Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc.

Part 20

Chapter 203,380 wordsPublic domain

=Laitière=, s. f., femme qui fait le métier de vendre du lait; ne dites pas, _femme au lait_.—Prononcez _laiti-ère_ et non _laitchi-ère_. Voyez _ti_ et _di_.

=Lamperon, Lampion.=—Le _lamperon_ est le petit tuyau ou la languette qui tient la mèche, (le coton) dans une lampe.—Le _lampion_ est un vaisseau de verre, de terre ou de fer blanc que l'on place dans une lanterne ou dont on se sert pour faire des illuminations.

=Lancées, Lançures, Lancements=, ne sont pas français; dites, _élancements_: _j'ai des élancements dans la tête, au doigt_.—Voyez le mot suivant.

=Lancer=, faire ressentir dans quelque partie du corps une douleur vive et aiguë avec agitation; dites _élancer_ et non _lancer_: _la tête m'élance, le doigt m'élance_.

=Lande, Lente=, s. f.—Une _lande_ est une grande étendue de terre inculte et stérile: _les Ardennes et la Campine sont pleines de landes_.—Une _lente_ est l'œuf d'où sortent les poux et qui s'attachent aux cheveux des enfants et des personnes malpropres (ne dites pas _lende_).—Voyez _fange_.

=Landier=, s. m., gros chenet de fer qui sert à la cuisine pour élever le bois autour de l'âtre et le faire brûler plus facilement.—Ne dites pas _andier_.

=Landwehr=, s. f., garde civique en Allemagne: prononcez _land'vère_.

=Lange, Linge=, s. m.—Le _lange_ est le morceau de linge dont on enveloppe les enfants au berceau;—le _linge_ se dit de toute toile mise en œuvre selon les différents usages auxquels on veut l'employer.—Prononcez _lan-ge, lin-ge_, et non _lan-che, lin-che_.

=Langue fumée.=—Ne dites pas _langue enfumée_.—Prononcez _lan-gue_ et non _lan-ke_; prononcez de même _bague, harangue, figue_, etc.

=Lanterne magique=, s. f., instrument d'optique; ne dites pas _lanterne magie_.

=Lapis=, s. m., pierre précieuse; on dit aussi _lapis-lazuli_; prononcez _lapice-ladzuli_.

=Lapisse=, s. m., mot wallon, _eau de son, eau blanche_: _il faut donner de l'eau de son à ce cheval pour le rafraîchir_.

=Lapoter=, mot wallon, boire en tirant avec la langue comme le chien; en français, _laper_: _ce chien fait du bruit en lapant_.

=Laps=, s. m., espace de temps; prononcez le _p_ et l'_s_, _lap'se_.

=Laque=, s. f., ne se dit pas dans le sens de cire à cacheter; dites _un bâton de cire à cacheter_ et non, _un bâton de laque_.—La _laque_ est une sorte de gomme résine: _la laque sert à composer des vernis_.—Ce mot est masculin quand on veut parler du vernis de Chine ou des meubles qui en sont recouverts: _le beau laque de la Chine_.

=Lard= (_bacon de_), mot wallon; dites _une flèche de lard_.

=Large, Long, Haut.=—Ces adjectifs peuvent s'employer substantivement au lieu de _largeur, longueur, hauteur_: _ce tableau a six pieds de haut sur quatre de large; ces rideaux ont six aunes de long_.—Mais vous ne pouvez pas dire: _cette chambre est six pieds longue, large, haute_; dites, est _longue, large, haute de six pieds_, ou _a six pieds de long, de large, de haut_.

2. _Au large, au long et au large, du long et du large, en long et en large_, sont des locutions adverbiales.

3. _Large_ (_à grand_), est une locution wallonne; dites _largement, grandement, amplement_: _il a été payé largement; il leur donna amplement à manger_.

4. Ne dites pas non plus: _il regarda tout large_, pour signifier, _il fut étonné, surpris, stupéfait, stupéfié_.—(Wall.) Prononcez _large_ et non _larche_.

=Larynx=, s. m., partie supérieure de la trachée-artère, principal instrument de la voix:—prononcez _laraink-ce_.

