Part 2
=Ai, Aie, Aye=, (terminaisons en)—Généralement on fait trop sentir l'_i_ et l'_e_ des syllabes en _ai, aie, aye_. On prononce par exemple, _que j'aiïe, hai-ïe, clai-ïe, gai-ïe, pai-ïe_, etc., tandis qu'on doit dire: _que j'aî, haî, claî, gaî, paî_, (_aî long_). Il en est de même des mots en _oie_ et en _oye_, tels que _soie, voie_, que je _croie_, etc., qu'il faut prononcer _soî, voî_, que je _croî_, etc., (_oî_ long) et non: _soi-ïe, voi-ïe_, que je _croi-ïe_. (Wall.)
=Aider=, v. a.—_Aider quelqu'un_, c'est lui prêter plus ou moins d'assistance: _il faut aider les pauvres; aidez-le à descendre_.—_Aider à quelqu'un_, c'est, le plus souvent, l'assister en partageant ses efforts: _aidez à cet homme à soulever ce fardeau_.
=Aide de camp=, s. m.—Ce mot s'écrit sans trait d'union; faites sentir les deux _d_.
=Aides, Aises.=—_Je connais les aides, les aises d'une maison_, pour signifier les corridors, les chambres, les escaliers, la distribution d'une maison, n'est pas français; dites: _je connais les êtres_, subst. m. pl., et prononcez l'_r_ fortement, ainsi que dans toutes les finales en _dre, tre, gre, bre, fre, vre, cre_, etc.
=Aigle=, s'emploie au _féminin_, 1º dans le sens d'enseigne militaire: _les aigles romaines_, (les enseignes des légions romaines); 2º dans le sens d'armoiries: _l'aigle impériale_ (les armes de l'empire d'Autriche qui sont _une aigle_ à deux têtes).—Dans tout autre sens, _aigle_, s'emploie au masculin: _l'aigle fier et courageux, un aigle femelle_;—_c'est un aigle_, c'est-à-dire, un homme qui a un esprit supérieur.
=Aiguë=, (tréma), fém. de _aigu_: voyez _gu, guë_.
=Aiguière.=—Prononcez: _aighière_; de même _aiguiérée, anguille_. Voyez _gu_.
=Aiguiser=, v. a.—Prononcez l'_u_ et l'_i_ séparément: _aighuiser_ et non _aighouiser_, ou _aighiser_. Il en est de même de: _aiguille, aiguillade, aiguillée, aiguillon, aiguillonner, aiguisement_ et de tous les dérivés du mot _aigu_. Voyez _gu_.
=Aile= ou =Ale=, s. f., espèce de bière anglaise: prononcez _èle_:—L'Académie écrit _aile_.
=Aill.=—La syllabe _aill_ est longue au milieu des mots qui expriment une action, une chose plus ou moins méprisable ou ridicule, tels que _brailler, bretailler, bretailleur, se chamailler, éraillure, haillon, railler, railleur, rimailler, rimailleur_. Elle est brève dans les mots qui n'ont aucune signification désagréable: _ailleurs, caillou, maillot, paillette, tressaillir, vaillant, vaillance_: le mot _poulailler_ a l'_a_ long, parce qu'il dérive de l'ancien substantif féminin _poulaille_.
2. Les substantifs en _aille_, tous du genre féminin, ont généralement l'_a_ long ainsi que leurs dérivés: _bataille, batailler_, (excepté _bataillon_); _paille_ (les dérivés _paillasse, paillasson_ exceptés); _taille, tailler_, etc.; excepté _limaille, médaille, représaille_.—_Versailles, Noailles, la Fouraille, Aywaille_, etc., ont aussi l'_a_ long.
3. Les substantifs en _ail_, tous du genre masculin, ont au contraire l'_a_ doux: _ail, bail, corail, détail, éventail, travail_, et leurs dérivés; il faut y ajouter les noms propres: _Montmirail, Gail_, etc. (HENNEBERT.)
=Aimer.= Ce verbe exige la préposition _à_ devant un infinitif: ne dites pas: _cet enfant aime de jouer, cet élève aime de lire_: dites, _cet enfant aime à jouer, cet élève aime à lire_.
