Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc.

Part 15

Chapter 152,644 wordsPublic domain

=Friper=, dans le sens de manger avec avidité, goulûment, est français, mais il est bas.

=Frisquin= (_saint_), tout ce qu'on possède: on doit dire _frusquin, saint-frusquin, saint-crepin_: _il a perdu tout son frusquin, son saint-frusquin; perdre son saint-crepin; porter tout son saint-crepin_;—_saint-frusquin_ se dit principalement de l'argent et des nippes et _saint-crepin_, de la fortune en général.—Écrivez et prononcez _crepin_ et non _crépin_ ni _crespin_.

=Froc=, s. m., habit de moine: prononcez _froke_.

=Froid.=—On ne dit pas _avoir froid_ (ou _avoir chaud_) _des pieds, des mains_, etc.; on ne dit pas non plus _avoir froid_ (ou _avoir chaud_) _les pieds, les mains_, etc.;—on doit dire: _avoir froid_ (ou _avoir chaud_) _aux pieds, aux mains_, etc. Par conséquent on doit dire en parlant des mains, des pieds, etc.: _j'y ai eu froid_ (ou _chaud_) et non _j'en ai eu froid_.

2. Ne dites pas: _j'ai gagné un froid qui me fait tousser_; dites, _j'ai gagné un rhume; je suis pris, j'ai été pris, saisi d'une fraîcheur, d'un rhume, d'un refroidissement_.

3. _Froid_ (_battre_), v. n., est français et signifie recevoir une proposition d'une manière à faire voir qu'on n'est pas disposé à l'accepter.

4. _Faire froid_, et plus souvent, _battre froid à quelqu'un_, c'est le recevoir avec moins d'empressement, avec un visage moins ouvert qu'à l'ordinaire. (Acad.)

=Froidir=, v. n. et pronom., devenir froid: _il a laissé froidir son dîner_: ce mot est vieux, on dit plutôt _refroidir, se refroidir_.

=Froidure, froideur, froid.= _Froidure_ se dit uniquement du froid répandu dans l'air: _j'ai supporté la froidure des climats_.—_Froideur_ s'emploie toujours au figuré et signifie indifférence, insensibilité: _je n'ai pu endurer la froideur des grands_.—Beaucoup de personnes emploient abusivement ces expressions pour le mot _froid_.

=Fromage.=—Dites _un fromage d'Edam_ (espèce de fromage de Hollande fabriqué à Edam) et non _fromage de dames_.—Prononcez _froma-ge_ et non _froma-che_.

=Frugale, ale=, adj., qui vit de peu; ce mot n'a pas de pluriel masculin (Acad.)—Quelques grammairiens disent _frugals_, d'autres, _frugaux_. Cette dernière forme serait préférable, si le plur. masc. devenait nécessaire.

=Fruit=, s. m.—On ne dit pas: _manger un fruit_, mais, _manger du fruit_.—Ne dites pas non plus: _il lui a donné un fruit pour son goûter_; dites, _il lui a donné du fruit_ ou bien, _il lui a donné une pomme, une poire, un raisin_.

=Fumé.=—Ne dites pas, _de la viande enfumée, un jambon enfumé_, mais, _de la viande fumée, un jambon fumé_.

=Funéraire=, adj.—Ne dites pas: _un service funéraire, un service mortuaire_; dites, _un service funèbre_.

2. _Funèbre_, est un adjectif propre à dépeindre tout ce qui accompagne les funérailles, et par extension tout ce qui a un air de mort: _pompe, appareil, honneurs, ornements, chant, convoi funèbres; images funèbres; oiseaux funèbres_...

3. _Funéraire_ est, comme _mortuaire_, un terme abstrait, de légiste, d'homme d'affaires, d'intendant, qui convient surtout, sinon uniquement, dans la locution, _frais funéraires_; on dit un _drap mortuaire, registre mortuaire, extrait mortuaire, droits mortuaires_.