=Las=, interj., hélas; il est du style naïf et familier. (Acad.) Prononcez _lâce_.

=Las, lasse=, adj., fatigué, ennuyé, dégoûté; l'_a_ est long au masculin et au féminin et le masculin se prononce _lâ_ et non _lâce_ au singulier et au pluriel: _je suis si las_ (lâ), _nous sommes si las_ (lâ et non _lâce_).

=Lasser=, v. a., fatiguer, causer de la fatigue, ennuyer, dégoûter.—_Se lasser_ régit la prép. _à_ ou la prép. _de_: la prép. _à_, lorsqu'il est pris dans le sens de _fatiguer_, et la prép. _de_, lorsqu'il a le sens _d'ennuyer, dégoûter_: _on se lasse plus à rester debout qu'à marcher; on se lasse d'entendre toujours les mêmes plaintes_.

=Latrines=, s. f. pluriel sans singulier, lieu où l'on satisfait à ses besoins naturels.

=Latte=, s. f., morceau de bois refendu selon son fil, long, mince, étroit, que l'on attache avec des clous sur les _chevrons_ pour porter la tuile, ou dans l'intérieur des bâtiments, sur la charpente pour recevoir l'enduit de plâtre des plafonds et des cloisons: _une botte de lattes; clouer des lattes; un grenier lambrissé sous des lattes_.

=Latter=, v. a., garnir de lattes:—_il faut latter et contrelatter cette cloison_; il s'emploie aussi absolument: _latter à claire-voie; latter à lattes jointives_.—_Lattis_, s. m., ouvrage de lattes: _couvrir un lattis avec des tuiles_.—Prononcez _lati_ et non _latice_.

=Laudanum=, s. m., préparation d'opium; prononcez _lôdanome_.—Ne dites pas _de l'eau d'ânon_.

=Laudes=, s. f. pl., partie de l'office: prononcez _lô-de_ et non _lô-te_.

=Lauréole=, s. f., plante dont les feuilles ressemblent à celles du laurier; ne dites pas _laurelle_ et prononcez _lo-réole_.

=Laurier.=—Prononcez _lo-rier_ et non _lô-rier_.

=Lavanche= et =Lavange=, s. f., se disent quelquefois pour _avalanche_. (Acad.)

=Lavande=, s. f., plante aromatique, labiée, portant de petites fleurs bleues qui viennent par épi: _eau de lavande; mettre de la lavande dans du linge_.—Ne prononcez pas _lavante_.

=Lavandier, Lavandière.=—Un _lavandier_ est un officier, dans certaines cours, chargé de veiller au blanchissage du linge.—Une _lavandière_ est une femme qui lave le linge; ce mot est peu usité, on dit plus souvent dans ce sens _blanchisseur, euse, lessiveur, euse_, et quelquefois _laveur, laveuse_: _laveuse de linge_.

=Lavasse=, s. f., pluie, subite, abondante et impétueuse: _il vint tout à-coup une grande lavasse_.—Mais on ne peut pas dire: _il pleut à lavasse_.

2. _Lavasse_ signifie encore, vin, bière, bouillon, sauce, tisane où l'on a mis trop d'eau: _ce n'est que de la lavasse_.—On dit aussi _piquette_ dans le même sens, mais _lapette_ n'est pas français.

=Laver=, ne peut pas s'employer dans le sens _d'arroser, d'irriguer_.

2. _Laver_, s'emploie quelquefois absolument et alors il signifie se laver les mains avant le repas: _ne voulez-vous pas laver_. (Acad.) Dans toute autre acception, il faut exprimer la partie du corps qu'on lave: _se laver les mains, la figure, les pieds_, etc.

3. On ne dit pas: _laver ses mains, sa figure_, etc., mais _se laver les mains, la figure_.

=Lavette=, s. f., petit morceau de linge dont on se sert pour laver la vaisselle.

=Lavier, Lévier=, ne sont pas français; dites _évier_, pour signifier une pierre en forme de table et légèrement creusée sur laquelle on lave la vaisselle, et qui a un trou pour l'écoulement des eaux: _jeter les eaux par l'évier; cette cuisine a un évier_.—On dit aussi _pierre d'évier_ et _pierre à laver_.

