Part 14
=Filial, ale=, adj.—Il n'y a point d'exemple du pluriel dans l'Académie: _respect filial, piété filiale_. Des grammairiens lui donnent le pluriel _filials_; Boinvilliers a dit, _des sentiments filiaux_.
=Fille=, s. f., _filleul, fillette_: mouillez les _il_, et ne dites pas _file, fileul, filette_.—Il en est de même de: _anguille, bastille, camomille, cédille, charmille, chenille, cheville, coquille, esquille, étrille, famille, faucille, goupille, grille, guenille, lentille, pacotille, pastille, peccadille, quille, roquille, souquenille, vanille, vétille, vrille_, etc. Voyez _époux_ et _demoiselle_.
=Filosenne=, est un mot wallon qui se traduit par _cordon, cordon de coton, cordon de soie_.—_Filoselle_, dont on serait peut-être tenté de se servir, est un substantif féminin qui sert à désigner une espèce de grosse soie ou de fleuret, provenant de la bourre de la bonne soie et des cocons de rebut: _des bas de filoselle_;—comme on le voit, _filoselle_ n'est pas du tout le _filosenne_ wallon.
=Filou=, n'a pas de féminin; ne dites donc pas _filoute_.
=Fils=, s. m.—Quoique les grammairiens ne soient pas d'accord, nous pensons qu'il faut prononcer _fice_ même devant une consonne; _le repentir est fils de la vertu_.
=Fin.=—Ne dites pas: _vous avez pris la bille trop fine_; dites, _... trop fin_.
=Finales= (_syllabes, lettres_).—Nous ne saurions trop appeler l'attention des professeurs et des élèves sur la nécessité de bien prononcer les lettres et syllabes finales des mots. Les flamands aussi bien que les wallons ont à se mettre en garde contre plusieurs fautes; les premiers adoucissent généralement les fortes, tandis que les derniers renforcent les douces: les _f_, les _p_, les _k_, les _ch_, les _t_ deviendront des _v_, des _b_, des _g_, des _d_ dans la bouche d'un flamand; tandis que les wallons sont portés à faire des _f_, des _k_, des _ch_, des _p_, des _t_, là où il n'y a que des _v_, des _g_, des _b_, des _d_: donnons quelques exemples: un flamand prononcera _parave_ pour _parafe_; _attague_ pour _attaque_; _vage_ pour _vache_; _une pombe_ pour _une pompe_; _il écoude_ pour _il écoute_. Le wallon à son tour dira: _brafe_ pour _brave_; _fromache_ pour _fromage_; _une blaque_ pour _une blague_; _une bompe_ pour _une bombe_; _la bisse_ pour _la bise_, etc.—Ces défauts de prononciation, outre qu'ils prêtent au ridicule, donnent toujours une pauvre idée de l'éducation de celui qui n'a pas su s'en corriger; les professeurs donc ne sauraient y veiller de trop près, d'abord en prêchant d'exemple, et ensuite en se montrant d'une sévérité inexorable à l'encontre de ces défauts de prononciation de terroir.
2. Les wallons ont également beaucoup de peine à bien faire sentir les deux consonnes de certains mots, comme: _est, ouest, tact, contact, lest, exact, infect, casque, secte, texte, prétexte, mixte, reste, il résulte, il inculque, liste, moraliste, burlesque, kiosque_, etc.; généralement, ils négligent la dernière consonne et prononcent: _esse, ouesse, take, contake, lesse, exake, infèke, casse, sèke, texe, mixe, resse_, etc.