=Fur.=—_Au fur et à mesure, à fur et mesure_: ces deux expressions signifient _à mesure, à proportion_: _je travaillerai au fur et à mesure que vous m'apporterez de l'ouvrage_; voyez _fait-à-fait_.

=Furieux=, _furieusement_.—Ces mots s'emploient figurément et familièrement dans le sens de prodigieux, qui est excessif et extraordinaire dans son genre, et alors il précède toujours le substantif: _c'est un furieux mangeur, un furieux menteur; voilà un furieux travail; il s'est donné un furieux coup, une furieuse entorse; il fait une furieuse dépense; voilà un furieux poisson; il est furieusement grand, il est furieusement riche; il ment furieusement; elle est furieusement laide_. (Ac.)—Voyez _terrible_ et _terriblement_.

=Fusil=, s. m.—L'_l_ finale ne sonne pas (_fuzi_), non plus que dans les mots _baril, chenil, coutil, fenil, outil, persil, sourcil_.

G

=G.=—Devant _a, o, u_, il se prononce dur; devant _e_ et _i_ il s'amollit et se prononce comme _j_.

2. Dans le premier cas, les flamands doivent se garder de prononcer le _g_ du gosier; ils ne doivent pas prononcer _ghagner, ghobelet, ghide_, mais _gagner, gobelet, guide_.—Devant _e_ et _i_ ils doivent éviter de le prononcer comme _se, sé_ ou _sié_: _sibier, siémir, silet, sielée, fromase_, etc., pour _gibier, gémir, gilet, gelée, fromage_.

3. Les wallons, de leur côté, sont exposés à prononcer la syllabe _ge_ comme _che_: _ramache, plumache, rouche, horloche, prodiche, granche, sonche, lochement, juchement, prolonchement_, etc., au lieu de _ramage, plumage, rouge, horloge, prodige, grange, songe, logement, jugement, prolongement_.—Nous recommandons beaucoup aux professeurs, d'abord de se surveiller eux-mêmes et ensuite de donner à leurs élèves force exercices, afin de les initier bon gré mal gré à la bonne prononciation.

4. Le _g_ final, suivi d'une voyelle se prononce ordinairement comme _k_: _un long hiver_; à la fin de certains mots il ne se prononce pas, même devant une voyelle: _étang, seing_, etc.

=Gage.=—En parlant du salaire des domestiques et des gens de service, ce mot ne s'emploie qu'au pluriel: _gagner de gros gages_ (et non _un gros gage_); _les gages d'un laquais, d'une servante_.—_Appointements_ se dit des emplois plus relevés;—_honoraires_ et _émoluments_ se disent des professeurs, des médecins, des avocats, et de ceux dont on obtient quelque conseil ou quelque service honorable.—Prononcez _gaje_ et non _gache_.

=Gageure=, s. f., pari; prononcez _gajure_ (Acad.); il faut préférer les mots _pari_ et _parier_ aux mots _gageure_ et _gager_.

2. _Gager, Parier_.—Ne dites pas _gager, parier pour une somme_, mais, _gager, parier une somme_: _je gage, je parie cent francs, ma montre, ma tête que...._

=Gagne=, dans le sens de _gain_, et _gagnage_, dans le sens de _ouvrage, travail, gain_, ne sont pas français.

=Gagner.=—Ne dites pas en parlant du jeu: _je suis gagné, je suis perdu_; dites, _j'ai gagné, j'ai perdu_.—On dit _gagner_ une bataille et _remporter_ une victoire.—Prononcez _gagner_ (_a_ bref) et non _gâgner_ (_â_ long).

=Gaiement=, adv. =Gaieté=, s. f.: on écrit aussi _gaiment, gaîté_.

=Galant, te=, adj.—Un _galant homme_ est un homme poli et serviable; un _homme galant_ est celui qui cherche à plaire.