2. Ne dites pas: _mon professeur aime à ce que mes devoirs soient bien écrits_; dites: _mon professeur aime que mes devoirs soient bien écrits_.
3. _Aimer mieux_, devant un infinitif rejette toute préposition: _il aime mieux jouer, il aime mieux étudier_. Cependant on peut dire également: _cet enfant aime mieux jouer qu'étudier_, et _cet enfant aime mieux jouer que d'étudier_. (Acad.)
Aux temps composés, _mieux_ précède le participe passé: _j'ai mieux aimé_.
4. Prononcez _émer_ et non _èmer_: il en est de même de tous les mots où _ai_, première syllabe, est suivi d'une syllabe sonore: _aisé, j'aidai_, etc.
=Ain.=—L'_n_ des substantifs terminés en _ain_ ne se lie pas avec la voyelle du mot suivant: _le pain est fort cher_ (et non _le pain n'est fort cher_); _cet homme est vain et fier_ (et non _vain n'et fier_).
=Aine=, _eine_ et _ène_.—Prononcez _vène_ et non _vain-ne_:—_huitaine, dizaine, douzaine, vaine, certaine, lointaine, veine, il mène, il amène_, etc. (Wall.)
=Ainsi.=—_Est-ce bien vrai? Oui, c'est ainsi_: on dit plutôt, dans le style familier: _c'est comme cela_ ou _comme ça_, forme abrégée de _cela_.
2. _Ainsi_ n'est pas toujours synonyme de _donc_: ne dites pas: _vous voilà ainsi, vous partez ainsi_; dites: _vous voilà donc, vous partez donc_.
=Air=, s. m.: _air frais, air chaud, air froid_: v. _avoir l'air_.
=Airer=, pour _aérer_ est un barbarisme: _lieu aéré, aérer une pièce_ et non _lieu airé_, etc.
=Ajamber, Ajambée=, ne sont pas français; dites: _enjamber, enjambée_.
=Ajoute.=—Ce mot n'est pas français, et doit être remplacé par _allonge, rallonge_, ou _addition_, suivant le sens: _mettre une allonge_ ou _une rallonge à une jupe; la table est trop petite, mettez-y une allonge_ ou _une rallonge; l'auteur a fait à son livre de nombreuses additions_.—Prononcez _allon-ge_, et non: _allon-che_. Voyez les mots _prononciation_ et _finales_.
=Alargir=, barb.: _alargir une robe, un habit_: dites _élargir_.
=Albinos=, s. m. et f., race d'hommes blafards.—Prononcez _albinoce_.
=Alcoran=, s. m., livre sacré des Mahométans.—Ne dites pas: _l'Alcoran_, mais _le Coran_. En effet, il est à remarquer que _al_ en arabe correspond à notre article _le, la_; d'où il suit que vous ne pouvez pas plus dire _l'Alcoran_, que _la labible, le lelivre, la laplume_.
=Alentour=, autrefois préposition, est devenu adverbe; on dira donc: _je me promène autour du parc; j'étais dans le parc, et mon ami se promenait alentour_. _Alentour_ ne peut avoir de complément et doit toujours s'employer adverbialement.
2. Ne dites pas: _il travaille autour, à l'entour de sa maison, de son devoir_; dites: _il travaille à sa maison, à son devoir_.
=Alentours=, s. m. pl., n'a pas de sing., et signifie les lieux circonvoisins: _les alentours de Liége sont très-pittoresques_.
=A l'envi=, expression adverbiale qui signifie _avec émulation, à qui mieux mieux_: c'est une faute très-commune que d'écrire _à l'envie_.
=Alexandre, Alexandrine, Alexandrie=; l'_x_ est dure dans ces mots: _Alekçandre_ et non _Aleg-zandre_.
=A l'honneur.=—Ne dites pas: _Liége a érigé une statue à l'honneur de Grétry_; dites _en l'honneur de Grétry_.
=Aller.=—L'Académie admet _je vais_ et _je vas_, mais elle ajoute que cette dernière forme s'emploie rarement et seulement dans le langage familier.