3. Il y a d'autres finales que les wallons et les flamands ne prononcent pas mieux: ce sont les _ble_, les _ple_, les _gle_, les _dre_, les _tre_, etc.—Supposons les mots: _aimable, exemple, règle, vendre, ventre_, etc.: un flamand prononcera _aimabèle, exempèle, règuèle, vendère, ventère_, tandis qu'un wallon dira, _aimape, exempe, rèke, vente, vente_.—Ces vices de prononciation, pourtant si communs même chez les personnes les plus instruites, proviennent en très-grande partie de ce que les instituteurs et les professeurs n'ont pas assez exercé, n'ont pas brisé leurs élèves à la bonne prononciation. Nous recommandons beaucoup, comme un moyen de se corriger de ces sortes de défauts, la lecture ou la déclamation faite en commun et à haute voix; deux jeunes gens, vraiment désireux de se défaire de cette rouille de naissance ou de terroir, se réunissent: l'un fait la lecture et l'autre exerce charitablement l'office de censeur, mais d'un censeur impitoyable; et nous leur garantissons qu'en peu de temps ils parviendront à se faire une prononciation correcte.—Il y a encore d'autres finales que les wallons ou les flamands massacrent sans pitié: nous avons eu soin de les signaler en leur lieu et place.
4. _Final, ale_, adj., qui finit, qui termine.—L'Académie ne donne point d'exemple du pluriel masculin; de bons grammairiens disent _finals_.—Ce mot s'emploie substantivement, au féminin, pour signifier la dernière syllabe d'un mot: _la finale de ce mot est longue_.
5. _Finale_, terme de musique, morceau d'ensemble qui termine un opéra, un chœur, etc.; il est _masculin_: _il y a du brio dans ce finale_.
=Finalement=, signifie la même chose qu'_enfin_; ne dites donc pas, _enfin finalement_; un seul de ces mots suffit.—Ne dites pas non plus, _en fin finale_.
=Finard=, adj., fin, rusé dans les petites choses; ce mot n'est pas français; dites, _finaud, finaude_;—ce dernier mot est familier et ne se dit qu'en mauvaise part; il se prend aussi substantivement.
=Finaud, e=, qui est fin, rusé dans de petites choses: _c'est un finaud_.—_Finard_ n'est pas français: voyez ce mot.
=Finir.=—Ne dites pas: _je suis fini_, pour exprimer que vous avez gagné: dites, _j'ai fini_.
2. _C'est fini avec moi_, disent les flamands, lorsqu'ils se croient sur le point de mourir; dites, _c'est fini de moi, c'est fait de moi_.
3. Ne dites pas: _Nous avions fini avec lui_; dites, _nous en avions fini avec lui; je suis pressé d'en finir avec cet homme_.
4. Ne dites pas: _la fête finit avec un feu d'artifice_; dites, _... par un feu d'artifice_.
5. _Finir_, devant un infinitif, demande la préposition _de_: _avez-vous fini de parler_ et non _à parler?_
=Fisc=, s. m., trésor de l'État; prononcez _fis'que_.
=Fiscal, ale=, adj.; le pluriel est _fiscaux_: _droits fiscaux_. (Acad.)
=Fixement=, adv., d'une manière fixe: _regarder fixement_:—prononcez et écrivez _fixement_ et non _fixément_.
=Fixer=, signifie _arrêter, attacher_; jamais il ne veut dire _regarder quelqu'un_ ou _regarder fixement_; dites, dans ce sens, _fixer les yeux, la vue, ses regards sur quelqu'un_ ou _quelque chose_; ne dites pas: _il nous a longtemps fixés_; dites, _il nous a longtemps regardés_ ou _regardés fixement; il a longtemps fixé les yeux sur nous_, et mieux, _il a eu longtemps les yeux fixés sur nous_.
2. _Fixer les regards de quelqu'un_, c'est devenir l'objet de son attention.
=Flairer, Fleurer.=—_Flairer_, c'est sentir par l'odorat: _flairez cette rose_.—_Fleurer_, c'est répandre une odeur: _cela fleure bon_.—_Flairer_ ne signifie jamais _puer_. (Wall.)
=Flamber=, v. n., jeter de la flamme; ne dites pas _flammer_ ni _blamer_.
=Flanquer=, dans le sens de _jeter, lancer_, est français, mais populaire: _flanquer un soufflet, un coup de poing, une assiette à la tête de quelqu'un_. (Acad.)
