs fonctions: _maître N.; par-devant maître N._—On écrit par abréviation _Me N., par-devant Me N._
4. _Maître d'hôtel, Maître ès arts_: l'Académie écrit ces mots sans traits d'union.
=Majesté=, s. f., titre particulier qu'on donne aux empereurs, aux rois et à leurs épouses; on dit en leur parlant: _Votre Majesté, Vos Majestés_ (deux majuscules), et en parlant d'eux, _Sa Majesté, Leurs Majestés_ (deux majuscules); _Votre Majesté, Sire, a ordonné..., Sa Majesté a décrété; Leurs Majestés sont arrivées à Liége_.
2. Par abréviation on écrit: V. M. (_Votre majesté_); VV. MM. (_Vos Majestés_), S. M. (_Sa Majesté_); LL. MM. (_Leurs Majestés_).
3. Les _adjectifs_ et les _participes_ qui se rapportent à ce mot se mettent au féminin, même lorsque _Sa Majesté, Votre Majesté_, désigne un roi, un empereur et non une reine, une impératrice; on dit: _Votre Majesté est jalouse du bonheur de ses peuples; Sa Majesté est aimée de ses sujets_. Les _substantifs_ au contraire sont du masculin: _Votre Majesté est le père et le protecteur de ses sujets_; et non pas, _est la mère, la protectrice_, etc.—En conséquence les mots qui peuvent s'employer substantivement et adjectivement, tels que _maître, ami, ennemi_, etc., devront être du masculin, lorsqu'ils figurent dans la phrase comme substantifs, c'est-à-dire, lorsqu'ils sont accompagnés de l'article ou d'un adjectif, et ils prendront la forme du féminin s'ils font la fonction d'adjectif. On dira donc: _Sa Majesté est le maître d'y aller ou de ne pas y aller_; et absolument: _Sa Majesté est le maître, l'ami du peuple; est un ennemi redoutable_.—Mais nous croyons qu'il faudra dire: _Sa Majesté est maîtresse de telle ville; Sa Majesté est amie du bien, ennemie du mal_.—On peut dire: _Votre Majesté est le plus éclairé des rois_, parce qu'il y a ellipse du substantif (_Votre Majesté est le roi le plus éclairé des rois_). Cependant il vaut peut-être mieux prendre une autre tournure et dire par exemple: _Vous êtes, Sire, le plus éclairé des rois_.
4. _Sa Majesté Impériale_ (S. M. I.), se dit d'un empereur quelconque; autrefois, il se disait en particulier de l'empereur d'Autriche que l'on qualifiait aussi de _Sacrée Majesté_, mais seulement quand on lui parlait.
5. _Sa Majesté Très-Chrétienne_ (S. M. T. C.), se disait des rois de France.
6. _Sa Majesté Catholique_ (S. M. C.), le souverain d'Espagne.
7. _Sa Majesté Très-Fidèle_ (S. M. T. F.), le roi de Portugal.
8. _Sa Majesté Belge, Britannique, Hollandaise_, etc., le roi des Belges, de la Grande-Bretagne, de Hollande, etc.
=Major=, (_quinte_).—On disait autrefois et l'on dit encore quelquefois _quinte major_ (Acad.): nous pensons qu'aujourd'hui on nomme toujours _quinte majeure_, les cinq cartes de suite à commencer par l'as.