2. _Je fus, tu fus, il fut_, etc., pour _j'allai, tu allas, il alla_, etc., se disent très-bien, quoi qu'en pensent Lévy, Boinvilliers, Chapsal, Poitevin, Girault-Duvivier, etc.: cette forme est consacrée par l'autorité de l'Académie et de plusieurs bons écrivains, notamment Corneille, M{e} de Sévigné: il ne peut donc rester l'ombre de doute sur cette question. Voyez la grammaire de M. l'abbé Péters, nº 584, où l'auteur fait justice des raisons spécieuses de ses contradicteurs.
3. Employez: _a été_, lorsque vous croyez qu'on est de retour: _Pierre a été à l'église, mais il n'y est resté qu'un instant._ Employez: _est allé_, lorsque vous croyez qu'on n'est pas de retour. _Mon père est allé à Paris, et il y séjournera trois mois._ Le wallon ici est un bon guide.
4. Ne dites pas: _Monsieur le baron a été ici_ (_chez nous_); dites: _Monsieur le baron est venu ici._
5. Ne dites pas: _je me suis en allé; on les a fait en aller_; dites: _je m'en suis allé; on les a fait partir_. Ne dites pas: _je m'y vais_, mais _j'y vais_.
6. Ne dites pas: _mon frère va sur vingt ans_; dites: _mon frère aura bientôt vingt ans_, ou _est dans sa vingtième année_.
7. Ne dites pas: _aller, voyager, revenir sur la terre, sur l'eau_; dites: _aller, voyager, revenir par eau, par terre_: _j'ai été à Namur et j'en suis revenu par eau_.
8. Ne dites pas: _il a voulu me faire aller_; dites: _se jouer de moi, se moquer de moi, me plaisanter, me faire poser, m'en faire accroire_, selon le sens.
9. Ne dites pas: _j'ai plusieurs endroits à aller_; dites: _je dois aller dans plusieurs endroits; j'ai plusieurs endroits à voir, à visiter; il faut que j'aille dans plusieurs endroits_.
10. _Allez! Allez!_ formule aussi inconvenante que: _vous en avez menti_; dites: _vous plaisantez sans doute; parlez-vous sérieusement ou pour plaisanter; apparemment vous plaisantez_.
11. _Aller avec_ veut être suivi d'un régime: ne dites pas: _vous partez, je m'en vais avec_; dites: _je m'en vais avec vous_: _avec_ est une préposition et non un adverbe. (Wall.)
12. Ne dites pas: _comment va? comment vous va? comment va-t-il?_ dites: _comment va votre santé? comment vous en va?_ et mieux, _comment vous portez-vous?_ (Acad.) Ne dites pas non plus: _Comment va-t-il avec vous?_ dites: _comment vous portez-vous?_ (Fland.)
13. Par raison d'euphonie, on supprime ordinairement la particule _y_ devant le futur _irai, iras, ira_, etc. _Ira-t-il à Rome? Il ira?_ Mais ce ne serait pas une faute de l'exprimer.
=Allocation, Allocution, Allodial, Allodialité, Alluvion, Allusion=: dans tous ces mots, prononcez les deux _ll_.
=Allonge=, dans le sens d'_élan_, d'_escousse_, n'est pas français; ne dites pas _j'ai pris mon allonge pour sauter_; dites: _mon élan, mon escousse_.
=Allonger= (_s'_).—Ne dites pas: _les jours s'allongent_; dites: _les jours croissent_.
=Allumer.=—Ne dites pas: _allumez la lumière, le feu_; dites: _allumez la bougie, la lampe; faites du feu_.
2. _Allumer_, dans le sens d'_éclairer_, n'est pas français. (Wall.)
=Almanach= est masculin et se prononce _almana_. Ne dites pas _armanach_ ou _almanak_; ne dites pas non plus _une almanach placante_; dites: _un almanach de comptoir_.
=Aloès=, s. m.—Prononcez _aloèce_.
=Alors= pour _ensuite_: _alors_ est un adverbe de temps qui signifie: _à cette époque, dans ce temps-là_, comme quand on dit: _il était autrefois bien riche; alors il se voyait entouré de flatteurs; dans ce temps-là ou alors, nous étions heureux_. Mais on emploie abusivement _alors_ pour _ensuite, puis, après, après cela_, en disant par exemple: _nous dinâmes, alors nous prîmes le café, alors nous nous promenâmes_; il faut dire: _ensuite nous prîmes le café, ensuite...._ Dites encore: _nous avons été à la messe, ensuite nous sommes venus déjeuner, puis nous sommes partis_, etc., et non: _alors, alors...._ Prononcez _alor_ et non _alorse_.