=Flegme=, s. m., sang-froid; prononcez _fleghme_ en faisant sentir un _g_ dur.—Ne dites pas: _il est flegme_, mais, _... flegmatique...._
=Fleuraison=, s. f., le développement et l'épanouissement des fleurs; l'époque où les plantes fleurissent; l'état des plantes en fleur. L'Académie donne aussi le mot _floraison_, et renvoie à _fleuraison_.—Quoi qu'il en soit, le mot _floraison_ nous paraît être aujourd'hui plus usité que _fleuraison_.
=Fleur de lis=: voyez _lis_.
=Fleur d'orange.=—Quoique, à la rigueur, on peut dire _fleur d'oranger_, la première expression est pourtant reçue et consacrée par l'Académie: un médecin, un pharmacien pourront néanmoins dire _fleur d'oranger_, mais dans le style ordinaire et dans le style de la conversation, on dit _fleur d'orange_.
2. Le mot _fleur_ seul, ne signifie pas _farine_; dites donc, _allez m'acheter une livre de fleur de farine_; et non, _... une livre de fleur_.
=Fleurir.=—Au propre, il signifie, _être en fleur_: _les pêchers fleurissaient déjà, lorsque la gelée est survenue; les prés fleurissants, les plaines fleurissantes_.—Employé au figuré, c'est-à-dire, lorsqu'il signifie, _être dans un état de prospérité, de splendeur; être en crédit, en honneur, en réputation_, il fait _florissant, florissante_; _les lettres étaient alors très-florissantes_. Lorsqu'on parle d'une personne ou d'une collection de personnes, comme d'une ville, d'un peuple, d'un état, il fait toujours _florissait_ à l'imparfait de l'indicatif: _Athènes florissait sous Périclès; ces empires florissaient alors_.—Mais quand on parle de choses, il fait _fleurissait_ et _florissait_: _les sciences fleurissaient_ ou _florissaient sous le règne de ce prince_. (Acad.)
=Flic-Flac=, bruit de plusieurs coups de fouet, de plusieurs soufflets donnés coup sur coup.
=Floche= pour signifier _houppe, gland_, n'est pas français; _il a un gland à son bonnet_ et non, _... une floche_.
=Floquet=, mot wallon; dites _nœud, boucle_: _nouer à boucles; un beau nœud_.
=Flouer, Floueur, Flouerie=, sont des termes populaires: dites plutôt _tromper, trompeur, tromperie; duper, dupeur, duperie_, etc.
=Fluide=, adj., qui coule aisément; prononcez _flui-de_ (_ui_ diphth.) et non _flu-ide_ ni _flu-wide_, ni _fluite_.
=Flume= ou =Flimme=, humeurs que l'on jette en crachant; ce mot n'est pas français; dites _flegme, crachat_.
=Flux=, s. m., mouvement de la mer, dévoiement; prononcez _flu_, l'_x_, dans _flux_ et _reflux_, ne se prononce pas devant une consonne et il prend le son de _z_ devant une voyelle: _le flux_ (_z_) _et le reflux de la mer_.
=Foible=: voyez _faible_.
=Foie=, viscère, est masculin: _pâté de foie gras_; prononcez _foî_ et non _foye_.
=Fois.=—Ne dites pas: _une fois pour tout_, mais, _une fois pour toutes_.
2. Ne dites pas: _je lui avais dit ça l'autre fois_; dites, _l'autre jour_.
3. Ne dites pas: _toutes fois qu'il vient, je m'en vais_; dites, _toutes les fois_ ou _chaque fois qu'il vient_.
4. _De fois à autres_, de temps en temps, est une locution française.
5. Les flamands emploient très-mal l'expression _une fois; dites une fois, venez une fois, laissez-moi voir une fois_, etc.—Il faut absolument bannir ce flandricisme du langage correct et le supprimer entièrement, ou bien, lorsque le sens le permet, le rendre par _ça! donc, un peu_: _ça! dites-moi, venez-donc, laissez-moi voir un peu_.—Il en est de même du mot _seulement_ que les flamands emploient si souvent d'une manière impropre et à peu près dans le même sens qu'_une fois_: _courez seulement, aidez-moi seulement_; etc. Remplacez ce ridicule _seulement_ par le mot que le sens vous indiquera, comme _çà, donc, un peu_, etc.