=Galette, Gauffre.=—Une _galette_ est une espèce de gâteau cuit au four, qui a la forme d'un pain aplati.—Les _gauffres_ sont cuites entre deux fers et présentent à la surface de petits carreaux ou des dessins en relief.—Il faut donc nommer _gauffre_ ce qu'on appelle généralement _galette_:—_galet_, dans ce sens, n'est pas français.

=Galop=, s. m., dans le sens de _savon, réprimande, semonce, saccade, garde_, est un terme populaire: prononcez _galô_ (_ô_ long).

=Gangrène=, s. f.—On prononce _cangrène_ selon l'Académie qui écrit aussi _cangrène_; nous ferons toutefois remarquer que la prononciation _gangrène_ commence à être en faveur; il en est de même de _gangrener, gangreneux_.

2. Ne dites pas _gangrin-ne_ mais _gangrè-ne_; prononcez _gangrener, gangreneux_ et non _gangrèner, gangrèneux_.

=Garçons=, s. m.—Ne dites pas: _les garçons ne sont pas à la maison_; dites, _les enfants, mes enfants, mes frères..._

=Garde à= (=prendre=), et =Prendre garde de=.—_Prendre garde à_, s'emploie surtout avec un substantif pour complément: _prenez garde à ce cheval, à ce fossé_.—Avec un verbe, on met plutôt _de_: _prenez garde de tomber, prenez garde de vous brûler_.

2. Quand on met _à_ devant un infinitif, c'est pour indiquer ce qu'il faut faire et non ce qu'il ne faut pas faire: _prenez garde à ne pas tomber; prenez garde à bien conserver votre équilibre; prenez garde à bien sauter_.

3. _Garde_, s., est féminin, quand il désigne tout un corps: _la garde royale, la garde d'honneur, la garde nationale, la garde civique_. Mais il est masculin, quand il désigne une ou plusieurs personnes tirées d'un corps: _un garde royal, un garde civique_, c'est-à-dire, un homme qui fait partie de la garde royale, de la garde civique.

4. _Garde-enfants_ ou _garde-d'enfants_: dites _une bonne d'enfants_ ou simplement _une bonne_.

5. _Garde-champêtre_, s. m.: prononcez _gar-de-cham-pê-tre_ et non _garte-champette_ ni _garde-champêtère_.

6. _Garde-Chasse_, s. m.: prononcez _gar-de chasse_ et non _garte-chasse_; il en est de même de _garde-corps, garde-fou, garde-forestier, garde-malade_, etc.

7. _Garde-robe_, s. f.: prononcez _gar-de-ro-be_ et non _gart'rope_.

=Gare, Garde.=—On dit _gare dessous, gare l'eau, gare la bombe, gare le fouet; frapper sans dire gare; si vous faites cela, gare les conséquences_. Mais il faut dire _garde_ (et non _gare_) _à vous_ (sous-entendu _prenez_.)

=Garni.=—On dit, _une robe garnie d'or, de dentelle; un chapeau garni de fleurs_, et non, une _robe garnie en or, en dentelle, ... en fleurs_. (Acad.)

=Garnisaire.=—Prononcez _garnizaire_ et non _garnissaire_, homme en garnison chez un débiteur ou chez le débiteur du gouvernement.

=Gasse=, est wallon, dans le sens de _banquet, gala_.

=Gastrique=, est un adj.; il signifie qui tient ou appartient à l'estomac: _le suc gastrique_.

=Gastrite=, s. f., est une inflammation de l'estomac: _il souffre d'une gastrite_ et non d'une _gastrique_.

=Gâter, Gâteau=: prononcez _â_ long: _gâter, gâteau_.

=Gaudron, Gaudronner=, pour _goudron, goudronner_, sont des barbarismes.—_Gaudronner_ et _godronner_ ont une toute autre signification.

=Gaz=, s. m., fluide aériforme: prononcez _gâze_ et non _gâce_.

=Gaze=, s. f., espèce d'étoffe: prononcez _gâze_ et non _gâce_.

=Geai=, s. m., oiseau.—Ne dites pas, _noir comme du geai_ mais _noir comme du jais_ ou _comme jais_: le _jais_ est une pierre noire susceptible d'un beau poli.