=Alouette=, s. f., oiseau.—Ne confondez pas ce mot avec _luette_, morceau de chair saillant placé à l'entrée du gosier: _il a la luette enflée; remettre la luette_: et non: _il a l'alouette_, etc.—Voyez _oue_.
=Amadou=, subst. masculin: _votre amadou n'est pas sec_ et non _votre amadou n'est pas sèche_.—Ne dites pas _amadoue_.
=Amancher.=—Ne dites pas: =amancher un balai=; dites _emmancher un balai_.
=Amande=: voyez _noix_ et _noyaux_.
=Amateur=, s. m.—L'Académie ne reconnaît point de féminin à ce mot. Beaucoup de personnes, à l'imitation de J.-J. Rousseau, disent _amatrice_.
=Amblève=, rivière de Belgique, qui prend sa source en Prusse et se jette dans l'Ourthe. On doit écrire _Amblève_ et non _Emblève_: 1º parce qu'on prononce invariablement _Amblève_ et non _Imblève_; 2º parce que l'_a_ figure dans le mot latin _Amblavia_ et dans le mot _Amel_ qui en est le nom allemand; 3º parce que le mot _Amblève_ vient du germain _Ambla_, aune (arbre) et _Ahva_, eau (rivière des aunes).—Il nous paraît donc tout-à-fait impossible de justifier la seconde orthographe (_Emblève_).
=Amelette=, pour _omelette_ ou _amulette_, n'est pas français.
=Amer=, s., boisson, est masculin: _cet amer n'est pas violent_: écrivez _amer_ et prononcez _amère_.
=Ami=, s. m.—On ne dit pas _être ami avec quelqu'un_, mais _de quelqu'un_: _je suis l'ami de Pierre_ ou _Pierre est mon ami; je suis son ami, il est mon ami_.
=Amical, ale=, adj., n'a point de pluriel masculin (Acad.); quelques grammairiens disent _amicals_; Boiste et Boinvilliers disent _amicaux_: nous préférerions cette dernière forme, si le pluriel d'amical devenait nécessaire. (SOULICE et SARDOU).
=Amict=, s. masculin, sorte de linge bénit dont le prêtre se couvre les épaules: prononcez _ami_ et non _emike_ ni _amik-te_.
=Amitié=, s. f.—Prononcez _amiti-é_ et non _ami-tchi-é_.—Voyez _ti_.
=Amitieux.=—Ce mot n'est pas français; remplacez-le par _carressant, aimant, aimable, affectueux_; _cet enfant est fort carressant_.
=Amment=, se prononce _aman_ et non _an-man_: _apparamment, constamment, précipitamment_.—Il en est de même de _emment_: _récemment, prudemment_.
=Amen=: prononcez _amène_.
=Amnistie=, s. f., =Armistice=, s. m.—L'_amnistie_ est un pardon accordé par le souverain.—L'_armistice_ est une suspension d'armes: on faisait autrefois ce dernier mot du féminin.
=Amont=, s. m. =Aval=, s. m.—Amont est le côté (d'en haut) d'où vient la rivière; il est opposé à l'_aval_, côté vers lequel descend la rivière: _ces bateaux viennent d'amont_ (descendent); _ils viennent d'aval_ (ils montent).
=Amour= est masculin: _l'amour des mères est le plus généreux de tous les amours; sculpter, peindre de petits amours_.—Dans le sens de passion, il est ordinairement masculin au singulier et féminin au pluriel: _un fol amour, de folles amours_; et, par extension: _mon pays, mon premier amour, mes plus chères amours_.
=Amouracher=; ne dites pas: _enmouracher_.
=An=, s. m., année: ne dites pas _à la nouvel an_; dites: _au nouvel an_ ou _à la nouvelle année_.
=Ancêtres=, subs. m. pl., ayeux, n'a pas de singulier: prononcez _ancê-tres_ et non _ancète_ ni _ancè-tère_.
=Anche=, s. féminin, tuyau pour pousser l'air dans les instruments à vent: _une anche de clarinette_.—Prononcez _anche_ et non _ange_.
=Anchois=, s. masculin: _de bons anchois_.