=Foison=, s. f., ne prend pas l'article et n'a point de pluriel: _il y aura foison de fruits cette année_;—on l'emploie aussi comme adverbe, précédé de la préposition _à_: _il y a de tout à foison_. Prononcez _foizon_ et non _foisson_.
=Folio=, s. m.; mot emprunté du latin et qui signifie feuillet: _folio 4, au folio 20_.—On appelle _folio recto_ ou simplement _recto_, la première page du feuillet, et _folio verso_ ou simplement _verso_, le revers ou la seconde page;—au pluriel _folios_.
2. _In-folio_, se dit du format d'un livre où la feuille est pliée en deux: _saint Thomas a écrit vingt volumes in-folio_; au pluriel _des in-folio_.
=Foncer=, v. a.—Ne dites pas, _foncer une porte_; dites, _enfoncer une porte_: _foncer_, c'est mettre un fond: _foncer un tonneau_.
=Fond, Fonds, Fonts.=—_Fond_ s'écrit sans _s_ toutes les fois qu'il signifie l'endroit le plus bas, le plus intérieur, le plus éloigné de l'entrée, de l'abord, de l'ouverture d'une chose creuse; _le fond d'un puits, d'un tonneau, d'un sac, d'un abîme, d'une boutique, d'un cachot, d'une haie, d'un port; le fond d'un chapeau, d'un coffre_.—_Fond_ (sans _s_) se dit aussi d'un terrain considéré surtout par rapport à son degré de fermeté, à sa qualité, à sa composition: _bâtir sur un fond peu solide; vous avez choisi là un bien mauvais fond; un fond d'argile_.—_Fond_, en parlant d'étoffes, signifie la première ou la plus basse tissure sur laquelle on a fait quelque dessin ou quelque ouvrage; il se dit aussi de l'étoffe même sur laquelle on brode, du champ sur lequel les figures d'un tableau sont peintes, des plans plus reculés d'un tableau: _velours à fond d'or, broderie sur fond de satin; un paysage sert de fond au tableau_.—Au figuré, _fond_ signifie ce qu'il y a d'essentiel dans une chose, et il est opposé à l'accessoire, à l'apparence, à la forme: _le fond d'une doctrine, le fond d'un ouvrage, le fond d'une histoire, le fond d'un procès, un fond de raison, la forme l'emporte sur le fond_.
2. _Fonds_ (avec une _s_) signifie le sol d'une terre, d'un champ, d'un héritage, somme d'argent plus ou moins considérable: _cultiver un fonds, bâtir sur son fonds, sur le fonds d'autrui; le fonds de la banque; fonds social; bailleur de fonds; être en fonds; les fonds publics; le fonds_ (le capital) _et le revenu; fonds de commerce; fonds de magasin_.—Au figuré, on le dit de la capacité, du savoir, de l'esprit, de la probité: cet _homme a un fonds de vertu, un grand fonds d'esprit_.—_Biens-fonds_ se dit des biens immeubles.—_Le fonds et le très-fonds_, c'est le fonds (le sol, la propriété, etc.) et tout ce qui en dépend: on écrit aussi _tréfonds_.
3. _Fonts_, s. m. pluriel (on ne prononce ni le _t_ ni l'_s_): c'est le bassin où l'on conserve l'eau dont le prêtre se sert pour baptiser: _les fonts baptismaux; tenir un enfant sur les fonts_.