=Géant=, fait _géante_ et non _géane_ au féminin.

=Gelée, Gelure=, s. f.—Ne dites pas: _j'ai des gelées_ ou _des gelures aux pieds_, mais, _j'ai des engelures aux pieds_: prononcez _geler, gelée_ et non _gèler, gèlée_.

=Geler=: voyez _engeler_.

=Gémeaux=: voyez _jumeau_.

=Général=, s. et adj.: prononcez _général_ et non _gènèral_ ni _gènèrâl_.

=Génie.=—_Officier de génie_ signifie, officier qui a du génie; _officier du génie_ se dit d'un officier qui appartient au corps nommé _le génie_: on peut donc être officier _du génie_ sans être officier _de génie_ et vice-versâ.—Prononcez _génî_ (_î_ long) et non _géniïe_.

=Genièvre=, s. m., boisson: prononcez _geniè-vre_ et non _genièfe_ ni _genèvre_.

=Genre des mots.=—Nous donnons la liste des mots dont le genre peut paraître douteux et de ceux auxquels on donne souvent un genre contraire à l'usage.

2. Noms _masculins_ auxquels on donne quelquefois, par erreur, le genre _féminin_:

abîme abreuvoir acabit accessoire acrostiche acte adage affront âge alambic albâtre aloi alvéole amadou amalgame ambe amour (au sing.) amidon anachronisme anathème anchois âne angora animalcule anniversaire antidote antre aphte apologue appareil appel appendice après-dîner après-souper aqueduc arc are armistice arrosoir article artifice as astérisque asthme atome âtre auditoire augure auspice autel automate automne avé balustre bec-figue bifteck brou calque calville capendu caprice caramel catafalque centime cents chambranle chanvre cigare comble concombre crabe crêpe déciare décime décombres (plur.) décrottoir, délice dialecte v. le _Dict._ échange éclair élixir éloge emblème embouchoir émétique emplâtre emploi encensoir encombre en-tête entonnoir entr'acte entre-sol épeautre épiderme épilogue épisode épithalame équinoxe érésipèle esclandre escompte espace étage éteignoir eucologe évangile éventail éventaire exemple, exorde v. le _Dict._ fastes finale (d'opéra) frac garde, gens, gîte v. le mot _garde_. v. le mot _gens_. globule gramme hameçon hanneton harmonica hectare héliotrope hémisphère hémistiche héritage hochequeue horoscope hortensia hospice hôtel hydrogène hymne hypocondre (chant ou poésie profane) if incendie indice insecte insigne interstice intervalle inventaire iris isthme ivoire légume leurre libelle litige litre losange, mânes v. le _Dict._ manganèse mastic monticule myriagramme naphte obélisque obstacle obus omnibus ongle opuscule orage oratoire orchestre ordre organe orgue (au sing.) ours outil outrage ouvrage ovale oxigène panache paradoxe parafe pécule pénates perce-oreille pétale pétiole pique planisphère (couleur du jeu de cartes.) plantoir platine (métal.) plâtre pleurs pore prêche quadrille quelque chose, remise (une voit.) v. le _Dict._ rouge-gorge sabre saule simple squelette soque (plante médicin.) stade steppe store tire-ligne trèfle trombone tulle ulcère uniforme ustensile ventricule vignoble viscére vivres (pl.) volatile