=Lavis=, s. m., =Lavure=, s. f.—_Lavis_ est un terme de peinture et signifie la manière de colorier un dessin avec de l'encre de chine, du bistre, etc.—Prononcez _lavi_.—_Lavure_ est l'eau qui a servi à laver la vaisselle, les écuelles et n'est guère usité que dans cette locution: _lavure de vaisselle, d'écuelles_.—_Lavure de vaisselle_ se dit aussi, familièrement, d'un bouillon, d'un potage fade et insipide où il y a trop d'eau.

=Lazzarone.= s. m., nom que l'on donne aux dernières classes du peuple napolitain; on dit au pluriel _lazzaroni_.—Prononcez, _lad'zaroné, lad'zaroni_; le _z_ italien équivaut à _ds, dz_.

=Lazzi=, s. m., mot italien qui signifie, action, mouvement, geste bouffon dans la représentation des comédies: _les lazzi d'Arlequin_.—Il se dit, par extension, de mauvaises plaisanteries et de bouffonneries faites ailleurs qu'au théâtre: _il s'en est tiré par des lazzi_. L'Académie dit que quelques-uns écrivent au pluriel _lazzis_, mais dans les exemples qu'elle donne du pluriel, elle écrit _lazzi_ sans _s_.—Prononcez _l'ad'zi_.

=Le=, art. et pron.—Prononcez _le_ et non _lè_.

2. _Le, la, les_, employés comme régimes directs, ne doivent jamais s'omettre ni en vers ni en prose. Ce serait donc une faute de dire: _je lui avais bien dit; donnez-lui; je ne suis pas ingrat, je lui rendrai bien_; au lieu de: _je le lui avais bien dit; donnez-le-lui; je le lui rendrai bien_.

3. Cette règle est également applicable au pronom _en_. Ne dites donc pas: _j'aurai plus de complaisance qu'ils n'ont; c'est là, soyez certain, la cause de son refus_. Dites, _qu'ils n'en ont; soyez-en certain_.

4. Les phrases suivantes sont également incorrectes: _prêtez-moi-le, montrez-nous-les, donnez-moi-le_, etc. Ici il faut placer le régime direct le premier: _prêtez-le-moi; montrez-les-nous; donnez-le-moi_.

5. =Les, Des, Mes, Tes, Ses.=—Prononcez _lè, dè, mè, tè, sè_, et non _lé, dé, mé, té, sé_.

6. =Lé=, s. m., largeur d'une étoffe entre deux _lisières_: _un lé de drap_. Écrivez et prononcez _lé_ et non _lè_ ni _lit_.

=Leçon=, s. f.—Ne dites pas: _je prends des leçons à un habile professeur_; dites, _je prends des leçons d'un habile professeur_.

2. On dit très-bien, _donner, prendre des leçons de musique, de dessin, d'histoire_, etc. (Acad.);—mais _donner leçon de grec, de latin_, etc., ne nous paraît pas assez correct; il faut dire, _donner des leçons de ..._—_Donner, prendre des leçons_, se dit des leçons particulières; mais quand il s'agit de leçons ou de cours publics, on dit _faire un cours_ (et non _donner un cours_), _faire une leçon, faire des leçons_.—Prononcez _leçon_ et non _lèçon_.

=Lecteur=, _lectrice_, =Liseur=, _liseuse_.—La _lecteur_ est en général celui qui lit, ou dont le métier est de lire à haute voix devant une ou plusieurs personnes ou une communauté; _c'est un bon lecteur, c'est une excellente lectrice; lecteur du roi, lectrice de la reine_.—Le _liseur_ est celui qui aime à lire, qui ne fait que lire, qui lit beaucoup et longtemps, qui lit avec passion; le _liseur_ est un lecteur passionné: _c'est un grand liseur, une grande liseuse de romans_. Il est familier.

=Légataire=, subst. des deux genres, =Testateur=, _testatrice_. —_Légataire_, est celui, celle à qui on fait un legs;—_testateur, testatrice_, est celui, celle qui fait un testament.—Voyez _dépositaire, signataire, locataire_.