=Fondation=, s. f., =Fondement=, s. m.—_Fondation_ signifie l'ensemble des ouvrages nécessaires pour asseoir les fondements d'un édifice; on l'emploie ordinairement au pluriel. Les fondations d'un édifice comprennent l'excavation du terrain, et, lorsqu'il est nécessaire, le pilotis à établir pour affermir le sol: _faire les fondations d'un bâtiment_. L'Académie fait remarquer que ce mot s'emploie quelquefois _abusivement_ pour les fondements mêmes.—_Fondation_ signifie encore _le fossé_, la tranchée qu'on fait pour y placer des fondements: _creuser la fondation, les fondations_.—_Fondement_ se dit quelquefois au pluriel du fossé que l'on creuse pour commencer à bâtir; cependant, le mot _fondation_ est préférable dans ce sens.—_Fondement_ signifie encore, et c'est là son acception ordinaire, la maçonnerie qui sert de base à un édifice, à une construction, et qui se fait dans la terre jusqu'au rez-de-chaussée; il s'emploie surtout au pluriel: _poser, jeter les fondements d'un édifice_. (Acad.)
=Force=, s. f.—Ne dites pas: _il y avait force de monde_; dites, _beaucoup de monde_.
2. Ne dites pas: _il a force d'argent, force de bijoux, force d'amis_; retranchez _de_ et dites, _force argent, force bijoux, force amis_.
3. _De force que._—Ne dites pas: _elle est tombée de force qu'elle riait_; dites, _elle est tombée à force de rire_. On peut aussi remplacer _de force que_ par _tant_, comme dans ces phrases: _il a fallu me porter, tant j'étais faible; il tremblait de tous ses membres, tant il avait peur_ (et non _de force que j'étais faible_ ou _qu'il avait peur_.)
=Forceps=, s. m., instrument de chirurgie: prononcez _forcep-ce_, en faisant sentir le _p_ et l'_s_.
=Forcer.=—Ne dites pas: _on lui a forcé de se taire_; dites, _on l'a forcé de se taire_; _forcer_ est un verbe actif.
2. Ne dites pas: _il fut forcé malgré lui_; dites simplement, _il fut forcé_, car c'est toujours malgré soi qu'on est forcé.
3. _Forcer_, suivi d'un infinitif, prend la préposition _à_ ou _de_: _il fut forcé de partir; on le força à signer_. (Acad.)
=Forcettes=, n'est pas français; dites _forceps_.
=Format=, _d'un livre_: voyez _in-douze_.
=Fort.=—_Cela est fort_, Flandr.:—voyez _faible_.
2. _Fort en_ et _fort sur_. On dit: _cet élève est fort sur la philosophie, sur l'histoire; elle est très-forte sur le piano, sur la harpe_; mais on dit: _il est fort aux échecs, au piquet_. (Acad.)
3. _Fort_ (_se faire_).—Dans l'expression verbale _se faire fort_, c'est-à-dire, s'engager à quelque chose, _fort_ est toujours invariable: _elle se fait fort de l'obtenir; ils se faisaient fort d'une chose qui ne dépendait pas d'eux_. (Acad.)
4. _Il est fort et hardi_:—ne prononcez pas _for-té hardi_ mais _for-é hardi_.—Dans _fort_, adj., le _t_ ne se lie pas avec la voyelle qui suit; il en est de même des mots en _ard, ord, ort_, comme _hasard, abord, port, sort, mort_, etc.; et des verbes terminés en _ert, ort_.—Mais le _t_ final de _fort_ adverbe, se lie avec le mot suivant dont il détermine le sens: _homme fort habile, fort incommode, fort à l'aise_.
=Fortement=, adv.—Ne dites pas: _il pleut fortement, il gèle fortement_; dites, _il pleut fort, il gèle fort_.
2. Ne dites pas: _sa perte sera fortement ressentie_; dites, _sera vivement ressentie_, parce qu'il s'agit ici d'un sentiment; _fortement_ (avec énergie, _au figuré_) ne se dit en effet que de l'_esprit_ et non _du cœur_: _c'est un ouvrage fortement pensé; il a parlé fortement_. (Acad.)
=Fortifier=, v. ac.—Ne dites pas: _cet enfant a beaucoup fortifié depuis un an_; dites, _s'est beaucoup fortifié_.
=Fortuné=, adj., signifie _heureux_; c'est à tort donc que quelques-uns l'emploient dans le sens de riche, qui a de la fortune: _un homme fortuné_; dites, _un homme riche_ ou _qui a de la fortune_.