=Ancienne=, fém. de _ancien_; prononcez _anciène_ et non: _ancien-ne_.
=Andain=, s. m., rangée de foin qu'un faucheur coupe à la fois.
=Andante=, t. de musique: prononcez _andanté_ et non _andante_.
=Ane= est masculin et fait _ânesse_ au féminin: _A laver la tête d'un âne on perd sa lessive_.
=Ange=, s. masculin, esprit céleste: _l'ange gardien_; prononcez: _an-ge_, et non _an-che_, et appuyez fortement sur le _g_.
=Angelus=, s. m.—Ne dites pas: _sonner les angelus_; dites: _sonner l'angelus_: ce mot ne se prend pas au pluriel et se prononce _angeluce_.
=Angora=, s. m., chat; ne dites pas _angola_.
=Anguille=, s. f., poisson: prononcez _anghille_, en mouillant les _l_, et sans faire sentir l'_u_: voyez _gu_.
=Anis=, s. m., plante, graine, dragées: prononcez _ani_ et non _anizes_.—Dites _anisette_ et non _anis_ pour désigner la boisson qui porte ce nom.
=Annales=, s. f. plur.—Faites sentir les deux _n_, _an-nales_, ainsi que dans les mots suivants: _annal, annaliste, annate, Anna_ (subst. pr.), _annexe, Annibal, annihiler, annoter, annuaire, annuel, annuité_.
=Année=, s. f.—Prononcez _a-né_, _é_ long, et non _an-né_ ni _a-néïe_: voyez _é, ie_ et _an_.
=Anniversaire=, cérémonie qui se fait le même jour chaque année, est un substantif masculin: _le second anniversaire; un anniversaire solennel_.
=Annoté=, part.—Ne dites pas: _tous les articles de mon magasin sont annotés en chiffres connus_; dites, _sont marqués_.
=Anoblir= et =Ennoblir.=—_Anoblir_, c'est rendre noble en donnant un titre de noblesse: _le roi l'avait anobli_. _Ennoblir_, c'est élever, donner de la noblesse: _ces sentiments vous ennoblissent; les beaux arts ennoblissent une langue_.—_Ennoblir_, prononcez _an-noblir_ et non _a-noblir_.
=Anonyme=, qui est sans nom: _ouvrage anonyme_; _pseudonyme_, qui a un faux nom: _le pseudonyme de cet ouvrage est N._ (c'est-à-dire N. est un nom faux, il n'en est pas le véritable auteur).
=Antechrist=, s. m., en un seul mot: prononcez _antecri_;—_Christ_, Prononcez _Chris-te_;—_Jésus-Christ_, prononcez _Jésucri_.
=Antichambre= est _féminin_ comme _chambre_: _une belle antichambre_.
=Anticipativement=: ce mot n'est pas français; dites donc, _la rétribution est de 100 frs. par an, payable d'avance_ ou _par avance et par trimestre_, et non, _payable anticipativement_.
=Antique= est opposé à _moderne_;—_ancien_ à _nouveau_;—_vieux_ à _neuf_: _dans une chapelle antique on voyait d'anciens règlements écrits sur de vieux parchemins_.
=Ao, Aon, Aou.=—L'_a_ est bref dans ces trois combinaisons: _cacao, chaos, Lycaon, Phaon, Pharaon_.—L'_o_ est nul dans _Craon_ (ville), _faon, Laon_ (ville), _paon_; lisez donc _Cran, fan, Lan, pan_. Il en est de même des dérivés _faonner, paonne, paonneau, paonnier, Laonais, Craonais_ qu'il faut prononcer _faner, pane, paneau, panier, Lanais, Cranais_.—C'est l'_a_ qui s'élide dans _aoriste_ (voyez ce mot), _août, aoûteron, curaçao, Saône_ (rivière), _Saonais, Saint-Laon_ (ville), _saoul, saouler_ (on écrit généralement aujourd'hui _soûl, souler_) _taon_ (insecte); on prononce donc _oriste_ (quelques-uns prononcent _aoriste_ et _saône_), _oût, oûteron, sône, curaço, Sonais, Saint-Lon, sou, souler, ton_.—L'_a_ et l'_o_ se prononcent dans _aorte, aortique_ et dans _aoûté_, participe passé du verbe _aoûter_ (qui ne s'emploie plus guère qu'à ce temps): pron. _aorte, aortique, aoûté_. (HENNEBERT).