=Léger=, _légère_, adj., qui pèse peu, agile, volage; prononcez _légé_ et non _l'gé_ ni _legé, lègé, légère_ (au masc.), quoique Rousseau et Voltaire l'aient fait rimer avec _air_ et _cher_.

=Législateur=, _législatrice_, =Légiste=.—_Légiste_, qui connaît ou qui étudie les lois;—_législateur_, celui qui donne des lois à un peuple: _Moïse fut le législateur des Hébreux_.

=Législation, Législature.=—_Législation_ est le droit de faire des lois: _en Belgique, la législation appartient au Roi et aux deux Chambres_;—il se dit aussi du corps même des lois: _réformer la législation_;—il se dit encore de la science, de la connaissance des lois: _il est habile en législation_.—La _législature_, ce sont les trois pouvoirs qui concourent à la confection des lois: _la législature vient de décider une grande question_.—Il s'emploie souvent dans le sens d'assemblée législative: _législature nombreuse, complète_.—Il se dit encore de la période de temps qui s'écoule depuis l'installation d'une assemblée législative, jusqu'à l'expiration de ses pouvoirs: _pendant la première, la seconde législature_.

=Legs=, s. m., ce qui est légué; prononcez _lè_ et non _lègue_.

=Légume=, est masculin: _de bons légumes_ et non _de bonnes légumes_.

=Lendemain.=—_Du jour au lendemain_;—quoi qu'en disent certains grammairiens, cette expression est très-correcte et fort usitée.—Prononcez _len-de-main_ et non _lan-ne-main_.—Voyez _commandement_.

=Lent à, Long à=, se disent indifféremment l'un pour l'autre; cependant _lent à, longtemps à_, nous semblent préférables à _long à_: _ces messieurs sont bien lents à venir, sont longtemps à venir_.

=Lente=, s. f.: voyez _lande_.

=Lesquels, Desquels=: prononcez _lèquèl, dèquèl_, et non _lès'quel, dès'quel_ ni _lèquéle, dèquéle_.

=Lest=, s. m., poids au fond du navire; prononcez _less'te_ et non _lesse_.

=Leste=, adj. des deux genres, léger, inconsidéré: prononcez _less'te_ et non _lesse_.

=Lettre=, s. f.—De quel genre sont les lettres de l'alphabet?—Si l'on adopte l'appellation moderne, elles sont toutes du masculin; un _be_, un _de_, un _pe_, un _re_, un _se_;—si l'on adopte, au contraire, l'appellation ancienne et usuelle (c'est celle que nous avons nous-même adoptée dans notre _Dictionnaire_), il faut consulter le son final de la lettre: elle sera féminine si ce son final lui-même est féminin, c'est-à-dire, s'il est censé se terminer par un _e_ muet: une _f_, une _h_, une _l_, une _m_, une _r_, une _s_, une _x_, parce qu'on prononce _effe, hache, elle, emme, enne, erre, esse, ikse_.—Elles sont du masculin lorsque le son final est grave ou est censé se terminer par une voyelle autre que l'_e_ muet: un _b_, un _c_, un _d_, un _g_, un _j_, un _k_, un _p_, un _q_, un _t_, un _v, w_, qui se prononcent _bé, cé, dé, gé, ji, ka, pé, ku, té, vé_.

2. =Lettre=, s. f.—Ne dites pas, _mettre des mots par lettres alphabétiques_, mais, _par ordre alphabétique_; en effet, toutes les lettres sont alphabétiques.

3. Ne dites pas, _le porteur de lettres_, mais, _le facteur_.—Prononcez _let-tre_ et non _let-te_ ni _lettère_.

=Leur.=—Ne dites pas: _ils étaient leur deux, leur trois_; dites, _ils étaient deux, trois_ ou _eux deux, eux trois, elles deux, elles trois_; comme on dit, _nous étions nous deux, vous étiez vous trois_, et non _nous étions nos deux, vous étiez vos trois_.