3. Noms _féminins_ que, par erreur, on fait quelquefois _masculins_:

aire alcove allonge amnistie amorce amour (au pl.) ampoule anagramme anicroche antichambre antienne après-dînée après-midi après-soupée arbalète archives arête armoire arrhes arrière-boutique arrière-cour atmosphère auberge avant-cour avant-garde avant-scène averse balançoire barres pl. (jeu) batiste boutique bure (puits) casaque cendrillon cible colophane débâcle décrottoire délice (au pl.) (voy. le _Dict._) dent disparate ébauche ébène écaille écale écharde échasse écritoire écumoire emplette énigme épigramme épitaphe épithète équerre équivoque esquisse établi fibre filosèle friche garde, glaire v. le _Dict._ glissoire glu héliotrope herse hydre hyène hymne idole immondice (chant d'église.) impériale insomnie insulte jujube laideron lavasse losange, manche, martre ou marte v. le _Dict._ v. le _Dict._ mécanique mésange nacre oasis obole obsèques (pl.) office, v. le _Dict._ offre oie ombrelle orge, v. le _Dict._ orgue (au pl.) ouïe paroi passoire patenôtre pédale perce-neige poudre (médica.) primevère quelque chose, v. le _Dict._ réglisse relevailles (pl.) sauvegarde sentinelle simarre soie (crin.) stalle tirelire tôle vertèbre vis volatille

Pour les substantifs qui, d'après leurs différentes acceptions ou leurs divers genres, ont des genres doubles, voyez le _Dictionnaire_.

4. =Genre=, s. m.—Ne dites pas: _cette plaisanterie, cette manière de parler est de bon, de mauvais genre_; dites, _de bon, de mauvais goût; de bon, de mauvais ton_.

5. Ne dites pas: _homme de bon genre, femme de mauvais genre_; dites, _homme du bon ton, femme du mauvais ton_.—On dit aussi: _homme qui sait bien le monde, qui sait bien son monde, homme du grand monde_.

6. Ne dites pas: _être vêtu dans le bon genre_; dites, _avec goût, à la mode, à la dernière mode_.—Prononcez _jan-re_ et non _jâ-re_.

=Gens.=—_Gens_, veut au féminin les adjectifs qui le précèdent, et au masculin ceux qui le suivent: _de dangereuses gens, des gens dangereux; quelles gens! de telles gens sont à plaindre; je m'accommode de certaines gens, mais non de toutes gens_.—_Exceptions_: Les adjectifs _tel, quel, certain, maints, tout_, se mettent au masculin:—1º quand l'adjectif qui les suit n'a qu'une seule terminaison pour les deux genres: _quels braves gens! certains honnêtes gens; maints jeunes gens; tous les jeunes gens_.—2º Quand le substantif _gens_ est suivi d'un ou de plusieurs mots qui restreignent sa signification: _quels gens adroits! certains gens d'affaires; tous les gens sensés; tous gens bien connus; tous ces gens-là; tous les gens de loi, d'église_, etc.—3º Quand ils ne sont pas suivis immédiatement de leur substantif: _quels sont ces gens-là? tels sont les gens que vous fréquentez_.—_Lequel_ suit la même règle: _lesquels de ces bonnes gens voulez-vous récompenser?_—Quant aux participes passés, ils se mettent toujours au masculin: _instruits par l'expérience, les vieilles gens sont ordinairement prudents; ce sont les meilleures gens que j'aie jamais vus_. (M. l'abbé PÉTERS, _Grammaire_.)

2. On prononce _gean_, devant une consonne ou une _h_ aspirée ou lorsque _gens_ est seul ou à la fin d'une phrase: _gens peureux, gens hardis_. Devant une voyelle ou une _h_ muette, prononcez _geanze_: _gens instruits, gens habiles_.—Ce mot n'a pas de singulier; en vers, dans les genres légers, _gent_ s'emploie pour _race_: _la gent trotte-menu_ (les souris), _la gent marécageuse_ (les grenouilles). (LAFONTAINE.)

=Gentil=, adj.—L'_l_ ne se prononce que devant une voyelle et dans les mots composés, et il prend alors le son mouillé _un gentil_ (genti) _garçon_; _un gentil_ (gentille) _enfant_; _la gentillesse_ (gentiliesse); _un gentilhomme_ (gentiliome); _gentilhommerie_ (gentiliomerie).

2. Un _gentilhomme_ est un homme de naissance noble; un homme _gentil_ est un homme d'un commerce agréable, de manières affables.