=Août=, s. m., huitième mois de l'année: voyez _ao, aon, aou_.
=Apercevoir=, v. a., s'écrit avec un seul _p_.
=Apothicaire= ne se dit plus aujourd'hui; on dit _pharmacien_.
=Apparution, Disparution=: écrivez et prononcez, _apparition, disparition_;—cependant on dit _comparution_, action de comparaître en justice.
=Appas= ou =Pas=, dans le sens de _marche_, de _degré_ d'un escalier, de _seuil_ d'une porte, n'est pas français.
=Appel=, s. m.—Dites _appeau_, en parlant des instruments avec lesquels on imite le chant des oiseaux.
=Appeler.=—Dites _appeler_ d'un jugement et non: _rappeler_.
=Appendice=, s. m.: on prononce _ap'paindice_ et non _apandice_.
=Applanter= n'est pas français: ne dites donc pas: _cette prairie est applantée d'arbres_; dites: _plantée d'arbres, garnie d'arbres_.
=Applaudir=, v. a. et n.—_Applaudir quelqu'un_ ou _quelque chose_, c'est, 1º battre des mains en signe d'approbation: _on a vivement applaudi le poète; on a surtout applaudi le dernier vers_; 2º louer: _chacun l'a applaudi d'une si bonne action; on ne peut qu'applaudir un pareil trait_. (Acad.)
2. _Applaudir à quelqu'un_ ou _à quelque chose_, c'est l'approuver: _s'il faisait cette bonne action, tout le monde lui applaudirait; j'applaudis à votre bonne conduite_.
=Appliquer=, v. a.—Ne dites pas: _une amende de cinq francs est appliquée à tout membre qui, etc._; dites, _est infligée_.
=Appointements=, s. m. pluriel: _ses appointements_ (et non _son appointement_) _sont de 2000 frs._: voyez _gage_.
=Apprendre.=—Ne dites pas: _ma sœur s'est apprise elle-même à broder_; dites: _ma sœur a appris d'elle-même à broder_.
2. On dit très-bien _j'apprends la musique_ (j'enseigne) _à cet enfant_. (Acad.)
3. Ne dites pas: _j'ai appris cela auprès de lui_; dites _de lui_.
=Apportez= _votre ami, votre frère_, pour _amenez votre ami, votre frère_, est un flandricisme.
=Apprenti=, s. m., et non _apprentif_, fait au féminin _apprentie_ et non _apprentise_ ni _apprentisse, apprentive_.
=Apprêt=, s. m., préparatif: prononcez _aprè_.
=Apprêter=, v. a. et n. Ne dites pas: _cela prête à rire_, pour signifier que telle chose rend ridicule, donne à rire, donne une occasion de rire; dites: _cela apprête à rire; si vous faites telle chose, vous apprêterez à rire à tout le monde_. (Acad.)
=Après.=—Ne dites pas: _on demande après vous; chercher après quelqu'un_; dites: _on vous demande, chercher quelqu'un_.
2. On dit très-bien: _courir, attendre après quelqu'un_. (Acad.) Avis à certains grammairiens qui condamnent ces expressions.
3. Ne dites pas: _il est en colère, il est fâché après vous_, mais _... contre vous_;—_il est occupé après ce travail_, mais _... à ce travail_.
4. Ne dites pas: _mettez les chevaux après la voiture_; dites, _mettez les chevaux à la voiture_.
5. Ne dites pas: _la clef est après la porte_, dites, _la clef est à la porte_. (Fland.)
6. _Par après_ n'est pas français; dites simplement _après_.
=Après-dînée, Après-soupée= sont des subst. _féminins_ et s'emploient de préférence à _après-dîné, après-dîner_, ou _après-soupé, après-souper_ qui sont du masculin. Le pluriel est _après-dînées, après-soupées_; l'Académie ne donne pas le plur. de _après-midi_. _Après-midi_ est également du _féminin_, quoique plusieurs le fassent du _masculin_. (Acad.)