=Forum=, s. m., place où le peuple discutait les affaires publiques à Rome: prononcez _forome_.
=Fosse=, s. f.—Ne dites pas: _il a la fosse au menton_; dites, _... la fossette..._
=Fou=, signifie quelquefois, excessif, prodigieux: _il y avait à la fête un monde fou; un luxe fou; il en demandait un prix fou_ (et non _de fou_).
=Foudre=, est _masculin_, lorsqu'il désigne, 1º une certaine représentation de la foudre: _les armes de l'empire français sont un aigle tenant un foudre dans ses serres_; 2º une grande tonne propre à contenir les liquides: _le célèbre foudre d'Heidelberg_: et dans les deux expressions suivantes: _un foudre de guerre_, un grand capitaine, comme Napoléon 1er; _un foudre d'éloquence_, un grand orateur, comme Bossuet.—Il est _féminin_, quand il désigne le tonnerre: _être frappé de la foudre; la foudre sillonne les nues_. Cependant, dans ce sens, il est quelquefois masculin en poésie et dans le style soutenu: _être frappé du foudre; expirer sous les foudres vengeurs_. (M. l'abbé Péters, _Grammaire_.)—Prononcez _fou-dre_ et non _fou-de, fou-te_ ni _foudère_.
=Fouet, Fouetter=: prononcez _fouè, fouèter_.
=Fouine=, s. f., grosse belette: prononcez _fouine_ (_oui_ diphth.) et non _fou-ine_ ni _fouwine_.
=Fouir=, signifie creuser la terre avec un instrument: _il faut fouir bien avant pour trouver de l'eau dans cet endroit_.—Mais si l'on veut parler du travail du sanglier, du cochon, de la taupe, etc., on se sert du verbe _fouiller_: _les sangliers, les cochons fouillent; la taupe a fouillé là_.—Enfin on dira _bècher_, et non _fouir_, un jardin, une terre.—Prononcez _fou-ir_ et non _fou-wir_.
=Fourche= (_à la_), négligemment, grossièrement; cette locution est française: _cela est fait à la fourche_.
=Fourchu.=—Ne dites pas: _pied fourchu_, mais _pied fourché_, pied fendu en deux; on dit aussi _chemin fourché_ quand il se divise en deux.—_Fourchu_ a le même sens, mais il ne s'emploie que dans certaines locutions comme _menton fourchu, barbe fourchue, faire l'arbre fourchu_ (mettre la tête en bas, les pieds en haut, écartés l'un de l'autre.)
=Fourmille.=—Ne dites pas: _une fourmille d'enfants_, pour indiquer un grand nombre d'enfants; dites, _une fourmilière d'enfants, une marmaille d'enfants_.
=Fournil=, s. m., lieu où est le four; prononcez _fourni_.
=Fouter= (=se=), est un terme ignoble et sévèrement proscrit; les auteurs par pudeur dissimulent ce mot par la lettre initiale suivie de points suspensifs: _f....._
=Frac=, redingotte, est masculin: _un beau frac_; prononcez _fraque_.
=Fragment=, s. m., morceau: prononcez le _g_ dur.
=Fraîchir=, ne signifie pas _mouiller_: _il craint de se mouiller_ (et non _de se fraîchir_) _les pieds_.
=Frais=, féminin _fraîche_ (il faut se garder de dire _fraîche_ au masculin).—Ce mot signifie, _un peu froid, récent, non salé, brillant, vigoureux_: _il fait froid en hiver; il fait frais dans les belles nuits d'été; un vent frais_ (un peu froid); _une nuit fraîche; avoir les mains fraîches_ (froides); _du pain frais_ (nouveau); _du porc frais_ (non salé); _mettre des fleurs dans un vase avec de l'eau pour les tenir fraîches; ce vieillard est encore très-frais_ (vigoureux).
2. _Frais_, ne peut pas s'employer dans le sens de _mouillé, trempé, humide_: _je suis mouillé_ (et non _frais_) _comme un canard_; _il est tout trempé_ (et non _frais_) _de sueur_; _il a pleuré, il a encore les yeux tout humides_ (et non _tout frais_); _la terre est encore tout humide_ (et non _toute fraîche_). (Wall.)