3. Au pluriel, l'_l_ ne se prononce pas: _de gentils_ (gentis) _enfants_, _des gentilshommes_ (gentisomes); _les gentils_ (genti), c'est-à-dire, les payens, les idolâtres.

4. Au féminin, _gentille_, les _ll_ sont également mouillées: _une gentille fille_.

5. _Gentil_ signifie joli, agréable, gracieux et non _laborieux, actif_: _ce bijou est gentil; des manières gentilles; une chanson fort gentille; faire le gentil_ (l'agréable).

=Gentleman=, s. m., titre en Angleterre: prononcez _dgenn'tlemène_.

=Geôlier, Geôle, Geôlage=: l'_o_ est long, et l'_e_ ne se fait pas sentir: _jôlier, jôle, jôlage_.

=Géranium=, s. m., plante: prononcez _géraniome_.

=Germains, Consanguins, Utérins.=—Des frères _germains_ sont enfants du même père et de la même mère;—des frères _consanguins_ sont enfants du même père, mais de différentes mères;—des frères _utérins_ sont enfants de la même mère, mais de pères différents.

=Gérofle=, s. f.; _girofle_ est plus usité: _des clous de girofle_.—Prononcez le _fle_.

=Gestion=, s. f., action de gérer: prononcez _ges'thion_ en faisant sentir l'_s_ et le _t_ comme dans gesticuler; ne dites pas _gécion_.

=Gibelotte.=—On dit une _gibelotte de lapin_; le mot _civet_ se dit proprement du ragoût fait de chair de lièvre.

=Gifle= et =Gifler= sont français, mais populaires; dites, _tape, claque, soufflet, taloche_. Il faut en dire autant de _calotte_.—Au lieu de _gifler_ et de _calotter_, dites _taper, claquer, souffleter_: _je vous taperai; elle soufflette son enfant pour les moindres choses_.

=Gigier=, n'est pas français; dites _gésier_, pour signifier le second ventre de certains oiseaux qui se nourrissent de graines.

=Gigot=, s. m.: le _t_ ne se prononce pas.—C'est mal s'exprimer que de dire un _gigot de mouton_, car le mot gigot signifie à lui seul une cuisse de mouton; dites simplement un _gigot_.

2. On ne dit pas _une gigue de mouton_, mais on dit une _gigue de chevreuil_.

3. Ce mot n'est pas français dans le sens de mauvaise monnaie.

=Gingembre=, s. m., racine des Indes qui a un goût de poivre; écrivez et prononcez _gingembre_ et non _gingenvre_.

=Gironnée=, capacité du giron, n'est pas français.

=Gisant=, _gisons, gisez, gisent, gisait, gisement_, etc.—Quelques-uns doublent l'_s_, et quoiqu'il en soit, on doit prononcer l'_s_ dure comme si elle était double: _son cadavre gisait_ (gissait) _dans son sang_.

=Gît.=—_Ci-gît_, formule ordinaire par laquelle on commence les épitaphes; l'Académie ne dit pas si, lorsqu'il est question de plusieurs personnes, on doit dire _ci-gisent_; nous pensons que la grammaire l'exige.

=Gîte.=—Ce mot est masculin: _chercher un gîte_.

=Glaire=, humeur visqueuse, est féminin: _glaires teintes de sang_.

=Glissoire, Glissade, Glissement.=—Beaucoup de personnes, et surtout les écoliers, confondent ces trois mots.—Une _glissoire_ est un chemin frayé sur la glace pour glisser en jouant; une _glissade_ se dit de l'action de glisser involontairement; un _glissement_ se dit de l'action de glisser: ce dernier mot est peu usité.—_Glisse_, dans le sens de _glissoire_, n'est pas français.

=Gloire.=—Ne dites pas: _je me fais gloire d'être votre ami; je m'en fais gloire_; dites, _je fais gloire d'être votre ami; j'en fais gloire_.—Cependant on dit quelquefois _se faire une gloire de quelque chose_. (Acad.)