=Aquatique, Aquarelle, Aquatile, Aquarium, Aqua-viva, Aquador, Aquariens, Aqua-tinta=: prononcez _akouatique, akouarelle, akouatile_; etc. Voyez _qu_.
=Aqueduc=, s. m., canal pour conduire l'eau: prononcez _akeduc_ et non _akéduc, akèduc_.
=A quia=, loc. adv.—_Être, mettre à quia_, être réduit, réduire quelqu'un à ne pouvoir répondre: _cet élève a été dix fois à quia pendant la classe_: prononcez _akuia_ et non _a kouia_. Voyez _qu_.
=Aquilin, Aquilon=: prononcez _akilin, akilon_. Voyez _qu_.
=Ar= et =Arr=, au commencement des mots, sont brefs: _arrondissement_, prononcez _arondissement_, et non _ârondissement_; _arroser_, _a-roser_ et non _âroser_.
=Arbalète=, s. f.—On dit une _arbalète_ et un _arbalétrier_.
=Arborer=, dans le sens de _d'arbres plantés_, n'est pas français: ainsi ne dites pas, _une prairie bien arborée_; dites _une prairie bien garnie d'arbres_.
=Arc=, s. m., =Arc de triomphe=, s. m., (sans traits d'union), prononcez _arke_.—_Arc-boutant, arc-bouter, arc-doubleau_; prononcez _arboutant, arbouter, ardoubleau_. _Arc-en-ciel_ se prononce _arkenciel_, même au pluriel, qui s'écrit _arcs-en-ciel_. (Acad.) Voyez _c final_.
=Archaïsme=, s. m.—Mot antique, tour de phrase suranné;—_archange_, s. m.;—_archéologie_, s. f., science des monuments de l'antiquité; —_archéologique_, adj.;—_archéologue_, s. m.;—_archétype_, s. m., terme didactique, original, patron, modèle;—_archiépiscopal, ale_, adj.;—_archiépiscopat_, s. m.;—_archontat_, s. m., dignité de l'archonte;—_archonte_, s. m., titre des principaux magistrats grecs, surtout à Athènes.—Dans tous ces mots _ch_ se prononce comme _k_; partout ailleurs _arch_ ou _archi_ se prononce comme le _ch_ français, dans _franchise, chemise_, etc.
=Archal= (_fil d'_), prononcez l'_l_.—Ne dites pas _du fil d'archat_ ou d'_aréchal_, mais _du fil d'archal_.
=Archelle=, n'est pas français; c'est _osier_ qu'il faut dire.
=Ardoisier=, s. m.: celui qui possède ou qui exploite une carrière d'ardoises; ne dites pas _ardoisier_ pour désigner un ouvrier couvreur; mais dites _couvreur en ardoise_, comme on dit _couvreur en chaume, en tuile_.
=Are=, est un subst. _masculin_: _un are de terre_.
=Are= et =Arre=, ont l'_a_ grave dans les substantifs de deux syllabes dont l'_a_ n'est point initial; _gare, barre, gare, tare_, etc.—Ajoutez l'adjectif _rare_, le verbe _je narre_ et tous les dérivés, à l'exception de _narratif, narration, narrateur_. L'_a_ est moyen dans _lares, mare, phare, tiare_; il est bref dans les dérivés _barrique, barricade, barricader_. (HENNEBERT.)
=Arêt.=—Ne dites pas: _j'ai manqué d'avaler une arêt_ (de poisson); dites _une arête_.
=Argot=, s. m.—Ne confondez pas _argot_ avec _ergot_: _argot_ est le jargon des filous qui n'est intelligible qu'entre eux; _ergot_ est cette corne molle que les chevaux porte entre les jambes; _ergot_ signifie encore une sorte de petit ongle pointu qui se trouve aux pieds de certains animaux: _les ergots d'un coq_.—Ne dites pas: _cet homme est bien argoté_, mais, _cet homme est intelligent, instruit, rusé, entend bien ses intérêts_, selon le sens.
=Argus=, s. m., espion domestique; prononcez _arguce_.—Voyez _s finale_.
=Arlequin.=—Ne dites pas _harlequin_. (_h_ aspirée.)
=Armes=, s. f. pl.—Ne dites pas: _la garnison est sur les armes_; dites _la garnison est sous les armes_. (Wall.)
=Armistice=, s. m.: voyez _amnistie_.