2. _Leur_, signifiant _d'eux, d'elles_, veut être devant son substantif; dites en parlant de deux frères ou deux cousins: _je suis leur parent_, c'est-à-dire, _le parent d'eux_, et non, _je leur suis parent_, qui signifierait, _je suis parent à eux_, ce qui n'est pas français.

3. _Leur_, pronom, s'écrit sans s: ne dites donc pas, _je leurs z'ai dit_; dites, _je leur ai dit_.

=Levain=, s. m., =Alevin=, s. m.—Le _levain_ est une pâte aigrie qui, mêlée à la pâte dont on veut faire le pain, la fait lever et fermenter;—l'_alevin_, c'est du menu poisson pour peupler un étang, un vivier; dites donc, _j'ai mis de l'alevin dans mon réservoir_, et non pas _du levain_.

=Levée=, s. f.—Ne dites pas: _il est capot, il n'a pas fait un seul levé_; dites, _une seule levée_.

=Lever=, v. ac., fait au futur _je lèverai, tu lèveras_, etc., et au conditionnel, _je lèverais, tu lèverais_, etc., et non _je leverai, tu leveras; je leverais, tu leverais_.

2. Ne dites pas: _j'ai levé cet enfant_, pour dire, que vous êtes son parrain; dites, _j'ai tenu cet enfant sur les fonts_, ou _je suis le parrain de cet enfant_.

3. On dit très-bien, dans le sens de percevoir, recueillir, rassembler, ramasser, emporter: _lever les fruits d'une terre; lever les impôts, des impôts; on lève annuellement tant de millions sur ce royaume; on lève un droit sur cette denrée_;—on a dit de même autrefois, _lever les rentes seigneuriales, la dîme_.

4. Mais en parlant d'une somme d'argent, il faut dire _toucher_ et non _lever_: _il a touché ses appointements_ (et non _levé_); _je lui ai fait toucher telle somme_ (et non _lever_); _toucher de l'argent_ (et non _lever_). (Acad.)—(Wall.)—Prononcez _lever_ et non _lèver_.

=Lever-Dieu=, s. m., le moment de la messe où le prêtre élève la sainte hostie; au plur., _lever-Dieu_; ne dites pas _Dieu-levé_.

=Levier=: voyez _évier_.

=Lèvre=, s. f.: prononcez _lèvre_, et non _lè-fe_ ni _lé-vère_.

=Levûre=, s. f.—Ce substantif ne peut se mettre au pluriel que dans les cas où il s'agirait de différentes espèces de levûres. Il n'est pas plus correct de dire, _acheter des levûres, mettre des levûres dans la pâte_, que de dire _acheter des levains, mettre des levains_; il faut dire, _acheter de la levûre, mettre de la levûre_. Prononcez et écrivez _levûre_ (accent circonflexe) et non _lèvure_.

=Lexique=, s. m., dictionnaire; il se dit particulièrement des dictionnaires grecs;—prononcez _lek-cique_, et non _lek-zique_; prononcez de même ses dérivés, _lexicologie, lexicographie_, etc.

=Lez=, adv., vieux mot signifiant à côté, proche de: _la Tombe lez-Tournai_.—C'est à tort que l'on remplace _lez_ par _les_ ou _des_: _Plessis-les-Tours_; il faudrait dire, _Plessis-lez-Tours_.—Prononcez _lé_ et non _lè_, ni _lèze_.

=Liaisons affectées.=—La conversation demande plus de laisser-aller et un certain négligé que ne comporte pas le discours soutenu. Il faut donc éviter, en parlant, de multiplier les liaisons; il faut même s'attacher à les omettre le plus possible, surtout celles des _s_ et des _t_ et surtout encore celles qui présenteraient, dans le même mot ou dans deux mots qui se suivent, la répétition des mêmes consonnes ou des mêmes sons,—c'est ainsi que les personnes de bon ton ne diront jamais: _il est onze heures z'et un quart, onze heures z'et demie; deux heures z'et demie_; elles diront avec beaucoup plus de naturel _il est onze heures et un quart_, etc., en supprimant la liaison.—«Lier les mots avec affectation dans les discours fut de tout temps le propre de la pédanterie; c'est un défaut de maître d'écriture.» (FRANCIS WEY).