3. _Faire frais_, signifie faire un peu froid et non _faire humide, faire mouillé_.—Ne dites jamais _frisse_ pour _frais_: _frisse_ est wallon.
=Fraisil=, s. m., cendre du charbon de terre dans une forge: prononcez _fraisi_ et non _fraisile_.
=Franc=, adj., ne peut pas s'employer dans le sens de hardi, effronté, qui a de l'assurance; ne dites donc pas: _ce déclamateur est franc devant le public_; dites, _ce déclamateur a de l'assurance_, etc.
2. Un _franc menteur_ est un menteur avéré; un _homme franc_ est un homme sincère.
3. _Franc de port._—Dans cette expression, l'adjectif _franc_, est invariable, quand il précède le substantif qu'il modifie: _vous recevrez franc de port_ (franco) _la lettre que je vous envoie_. Il s'accorde, quand il vient après ce substantif: _la lettre que j'ai reçue était franche de port_.
4. Le _c_ de _franc_ ne se prononce que devant une voyelle: _un franc animal_ (fran-k'animal).
5. _Franc_, s. m.—Ne dites pas: _un franc et demi, un franc et quart_; dites, _un franc et cinquante centimes, un franc et vingt-cinq centimes_.
=Frangipane=, s. f., sorte de pâtisserie; écrivez et prononcez _frangipane_ et non _franchipane_.
=Frappant neuf.=—Ne dites pas, _un habit tout frappant neuf_, mais, _tout battant neuf_.
=Frayeux=, pour _coûteux, dispendieux, dépensier_, n'est pas français: _les voyages sont coûteux_ (et non _frayeux_); _une femme très-dépensière_ (et non _très-frayeuse_).
=Fredaine=, s. f.—Écrivez et prononcez _fredaine_ et non _frèdaine_, ni _ferdaine_.
=Freluquet=, s. m., damoiseau;—écrivez et prononcez _freluquet_ et non _fréluquet_ ni _ferluquet_.
=Frères=, _consanguins, utérins, germains_: voyez _germain_.
=Fret=, s. m., louage d'un vaisseau; prononcez _frète_.
=Friand=, de, adj., qui aime la chère fine et délicate: prononcez _fri-an_ et non _fri-ian_.
2. _Friand, Gourmand_, adj.—_Friand_ se dit de celui qui aime, recherche, connaît et savoure les morceaux délicats.—Le _gourmand_ aime à faire bonne chère; le _glouton_ et le _goinfre_ semblent, dans leur voracité, vouloir tout engloutir dans leur estomac.
=Fricandeau.=—C'est du veau lardé; ne dites pas, un _frécandeau_.
=Fricassée=, ne se dit que des viandes fricassées: _manger d'une fricassée de poulets; une fricassée de pieds de mouton_.—_Fricassée_, dans le sens que les wallons lui donnent, c'est-à-dire _du lard ou du jambon cuit dans la poêle avec des œufs battus_, se rend en français par le mot _omelette_.
=Fricasser, Frire.=—_Fricasser_, c'est faire cuire dans la poêle, dans une casserole, etc., quelque chose après l'avoir coupé par morceaux: _fricasser des poulets, des navets, des carottes, des pommes de terre_, etc.
2. _Frire_, c'est faire cuire dans une poêle avec du beurre roux ou du sain-doux ou de l'huile: _frire des œufs, des côtelettes; le beurre frit dans la poêle; poisson frit, artichauts frits, pommes de terre frites_.
=Fricot=, signifie ragoût, viande fricassée, toute sorte de mets, régal, bon repas, etc., mais il est populaire.
=Frileux, euse=, adj.: _les vieillards sont frileux_; ne dites pas _frilieux_ ni _fruleux_.
=Frimousse=, s. f., mine, visage: _quelle frimousse!_—Ce terme est méprisant et populaire.
=Fringale=, s. f.—Ce mot n'est pas français; dites _faim canine_.