=Liard=, s. m.—Ne dites pas: _je n'ai plus de petits liards_; dites, _je n'ai plus de petite monnaie_.—Prononcez _liar_ (en une seule syllabe) et non _li-ar_ ni _li-iar_.

=Libelle=, écrit injurieux, diffamatoire, est masculin: _un libelle violent_.

=Libelliste=, s. m., auteur de libelle; prononcez _libel'liste_; et non _libèliste_ ni _libel'lisse_.

=Liber=, s. m., troisième partie de l'écorce; prononcez _libère_.

=Libera=, s. m., prière pour les morts; prononcez _libéra_.

=Libéral=, _libéralité, libérer_.—Prononcez _libéral, libéralité, libérer_, et non, _libèral, libèralité, libèrer_.

=Librairie, Mairie, Seigneurie.=—Dites _librai-rie, mai-rie, seigneu-rie_, et non _librai-rerie, mai-rerie, seigneu-rerie_.

=Libre=, adj.: prononcez _li-bre_ et non _li-pre, li-pe, libère_.

=Licence=, s. f., grade que l'on prend dans les facultés de _théologie_ (et autrefois dans celles de droit et de médecine); c'est le degré entre le baccalauréat (le grade de bachelier) et le doctorat: _la licence en théologie, en droit canon_;—_le licencié_ est celui qui a pris le grade de la licence: _monsieur N. est licencié en théologie_.

=Licet=, s. m., permission; prononcez _licète_.

=Lichefrite=, s. f., ustensile de cuisine qui reçoit la graisse et le jus de viandes qu'on fait rôtir; dites, _la lèchefrite_.

=Lichen=, s. m., plante parasite qui croît sur les troncs d'arbres, sur les rochers, sur les murs; prononcez _likène_. (Acad.)

=Licol= ou =Licou=, s. m., lien de cuir ou de crin qu'on met autour du cou des chevaux pour les attacher à l'auge, au ratelier.—_Licol_ n'est employé qu'en poésie et devant une voyelle, pour éviter l'hiatus;—_licou_ fait au pluriel _licous_.

=Lier=, v., =Lien=, s. m.: prononcez _li-é, li-in_, et non _li-ié, li-iin_.

2. Ne dites pas: _lier les dents_; dites, _agacer les dents_.

=Lierre=, s. m., plante; prononcez _lière_ (_iè_ diphth.)

=Liesse=, s. f., joie; prononcez _li-èce_;—ce mot est vieux, dit l'Académie.

=Lieu.=—Les locutions, _donner lieu, trouver lieu, avoir lieu, y avoir lieu_, demandent la préposition _à_ devant un substantif et la préposition _de_ devant un infinitif: _je n'ai pas donné lieu à votre colère; j'ai lieu de_ (et non _à_) _me plaindre de vous_.

=Lieu-dit.=—Cette expression prend le trait d'union toutes les fois qu'elle ne peut pas se remplacer par les mots _lieu nommé_; ainsi il faut écrire: _cette pièce de terre est située à lieu dit_ (nommé) _derrière-la-ville_; tandis que vous écrirez: _cette parcelle est située à tel lieu-dit_.

=Lieue=, s. f.: voyez _heure_.

=Ligature=, s. f.—Ne dites pas: _la ligature d'un livre_, mais, _la reliure d'un livre_.

=Ligne=, s. f.—Ne dites pas: _une étoffe à ligne_, mais, _une étoffe rayée_.

2. Ne dites pas: _peignez cet enfant, et faites-lui sa ligne sur le côté_, dites, _sa raie_.—La _raie_ est un trait tiré de long avec une plume, un crayon, etc.; il se dit aussi d'une certaine séparation de cheveux qui se fait naturellement ou avec le peigne sur le haut de la tête. (Acad.)

=Ligner.=—Ne dites pas: _ligner du papier_ (tirer des lignes); dites, _règler du papier; cahier règlé_.

=Ligneul=, s. m., =ligneux=, adj. et subst.—Le _ligneul_ est un fil enduit de poix dont se servent les cordonniers; _ligneux_ signifie qui a la nature ou la consistance du bois: _la coque de la noix est ligneuse_: prononcez _li-gneux_ et non _ligh-neux_ (_g_ dur).

=Lilas=, s. m., arbuste, fleur: prononcez _lilà_.

=Limace=, s. f., ou =Limas=, s. m.; mollusque rampant, sans coquille, de forme allongée, à quatre tentacules, et ordinairement rougeâtre.—_Limaçon_, s. m., diffère de la limace et du limas en ce qu'il porte une coquille; ne dites pas: _ce jardin est rempli de limaçons_; dites, _de limaces_;—les wallons sont exposés à confondre ces mots.

=Limon, Timon.=—Le _limon_ est une des deux pièces de devant d'une charrette ou d'un cabriolet entre lesquelles se place le cheval;—le _timon_ est la pièce de bois de devant d'un carrosse, d'un chariot, des deux côtés de laquelle on attelle les chevaux.

=Linceul=, s. m.—Prononcez ce mot comme il est écrit, _linceul_ et non _linceuille_ (_l_ mouillée);—il ne se dit que du drap de toile dont on se sert pour ensevelir les morts.—Ne dites donc pas: _mettez des linceuls au lit de monsieur_; dites, _mettez des draps au lit..._ Dans cette acception on dit _drap_ et quelquefois _drap de lit_.

=Linéaire=, adj., qui a rapport aux lignes; prononcez _liné-aire_ et non _liné-iaire_ ni _lignéaire_.

=Linger, ère=, s., celui, celle qui fait commerce de toile, qui vend, qui fait du linge, qui travaille en linge.—Ce mot ne s'emploie pas dans le sens de blanchisseuse, lavandière, laveur, euse, repasseuse.

=Lingerie=, s. f.—On dit _un magasin de lingerie_ et non _de lingeries_.

=Lingual, ale=, adj., qui a rapport à la langue; prononcez _lingoual_.—Le masculin _lingual_ n'a pas de pluriel.

=Linguistique=, s. f., science des langues; _linguiste_, qui s'occupe de la linguistique;—prononcez _lingu-ïs-tique, lingu-ïste_ (_ui_ diphth.) et non _lingouistique, lingouiste_ ni _linghistique, linghisse_.

=Linteau, Liteau.=—Le _linteau_ est une pièce de bois, de pierre ou même de fer en travers, au-dessus d'une porte ou d'une fenêtre pour maintenir la maçonnerie;—le _liteau_ est une petite pièce de bois couchée sur une autre; en terme de chasse, c'est le lieu où le loup se repose pendant le jour; c'est aussi une raie rouge ou bleue sur du linge de table, et dans cette acception on ne l'emploie guère qu'au pluriel: _serviette à liteaux_ (et non _à linteaux_).

=Lion=, _lionne, lionceau_.—Plusieurs auteurs disent que _ion_ est diphthongue; nous ne saurions nous ranger à cette opinion; et nous continuerons a prononcer, comme on le fait généralement: _li-on, li-onne, li-on-ceau_.

=Lippe=, s. f., la lèvre d'en bas, lorsqu'elle est trop grosse ou trop avancée: _avoir une grosse lippe, une vilaine lippe_; ce mot est familier.

=Lippée=, s. f., bouchée et repas;—dans ce dernier cas, il est toujours accompagné de _franche_: _une franche lippée_.

=Lippu, ue=, adj., qui a une grosse lèvre: _les nègres sont lippus_; ce mot est familier.—Il s'emploie plus ordinairement comme substantif: _c'est un gros lippu_. (Acad.)

=Liquéfaction=, s. f., action de liquéfier; prononcez _liku-éfaction_ et non _likouéfaction_ ni _likéfaction_.

=Liquide=, _liqueur, liquoriste, liquéfier, liquider, liquidateur_: —prononcez _likide, likeur, likoriste, likéfier, likider, likidateur_.

=Lire.=—Ne dites pas: _j'ai lu hors d'un livre, hors du journal_; dites, _j'ai lu dans un livre, dans un journal_. (Fland.)